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mercredi 23 septembre 2026

Rima Hassan : Nuñez rattrapé par le scandale des fuites, LFI exige sa démission.

 Rima Hassan. Cinq mois après la garde à vue de l’eurodéputée insoumise, « Complément d’enquête » a révélé des informations concernant le ministre de l’Intérieur en personne. Le 2 avril, dans le wagon-bar d’un train, Laurent Nuñez a accrédité auprès de journalistes les fausses informations prétendant que de la drogue de synthèse aurait été trouvée dans son sac.

L’information était totalement fausse, et l’enquête pour stupéfiants a été classée sans suite. « La barbouzerie gouverne ! », a dénoncé Jean-Luc Mélenchon. « Il n’est pas normal qu’un ministre de l’Intérieur viole la loi », a déclaré Manuel Bompard sur France Inter. Vendredi 18 septembre, Rima Hassan a porté plainte devant la Cour de justice de la République. La France insoumise exige la démission du ministre Laurent Nuñez. Notre article.

Un wagon-bar, un ministre, une intox

2 avril 2026. Rima Hassan est en garde à vue à Paris pour un simple tweet. Au même moment, Laurent Nuñez rentre de Bordeaux en train, aux côtés du Premier ministre Sébastien Lecornu. Au wagon-bar, hors micros, des journalistes lui demandent si de la drogue a été trouvée dans le sac de l’eurodéputée.

Réponse du ministre, selon les témoins de l’émission : « il se peut que ce soit exact ». Il aurait ensuite parlé d’un produit de synthèse et d’un dérivé de cocaïne, en admettant ne pas trop s’y connaître. Un journaliste présent aurait aussitôt appelé sa rédaction pour confirmer l’information.

Plus grave encore. Selon un autre témoin, le ministre a rapporté ce que Rima Hassan expliquait aux enquêteurs : des produits achetés en Belgique, qu’elle pensait autorisés. Si ce récit est exact, le contenu d’une audition en cours a été servi à la presse par le premier flic de France. Le secret de l’enquête, lui, est resté à quai.

Le lendemain, Nuñez déplore les fuites

3 avril, RMC et BFMTV. Le même Laurent Nuñez joue la retenue : tout relève de l’enquête, seul le parquet doit communiquer, et il dit regretter les fuites. Pompier le matin, pyromane la veille.

Entre-temps, la machine s’est emballée. L’accusation tourne en boucle sur les chaînes d’info. Même l’AFP relaie la découverte d’une drogue de synthèse, en citant une source proche du dossier. Rima Hassan est encore face aux enquêteurs quand l’intox inonde déjà les ondes.

Rima Hassan blanchie, mais le mal est fait

Les analyses de laboratoire balaient tout. Pas de drogue de synthèse. Pas de cocaïne. Du CBD, acheté dans un commerce à Bruxelles. Le parquet de Paris classe sans suite.

Détail accablant révélé par Mediapart : les résultats sont connus dès le 4 avril, mais le parquet n’annonce le classement que le 9. Cinq jours de calomnie supplémentaires. Le 10 avril, le Conseil de déontologie journalistique et de médiation rappelle les rédactions à la prudence. Trop tard. Un démenti ne rattrape jamais une intox.

La défense de Nuñez : un aveu déguisé

Jeudi 17 septembre, interrogé par des députées insoumises à l’Assemblée, le ministre nie. « Je n’ai organisé aucune fuite », assure-t-il. Sa ligne : les journalistes avaient déjà tout depuis la mi-journée, il aurait seulement incité à la prudence. Il juge même anormal que la presse ait disposé d’un tel niveau d’information.

L’argument se retourne contre lui. Son entourage ne conteste pas l’échange : il confirme une discussion en off sur la garde à vue. Or un ministre de l’Intérieur n’a pas à commenter une audition en cours. Encore moins à crédibiliser une rumeur. Quand le patron de la police dit qu’une information est peut-être exacte, une rédaction entend une confirmation. Et si ces fuites étaient anormales, pourquoi les nourrir au lieu de les faire cesser ?

Autre signe : Laurent Nuñez avait accepté une interview de « Complément d’enquête », avant de se rétracter. Il n’a pas non plus répondu aux questions écrites. France 2 promettait d’ausculter « la méthode Rima Hassan ». L’émission a surtout mis à nu la méthode Nuñez.


 Le lien








 

Signalement, pistage, fuites : la mécanique d’un acharnement

 L’affaire ne tombe pas du ciel. Le tweet qui vaut à Rima Hassan sa garde à vue a été signalé par le ministre de l’Intérieur lui-même. Selon Mediapart, la police pistait l’eurodéputée depuis le 1er janvier 2026 : téléphone géolocalisé, billets de train et hôtels tracés. Des moyens d’antigang, déployés contre une parlementaire d’opposition.

Les fuites ne viendraient pas que de place Beauvau. Selon Le Canard enchaîné, le porte-parole du ministère de la Justice aurait lui aussi échangé avec des journalistes pendant la garde à vue. Dès le 8 avril, Rima Hassan a déposé plainte pour violation du secret de l’enquête. L’IGPN a été saisie. Cinq mois plus tard, son enquête n’a toujours pas abouti.Le bilan judiciaire de cette traque ? Vingt-deux procédures selon l’eurodéputée, seize selon le parquet. Des classements en série. Aucune condamnation. Quand le droit ne suffit pas à abattre une opposante politique, reste la rumeur. 

Rima Hassan et la fabrique de l’ennemi intérieur

Avant d’analyser, il faut reprendre la séquence dans l’ordre, car c’est son enchaînement qui fait sens. Selon Mediapart, la police géolocalise Rima Hassan et trace ses billets de train et ses réservations d’hôtel depuis le 1er janvier 2026, trois mois avant le tweet incriminé. Le 26 mars, l’eurodéputée publie sur X un message évoquant Kōzō Okamoto, membre de l’armée rouge japonaise.

Le tweet est signalé par le ministère de l’Intérieur, puis par la Licra et l’Organisation juive européenne et le parquet de Paris ouvre une enquête pour apologie du terrorisme. Le 2 avril, Rima Hassan est placée en garde à vue. Le même jour, la rumeur d’une drogue de synthèse découverte dans son sac se répand dans les rédactions, pendant qu’elle est encore face aux enquêteurs, et, selon les témoins de « Complément d’enquête », Laurent Nuñez l’accrédite en off dans le train qui le ramène de Bordeaux.

Le 3 avril, le ministre déclare publiquement regretter les fuites. Le 4 avril, les analyses écartent toute drogue de synthèse, mais le parquet n’annonce le classement sans suite que le 9. Le 10, le Conseil de déontologie journalistique et de médiation rappelle les rédactions à la prudence. Cinq mois plus tard, le 16 septembre, « Complément d’enquête » révèle le rôle prêté au ministre, qui dément le lendemain avoir organisé la moindre fuite. Le 18, Rima Hassan porte plainte devant la Cour de justice de la République. Les 19 et 20 octobre, c’est pourtant elle qui sera jugée, pour un tweet, avec sept ans de prison encourus.

L’affaire Nuñez pourrait passer pour une bavure isolée, une confidence de trop dans un train. Ce serait passer à côté de l’essentiel. La science politique, la sociologie et l’histoire du droit ont décrit depuis longtemps chacun des rouages à l’œuvre dans cette séquence : la criminalisation de l’opposant, sa dégradation publique, et l’usage du « off » comme parole d’État sans signature. Aucun de ces mécanismes n’exige de complot. Chacun fonctionne par son propre poids. C’est précisément ce qui les rend redoutables, et ce qui fait de Rima Hassan un cas d’école.

Criminaliser pour dépolitiser

La politiste et historienne Vanessa Codaccioni, maîtresse de conférences à Paris 8 et spécialiste de la justice d’exception, a consacré à ce phénomène un livre de référence : Répression. L’État face aux contestations politiques » (Textuel, 2019). Sa thèse tient en une idée forte. La répression n’a pas disparu des démocraties, elle a changé de forme. Elle étend ses filets policiers, judiciaires et administratifs plus vite et plus loin qu’avant, et poursuit un objectif constant : nier le caractère politique de l’action de ceux qu’elle vise.

L’opposant n’est plus combattu comme un adversaire, il est traité en délinquant, en terroriste, voire en malade. « La répression vise à dépolitiser les revendications », résumait-elle dans Politis. Appliquée à Rima Hassan, la grille est d’une précision troublante. Un tweet sur la Palestine relève du débat politique. Face au génocide orchestré par l’Etat d’Israël, il est légitime et nécessaire. Le transformer en « apologie du terrorisme », c’est le sortir du débat pour le faire entrer au commissariat. La rumeur de drogue va plus loin encore : elle fait basculer l’élue du champ de l’opinion vers celui du fait divers et du vice privé.

