A la marge,celle qui relie les pages

mercredi 28 octobre 2026

24 octobre : comment le gouvernement a laissé passer les milices d’extrême droite.

 Extrême droite. Quand un mouvement populaire comme celui qui traverse le pays se lève, il n’est guère surprenant de voir des milices fascistes se dresser face aux masses en lutte. C’est historiquement le rôle politique de l’extrême droite depuis un siècle, particulièrement des fascistes italiens.

Si le patronat italien subventionne les premiers faisceaux (fasci) de combat de Mussolini dans les années 1920, c’est bien pour briser les grèves ouvrières massives des deux années rouges (biennio rosso, 1919-1920). Deux ans plus tard, les fascistes prennent le pouvoir, aidés par la droite et les libéraux. Il s’en faut de peu pour qu’une bande de brutes (dixit Mussolini) ne devienne une issue politique pour la bourgeoisie en crise. 

Dans la France d’Emmanuel Macron, l’extrême droite et la dérive fasciste sont de nouveau une option sérieuse pour la classe dirigeante. Galvanisés par la répression policière, la colère des possédants et de leurs relais médiatiques, les atteintes portées à la sainte propriété privée, leurs proxys d’extrême droite se sentent en droit de réinvestir les rues. 

Dans plusieurs cortèges ce 24 octobre, les groupuscules d’extrême droite ont voulu se poser en alternative ou en auxiliaire des troupes de Laurent Nuñez, déjà bien occupées à mutiler, nasser, gazer et frapper les manifestants. Partout les forces dites de l’ordre se sont fait attendre : la police ne saurait en rien être un rempart contre les violences d’extrême droite. Loin s’en faut. Notre article. 

Pour aller plus loin : RN : une opération séduction des jeunes qui ne prend pas

« Touche pas à ma ville », une initiative d’extrême droite

Dès avant les mobilisations de samedi dernier, les mots d’ordre ont fusé dans les canaux de l’extrême droite. Si le RN, embarrassé de ses proximités avec eux, les refuse à son congrès d’Orléans, autant se rendre utile à l’ordre établi par d’autres moyens. L’exemple lyonnais en a inspiré plus d’un : on réactive des contacts, on ouvre des fils de messageries pour « protéger les commerçants » de la « racaille », le tout centralisé autour de l’initiative « Alpha rise », lancée par un influenceur de Montpellier. 

Bien vite, l’initiative, qui prévoyait initialement de livrer des « casseurs » aux forces de police, se mue en velléités de s’en prendre physiquement à des personnes non-blanches et/ou de gauche en marge des manifestations. 

Ces supplétifs autoproclamés de la police prennent l’initiative et attaquent directement les manifestants isolés, les cortèges pacifiques dans plusieurs villes comme Nice, Lyon, Rouen, où leurs exactions et défilés ne sont même pas interrompus par les autorités.

Pour aller plus loin : Lyon : l’extrême droite défile pendant le couvre feu liberticide, le gouvernement laisse faire

Nice est l’exemple typique du laisser-faire de la police face à l’extrême droite. Après avoir défilé et répandu leurs immondices sans interdiction préfectorale, les groupuscules fascistes et identitaires locaux s’en sont violemment pris à la manifestation contre la vie chère, à coups de couteaux et de barres de fer ! 


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Pire encore, il semble que la police ait protégé ces nervis après leurs méfaits et agressions. Incompétence ou sympathie politique ? Le maire d’extrême droite de Nice, Éric Ciotti, a été plus réactif que le ministre de l’Intérieur pour condamner les agressions, c’est dire ! « Il en a fait des caisses » sur sa communication, a confié le militant insoumis local Olivier Salerno auprès de L’Insoumission. L’allié de Le Pen veut apparaître avant tout comme un homme d’ordre, y compris face à ses alliés groupusculaires.  











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Pire encore, il semble que la police ait protégé ces nervis après leurs méfaits et agressions. Incompétence ou sympathie politique ? Le maire d’extrême droite de Nice, Éric Ciotti, a été plus réactif que le ministre de l’Intérieur pour condamner les agressions, c’est dire ! « Il en a fait des caisses » sur sa communication, a confié le militant insoumis local Olivier Salerno auprès de L’Insoumission. L’allié de Le Pen veut apparaître avant tout comme un homme d’ordre, y compris face à ses alliés groupusculaires.  



Pire encore, il semble que la police ait protégé ces nervis après leurs méfaits et agressions. Incompétence ou sympathie politique ? Le maire d’extrême droite de Nice, Éric Ciotti, a été plus réactif que le ministre de l’Intérieur pour condamner les agressions, c’est dire ! « Il en a fait des caisses » sur sa communication, a confié le militant insoumis local Olivier Salerno auprès de L’Insoumission. L’allié de Le Pen veut apparaître avant tout comme un homme d’ordre, y compris face à ses alliés groupusculaires.  

Rouen, au fort passif identitaire, a aussi été la cible de ce genre de réseaux créés à la va-vite pour attaquer les manifestations, sans être inquiétés par la police. Une actualité à mettre en lien avec les récentes violences, lors de la « Marche des Normands », pilotée par les identitaires des « Normaux ».  

À Montpellier, ville d’origine « d’Alpha Rise », ils étaient une vingtaine de miliciens à avoir cherché à s’en prendre à des manifestants, là encore en prétendant « protéger les commerces ». Même constat, avec moins de succès heureusement, à Besançon, où des manifestants localisent facilement des militants d’extrême droite aux abords du cortège réprimé par la police. Dans la ville voisine de Dijon, la complicité entre policiers et milices d’extrême droite est en revanche manifeste. 


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Les exemples se multiplient encore à Lyon, Clermont-Ferrand, Nancy : les fascistes attaquent, se replient avant de se retrouver en sous-nombre et se réfugient derrière un cordon de police. Malgré les dénégations du ministère de l’Intérieur, les faits sont têtus et se sont reproduits dans de nombreuses villes.

Ce pot-pourri des tendances de l’extrême droite groupusculaire (royalistes, néofascistes, identitaires voire néomilitants) a bien l’intention de revenir semer le chaos dans les cortèges des prochaines manifestations. Le mouvement de la jeunesse, des Gilets jaunes et des syndicats, soutenu par les Insoumis, ne restera pas passif face aux auxiliaires de police que veulent devenir les groupuscules d’extrême droite. 

Sources:linsoumission.fr (Par Alexis Poyard)

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lundi 26 octobre 2026

Attentat raciste de Trappes : des tracts du RN dans la voiture du terroriste, les médias complices.

 Des tracts du Rassemblement national ont été retrouvés dans la voiture de l’auteur de l’attentat raciste et islamophobe à Trappes. C’est ce que révélait le journal Le Monde ce matin, avant de… modifier son titre et ses informations. Sous pression de Marine Le Pen ou Jordan Bardella ?

Dans le même temps, Sébastien Chenu était l’invité en grande pompe de France Inter ce matin où il a pu déverser ses discours haineux à une heure de grande écoute. De même que pour deux autres responsables du RN sur France Info. La journaliste de France Inter a tendu la perche à Sébastien Chenu : « Est-ce que vous redites que Trappes est une république islamiste en miniature ? »

Le député RN a répondu « Trappes est un foyer de djihadistes », puis il a confirmé la formule de Jordan Bardella qui, en 2021, avait qualifié Trappes de « capitale européenne du djihad ». Cette rhétorique fasciste et meurtrière, qui conduit aux attentats racistes, est non seulement connue par les émetteurs médiatiques mais encouragée par eux. Sur LCI, quelques heures plus tard, des éditorialistes sont allés jusqu’à remettre en cause la motivation raciste du terroriste. Et sans étonnement, aucun de ces éditorialistes n’a fait état de la découverte de tracts du RN dans sa voiture. Notre article.

À Trappes, le racisme a tué

Vendredi 23 octobre, un homme ouvre le feu à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines. Une personne est tuée et cinq autres blessées. Selon Le Monde, le terroriste raciste aurait déclaré vouloir venger les commerçants victimes des violences urbaines du 17 octobre en ciblant des personnes noires et arabes. Un exemplaire de Mein Kampf a été retrouvé à son domicile, ainsi que des tracts du Rassemblement national dans son véhicule. Le Parquet national antiterroriste a ouvert une enquête pour assassinats et tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste, avec une circonstance liée à l’appartenance réelle ou supposée des victimes à une race, une ethnie, une nation ou une religion.

Ces éléments devront être établis par la justice. Mais ils soulèvent une question politique majeure. Dès vendredi, le maire de Trappes, Ali Rabeh, a dénoncé les discours racistes qui « arment idéologiquement » ceux qui sont susceptibles de passer à l’acte.

