''Il existe des conceptions vulgaires tout à fait suffisantes pour la vie pratique:elles doivent même être la nourriture des hommes.Elles ne suffisent cependant pas à l’intelligence''.
Alors que la santé mentale
est annoncée deux années de suite comme grande cause nationale par le
gouvernement, son action n’a de cesse de détruire méthodiquement le
secteur de la psychiatrie. Deux exemples sur Paris sont emblématiques de
cette situation. Il s’agit d’une part du centre d’accueil et de crise
Amado situé au cœur de Paris.
Ce type de structure est destiné à prendre
en charge les personnes qui traversent une crise psychique aiguë, dans
le but d’éviter autant que possible une hospitalisation complète, tout
en assurant des soins rapides et intensifs. Ils sont ouverts 24h sur 24
et possèdent des lits pour des hospitalisations de courte durée
permettant d’accueillir les patients, sans délai et en accès direct.
Leur efficacité a été largement démontrée
du fait d’un circuit direct, sans passage obligé par les urgences des
hôpitaux surchargées dans lesquelles ne sont souvent pas présents des
personnels ayant les compétences pour organiser les soins pour ces
patients. La direction de l’hôpital dont dépend ce centre a profité d’un
déménagement du fait de travaux, qui aurait dû être provisoire, pour
organiser l’asphyxie progressive de la structure et finalement décider
de sa fermeture le 10 juillet. Le docteur Christophe Prudhomme y revient
dans son billet d’humeur de la semaine.
Santé mentale – « Le gouvernement
délaisse les personnes atteintes de troubles mentaux en fermant des
structures de soins et en laissant la maltraitance policière primer sur
une prise en charge digne des malades. »
Conséquence de cette fermeture ? Un
abandon des patients et un démantèlement complet d’une équipe de
soignants expérimentés. La seule logique qui a prévalu est une logique
financière dans le contexte du plan d’économies drastique imposé par le
gouvernement à la Sécurité sociale. Le deuxième dossier est celui de
l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police, structure unique
dans son genre en France du fait de sa tutelle par le ministère de
l’Intérieur et non celui de la Santé, dont le rôle est l’accueil,
l’évaluation et l’orientation de personnes présentant des troubles
mentaux aigus prises en charge par les forces de police lorsqu’il existe
un risque immédiat pour leur sécurité et celle d’autrui.
Le contexte est un rapport de la
contrôleure générale des lieux de privation de liberté « CGLPL » qui
dénonce des dysfonctionnements majeurs avec plusieurs violations des
droits des patients dans des conditions matérielles et humaines très
préoccupantes et jugées indignes. La réaction du préfet de Police a été
de qualifier ce rapport de mensonger. Mal lui en a pris, puisqu’une
décision du tribunal administratif en date du 13 juillet 2026 lui
enjoint de mettre en œuvre un certain nombre de mesures pour faire
cesser cette situation. La réaction du représentant de l’État a été de
faire immédiatement appel de cette décision.
Cette décision est d’une part indigne,
mais elle souligne le fait que le gouvernement, en l’occurrence le
ministre de l’Intérieur et la ministre de la Santé, valide cette
décision d’un préfet sous leur tutelle, qui va à l’encontre de l’intérêt
des malades alors que leur rôle est de les protéger. La conclusion est
bien que le gouvernement délaisse les personnes atteintes de troubles
mentaux en fermant des structures de soins et en laissant la
maltraitance policière primer sur une prise en charge digne des malades.
Sources:linsoumission.fr (Par Dr Christophe Prudhomme)
Dès demain, mais aussi dimanche 19 et lundi 20 juillet, des mobilisations sont prévues partout en France pour s’opposer à la mal nommée « loi agricole ».
Derrière cette appellation trompeuse, c’est tout un système
d’empoisonnement que veut rendre légal un arc de partis politiques, du
RN à la macronie en passant par la droite. Main dans la main, ces partis
actent la légalisation de pesticides jusqu’à présent interdits car
détruisant les fœtus humains, menaçant les enfants, mais aussi les
femmes enceintes et les agriculteurs.
Le danger est tel que l’Ordre des médecins
a pris position contre cette loi. Didier Spindler, vice-président de
l’Ordre national des médecins, en charge de la santé environnementale,
est catégorique : les pesticides prévus par cette loi « vont avoir une action toxique pour la population et malheureusement pour les agriculteurs eux-mêmes ».
Vous voulez vous mobiliser contre cette
loi assassine ? L’Insoumission publie la carte des manifestations, pour
savoir quand et où manifester.
