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jeudi 30 avril 2026

RN : le parti du travail, mais sans les travailleurs et contre le 1er mai.

 Si le 1er mai est un rendez-vous incontournable des luttes sociales, réunissant associations, syndicats et travailleurs, jamais cette date n’aura autant été attaquée qu’en 2026. La macronie, Gabriel Attal en tête, appuyée par le Rassemblement national à l’Assemblée, a voulu faire travailler les salariés des boulangeries et des fleuristes le 1er mai, au nom du « bon sens », sur la base d’arguments fallacieux et de mauvaise foi. Le RN persiste, au niveau municipal notamment, dans cette volonté de s’en prendre à la date la plus précieuse des travailleurs et des travailleuses. Notre article.

Pour aller plus loin : Niche parlementaire LR : la droite veut vous faire travailler le 1er mai

Le RN dans la droite ligne du régime de Vichy

Le 1er mai n’est pas la fête du travail, comme le 8 mars n’est pas la fête de la femme. Historiquement, le 1er mai est la journée internationale des droits des travailleurs, instaurée en 1886 par la IIᵉ Internationale socialiste comme étant une journée annuelle de grève pour de meilleures conditions de travail. La fête du travail à proprement parler est une invention pétainiste issue de la doctrine vichyste « Travail, Famille, Patrie ». C’est en 1946 qu’est instauré le 1er mai comme jour chômé et payé pour tous les travailleurs, sans jamais être intitulé « fête du travail ».

C’est à ce sujet que le RN montre une nouvelle fois tout son mépris des travailleurs, des syndicats et des luttes sociales. Le 1er mai 2025, dans un discours à Narbonne, Jordan Bardella évoquait la menace sur les droits sociaux, il disait que le RN devient « le parti de la France du travail ». Au sens pétainiste, à n’en point douter.

Le maire RN de Liévin veut censurer les travailleurs en lutte

La preuve à Liévin, dans le Pas-de-Calais, où le maire RN de la ville, Dany Paiva, pour honorer les luttes sociales et les travailleurs a tout simplement décidé… de supprimer la cérémonie du 1er mai en présence des syndicats. Cette suppression a été décidée au prétexte qu’elle serait une « réunion politique » des syndicats « d’extrême-gauche » pour « faire de la politique » et de la « propagande ». Dany Paiva justifie sa décision : « Les syndicats, ça fait des années qu’ils font de la politique, ça fait des années qu’ils manifestent contre nous et ils voudraient en plus qu’on leur donne la parole pendant une heure et demie ? Non, c’est terminé ! ».

Le maire de Liévin semble ainsi avoir une définition toute particulière de la démocratie, de la liberté d’opinion et d’expression, ce qui se traduit par une pratique du pouvoir exécutif local pour le moins autoritaire. Plus tard, en conseil municipal, il qualifie le 1er mai de « espèce de meeting politique » et assume « supprimer [les] délires gauchistes ».

La décision de supprimer cette cérémonie à Liévin passe d’autant plus mal que la commune fait partie du bassin minier, et la cérémonie du 1er mai était d’ordinaire accompagnée d’un hommage aux 42 mineurs ayant perdu la vie lors du coup de grisou, catastrophe minière, du 27 décembre 1974. Si la cérémonie d’hommage est finalement maintenue pour éviter un tollé complet, jamais les travailleurs sont mentionnés, ni estimés, ni représentés puisque la rencontre habituelle entre syndicats et la mairie reste supprimée.

Ainsi, il n’est plus question pour le Rassemblement national de s’embarrasser des questions sociales et syndicales, qui préfère multiplier les dîners onéreux avec le Medef ou encore avec des dirigeants d’entreprises du CAC40 comme Bernard Arnault, le dirigeant de Total Energies, Patrick Pouyanné ou encore Cyrille Bolloré, fils de Vincent Bolloré.

Pour aller plus loin : Bardella a rencontré le MEDEF : le grand patronat veut s’assurer que l’extrême droite sera bien à son service

Un mois après les élections municipales, les premières politiques publiques d’extrême droite sont lancées dans les villes dirigées par le RN. Attaques contre la culture à Vauvert dans le Gard, fin des subventions à la Ligue des Droits de l’Homme et arrêté anti-mendicité à Carcassonne dans l’Aude ou encore effacement des expressions LGBTQ+ à Canohès dans les Pyrénées Occidentales.

Toutes ces politiques réactionnaires ont réellement un impact sur les habitants de ces villes. Ainsi, l’Observatoire National de l’Extrême Droite (ONED) a lancé le 23 avril 2026 l’observatoire des mairies administrées par le RN avec pour objectif de documenter ces dérives autoritaires de l’exercice du pouvoir municipal par l’extrême droite.




Maire RN et la fin de l'Hommage aux mineurs






Souces:linsoumission.fr (Par Louise B

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mercredi 29 avril 2026

5,8 milliards de dollars de bénéfices en un trimestre : Total, un profiteur de guerre si prévisible.

 Qui aurait pu prédire que Total amasserait des profits gargantuesques grâce à la guerre au Moyen-Orient et à la spéculation ? À peu près tout le monde. Pire : Total a amassé plus d’argent que ce que les analystes prédisaient. « Total a dépassé les attentes », résume BFM Bourse, citant l’analyse de la Royal Bank of Canada. Bilan : 5,8 milliards de dollars de bénéfices pour le premier trimestre 2026, c’est-à-dire 5 milliards d’euros. Soit une hausse de 51 % en un an. « Totalenergies a pleinement profité des avantages de la hausse des prix du pétrole brut, ainsi que d’une solide performance commerciale », a écrit la banque britannique Barclays dans une récente note.

Les actionnaires de la multinationale pétrolière peuvent se réjouir : 1,5 milliard de dollars de rachats d’actions pour le deuxième trimestre ont été annoncés. TotalEnergies est coutumier de tels profits. En 2023, le groupe pétrolier avait amassé 19 milliards d’euros de bénéfices, soit le record absolu pour une entreprise capitaliste française. Profiteur de guerre un jour, profiteur de guerre toujours. Pendant que les Français serrent la ceinture tous les jours, renoncent à se déplacer, doivent ralentir voire carrément cesser leur activité professionnelle car consommatrice d’essence, toujours plus chère à la pompe, Total et ses actionnaires se gavent sur leur dos. Ce n’est ni une affirmation militante, ni une déformation de propos : c’est un constat, factuel, précis, désormais chiffré pour la période.