Depuis des années, l’extrême droite désigne les personnes noires et arabes, les musulmans et les habitants des quartiers populaires comme responsables des maux du pays. À force de répéter les mêmes amalgames, elle banalise une vision raciste de la société. Lorsque cette haine se traduit par des actes meurtriers, ses représentants récusent pourtant toute responsabilité.

Pour aller plus loin : Devise SS sur le bras, casquette nazie, ces actes antisémites du RN invisibilisés par les médias 

France Inter et France Info déroulent le tapis rouge au RN

Ce lundi 26 octobre, France Inter a invité et reçu Sébastien Chenu, député RN du Nord et vice-président de l’Assemblée nationale. France Info invite également Thomas Ménagé et Andréa Kotarac.

Sur France Inter, la journaliste demande à Sébastien Chenu s’il maintient que la France est une « République islamiste en miniature ». Le député répond que « Trappes est un foyer de djihadistes », reprenant la formule raciste de Jordan Bardella en 2021. Sur France Info, Thomas Ménagé reproche à la gauche de faire de la « politique politicienne » et remet en avant la question de « l’islamisme dans certains quartiers ».

Ces invitations interviennent alors que, selon Le Monde, des tracts du RN auraient été retrouvés dans le véhicule du suspect. Cela rend d’autant plus frappante la décision de laisser ses représentants imposer leur lecture de l’événement, sans placer au centre du débat la progression du racisme et les mécanismes de stigmatisation.

Une attaque visant des personnes noires et arabes devient ainsi une nouvelle occasion de désigner les quartiers populaires comme le problème. Le racisme du passage à l’acte est relégué derrière les obsessions habituelles de l’extrême droite, tandis que les habitants de Trappes sont de nouveau renvoyés à une prétendue menace islamiste.

Cette complaisance ne date pas d’hier. En 2021, Jordan Bardella avait qualifié Trappes de « capitale européenne du djihad », avant de décrire la ville comme une « République islamique en miniature » en 2022. Ces déclarations avaient suscité une vive controverse et une plainte pour diffamation du maire. La commune était transformée en symbole d’un prétendu péril islamiste, au prix d’un amalgame entre une religion, des phénomènes politiques et des milliers d’habitants.

Il ne s’agit pas d’affirmer qu’une invitation médiatique provoque mécaniquement un passage à l’acte. Mais la répétition de ces discours contribue à façonner le débat public. Lorsqu’une ville entière est régulièrement associée au djihadisme, les représentations qui pèsent sur ses habitants se banalisent. L’officialité médiatico-politique ne peut ignorer sa responsabilité dans ce processus.


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Quand LFI est coupable par association, le RN réclame l’immunité politique

Le deux poids, deux mesures est flagrant. Après le 17 octobre, Édouard Philippe déclarait : « La responsabilité politique de LFI dans ces violences est considérable ». Le procès politique de La France insoumise était engagé, les actes de certains individus devenant un motif de mise en cause du mouvement.

Après l’attentat raciste de Trappes, le raisonnement change. Le RN récuse toute responsabilité collective et dénonce les amalgames. Pourtant, si les responsables de LFI peuvent être interrogés sur le climat politique auquel ils contribuent, pourquoi ceux du RN échapperaient-ils à toute question sur leurs propres discours ?

La responsabilité politique suppose aussi de répondre des représentations que l’on diffuse et du climat que l’on contribue à installer. Si les responsables de LFI peuvent être publiquement mis en cause au lendemain de violences commises par des individus, les responsables du RN doivent pouvoir être interrogés sur les discours de stigmatisation qu’ils portent depuis des années.

Le RN ne peut pas réclamer l’absence d’amalgame tout en participant à la stigmatisation de populations entières. Et les médias ne peuvent pas appliquer des exigences différentes selon que les accusations visent la gauche ou l’extrême droite.

Pour aller plus loin : Éric Zemmour : le raciste récidiviste frappe encore

Le racisme n’est pas une opinion, mais un délit

Depuis des années, l’extrême droite ramène les débats sur l’immigration, l’islam et l’insécurité à une même explication : hiérarchie ente les êtres humains et construire une menace que représenteraient les personnes étrangères ou supposées telles. Des quartiers entiers sont présentés comme des territoires perdus, des populations sont soupçonnées collectivement et des citoyens français sont sommés de prouver leur appartenance à la nation.

Cette entreprise de stigmatisation dépasse les meetings du RN. Elle est amplifiée par une partie de l’écosystème médiatique, où les thèmes de l’extrême droite deviennent des sujets permanents. Les choix des invités, les questions posées et les affirmations laissées sans contradiction contribuent à déplacer les frontières du débat public.

Quand des responsables politiques qualifient une ville de « foyer de djihadistes », ils ne font pas qu’exprimer une opinion : ils contribuent à construire un imaginaire dans lequel des populations deviennent suspectes par nature. Face à cette mécanique, les médias ne peuvent se retrancher derrière une conception du pluralisme qui laisserait les amalgames se banaliser.

Le problème est celui d’un système médiatique où la surenchère et la confrontation permanente occupent une place centrale, tandis que les conséquences sociales et humaines des discours racistes restent trop souvent reléguées au second plan.

 Le lien
  
 Pour une Nouvelle France, reprendre le pouvoir sur l’information

À Trappes, une personne a perdu la vie et cinq autres ont été blessées dans l’attentat raciste. Dénoncer le passage à l’acte ne suffit pas : il faut aussi s’attaquer au climat dans lequel les discours racistes prospèrent. L’officialité politico-médiatique ne peut pas condamner le racisme lorsqu’il tue, puis continuer d’offrir une place centrale à ceux qui contribuent à le banaliser.

À l’approche de la présidentielle de 2027, cette question engage le fonctionnement même de notre démocratie. Qui décide des sujets dont on débat ? Qui choisit les voix qui occupent les plateaux ? Et comment garantir que l’information ne soit pas confisquée par quelques intérêts privés ?

La bataille pour la Nouvelle France, portée par Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise, pose aussi ces questions. Elle implique de lutter contre la concentration de la propriété des médias, afin que le débat public ne soit pas dominé par une poignée de milliardaires. Elle suppose également une véritable charte déontologique garantissant l’indépendance des rédactions, le pluralisme et la responsabilité dans le traitement des discours racistes, ainsi qu’un audiovisuel public pleinement indépendant.

La démocratie ne se résume pas à glisser un bulletin dans une urne tous les cinq ans. Elle exige une information pluraliste et rigoureuse, ainsi que les mêmes exigences envers tous les responsables politiques. La lutte contre le racisme doit s’attaquer aux mécanismes politiques, économiques et médiatiques qui favorisent sa banalisation.

Les mots ne sont pas des balles. Mais ils peuvent désigner des cibles, légitimer la haine et préparer les esprits à la violence. Lorsque le racisme tue, il est temps de demander des comptes à ceux qui le propagent comme à ceux qui leur déroulent le tapis rouge. Construire une Nouvelle France, c’est aussi faire de l’information un bien commun, au service des citoyens, et non un instrument de pouvoir entre les mains de quelques-uns

Sources:linsoumission.fr (Par Elias Peschier)

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samedi 24 octobre 2026

« Le pouvoir n’aura qu’un seul choix, accepter les revendications ou s’en aller. » – L’entretien de Jean-Luc Mélenchon.

Mélenchon. Le leader insoumis s’est exprimé dans un entretien paru à Médiapart ce vendredi 23 octobre. Celui qui recueille désormais plus de 445 000 soutiens populaires livre son analyse sur les évènements actuels avec le renfort des ondes longues de l’histoire. Il rappelle le fond de classe du mouvement et ses revendications. Avec méthode, il identifie plusieurs niveaux de réponse du pouvoir macroniste : le pourrissement, la répression et la diabolisation de LFI. Toutes ont échoués.

Ce samedi 24 octobre, de nouvelles mobilisations sont prévues partout en France, pour le blocage des prix, l’abrogation de Parcoursup, la hausse des salaires, et l’inscription au budget des 10 milliards d’euros pour répondre aux revendications des lycéens et des étudiants. L’Insoumission relaye dans ses colonnes son entretien.

Vous lisez cet entretien avant d’aller manifester ? Rendez-vous sur la carte des mobilisations pour vous guider.

« Le pouvoir a actionné trois leviers pour répondre aux mobilisations : le pourrissement, la répression disproportionnée et la diabolisation de LFI. »

« Mediapart » : Quelle lecture faites-vous du moment que nous vivons ? Est-ce une révolte, un moment insurrectionnel ?

ean-Luc Mélenchon : On a déjà vu par le passé la mécanique à l’œuvre aujourd’hui. C’est une crise sociale devenue crise politique qui peut désormais devenir une crise de régime. Toute la structure politique est mise en cause parce qu’elle est incapable de proposer une sortie par le haut à une situation de blocage. Dans le passé, des présidents ont su reculer quand la situation devenait critique : François Mitterrand en 1984, Jacques Chirac en 1986 ou en 2006.