Incendies. Le scandale autour de Gabriel Attal et des Canadairs n’en finit pas de prendre de l’ampleur.
Lorsqu’il était à Matignon, ce dernier a annulé par décret les crédits
budgétaires de la mission Sécurité civile, amenant à bloquer la commande
de deux Canadairs. Depuis, le candidat macroniste sort les rames. En
duplex sur LCI ce 15 juillet, il a accusé le leader insoumis de « raconter n’importe quoi »,
alors que Jean-Luc Mélenchon dénonçait justement l’annulation, par sa
faute, des crédits budgétaires qui auraient permis l’achat de 2
canadairs.
Au total, sur les 16 Canadairs promis par
Macron, 4 ont été commandés et seuls 2 arriveront avant 2033. A noter,
Gabriel Attal a bien été aidé par le RN dans son entreprise de
démolition du service public de la protection civile. Le RN a en effet
refusé de le censurer le gouvernement Attal, deux semaines avant ses
coupes budgétaires.
Mis au pied du mur par les faits, Gabriel
Attal est rattrapé par les faits et recadré de partout, y compris par
les éditorialistes de LCI eux-mêmes, comme Renaud Pila. Ce dernier a
affirmé que « Jean-Luc Mélenchon avait raison ». Paniqué,
Gabriel Attal affirme que LFI aurait voté contre les moyens
supplémentaires pour la sécurité civile. Il omet de préciser que les
insoumis ont déposé, chaque année, des amendements pour renforcer
lesdits moyens. Il omet aussi de préciser que le vote contre la loi
LOPMI des Insoumis (loi d’orientation et de programmation du ministère
de l’Intérieur) se justifiait par une série de mesures répressives
telles que des aggravations de peines et l’extension des AFD (amendes
forfaitaires délictuelles).
En outre, Gabriel Attal cache le fait que
cette loi de programmation est non contraignante sur le plan du budget.
Le vote de LFI contre cette programmation est donc à la fois justifié,
pour s’opposer aux mesures répressives, mais aussi sans aucun rapport
avec un quelconque blocage contre des moyens supplémentaires de sécurité
civile. Le seul responsable de l’annulation de la commande des deux
Canadairs est Gabriel Attal qui doit désormais faire face aux décisions
absurdes et criminelles qu’il a prises, et qui lui seront peut-être
fatales dans la campagne présidentielle. Notre brève.
« Gabriel Attal prétend que l’accuser
d’avoir annulé des commandes de Canadairs pour la flotte française est «
n’importe quoi ». Pourtant, le décret 2024-124 portant annulation de
crédits et signé de sa main est facilement disponible en ligne. » – Jean-Luc Mélenchon / Canadairs / Incendies /
Gabriel
Attal prétend que l'accuser d'avoir annulé des commandes de Canadairs
pour la flotte française est « n'importe quoi ». Pourtant, le décret
2024-124 portant annulation de crédits et signé de sa main est
facilement disponible en ligne.
Les écorégions auraient-elles infusé ?
Un classement des personnalités de Cluster 17 paru ce mercredi 15
juillet montre que Jean-Luc Mélenchon est la personnalité politique la
plus soutenue par les électeurs des Écologistes. En termes de
popularité, le leader insoumis se retrouve au coude à coude avec Marine
Tondelier. Quant à Raphaël Glucksmann, candidat du Parti socialiste, il
n’est pas présent dans le top 10.
Les électeurs du parti de Marine Tondelier
l’ont bien compris. Le sérieux et le travail de fond sont du côté de
Jean-Luc Mélenchon, dont la nouvelle idée révolutionnaire, la création
d’écorégions comme première ligne de la planification écologique, répond
au grand défi de l’effondrement climatique et écologique. En parallèle,
les autres candidats à gauche, déclarés ou non déclarés, s’enferrent
dans des logiques d’affrontements internes tout en étant au niveau zéro
des propositions à formuler, tant sur l’écologie que sur tous les autres
sujets qui concernent les urgences du pays et du monde.
Le leader insoumis bénéficie d’une
dynamique qui ne cesse de s’amplifier avec des soutiens toujours plus
nombreux. Après le succès du meeting de Saint-Denis qui a réuni plus de
26 000 personnes, la réussite du concert insoumis antiraciste, Jean-Luc
Mélenchon a aussi été très remarqué au festival d’Avignon où il a
développé son projet politique pour la culture, soulignant le rôle de
l’imaginaire et de la créativité pour transformer la société tout en se
prononçant contre les coupes budgétaires massives dans le monde de l’art
et de la culture qui étouffent les créateurs et leurs équipes.
