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lundi 9 mars 2026

Le RN contre les droits des femmes : à l’approche des municipales, un rappel nécessaire de leurs positions.

 Une récente étude du CNRS montre que les femmes ont, longtemps, moins voté que les hommes pour l’extrême droite, c’est le « Radical Right Gender Gap ». Mais en France la tendance s’inverse : au premier tour des législatives de juillet 2024, femmes et hommes votent autant pour le RN. Aux élections européennes de juin 2024, elles votent même plus que les hommes pour ce parti.

Alors que dans d’autres pays d’Europe les jeunes femmes affirment un vote plus à gauche et moins à l’extrême droite que les jeunes hommes, ce n’est pas le cas en France. Cette situation découle de la stratégie du RN qui affiche un discours moins réactionnaire que la plupart des autres partis d’extrême droite en Europe. Mais les faits sont tout autres. À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars, quelques rappels s’imposent.

Le droit à l’avortement en ligne de mire

Le 17 décembre 2025, le Parlement européen adopte le texte faisant suite à la pétition « Ma voix, mon choix » (1,2 million de signatures en Europe). Ce texte pour l’accès à des avortements sûrs et légaux pour toutes les femmes par un mécanisme de solidarité financé par l’UE. Jordan Bardella s’abstient, tout comme Virginie Joron, candidate RN à la mairie de Strasbourg. Marion Maréchal vote contre.

À la suite de ce vote, le 12 février 2026, ECR le groupe d’extrême droite auquel appartient Marion Maréchal Le Pen déploie au Parlement européen une banderole anti-IVG. « L’IVG n’est pas un choix : c’est un droit fondamental. On ne laissera jamais l’extrême droite contrôler le corps des femmes », défend l’insoumise Manon Aubry qui alerte sur ces partis qui « veulent revenir à une société où les femmes ne peuvent pas décider de leur corps. C’est une attaque claire contre le droit à l’avortement, et ce n’est pas la première ».

Lors du vote en congrès pour l’inscription de l’IVG dans la Constitution en mars 2024, seul.es 46 élu.es RN sur 88 votent pour (toustes élu.es LFI votent pour). Le vote avait lieu quelques mois après celui sur l’allongement du délai de l’IVG, de 12 à 14 semaines de grossesse, auquel Marine Le Pen s’est opposée, pour lequel aucun député RN n’a participé au vote. Le planning familial est régulièrement dénoncé par le RN qui n’y voit « qu’une simple association militant pour la théorie du Genre », comme la députée Hélène Laporte. Rappelons que le planning familial accompagne 450 000 personnes par an, 150 000 jeunes dans 3 000 établissements scolaires.

Une instrumentalisation des positions féministes

La défense des droits des femmes est utilisée par le RN pour attirer leur vote, mais son projet de société est réactionnaire. Au Parlement européen, le 13 novembre 2025, Jordan Bardella et les autres élus du RN votent contre le rapport en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes 2025, texte qui permet à l’institution de donner sa position sur les violences sexistes, les soins de santé, le monde du travail ou l’éducation.

En mai 2023, lors du vote pour la « Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique », les député.es RN se sont abstenu.es, l’eurodéputée RN Annika Bruna arguant « les hommes ne sont pas tous des coupables en puissance nécessitant d’être rééduqués par les féministes ». En 2023, lors des débats sur la réforme des retraites, Jordan Bardella préconise une politique nataliste pour financer les retraites. Les propositions du livret famille du RN sont centrées autour de la famille classique et assignent les femmes à leur rôle maternel.

Le député RN Jocelyn Dessigny, affirme en 2023 à l’Assemblée nationale : « Nous partons du principe qu’une mère au foyer, elle est peut-être mieux à la maison à s’occuper des enfants. »

Des positions racistes : l’instrumentalisation pour mieux servir un agenda politique

Le RN a refusé de ratifier la Convention d’Istanbul, alors que ce traité consacre des avancées majeures, notamment des normes pour prévenir et lutter contre les violences envers les femmes (comme l’obligation de la reconnaissance des féminicides). La convention d’Istanbul puis la Cour de justice de l’Union européenne ont considéré les femmes comme un « groupe social » susceptible d’être persécuté en tant que tel dans certains pays. La députée européenne RN Annika Bruna ne l’a vu que sous un prisme raciste : « C’est la création d’une nouvelle filière d’immigration ».

En 2022, Marine Le Pen proposait, au sujet des violences de rue, d’expulser les étrangers « qui se livrent à ces pratiques outrageantes ». Sur les violences sexistes et sexuelles, le RN utilise les faits divers pour s’en prendre aux personnes immigrées ou issues de l’immigration en parlant d’insécurité migratoire alors que l’on sait que la majorité des violeurs sont connus de la victime. 

Sources:linsoumission.fr   (Par Sandrine Cheikh)


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vendredi 6 mars 2026

L’extrême droite contre les droits des femmes : ce que certains pays européens nous rappellent

 Le 8 mars 2026 aura lieu la Journée internationale des droits des femmes. Cette année encore, les associations et les syndicats se mobilisent pour demander l’interdiction du collectif d’extrême droite Némésis lors des manifestations. Créé en 2019, ce collectif, soutenu par le gouvernement, intègre le cortège depuis 2024, protégé par la police. La désapprobation de sa présence par la quasi-totalité des manifestant.es fait qu’il n’a encore jamais réussi à défiler avec la manifestation.

La présence de Némésis lors des manifestations pour instrumentaliser le 8 mars met en lumière une vérité glaçante : l’extrême droite avance, partout en Europe, pour réduire les droits des femmes. De la Pologne à l’Italie, en passant par la Hongrie et Malte : des lois restrictives, des discours haineux et des attaques contre les féministes tentent de façonner une Union européenne hostile pour les corps et les libertés.

L’Insoumission revient sur la façon dont l’extrême droite européenne menace concrètement les droits des femmes.

L’extrême droite : un danger pour les droits reproductifs et de l’accès à la santé

Selon l’Organisation mondiale de la santé, environ 22 000 femmes meurent chaque année de complications liées à des avortements non médicalisés.

L’un des terrains où le recul est le plus tangible concerne les droits reproductifs, notamment celui de l’accès à l’avortement. Même dans des pays où l’IVG est théoriquement protégée, les conditions d’accès se compliquent sous la pression des politiques conservatrices. Une dynamique qui alimente une inégalité d’accès au droit fondamental à disposer de son corps à l’échelle de l’Union européenne.

