Après neuf années de politiques macronistes marquées par les saignées budgétaires, la destruction méthodique des services publics et le refus de taxer les plus riches, la précarité alimentaire explose et frappe notamment les enfants, les étudiant·es, les familles et les retraité·es. Face à cette urgence sociale, la France insoumise prend ce sujet à bras le corps pour les élections municipales. En vue des municipales des 15 et 22 mars prochains, elle défend deux mesures phares : la mise en place de cantines bio locales gratuites et la création de restaurants municipaux populaires.
23 % des enfants français ne mangent pas trois repas par jour
Unicef France alerte sur le fait que 22,8 % des enfants français·es ne mangent pas trois repas par jour et subissent des privations alimentaires. 12 % des enfants interrogé·es mangent au mieux une fois par semaine de la viande, du poisson ou un œuf et un·e enfant sur dix n’a des fruits et des légumes qu’une fois par semaine. 6 % ont « tout le temps » ou « souvent » peur de manquer de nourriture. Le niveau de privation alimentaire augmente avec la précarité : 31 % des enfants de famille monoparentale ne mangent pas trois repas par jour (21 % pour celles et ceux qui vivent avec leurs deux parents).
Selon l’Unicef, cette situation dramatique « est directement liée à la montée de la pauvreté et à l’inflation » et l’organisme rappelle que l’insuffisance alimentaire peut avoir des conséquences graves sur la santé des enfants, leur développement et leurs apprentissages.
Une aggravation de la pauvreté et des inégalités
Depuis 2003, le revenu moyen des foyers à très hauts revenus a plus que doublé tandis que la France compte 9,8 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, soit 15,4 % de la population. En cause, la politique des gouvernements Macron successifs.
En janvier 2026, au moment du passage en force du budget, Mathilde Panot alerte sur l’aggravation de la situation : « Avec ses 35 milliards d’euros de coupes, ce budget va être d’une cruauté absolue pour les gens. À quel degré d’inhumanité en est-on arrivé pour enlever la prime de Noël à 1,2 million de personnes, à des gens qui touchent le RSA ? (…) Ce budget, il ne va pas chercher l’argent là où il est : nous n’avons pas la taxe Zucman sur les ultrariches, qui n’était pourtant pas révolutionnaire. Il ne va pas non plus chercher du côté des multinationales à qui on donne 211 milliards d’aides publiques chaque année ».
Pour aller plus loin : Sous Macron, une société profondément inégalitaire : le constat implacable de ce rapport
Entre 10 % et 16 % de la population n’a pas assez à manger « parfois » ou « souvent »
D’après le CREDOC, entre 10 % et 16 % de la population n’a pas assez à manger « parfois » ou « souvent ». 7 % sont contraint·es, chaque semaine, de réduire leur nombre de repas par manque d’argent, 9 % réduisent leurs portions alimentaires, 9 % n’ont pas les moyens de manger des protéines animales ne serait-ce qu’un jour sur deux. 12 % déclarent ne pas avoir assez à manger et 16 % disent se restreindre en termes d’alimentation. Certains quartiers défavorisés sont des déserts alimentaires, sans commerces.
Les personnes âgées, les femmes seules avec enfants, sans moyen de transport, sont les premières pénalisées. En zone rurale, les distances touchent également les plus défavorisé·es. Ainsi il faut parcourir 12,2 km en moyenne pour se rendre à un commerce (quel que soit son type), contre environ 2 km à Paris et sa région.
À Roubaix, une des villes les plus pauvres de France, David Guiraud prévoit de renforcer les épiceries solidaires existantes, de créer des partenariats avec les producteurs locaux, les associations et les réseaux de l’économie sociale et solidaire pour améliorer l’accès à une alimentation de qualité à bas coût, créer du lien social et réduire le gaspillage alimentaire.
Les étudiant·es en insécurité alimentaire
La crise sanitaire du Covid-19 a mis en lumière la précarité alimentaire des étudiant·es privé·es de solidarité familiale. L’Observatoire de la vie étudiante s’inquiète des 46 % d’étudiant·es en insécurité alimentaire, relevant les disparités selon les universités : 18 % à l’université de Rouen Normandie, 43 % à l’université Grenoble Alpes, et 78 % à l’université de Guyane.
Une autre étude confirme l’ancrage de la précarité alimentaire des étudiant·es : 1/3 saute régulièrement des repas par manque d’argent et 16 % ont recours à l’aide alimentaire.
Nathalie Oziol, candidate « Faire mieux pour Montpellier » déplore que la ville « s’est aussi malheureusement illustrée par les immenses files d’attente d’étudiant·es aux distributions alimentaires. C’est insupportable dans une ville où une très grande part de la population est jeune. Alors, nous mettrons en place un restaurant populaire municipal bio et à petit prix. »
Le recours accru à l’aide alimentaire
La Fondation pour le logement s’alarme : 14 % des personnes interrogées en 2025 ont recours aux aides alimentaires (dont la moitié pour la première fois de leur vie), contre 6 % en 2021. Parmi les ménages que le Secours catholique accompagne, un sur quatre ne dispose d’aucune ressource (17 % en 2018), chiffre jamais atteint depuis 30 ans. Les associations et banques alimentaires sont submergées alors que, dans le même temps, leurs aides baissent du fait des saignées budgétaires macronistes.
Par exemple, fin 2024, le Secours populaire français du Val-de-Marne apprend qu’il va recevoir 200 000 euros de moins sur trois ans, alors que les bénéficiaires sont en forte hausse dans le département : 10 000 en 2018, 15 000 aujourd’hui.
Au niveau local, pour diminuer la charge qui pèse sur les habitant·es, Lény Rabotot, engagé dans la campagne pour la mairie de Val-de-Reuil, propose de mettre en place un restaurant populaire municipal et pour commencer d’ouvrir les cantines scolaires le soir pour les gens qui n’ont pas les moyens de s’acheter et de se préparer à manger : « Les enfants ont faim et leurs parents aussi. On va commencer à expérimenter ça, en ouvrant les cantines scolaires le soir ».
Municipales 2026 : LFI propose des cantines bio et gratuites
La restauration scolaire est une première protection face à cette privation. C’est pourquoi, passer à une alimentation 100 % bio et locale dans les cantines et les rendre gratuites est une base programmatique de la France insoumise pour les élections municipales de mars 2026.
À Besançon, la candidate insoumise Séverine Véziès précise que cet objectif répond à trois enjeux : justice sociale, prévention en matière de santé, et débouchés pour la production bio locale. « La priorité, ce sont évidemment les enfants. En aucun cas ils ne doivent aller à l’école le ventre vide. En outre, les repas pris dans le cadre scolaire doivent être un moment d’apprentissage de comment bien se nourrir. Ce projet devra donc être construit avec les enseignant·es. » Elle propose aussi de fournir un petit-déjeuner et un goûter gratuits.
Sources:linsoumission.fr (Par Sandrine Cheikh)