Dernier évènement marquant en date, le
déplacement de Jean-Luc Mélenchon à Paimpont où plus de 2000 personnes
étaient rassemblées, dont quasi-exclusivement des habitants du village
et de ceux aux alentours. Pour les insoumis, les prochaines étapes sont
déjà toutes tracées : du 19 juillet au 29 juillet, les caravanes
populaires de LFI sillonnneront le pays pour inscrire le plus de
personnes sur les listes électorales et pour convaincre de la pertinence
du programme de la France insoumise et des qualités de son candidat,
Jean-Luc Mélenchon. Le prochain grand rendez-vous est déjà donné : les
Amfis d’été se tiendront du 20 au 24 aout, à proximité de Valence. Notre
brève.
Mélenchon, personnalité politique la plus soutenue par les électeurs des Écologistes
Jean-Luc Mélenchon : « Les éco-régions permettront d’organiser et
prévoir tout ce qui concerne l’eau, l’air, la fertilité de la terre, la
santé publique.
LFI… Mondeville, Strasbourg,
Bordeaux, Grenoble, Le Mans, Tours, Troyes, Auxerre… Voilà seulement
8 villes sur les 48 étapes réparties dans toute la France, constituant
le tracé des quatre Caravanes populaires insoumises de cet été. Comme
chaque année, ces caravanes vont sillonner les routes du pays à la
rencontre du peuple de France, notamment dans les quartiers populaires.
Le mouvement insoumis ne se repose jamais !
Plusieurs objectifs sont avancés. D’abord, l’inscription des citoyennes et des citoyens sur les listes électorales,
notamment en vue des élections présidentielle et législatives de 2027.
En 2022, 10,6 millions de Français·es étaient non-inscrit·es ou
mal-inscrit·es sur les listes électorales, soit 21 % du corps électoral.
Une aberration démocratique, que le pouvoir macroniste n’a jamais tenté
de corriger. À vrai dire, il s’en accommode très bien. Ensuite, de
longs temps d’échanges avec les habitants rencontrés, afin d’entendre
leurs préoccupations. Enfin, leur présenter le programme et la
candidature de Jean-Luc Mélenchon, seul à défendre un programme de
rupture vis-à-vis de la macronie et de l’extrême droite. Augmenter les
salaires, bloquer les prix, faire les écorégions pour la planification
écologique, 6ᵉ République, diplomatie du non-alignement. Autant de
mesures que les insoumis pourront détailler à chaque étape.
L’initiative des caravanes a été lancée en 2016 par Mathilde Panot. Depuis, elles n’ont cessé de tracer la route
pour inscrire sur les listes électorales et pour convaincre. Militants
par dizaines et plusieurs députés LFI des circonscriptions traversées
par les caravanes se mobilisent pour assurer le succès de ce dispositif.
Chaque année, les insoumis ont toujours reçu un accueil chaleureux. Là
où ils passent, ce qu’ils entendent le plus reste : « Personne ne vient nous voir ici, vous êtes les seuls à venir jusqu’à nous
». Que ceux qui ont gouverné le pays ces dernières années ne s’étonnent
pas du sentiment d’abandon ressenti par de trop nombreuses personnes.
Un lien que les insoumis, patiemment, consciencieusement, font tout pour
retisser. Notre brève.
Par Nadim Février
De Mondeville à Strasbourg en
passant par Lille et Nancy, de Bordeaux à Grenoble en passant par Nîmes
et Toulon, la grande traversée des Caravanes populaires de LFI Nord / Sud
Du Mans à Tours en passant par
Nantes et La Rochelle, de Troyes à Auxerre en passant par Besançon et
Orléans, la grande traversée des Caravanes populaires de LFI Ouest / Est
RN. Élu de justesse en mars 2026 avec à peine plus d’un tiers des suffrages, Côme Dunis, premier maire Rassemblement national
de l’histoire du Loiret, offre déjà aux Montargois un condensé de la
méthode lepéniste au pouvoir local : une augmentation de 80 % de sa
propre indemnité dès le premier conseil municipal, la suspension d’un
projet d’école et de crèche dans un quartier populaire, celle d’un pôle
de santé, et une mise au pas de la vie culturelle qui a poussé
l’écrivain Didier Daeninckx à refuser de parrainer le salon du livre.
Pendant ce temps, le budget sécurité
gonfle et le marché de Noël engrange 50 000 euros de subvention
supplémentaires. Notre article.