Depuis le premier jour de la guerre, LFI alerte : les prix à la pompe et ainsi les marges des raffineurs-pétroliers doivent être bloqués. Bilan : le gouvernement protège Total et ses profits tout en présentant des mesures qui sont de véritables usines à gaz, le RN propose des mesures qui feraient perdre de l’argent à l’État (baisse de la TVA) et les prix à la pompe ne baissent toujours pas. « Quand va-t-on arrêter de nous prendre pour des imbéciles ? Quand la macronie va-t-elle cesser de prendre le peuple pour une vache à lait au bénéfice de Blackrock et des actionnaires de Total ? », a fustigé Manuel Bompard, en réagissant aux chiffres publiés par Total. Retour sur quelques contre-vérités et solutions pour sortir de la crise. Notre article.

Une inflation alimentée par les marges

L’explication dominante de l’inflation repose sur un schéma simple : la hausse des coûts (énergie, matières premières) se transmettrait mécaniquement aux prix. Mais cette lecture est aujourd’hui largement contestée.

Plusieurs institutions internationales, dont le FMI et la Banque centrale européenne, reconnaissent désormais que les profits ont joué un rôle déterminant dans la hausse des prix récente. Dans de nombreux secteurs, les entreprises ont non seulement répercuté l’augmentation de leurs coûts, mais ont également élargi leurs marges. Ce phénomène, parfois qualifié de « profit-led inflation », est particulièrement visible dans l’énergie.

Les grandes compagnies pétrolières ont ainsi enregistré des profits historiques depuis 2021. Le cas de TotalEnergies est emblématique : après environ 6 milliards de dollars de profits en 2020, le groupe dépasse 20 milliards en 2021, puis atteint un record proche de 38 milliards de dollars en 2022. En 2023, les profits restent au-dessus de 25 milliards, et encore supérieurs à 20 milliards en 2024. En deux ans, les profits ont ainsi été multipliés par plus de six par rapport à la période de crise sanitaire.

Dans ce cadre, les prix ne traduisent pas simplement une rareté, mais aussi une capacité des acteurs dominants à imposer leurs conditions. Cette dynamique est renforcée par des activités de trading particulièrement lucratives : certaines opérations spéculatives auraient généré près d’un milliard de dollars de gains en quelques jours lors des tensions sur le détroit d’Ormuz.












 

Le blocage des prix : un outil économique éprouvé

Contrairement à une idée largement répandue, le blocage des prix n’a rien d’une mesure exceptionnelle ou irréaliste. Il s’inscrit dans une longue tradition d’intervention publique.

En France, le droit permet déjà de réglementer les prix en cas de circonstances exceptionnelles. Ce levier a été utilisé à plusieurs reprises : lors de la guerre du Golfe en 1990, après le passage du cyclone Hugo en Guadeloupe, ou encore pendant la crise du Covid-19 avec l’encadrement des prix des masques et du gel hydroalcoolique.

Ces expériences ont un point commun : elles n’ont pas conduit aux pénuries souvent brandies comme épouvantail. Elles montrent au contraire que l’intervention publique peut stabiliser les prix sans désorganiser l’économie.

Dans les territoires d’outre-mer, le blocage des prix est même une réalité permanente pour certains biens essentiels. À La Réunion, par exemple, le prix du carburant est fixé administrativement chaque mois et se situe autour de 1,50 € à 1,60 € le litre, sans provoquer de rupture d’approvisionnement.

Des exemples internationaux qui se multiplient

La France n’est pas un cas isolé. Face à l’inflation, plusieurs pays ont déjà recours à des politiques de plafonnement ou d’encadrement des prix, avec des modalités différentes mais une logique commune : protéger directement les consommateurs plutôt que compenser a posteriori.

En Europe, la Croatie a mis en place dès 2021 un système de plafonnement des prix des carburants, régulièrement ajusté par le gouvernement en fonction de l’évolution des cours internationaux. Concrètement, un prix maximum est fixé pour l’essence et le diesel, révisé toutes les deux semaines. Ce mécanisme a permis de contenir significativement les hausses pour les ménages, tout en assurant une certaine stabilité sur le marché intérieur. Selon plusieurs analyses économiques, cette politique a contribué à limiter l’inflation énergétique par rapport à d’autres pays européens exposés aux mêmes chocs.

La Hongrie a été encore plus loin en instaurant, entre 2021 et 2023, un gel des prix sur plusieurs produits essentiels, notamment les carburants et certains biens alimentaires de base comme la farine, le sucre ou l’huile. Le prix de l’essence a ainsi été fixé à un niveau administré (480 forints par litre pendant une longue période), bien en dessous des prix de marché. Si cette politique a suscité des critiques, notamment de la part des institutions européennes, elle a permis dans un premier temps de freiner la transmission de l’inflation internationale aux ménages. Elle illustre surtout une chose : même dans une économie intégrée au marché européen, il est possible d’intervenir directement sur les prix.

De son côté, la Grèce a adopté une approche différente mais complémentaire. Plutôt que de fixer directement les prix, le gouvernement a choisi d’encadrer strictement les marges des entreprises, notamment dans les secteurs de l’énergie et de la distribution. Les entreprises ne peuvent pas augmenter leurs marges au-delà d’un certain niveau par rapport à une période de référence, sous peine de sanctions. Ce dispositif vise explicitement à lutter contre les comportements opportunistes et la spéculation, en empêchant les entreprises de profiter de la crise pour augmenter leurs profits.

Ces expériences montrent que le blocage ou l’encadrement des prix peut prendre des formes variées : prix maximum, encadrement des marges, subventions ciblées ou combinaison de ces instruments. Mais elles reposent toutes sur un même principe : empêcher que les chocs internationaux, qu’ils soient liés à une guerre, à des tensions géopolitiques ou à des perturbations d’approvisionnement, ne se traduisent automatiquement par une dégradation du niveau de vie.