Là, Emmanuel Macron parle après quinze jours de mépris mais ne propose rien. Ce fut une erreur monumentale. Il n’a donné aucun appui au mouvement pour un compromis. Il crée lui- même l’impasse. Le fait central de ce mouvement est son expansion par les secteurs où la maltraitance sociale est la plus grande. La révolte lycéenne a commencé à Mayotte, puis a gagné les Antilles et ensuite la banlieue parisienne avant d’atteindre les quartiers centraux et les étudiants.

Ensuite, la jonction avec les syndicats de salariés s’est faite à la première manifestation, ce qui est sans précédent. Le pouvoir a actionné trois leviers pour y répondre : le pourrissement, la répression disproportionnée et la diabolisation de LFI. Dès le départ, il choisit de faire très peur par sa violence et il s’est installé dans ce registre. Il faut craindre le pire quand Laurent Nuñez dit « Rassurez-vous, samedi, ça sera la fermeté ! », compte tenu du niveau de violence répressive déjà atteint avec des jeunes éborgnés, des mutilations et un mort.

Il y a un emploi d’effectifs de police qui ne sont pas des professionnels de ce type de situation : la BAC [brigade anticriminalité – ndlr], police-secours, le commissariat du coin. Exemples : ce tir à bout portant sur un jeune de 17 ans ou cette grenade jetée d’un toit, ce ne sont pas des comportements professionnels. C’est celui d’une troupe d’hommes jeunes dans une bagarre de rue, mal dirigés par des commandements politiques débordés.

Cela confirme ce que je disais la dernière fois dans vos colonnes : le pouvoir ne maîtrise pas sa police. Le président de la République, nous dit-on, s’en est alarmé. Toutefois, quand il demande le retrait des grenades assourdissantes, ce moratoire ne dure pas plus de vingt-quatre heures. Mais voilà : la répression disproportionnée a rencontré l’opposition de la société. Même chez les plus répressifs, tirer dans la figure d’un jeune de 17 ans, ça ne passe pas !

La stratégie du pourrissement exaspère, et l’incrimination permanente de LFI saoule. Et puis la gauche sociale a fait bloc. Total : plus les jours passent, plus le pouvoir n’aura plus qu’un seul choix, signer en bas du cahier de revendications ou s’en aller.

Le gouvernement et l’extrême droite vous accusent, à longueur d’antenne, d’instrumentaliser les jeunes et d’attiser la violence. Que leur répondez-vous ? Quelle place doit occuper La France insoumise dans un tel moment ?

Pourquoi l’aurions-nous fait ? Quel intérêt aurions- nous à commencer une campagne électorale avec un tel niveau de tension, avec des blessés et même un mort ? Oui, nous soutenons la jeunesse et ses revendications. Et alors ? C’est une activité normale pour un mouvement politique parlementaire. Nous avons surtout protégé des jeunes en allant à leur contact, en nous interposant face aux violences chaque fois que nous avons été sollicités.

Dans les faits, nous sommes appelés de toutes parts par les jeunes ou leurs parents pour nous interposer, sortir des nasses, surveiller les conditions de garde à vue, interpeller le gouvernement directement au Parlement. Notre but n’est pas la récupération d’un mouvement. Nous savons que c’est impossible. Le vieux modèle des années où les partis instrumentalisaient un mouvement de jeunes façon Baron noir, ça n’existe plus. L’époque où les dirigeants socialistes se battaient entre eux pour contrôler telle ou telle faction de la mobilisation est terminée.

Le seul but possible pour nous, c’est d’être assez utiles pour être nous-mêmes « récupérés » par le mouvement et qu’il nous utilise jusqu’au point de nous faire siens. Nous avons théorisé cette rupture avec cinquante ans d’histoire de la gauche traditionnelle. Notre but n’est pas de diriger un mouvement mais d’être en osmose avec ses acteurs. C’est notre ligne d’action. Et c’est très exigeant sur le plan pratique.

Justement, le débat sur l’interdiction de votre mouvement refait surface, porté par le président du Sénat. Et jeudi, vous étiez convoqué à Matignon pour condamner les violences devant le reste des formations politiques…

Nous vivons une surenchère verbale qui échappe maintenant aux médias et aux politiciens qui l’ont enclenchée. Le moment est dangereux. La France n’a pas intérêt à un mouvement social qui se termine mal. Le monde entier nous regarde. Mais le scénario des provocateurs ne fonctionne pas. Partout, il y a des démocrates de tous bords politiques qui aiment leur pays et refusent de dédouaner le pouvoir macroniste en diabolisant LFI.

Quant à nous, nous sommes devenus une troupe endurcie. Nous avons déjà subi le guet- apens de l’affaire Deranque à Lyon, la grêle d’incriminations sous prétexte d’« apologie du terrorisme » après le 7-Octobre et j’en passe. À présent, l’opinion est même devenue moqueuse face à ceux qui se défaussent de tous les problèmes avec l’excuse « c’est la faute à Mélenchon ».

Cette fois-ci, beaucoup ne s’attendaient pas à ce que la charge soit sonnée contre nous, des gens de toutes sortes refusent d’y aider (même s’ils ne sont pas de notre bord) et nous défendent. Et qui pensait possible de voir la gauche traditionnelle faire bloc autour du mouvement des jeunes après avoir vu il y a si peu sa condamnation des révoltes urbaines ?

Dès lors, la manœuvre macroniste a échoué. Tout le monde le sait et le dit : le sujet, ce n’est pas LFI, ce sont les revendications. Et au tout premier rang, l’abrogation de Parcoursup, mais aussi le plan de 10 milliards pour les conditions d’étude. Sans oublier le blocage des prix contre la vie chère. Le pouvoir a réuni contre lui toutes les indignations : sociale, humaine, politique, citoyenne…

La question des violences et des pillages est au centre du débat depuis samedi. On vous demande depuis plusieurs jours de les condamner. Mais une fois qu’on les a condamnées, quelle signification leur donner ?

La violence populaire, l’émeute ou l’émotion insurrectionnelle ont-elles une place dans la longue histoire des mobilisations sociales de gauche ? Les insoumis n’adhèrent pas aux stratégies de guérilla urbaine ou de harcèlement des « symboles bourgeois ». J’appartiens à une génération qui en a vu l’échec et les conséquences jusqu’au bout, en Amérique latine notamment. Nous plaidons pour la non-violence. Non pour être plus gentils mais pour être plus efficaces. Ne confondons pas nous aussi la brutalité et l’efficacité. La révolution citoyenne des insoumis, c’est une révolution qu’on doit pouvoir faire gagner en gardant son enfant dans les bras en manif.

Sa victoire, ce n’est pas un coup de force de centaines d’intervenants violents mais c’est celle du nombre et de la force insurmontable des liens unissant par l’action des centaines de milliers de gens. Or, la violence introduit l’effet exactement inverse : elle réduit la surface de la participation et de l’implication populaire. Mettre à distance certaines formes de lutte, ce n’est pas se mettre à distance de la lutte. Nous ne voulons pas être une avant-garde qui injecte de la conscience, des mots d’ordre et des objectifs venus d’ailleurs que du mouvement social lui-même.

Notre rôle est de nous mettre au service du mouvement, de l’aider dans les transitions de ses phases et d’être identifiés comme débouché politique dans les institutions de pouvoir. Parce qu’au bout de la crise de régime, nous avons une solution pacifique et positive. Je la résume : la 6ème République et la Constituante. Cette société néolibérale est violente en milieu populaire. Elle affame, appauvrit et maltraite les jeunes. Un pauvre sur deux a moins de 30 ans. La jeunesse est passée d’une catégorie d’âge au statut de classe sociale précaire. Dans les années 1980, on avait son premier emploi stable à 20 ans ; maintenant à 27. Les jeunes voient bien le parcours des obligations mais pas celui des droits.

Et quand on les engage dans le droit à l’éducation, on leur en refuse le droit à l’accomplissement avec la loterie cruelle qu’est Parcoursup. On a résumé Mai-68 à la génération du plaisir de vivre, la génération d’aujourd’hui devient celle de l’inconvénient de vivre à cette époque. De quelque côté qu’elle se tourne, il n’y a que des discriminations. Et pourtant l’envie de vivre autrement reste toujours la plus forte !

Comment caractérisez-vous la réponse du gouvernement, dont le socle a été une répression brutale des mobilisations ?