Premier réflexe : se servir
À peine l’écharpe tricolore endossée, le
nouveau maire d’extrême droite a montré ses priorités. Comme le rapporte
France 3 Centre-Val de Loire lors du conseil municipal du 7 avril 2026,
Côme Dunis a fait voter le passage de son indemnité mensuelle d’environ
1 500 euros (le montant que percevait son prédécesseur) à 2 705 euros.
Soit plus de 1 200 euros d’augmentation : + 80 %, d’un coup, dès la
première séance.
L’opposition de gauche, menée par le
communiste Bruno Nottin et le socialiste Dalip Vehapi, n’a pas manqué de
relever l’indécence du geste. Bruno Nottin a qualifié la décision de «
parfaitement obscène », quand Dalip Vehapi interrogeait le maire sur le
signal envoyé aux habitants d’une ville populaire, marquée par la
précarité. La presse locale a recensé les mots qui ont fusé : « obscène
», « bras d’honneur », « provocation ». Cerise sur le gâteau : selon La
République du Centre, la délibération attribuant ces indemnités devra
même être soumise à un nouveau vote du conseil municipal. Même pour
s’augmenter, le RN ne sait pas faire les choses dans les règles.
Le cas Dunis n’est pas isolé, il est
systémique. À Perpignan, Louis Aliot s’est de nouveau augmenté après une
première hausse de 17 % lors de son précédent mandat. Les maires RN de
Carcassonne, de Moissac, de La Flèche ou de Harnes ont fait de même. Le
parti qui prétend défendre « le peuple » contre « les élites » commence
chaque mandat par la même délibération : celle qui remplit les poches de
ses édiles.
« Pas de délinquants au gouvernement ! Marine Le Pen est une voleuse ! »
– A la Flèche, rassemblement spontané de nombreux habitants pour
dénoncer le détournement de 4 millions d’euros d’argent public par
Marine Le Pen et le RN
L’école et la santé peuvent attendre, pas le marché de Noël
La suite est du même tonneau. Parmi ses
toutes premières décisions, Côme Dunis a suspendu le projet de pôle
éducatif jeunesse (une école et une crèche) prévu dans le quartier
prioritaire de La Chaussée, ainsi qu’un projet de centre de santé,
pourtant déjà votés par la précédente municipalité. Motif invoqué : les
finances de la commune. Le maire jure la main sur le cœur que « la
priorité du mandat, c’est la crèche et l’école ». On jugera la priorité à
l’aune des actes : le projet est à l’arrêt.
Car l’argument budgétaire ne tient pas une
seconde face aux choix réellement opérés. Comme l’a dénoncé l’élu
d’opposition Dalip Vehapi, la même municipalité a trouvé 50 000 euros
supplémentaires pour le marché de Noël, augmenté le budget de la
sécurité (cinq policiers municipaux supplémentaires sont annoncés) et
supprimé les fournitures scolaires offertes jusqu’ici aux élèves de
primaire. Faire les poches des écoliers pour financer les guirlandes et
les matraques : voilà, très concrètement, l’ordre des priorités du RN à
Montargis.
Cette hiérarchie n’a rien d’un accident
local. D’après un décompte relayé par France 3, environ 40 % de la
soixantaine de mairies conquises par le RN en mars ont pris, dès les
trois premiers mois, des décisions frappant la culture, les associations
de solidarité ou les syndicats. À Carcassonne, Christophe Barthès
ampute le budget culturel d’environ 20 %.
À Carpentras, Hervé de Lépinau supprime la
subvention au Planning familial. À Vauvert, Nicolas Meizonnet annule
une exposition photo et refuse de financer un festival de jazz. À
Vierzon, l’aide à la rentrée scolaire disparaît et les tarifs de la
cantine grimpent. Partout le même logiciel : l’extrême droite au
pouvoir, c’est la casse sociale en accéléré.
La culture mise au pas
À Montargis, c’est sur le terrain culturel
que la méthode RN s’est révélée avec le plus de brutalité. Sans aucun
débat préalable en commission culture, le maire a évincé Jean-Philippe
Lajus, le programmateur qui faisait vivre depuis quinze ans la saison
théâtrale « Un Dimanche au théâtre », suivie par un public fidèle de 700
à 900 spectateurs par saison. La programmation sera désormais reprise «
en interne », comprendre : sous contrôle politique direct de la mairie.
Dans la foulée, la municipalité a revu la
saison culturelle et augmenté les tarifs, faisant bondir l’opposition.