Surtout, ces politiques apportent un démenti empirique à un argument souvent avancé dans le débat public : celui selon lequel toute intervention sur les prix conduirait mécaniquement à des pénuries ou à une désorganisation du marché.

Le cœur du problème : la formation des prix

Si le blocage des prix suscite autant de résistance, ce n’est pas seulement pour des raisons techniques. C’est parce qu’il remet en cause une hypothèse centrale du néolibéralisme : celle selon laquelle les prix seraient le résultat neutre de la rencontre entre l’offre et la demande.

Dans la réalité, les prix sont largement déterminés par des stratégies d’entreprises, notamment dans les secteurs concentrés. Dans l’énergie, la distribution ou l’agroalimentaire, quelques grands groupes disposent d’un pouvoir de marché suffisant pour fixer leurs marges.

La théorie économique elle-même reconnaît ce phénomène à travers le concept de « mark-up » : les entreprises fixent leurs prix en appliquant une marge sur leurs coûts. Lorsque la concurrence est faible ou que la demande est captive, ces marges peuvent augmenter sans contrainte.

Le blocage des prix intervient précisément à ce niveau. Il ne vise pas à nier les coûts, mais à limiter la capacité des acteurs dominants à transformer une situation de crise en opportunité de profit.

Le blocage des prix : une mesure économique… et politique

Le blocage des prix ne se résume pas à une mesure technique de régulation. Il pose une question fondamentale : celle du contrôle démocratique de l’économie.

En période de crise, laisser les prix se fixer librement revient souvent à transférer le coût des chocs sur les ménages. À l’inverse, intervenir sur les prix, c’est assumer un choix politique : protéger le pouvoir d’achat et limiter les rentes.

Cela implique également de repenser le rôle de l’État. Non plus comme simple correcteur des défaillances du marché, mais comme acteur capable de structurer les conditions de production et de distribution.

Dans certains cas, cela peut aller plus loin : encadrement des marges, réquisition de stocks, voire nationalisation temporaire d’acteurs stratégiques. L’histoire économique montre que ces outils ont déjà été mobilisés lorsque les enjeux le justifiaient.

De la nécessité de reprendre le contrôle

La question du blocage des prix dépasse donc largement celle de l’inflation actuelle. Elle renvoie à un choix de société.

Dans une économie marquée par la concentration des entreprises et la financiarisation, les prix ne sont plus de simples signaux économiques. Ils deviennent des instruments de pouvoir. Les encadrer, c’est rééquilibrer ce pouvoir.

Face aux crises énergétiques et climatiques à venir, cette question sera de plus en plus centrale. La transition écologique elle-même suppose de planifier, d’investir et, dans certains cas, de réguler les prix pour orienter les comportements.

Le blocage des prix apparaît ainsi comme un outil parmi d’autres pour reprendre la main sur l’économie. Non pas contre le marché en tant que tel, mais contre ses dérives lorsqu’il cesse de servir l’intérêt général

Sources:linsoumission.fr


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mardi 28 avril 2026

L’Atelier des Lois s’exporte : quand les insoumis de l’étranger reprennent le pouvoir.

 L’Atelier des lois est un outil désormais rodé pour la France insoumise : partout dans l’Hexagone, il permet de reprendre le pouvoir sur la rédaction des lois. Le 18 avril dernier, cet outil a franchi une étape exceptionnelle en traversant les frontières grâce à la force des insoumis·es de Suisse. L’objectif ? Traduire les revendications syndicales pour l’amélioration des soins en texte législatif, pour que l’expertise du terrain ne reste plus à la porte de l’Assemblée. Cette intervention populaire est devenue vitale face à une crise des soins qui s’aggrave, entre population vieillissante et traumatismes laissés par le scandale Orpea. Notre article.

La 6ᵉ République par l’exercice

Trop souvent, les travaux syndicaux et les diagnostics de terrain sont purement et simplement ignorés par le pouvoir

Face à cette impasse, la France insoumise propose une autre façon de faire : l’Atelier des lois. Plutôt que de subir des décisions prises d’en haut, la rédaction de la loi se fait à partir des besoins réels. À Genève, le travail est parti du « Manifeste du Care » d’Unia (le plus grand syndicat suisse) — une initiative dont la presse suisse s’est largement fait l’écho, du journal Work jusqu’à L’Événement syndical.

Accompagnés par les députés Gabriel Amard et Ségolène Amiot, ainsi que par l’expertise juridique de Sirine Bechouel (avocate) et Nathan Bothereau (juriste), soignants et citoyen·nes ont travaillé à transformer ces analyses en articles précis. Ce n’est pas une simple consultation, c’est la politique du peuple par le peuple. À travers cet outil, c’est la 6ᵉ République qui commence déjà. Il n’est pas attendu de changement de Constitution pour changer les méthodes : la souveraineté populaire vit ici et maintenant.

Pour aller plus loin : Comment les communes insoumises vont-elles préparer la révolution citoyenne et la 6ᵉ République ?



Magali, au micro de l’Insoumission, explique le premier atelier des lois


Une convergence de luttes sans frontières

L’événement a pris une dimension encore plus forte avec la participation de Christian Dandrès, conseiller national socialiste suisse et président du Syndicat des services publics (SSP). Sa présence a rappelé que la dignité dans le soin et la défense des services publics sont des combats universels qui ignorent les frontières.

Cette alliance entre syndicalistes suisses et élu·es insoumis·es français·es montre qu’une alternative existe. Elle redonne espoir : oui, il est possible de bâtir des lois solides, basées sur la vie réelle de ceux qui font la société, et non sur des tableurs budgétaires.

Reprendre espoir et agir

Cette expérience portée par les insoumis de Suisse n’est pas une exception, c’est une invitation à reprendre le pouvoir. Elle montre ce qu’il est possible de réaliser partout quand le choix est fait de la co-construction. Les 30 et 31 mai prochains, les Français·es de l’étranger voteront pour les élections consulaires. Mais au-delà de ce rendez-vous, c’est cette méthode d’implication citoyenne qu’il s’agit de généraliser pour ne plus laisser personne décider de façon arbitraire.