Il y a une volonté de Macron d’afficher la « fermeté », à coups de gazages, de mutilations sans regrets et de phrases grandiloquentes. Mais on parle de nos jeunes gens qui bloquent la porte d’un lycée, pas d’une troupe d’ennemis. Et on doit constater qu’il existe désormais une culture de la lutte en « format Gilets jaunes ». On pouvait deviner qu’un des scénarios possibles serait la reprise d’un cycle avec des « actes successifs », samedi après samedi. C’est devenu une tradition populaire. Nous y sommes. Sans chefs, sans porte-parole. Le mouvement est une autoproduction permanente.

La priorité du pouvoir est de lui interdire absolument le sens politique qu’il porte : la condamnation de la politique néolibérale qui a ruiné le système éducatif français. La jeunesse tire sur le fil d’une pelote emblématique. À l’approche du 17 octobre, tout le monde sentait que ça allait être énorme. La date était présente depuis plus d’un mois sur les réseaux sociaux. On voyait ce qui nous remontait de partout. La surprise est venue quand la négociation sur l’organisation matérielle de la manifestation, conduite par les syndicats de jeunes et de salariés, a buté jusqu’à la veille de l’événement.

Le préfet de police, visiblement inexpérimenté, ou bien manipulateur, a fini hors délai par autoriser un rassemblement et un départ place de la République pour arriver place de Clichy. On redoutait la place de Clichy : elle est très étroite, et surtout elle oriente les débordements vers l’Élysée. Là, c’était la pagaille garantie. Or c’est quelque chose de vieux comme les manifestations à Paris : on n’a jamais le droit d’approcher l’Élysée et la place Beauvau. Franchement, il faut être très amateur pour ne pas comprendre ce qui se jouait avec un tel parcours autorisé.

Mais le jour dit, le commandement a tout aggravé lui-même en interdisant d’accéder au point de départ à grands coups de lacrymo. Au total, au départ comme à l’arrivée, il a lui-même provoqué la formation de dizaines de cortèges sauvages et construit la pagaille en préférant la chasse aux manifestants à la protection des commerces.

Que faites-vous de la police une fois que vous accédez au pouvoir ? Comment la mettre au service d’un projet politique comme le vôtre ?

J’étais en alerte sur la police depuis l’affaire Traoré. Mais la mort de la jeune Rayana, en 2022, a été pour moi un déclic. Un jeune policier qui tire dans une voiture et provoque la mort de la passagère au nom du refus d’obtempérer du conducteur, j’en suis toujours aussi révolté. Si plus personne ne réagissait, c’est qu’on aurait changé de monde. Ce n’est plus la France, ce n’est plus une police républicaine, c’est autre chose. Depuis ce jour-là, j’ai changé.

Beaucoup d’insoumis étaient déjà dans cet état d’esprit. Nous avons compris la nécessité de refondre la police de la cave au grenier. Elle s’est tellement compromise et déshonorée qu’il faudra refonder une tout autre autorité pour qu’elle soit respectée par la population. Au pouvoir, on reconstituera une force tranquille de proximité. On s’assurera de sa formation permanente. On lui offrira une perspective de carrière et même de changement de parcours professionnel dans laquelle il sera possible de progresser en faisant des efforts de formation.

On arrêtera de faire des carrières à l’envers, où les plus jeunes commencent dans les endroits les plus difficiles. On en fera une police qui vit avec la population, tout en s’en tenant à une certaine distance. Et chacun de ses membres sera sensibilisé au problème que posent dans une société libre le racisme, le sexisme et les discriminations qui minent la vie collective. On prendra au sérieux les gens qui en feront partie, et on leur demandera de prendre au sérieux la population au service de laquelle ils seront placés.

Allez-vous vous attaquer au sujet des armes dont dispose la police ?

Oui. Quelles armes ? Pour quoi faire ? Des grenades assourdissantes, abrutissantes, désencerclantes ou que sais-je encore ? Il y a beaucoup de pays où il n’y a rien de tout ça. Ces armes-là finissent toujours par être des armes mortelles. Il y a besoin d’armes pour certaines missions de police ? C’est l’affaire des spécialistes de nous dire exactement qui a besoin de quelles armes, dans quelles circonstances.

Et il est temps d’avoir une instance crédible de recours. L’IGPN ne l’est pas. Au total, on le sait tous : la situation actuelle n’est pas tenable. On doit et on peut faire autrement pour construire la confiance. Les méthodes pour y arriver sont d’une banalité absolue : l’éducation, la formation tout au long de la vie, une doctrine d’emploi de la police qui nous épargne le plus possible le recours à la force.

À quels points de repère historiques rattachez-vous l’analyse de la situation ?

On a beaucoup comparé le mouvement lycéen à Mai-68, mais ça n’a rien à voir. C’est plutôt aux Gilets jaunes que je le rattache : ce sont les mêmes mécanismes, la même spontanéité. En mai 68, il y a beaucoup moins d’étudiants qu’aujourd’hui, c’est une période d’ascension sociale. Et il y a 10 millions de travailleurs en grève, emmenés par la CGT de la charte d’Amiens révolutionnaire et la CFDT du socialisme autogestionnaire. Une autre planète ! Les dégâts sont cent fois ceux d’aujourd’hui dans les rues de Paris.

L’autre différence est dans la réponse : en face, à l’époque, il y a l’autorité de De Gaulle et un premier ministre, Georges Pompidou, qui fait la seule chose raisonnable, à savoir discuter et lâcher en une nuit des choses incroyables comme l’augmentation de 35 % du Smig (ancêtre du smic) et le droit de faire des sections syndicales dans les entreprises. Aujourd’hui, nous avons un président discrédité, en bout de course, qui a pris la parole pour ne rien dire. Et un premier ministre sans capacité d’initiative ni autorité, ni dans l’État ni face à l’opinion.

Tous les voyants sont au rouge. Enfin, la jeunesse à la manœuvre fonctionne différemment du passé. Des milliers de lycéens ont raconté sans fard à leurs parents la brutalité policière. Les parents, c’est la génération victorieuse du CPE. Et notre époque est aussi celle d’un renversement de la prescription sociale entre les générations. Les jeunes influencent leurs parents. Cela joue un énorme rôle dans l’enracinement populaire et familial de la sympathie pour le mouvement. Et en période d’activité populaire de masse, cela génère beaucoup d’organisation et de solidarités spontanées.

Le retour des couvre-feux, le débat sur l’état d’urgence, la sévérité des comparutions immédiates hier… Tout cela rappelle la façon dont l’État a géré les révoltes en Kanaky Nouvelle-Calédonie, les révoltes des quartiers populaires et d’autres encore par le passé. Jusqu’à la répression coloniale des mouvements indépendantistes, le 17 octobre 1961 par exemple. Tout cela fait-il un continuum ?

Vous avez vu David Lisnard qui dit « je m’en fous, je n’étais pas né » au sujet du 17 octobre 1961 ? Dans ce cas, on s’en fout de l’Alsace et de la Lorraine parce qu’on n’était pas né pendant l’occupation allemande ? Plus sérieusement, c’est un signal alarmant d’indifférence à l’histoire de son propre pays. Tous les mécanismes de la répression sont hérités des luttes coloniales. L’état d’urgence a été inventé pour la guerre d’Algérie dans un moment où l’on confond le peuple avec l’ennemi. Cette histoire, cette compréhension, cette connaissance s’est diluée, auto-occultée.

Sébastien Lecornu est caractéristique de cette amnésie. Il est déjà celui qui a envoyé des moyens militaires en Kanaky Nouvelle-Calédonie, la CRS 8 en Guadeloupe et en Martinique. Il est pétri de mentalité coloniale face aux catégories populaires, sans même s’en rendre compte. Nous, à l’inverse, nous avons compris la génération qui chante La Marseillaise devant les lycées comme à la fin de nos meetings. C’est la nouvelle France, celle du jamais-vu où l’action commence à Créteil et reçoit le soutien de la Catho ou d’Assas à Paris qui se mobilisent en solidarité avec les lycées de la banlieue.

Donc ce rapport qui s’est créé entre nous et le grand nombre n’a besoin d’aucune préparation, d’aucune instrumentalisation, propagande ou je ne sais quoi. La stratégie du pourrissement choisie par Lecornu et Macron n’a produit qu’un résultat politique : faire coïncider le calendrier du mouvement avec celui du budget à l’Assemblée nationale. Désormais, si le gouvernement ne sait pas comment arrêter le mouvement, le mouvement sait qu’il peut compter sur une motion de censure pour arrêter le gouvernement.