Cette dérive a une histoire juridique précise. Jusqu’en 2014, l’apologie du terrorisme relevait de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, avec ses protections : délais de prescription courts, procédures encadrées, pas de garde à vue pour une opinion. La loi du 13 novembre 2014 l’a transférée dans le code pénal. Garde à vue, flagrance et comparution rapide sont devenues possibles pour une phrase publiée en ligne.

Dans « Justice d’exception » (CNRS Éditions, 2015), Codaccioni montre que la France a toujours entretenu des juridictions à part pour ses ennemis politiques, de la Cour de sûreté de l’État (1963-1981), utilisée contre l’OAS puis contre l’extrême gauche, aux dispositifs antiterroristes contemporains. L’exception ne disparaît pas : elle migre dans le droit commun. La garde à vue du 2 avril, obtenue selon la défense par un « dévoiement de la procédure en flagrance » pour contourner l’immunité parlementaire, en est l’illustration parfaite.

Un détail de l’affaire mérite qu’on s’y arrête. Selon Mediapart, la police pistait Rima Hassan depuis le 1er janvier 2026. Le tweet incriminé date du 26 mars. La surveillance a donc précédé de trois mois l’infraction supposée. Le juriste allemand Günther Jakobs a donné un nom à cette logique en 1985 : le « droit pénal de l’ennemi » (Feindstrafrecht). Certains individus n’y sont plus traités comme des citoyens titulaires de droits, mais comme des sources de danger qu’il faut neutraliser avant même qu’ils agissent.

Jakobs le décrivait, et en partie l’assumait. La juriste Mireille Delmas-Marty, professeure au Collège de France, a passé ses dernières années à alerter sur la contamination des démocraties par cette logique après 2001. Plus tôt encore, Otto Kirchheimer, juriste de l’école de Francfort exilé par le nazisme, avait montré dans « Political Justice » (Princeton, 1961) que le procès politique vise souvent moins la condamnation que la fabrication, devant l’opinion, d’une certaine image de l’adversaire. Vingt-deux procédures, zéro condamnation : le procès n’a pas besoin d’être gagné pour produire son effet.

La cérémonie de dégradation

En 1956, le sociologue américain Harold Garfinkel publie dans l’American Journal of Sociology un article devenu classique : « Conditions of Successful Degradation Ceremonies ». Il y décrit le travail social par lequel une personne est publiquement déchue de son statut. La cérémonie réussit à trois conditions. Le dénonciateur doit parler depuis une position d’autorité, comme représentant légitime du groupe. L’acte reproché doit être présenté non comme un écart ponctuel, mais comme la révélation de ce qu’est la personne « au fond ». Enfin, celle-ci doit être désignée comme étrangère, extérieure à la communauté des gens respectables. Garfinkel insiste sur ce point décisif : la dégradation porte sur l’identité totale, pas sur un comportement.

La rumeur de drogue remplit ces trois conditions avec une efficacité redoutable. Elle ne reproche pas un acte isolé, elle suggère une double vie : l’élue qui donne des leçons de morale sur Gaza cacherait des stupéfiants dans son sac. Elle bénéficie de la voix la plus autorisée qui soit en matière de délinquance, celle du ministre de l’Intérieur lui-même. Et elle complète une désignation déjà en cours depuis des mois, celle de l’étrangère, née apatride dans un camp de réfugiés, soupçonnée de complaisance envers le terrorisme. C’est pourquoi le démenti ne répare rien. Une fois la cérémonie accomplie, l’identité dégradée colle à la personne bien après l’effondrement de l’accusation. Même le titre « Rima Hassan blanchie » contient encore le mot drogue.

Le politiste Murray Edelman prolonge cette analyse dans « Constructing the Political Spectacle » (University of Chicago Press, 1988). Pour lui, les ennemis politiques sont moins découverts que construits, et leur construction sert ceux qui les désignent : elle soude un camp, justifie des mesures d’exception et détourne l’attention des problèmes réels. L’ennemi se définit par une nature qu’on lui prête, jamais par ses actes vérifiables. Deux autres concepts éclairent la forme singulière que prend cette construction ici.

La philosophe Miranda Fricker parle d’« injustice testimoniale » (Oxford University Press, 2007) : un préjugé lié à l’identité ampute d’avance la crédibilité d’une parole. La sociologue Patricia Hill Collins nomme « images de contrôle » ces stéréotypes qui permettent de refuser d’entendre sans avoir à réfuter. La « terroriste », puis la « droguée » : deux images successives, et toujours le même résultat. Personne ne discute plus ce que Rima Hassan dit de Gaza.

Le off, ou la parole d’État sans signature

Reste à comprendre pourquoi une phrase lâchée au wagon-bar a pu peser si lourd. En 1978, Stuart Hall et ses coauteurs publient « Policing the Crisis », étude magistrale de la panique morale autour des « agressions de rue » dans l’Angleterre des années 1970. Ils y forgent la notion de « définisseurs primaires ». Police, magistrats et responsables politiques ne sont pas des sources parmi d’autres : ils imposent le premier cadrage d’un événement, et la presse, structurellement dépendante de leurs informations, tend à reprendre leurs catégories. Toute contestation ultérieure doit alors se battre sur un terrain déjà balisé. Le 2 avril, le cadrage initial est « drogue de synthèse ». Le classement sans suite du 9 avril arrive trop tard et doit répondre dans les termes imposés.

Le « off » est le mécanisme qui permet à ce cadrage d’exister sans auteur. Le politiste Jean-Baptiste Legavre, aujourd’hui directeur de l’école de journalisme de l’Institut français de presse, l’a analysé dès 1992 dans la revue Politix. Le off n’est pas une règle claire et partagée : c’est un signal entre le journaliste et sa source, dont la signification varie selon les acteurs et que régule avant tout la confiance. Tout son intérêt, pour la source, est là : une information peut produire tous ses effets sans que personne n’ait à en répondre. Le ministre parle, un journaliste appelle sa rédaction, l’information sort attribuée à une « source proche du dossier ».

Le lendemain, le même ministre regrette publiquement les fuites. Pierre Bourdieu avait décrit dans « Sur la télévision » (1996) la « circulation circulaire de l’information » : les journalistes se lisent et se reprennent entre eux, si bien qu’une confirmation officieuse devient en quelques heures une évidence reprise par toutes les chaînes. Le off n’est pas une maladresse du système médiatique. C’est l’un de ses modes de fonctionnement ordinaires, et un instrument de pouvoir pour qui sait s’en servir.

Un précédent : l’affaire Markovic

La France a déjà connu la rumeur comme arme contre un rival politique. En octobre 1968, le corps de Stevan Markovič, ancien garde du corps d’Alain Delon, est retrouvé dans une décharge des Yvelines. Dans les semaines qui suivent, des rumeurs évoquant de prétendues photos compromettantes de Claude Pompidou circulent dans les milieux politiques et journalistiques parisiens.

Georges Pompidou, alors écarté de Matignon et perçu comme rival potentiel du pouvoir en place, restera convaincu que des hommes de l’appareil d’État ont alimenté la calomnie contre lui. Il en livre son récit dans « Pour rétablir une vérité, publié après sa mort en 1982. Le parallèle a ses limites, et les deux affaires diffèrent en tout. Mais il rappelle une constante : la rumeur visant la vie privée d’un adversaire est une vieille arme de la vie politique française, et elle n’a jamais eu besoin d’être vraie pour être efficace.

Criminaliser pour dépolitiser, dégrader pour disqualifier, parler en off pour ne jamais répondre de rien : ces trois logiques convergent dans l’affaire Rima Hassan. Voilà pourquoi la question posée dépasse l’intention personnelle de Laurent Nuñez, qu’il conteste. Elle porte sur un système qui rend possible qu’un ministre de l’Intérieur commente la garde à vue d’une opposante, que l’information fausse fasse le tour des rédactions en quelques heures, et que son démenti mette cinq jours à sortir. On juge une démocratie à la manière dont elle traite ses opposants. Sur ce terrain, la France de 2026 a de quoi s’inquiéter.

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mardi 22 septembre 2026

« La catastrophe aux urgences » – Le billet d’humeur de Christophe Prudhomme.

 Les services des urgences en tension permanente ne sont plus en capacité de gérer des pics prévisibles d’augmentation transitoire de leur activité. Nous connaissons cela chaque hiver lors des épidémies de grippe et, cet été, la situation a empiré avec les épisodes de canicule.

Une étude de Samu-Urgences de France, représentation institutionnelle de cette activité hospitalière qui a été présidée par l’éphémère ministre de la Santé François Braun, vient de présenter il y a quelques jours un bilan catastrophique. Le manque de capacité d’hospitalisation, conséquence des politiques de fermetures de lits initiées il y a plus de 20 ans et aggravées par Emmanuel Macron, s’est traduit par une moyenne de 15 patients restant sur des brancards pendant 48 h dans près de la moitié des services d’urgences. Et dans un tiers des cas, cette durée dépasse 3 jours. Le billet d’humeur de Christophe Prudhomme.