À Genève, la preuve est faite que les citoyens sont prêts. Et si le prochain Atelier des lois était le vôtre ?

Sources:linsoumission.fr   (Par Magali Mangin)

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lundi 27 avril 2026

« Le lobby de l’industrie pharmaceutique » – Le billet d’humeur de Christophe Prudhomme.

 

L'industrie pharmaceutique. C’est une tribune qui est venue mettre un coup de pied dans la fourmilière. Mi-avril, le Collège de la Haute Autorité de Santé (HAS) a défendu son « indépendance scientifique », en dénonçant les pressions accentuées qu’elle subit ces derniers mois de la part de certains industriels du médicament.

« Ces pressions prennent des formes multiples, directes ou indirectes, via les médias, des relais d’opinion, voire auprès de l’exécutif ou par la menace de retrait de médicaments du marché », a détaillé le Collège de l’HAS. Un problème majeur, dont le gouvernement se contente très bien, car son objectif est de regrouper des agences pour des raisons d’économies. Le docteur Christophe Prudhomme y revient dans nos colonnes. Son billet d’humeur de la semaine.

Lobbying de l’industrie pharmaceutique : « Certains acteurs cherchent à exercer des pressions… en imposant un récit fondé sur l’émotion plutôt que sur les preuves »

Les diverses instances mises en place par l’État pour évaluer, autoriser la vente et fixer le prix des médicaments ont souvent été critiquées à juste titre du fait de conflits d’intérêt de certains experts, de par leurs liens avec l’industrie pharmaceutique. L’explication souvent avancée est que les meilleurs spécialistes d’un médicament ou d’une maladie sont souvent ceux qui ont travaillé avec les laboratoires développant les traitements.

Il existe effectivement un problème au niveau de la recherche du fait d’une organisation qui délègue le financement, donc le contrôle des essais cliniques, aux laboratoires. Mais, c’est un peu court comme argument, car les liens concernent aussi des honoraires de conseil scientifique, des conférences rémunérées, le financement direct de travaux de recherche, mais, plus grave, ce peut être aussi des participations financières sous forme d’actions notamment.

La nouveauté dans ce paysage est la tribune collective publiée par les membres du collège de la Haute Autorité de Santé qui dénoncent les pressions qu’ils subissent de la part des laboratoires. Pour comprendre l’enjeu, il faut savoir que cette instance évalue les demandes d’accès au remboursement faites par les entreprises dès lors que les médicaments ont reçu une autorisation de mise sur le marché. La stratégie de lobbying est éminemment perverse, je cite : « Certains acteurs cherchent à exercer des pressions… en imposant un récit fondé sur l’émotion plutôt que sur les preuves ».

Pour aller plus loin : « Le droit des patients bafoué » – Le billet d’humeur de Christophe Prudhomme

Les membres du collège dénoncent l’instrumentalisation de la voix de familles bouleversées et de patients en détresse avec l’appui de professionnels de santé. « Ces pressions prennent des formes multiples, directes ou indirectes, via les médias, des relais d’opinion, voire auprès de l’exécutif ou par la menace de retrait de médicaments du marché », est-il encore consigné dans cette tribune.

Cette stratégie s’est accentuée ces derniers mois du fait de la pression du gouvernement américain qui demande un alignement des prix des médicaments, très élevés aux États-Unis, sur les prix pratiqués en Europe. L’enjeu est donc d’obtenir de meilleurs prix en Europe pour ne pas subir une baisse des énormes bénéfices engrangés sur le marché américain.

En France, le gouvernement ne s’inquiète pas de ce problème car son objectif est de regrouper des agences pour des raisons d’économies financières, au risque de renforcer les risques liés au lobbying. En effet, il est important que des instances différentes donnent l’une un avis sur la sécurité du médicament et l’autre sur son remboursement.

Il s’agit donc d’un moment critique et cette tribune est salutaire. Cependant, pour être vraiment utile, cette protestation ne peut se limiter à une déclaration générale. En effet, le président du collège, interrogé par des journalistes, n’a pas voulu donner les noms des laboratoires concernés. Cela montre qu’il reste encore du chemin à faire car visiblement le pouvoir de ces entreprises est encore suffisamment fort pour bloquer une transparence complète.

Sources:linsoumission.fr:(Par Christophe Prudhomme)

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samedi 25 avril 2026

À propos d’un entretien de Pascal Blanchard sur la nouvelle France – Analyse d’Antoine Salles-Papou.

 Après un entretien de l’historien Pascal Blanchard dans Le Monde, à propos de la « nouvelle France », Antoine Salles-Papou livre une réponse et une analyse à l’Insoumission sur ce concept. Qu’est ce que la Nouvelle France ? Pourquoi la mise en opposition entre ce concept et le « on est chez nous » du Rassemblement national, constitue t-elle une erreur à plusieurs titres ? En quoi attribuer l’origine du racialisme, produit du système raciste, à la lutte antiraciste, est-elle un contresens ? Comment la bataille pour la dignité est-elle une bataille pour l’unité du peuple ? L’analyse d’Antoine Salles-Papou.

Les débats sur la « nouvelle France »

Le concept de « nouvelle France » fait couler désormais beaucoup d’encre. Malheureusement, le plus souvent d’une manière assez pauvre et plutôt comme point de fixation d’une panique raciste. Il s’agit de pousser des cris pour accuser les utilisateurs de ce concept d’être « racialistes » et promoteurs du « grand remplacement ». On reconnaît ici deux figures traditionnelles de la suprématie blanche en France : l’inversion victimaire et le complotisme.

Mais tout n’est pas à ranger dans cet égout. On ne peut pas dire cela par exemple de l’entretien donné par l’historien Pascal Blanchard dans Le Monde. Celui-ci est un chercheur connu, spécialiste de la colonisation et des mémoires autour d’elle. Certes, il a soutenu Emmanuel Macron 2017, dont il dit encore du bien dans le même entretien.