En Pologne, l’avortement est quasiment interdit. Depuis la décision historique de la Cour constitutionnelle polonaise en 2020, l’avortement n’est autorisé qu’en cas de risque vital pour la mère ou de malformation létale du fœtus. Désormais, les femmes cherchant un avortement légal hors de ces exceptions sont contraintes de voyager à l’étranger, ce qui entraîne des coûts, des délais et parfois des complications médicales. Les femmes sont donc contraintes d’avoir recours à des pratiques qui les mettent en danger, et les femmes les plus précaires sont les plus exposées aux méthodes d’avortement clandestines les plus dangereuses.

Malte est resté longtemps le pays de l’UE à appliquer une tolérance zéro. La loi a été modifiée dans les mêmes conditions que la Pologne en 2023 à la suite de l’affaire scandaleuse et très médiatisée en 2022 impliquant une touriste américaine en voyage à Malte. Cette dernière s’était vue refuser un avortement alors que sa vie était en danger ; pour interrompre sa grossesse, elle avait dû se rendre en Espagne. 

Quant à la Hongrie, des contraintes administratives supplémentaires ont été instaurées, comme l’obligation honteuse d’écouter les battements du cœur du fœtus avant d’accéder à l’IVG.

Face à ces reculs, la solidarité transnationale s’organise à l’échelle européenne. L’initiative citoyenne « My Voice, My Choice », portée par des militantes de plusieurs États membres, qui vise à garantir un accès sûr et financé à l’avortement dans l’ensemble de l’Union, a été signée par plus de 1,2 million de personnes. Le 26 février 2026, la Commission européenne a donné une issue favorable à cette initiative. Une réponse positive en trompe-l’œil, alerte la députée Emma Fourreau, puisqu’aucun fonds indépendant n’est créé. C’est le Fonds social européen qui sera mobilisé, sans en augmenter son budget et en mettant en concurrence le droit à l’avortement avec les autres dispositifs financés par ce fonds.

Un projet politique réactionnaire visant à imposer un modèle familial traditionnel

L’extrême droite européenne mène une bataille idéologique concernant la reconnaissance des identités de genre et la configuration juridique de la famille pour renforcer l’idée d’un modèle familial traditionnel.

Dans certains pays d’Europe centrale, des mouvements législatifs influencés par des partis d’extrême droite ont intégré dans leur Constitution une définition binaire du genre (homme/femme) excluant toute reconnaissance légale des identités trans ou non-binaires. C’est le cas de la Hongrie et de la Slovaquie.

Ces mesures sont hypocritement présentées comme des défenses de la « stabilité familiale », mais elles ont des conséquences concrètes : elles excluent des protections juridiques pour les personnes trans et non-binaires et légitiment une vision conservatrice et hétéronormative de la société.

En parallèle de ce que mettent en place ces gouvernements, il y a sur les réseaux sociaux une montée de la tendance du mode de vie « tradwife » née aux États-Unis. Des influenceuses d’extrême droite prônent le retour d’un mode de vie où la femme est cloisonnée à son foyer tout en étant une épouse modèle. Un schéma de vie que l’extrême droite tient pour idéal. En France, l’ancienne porte-parole de Génération Identitaire, Thaïs d’Escufon, en fait son nouveau combat. Elle publie régulièrement du contenu sur les réseaux sociaux en jouant la carte de l’antiféminisme et en promouvant auprès du public incel ces valeurs familiales traditionnelles.

L’utilisation du Parlement européen pour mettre en œuvre un projet politique rétrograde

Les députés d’extrême droite s’opposent fréquemment aux traités et conventions conçus pour renforcer les droits des femmes. Il suffit de regarder les votes au Parlement européen pour remarquer que le Rassemblement National s’illustre par son hostilité envers les mécanismes de protection contre les violences sexistes et sexuelles. Le RN a voté contre :

  • Le rapport Tarabella, qui incluait la promotion de la parité, de l’accès à la contraception et à l’avortement.
  • La Convention d’Istanbul, traité européen majeur pour la prévention et la lutte contre la violence faite aux femmes.
  • La résolution sur les écarts de salaires entre les femmes et les hommes.
  • La résolution condamnant les restrictions de l’avortement en Pologne.
  • La résolution instituant des formations pour lutter contre le harcèlement sexuel dans les institutions de l’UE.

Il s’est également abstenu sur la résolution prévoyant l’introduction du droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne en 2024.

Si le Rassemblement National tente de faire oublier son hostilité envers la protection des droits des femmes grâce à son discours fémonationaliste, il n’en reste pas moins qu’il représente une arnaque et une menace.

Pour aller plus loin : Portrait – Jocelyn Dessigny, ce député RN champion du sexisme

Les attaques indirectes : budgets, institutions et programmes

L’attaque des droits des femmes ne passe pas uniquement par de grandes lois. Elle se déploie aussi par des stratégies plus discrètes : la baisse des financements, la fragilisation des contre-pouvoirs et la bataille culturelle dans l’éducation.

En Europe, de nombreuses associations féministes rapportent des baisses de subventions critiques. En France, plus de 70 % des associations d’aide aux femmes victimes de violences signalent une situation financière dégradée, impactant directement l’accompagnement des victimes et la prévention.

Les institutions indépendantes chargées de veiller à l’égalité des genres sont systématiquement sous-financées ou marginalisées, limitant leur capacité à protéger les droits des femmes et à promouvoir des politiques publiques efficaces.

Des mesures dans plusieurs États européens limitent l’enseignement sur l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle. En Hongrie, en Italie et en Pologne, le contenu des programmes scolaires est censuré, empêchant la sensibilisation à l’égalité et la prévention des discriminations dès le plus jeune âge. Pourtant, ces temps de sensibilisation sont primordiaux pour enseigner le consentement dès le plus jeune âge et lutter contre les pratiques incestueuses, mais aussi contre les violences sexistes et sexuelles qui peuvent survenir à tout moment. À l’échelle de la France seulement, la CIIVISE estime qu’en moyenne trois enfants par classe sont victimes d’inceste.


Face à l’extrême-droite institutionnelle, la résistance insoumise

Les parlementaires insoumises Manon Aubry et Mathilde Panot ont incarné des actions concrètes de résistance face à l’extrême droite européenne.