21 % de services d’urgences ont connu, je cite : « au moins un décès d’un patient alors qu’il était pris en charge ou en attente sur un brancard »

Un autre chiffre plus inquiétant est que 21 % de services ont connu, je cite : « au moins un décès d’un patient alors qu’il était pris en charge ou en attente sur un brancard ». Il est dit que l’enquête ne permet pas d’en déterminer les causes, ni d’établir un lien de causalité avec la durée d’attente, ni de mesurer une éventuelle surmortalité.

Mensonge, car la littérature scientifique a déjà largement démontré dans plusieurs publications que la mortalité augmente avec le temps passé sur un brancard, plus particulièrement pour les patients fragiles et âgés. Une étude française datant de 2023 cite même une augmentation de 43 % au bout d’une nuit sur un brancard. Cette année la situation a sûrement été pire du fait de locaux inadaptés aux chaleurs extrêmes.

Pour aller plus loin : « Fermer encore des hôpitaux ? » – Le billet d’humeur de Christophe Prudhomme

Ce qui est scandaleux, c’est que les différents ministres de la Santé depuis la première canicule de 2003 sont venus vanter dans les médias des mesures permettant soi-disant d’améliorer la situation. De la mise en place de gestionnaires de lits au fameux service d’accès aux soins demandant aux patients d’appeler le 15 avant de se rendre aux urgences, le constat d’inefficacité est implacable. Il s’agit de mesures initiées par des gestionnaires, préoccupés uniquement de l’impératif financier de réduction des dépenses.

Les besoins sont connus depuis longtemps. La première priorité est une réorganisation de la médecine de ville avec des moyens donnés aux généralistes pour qu’ils reprennent les visites à domicile et les gardes. La deuxième priorité est d’arrêter de fermer des lits et des services d’urgence et surtout d’embaucher du personnel en nombre suffisant. Il faut stopper le fonctionnement à flux tendu de l’hôpital et accepter de disposer d’une marge de manœuvre qui impose un taux d’occupation moyen des lits de 80 % au maximum pour pouvoir gérer les variations d’activité connues et prévisibles.

Pour conclure, je m’adresse solennellement aux députés qui vont voter le budget de la Sécu. Si vous acceptez le même budget d’austérité que ces dernières années, qui ne permet même pas de maintenir l’existant dans les hôpitaux, vous aurez la responsabilité d’une augmentation des décès sur des brancards aux urgences.

Sources:linsoumission.fr  (Par Dr Christophe Prudhomme)

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lundi 21 septembre 2026

Présidentielle – Université de rentrée du Progrès974 : la gauche réunionnaise en ordre de marche

 

 Présidentielle. Le dimanche 6 septembre, à Saint-Joseph, sous la halle François Mitterrand, ce sont des centaines de militants qui ont répondu présent à l’université de rentrée du parti du maire de la commune, Patrick Lebreton.

L’ensemble des responsables de l’Union des Forces Progressistes de La Réunion (coalition de partis de gauche réunionnais structurée autour de la présidente de Région Huguette Bello) se sont retrouvés tout d’abord pour faire le bilan des municipales. En effet, la coalition peut s’enorgueillir d’être passée en mars dernier de 2 à 5 municipalités contrôlées par elle, parmi lesquelles deux des plus grandes villes de l’île (Saint-Paul et Le Tampon), et d’une à deux intercommunalités sous gouvernance « progressiste ».

Mais ils s’étaient aussi réunis pour parler projet à long terme pour l’île et affirmer un positionnement à l’approche des présidentielles. Éclairage en trois interventions à la tribune du meeting de clôture. Notre article.

Alexis Chaussalet : l’appel à la révolution citoyenne et à la VIe République

L’invité spécial, Alexis Chaussalet, chaudement acclamé à l’appel de son nom à la tribune, nouveau maire du Tampon fort d’une performance électorale inédite, est celui qui a été le plus net quant à ses intentions.

Après avoir rappelé la dette que la gauche réunionnaise doit, particulièrement au Tampon, à l’engagement et à la résilience des militants communistes qui ont tenu le flambeau du combat pendant des années sur une scène politique réunionnaise encore particulièrement violente jusqu’au début des années 80, après avoir salué la vision stratégique, la droiture de conviction et la capacité à se renouveler de l’actuelle présidente de Région, et souligné l’importance du rassemblement des forces de la gauche dans les séquences électorales déterminantes, est venu le moment d’aborder les échéances à venir.

Fraîchement revenu des Amfis où il a participé à l’animation d’une conférence et a tissé des liens avec d’autres maires insoumis, et sans citer explicitement le nom de Jean-Luc Mélenchon, le maire du Tampon ironise : « Je ne vais pas vous dire pour qui voter, vous êtes assez grands, mais ceux qui connaissent l’historique de mon engagement politique savent très bien de quel côté mon cœur penche, quel bulletin je vais glisser dans l’urne et quel parrainage je vais donner ».

Pour aller plus loin : Municipales 2026 à La Réunion – Le candidat Alexis Chaussalet (LFI) prépare la révolution citoyenne à la mairie du Tampon

Faisant le bilan d’un mandat Macron marqué par le développement des inégalités, une montée sans précédent de l’extrême droite à chaque élection et l’usage abusif de tous les penchants autoritaires de la Ve République (49-3, ordonnances, contournement des contre-pouvoirs et corps intermédiaires), Alexis Chaussalet en appelle, face au coup d’État permanent, à la démocratie permanente et à la révolution citoyenne : « Disons oui au référendum d’initiative citoyenne, oui au mandat révocable, mais surtout débarrassons-nous de cette Ve République monarchique et vive la VIe République ! »


Huguette Bello : « Notre choix sera réunionnais »

L’invitée d’honneur, Huguette Bello, a tracé la ligne pour les mois à venir : « Notre choix sera réunionnais. » Déjà évoqué lors du point presse de rentrée de la coalition, le positionnement de la présidente est clair : tout candidat souhaitant prétendre au soutien de la coalition devra intégrer dans son programme la plate-forme de propositions programmatiques de celle-ci.

Souveraineté alimentaire et énergétique, formation locale et retour des Réunionnais partis se former en Hexagone, place de La Réunion dans l’océan Indien, déploiement d’une politique maritime ambitieuse, renforcement du service public, et soutien au projet RéunionExpress (projet de développement d’un transport ferroviaire de voyageurs à l’échelle de l’île), la présidente de Région a longuement détaillé dans son intervention les attentes sur ces enjeux majeurs et précise : « Nous regarderons ce que chaque candidature dira de La Réunion. »

Déjà en 2022, Patrick Lebreton et Huguette Bello apportaient leur parrainage à Jean-Luc Mélenchon et Karine Lebon, députée du PLR, rejoignait le parlement de l’Union Populaire. En 2024, la coalition avait fait bloc aux élections européennes derrière la liste « Aubry-Omarjee » qui a atteint les 20 % localement, le 4ᵉ meilleur score du mouvement dans un département. Et depuis 2017, Jean-Hugues Ratenon et sa formation Rézistance Égalité 974 font entendre la voix de La Réunion au sein du groupe LFI à l’Assemblée nationale.

Dans ce contexte de dialogue constant et exigeant, le programme de La France insoumise qui sortira dans sa version actualisée en novembre ne manquera probablement pas de répondre aux prescriptions réunionnaises.

Patrick Lebreton : « Notre candidat, c’est le programme ! »

L’hôte du jour, Patrick Lebreton, a emboîté le pas de la présidente de Région : « Notre candidat, c’est le programme ! »

Le maire de Saint-Joseph et fondateur du parti hôte Progrès974, qui avait opéré une rupture à gauche avec le Parti socialiste de François Hollande suite à la loi Travail, à ses yeux « première pierre du macronisme », a tenu à évoquer des impératifs programmatiques et montre son intérêt pour les propositions insoumises.

« Notre candidat sera celui qui s’engagera à soutenir le projet RéunionExpress ! », projet qui participera à faire face à la politique du tout-automobile et à développer le territoire de façon équilibrée.

« Le candidat que nous soutiendrons devra sauvegarder l’octroi de mer, que Madame Le Pen veut supprimer », cette taxation particulière qui touche les produits importés sur l’île abonde de façon importante au budget des collectivités locales, leur permettant de bénéficier directement des effets de la consommation populaire et de les réinjecter dans le développement du territoire.

« Le candidat que nous soutiendrons devra s’engager à rétablir l’ISF » pour remettre de la justice fiscale.

Le candidat devra également apporter l’assurance que les outre-mers ne seront pas considérés comme des sous-territoires. En 10 ans de mandat Macron il y aura eu 7 ministres et 2 intérims, dans ce contexte « comment on travaille un budget ? Comment on suit les dossiers ? Quelles politiques sur le long terme ? »

En matière d’ambition territoriale et environnementale, Patrick Lebreton souligne son intérêt pour la proposition sur les écorégions formulée par Jean-Luc Mélenchon : « Certains lui trouvent un regard dur derrière ses lunettes, moi je ne m’intéresse pas à ses lunettes mais à sa vision. » Pour le fondateur d’un parti qui revendique la prise en compte des spécificités territoriales de chaque coin de l’île, faire des régions le fer de lance de la planification écologique tout en prenant en compte les réalités géographiques et hydrographiques est une proposition qui va dans le bon sens. L’adhésion est la même concernant l’idée de conscription écologique, pour bâtir une véritable cohésion nationale.