En séance du conseil, Dalip Vehapi a accusé le maire de vouloir « mettre
au pas la culture ». Les élus d’opposition, eux, ont découvert ces
décisions après coup : au RN, on décide d’abord, on consulte ensuite, ou
jamais.
Le monde de la culture, lui, ne s’y est
pas trompé. Didier Daeninckx, figure du roman noir et lauréat du
Goncourt de la nouvelle, qui devait parrainer le salon du livre de
l’agglomération montargoise le 31 mai, a annulé sa venue dès le
lendemain du second tour, refusant de s’afficher aux côtés d’élus
d’extrême droite.
L’écrivain sait de quoi il parle : comme
il l’a raconté à ICI Orléans, dans les années 1990, à Orange, alors
dirigée par le Front national, un de ses livres empruntés à la
médiathèque avait été rendu lacéré, les passages déplaisant à l’élu à la
culture soigneusement découpés. Trente ans plus tard, le parti a changé
de nom, pas de nature. La conception RN de la culture est une « culture
française » fantasmée, prétendument « menacée », qu’il faudrait
défendre contre le pluralisme. C’est l’idéologie d’un parti qui n’a
jamais supporté la liberté de création.
Un maire minoritaire, un laboratoire pour 2027
Rappelons enfin d’où vient ce pouvoir
municipal. Côme Dunis, ancien gilet jaune investi par le RN et l’UDR, a
été élu au terme d’une triangulaire avec 34,64 % des suffrages, à 59
voix devant la liste d’union de la gauche conduite par Bruno Nottin.
Près de deux Montargois sur trois n’ont pas voulu de l’extrême droite.
C’est ce maire ultra-minoritaire, élu « dans un trou de souris » selon
les mots de Bruno Nottin, qui s’est augmenté de 80 % et gèle aujourd’hui
les projets d’école et de santé de la ville. Montargis rejoint ainsi la
longue liste des laboratoires municipaux du RN, de Carcassonne à
Perpignan, où se
vérifie, ville après ville, la même
équation : enrichissement des élus, austérité pour les habitants,
autoritarisme culturel, et sécuritarisme comme seul horizon. À un an de
l’élection présidentielle, alors que la dynamique populaire autour de
Jean-Luc Mélenchon et de l’union ne cesse de s’amplifier, ces bilans
municipaux sont autant de démonstrations grandeur nature : le « RN de
proximité » vanté par Jordan Bardella n’existe pas.
Ce qui existe, c’est un parti qui, partout
où il gouverne, gouverne contre le peuple. Les Montargois en font
l’expérience. À nous de faire en sorte que le pays entier n’ait pas à la
subir.
Pax Silica. Le 25 juin 2026,
l’Union européenne a signé cette déclaration, initiative lancée par
l’administration Trump pour arrimer ses « alliés » au capital
technologique américain. Vingt-quatre États membres l’ont désormais
ratifiée, trois semaines à peine après que Bruxelles eut présenté en
fanfare son « paquet de souveraineté technologique ».
Ce grand écart n’est pas un accident : il
est l’aboutissement d’une séquence de dix-huit mois de concessions
militaires, commerciales et réglementaires. Récit d’une vassalisation
méthodique, et de ce qu’elle nous dit du bloc impérial en construction.
Notre article.
L’empire qui ne se cache plus
Il y a des noms qui disent tout. « Pax
Silica » : la paix de la silice, ce composant essentiel des puces
électroniques. La référence est assumée. Après la Pax Romana et la Pax
Americana, voici la paix impériale de l’ère numérique, celle qu’un
centre impose à ses périphéries en échange de leur soumission.
Lancée le 12 décembre 2025 à Washington par le département d’État,
l’initiative se présente comme un effort de « coopération » pour
sécuriser les chaînes d’approvisionnement de l’intelligence artificielle
: minerais critiques, énergie, semi-conducteurs, infrastructures de
calcul.
Dans les faits, elle organise un bloc
économique, technologique et in fine militaire centré sur les intérêts
conjoints de l’État fédéral américain et de la Silicon Valley. Les
premiers signataires (Royaume-Uni, Japon, Corée du Sud, Israël,
Singapour, Australie) ont été rejoints par le Qatar, les Émirats,
l’Inde, puis, un à un, par des États membres de l’Union : la Suède en
mars 2026, la Finlande et la Grèce ensuite.
Le 25 juin 2026, lors du deuxième sommet
de l’initiative, la Commission européenne a signé au nom des Vingt-Sept,
aux côtés de l’Allemagne et des Pays-Bas.