Mais lui sait discuter d’une expression – plutôt banale puisqu’elle a été utilisée par Lionel Jospin, Jacques Chirac, François Mitterrand et même Valérie Pécresse en leurs  temps –en restant rationnel. Et il ne regarde pas le pays comme un phobique de sa modernité. C’est n’est pas rien dans l’ambiance dans laquelle les médias mainstream ont installé le débat public du pays, c’est déjà rafraîchissant.

Le racisme et l’antiracisme ne sont pas équivalents

Cependant, il reste des différences assez importantes pour qu’elles donnent lieu a débats.  D’abord, il y a cette idée dont Le Monde fait sa titraille : la nouvelle France serait « l’antithèse » du « on est chez nous » du Rassemblement national. Cette idée pose problème à plus d’un titre. D’abord elle installe une sorte de jeu de miroir entre nous et l’extrême droite qui risque, même si ce n’est pas le cas de Blanchard, de dériver en une mise en équivalence. Or, il faut d’abord affirmer cela : le racisme et l’antiracisme ne sont pas équivalents.

Il n’y a pas deux « extrêmes » autour d’un « centre » raisonnable. Vouloir installer encore ce paysage est non seulement une illusion mais aussi une erreur dangereuse. Car ce « centre » n’existe plus. Il s’est désagrégé après avoir fait la preuve pendant dix ans qu’il n’avait rien de « raisonnable » et même qu’il pouvait devenir un « extrême centre » liberticide. Le paysage est donc plutôt divisé entre suprémacistes et antifascistes.

La « nouvelle France » et le rassemblement pour la dignité

Ensuite, et surtout, la nouvelle France, justement, revendique bien d’être « chez elle » en France ! Si bien que le « on est chez nous » a même des fois été repris comme un défi dans des réunions publiques insoumises pour lui donner un contenu antiraciste. Ne laissons pas penser que la nouvelle France serait une aspiration à devenir sans patrie. Au contraire, puisque c’est une réponse à un « déni de francité » qu’on inflige à toute une partie de la population.

Avec le Rassemblement national, ce sur quoi nous nous disputons – entre autres – c’est de savoir qui est le « on » dans « on est chez nous ». Sommes-nous un pays tourné vers un passé d’ailleurs mythique ? Ou bien ce peuple en bouleversement permanent où la condition féminine a radicalement changé, où désormais une personne sur trois est héritière de l’immigration, ce pays où la migration intérieure a déménagé toute sa population, vidé sa paysannerie et forme une masse de millions d’étudiants .

Autre problème de vocabulaire : Pascal Blanchard dit que « rassembler les gens au nom de leur couleur de peau » serait « les racialiser de nouveau ». Ici, il faut rectifier deux fois. D’abord, les Insoumis ne rassemblent pas les gens au nom de leur couleur de peau. Le dire, c’est tomber dans le piège de la propagande qui raconte cela à longueur de plateau à notre propos.

Mais les Insoumis rassemblent des gens, c’est vrai, au nom du racisme qu’ils subissent. Mais aussi au nom du sexisme qu’elles subissent. Et aussi au nom des injustes privations que le système économique capitaliste fait subir à tous. Et finalement, si les Insoumis rassemblent au nom de quelque chose, c’est plutôt de la dignité, comprise comme condition sociale et économique mais aussi culturelle.

Deuxièmement, Pascal Blanchard, comme chercheur, sait sûrement que le terme de « racialisation » décrit justement l’opération selon laquelle les préjugés racistes créent des lignes de démarcations au sein de l’humanité, pour trier et dominer. Les races n’existent pas, mais de ce point de vue, la « racialisation » existe elle bel et bien.

Mais elle est un produit du système raciste. C’est donc un contresens que d’en attribuer l’origine à la lutte antiraciste : elle ne fait que nommer le phénomène, pour le détruire. On a bien eu le cas pratique de tout cela avec l’acharnement raciste contre Bally Bagayoko. Ce sont bien ceux qui ont utilisés des mots injurieux comme « tribu », « grands singes » ou « mâles dominant » qui créée la catégorie de « noir » comme à part dans l’humanité. Et ceux qui luttent contre ces premiers, au premier rang desquels Bally lui-même, qui rétablissent sa dignité d’être humain.

Sources:linsoumission.fr (ParAntoine Salles-Papou)


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jeudi 23 avril 2026

Le RN fait augmenter vos factures d’eau et refuse le traitement de celles qui sont contaminées.

  Le Rassemblement national refuse de s’occuper du problème des eaux contaminées et fait augmenter les factures d’eau. Près de 17 millions de Français ont consommé au moins une fois de l’eau du robinet non conforme aux limites de qualité des pesticides, soit 25,3 % de la population. C’est-à-dire qui contient des pesticides au-delà des seuils autorisés.

Il est possible de retrouver dans l’eau potable des substances interdites depuis des décennies. Boire de l’eau du robinet permet pourtant d’éviter de consommer des bouteilles d’eau en plastique. N’ayant aucun intérêt pour la santé ni quant à l’augmentation des factures d’eau, le Rassemblement national, par ses votes à l’Assemblée nationale, confirme qu’il est un parti anti-écologique. 

Des pesticides éternels pourtant interdits présents dans l’eau du robinet

Les PFAS sont des substances chimiques ayant un caractère très persistant dans l’environnement et leur utilisation entraîne une pollution de tous les milieux : l’air, les sols et l’eau. Ils sont réglementés par la Convention internationale de Stockholm depuis 2001 ainsi qu’en droit européen par le règlement 1907/2006 et s’agissant de l’eau, par la directive 2020/2184, transposée en droit français, relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine.

D’après le rapport de trois inspections générales, « la préservation de la qualité des ressources en eau est en échec pour ce qui concerne les pesticides […] ». S’agissant des PFAS, en cas de non-conformité, l’ARS alerte sur sa protection et sa distribution. Mais le traitement de celles qui sont contaminées est en grande partie payé par les consommateurs (Rapport du Ministère de la Santé, 2025). Les votes du RN à l’Assemblée nationale s’agissant de l’H2O illustrent l’absence totale de considération écologique et a dès lors des conséquences sur la santé.