Le maire de Saint-Joseph conclut sur les propos suivants en parlant de l’Union des Forces Progressistes : « On ne jouera pas contre notre camp. On travaille pour La Réunion, celle qu’on laissera à nos enfants demain, on travaille pour qu’en 2027 les Réunionnaises et les Réunionnais soient les gagnants ! »

Sources:linsoumission.fr 

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vendredi 18 septembre 2026

Blocage des prix – La proposition de Mélenchon plébiscitée et applicable.

 

« Le plafonnement des prix est inéluctable ». La déclaration de Michel-Édouard Leclerc, interrogé le 8 septembre sur la hausse des prix, n’est pas passée inaperçue. Elle rappelle une vérité : le blocage des prix est faisable techniquement, et urgent socialement. Dans les stations-service du pays, le prix du litre n’a jamais vraiment baissé. Il continue même de flamber, en raison de la pompe à spéculation qui fonctionne à plein régime. En l’espace de six mois, Total a engrangé 11 milliards de dollars de profits.

Le blocage des prix fait partie des mesures défendues par Jean-Luc Mélenchon de longue date, depuis 2021. Tout comme la hausse des salaires et l’échelle mobile des salaires, elle fait partie des mesures d’urgence sociale rappelées par le leader insoumis à la braderie de Lille, devant 12 000 personnes, dans le cadre du « décret de l’urgence sociale ». Les insoumis n’ont jamais perdu de vue cette urgence.

La députée insoumise Aurélie Trouvé a d’ailleurs annoncé le lancement d’une mission parlementaire sur le sujet. « Total profite de la guerre sur le dos des Français et le gouvernement laisse faire », a-t-elle déclaré sur le plateau de BFMTV en posant le constat, puis la perspective de 2027 : « Quand nous gouvernerons, nous bloquerons les prix immédiatement à 1,70 € le litre d’essence, comme avant la guerre, et nous refuserons le chantage à la pénurie de Total, qui est nul et non avenu. La France insoumise a obtenu une mission parlementaire pour faire la lumière sur ce scandale, je la débute maintenant ! » Une pétition circule pour exiger le blocage des prix. Et vous, l’avez-vous signée ? Notre article.

Une inflation alimentée par les marges

L’explication dominante de l’inflation repose sur un schéma simple : la hausse des coûts (énergie, matières premières) se transmettrait mécaniquement aux prix. Mais cette lecture est aujourd’hui largement contestée.

Plusieurs institutions internationales, dont le FMI et la Banque centrale européenne, reconnaissent désormais que les profits ont joué un rôle déterminant dans la hausse des prix récente. Dans de nombreux secteurs, les entreprises ont non seulement répercuté l’augmentation de leurs coûts, mais ont également élargi leurs marges. Ce phénomène, parfois qualifié de « profit-led inflation », est particulièrement visible dans l’énergie.

Les grandes compagnies pétrolières ont ainsi enregistré des profits historiques depuis 2021. Le cas de TotalEnergies est emblématique : après environ 6 milliards de dollars de profits en 2020, le groupe dépasse 20 milliards en 2021, puis atteint un record proche de 38 milliards de dollars en 2022. En 2023, les profits restent au-dessus de 25 milliards, et encore supérieurs à 20 milliards en 2024. En deux ans, les profits ont ainsi été multipliés par plus de six par rapport à la période de crise sanitaire.

Dans ce cadre, les prix ne traduisent pas simplement une rareté, mais aussi une capacité des acteurs dominants à imposer leurs conditions. Cette dynamique est renforcée par des activités de trading particulièrement lucratives : certaines opérations spéculatives auraient généré près d’un milliard de dollars de gains en quelques jours lors des tensions sur le détroit d’Ormuz.

Le blocage des prix : un outil économique éprouvé

Contrairement à une idée largement répandue, le blocage des prix n’a rien d’une mesure exceptionnelle ou irréaliste. Il s’inscrit dans une longue tradition d’intervention publique.

En France, le droit permet déjà de réglementer les prix en cas de circonstances exceptionnelles. Ce levier a été utilisé à plusieurs reprises : lors de la guerre du Golfe en 1990, après le passage du cyclone Hugo en Guadeloupe, ou encore pendant la crise du Covid-19 avec l’encadrement des prix des masques et du gel hydroalcoolique.

Ces expériences ont un point commun : elles n’ont pas conduit aux pénuries souvent brandies comme épouvantail. Elles montrent au contraire que l’intervention publique peut stabiliser les prix sans désorganiser l’économie.

Dans les territoires d’outre-mer, le blocage des prix est même une réalité permanente pour certains biens essentiels. À La Réunion, par exemple, le prix du carburant est fixé administrativement chaque mois et se situe autour de 1,50 € à 1,60 € le litre, sans provoquer de rupture d’approvisionnement.

Des exemples internationaux

La France n’est pas un cas isolé. Face à l’inflation, plusieurs pays ont déjà recours à des politiques de plafonnement ou d’encadrement des prix, avec des modalités différentes mais une logique commune : protéger directement les consommateurs plutôt que compenser a posteriori.

En Europe, la Croatie a mis en place dès 2021 un système de plafonnement des prix des carburants, régulièrement ajusté par le gouvernement en fonction de l’évolution des cours internationaux. Concrètement, un prix maximum est fixé pour l’essence et le diesel, révisé toutes les deux semaines. Ce mécanisme a permis de contenir significativement les hausses pour les ménages, tout en assurant une certaine stabilité sur le marché intérieur. Selon plusieurs analyses économiques, cette politique a contribué à limiter l’inflation énergétique par rapport à d’autres pays européens exposés aux mêmes chocs.

La Hongrie a été encore plus loin en instaurant, entre 2021 et 2023, un gel des prix sur plusieurs produits essentiels, notamment les carburants et certains biens alimentaires de base comme la farine, le sucre ou l’huile. Le prix de l’essence a ainsi été fixé à un niveau administré (480 forints par litre pendant une longue période), bien en dessous des prix de marché.

Si cette politique a suscité des critiques, notamment de la part des institutions européennes, elle a permis dans un premier temps de freiner la transmission de l’inflation internationale aux ménages. Elle illustre surtout une chose : même dans une économie intégrée au marché européen, il est possible d’intervenir directement sur les prix.

De son côté, la Grèce a adopté une approche différente mais complémentaire. Plutôt que de fixer directement les prix, le gouvernement a choisi d’encadrer strictement les marges des entreprises, notamment dans les secteurs de l’énergie et de la distribution. Les entreprises ne peuvent pas augmenter leurs marges au-delà d’un certain niveau par rapport à une période de référence, sous peine de sanctions. Ce dispositif vise explicitement à lutter contre les comportements opportunistes et la spéculation, en empêchant les entreprises de profiter de la crise pour augmenter leurs profits.

Ces expériences montrent que le blocage ou l’encadrement des prix peut prendre des formes variées : prix maximum, encadrement des marges, subventions ciblées ou combinaison de ces instruments. Mais elles reposent toutes sur un même principe : empêcher que les chocs internationaux, qu’ils soient liés à une guerre, à des tensions géopolitiques ou à des perturbations d’approvisionnement, ne se traduisent automatiquement par une dégradation du niveau de vie.

Surtout, ces politiques apportent un démenti empirique à un argument souvent avancé dans le débat public : celui selon lequel toute intervention sur les prix conduirait mécaniquement à des pénuries ou à une désorganisation du marché.

Le cœur du problème : la formation des prix

Si le blocage des prix suscite autant de résistance, ce n’est pas seulement pour des raisons techniques. C’est parce qu’il remet en cause une hypothèse centrale du néolibéralisme : celle selon laquelle les prix seraient le résultat neutre de la rencontre entre l’offre et la demande.

Dans la réalité, les prix sont largement déterminés par des stratégies d’entreprises, notamment dans les secteurs concentrés. Dans l’énergie, la distribution ou l’agroalimentaire, quelques grands groupes disposent d’un pouvoir de marché suffisant pour fixer leurs marges.

La théorie économique elle-même reconnaît ce phénomène à travers le concept de « mark-up » : les entreprises fixent leurs prix en appliquant une marge sur leurs coûts. Lorsque la concurrence est faible ou que la demande est captive, ces marges peuvent augmenter sans contrainte.

Le blocage des prix intervient précisément à ce niveau. Il ne vise pas à nier les coûts, mais à limiter la capacité des acteurs dominants à transformer une situation de crise en opportunité de profit.

Une mesure économique… et politique

Le blocage des prix ne se résume pas à une mesure technique de régulation. Il pose une question fondamentale : celle du contrôle démocratique de l’économie.