Car la motion de censure est inévitable si Lecornu refuse de mettre dans le budget les revendications. Il ne peut être sauvé que par le RN. Mais pour cela, il faut d’un côté que la diabolisation de LFI fonctionne et, de l’autre, que le RN soit accepté comme le parti de l’ordre par la force. Et prenons aussi de la hauteur : le pays veut-il infliger une défaite à sa jeunesse et lui promettre une vie sur le mode de Parcoursup ? Au total, oui, le moment est fondateur à sa façon.

Sources:linsoumission.fr       (Propos recueillis par Sarah Benhaïda et Ilyes Ramdani)

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jeudi 22 octobre 2026

« La seule voie de sortie de crise est la réponse immédiate aux revendications sociales » – Les appels syndicaux à manifester le 24 octobre se multiplient.

 

 24 octobre. L’insoumission.fr et Informations Ouvrières s’associent pour proposer à leurs lecteurs des contenus sur les résistances et les luttes en cours aux quatre coins du pays. À retrouver sur tous les réseaux de l’Insoumission et d’Informations ouvrières.

Près d’un million de personnes ont défilé partout en France samedi 17 octobre. Parmi les revendications principales : le blocage des prix, l’abrogation de Parcoursup, la hausse des salaires, et l’inscription au budget des 10 milliards d’euros nécessaires pour satisfaire les revendications des lycéens et des étudiants. Jouant le pourrissement, Lecornu, Nunez et Macron accusent LFI et Mélenchon d’être responsables du chaos qu’ils ont eux-mêmes généré en refusant de répondre aux revendications. Le leader insoumis a appelé l’ensemble des insoumis à être présent samedi 24 octobre, pour soutenir, aider et protéger les jeunes face aux sauvageries policières qui les ciblent depuis plus de trois semaines.

En conférence de presse ce mercredi 21 octobre, Sophie Binet a appelé « tous les militants à enfiler leur gilets rouge pour que les jeunes et les travailleurs et les travailleurs puissent exercer leur droit à manifester et à revendiquer. »

Nous relayons dans nos colonnes divers appels d’organisations appelant à se mobiliser partout en France samedi 24 octobre.

Le Lien

''La seule voix de sortie de crise est la réponse immédiate aux revendications sociales exprimées depuis des mois''(La CGT)   

La CGT appelle à l’ouverture immédiate de négociations avec les organisations syndicales et de jeunesse. Les revendications sont claires : la fin de Parcoursup, des moyens pour les lycées et les universités, l’augmentation des salaires, du Smic, et du point d’indice des fonctionnaires, des pensions, des bourses étudiantes et de toutes les prestations sociales, l’abandon de la taxation des malades et des coupes dans les services publics à commencer par les hôpitaux, le blocage des prix et l’arrêt des licenciements.

La CGT appelle l’ensemble des travailleuses et des travailleurs à continuer à se mobiliser pacifiquement et à se réunir partout, sur leurs lieux de travail pour décider de leurs revendications et de la grève de façon à faire du 5 novembre prochain une grande journée de convergence, de grèves et de manifestations. »

Pour aller plus loin : La procureure de Paris contredit « absolument » Sébastien Lecornu à propos du complot de « l’ultra-gauche »


Communiqué de presse de la FSU, le 18 octobre

« Les énormes manifestations du 17 octobre ont montré l’ancrage de la colère de la jeunesse, son expansion à une colère sociale plus large et l’escalade du pouvoir dans sa surdité comme dans sa dangereuse stratégie du maintien de l’ordre (…).

La FSU dénonce une stratégie qui met à mal l’exercice de libertés fondamentales, à commencer par celles de manifester (…).

Ce choix irresponsable qui traite un mouvement social légitime comme des « violences urbaines » ne peut qu’aggraver la situation sociale et affaiblir la démocratie, en invisibilisant les revendications qui s’expriment avec force, après 10 ans de macronisme qui laissent le pays dans un état économique et social désastreux.

Se mobiliser, exprimer des revendications, manifester pacifiquement sont des droits fondamentaux qui doivent être respectés. Une profonde aspiration à l’égalité, à la justice sociale, fiscale et environnementale traverse le pays. Le gouvernement doit cesser d’y répondre par la violence (…).

Dès maintenant, la FSU appelle à préparer la journée du 5 novembre pour en faire une puissante journée de grève et de manifestations pour les salaires et les pensions, les services publics, et la rupture écologique. »

Communiqué de presse de l’Union Départementale FO de Loire-Atlantique, le 19 octobre

« La mobilisation de ce samedi 17 octobre a été historique (…). Toutes et tous expriment une même chose : leur refus de la politique d’Emmanuel Macron et de ses conséquences économiques et sociales.

À Nantes comme à Saint-Nazaire, Force Ouvrière était présente dans les cortèges pour porter ses revendications :

– Augmentation générale des salaires, pensions et minima sociaux,

– Blocage des prix, notamment des carburants à 1,50 €,

– Abrogation de la réforme des retraites,

– Retrait du budget d’austérité Macron/Lecornu,

– Satisfaction des revendications lycéennes et étudiantes : abrogation de Parcoursup et de Mon Master…

En faisant le choix de réprimer la jeunesse lycéenne depuis plusieurs semaines au lieu de répondre à ses revendications, le gouvernement porte l’entière responsabilité du pourrissement de la situation (…).

La brèche ouverte par la jeunesse lycéenne et étudiante doit trouver son relais dans la grève des travailleurs. C’est sur cette base que l’Union Départementale FO 44 s’inscrit dans la mobilisation interprofessionnelle du 5 novembre prochain. »

Communiqué de l’Union Départementale CGT de Charente-Maritime, le 19 octobre

« Après le 17 octobre 2026, amplifions les luttes, préparons partout la grève et les manifestations du 5 novembre en Charente Maritime (…).

Cette mobilisation exprime (…) des revendications légitimes, vivre dignement de son travail, obtenir des augmentations de salaires et de pensions, défendre nos services publics, garantir à notre jeunesse des conditions d’études dignes (…).

L’UD CGT 17 rappelle que la liberté de manifester et le droit de grève sont des droits fondamentaux (…).

L’UD CGT de Charente-Maritime appelle l’ensemble de ses syndicats, unions locales, militantes, militants et syndiqués à prendre sans attendre toutes les dispositions pour préparer la journée interprofessionnelle de grève et de manifestations du jeudi 5 novembre 2026.

Nous devons réunir nos syndiqués, organiser des assemblées générales dans les entreprises, les administrations, les établissements et les services publics, aller à la rencontre des salariés, débattre des revendications et construire collectivement la grève ».

Communiqué de l’Union Départementale FO de Charente, le 19 octobre

« Les revendications des lycéen-nes, des étudiant-es, des salarié-es et des retraité-es convergent face à un même adversaire : le gouvernement Macron-Lecornu et son budget d’austérité de 54 milliards d’Euros.

Face à cette mobilisation, le gouvernement (…) choisit (…) la fuite en avant répressive (…).

Non Monsieur Macron : « appeler à manifester », ce n’est en aucun cas « abîmer la République » ! La liberté de manifester est un droit fondamental. Elle ne saurait être remise en cause au nom du maintien de l’ordre ni sacrifiée aux tentatives du gouvernement de faire taire la contestation sociale (…).

Dans le public comme dans le privé, dans les écoles, les établissements, les entreprises et les services organisons des assemblées générales pour discuter des revendications et des moyens de les faire aboutir en intégrant la perspective de la journée de grève et de manifestation interprofessionnelle du 5 novembre. »

Communiqué de l’Union des syndicats CGT du Havre du 19 octobre

« Par son refus obstiné de répondre aux revendications portées massivement de manière pacifique, c’est le gouvernement qui porte la responsabilité politique de la montée des violences observée aujourd’hui (…).

Dans le budget Lecornu, (…) 54 milliards d’efforts budgétaires qui pèseront directement sur les services publics déjà exsangues. C’est la réduction des recettes organisée, avec la baisse de la taxe exceptionnelle sur les hauts revenus de 7 à 5 milliards et de nouveaux cadeaux aux grands groupes (…).

Il y a donc urgence à :

– Augmenter les salaires, les pensions et les minima sociaux

– Rétablir l’ISF et mettre en place la taxe Zucman sur les hauts patrimoines

– Lutter contre la fraude et l’évasion fiscales

– Mettre à contribution les profiteurs de crise

– Répondre urgemment aux revendications de la jeunesse

La CGT appelle à poursuivre la mobilisation pacifique avec les jeunes (…), à préparer les prochaines étapes de mobilisation ces prochains jours, dont la grande journée intersyndicale de grève et de manifestation interprofessionnelle du 5 novembre. »





Sources:linsoumission.fr


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mercredi 21 octobre 2026

Rima Hassan, des réquisitions et un procès politique initié par les complices du génocide.