L’architecte de l’opération s’appelle
Jacob Helberg. Sous-secrétaire d’État aux affaires économiques, ancien
conseiller d’Alex Karp (le PDG de Palantir), il incarne à lui seul la
fusion entre le capital technologique et l’appareil d’État américain.
Sa doctrine tient en une phrase, prononcée
lors du lancement : si le XXe siècle reposait sur le pétrole et
l’acier, le XXIe repose sur le calcul et les minéraux qui l’alimentent.
Et cet empire ne prend même plus la peine
de se dissimuler. Le 23 juin 2026, deux jours avant la signature
européenne, Helberg publiait un manifeste au titre limpide : « The Digital Sovereignty Trap »,
le piège de la souveraineté numérique. Les pays qui tentent de bâtir
leurs propres capacités d’IA n’atteindront, écrit-il, qu’une «
médiocrité synchronisée ». Le département d’État a pris soin d’en
publier une traduction française : le message s’adresse bien à nous.
Pax Silica, une signature qui vaut reddition
Officiellement, la déclaration Pax Silica
n’est « pas juridiquement contraignante ». C’est l’argument qu’a brandi
la Commission pour obtenir le feu vert des États membres début juin.
C’est précisément ce qui devrait alerter : le non-contraignant est
devenu la méthode privilégiée pour engager l’Europe sans jamais passer
devant les peuples ni leurs représentants.
Car le débat interne fut réel. Selon Euronews,
Paris a dénoncé dans cette initiative une tentative de « colonisation
de l’Europe », incompatible avec l’agenda de souveraineté technologique
de l’Union. L’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas ont poussé à la
signature ; la Commission a exigé une adhésion en bloc.
La France a fini par lever son opposition,
prisonnière de ses propres contradictions : comment refuser le bloc
américain quand on a fait des sommets « Choose France » la vitrine
d’investissements massifs dans l’IA financés par des fonds américains et
émiratis ?
Le symbole est d’autant plus cruel que la chronologie parle d’elle-même. Le 3 juin 2026, la Commission présentait son « Technological Sovereignty Package »
: Chips Act 2.0, Cloud and AI Development Act, promesse que « personne
ne dispose d’un interrupteur » sur nos infrastructures. Le 25 juin, la
même Commission signait une déclaration que son initiateur présente
explicitement comme l’alternative américaine à la souveraineté
numérique. Trois semaines séparent le discours de la capitulation.
Le cas ASML, ou la coercition en actes
Faut-il un exemple concret de ce
qu’adhérer signifie ? Regardons les Pays-Bas. Le pays abrite ASML, joyau
industriel européen, seule entreprise au monde capable de produire les
machines de lithographie les plus avancées, indispensables aux puces de
l’IA générative.
Depuis avril 2026, le Congrès américain
examine le « MATCH Act », une loi à portée extraterritoriale qui
permettrait à Washington d’interdire à ASML de vendre à la Chine ses
machines DUV, sous peine de sanctions. La Chine représentait encore un
tiers des ventes d’ASML en 2025.
La même semaine de juin 2026, le ministre
néerlandais du commerce extérieur Sjoerd Sjoerdsma faisait le voyage de
Washington pour supplier l’administration de renoncer à cette loi. Il
rappelait que le contrôle des exportations fonctionne mieux « par
conviction » que par coercition imposée « à travers l’Atlantique ».
Et le même jour, le 23 juin, il signait la
déclaration Pax Silica. Voilà le mécanisme mis à nu : on ne signe pas
parce qu’on adhère, on signe parce qu’on est tenu. Le marché l’a
d’ailleurs immédiatement compris : l’action ASML a décroché dans les
jours suivant l’annonce.
C’est cela, la « liberté de commercer »
version Pax Silica : chacun est libre de se soumettre. La déclaration
engage ses signataires à écarter de leurs chaînes d’approvisionnement
les acteurs « aux pratiques non marchandes », périphrase désignant la
Chine, et à privilégier des politiques « pro-croissance » plutôt qu’une
régulation stricte de l’IA.
Dix-huit mois de capitulations en chaîne
Pax Silica n’est pas une anomalie. C’est
le dernier maillon d’une chaîne dont chaque anneau a été forgé selon la
même méthode : une menace américaine, puis une concession européenne.
La capitulation militaire d’abord.Au sommet de l’OTAN de La Haye,
les 24 et 25 juin 2025, les Européens ont accepté l’objectif exigé par
Trump de porter leurs dépenses de défense à 5 % du PIB d’ici 2035, soit
un doublement de l’objectif précédent. Le secrétaire général Mark Rutte a
donné le ton en comparant publiquement Trump à un « Daddy ».