En période de crise, laisser les prix se fixer librement revient souvent à transférer le coût des chocs sur les ménages. À l’inverse, intervenir sur les prix, c’est assumer un choix politique : protéger le pouvoir d’achat et limiter les rentes.

Cela implique également de repenser le rôle de l’État. Non plus comme simple correcteur des défaillances du marché, mais comme acteur capable de structurer les conditions de production et de distribution.

Dans certains cas, cela peut aller plus loin : encadrement des marges, réquisition de stocks, voire nationalisation temporaire d’acteurs stratégiques. L’histoire économique montre que ces outils ont déjà été mobilisés lorsque les enjeux le justifiaient.

Reprendre le contrôle

La question du blocage des prix dépasse donc largement celle de l’inflation actuelle. Elle renvoie à un choix de société. Dans une économie marquée par la concentration des entreprises et la financiarisation, les prix ne sont plus de simples signaux économiques. Ils deviennent des instruments de pouvoir. Les encadrer, c’est rééquilibrer ce pouvoir.

Face aux crises énergétiques et climatiques à venir, cette question sera de plus en plus centrale. La transition écologique elle-même suppose de planifier, d’investir et, dans certains cas, de réguler les prix pour orienter les comportements.

Le blocage des prix apparaît ainsi comme un outil parmi d’autres pour reprendre la main sur l’économie. Non pas contre le marché en tant que tel, mais contre ses dérives lorsqu’il cesse de servir l’intérêt général. Dès 2027, le blocage des prix pourra devenir une réalité sous la présidence de Jean-Luc Mélenchon, au même titre que la hausse du SMIC à 1700 euros net, la hausse des salaires, l’échelle mobile des salaires, le blocage des loyers, et bien d’autres mesures d’urgence sociales. 

Sources:linsoumission.fr

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jeudi 17 septembre 2026

« On est prêts ! On va gagner ! » – À la Fête de l’Humanité, nouvelle démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon.

 Mélenchon. « Il faut voir la marée humaine. La France insoumise était superstar de la Fête de l’Humanité » observe Yaël Goosz, journaliste chez France Info et France Inter. En effet, difficile pour les éditocrates de contester l’évidence : des maillots floqués « Mélenchon 27 » au succès des tables rondes et des karaokés du stand insoumis, en passant par les deux prises de parole de Jean-Luc Mélenchon, les Insoumis ont bénéficié de l’enthousiasme et de la ferveur des participants du festival.

Les images parlent d’elles-mêmes. Vendredi, le candidat insoumis à l’élection présidentielle était reçu par la rédaction de l’Humanité à l’Agora, qui a enregistré un record historique d’affluence. Alors qu’une masse de gens s’était avancée tout autour du site, le public au premier rang a spontanément tonné de toute sa clameur : « On est prêts, on va gagner ! ». Une même clameur ressentie lors de son meeting, tenu sur le stand de la France insoumise le samedi. La photo prise vue du ciel, qui a déjà fait le tour des réseaux sociaux, en est l’illustration.

Au-delà du constat évident de la foule immense présente, l’analyse des slogans qui ont rythmé les interventions de Jean-Luc Mélenchon révèle un haut niveau de politisation, et de préparation à la victoire et ses suites. Notre article.

« Qui occupe tous nos plateaux télé ? » : Mélenchon au centre du jeu politique

 De part et d’autre des allées de la Fête de l’Huma, personne n’entendait rien. On pouvait même observer des gens essayer de suivre en live Youtube. Mais ils étaient présents. Non pas pour dire « j’ai vu Mélenchon », mais pour participer, signaler leur présence, leur soutien, leur espoir. La star de cette première journée de fête était donc bien cette foule. Observez même le candidat et sa surprise, sa fierté en voyant un tel élan d’espoir et de détermination.

À Isabelle Saporta de se surprendre à admirer les Insoumis déjà quelques jours plus tôt: « Pardonnez-moi, mais c’est quand même remarquable ce que fait Mélenchon. La rentrée politique se fait sur lui et uniquement sur lui. Il dicte le tempo : qui est au centre du jeu politique ? Qui occupe tous nos plateaux télé ? Qui est l’homme qui monte ? C’est Jean-Luc Mélenchon et personne d’autre ! ».

Face à l’inflation, la lutte des classes et le partage des richesses


Il était par conséquent évident que le meeting du lendemain allait être suivi et scruté par tous les sympathisants, observateurs et adversaires. Dans un événement quasi-centenaire à la longue tradition communiste, le leader insoumis a rappelé l’objectif de transformation de la société, de fond en comble, en livrant une analyse de classe, tout en rappelant qu’un gouvernement insoumis décrètera l’urgence sociale en 2027 avec une série de mesures accompagnées de moyens.

Les marges des pétroliers ont été multipliées par quatre en six mois. Elles sont « une décision de classe » a rappelé Jean-Luc Mélenchon. La fortune des milliardaires a été multiplié par deux depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir. C’est une bataille de répartition entre le travail et le capital. Où se joue-t-elle ? Pour Jean-Luc Mélenchon, dans l’inflation qu’il dénonce comme un rapt.



Mélenchon. « Il faut voir la marée humaine. La France insoumise était superstar de la Fête de l’Humanité » observe Yaël Goosz, journaliste chez France Info et France Inter. En effet, difficile pour les éditocrates de contester l’évidence : des maillots floqués « Mélenchon 27 » au succès des tables rondes et des karaokés du stand insoumis, en passant par les deux prises de parole de Jean-Luc Mélenchon, les Insoumis ont bénéficié de l’enthousiasme et de la ferveur des participants du festival.

Les images parlent d’elles-mêmes. Vendredi, le candidat insoumis à l’élection présidentielle était reçu par la rédaction de l’Humanité à l’Agora, qui a enregistré un record historique d’affluence. Alors qu’une masse de gens s’était avancée tout autour du site, le public au premier rang a spontanément tonné de toute sa clameur : « On est prêts, on va gagner ! ». Une même clameur ressentie lors de son meeting, tenu sur le stand de la France insoumise le samedi. La photo prise vue du ciel, qui a déjà fait le tour des réseaux sociaux, en est l’illustration.

Au-delà du constat évident de la foule immense présente, l’analyse des slogans qui ont rythmé les interventions de Jean-Luc Mélenchon révèle un haut niveau de politisation, et de préparation à la victoire et ses suites. Notre article.

« Qui occupe tous nos plateaux télé ? » : Mélenchon au centre du jeu politique

De part et d’autre des allées de la Fête de l’Huma, personne n’entendait rien. On pouvait même observer des gens essayer de suivre en live Youtube. Mais ils étaient présents. Non pas pour dire « j’ai vu Mélenchon », mais pour participer, signaler leur présence, leur soutien, leur espoir. La star de cette première journée de fête était donc bien cette foule. Observez même le candidat et sa surprise, sa fierté en voyant un tel élan d’espoir et de détermination.

À Isabelle Saporta de se surprendre à admirer les Insoumis déjà quelques jours plus tôt: « Pardonnez-moi, mais c’est quand même remarquable ce que fait Mélenchon. La rentrée politique se fait sur lui et uniquement sur lui. Il dicte le tempo : qui est au centre du jeu politique ? Qui occupe tous nos plateaux télé ? Qui est l’homme qui monte ? C’est Jean-Luc Mélenchon et personne d’autre ! ».

Face à l’inflation, la lutte des classes et le partage des richesses

Il était par conséquent évident que le meeting du lendemain allait être suivi et scruté par tous les sympathisants, observateurs et adversaires. Dans un événement quasi-centenaire à la longue tradition communiste, le leader insoumis a rappelé l’objectif de transformation de la société, de fond en comble, en livrant une analyse de classe, tout en rappelant qu’un gouvernement insoumis décrètera l’urgence sociale en 2027 avec une série de mesures accompagnées de moyens.

Les marges des pétroliers ont été multipliées par quatre en six mois. Elles sont « une décision de classe » a rappelé Jean-Luc Mélenchon. La fortune des milliardaires a été multiplié par deux depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir. C’est une bataille de répartition entre le travail et le capital. Où se joue-t-elle ? Pour Jean-Luc Mélenchon, dans l’inflation qu’il dénonce comme un rapt.

3 % d’inflation ? C’est un indice qui ne correspond à aucune expérience concrète, tant il agglomère des objets différents. Le gaz a par exemple augmenté de 150 %, en partie à cause des néolibéraux jurant qu’il fallait privatiser, accepter le libre-échange. Pendant son meeting, le candidat analyse comment la contribution du peuple est double : une première fois quand la richesse est créée, et enfin quand les services publics sont supprimés, le seul patrimoine de ceux qui n’en ont pas.

La hausse des prix n’est qu’une décision de classe et un rapport de force social, qui n’est donc pas le fil naturel du marché. « La seule chose que vous pouvez maîtriser dans le chaos qui s’avance, c’est vous-mêmes, votre décision politique ! », a tonné le leader insoumis. 