 

 Rima Hassan. Alors que le génocide se poursuit depuis plus de 3 ans en Palestine – un enfant est assassiné par l’armée génocidaire israélienne chaque jour à Gaza depuis le prétendu cessez-le-feu – que décide le parquet du tribunal judiciaire de Paris ? Des réquisitions politiques contre Rima Hassan, l’une des voix les plus puissantes qui conteste, sans relâche et avec le droit international comme boussole, les planificateurs du génocide, de la colonisation et de l’apartheid. Dix mois de prison avec sursis, et deux ans d’inéligibilité. Ce sont les réquisitions du parquet contre la députée insoumise européenne. En cause, un simple retweet d’une citation de Kazo Okamoto, un ancien membre de l’armée rouge japonaise, qui faisait appel à la philosophie de la résistance.


Le Lien

De nombreux complices du génocide à Gaza étaient présents dans la salle de l’audience. Ils voulaient en découdre. Derrière ce procès politique, on trouve une pléthore d’organisations aux ordres de Netanyahu, telles que l’Organisation juive européenne (OJE). Nous vous en parlions dans un article d’avril 2024. En 2019, cette organisation était à l’origine d’une procédure judiciaire pour contester l’obligation de la mention « colonies israéliennes » sur les étiquettes de produits venant des territoires occupés illégalement. C’est aussi elle qui a initié les plaintes contre Mathilde Panot, Guillaume Meurice, Rima Hassan, et bien d’autres.

Au procès de Rima Hassan, tout était fait pour l’intimider et la menacer. Son avocat a été insulté de « sapolard » par le président de l’Observatoire juif de France. Dans le hall du tribunal, un homme a menacé de frapper la députée européenne insoumise. Quelques jours plus tôt, elle était menacée avec un fusil à pompe dans une vidéo, par un adhérent de Reconquête. Tout est fait pour intimider la parlementaire insoumise pour empêcher son expression en soutien au peuple palestinien, pour ses droits et sa souveraineté.

Rima Hassan est l’obsession numéro 1 des complices français de Netanyahu

Ce n’est pas la première fois que Rima Hassan est ciblée. Elle est l’obsession numéro 1 des complices français de Netanyahu. Cet acharnement a notamment commencé pendant la campagne des européennes de 2024 à la suite de laquelle elle a été élue députée européenne au Parlement européen. Depuis cet acharnement politique, médiatique et judiciaire n’a cessé de prendre de l’ampleur. Elle a déjà fait l’objet de 16 procédures judiciaires dont 13 sont classées sans suite.

  
Le lien

Cet acharnement a plusieurs objectifs : il cible une opposante politique, femme, insoumise, réfugiée palestinienne et particulièrement active dans la lutte pour le peuple palestinien. Les trois premiers mois de cette année, elle a été pistée et espionnée par le ministère de l’Intérieur, sans raison. En avril, elle a été victime d’une énorme manipulation judiciaire et médiatique l’accusant de posséder de la drogue. Un scandale d’État là aussi, et des mensonges diffusés en direct qui n’ont jamais fait l’objet de rectifications à l’antenne.  

Ce scandale n’est pas sans rappeler tous les autres qui s’enchainent en macronie, entre crise de régime et bascule autoritaire. Tentative de mise en scène d’une arrestation du député Raphaël Arnault, manipulation des renseignements territoriaux par le gouvernement pour accuser Mélenchon et LFI d’être responsables du 17 octobre, la macronie s’enfonce, s’agite et craint que l’ordre politique et économique soit renversé par Jean-Luc Mélenchon et son programme de rupture en 2027.

Pour aller plus loin : Mélenchon à 20 % : ce sondage fait trembler ses adversaires

L’acharnement contre Rima Hassan s’inscrit aussi dans un contexte de répression sans limites contre toutes les voix qui soutiennent le droit international et le peuple palestinien. Depuis le 7 octobre 2023, plus de 350 personnes ont été condamnées pour apologie de terrorisme en France. 

Ce délit a été détourné pour servir à intimider et à faire taire les soutiens à la Palestine. Le secrétaire général CGT du Nord, Jean-Paul Delescaut, a été condamné à un an de prison avec sursis pour un tract appelant à la la paix en Palestine. Personne n’est épargné : syndicalistes, militants, dirigeants politiques tels que Mathilde Panot et Anasse Kazib. En Palestine, le génocide se poursuit jour après jour. En France, les criminels de guerre tels que Netanyahu sont protégés et ceux qui le dénoncent sont poursuivis. Des sommes d’hypocrisie sont atteints, comme ce jour d’expression de Macron aux Nations unies, en faveur de la Palestine, tout en autorisant le survol du territoire national par le criminel de guerre Netanyahu.

Sources:linsoumission.fr      ( Par Sylvain Noël, directeur des publications)

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lundi 19 octobre 2026

1 331 morts au travail en 2025 : le bilan accablant de Macron.

 

 En 2025, 783 salariés du privé sont morts dans un accident du travail en France. En comptant les accidents de trajet et les maladies professionnelles mortelles, le bilan des morts au travail atteint 1 331 décès. Alors que la macronie a profondément transformer les institutions de représentation des salariés depuis 2017 avec la suppression des CHSCT, le gouvernement s’attaque désormais à certaines indemnités des victimes. Pour La France insoumise, cette hécatombe n’est pas une fatalité : elle est aussi le produit de choix politiques. Ceux du néolibéralisme, du macronisme. Notre article.

1 331 morts en un an : l’hécatombe continue

Plus de deux morts au travail chaque jour. Le chiffre devrait provoquer un électrochoc. Pourtant, les drames se succèdent sans que la santé des travailleurs devienne une priorité politique. Selon les chiffres de l’Assurance maladie, 783 salariés du secteur privé sont morts dans un accident du travail en 2025.


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Le bilan s’alourdit encore lorsqu’on élargit le regard. Aux accidents du travail s’ajoutent 344 décès lors d’accidents de trajet et 204 décès liés à des maladies professionnelles. Au total, 1 331 personnes sont mortes en 2025 dans le cadre du travail. Et ce chiffre reste incomplet : les statistiques de l’Assurance maladie ne couvrent pas l’ensemble des agents publics, des travailleurs agricoles et des indépendants.

Dans son rapport publié en septembre 2026, intitulé « Accidents du travail et maladies professionnelles : s’insoumettre à 10 ans de macronisme », la députée insoumise Ségolène Amiot alerte sur une dégradation plus large de la santé au travail. Selon les données qu’elle présente, la France figure parmi les pays européens les plus touchés par les accidents du travail. Le rapport souligne également que les suicides liés au travail et certaines catégories de travailleurs échappent aux décomptes officiels.

Derrière les statistiques, il y a des vies brisées, des familles endeuillées et des salariés qui ne rentreront jamais chez eux. Ségolène Amiot décrit une « fait-diversion » : la manière dont les morts au travail sont traités comme de simples faits divers, sans que soit suffisamment interrogée la dimension collective et politique de ces drames.

Pour aller plus loin : « En 2026, le travail blesse, rend malade et tue plus qu’il y a 10 ans ! » – Le rapport accablant de la députée LFI Ségolène Amiot sur les accidents du travail

Depuis 2017, Macron a supprimé les CHSCT

Pour comprendre cette situation, il faut revenir sur les choix du premier quinquennat d’Emmanuel Macron. En 2017, les ordonnances réformant le Code du travail ont fusionné plusieurs instances représentatives du personnel au sein du comité social et économique (CSE). Parmi elles, les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), qui disposaient d’un rôle spécifique dans la prévention des risques professionnels.

Les CHSCT permettaient notamment aux représentants du personnel d’enquêter sur les accidents et les morts au travail, d’alerter sur les situations dangereuses et de contribuer à l’amélioration des conditions de travail. Leur disparition en tant qu’instance autonome a constitué un recul de cette représentation spécialisée. Des commissions santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) subsistent dans les entreprises concernées, mais leur mise en place et leurs modalités ne garantissent pas partout les mêmes moyens ni la même autonomie. Comment protéger efficacement les travailleurs lorsque les moyens de faire entendre leur voix sur leurs propres conditions de travail sont fragilisés ?

La réduction du compte pénibilité en 2017

La même année, le gouvernement d’Emmanuel Macron a également restreint le compte personnel de prévention de la pénibilité, devenu le compte professionnel de prévention (C2P). Le dispositif est passé de dix à six facteurs de risque ouvrant droit à des points, ignorant les causes directes de nombreux accidents et morts au travail. Quatre facteurs ont été retirés du compte : les manutentions manuelles de charges, les postures pénibles, les vibrations mécaniques et l’exposition à certains agents chimiques dangereux.