En avril 2025, elles se sont rendues en Pologne pour y apporter des pilules abortives destinées à des militantes locales. Cette action a permis de remettre des centaines de pilules abortives à des associations actives sur place. Pour les deux élues, il s’agissait d’apporter leur pleine solidarité avec les femmes privées de leur droit fondamental de disposer de leur corps.

Cette initiative est représentative d’une résistance politique active, qui ne se limite pas à des votes en séance, mais qui s’étend sur le terrain en incarnant la désobéissance politique face à des lois injustes qui mettent en danger les femmes.

La résistance insoumise se déploie également au niveau civil et associatif : en mars 2025, Mathilde Panot a co-organisé un colloque international intitulé « Mobilisations féministes contre l’extrême droite », en collaboration avec l’institut La Boétie et le groupe de la Gauche au Parlement européen. Des militant.es venus d’Italie, de Pologne, d’Andorre ou de Tunisie ont pu partager leurs expériences, soulignant que l’IVG demeure au cœur des résistances féministes face aux attaques réactionnaires.

Ce 8 mars, il est de notre devoir de rappeler, de nouveau, que l’extrêmedroite n’a pas, et n’aura jamais sa place au sein de nos luttes.

Sources:linsoumission.fr (Par C.L).


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mardi 3 mars 2026

Plus de 5 200 nouveaux militants en une semaine – LFI agrège de plus en plus de nouveaux soutiens en vue des municipales.

 À deux semaines du premier tour des élections municipales, LFI connaît une nouvelle phase d’extension et multiplie les tours de force. L’Insoumission s’est procuré les derniers chiffres des nouvelles personnes ayant rejoint le mouvement insoumis ces dernières semaines et le résultat ne va pas plaire à l’officialité médiatique.

2 500 nouveaux insoumis pour la semaine du 16 au 22 février, 5200 pour la semaine du 23 février au 2 mars. Le nombre de nouveaux insoumis a été multiplié par deux, en l’espace d’une semaine. La conclusion, évidente, est celle de l’échec des cabales médiatico-politiques à répétition, visant à diaboliser LFI afin de détruire ce mouvement et l’alternative qu’il incarne face au système dominant.

Les tentatives d’effacement des violences de l’extrême droite – responsable de 12 assassinats depuis 2022 – ont eu pour effet un regroupement populaire autour de La France insoumise. Malgré les menaces de mort, les agressions, les injures, aucun insoumis n’a rompu les rangs. Ces derniers se sont renforcés. Car derrière les offensives de l’extrême droite relayées par médias et politiques, l’objectif était double : détruire LFI, et avant cela, démobiliser un maximum dans ses rangs. Échec et mat.

Les témoignages recueillis par l’Insoumission à l’occasion des réunions publiques et meetings insoumis – qui réunissent des milliers de personnes à chaque fois – attestent que c’est tout l’inverse qui s’est produit. « Les tentatives de destruction de LFI nous obligent à nous engager toutes et tous. On ne peut pas laisser faire, en se croisant les bras. » déclare Nina, au micro de l’Insoumission, à Saint-Ouen.

Même topo pour Mathieu, au sortir du meeting de Lyon : « On a besoin d’insoumission et de LFI dans nos villes », appelant aussi à « faire bloc autour de LFI car ce sont les seuls qui ne se laissent jamais intimider par l’extrême droite et les manipulations médiatiques ». Manipulations médiatiques qui sont vite battues grâce au système médiatique parallèle assurée des insoumis et ses 20 millions de vues hebdomadaires.

Sylvain Noel, rédacteur en chef

Pour aller plus loin : « Il n’y a que deux côtés à la barricade ! » – À Lyon, Mélenchon en soutien à Anaïs Belouassa Cherifi pour la mairie, LFI fait une nouvelle démonstration de forc

Sources:linsoumission.fr


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vendredi 27 février 2026

Prononciation d’Epstein : l’officialité médiatico-politique invente une nouvelle polémique contre Jean-Luc Mélenchon et les insoumis.


Epstein. Une cabale de diabolisation anti-LFI s’achève, une autre commence. L’officialité médiatico-politique essaye de monter une nouvelle polémique contre Jean-Luc Mélenchon, par l’accusation infâmante d’antisémitisme. Sur deux heures du massif meeting insoumis à Lyon, devant plus de 2 000 personnes, l’officialité n’aura retenu que 10 secondes au cours desquelles Jean-Luc Mélenchon ironise sur la volonté de vouloir faire dire « Epstiiiine » le nom du pédocriminel, pour « russifier » son nom et ses sordides affaires.

Une partie de la classe médiatique fait en effet d’Epstein un agent russe. Le Parisien parle de la « piste russe », France Info de la Russian connexion. Le Monde parle « de liens étroits avec les hommes du Kremlin ». Et une partie de la presse interroge aussi la façon de prononcer « Epstein » (comme Frankenstein) ou « Epstiiine », sans souffrir de la moindre accusation d’antisémitisme, et passant par ailleurs complètement sous silence le fond de ce scandale d’État et ses différents volets : réseaux pédocriminels, traite d’êtres humains, suspicion de financement illégal de partis politiques, délinquance financière.

Mais il fallait bien trouver un nouvel angle d’attaque pour tenter de disqualifier, une fois de plus, la France insoumise. Lancée par l’extrême droite, reprise par les médias mais aussi par Marine Tondelier, Olivier Faure, et d’autres, cette polémique-combine vise à cela. Les procédés de ces « vieux médias » du système s’appliquent à nouveau : un mensonge est posté et immédiatement, les autres médias le reprennent en masse et le font circuler.

Puis certains évoquent à l’envi un soi-disant « malaise chez LFI », en invitant des « experts » de droite et d’extrême droite sur les plateaux pour enfoncer le clou. Mais à chaque cabale anti-LFI, l’intelligence populaire et l’intense niveau de détestation de l’officialité, finissent toujours par renverser les mensonges de l’officialité, et font se regrouper des milliers de gens autour de l’alternative qu’incarne LFI.

« Les insoumis ont, les premiers, dénoncé les instrumentalisation antisémites de l’affaire Epstein » – Manuel Bompard

Jean-Luc Mélenchon a réagi sur les réseaux : « Consternante réaction de ceux qui y voient de l’antisémitisme.  Ça pose question sur leurs réelles motivations sur cette question. L’antisémitisme est du côté de ceux qui veulent tout ramener à ce sujet. Au contraire, j’ai longuement expliqué dans mon discours pourquoi il fallait tenir la religion loin de la politique. 