Bloquer les prix, les marges et les loyers : l’état d’urgence social

La réponse politique première doit être celle de l’« état d’urgence social » : blocage des prix des produits de première nécessité, blocage des marges de profit, blocage des loyers, augmentation du SMIC, augmentation des salaires en ouvrant une nouvelle négociation annuelle obligatoire, rétablissement de l’échelle mobile des salaires, instauration de la cantine scolaire biologique et gratuite pour tous les enfants.

Retraites, épargne, dette : reprendre le pouvoir face à la finance

Avec la dette, la finance internationale et ses fonds de pension disposent d’un pouvoir d’arbitrage pour décider à quel taux le peuple va être tondu. Les économistes observent que la masse des actions se porte vers l’intelligence artificielle sans garantie qu’elles ne soient effectivement rémunérées. Il y a donc un risque d’explosion de la bulle spéculative.

Voilà la folie de ceux qui défendent la retraite par capitalisation. Dans d’autres pays comme aux États-Unis, les gens ont tout perdu, ils vivent dans des campings, dans des forêts ou des déserts.

Dans ce système malhonnête et à l’agonie, des marges de manœuvre doivent être dégagées. Jean-Luc Mélenchon en présente trois. D’abord, se débarrasser de la charge des aides aux entreprises sans contrepartie, soit 210 milliards d’euros. Imposer des contreparties à ceux qui obtiendront les aides, donc Utiliser ensuite la masse de l’épargne en France, correspondant à 800 milliards au sein de la Caisse des dépôts et des consignations et 2000 milliards en assurance-vie afin de proposer de meilleurs placements.

Enfin, geler les titres de la dette détenue par la Banque centrale européenne dans l’objectif de ne plus les rémunérer. 

De l’Allemagne à la France : quand les politiques néolibérales nourrissent l’extrême droite

Le tribun insoumis est également revenu sur la victoire de l’AfD, parti d’extrême droite allemand. Il l’analyse comme le résultat de la catastrophe des élites allemandes, dont le bilan est 4 000 ponts à réparer, 2 000 écoles dysfonctionnantes et des milliers de kilomètres de routes désinvesties.

Quand les gens votaient pour le SPD, parti social-démocrate en Allemagne, ses dirigeants votaient avec la droite et inversement. Pendant plus d’une décennie, le peuple allemand a demandé à ouvrir une autre perspective et on lui a opposé la grande coalition, celle que le PS français cherchait en refusant de censurer le gouvernement ; celle à laquelle François Hollande aspire clairement dans son dernier livre-programme.

Voici, par analogie, le lien entre la politique d’Emmanuel Macron et la montée du Rassemblement national. « 2027 est une opportunité extraordinaire pour faire un grand ménage : qu’ils s’en aillent tous, à tous les étages ! ».

Pour aller plus loin : Saxe-Anhalt : la victoire des néonazis de l’AfD récolte ce que le néolibéralisme a semé, des liens avec le RN confirmés

De « tout est perdu » à « on va gagner ! » : le basculement d’une dynamique qui ne peut plus s’essouffler

Jean-Luc Mélenchon est revenu sur le chemin qui s’ouvre sous les pieds des Insoumis : « Nous sommes formés, éduqués, instruits, organisés, disciplinés. Nous savons ce que nous voulons faire, comment le faire, quand le faire, où le faire. Et à la surprise générale : nous le ferons ! ». Les milliers de sympathisants rassemblés se sont exclamés : « on va gagner ! ».

Comment l’ambiance générale est passée du pessimisme total « On va perdre ! C’est foutu, l’extrême droite va passer ! » à une dynamique sans précédent ? Mélenchon constatait face aux journalistes de l’Humanité que « la campagne est dominée par nos thèmes ! ».

Il admet que la société est polarisée entre les collectivistes solidaires et les suprémacistes qui défendent les dominations. Toutefois, leurs thèmes ne s’imprègnent pas autant qu’on le dit car la masse du peuple français « n’est pas raciste ne veut pas se bagarrer contre des foulards ».

Les Insoumis parlent de santé, d’éducation, de pouvoir d’achat, d’écologie et gagnent la confiance des gens par un programme complet, un discours clair, par des propositions. « Il y a eu une bascule et tous ceux qui militent ici le savent. Jusqu’à la veille de Saint-Denis, l’ambiance à gauche était ‘tout est perdu!’ »

« Et puis, il aura suffi qu’on lève le fanal de combat, et qu’on s’y porte dessous avec vigueur, force et détermination, sans baisser les yeux, pour que l’appel soit entendu. C’est le rassemblement de 26 000 personnes qui a opéré une bascule dans l’opinion. Ce n’est pas moi. J’y ai pris ma part. C’est bien sûr le mouvement insoumis, Annie Ernaux, Éric Vuillard.

Mais l’essentiel ce jour-là, c’était les gens qui étaient venus, qui avaient rempli les métros et les RER et qui d’un coup de se sont mis à crier : ‘ON VA GAGNER !!’. Et en un instant, le sentiment politique s’est retourné dans les esprits. Les syndicalistes nous ont appris une règle de base : la force va à la force. Maintenant, je fais le pari que cette dynamique-là ne peut plus être éteinte. »

Depuis la fête de l'Humanité,le peuple envoie un message:la victoire est à portée de main!
Nous sommes prêts.Soyez prêts.

Sources:linsoumission.fr


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lundi 14 septembre 2026

« Je vais à la fac mais j’ai pas de toit » – Avec une chambre pour 17, les étudiants en extrême précarité.

  

En France, il y a désormais près de 17 étudiants pour une place en résidence universitaire. En 2000, ils étaient environ 14. Derrière ce chiffre se trouve une crise du logement étudiant devenue une crise de l’autonomie. Axel, étudiant à l’Université Paris 8, témoigne : « Je vais à la fac mais j’ai pas de toit. Je dors chez des amis qui me dépannent en attendant…C’est juste impossible de trouver simplement une chambre, et encore plus pour un studio. ». En toile de fond, les files pour l’aide alimentaire sont massives sur les campus.

Cette pauvreté extrême, résultat de dix années de macronisme, frappe au delà des étudiants. Des millions de familles sont privées de chauffage, des millions d’autres sont en attente d’un logement social. Malgré tout, ce sujet reste invisibilité par l’officialité médiatique et le personnel politique, à l’exception de Jean-Luc Mélenchon. Le leader insoumis porte des propositions concrètes pour remédier à la crise du logement : construction massive de logements publics à un prix abordable, sortir de la dépendance au marché, bloquer les loyers, plan massif de rénovation énergétique pour éradiquer les bouilloires thermiques. Notre article.

Étudier sans pouvoir se loger : une réalité trop souvent passée sous silence

Trouver un logement avant sa rentrée universitaire est devenu un véritable parcours du combattant. Dans les grandes villes, les étudiants doivent composer avec des loyers élevés, une offre qui se réduit et une concurrence toujours plus forte. À Paris, le nombre d’annonces de location aurait ainsi diminué de 30 % depuis 2019 selon SeLoger. En un an, le nombre de studios disponibles aurait également reculé de 12,7 % dans la capitale, de 16,2 % à Strasbourg et de 7,4 % à Toulouse.

Le problème est encore plus évident dans le parc universitaire. Entre 1960 et 2022, le nombre d’étudiants a été multiplié par 10,5, tandis que le nombre de logements étudiants n’a progressé que de 2,3. La part des étudiants logés dans le réseau Crous est ainsi passée d’environ 35 % à seulement 6 %.

La majorité d’entre eux se trouve donc contraint de se tourner vers le privé. En 2023, environ un tiers des étudiants vivaient seuls ou en couple dans une location privée, contre seulement 11 % dans une résidence universitaire, dont 7 % dans le parc Crous. À Paris, un studio coûte désormais autour de 1 200 euros par mois en médiane. Pour un étudiant sans soutien familial important, de tels montants rendent l’autonomie quasiment inaccessible.

Pour aller plus loin : Le logement : une crise qui frappe des millions de Français

Une crise du logement qui produit des inégalités

Le logement n’est pourtant pas une dépense comme les autres. Il conditionne la possibilité même d’étudier, de travailler et de devenir autonome. Un étudiant qui ne trouve pas de logement peut être contraint de vivre très loin de son université, de multiplier les heures de transport ou d’accepter un logement dégradé. Dans les situations les plus difficiles, certains renoncent à une formation ou à la ville dans laquelle ils souhaitaient étudier.

Cette situation renforce surtout les inégalités sociales. Ceux dont les parents peuvent payer un loyer élevé, fournir une caution ou héberger temporairement leur enfant disposent d’une sécurité que les autres n’ont pas. Le logement devient ainsi un facteur supplémentaire de reproduction sociale : le choix de ses études et parfois même la possibilité de les poursuivre dépendent des ressources de sa famille.

Cette dépendance familiale n’est pas une solution. Elle traduit au contraire l’incapacité de la puissance publique à garantir les conditions matérielles de l’autonomie des jeunes.