Donald Trump a été surnommé "daddy" par le chef de l'Otan Mark Rutte,
après que le locataire de la Maison-Blanche a fait une comparaison entre
le conflit Israël-Iran et deux enfants qui se battent #IsraelIran#Trump#Otanpic.twitter.com/znAzVSn0CJ
Seule l’Espagne de Pedro Sánchez a
résisté, jugeant l’objectif « déraisonnable et contreproductif » et
plaidant pour l’autonomie stratégique ; elle s’est attirée en retour les
menaces commerciales répétées de Washington. Dans le même mouvement, le
mécanisme PURL institué en juillet 2025 fait payer aux Européens les
armes américaines livrées à l’Ukraine : 4,3 milliards de dollars en
2025, sans transfert de technologie ni de contrôle.
La capitulation commerciale ensuite.
Le 27 juillet 2025, sur le golf de Trump à Turnberry, Ursula von der
Leyen a accepté en un peu plus d’une heure un accord que le Sénat
français et Pascal Lamy ont qualifié de capitulation : droits de douane
de 15 % sur les exportations européennes sans réciprocité, 750 milliards
de dollars d’énergie américaine, 600 milliards d’investissements aux
États-Unis, au moins 40 milliards de dollars de puces d’IA américaines.
« C’est un jour sombre que celui où une
alliance de peuples libres […] se résout à la soumission », a écrit
François Bayrou. Le 16 juin 2026, le Parlement européen a ratifié : 440 voix pour, 151 contre. Un seul groupe s’y est unanimement opposé, celui de La Gauche.
« Une fois de plus, on se couche devant
les États-Unis », a dénoncé l’eurodéputée insoumise Emma Fourreau. «
L’Union européenne est devenue le paillasson de Donald Trump », a résumé
Manon Aubry.
L'UE déroule le tapis rouge à Trump en validant l'accord asymétrique imposant 15% de droits de douane sur les produits et 0% sur les produits .
Notre groupe @Left_EU est le seul à s'y être opposé en commission.
La capitulation réglementaire enfin,
celle qui profite directement aux GAFAM. Dès février 2025, le
vice-président JD Vance venait à Paris avertir les Européens que
l’Amérique n’accepterait pas qu’on « resserre la vis » sur ses
entreprises technologiques. Le résultat est documenté : des amendes
symboliques au regard des plafonds légaux (500 millions d’euros pour
Apple, 200 pour Meta, 120 pour X, quand les textes permettent jusqu’à 10
% du chiffre d’affaires mondial).
Centre et périphérie : ce que Gramsci nous apprend de la silice
Comment nommer ce qui se joue ? L’économiste Romaric Godin, dans Mediapart,
décrit une double dynamique : « privatisation de la diplomatie
étatsunienne » d’un côté, « étatisation des grands groupes du numérique »
de l’autre.
Le bloc Pax Silica n’est pas une alliance
entre États : c’est l’organisation politique d’un rapport de production,
où chaque périphérie se voit assigner une fonction dans la valorisation
du capital technologique américain. Les Pays-Bas fournissent les
machines, la Norvège l’énergie, le Panama la logistique, l’Europe le
marché et les capitaux.
L’économiste Benjamin Bürbaumer le formule
ainsi : l’Europe a toujours occupé une place subordonnée dans le
capitalisme dirigé par les États-Unis, mais avec cette adhésion, cette
subordination devient explicite sur le plan numérique. Evgeny Morozov va
plus loin : Pax Silica inaugure selon lui un nouveau cycle de
soumission dans lequel les États ne sont plus en concurrence pour leur
indépendance, mais pour leur proximité avec le centre.
C’est ici que la grille gramscienne prend
tout son sens. L’hégémonie ne repose jamais sur la seule coercition ;
elle exige le consentement. Le MATCH Act et les menaces tarifaires,
c’est la coercition. Le manifeste de Helberg, la rhétorique de la «
coopération entre partenaires de confiance », c’est la fabrique du
consentement.
La Commission européenne, qui signe la
déclaration tout en la présentant comme « pleinement complémentaire » de
sa propre souveraineté technologique, joue le rôle que Gramsci
assignait aux intellectuels organiques du bloc dominant : traduire la
domination en langage d’intérêt général.
Le plus révélateur est peut-être la liste
des signataires latino-américains accueillis en juin : l’Argentine de
Milei, le Salvador de Bukele. Des économies marginales pour les chaînes
d’approvisionnement de l’IA, mais des symboles politiques pour
l’internationale réactionnaire. Le bloc technologique et le bloc
idéologique ne font qu’un.