La façon de prononcer ce nom a fait l’objet de nombreux articles de presse sans soulever aucune polémique. La brutalisation de la vie politique est du côté de ceux qui veulent nous faire taire à force de menaces et d’insultes à tout propos. Ils suscitent délibérément la violence contre LFI. »

Manuel Bompard a aussi dit son dégoût de « voir ces attaques nauséabondes et de voir ceux qui s’y engouffrent », ajoutant : « S’ils avaient vraiment écouté le meeting de Jean-Luc Mélenchon, ils auraient pu l’entendre dénoncer l’inanité des guerres de religion et sa dénonciation de l’hommage rendu au Sénat à Louis IX malgré sa politique de persécution des juifs. Ils auraient pu d’ailleurs rappeler que les insoumis ont, les premiers, dénoncé les instrumentalisation antisémites de l’affaire Epstein. »

Sources:linsoumission.fr          (Sylvain Noel, rédacteur en chef )

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jeudi 26 février 2026

« Comprendre et vaincre le fascisme » – L’analyse de Jean-Christophe Sellin

 Partout en France, les salles des meetings insoumis débordent avec un afflux ininterrompu de nouveaux militants et sympathisants. Parmi leurs motivations premières : rejoindre le seul mouvement qui fait bloc face à l’extrême droite et ses violences, et la seule organisation politique capable de battre le fascisme. Glisser un bulletin LFI dans l’urne lors des élections municipales des 15 et 22 mars, c’est donner de la force à l’antifascisme.

Ce renforcement de LFI s’effectue deux semaines après le début de l’instrumentalisation de la mort du militant identitaire Quentin, par l’extrême droite. L’objectif de cette opération politicienne à l’initiative des fascistes et avec les faveurs de l’officialité médiatique ? Diaboliser LFI pour tenter de neutraliser l’alternative au système dominant, qui progresse chaque jour un peu plus, et tenter d’effacer les violences de l’extrême droite.

Qu’est ce le fascisme ? Comment le combattre ? L’Insoumission publie une analyse de Jean-Christophe Sellin, co-coordinateur du Parti de Gauche et auteur de « Comprendre et vaincre le fascisme ».

« Pour l’antifascisme »

L’actualité de la mort de Quentin Deranque amène à replacer ce décès tragique dans un contexte précis et une perspective historique.

Lyon, une histoire avec l’extrême droite
 

Ici, l’extrême droite est historiquement plus forte qu’ailleurs.

En effet, depuis un siècle, une partie de la bourgeoisie lyonnaise et des notables locaux ont souvent flirté sinon épousé le fascisme.

Le PPF de Jacques Doriot y tient son congrès en 1942 pour appeler à l’extermination des Juifs ; le parti antisémite, royaliste et catholique intégriste l’Action Française (qui a récemment formé Quentin Deranque) y regroupe aussi ses forces.

Klaus Barbie a sévi à Lyon, arrêtant et torturant Jean Moulin en 1943, déportant entre autres les enfants juifs d’Yzieu avec beaucoup de complicités locales.

Lyon, c’est aussi le berceau de la droite intellectuelle nationaliste de l’après-guerre.
Les universités Lyon II et III sont le réacteur de l’extrême droite radicale à partir des années 1970.

Le GRECE (Groupement de Recherche et d’Études pour la Civilisation Européenne) y est créé. Il regroupe des linguistes et professeurs de lettres comme Jean Haudry, Jean-Paul Allard, Jacques Marlaud, Bernard Notin, Jean Varenne et Pierre Vial, pour une conception racialiste blanche et la supériorité de l’identité européenne.
Haudry et Vial rentreront au Conseil scientifique du Front National.

Les négationnistes Roques et Faurisson sont, eux aussi, issus de ces laboratoires universitaires.
Bruno Gollnish, ancien numéro deux du FN, est aussi issu de l’institut d’études indo-européennes d’Haudry, qui tente de légitimer l’idée d’une race aryenne supérieure… Ça rappelle quelque chose.

Décidément, cela fait beaucoup de professeurs qui donnent une légitimité « scientifique » racialiste à des milliers d’élèves pendant des décennies.

À partir de 2015, les dirigeants locaux de Génération identitaire et du Front National de la Jeunesse se déclarent « complémentaires ». Une convergence qui se reproduit ensuite au niveau national avec une porosité sur les listes électorales du FN/RN, chez les assistants parlementaires, les entreprises de conseil et de communication.

En 2018, Lyon est choisi par Marion Maréchal pour y fonder l’Institut des Sciences Sociales et Politiques (ISSEP), établissement privé d’enseignement supérieur destiné à former les cadres de la « jeunesse conservatrice ».

Depuis des années, des bars, des salles de sport et des locaux fascistes organisaient la violence sinon la terreur dans le Vieux Lyon avec ciblages au faciès ou anti-LGBT, des attaques de réunions et des manifestations démocratiques. La présence de la Jeune Garde a fortement contribué à réduire ces locaux et ces exactions. C’est un constat.

Jean Christophe Sellin
   

   À quoi sert le fascisme ?

 Le fascisme est un mouvement politique global et réactionnaire au service du   capital, contre l’égalité et la citoyenneté. Il veut domestiquer les classes   populaires en s’attaquant aux conquêtes sociales et aux libertés démocratiques   dans leur ensemble. Il épouse la volonté de changement des masses pour la   canaliser dans une variante radicale du conservatisme de droite.

 Le fascisme ne se réduit pas nécessairement au racisme, même si, dans la   période actuelle avec des réalités démographiques et géopolitiques nouvelles,   l’utilisation du racisme est dominante pour diviser le peuple de manière   perverse et artificielle.

Le fascisme représente un phénomène spécifique autonome et multiforme qui appelle une réponse politique précise et de haut niveau, car une puissante bataille idéologique et culturelle est à l’œuvre.

Des puissances médiatiques colossales comme les chaînes en continu de magnats industriels et de réseaux sociaux planétaires donnent une caisse de résonance au brouillage des repères, au retournement des principes et au renversement des paradigmes.

Les fascistes deviennent ainsi des victimes. Les colonisés sont caractérisés comme terroristes, l’Islam n’est plus une religion mais un mal de société et la France Insoumise est accusée de tous les maux. Voilà ce qui circule en boucle et en bandeau sur les médias Bolloré jusqu’au service public contaminé par la puanteur ambiante.