Le gouvernement justifiait cette réforme par la difficulté à mesurer certaines expositions. Ces risques restent soumis aux obligations de prévention des employeurs, mais les salariés qui y sont exposés ne peuvent plus acquérir de points au titre de ces quatre facteurs dans le cadre du C2P. 

Concrètement, cette réforme a réduit les possibilités pour les travailleurs concernés d’accumuler des droits liés à la pénibilité de leur métier. Pour ceux qui portent des charges lourdes, maintiennent des postures éprouvantes ou subissent des vibrations mécaniques pendant des années, la reconnaissance de l’usure professionnelle n’ouvre plus les mêmes droits dans le cadre de ce compte.

La rentabilité avant la santé des travailleurs

Le nombre tragique de morts au travail ne se réduit pas à une succession d’accidents imprévisibles. Elle oblige à examiner les conditions dans lesquelles les salariés exercent leur métier, les moyens de prévention disponibles et les responsabilités des employeurs.

Dans le bâtiment, l’industrie, le transport ou l’agriculture, les risques peuvent être aggravés par des cadences élevées, une formation insuffisante, le recours à la sous-traitance ou la précarité des contrats. Les jeunes sont particulièrement exposés : en 2025, les moins de 25 ans représentaient 11 % des salariés du régime général, mais 16 % des victimes d’accidents du travail et 23 % des victimes d’accidents de trajet.

Le rapport de Ségolène Amiot souligne également la vulnérabilité des salariés les plus âgés, des travailleurs précaires et des femmes, dont la sinistralité aurait fortement augmenté depuis le début du siècle. Il alerte sur l’ampleur de la souffrance psychologique au travail, dans un contexte où les exigences de productivité et les méthodes de management peuvent peser lourdement sur la santé.

La sous-traitance constitue un autre angle mort. Lorsque plusieurs entreprises interviennent successivement sur un même chantier, les responsabilités peuvent se diluer et les travailleurs les plus éloignés du donneur d’ordre disposer de moins de moyens pour faire valoir leurs droits. Les salariés intérimaires, détachés ou sans papiers sont également difficiles à recenser correctement dans certaines statistiques. Ce manque de visibilité statistique masque une part importante de la réalité des morts au travail chez les plus vulnérables.

À ces risques s’ajoute le changement climatique. Les épisodes de chaleur extrême, les inondations et les autres événements météorologiques dangereux imposent de nouvelles protections, notamment pour les métiers exercés en extérieur. L’absence de prévention adaptée peut alors exposer directement les travailleurs à des risques graves.

Pour aller plus loin : Protéger les salariés sous la canicule, entretien avec l’eurodéputé LFI Anthony Smith

Des inspecteurs du travail en nombre insuffisant

Face à ces dangers, les moyens de contrôle sont déterminants. Or, selon les chiffres présentés par Ségolène Amiot, la France compte environ un inspecteur du travail pour 12 500 salariés, contre une recommandation de l’Organisation internationale du travail d’un pour 10 000. La députée relève également des inégalités territoriales importantes et des moyens insuffisants pour contrôler les conditions de travail dans la fonction publique.

La prévention ne peut reposer uniquement sur la bonne volonté des entreprises. Elle nécessite des inspecteurs en nombre suffisant, capables de mener des contrôles, de constater les infractions et de faire respecter les obligations légales. Elle suppose aussi une médecine du travail disposant des moyens nécessaires et des représentants syndicaux en capacité d’alerter sans subir de pressions.

Dans leur document européen « Stop à la mort au travail », les eurodéputés insoumis Marina Mesure et Anthony Smith défendent une série de mesures pour sortir de cette impasse : renforcer les effectifs de l’inspection du travail, donner davantage de prérogatives aux syndicats, rétablir des comités spécialisés de santé et de sécurité et exclure des marchés publics les entreprises condamnées pour des manquements graves.

Ils proposent également de mieux reconnaître la responsabilité des employeurs, de renforcer les sanctions et de créer le crime d’« employicide » pour nommer les morts provoquées par des manquements graves aux obligations de sécurité. Ces propositions visent à enrayer concrètement les morts au travail et à faire de la prévention une obligation effective, plutôt qu’un principe que les contraintes économiques permettraient de contourner.

Après les accidents, le gouvernement s’attaque aux indemnités

Alors que les décès continuent d’augmenter, le gouvernement choisit de réduire certaines dépenses liées aux arrêts de travail. Un décret publié le 1er octobre 2026 abaisse le plafond de salaire retenu pour calculer les indemnités journalières versées après un accident du travail ou une maladie professionnelle. Le projet de budget pour 2027 prévoit également de rendre moins favorable la fiscalité applicable aux indemnités journalières des arrêts de travail. Sauf que réduire leur indemnisation ne prévient pas les accidents qui les ont frappées.

Le contraste est saisissant : alors que des centaines de milliers de salariés subissent chaque année un accident du travail avec arrêt ou incapacité permanente, le gouvernement cherche à limiter le coût de leur prise en charge. La maîtrise des dépenses publiques ne saurait remplacer une politique ambitieuse de prévention contre les accidents du travail, ni justifier que les victimes supportent davantage les conséquences financières des risques professionnels.

Pour aller plus loin : « En 2026, le travail blesse, rend malade et tue plus qu’il y a 10 ans ! » – Le rapport accablant de la députée LFI Ségolène Amiot sur les accidents du travail

Morts au travail : faire du zéro mort une priorité politique

L’objectif « zéro mort au travail » ne peut rester un slogan. Il suppose de rétablir une représentation collective efficace dans les entreprises, de renforcer l’inspection du travail et la médecine du travail, de mieux protéger les jeunes et les salariés précaires et de responsabiliser les donneurs d’ordre tout au long des chaînes de sous-traitance.

Il exige aussi que les victimes et leurs familles bénéficient d’un véritable accompagnement, financier, juridique et psychologique. Dans leur feuille de route européenne, Marina Mesure et Anthony Smith proposent notamment la création d’un fonds de soutien aux familles financé par les employeurs et une protection matérielle renforcée pour les enfants des victimes.


Le Lien.



Le bilan de 2025 devrait donc imposer un débat national sur les choix économiques et politiques qui organisent le travail. Depuis 2017, la macronie a transformé les institutions de représentation des salariés et restreint les droits associés à certains facteurs de pénibilité. Aujourd’hui, elle réduit certaines protections financières au nom des économies budgétaires. Dans le même temps, les drames et les morts au travail continuent de s’accumuler.

Personne ne devrait perdre sa vie en tentant de la gagner. La santé des travailleurs ne peut être une variable d’ajustement de la rentabilité des entreprises ou des budgets publics. Pour mettre fin aux accidents du travail et aux drames, il faut changer de politique : renforcer les droits des salariés, donner des moyens aux contrôles et faire enfin passer la vie humaine avant les impératifs financiers. C’est cette rupture politique que porte Jean-Luc Mélenchon : faire primer la vie sur le profit.

Sources:linsoumission.fr  (Par Elias Peschier)


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samedi 17 octobre 2026

Mouvement social, communistes, insoumis : pourquoi les planètes s’alignent.

 

 LInsoumission et Nos Révolutions s’associent pour proposer à leurs lecteurs des analyses, des contenussur les idées communistes, et sur les luttes en cours aux quatre coins du pays. À retrouver sur tous les réseaux de L’Insoumission et de Nos Révolutions.

En règle générale, les militant·es de gauche ont le pessimisme facile. Qui s’enthousiasme un peu trop fort pour une mobilisation sociale, qui se prend à croire à une percée électorale, se verra bien souvent reprendre, à coups de références aux années 30 et de citations de Gramsci : « les gens n’en sont pas là », « on peut toujours rêver », etc…

Depuis quelques semaines, pourtant, même les observateurs les plus défaitistes s’étonnent de l’incroyable bouillonnement social et politique engendré par le mouvement lycéen.

Magie du mouvement social

Le mouvement est inédit, en effet, par son ampleur, avec des centaines d’établissements scolaires bloqués ou perturbés. Dès le 6 octobre, plusieurs secteurs professionnels ont basculé dans la grève en soutien aux lycéen·nes. Hasard du calendrier, des appels au retour des Gilets Jaunes le 17 octobre fleurissaient depuis l’été. En cette rentrée explosive, ils ont pris une toute autre dimension.

La mobilisation se distingue aussi par sa solidité politique. Chacun·e a bien vu et compris que les lycéen·nes ne se limitent pas à contester les conséquences de l’austérité, la violence de la sélection sociale et la désorganisation des enseignements. Ils expriment aussi avec force leur désir d’une autre société, d’un autre ordre politique. D’interviews presse en vidéos TikTok, de débats télévisés en conversations familiales, le pays assiste, médusé, à l’avènement de la génération la plus informée et conscientisée de son histoire récente.