La solution : les captages d’eau

Autour de chaque captage doit être mise en place une aire destinée à le protéger contre les pollutions. Avec les captages, il est interdit de procéder à des épandages de pesticides de synthèse sur la zone où l’eau ruisselle. Il s’agit donc d’une solution préventive pour améliorer la qualité des ressources en H2O. 1100 captages sont considérés comme prioritaires pour l’interdiction sur ces zones des PFAS.

 Une solution évidemment écologique mais aussi plus économique

Les factures liées à ce liquide indispensable à notre vie ont augmenté de 16 % depuis 2023 (UFC-Que-choisir). L’augmentation des factures s’explique par la hausse des coûts de dépollution liés aux pesticides et la prévention des pollutions coûte 3 fois moins cher que les coûts de dépollution liés aux PFAS. Agir en amont en supprimant les pollutions pour protéger les captages d’eau est économique car cela permet de ne pas avoir à investir dans des usines de traitement qui sont de plus en plus coûteuses.

Ainsi, le coût du traitement de l’eau contaminée par les PFAS est estimé entre 750 millions et 1,3 milliard d’euros. Et pourtant, les députés RN s’opposent à la protection des ces captages. Leurs votes contre les mesures écologiques ont donc une incidence sur les factures. La défense de l’environnement et de ses impacts sur la santé humaine n’est définitivement pas une préoccupation du groupe parlementaire RN à l’Assemblée nationale.

Pour aller plus loin : Choc : vos factures d’eau vont exploser de 50 % d’ici à 2030









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Les autres votes anti-écologiques du RN

À plusieurs reprises, les députés RN ont voté contre la protection du vivant. Le groupe s’est opposé à une loi proposant une option végétarienne dans les restaurants de restauration collective. Le RN s’est prononcé contre un moratoire portant sur l’exploitation minière des fonds marins ou encore contre l’accélération de la production d’énergies renouvelables. Ami des milliardaires, opposé à la justice climatique, c’est sans surprise que le groupe RN avait voté contre un amendement après l’article premier de la proposition de loi visant les vols en jets privés.

Il a voté contre le Fonds social pour le climat et l’accompagnement des ménages les plus précaires à la bifurcation écologique. Mais aussi contre une proposition de loi visant à limiter la diffusion des polluants éternels ou une proposition de loi visant à soutenir financièrement les filières agricoles bio. Enfin, le RN est le seul groupe à avoir voté contre un amendement qui devait inscrire un objectif chiffré de surfaces agricoles biologiques (3). Sans oublier, l’opposition farouche du RN à toute mesure de blocage des prix de l’énergie, dont des carburants. Un refus motivé par la volonté de protéger les intérêts des multinationales ,Total en tête.

A contrario de sa détérioration et de l’augmentation des factures, le groupe parlementaire insoumis se bat depuis des années pour en finir avec les pesticides et pour la qualité de l’eau potable, ainsi que pour la gratuité des premiers mètres cubes nécessaires à la vie quotidienne.

Sources:linsoumission.fr (Par Arthur Abbatucci)

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lundi 20 avril 2026

Bardella a rencontré le MEDEF : le grand patronat veut s’assurer que l’extrême droite sera bien à son service.

 Bien loin de l’image « proche du peuple » qu’ils aiment à se donner, Bardella et Le Pen multiplient, en vue de la présidentielle 2027, les rencontres avec la fine fleur du patronat français. Ce 7 avril, Marine Le Pen avait déjà rencontré le fer de lance du CAC 40 : on y a trouvé pêle-mêle l’un des fils Bolloré, la directrice générale d’Engie, le PDG de Total Patrick Pouyanné, le président du groupe Renault, et même le richissime patron de LVMH, Bernard Arnault. C’est la première fois que Bernard Arnault rencontrait Le Pen. Un cap est franchi, quoique très symbolique : les capitalistes français et le RN multiplient les roucoulades, et Bernard Arnault était déjà très enthousiaste au début du deuxième mandat Trump.

Face à ces capitaines d’industrie, la patronne de la boutique Rassemblement National, Marine Le Pen. Ce dîner mondain, loin des oreilles indiscrètes, a permis à la présidente du RN de défendre son programme devant cette camarilla de grands patrons, réunis sous le nom officieux d’Entreprise et Cité : les participants avaient interdiction de dévoiler le détail des conversations. Mais le contenu des conversations semble avoir eu le même but que des récentes déclarations publiques de poids lourds du RN : rassurer le patronat français, dans l’espoir de prendre et d’exercer le pouvoir en 2027. Évidemment au détriment des classes populaires que l’extrême droite prétend représenter. 

Ce lundi 20 avril, grosse offensive médiatique de Bardella et de ses fidèles dans la presse des milliardaires : sa rencontre avec le syndicat patronal, le MEDEF, annoncée en grande pompe dans les mêmes médias la semaine dernière, a enfin eu lieu. Comme il assume davantage que Marine Le Pen son orientation ultra-libérale, le président du RN a le mérite de rendre claire sa ligne politique pour 2027. Sur le fond, rien ne change avec celle des macronistes : austérité, saccage des services publics, broyage des salariés, des précaires, politique raciste, réactionnaire… Le tout assaisonné de petits articles de presse autour de l’événement pour bien faire passer le message : le RN a bien choisi une politique ultralibérale, la même que depuis 20 ans en somme. 

Pour aller plus loin : La mue ultra-libérale du RN : comment Marine Le Pen et Jordan Bardella ont-ils pactisé avec les milliardaires ?

Un banal déjeuner entre patrons et politiques 

C’est en conquérant que Bardella s’est vu aller à cette rencontre avec le bureau exécutif du MEDEF. « « C’est à eux d’apporter leurs idées, insiste Jordan Bardella. Je ne compte pas me faire auditionner sur le programme du RN tous les trois mois. » » confie-t-il à France Info.