Ceux qui dédiabolisent l’extrême droite au sein du bloc bourgeois et diabolisent la France Insoumise sont des irresponsables. Irrresponsables comme en décembre 1932 / janvier 1933 en Allemagne, comme le dit l’historien Chapoutot.

Quand on est républicain, quand on est de gauche, l’antifascisme est un impératif.

C’est bien un impératif catégorique de remettre à l’ordre du jour un combat contre l’inacceptable en mettant des mots sur une réalité. En effet, toute une ambiance politico-médiatique nous explique que le fascisme n’existe plus, et que l’antifascisme serait un fantasme et une agitation stérile devant un ennemi qui n’existe plus.

Oui, il y a des fascistes aujourd’hui et des expériences fascistes sont menées actuellement ; donc le fascisme existe et l’antifascisme se doit d’exister.

L’antifascisme est une volonté de combattre le fascisme et de l’empêcher d’accéder au pouvoir. Il prend sa source dans le combat contre les fascismes historiques de Mussolini, Hitler, Franco, Salazar, mais aussi des dictatures latino-américaines.

L’antifascisme, c’est d’abord un acte d’auto-défense de millions de gens pour la survie mais aussi une volonté de vivre dans un monde de liberté.

L’antifascisme est nourri et illustré par les récits des militant-e-s antifascistes et des centaines de milliers de réfugiés qui ont fui les dictatures et qui ont irrigué la société de leurs témoignages et de leurs expériences. Des enseignements objectifs en sont tirés.

Et le fascisme aux États-Unis, en Israël et en Inde nous confirme que le danger est bien contemporain et nous mord déjà la nuque.

Historiquement, le fascisme, c’est la destruction de toutes les libertés démocratiques (droit d’association, liberté de la presse, regroupement en syndicats indépendants du pouvoir, liberté de pensée et de création, liberté de conscience et de culte).

C’est aussi le racisme, et les discriminations liées au genre et à l’orientation sexuelle. Le fascisme, c’est la négation de l’égalité femme-homme et notamment du principe que les femmes doivent librement disposer de leur corps.

Le fascisme, c’est enfin la volonté de nier la lutte de classe et de réprimer des syndicalistes. Le FN/RN ne manque jamais une occasion de dénoncer les grèves, les blocages d’usine et les mouvements sociaux. Il ne vote jamais les avancées sociales et la taxation du capital à l’Assemblée nationale. Il est le chien de garde du système capitaliste.

Néanmoins, l’antifascisme ne peut se réduire à la lutte pour la démocratie dans la société telle qu’elle est, où souvent les droits et libertés ont déjà été grignotés ou attaqués. Ce serait une forme de statu quo insatisfaisant.

Jacques Chirac a certes battu Jean-Marie Le Pen au deuxième tour des présidentielles de 2002, mais en 1991, en stigmatisant les étrangers avec la formule « le bruit et l’odeur » et ayant mis en œuvre nombre de dispositions anti-immigrés, il avait préparé le terrain idéologique du fascisme.

Si l’antifascisme est né dans l’autodéfense ouvrière et démocratique, il se doit bien sûr de conforter cet aspect fondamental, mais il a surtout l’impératif d’être un mouvement large, pas seulement limité à quelques militants d’avant-garde antifas aguerris.

Il s’agit de lutter contre le fascisme dans tous ses aspects et pas seulement contre les fascistes.

Un autre monde (sans le fascisme) est possible

Le mouvement antifasciste est le bien commun de toutes et tous ceux qui veulent faire vivre les droits et libertés démocratiques, le mouvement social, la solidarité, l’internationalisme contre chacune des politiques fascistes proposées ou en œuvre.

C’est aussi dans le positif que l’antifascisme doit se profiler, avec en perspective une société débarrassée de l’exploitation, de l’oppression et de la discrimination, donc du fascisme.

L’antifascisme à construire est un vaste mouvement social et culturel, populaire et intellectuel à la fois. Il doit donner à voir une autre réalité des rapports sociaux et humains, s’appuyant sur les associations, les luttes, les coopératives, les espaces de convivialité et de solidarité, les lieux de création, l’éducation populaire pour se former aux enjeux historiques et politiques.

Il est urgent de serrer les rangs et de mener une bataille culturelle en rupture avec l’ordre capitaliste, raciste et patriarcal établi. L’antifascisme est une contre-culture par rapport à l’idéologie dominante et au vent mauvais qui souffle sur la planète.

Depuis quarante ans, le rapport de force n’est pas en faveur du camp social et démocratique. Cette dégradation objective du rapport de forces entre les classes sociales, c’est plus de 20 % de la valeur ajoutée passés des poches du Travail à celles du Capital. Cela s’est traduit sur les salaires, les statuts, la protection sociale et la dégradation des services publics. La bombe à fragmentation libérale a atomisé les individus, des territoires et des solidarités. La dégradation des politiques d’intérêt général a une incidence culturelle. L’idée du bien commun et de l’engagement collectif perd du terrain, laissant la place à une forme de résignation et d’individualisme.

Dans cette situation, la première chose à faire est de reprendre confiance dans la possibilité collective d’agir et de regagner des positions politiques et idéologiques pour renverser le rapport de forces.

Bien sûr, l’activité du mouvement social et la lutte de classe sont essentielles pour unifier les classes populaires et les citoyens. L’unité du peuple sur ses besoins sociaux, ses préoccupations écologiques et ses exigences démocratiques est le meilleur rempart au fascisme.

Pour un front unique populaire

La politique du front unique populaire permet de penser les interactions sociales dans leurs diversités, d’apporter matériellement des conditions et des méthodes de luttes à même de détruire le capitalisme et toutes ses manifestations, de la plus anodine à la plus brutale. Lors des combats contre la classe dominante et les forces réactionnaires, la division est un facteur de défaite.

C’est une dimension stratégique : le peuple, peu importe son origine ou ses croyances réelles ou supposées, peu importe son genre et son orientation sexuelle, s’unifie dans l’action contre la logique du capitalisme en crise.

Il est plus que nécessaire d’unifier les opprimé-es, qu’ils et elles vivent dans des villes ou des campagnes. La manière dont les luttes communiquent entre elles, se coordonnent et se centralisent est un facteur de déstabilisation du bloc bourgeois au pouvoir.