Quand le logement devient un placement

La crise étudiante s’inscrit dans une crise beaucoup plus large. La France a vu sa construction de logements s’effondrer : plus de 430 000 logements étaient commencés en 2017, contre environ 265 000 en 2025. Dans le même temps, le nombre de logements vacants est passé d’environ 1,9 million dans les années 2000 à près de 2,85 millions en 2025.

Il ne suffit donc pas de dire que la France « manque de logements ». Il faut également demander pour qui et à quel prix ils sont construits et utilisés.

Depuis plusieurs décennies, le logement a progressivement été intégré à une logique patrimoniale et financière. Acheter un appartement permet de percevoir un loyer, de réaliser une plus-value ou d’optimiser sa fiscalité. Dans les zones tendues, cette logique contribue à éloigner les logements des ménages qui en ont besoin.

Les locations touristiques de courte durée accentuent parfois encore cette pression. Lorsqu’un logement rapporte davantage en étant loué à la nuitée qu’à l’année, il peut disparaître du marché résidentiel. À cela s’ajoutent les logements vacants et les bâtiments qui pourraient être transformés en logements mais restent inutilisés.

La question est donc politique : la collectivité doit-elle continuer à laisser le logement fonctionner principalement comme un marché, ou convient-il d’en faire à nouveau un droit effectif ?

Un million de logements abordables : la proposition de Jean-Luc Mélenchon

C’est précisément cette rupture que défend Jean-Luc Mélenchon. Invité sur BFMTV le 6 septembre, David Guiraud a rappelé l’une de ses propositions centrales : construire un million de logements abordables pour les Français.



Interview le lien


 L’objectif est de sortir massivement des ménages du marché privé devenu trop cher. David Guiraud rappelait ainsi que le loyer moyen du parc abordable se situe autour de 6,70 euros par mètre carré, contre environ 26 euros à Paris et 13 euros dans de nombreuses grandes villes. Ainsi, permettre à un million de ménages de passer du privé au logement abordable représenterait en moyenne environ 250 euros de pouvoir d’achat supplémentaire par mois, soit plus de 2 500 euros par an.

Le logement devient ainsi une question de pouvoir d’achat autant qu’une question sociale. Réduire directement le montant du loyer permet de rendre du revenu disponible aux ménages sans leur demander de s’endetter davantage.

Pour y parvenir, Jean-Luc Mélenchon propose notamment de construire 200 000 logements publics par an pendant cinq ans et de porter à 30 % la part de logements sociaux, avec 5 % consacrés aux résidences universitaires et aux foyers de jeunes travailleurs. Pour les étudiants, cela signifie sortir de la dépendance au marché privé et aux garanties familiales.

Mais construire ne suffit pas. Le candidat insoumis à l’élection présidentielle défend également le blocage des loyers, et leur encadrement y compris à la baisse dans les zones où les prix sont les plus élevés, ainsi qu’une garantie universelle des loyers pour sécuriser les locataires et mettre fin à la sélection par la capacité à présenter un garant familial.

Enfin, Jean-Luc Mélenchon propose également de réquisitionner les logements vacants et de renforcer le droit de préemption des collectivités afin qu’elles puissent acquérir des biens et les transformer en logements accessibles.

Le logement doit redevenir un droit

La situation des étudiants résume finalement la crise du logement française : une offre publique insuffisante, des loyers privés trop élevés et une dépendance croissante aux ressources familiales.

Les 17 étudiants pour une chambre Crous ne sont pas un résultat tombé du ciel. Ils sont le produit de choix politiques. Face à cette situation, Jean-Luc Mélenchon propose de changer de logique : construire massivement du logement public, faire baisser les loyers, lutter contre la spéculation et reprendre le contrôle sur les logements vacants et touristiques.

Car se loger dignement ne devrait pas dépendre de la richesse de ses parents, de la possibilité de présenter un garant ou de la capacité à consacrer la moitié de son revenu à son loyer. Avec un million de logements abordables, le logement peut redevenir un droit plutôt qu’un produit financier. C’est le choix politique que propose Jean-Luc Mélenchon : faire du logement un outil d’émancipation plutôt qu’une source de rente.

Sources:linsoumission.fr (Par Elias Peschier)

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vendredi 11 septembre 2026

Rafraîchir les villes : plaidoyer pour le communalisme face au réchauffement climatique.

 

Réchauffement climatique. Une étude scientifique, publiée le 29 mai dernier dans la revue Nature Climate Change, prévoit que d’ici 2100, si rien n’est fait, les 5 % des villes les plus peuplées au monde seront confrontées à des élévations de températures pouvant dépasser les 8 °C. Dans les années à venir, les communes devront composer avec des épisodes de canicule intense. Elles font aujourd’hui face à une multiplication sans précédent des aléas climatiques.

Le système capitaliste ne se contente pas de dérégler le climat, amenant à l’augmentation de la température des villes. Il détruit la biodiversité, il pollue l’eau, l’air et les sols, raréfie les ressources indispensables, menace la santé et l’alimentation. Face à un avenir imprévisible et un réchauffement climatique irréversible, les communes peuvent être à l’avant-poste de la bifurcation écologique. Ainsi, lutter pour limiter les dégâts du dérèglement climatique impose la sortie du capitalisme et la bifurcation écologique. Cela peut commencer par l’application de mesures locales concrètes avec l’avènement du communalisme insoumis.

Gratuité des piscines publiques, de l’ouverture tardive des espaces verts et d’une manière générale de la mise à disposition de lieux de fraîcheur… Les nouveaux maires insoumis se sont déjà largement illustrés dans ce domaine. Plus largement, quel rôle peut avoir le nouveau communalisme dans la planification écologique ? Notre article.

Les communes vulnérables : de la résilience à la bifurcation

Après un été placé sous le signe de la canicule permanente, conséquence parmi d’autres de décennies d’inaction climatique, il apparaît de plus en plus clairement la nécessité de répondre aux besoins immédiats et à long terme des habitant·es. Une grande agglomération, une ville de taille moyenne ou un village se doit par sa politique d’assurer à toutes et tous un droit à la fraîcheur, un accès à une eau de qualité, un air respirable, un environnement non pollué, une alimentation saine et des étés respirables à l’extérieur, c’est-à-dire dans l’espace public comme à l’intérieur, c’est-à-dire chez soi.

Cette politique doit se construire avec les citoyens. C’est bien le rôle des mairies que de faire en sorte que la participation aux Plans locaux d’urbanisme soit non seulement la plus forte possible mais, dans le contexte de crise climatique actuellement connu et subi, que ces PLU soient les plus verts possibles afin que les communes restent tout simplement viables sur le long terme.

Alors que les vacances scolaires arrivaient, le premier épisode de la canicule de l’été 2026 a dépassé en intensité la canicule de 2003 et il s’en est suivi 4 autres en juillet et en août. Les températures extrêmes ont eu, dans les villes comme partout dans le pays, des conséquences sur la santé des habitant·es notamment des plus fragiles.

Il y a eu la traversée d’un été meurtrier, le nombre de personnes décédées en France se comptant en milliers, et des feux gigantesques subis notamment dans les Landes, en Gironde et dans le Var ainsi qu’une sécheresse extrême vidant les sols de leur eau dans des proportions jamais observées jusqu’alors, il convient de se référer cette fois à des fleuves comme la Loire ou le Doubs.

Pour aller plus loin : « Stérin, Bouygues… Stoppons ces milliardaires qui font sécession en Sologne » – Contre l’accaparement par les ultra-riches d’espaces naturels pour leurs parties de braconnage

La planification écologique communale

La durée du mandat des élu·es au conseil municipal, du ou de la maire et de ses adjoint·es est de six ans. Suite aux dernières élections municipales de mars 2026, il existe deux configurations : la mairie est résolue à lutter contre le réchauffement et peut planifier en 6 ans des politiques publiques écologiques : c’est le cas notamment des mairies insoumises. Ou bien la majorité en place est dans l’inaction ou le déni climatique et il revient dans ce cas de porter les propositions écologiques dans les rues et au sein des conseils municipaux dans l’opposition lorsque la présence s’y trouve.

Les mobilisations populaires et la puissance publique peuvent permettre le changement radical des modes de production et d’échanges afin de freiner les conséquences irréversibles du dérèglement climatique.

Lors des périodes caniculaires, les nouvelles municipalités insoumises prennent de nombreuses mesures salutaires. Il peut s’agir de la gratuité des piscines publiques, de l’ouverture tardive des espaces verts et d’une manière générale de la mise à disposition de lieux de fraîcheur, du contact régulier avec les personnes les plus vulnérables souvent inscrites dans les registres des centres communaux d’action sociale (les CCAS), la multiplication des points d’eau et des îlots de fraîcheur, la végétalisation des places principales.