Drôle de conquérant que celui qui se rend… en terrain conquis. Car vu les prises de position de Jordan Bardella et de ses sbires ces dernières années, il y a fort à parier que les idées du RN et du MEDEF sont parfaitement alignées : « Je crois dans la liberté d’entreprise, a-t-il fanfaronné en marge du déjeuner, on a besoin de redonner de la liberté à ceux qui créent et qui innovent ». De quoi faire trembler ces messieurs-dames du MEDEF, à rebours total et absolu des discours néolibéraux et capitalistes des deux dernières décennies ! 

Plus tôt dans la matinée de lundi, Jordan Bardella, conjointement avec Marine Le Pen, a publié une déclaration annonçant le début de travaux pour leur « grand projet d’ordonnance de simplification » de l’économie française. À la manœuvre, Alexandre Loubet, député de la Moselle, Ambroise de Rancourt, proche collaborateur de Le Pen et caution « souverainiste-étatiste » de cette farce, et François Durvye, nouveau conseiller spécial de Bardella et ancien bras-droit du milliardaire Pierre-Edouard Stérin. Mais à lire le communiqué, la partition est déjà écrite : sous couvert de « moins de normes » au « coût exorbitant », le RN se met au service du capitalisme français pour casser le code du travail, les services publics et mettre le peuple à genoux face au patronat. 

Voici donc de quoi Bardella va discuter avec le MEDEF : moins d’un débat de fond, car les participants sont déjà d’accord, il s’agit pour eux de savoir comment mettre en place leur projet politique et économique commun. Bardella a donc beau jeu de se présenter en interlocuteur « exigeant » : à vaincre sans péril, on évite les ennuis.    

Face à Bardella, le MEDEF ménage toutes ses options

Le bureau exécutif du MEDEF ne voit pas le problème à un tel déjeuner de travail avec l’extrême droite : l’un des participants ne comprend pas « que ce déjeuner crée un tel pataquès ». La ligne du patronat, pour chaque entrevue avec le RN : « on ne leur parle que d’économie, le reste ne nous regarde pas ». Que le programme raciste, xénophobe, autoritaire de Bardella et Le Pen ne concerne pas les fleurons économiques français, ce n’est guère surprenant sociologiquement.

Outre une adhésion personnelle aux idées nauséabondes de l’extrême droite, les cadres du MEDEF n’auront pas manqué la progression du vote RN jusque chez les chefs d’entreprise, un vote avant cela acquis aux macronistes. 

Comme le MEDEF ne s’occupe que des « problèmes économiques », pourquoi traiterait-il le RN différemment des autres partis libéraux sur le plan économique, d’un Attal, d’un Glucksmann ou d’un Edouard Philippe ? Cette focalisation sur ces seuls « problèmes économiques », en plus de ne pas se positionner sur le racisme ou les libertés publiques, offre au MEDEF l’avantage de faire sauter le cordon sanitaire entre le RN et le reste des partis : il n’y a qu’une différence de degré entre eux, pas de nature. L’enjeu des capitalistes est donc de désigner parmi leurs candidats qui sera le plus à même de gérer leur économie

Et Bardella a déjà commencé à donner des gages concrets de son allégeance : ses députés se sont par exemple prononcés contre le blocage du prix de l’essence au détriment des classes populaires et moyennes, proposé par LFI. Quelques jours après que Le Pen ait trinqué avec le PDG de Total, l’inverse aurait fait mauvais genre !

Pour aller plus loin : Le Rassemblement national contre le blocage des prix : protéger Total plutôt que les Français

Un véritable retournement de veste du patronat ? 

Un temps séduit par Macron, Bernard Arnault semble changer d’écurie. Son « optimisme » quant au début du deuxième mandat de Trump outre-Atlantique en disait déjà long sur l’agenda politique de « l’homme le plus riche de France -voire du monde- ». Outre sa présence au dîner du CAC 40 qui a reçu Marine Le Pen le 7 avril, la grotesque opération de communication sur « l’idylle » de Bardella avec une princesse Bourbon en dit aussi long : c’est Paris Match, propriété dudit Arnault, qui a révélé le scoop

Pour aller plus loin : Jordan Bardella & Maria Carolina Bourbon des Deux-Siciles : la grande évasion (fiscale)

Côté MEDEF, on renonce au peu de façade morale qu’on prétendait revêtir. Son président Patrick Martin, en 2024 avait timidement qualifié Bardella de « danger pour l’économie » (pas pour la démocratie ou la fraternité et l’égalité républicaine, évidemment). Aujourd’hui, il ne s’encombre plus d’un masque moral et invite Le Pen à sa table et ses bras droits font de même avec Bardella. 

Pour accélérer son rapprochement avec le patronat, Bardella a recruté comme conseiller spécial François Durvye, ex-bras droit de Pierre-Edouard Stérin. Celui-là même qui a été missionné pour préparer le grand plan anti-normes du RN pour cet été, et ses récentes interventions ont de quoi mettre en appétit les fonds de pension : coupes budgétaires massives, privatisations, et surtout retraite par capitalisation. Celle-là même qui avait massivement mobilisé le peuple contre elle en 2019-2020, au point de faire reculer le gouvernement de l’époque ! Qui pourra encore dire que le RN est du côté des classes populaires, hormis les derniers lieutenants aigris de l’aile « souverainiste » du RN ?

Mais plus que sur le plan programmatique, Durvye, en quittant Stérin pour Bardella, apporte au RN son carnet d’adresse, riche en contacts des plus gros chefs d’entreprises du pays. Dans Le Parisien, il se vante d’avoir « de plus en plus d’appels entrants » de patrons voulant parler au RN : derrière les dîners mondains et coups d’éclat dans la presse, la convergence des intérêts se fait d’abord en coulisse. Et pour preuve, selon le nouveau conseiller spécial du RN, son travail de lobbying a permis que plus de la moitié des patrons du CAC 40 ont échangé avec Le Pen et/ou Bardella. De belles perspectives de la part de celui qui se voit déjà ministre de l’Économie en cas de victoire du RN ! 

Une Bardella-mania couverte par une presse aux ordres 

La presse patronale marche sur un fil à propos de cette séquence. Comme le RN tente un numéro d’équilibriste en tenant un discours « pro-business » (sic.) et en même temps vaguement « social/souverainiste », le patronat mise en conscience sur une possible victoire du RN en 2027 et veut protéger ses intérêts, tout en critiquant un programme économique « ambigu », « irresponsable » et « incompétent ». 