S’organiser, c’est déjà résister. Résister, c’est indiquer que la peur peut changer de camp. Il est aussi essentiel de mener une bataille culturelle pour la sixième République et de renforcer les rangs des luttes contre le racisme et toutes les formes d’oppressions où qu’elles soient.

L’objectif est de créer une alternative politique de gauche.

Les circonstances sont à chaque fois uniques et différentes. Elles impliquent un programme approprié aux réalités et à leurs développements. Pour autant, la complexité et l’ampleur de la tâche ne doivent pas paralyser. Bien au contraire. Voici les tâches pour un front unique populaire :
• Former les militant-e-s et organiser des événements.
• Mettre en place des cadres de réflexions et d’action pour la laïcité.
• Participer aux initiatives nationales et locales pour l’égalité des droits, pour le droit des étrangers et la lutte contre les violences policières et pénitentiaires.
• Lancer et construire un front unique exemplaire antiraciste et antifasciste.
• Travailler nationalement comme localement et sur tous les plans aux conditions d’une autodéfense unitaire et démocratique.

Comme l’écrivait Daniel Guérin : « À partir du moment où le fascisme marche vers le pouvoir, le mouvement ouvrier ne dispose plus que d’une seule ressource : s’emparer avant lui du pouvoir. »

Sources:linsoumission.fr  (Par Jean-Christophe SELLIN, co-coordinateur du Parti de Gauche
Auteur de « Comprendre et vaincre le fascisme ». Un monde nouveau


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mercredi 25 février 2026

« Faire l’appât ! » – Après les révélations sur les guet-apens tendus par Némésis, LFI demande la dissolution du groupuscule.

 Selon les révélations de L’Humanité, confirmés par plusieurs médias nationaux, le collectif fasciste Némésis a participé à l’organisation d’un guet-apens visant des militants de gauche à Lyon. Au cœur du dispositif : une stratégie assumée en interne, résumée en deux mots glaçants – « faire l’appât ». Derrière l’image d’un collectif féminin prétendument engagé pour les droits des femmes, c’est une mécanique médiatique et politique de provocation qui apparaît au grand jour, une stratégie de recherche de la violence, sur fond d’instrumentalisation du féminisme.

Qui est némésis ?

Fondé en 2019, Némésis est un collectif féminin d’extrême droite qui se présente comme « identitaire » et « féministe ». Le groupe concentre l’essentiel de sa communication sur les violences sexuelles attribuées aux étrangers ou aux personnes issues de l’immigration, inscrivant son discours dans la théorie du « grand remplacement » et dans une lecture ethnicisée des questions de genre.

Leur stratégie médiatique combine des opérations spectaculaires – actions coup de poing, déploiement de banderoles lors de manifestations, forte présence sur les réseaux sociaux – et une forme de légitimation par des relais installés, notamment au sein de la « bollosphère », où leurs images et communiqués sont régulièrement diffusés. Sa porte-parole, Alice Cordier, est d’ailleurs fréquemment invitée sur ces plateaux.

Le masque féministe d’une violence masculiniste, raciste et homophobe

Ainsi, la dénonciation des violences sexistes permet de donner un vernis respectable à un discours fondamentalement xénophobe.

Mais le cas lyonnais met en lumière les liens opérationnels entre le collectif et l’écosystème identitaire, notamment des réseaux masculins néonazis. Loin d’être autonome, la mise en scène féminine devient un outil tactique dans un dispositif plus large de confrontation.

Le procédé est d’autant plus cynique qu’il instrumentalise la cause des femmes pour servir une stratégie de tension politique.

Pour aller plus loin : Faux féminisme, vrai racisme : Némésis, le visage fémo-identitaire de l’extrême droite 

Une stratégie préméditée : provoquer pour piéger

Le mode opératoire décrit est précis. Une militante du collectif se rend sur place, cherche l’interaction, provoque ou attire des militants antifascistes identifiés. Pendant ce temps, des hommes issus de la mouvance identitaire, voire néo-nazie, se tiennent à proximité.

L’objectif n’est pas le débat. Il est double : provoquer une réaction, puis enclencher l’intervention des militants d’extrême droite. La scène peut ensuite être filmée, montée, diffusée sur les réseaux sociaux afin d’alimenter le récit d’une « violence d’ultra-gauche ». Némésis comptant sur le tam-tam médiatique de la galaxie Bolloré.

L’extrême droite contemporaine ne cherche pas seulement l’affrontement physique : elle cherche l’image. Provoquer, susciter une réaction, filmer, diffuser, inverser la charge morale : la mécanique est désormais bien connue. L’enjeu est de fabriquer des contenus qui alimentent un récit de victimisation et renforcent la cohésion militante.

La violence comme outil politique

Ce type d’action ne relève pas d’un dérapage isolé. Il s’inscrit dans une stratégie plus large de production de séquences virales.

Dans ce schéma, le « guet-apens » devient un outil politique. Il permet de désigner un ennemi, de construire un climat d’insécurité symbolique et de consolider une identité de groupe fondée sur la confrontation. Comme mode opératoire, cette stratégie est intrinsèquement liée à l’organisation des violences politiques d’aujourd’hui.

Et il ne se limite pas à Lyon. Une présentation d’un film de Costa-Gavras organisée à Paris par les Young Struggle, présentée comme un temps d’échange politique, a finalement dégénéré en tabassage en règle d’un militant cégétiste par 25 membres des Hussards (ex-GUD et Zouaves). La présence de militantes de Némésis aux abords de l’événement aurait servi de point de départ à une séquence de provocations, débouchant sur une charge et des slogans « Paris est nazi ! Lyon est nazi ! ».

Cette affaire est toujours en cours d’instruction. Au domicile de Callixte Guy, dirigeant du groupuscule Audace Lyon, ont été retrouvés 13 couteaux, une hachette, du gaz lacrymogène, une matraque télescopique et une réplique de pistolet. Des informations personnelles concernant les membres de la Jeune Garde sont inscrites dans son téléphone.

Une alerte politique

Ces révélations interrogent la banalisation de certaines pratiques de l’extrême droite radicale. Derrière les costumes-cravates, les plateaux de TV et le discours pseudo-féministe, on retrouve des méthodes appliquées depuis 40 ans : provocation, intimidation, chasses à l’homme et agressions.

La stratégie de « faire l’appât » n’est pas un simple coup d’éclat. Elle révèle une méthode militante fondée sur le pire de l’ultra-droite néo-nazie, permise par le système de Vincent Bolloré et lié au Rassemblement national.