Surpris par une révolte à laquelle il ne s’attendait pas, le pouvoir a tenté de l’étouffer dans l’œuf par la seule méthode qu’il pratique désormais : la force brute. Sébastien Lecornu et Laurent Nunez ont ordonné le déchaînement d’une véritable sauvagerie policière contre les lycéen·nes. Les premiers jours, le mouvement a accusé le coup. Le « maintien de l’ordre » a ses aficionados, et on trouve dans le pays des franges suffisamment déshumanisées pour applaudir au moindre coup de matraque, à la moindre tâche de sang sur un trottoir.

Mais le peuple français, dans sa masse, n’apprécie pas qu’on maltraite ses enfants. Les classes populaires, des Gilets Jaunes aux banlieues des grandes villes, ont pris l’habitude de subir ce genre de traitement. Elles se sont donc solidarisées immédiatement avec les lycéen·nes, et leur colère s’est rapidement propagée à d’importants segments du pays, parfois plus modérés.

Cerné de preuves vidéos des violences policières qu’il a commanditées, condamné par l’ONU et les défenseurs des droits humains, le gouvernement a dû rapidement modérer son ardeur guerrière. D’autant qu’a débuté le 13 octobre, à l’Assemblée nationale, l’examen de son budget d’austérité pour 2027. Un débat à hauts risques pour le macronisme finissant, à quelques mois de l’élection présidentielle.

Nouvelles percées sur le front électoral

Le mouvement lycéen exerce d’ores et déjà une forte pression sur les discussions parlementaires. Au-delà, il galvanise l’ensemble des forces de gauche, redonne du courage et des couleurs aux dirigeants politiques dont la détermination avait pu flancher dans la dernière période. Ainsi Fabien Roussel, qui n’avait pas de mots assez durs ces dernières années pour se distancer de la France insoumise, semble désormais soucieux d’affirmer sa solidarité à l’égard des mouvements sociaux et de la gauche radicale – au grand dam des éditorialistes de BTM TV. Ces évolutions positives sont à saluer, tant le retour de pratiques de solidarité inconditionnelle à gauche est nécessaire pour espérer vaincre l’extrême droite et ses idées.

Le mouvement lycéen décuple aussi l’énergie dégagée par la campagne populaire autour de Jean-Luc Mélenchon. La dynamique de la gauche radicale, en effet, a de quoi impressionner, à l’instar du grand meeting du 11 octobre à Clermont-Ferrand. Loin de se parasiter comme cela avait pu être le cas lors du mouvement des retraites en 2023, l’effervescence du mouvement social et la dynamique politique avancent de concert. Comme l’observe le sociologue Manuel Cervera-Marzal, pour la première fois depuis dix ans le « total gauche » atteint 38 à 42% dans les intentions de vote.

Pendant ce temps, du côté de la droite et du centre, on accumule les candidatures et les coups de com’ sans parvenir à produire quoi que ce soit qui ait du souffle, de l’ampleur. Philippe, Attal, Bertrand, Lisnard, Cazeneuve, désormais Glucksmann… Le quotidien, de ce côté-là de l’échiquier, n’est qu’un long râle d’agonie – celui, en fait, des classes moyennes supérieures qui portent ces candidatures et s’étaient confortablement habituées, depuis les années 90, à jouir d’un magistère exclusif sur le débat politique national.

Le RN, quant à lui, est plombé non seulement par les preuves de l’antisémitisme viscéral de Jordan Bardella, mais aussi par la mise en mouvement de la jeunesse, dans les lycées des villes comme dans ceux des campagnes. Comme à chaque fois que la lutte des classes revient au premier plan, les obsessions racistes sont reléguées à leur juste place : dans les poubelles de l’histoire. Voilà la confirmation, sous nos yeux, de cette vérité fondamentale : la meilleure manière de lutter contre l’extrême-droite est de passer à l’offensive.

Résumons, donc : la bourgeoisie française affronte une mobilisation inédite de la jeunesse, qui pourrait bien servir de point de ralliement à toutes les colères sociales, tout cela sans légitimité parlementaire ni dynamique politique, et à six mois d’une élection présidentielle à haut risque. Mais qu’attendent les révolutionnaires ?

Gauche radicale : l’union se réalise

Il y a encore un an, l’union des forces de transformation sociale relevait de tout sauf de l’évidence. Conscient·es de l’imminence du danger de l’extrême droite, les différentes composantes de la gauche radicale agissaient encore séparément et parfois en opposition, chacune étant prise dans ses propres contradictions. D’autant que les élections municipales, avec leur lot d’ambitions concurrentes et d’inimitiés locales, bouchaient encore l’horizon.

Quelques mois plus tard, pourtant, ce que nous décrivions en mai comme « la seule voie crédible et souhaitable pour vaincre l’extrême droite : une union de la gauche la plus large possible autour des anticapitalistes » est bel et bien en train de se réaliser. Par sa légitimité populaire acquise en 2012, 2017 et 2022, comme par la confiance gagnée dans les luttes (notamment en solidarité avec le peuple palestinien), la candidature de Jean-Luc Mélenchon a ouvert la voie au rassemblement. Des décisions courageuses ont suivi, avec l’engagement du NPA – L’Anticapitaliste et des Verts Populaires dans la campagne. Génération·s devrait faire de même, ainsi que de nombreuses voix écologistes, à l’instar de la députée Sandrine Rousseau.

Quant aux communistes, s’il reste encore du chemin à parcourir, on peut raisonnablement supposer que la grande majorité finira, par cohérence politique, par choisir l’union avec la gauche radicale. Malgré la décision du congrès du PCF de présenter une nouvelle fois la candidature de Fabien Roussel, on sent bien que le vote de juillet n’apparaît plus, l’automne venu, que comme une erreur embarrassante, en décalage complet avec la situation politique réelle.

Des milliers de communistes, membres ou non du PCF, ont d’ores et déjà rejoint la démarche de l’union avec la gauche radicale. De ce point de vue, l’appel lancé par 2 000 militant·es autour Alternative Communiste est une initiative précieuse. Nous nous reconnaissons pleinement dans cette démarche, exposée par le Maire de Gennevilliers Patrice Leclerc dans cette interview.

Son objectif prolonge l’une des principales propositions que Nos Révolutionslançait en mars dernier avec le texte Communisme Partout : saisir l’occasion historique d’en finir avec la Vème République et ouvrir une nouvelle page de l’histoire révolutionnaire du pays.

Ce texte, qui revendique « l’union de la gauche sous leadership radical », est devenu le manifeste de Nos Révolutions. Nous ne l’avons pas présenté tel quel au dernier congrès du PCF, car nous avons fait le pari d’une motion rassemblant l’ensemble des courants unitaires du parti. Dans notre esprit, ce « bloc unitaire » relativement hétérogène deviendrait ensuite un point d’appui pour défendre une alliance entre le mouvement communiste et le mouvement insoumis. Cette démarche a fonctionné ! Preuve que, pour avancer, clarté des idées et souplesse tactique doivent toujours aller de pair.

D’autres courants communistes et marxistes se retrouvent d’ores et déjà aux côtés ou dans la campagne insoumise, suivant leurs sensibilités respectives : c’est notamment le cas des communistes insoumis, d’acteurs culturels et du monde des médias, de groupes de tradition trotskiste comme le NPA ou le PCR, etc. Nous sommes heureux de mener cette bataille ensemble, car nous pensons que tout grand mouvement de masse a vitalement besoin de l’apport des idées communistes dans leur diversité.

La responsabilité des communistes dans cette période est d’aider à structurer ce vaste mouvement populaire, qui est à la fois social et électoral et qui, s’éveillant à la politique révolutionnaire, peut remporter de grandes victoires. Cela passe par des mots d’ordre de rupture avec l’ordre capitaliste (sécurité sociale intégrale, nationalisations, nouvelles institutions de démocratie ouvrière…). Cela passe aussi par la construction de nouveaux moyens de coordination, d’information et de dialogue entre celles et ceux qui luttent.

C’est le sens de l’activité de nos correspondants locaux, qui accompagnent l’activité sociale et politique des territoires pour leur donner le maximum d’écho. C’est aussi la raison pour laquelle nous nous efforçons de multiplier les productions, entre l’écrit, la vidéo, l’image : pour les communistes, il est urgent de prendre la parole et de s’adresser aux millions de gens qui entrent en mouvement pour changer le monde.

Au diable le pessimisme, donc : l’avenir est à nous !

Sources:linsoumission.fr.  (Par Antoine Guerreiro)


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