2027 : l’indépendance numérique comme question de régime
Reste la question qui fâche : que faire ?
La déclaration n’étant pas contraignante, rien n’empêcherait
juridiquement l’Union d’en sortir demain. Rien, sauf ce qui l’y a fait
entrer : la dépendance.
70 % du cloud européen est aux mains de
trois entreprises américaines. Le déficit numérique de l’Union dépasse,
selon une étude du Parlement européen, 100 milliards d’euros par an.
Chaque data center « offert » par SoftBank ou les fonds émiratis, chaque
contrat Palantir signé par nos services de renseignement, resserre le
carcan.
Des brèches existent pourtant. La France a
annoncé vouloir remplacer Palantir par le français ChapsVision à la
DGSI, au nom d’un principe simple : on ne peut pas dépendre d’outils
développés par des puissances étrangères. L’Espagne écarte Palantir de
ses marchés publics. Les acteurs français du numérique libre ont lancé
leur « appel du 18 juin » contre la colonisation numérique.
Mais ces résistances resteront des gestes
tant qu’elles ne s’adosseront pas à une rupture politique d’ensemble.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit. La vassalisation n’est pas une
fatalité géographique, c’est un choix de classe : celui des directions
européennes qui préfèrent la rente de la soumission au risque de
l’indépendance.
En face, une autre voie existe : celle que
défend l’Union populaire pour 2027 avec Jean-Luc Mélenchon. Le
non-alignement, le refus de la logique de bloc contre bloc, la
reconstruction d’une filière numérique publique et souveraine, du
logiciel libre aux infrastructures de calcul.
La silice est l’un des matériaux les plus
abondants de la planète. Ce qui est rare, c’est le courage politique de
refuser la paix des empires.
C’est une nouvelle qui ne va pas arranger
l’état de panique de ses adversaires. Jean-Luc Mélenchon est sondé à 16%
d’après un sondage Harris paru ce mercredi 8 juillet. A 16%, celui qui a
déjà recueilli plus de 326 000 soutiens
– dont 150 000 en 48 heures – est à la position à laquelle il était
sondé quatre jours avant le premier tour, en 2022. Il avait finalement
réalisé 22% des voix, à un point du second tour. Depuis avril, il a
gagné quatre points. Il est désormais confirmé au second tour face à
Marine Le Pen.
Ce sondage en confirme plusieurs autres,
récents, dont le baromètre IFOP du 19 juin qui révélait que le leader
insoumis est le candidat des jeunes et des travailleurs. Il est en effet
deux fois plus populaire chez les jeunes que Jordan Bardella. Il est la
personnalité avec le plus de bonnes opinions chez les moins de 35 ans.
Il est aussi le candidat préféré des professions intermédiaires – la
classe moyenne – avec 49 % de bonnes opinions. Et il se trouve aussi
devant Bardella et Le Pen chez les personnes non diplômées. Conclusion ?
Même les sondages biaisés et manipulés peinent à cacher la progression
constante du leader insoumis.
Après le succès du meeting du 7 juin qui a
réuni plus de 26 000 personnes et la réussite du concert insoumis
antiraciste, Jean-Luc Mélenchon a réalisé un début de campagne qui le
place au dessus de la mêlée. L’été sera chaud pour ses concurrents. Tous
sont freinés par des logiques de division interne, y compris au RN. En
dépit de l’annonce de sa candidature après sa condamnation pour
détournement de 4 millions d’euros d’argent public, Marine Le Pen est
confrontée à un futur Premier ministre qui défend une ligne autre que la
sienne. Le bling bling contre le bracelet électronique.
Par la mise en mouvement de dizaines de
milliers de personnes, Jean-Luc Mélenchon a confirmé qu’il était le seul
capable de battre le RN, et de proposer un futur différent au pays.
Blocage des prix, hausse des salaires, taxation des superprofits,
écorégions pour la planification écologique, référendum révocatoire en
passant à la 6ème République, suspension de l’accord UE-Israel, ce sont
tout autant de mesures qui convainquent, et renforcent la puissante
dynamique autour de lui. Vous voulez rejoindre la campagne ? Rendez-vous
sur http://melenchon2027.fr. Notre brève.
Sylvain Noel, rédacteur en chef
« Je serai au second tour de l’élection présidentielle. Et nous gagnerons, car la France n’est pas un pays fasciste ou raciste. » – Jean-Luc Mélenchon