Tolérer le développement de ces réseaux, de leurs méthodes et de leurs relais revient à banaliser des projets factieux. Pourtant avertis par les services de renseignement intérieurs, l’inaction et la diabolisation de l’antifascisme par nos irresponsables politiques ressemblent à des choix cyniques et idéologiques qui fragilisent la République.

La France insoumise a demandé au gouvernement de dissoudre judiciairement le collectif fasciste Némésis

Cet après-midi, le député LFI Ugo Bernalicis a interpellé le ministre de l’Intérieur à ce sujet :

« Monsieur le Ministre de l’Intérieur,

Avez-vous pris connaissance des révélations publiées par L’Humanité concernant les liens entre des militantes du collectif d’extrême droite Némésis et des néonazis du groupe Audace ?

Je vous les lis : « On peut être deux ou trois filles à tracter là où vous voulez les choper, un peu pour faire l’appât. » Ces échanges, intervenus en octobre dernier à Lyon, visaient à organiser un guet-apens contre des militants antifascistes.

Les faits sont graves. Ils décrivent des méthodes d’intimidation et de violence politique assumée. Des femo-nationalistes qui échangent avec des néonazis pour piéger et frapper des opposants politiques.

La violence politique dessert notre projet, mais qu’en est il du vôtre ?

Ce sont ces mêmes groupes que votre ministère n’a pas interdit de défiler récemment à Lyon, dans un contexte de récupération d’un drame humain, avec des mots d’ordre et des symboles qui révèlent la montée du fascisme.

Votre famille politique doit s’expliquer ! Quand votre candidate Martine Vassal reprend une devise pétainiste, quand votre ministre Aurore Bergé cite l’antisémite d’extrême droite Charles Maurras et propose un accord politique électoral avec le Rassemblement national, le bruit des bottes se fait de plus en plus lourd dans notre pays !

Je dénonce que votre ministère a fait le choix pour des raisons politiciennes de réprimer les mouvements sociaux pacifiques, des manifestations écologistes non-violentes, des rassemblements pour la paix en Palestine… 

Et quand des néonazis défilent, là nan ? Ça ne trouble pas votre ordre public ?

Je vous pose donc une question précise : allez-vous saisir la justice pour demander la dissolution judiciaire du collectif Némésis ? Ou bien, comme votre prédécesseur Bruno Retailleau, vous dites « bravo pour votre combat, vous savez que j’en suis très proche. »

Nous, nous sommes antifascistes, parce que nous sommes républicain ! Et vous ?

Votre équivalence est scandaleuse !

Sans fascisme il n’y a pas d’antifascisme, pas contre sans antifascisme le fascisme s’installe. »

Sources:linsoumission.fr     (Par Lilian Davy

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mardi 24 février 2026

Près d’un quart des enfants ne mangent pas 3 repas par jour : en France, la faim persiste plus qu’on ne le croit.

 Faim. En France, la situation est alarmante. 22,8 % des enfants ne mangent pas trois repas par jour, 31 % des enfants de familles monoparentales sont privés de repas quotidiens, 46 % des étudiant·es sont en insécurité alimentaire et 14 % des personnes ont eu recours à l’aide alimentaire en 2025, soit plus du double qu’en 2021. Pendant que 9,8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, les aides publiques aux grandes entreprises atteignent 211 milliards d’euros par an. Cherchez l’erreur.

Après neuf années de politiques macronistes marquées par les saignées budgétaires, la destruction méthodique des services publics et le refus de taxer les plus riches, la précarité alimentaire explose et frappe notamment les enfants, les étudiant·es, les familles et les retraité·es. Face à cette urgence sociale, la France insoumise prend ce sujet à bras le corps pour les élections municipales. En vue des municipales des 15 et 22 mars prochains, elle défend deux mesures phares : la mise en place de cantines bio locales gratuites et la création de restaurants municipaux populaires. 

23 % des enfants français ne mangent pas trois repas par jour

Unicef France alerte sur le fait que 22,8 % des enfants français·es ne mangent pas trois repas par jour et subissent des privations alimentaires. 12 % des enfants interrogé·es mangent au mieux une fois par semaine de la viande, du poisson ou un œuf et un·e enfant sur dix n’a des fruits et des légumes qu’une fois par semaine. 6 % ont « tout le temps » ou « souvent » peur de manquer de nourriture. Le niveau de privation alimentaire augmente avec la précarité : 31 % des enfants de famille monoparentale ne mangent pas trois repas par jour (21 % pour celles et ceux qui vivent avec leurs deux parents).

Selon l’Unicef, cette situation dramatique « est directement liée à la montée de la pauvreté et à l’inflation » et l’organisme rappelle que l’insuffisance alimentaire peut avoir des conséquences graves sur la santé des enfants, leur développement et leurs apprentissages.

Une aggravation de la pauvreté et des inégalités

Depuis 2003, le revenu moyen des foyers à très hauts revenus a plus que doublé tandis que la France compte 9,8 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, soit 15,4 % de la population. En cause, la politique des gouvernements Macron successifs.

En janvier 2026, au moment du passage en force du budget, Mathilde Panot alerte sur l’aggravation de la situation : « Avec ses 35 milliards d’euros de coupes, ce budget va être d’une cruauté absolue pour les gens. À quel degré d’inhumanité en est-on arrivé pour enlever la prime de Noël à 1,2 million de personnes, à des gens qui touchent le RSA ? (…) Ce budget, il ne va pas chercher l’argent là où il est : nous n’avons pas la taxe Zucman sur les ultrariches, qui n’était pourtant pas révolutionnaire. Il ne va pas non plus chercher du côté des multinationales à qui on donne 211 milliards d’aides publiques chaque année ».

Pour aller plus loin : Sous Macron, une société profondément inégalitaire : le constat implacable de ce rapport

Entre 10 % et 16 % de la population n’a pas assez à manger « parfois » ou « souvent »

D’après le CREDOC, entre 10 % et 16 % de la population n’a pas assez à manger « parfois » ou « souvent ». 7 % sont contraint·es, chaque semaine, de réduire leur nombre de repas par manque d’argent, 9 % réduisent leurs portions alimentaires, 9 % n’ont pas les moyens de manger des protéines animales ne serait-ce qu’un jour sur deux. 12 % déclarent ne pas avoir assez à manger et 16 % disent se restreindre en termes d’alimentation. Certains quartiers défavorisés sont des déserts alimentaires, sans commerces.