La mise à disposition de points d’eau se fait par l’installation des fontaines à eau potables dans l’espace public et dans les espaces municipaux climatisés (médiathèques, mairies annexes). Le passage de la minéralisation à la végétalisation partielle des places étant une première étape vers la ville de demain faite de canopées, de places et de façades entièrement végétalisées et de grands axes ombragés.

En finir avec les coupes budgétaires, renforcer les solidarités

Dans le contexte de baisse des dotations de l’État aux collectivités, les communes disposent de moins de marges de manœuvre pour mettre en place des politiques publiques ambitieuses et efficaces. Les coupes budgétaires appliquées aux communes sont l’une des nombreuses manifestations de la dureté et de l’injustice du néolibéralisme. Cette politique se traduit concrètement par la fermeture des cafés, la disparition des services publics, l’urbanisme impersonnel, l’isolement et la solitude des plus précaires parfois dans des conditions extrêmes (personnes vivant sous le seuil de pauvreté dans une bouilloire thermique).

Pour autant, de nombreuses mesures concrètes sont applicables sans impliquer de grandes dépenses et certaines communes ont réussi parfois à maintenir leurs comptes avec des budgets excédentaires. Si les principes de libre administration des collectivités et de subsidiarité sont reconnus juridiquement aux niveaux constitutionnel et européen, une planification claire à l’échelon local implique quoi qu’il en soit des agents publics chargés de sa mise en œuvre ainsi que des moyens financiers et donc d’en finir avec le libéralisme opposé à la logique selon laquelle il faut des moyens pour répondre aux besoins.

Ne plus suffoquer dans les logements

Les canicules révèlent l’ampleur de la crise du logement. Il est cependant du ressort des mairies et des communautés d’agglomération de pouvoir réduire au minimum le nombre de passoires thermiques en augmentant les aides aux travaux d’isolation des logements en surchauffe.

Une politique municipale verte doit permettre de recenser ces logements exposés aux risques de surchauffe : derniers étages, combles aménagés, logements mal ventilés, sans volets ou avec des baies vitrées mal exposées, logements situés dans des quartiers minéralisés ou dans des îlots de chaleur urbains.

Plutôt que de s’en remettre aux climatiseurs individuels pour faire face aux canicules, les communes pourraient développer des réseaux de fraîcheur collectifs qui consomment moins d’électricité, coûtent moins cher aux particuliers et ne rejettent pas la chaleur dans l’air. Un tel réseau, sous forme embryonnaire, existe déjà à Paris (Pour un nouveau communalisme – Les livres de l’Institut La Boétie).

Face au réchauffement climatique, planifier et accélérer la rénovation thermique des écoles

À chaque canicule, les élèves et les équipes pédagogiques des écoles, des collèges et des lycées sont mis en danger et les conditions d’accueil, de travail et la qualité de l’enseignement sont dégradées. Et quand une école ferme plusieurs jours pour des raisons climatiques, des milliers de parents se retrouvent sans solutions. Afin que cette situation ne se reproduise pas continuellement, la mise en place urgente de grands plans de rénovation thermique réalisés à partir des relevés de températures effectués dans les établissements scolaires est une proposition concrète de la planification écologique communale appliquée à l’enfance.

Les plans locaux d’urbanisme reviennent aux collectivités et aux citoyens

L’augmentation de la présence de la nature en ville est un enjeu majeur. Dans l’espace public, les solutions aux hausses localisées de température peuvent être techniques, végétales et architecturales. En journée, villes et villages sont soumis au même rayonnement solaire mais la nuit venue, les espaces naturels refroidissent plus. En été, les centres des métropoles peuvent atteindre la nuit une température de 5 à 10 degrés supérieure aux zones naturelles (Villes et changement climatique – Ilots de chaleur urbains, paru aux éditions Parenthèses).

C’est parce que les îlots de chaleur se forment à très petite échelle et qu’aucune ville ne présente le même climat ni la même configuration architecturale que les solutions peuvent être locales et que des PLU verts sont aujourd’hui indispensables.

Comme outils de planification, ils peuvent comprendre la création de zones ombragées, l’enlèvement du bitume afin de désimperméabiliser les sols (5), l’augmentation d’a minima 20 % des espaces verts ou un moratoire visant à interdire toute nouvelle construction en béton. Cette liste est non exhaustive. Les municipalités peuvent soutenir les associations, les ressourceries, collectifs et régies de quartiers afin de visibiliser une écologie populaire communale.

Nouveaux risques, nouveaux droits

Lorsqu’il fait 40 degrés, travailler devient parfois impossible. Travail agricole, aides à domicile, agents d’entretien, ouvriers et ouvrières du bâtiment… derrière chaque canicule, il y a des femmes et des hommes qui continuent de travailler malgré les risques. Les travailleuses et travailleurs du secteur du bâtiment sont particulièrement exposés sur les chantiers en hauteur aux risques lors des canicules.

En France, des travaux de recherches (Epicea, Sécheresse) et des expérimentations portent spécifiquement sur les risques liés à la sécheresse, notamment en milieu urbain, où le phénomène des îlots de chaleur peut avoir des effets démultiplicateurs sur la mortalité au travail induite par la hausse des températures.

Le secteur du BTP tente cependant de s’acclimater au réchauffement. Les municipalités peuvent accompagner les entreprises à trouver les meilleures parades ou qui décalent les horaires. À contrario, dans les cas où des salarié·es du bâtiment seraient volontairement exposés aux fortes chaleurs et en seraient victimes, les municipalités pourraient se constituer partie civile.

Pour éviter l’assèchement et l’augmentation de la chaleur dans les rues, il revient aussi aux professionnels de la construction de réfléchir à la création d’îlots de chaleur en ville, notamment en créant de l’ombre afin de protéger les sols et les personnes dans l’espace public.

Un droit à la fraîcheur pour toutes et tous

À rebours de la raréfaction des lieux publics de convivialité, les communes peuvent se distinguer en ouvrant des lieux-refuges. En période de fortes chaleurs, l’ensemble des lieux publics indispensables pour se rafraîchir, à l’instar des lieux culturels (musées, médiathèques, cinémas) climatisés doivent être accessibles gratuitement. L’accès aux loisirs et à la fraîcheur pendant les épisodes caniculaires doit être garanti avec une plus grande amplitude des horaires d’ouverture de ces lieux.

Il faut localiser et rendre accessibles et sûrs, sur tout le territoire, les espaces naturels frais, renforcer la surveillance des bois et forêts communaux, proposer des moratoires pour interdire toute construction en béton, inciter par des tarifs préférentiels ou par la gratuité à se rendre dans des endroits frais comme les musées, les médiathèques, les salles de cinéma ou les musées, étendre les périodes d’ouvertures et l’amplitude horaire des bassins extérieurs devenus gratuits pour l’ensemble des habitant·es lors des périodes de vagues de chaleur.

Rafraîchir les villes revient à protéger les arbres matures et créer des strates végétales denses telles que des canopées. Municipaliser l’eau et conserver les grands arbres existants, véritables climatiseurs naturels de ces quartiers et associer systématiquement arbres, arbustes et végétation basse pour créer des oasis de fraîcheur sont des mesures communales concrètes pour rendre effectif ce nouveau droit à la fraîcheur.

Changer les villes, préserver les espaces

Si une gestion rigoureuse de la distribution d’eau est indispensable, l’aménagement des espaces verts urbains et le choix des matériaux de construction des bâtiments afin de réfléchir au maximum le rayonnement solaire doivent désormais faire l’objet de toutes les attentions. S’agissant des sols, il est nécessaire de remplacer le bitume par des revêtements perméables ou clairs qui emmagasinent moins la chaleur diurne et permettent de l’évacuer plus facilement la nuit.

Les personnes les plus exposées doivent pouvoir être accompagnées de la meilleure façon possible lors des épisodes caniculaires. Cela se fait notamment lors de l’activation du plan canicule avec le recensement des personnes vulnérables, isolées ou âgées par les CCAS (6) afin d’assurer un suivi régulier, des appels et des visites.

Écologie planifiée et refus de la fatalité

L’écologie planifiée et populaire protège les populations des aléas climatiques. Les libéraux oscillent entre déni, inaction, mépris et condescendance envers les voix qui s’élèvent pour la porter et la mettre en œuvre. Ils peuvent parfois en approuver certaines mesures mais ne seront jamais réellement disposés à remplacer leur modèle productiviste dépassé par un collectivisme responsable.

Malgré l’influence néfaste des réactionnaires, les derniers climatosceptiques s’apercevront probablement petit à petit que la canicule de 2026 n’était pas celle de 1976. Refusant la fatalité face à la crise écologique, les communalistes sont, au sein des luttes populaires et des conseils municipaux, aux avant-postes de la planification pour sortir de l’impasse du réchauffement climatique conséquence d’un capitalisme irresponsable menant l’écosystème à sa perte. Car les mesures, les outils et les processus délibératifs proposés par le communalisme peuvent améliorer dès maintenant les conditions de vie et serviront demain à la bifurcation écologique au niveau national.

Sources:linsoumission.fr (Par Arthur Abbatucci)

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