Alors que Le Parisien brosse un portrait complaisant de François Durvye, que Paris Match dépeint la « romance » de Bardella avec la pire noblesse régurgitée par l’Ancien Régime, L’Opinion, organe de presse par excellence des chefs d’entreprise, publie un compte-rendu glacial du dîner de Le Pen avec le CAC 40, début avril. Le point commun entre ces trois médias ? Leur propriétaire, Bernard Arnault, qui sait jouer de la carotte et du bâton avec le RN : câliner d’une main, griffer de l’autre. Autrement dit, le RN n’a pas donné assez de garanties au patronat. 

Du côté de Libération, l’organe de la sociale-démocratie, le haut-parleur de François Hollande, on adopte une belle posture morale. On y regrette une époque où le MEDEF dénonçait le FN : un patronat qui certes appuie déjà de tout son poids pour détruire l’État social, le code du travail et broyer les travailleurs, mais qui sait adopter une posture convenable, acceptable pour le centre gauche. Ce centre-gauche bourgeois qui ne comprend pas la nécessité historique et matérielle des capitalistes à s’en remettre à l’extrême droite pour maintenir ses intérêts : pour lui, seule la morale compte. 

Des limites à la normalisation du RN ? 

La tactique de passer pour proche du peuple tout en rassurant le patronat est vieille à l’extrême droite. Johann Chapoutot a bien rappelé la manière avec laquelle Hitler faisait le tour des syndicats patronaux allemands pour présenter son programme économique, pour faciliter son arrivée au pouvoir. La même pirouette est reproduite par le RN aujourd’hui, et se retrouve normalisé par le haut, dans les cercles de pouvoir et d’influence.

Auprès d’un nombre croissant de grands patrons, le RN et son champion Bardella sont les plus à même de gérer la pénurie : le peuple continuera à se serrer la ceinture pour que les mêmes se gavent, dans un régime toujours plus raciste et autoritaire. D’autant que le FN/RN est historiquement ultra-libéral : qu’on pense à l’admiration de Jean-Marie Le Pen pour Ronald Reagan ou Margaret Thatcher. 

Mais l’extrême droite n’a pas encore appris toutes ses leçons de ses maîtres. Comme à son habitude, le parti lepéniste, malgré un vent médiatique et sondagier en poupe, peine encore à trouver un prêteur pour financer sa campagne présidentielle (aussi du fait de l’incertitude sur la condamnation ou non en appel de Marine Le Pen sur l’affaire des assistants parlementaires). Les banques françaises se montrent frileuses. Et à l’étranger ? Un ambassadeur des États-Unis, émissaire de Trump a rencontré Le Pen et Bardella, et s’est montré peu enthousiaste quant à leur programme économique. 

Le RN a encore des efforts à fournir vis-à-vis du patronat. Autrement dit, son programme n’est pas encore assez néolibéral, malgré les efforts déployés ces dernières années pour se « crédibiliser ». Et si, pour les capitalistes, le RN n’avait pas encore assez sacrifié, et devait fournir une nouvelle offrande ? Et si le grand patronat attendait du RN un candidat moins sulfureux qu’une Marine Le Pen pour porter ses intérêts ? En fin de compte, le dernier signal que Bardella devrait fournir pour devenir pour de bon la coqueluche du CAC 40 pourrait être de se débarrasser de Le Pen avant 2027.

Sources:linsoumission.fr (Par Alexis Poyard

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samedi 18 avril 2026

Rima Hassan traquée par le ministère de l’Intérieur, le Parquet met 5 jours à diffuser des informations qui l’innocentent : le scandale d’État prend de l’ampleur.

 L’étau n’en finit pas de se resserrer contre les autorités macronistes. Les nouvelles révélations de Mediapart au sujet de Rima Hassan, d’une traque organisée par le ministère de l’Intérieur et d’un parquet bien lent quand il s’agit de publier des informations innocentant Rima Hassan, calomniée de toute part, sont édifiantes pour notre démocratie. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, la police traquait une opposant politique, géolocalisant son téléphone, pistant jour et nuit ses déplacements, ses billets de train, ses hôtels, les villes, « parfois même les rues » où elle se déplaçait. Le tout, avec une précision digne de la lutte contre le grand banditisme.

« Cela porte une atteinte d’une exceptionnelle gravité non seulement à la vie privée de Rima Hassan, mais aussi à son activité en tant que parlementaire », a dénoncé Vincent Brengarth, avocat de l’euro-députée. À ses révélations s’ajoute une troublante lenteur du Parquet de Paris. Annonçant avoir reçu les analyses toxicologiques innocentant Rima Hassan « la veille », le Paquet a indiqué, le 9 avril donc, le classement sans suite de la procédure la visant. Pourtant, les résultats toxicologiques négatifs lui avaient été indiqués dès… le 4 avril. Soit en plein durant la longue cabale médiatico-politique contre Rima Hassan. « Rien de plus utile à faire par la police ? », cingle Jean-Luc Mélenchon déplorant un tel « scandale » et demandant désormais une réaction du ministre de l’Intérieur.

Face à ces nouvelles révélations, l’insoumise Rima Hassan annonce vouloir saisir le rapporteur indépendant des Nations unies et le Parlement européen. Alors que les macronistes, la droite et l’extrême droite bataillent pour faire adopter l’infâme loi Yadan, le leader insoumis a souligné ses possibles conséquences : « Avec la loi Yadan tout le monde pourra faire l’objet de ces abus de pouvoir pour avoir exprimé une opinion considérée comme « apologie du terrorisme » ». En écrivant ces lignes, la nouvelle est tombée : la loi Yadan a finalement été retirée de l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Ses soutiens ont buté sur la pugnacité des insoumis. Vigilance : ce sera pour mieux revenir. Le gouvernement déposera un projet de loi similaire fin juin. 

Sources:linsoumission.fr (Par Nadim Février)

Pour aller plus loin : Cabale contre Rima Hassan, BFMTV ment et manipule



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