Les personnes âgées, les femmes seules avec enfants, sans moyen de transport, sont les premières pénalisées. En zone rurale, les distances touchent également les plus défavorisé·es. Ainsi il faut parcourir 12,2 km en moyenne pour se rendre à un commerce (quel que soit son type), contre environ 2 km à Paris et sa région.

À Roubaix, une des villes les plus pauvres de France, David Guiraud prévoit de renforcer les épiceries solidaires existantes, de créer des partenariats avec les producteurs locaux, les associations et les réseaux de l’économie sociale et solidaire pour améliorer l’accès à une alimentation de qualité à bas coût, créer du lien social et réduire le gaspillage alimentaire.

Les étudiant·es en insécurité alimentaire

La crise sanitaire du Covid-19 a mis en lumière la précarité alimentaire des étudiant·es privé·es de solidarité familiale. L’Observatoire de la vie étudiante s’inquiète des 46 % d’étudiant·es en insécurité alimentaire, relevant les disparités selon les universités : 18 % à l’université de Rouen Normandie, 43 % à l’université Grenoble Alpes, et 78 % à l’université de Guyane.

Une autre étude confirme l’ancrage de la précarité alimentaire des étudiant·es : 1/3 saute régulièrement des repas par manque d’argent et 16 % ont recours à l’aide alimentaire.

Nathalie Oziol, candidate « Faire mieux pour Montpellier » déplore que la ville « s’est aussi malheureusement illustrée par les immenses files d’attente d’étudiant·es aux distributions alimentaires. C’est insupportable dans une ville où une très grande part de la population est jeune. Alors, nous mettrons en place un restaurant populaire municipal bio et à petit prix. »

https://twitter.com/L_insoumission/status/2025887909224632395

Le recours accru à l’aide alimentaire

La Fondation pour le logement s’alarme : 14 % des personnes interrogées en 2025 ont recours aux aides alimentaires (dont la moitié pour la première fois de leur vie), contre 6 % en 2021. Parmi les ménages que le Secours catholique accompagne, un sur quatre ne dispose d’aucune ressource (17 % en 2018), chiffre jamais atteint depuis 30 ans. Les associations et banques alimentaires sont submergées alors que, dans le même temps, leurs aides baissent du fait des saignées budgétaires macronistes.

Par exemple, fin 2024, le Secours populaire français du Val-de-Marne apprend qu’il va recevoir 200 000 euros de moins sur trois ans, alors que les bénéficiaires sont en forte hausse dans le département : 10 000 en 2018, 15 000 aujourd’hui.

Au niveau local, pour diminuer la charge qui pèse sur les habitant·es, Lény Rabotot, engagé dans la campagne pour la mairie de Val-de-Reuil, propose de mettre en place un restaurant populaire municipal et pour commencer d’ouvrir les cantines scolaires le soir pour les gens qui n’ont pas les moyens de s’acheter et de se préparer à manger : « Les enfants ont faim et leurs parents aussi. On va commencer à expérimenter ça, en ouvrant les cantines scolaires le soir ».

Municipales 2026 : LFI propose des cantines bio et gratuites

La restauration scolaire est une première protection face à cette privation. C’est pourquoi, passer à une alimentation 100 % bio et locale dans les cantines et les rendre gratuites est une base programmatique de la France insoumise pour les élections municipales de mars 2026.

À Besançon, la candidate insoumise Séverine Véziès précise que cet objectif répond à trois enjeux : justice sociale, prévention en matière de santé, et débouchés pour la production bio locale. « La priorité, ce sont évidemment les enfants. En aucun cas ils ne doivent aller à l’école le ventre vide. En outre, les repas pris dans le cadre scolaire doivent être un moment d’apprentissage de comment bien se nourrir. Ce projet devra donc être construit avec les enseignant·es. » Elle propose aussi de fournir un petit-déjeuner et un goûter gratuits.

Sources:linsoumission.fr       (Par Sandrine Cheikh)




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lundi 23 février 2026

Menaces de mort contre Jean-Luc Mélenchon et des élus LFI : un militant d’extrême droite condamné .

 Menaces de mort contre Jean-Luc Mélenchon et des élus LFI : un militant d’extrême droite condamné 

Mélenchon/LFI. « On a fait un groupe de commando et on va en abattre (…) Ils vont crever ». Les propos sont signés Eric Bernard, un homme de 60 ans se revendiquant d’extrême droite. Dans deux vidéos publiées sur Facebook à 11 heures d’intervalle, le 15 février, il a multiplié les menaces de mort et de viol, contre Jean-Luc Mélenchon, Raphael Arnault, Rima Hassan et Mathilde Panot.

Dans ces séquences, l’homme tenait également des propos racistes et évoquait l’usage d’armes à feu. Ces menaces sont le résultat des attaques infamantes contre La France insoumise après la mort à Lyon du militant identitaire Quentin Deranque. Alors que LFI ne porte manifestement aucune responsabilité, les accusations mensongères d’abord portées par la cheffe du collectif raciste Némésis Alice Cordier, et reprises en boucle par médias dominants et politiques de presque tous bords, font peser un grave danger sur les membres du mouvement de Jean-Luc Mélenchon.

La députée LFI Karen Erodi a effectué un signalement au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale, qui impose à toute autorité constituée de dénoncer au procureur de la République des faits susceptibles de constituer une infraction. Cette procédure a permis une réponse judiciaire rapide. Notre article.

Éric Bernard a reconnu ses menaces contre Mélenchon et d’autres élus LFI, deux mois d’emprisonnement, aménagés sous bracelet électronique

Déjà condamné par le passé, notamment pour détention d’armes, Éric Bernard a été jugé dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Il a reconnu les faits. Le tribunal a homologué la peine proposée par le procureur : deux mois d’emprisonnement aménagés sous bracelet électronique, ainsi que la révocation de trois mois d’un précédent sursis.

Pour aller plus loin : « Les gauchistes et autres nègres, vous mourrez tous » – La menace de la bombe contre LFI vient de l’extrême droite

Le condamné a interdiction d’utiliser Facebook pendant six mois, d’entrer en contact avec les victimes et de paraître aux permanences électorales de LFI dans le Tarn durant trois ans. Il lui est en outre interdit de détenir ou porter une arme soumise à autorisation pendant cinq ans.

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