''Il existe des conceptions vulgaires tout à fait suffisantes pour la vie pratique:elles doivent même être la nourriture des hommes.Elles ne suffisent cependant pas à l’intelligence''.
C’est une nouvelle qui ne va pas arranger
l’état de panique de ses adversaires. Jean-Luc Mélenchon est sondé à 16%
d’après un sondage Odoxa paru ce mardi 26 mai. A 16%, celui qui a déjà
recueilli plus de 280 000 soutiens populaires
est à la position à laquelle il était sondé quatre jours avant le
premier tour, en 2022. Il avait finalement réalisé 22% des voix, à un
point du second tour.
Ce sondage en confirme un autre, récent,
de Cluster 17, qui indiquait que Jean-Luc Mélenchon était la
personnalité de gauche qui recueille le plus de « soutien ». Cette
nouvelle étude montre que le leader insoumis est loin devant Glucksmann
(11%), Roussel (2,5%), et Marine Tondelier (4%).
A deux semaines de son meeting de
lancement de campagne le 7 juin à Saint-Denis, tous les signaux sont au
vert pour Jean-Luc Mélenchon. Avec une équipe nombreuse, et un programme
solide – ouvert aux contributions citoyennes pour l’améliorer, le
leader insoumis confirme qu’il est le seul capable de battre le RN. Est
aussi confirmé la bonne circulation de ses propositions. Blocage des
prix, hausse des salaires, taxation des superprofits, bifurcation
écologique, référendum révocatoire en passant à la 6ème République,
suspension de l’accord UE-Israel, ce sont tout autant de mesures qui
convainquent, et renforcent la puissante dynamique autour de Jean-Luc
Mélenchon. Vous voulez rejoindre la campagne ? Rendez-vous sur http://melenchon2027.fr. Prochain rendez-vous : le 7 juin.
« Je serai au second tour de l’élection présidentielle. Et nous gagnerons, car la France n’est pas un pays fasciste ou raciste. » – Jean-Luc Mélenchon
Deux mois après les élections municipales,
les maires du Rassemblement national (RN) se sont empressés d’appliquer
à l’échelle locale leur programme rétrograde et xénophobe. Dès leurs
premières semaines de mandat, les mesures contre les plus précaires, les
associations et la culture pleuvent et donnent un aperçu de ce à quoi
ressemblerait un pays gouverné par le RN : une France plus inégalitaire
que jamais, où les plus riches dorment sur leurs deux oreilles.
Heureusement, des initiatives se font jour
à gauche, non seulement pour contrer l’avancée de l’extrême droite,
mais surtout pour inverser le rapport de force politique, conquérir de
nouveaux droits et libertés. Le seul débouché politique crédible en est
la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle.
Une autre initiative, celle de
l’Observatoire national de l’extrême droite (ONED), fournit un important
travail de veille des décisions catastrophiques pour le peuple que
prennent les élus du RN dans le pays. Cet Observatoire des mairies RN
est appelé à être un outil important dans la lutte contre l’extrême
droite. Notre article.
Dès ses premiers jours en tant que maire
de Carcassonne, l’ex-député Christophe Barthès a décrété la chasse aux
pauvres en signant un arrêté anti-mendicité, et en menaçant des lycéens
en lutte pour leurs droits. La Ligue des Droits de l’Homme (LDH) locale
avait alors dénoncé cette mesure de haine des pauvres ; en réaction, le
nouveau maire lui coupe des subventions. Les syndicats de travailleurs
manifestent contre l’extrême droite ? L’édile leur retire leurs locaux,
et ajoute tout en finesse « Ils peuvent me combattre tant qu’ils veulent, mais pas avec notre pognon. Quand on me met une gifle, je mets un marron ! »
Pour les nouveaux maires RN, la priorité
affichée dans la presse locale est le désendettement de leurs
communes…au risque d’y sacrifier (déjà) leurs promesses de campagne.
Ainsi les baisses d’impôts locaux se font attendre dans les communes RN,
de même pour les rénovations d’école. En revanche, la construction de
places de parking explose ! Un sens des priorités qui en dit long,
d’autant, évidemment, que les maires d’extrême droite ne prennent pas la
peine de développer les transports en commun.
Autres priorités budgétaires du RN :
recruter des policiers municipaux et les armer, des assistants d’élus.
Sans oublier que presque tous les maires RN se sont auto-augmentés : les
indemnités de certains maires atteignent le plafond légal. Il n’y a pas
de petits profits… à mille lieues des maires LFI qui, eux, changent
concrètement la vie des gens.
Les décisions et propos racistes des maires RN : la nostalgie du temps des colonies
Dans le Doubs, le maire de Chevroz, Franck
Bernard, adhérent RN notoire, a été élu Vice-Président à
l’agglomération de Besançon, avec le soutien du maire de cette dernière,
Ludovic Fagaut (LR). Seul hic : F. Bernard, sur un page Facebook
anonymisée, se lâche sur les propos racistes et homophobes : il y relaie
la carte des QI (censée prouver que les habitants des pays du Sud sont
moins intelligents que ceux du Nord), et appuie que l’homosexualité
menace la famille traditionnelle. Pour l’heure, le RN n’a pas réagi.
Les propos racistes, qui hiérarchisent les peuples et les cultures, sont en effet monnaie courante à l’extrême droite. Ainsi du maire de Moissac
pour qui « nos racines et notre patrimoine » sont si supérieures à la
culture Papou : des propos que les chantres de la colonisation et du
suprémacisme blanc n’auraient pas renié.
Autre symbole colonial et suprémaciste, la décision de Yannick Le Roux. Le maire de Vierzon a en effet annulé la commémoration municipale de l’abolition de l’esclavage, le 10 mai, sous un prétexte fumeux d’économies budgétaires et de date de commémoration officielle. Le 10 Mai fait pourtant bien partie de ces dates officielles. Au RN, on a le sens de l’Histoire, le tortionnaire Jean-Marie Le Pen serait fier.
A Liévin, le maire Denis Paiva
a décidé de mettre en place une « priorité nationale » pour le logement
: l’attribution des logements ne dépend plus de critères sociaux, mais
de la nationalité des bénéficiaires. Une xénophobie à peine déguisée,
qui va plonger des familles entières dans la précarité, au seul prétexte
qu’ils n’ont pas les bons papiers. Avec l’annulation de la cérémonie du 1er Mai
et le retrait des drapeaux des pays alliés face aux nazis au 8 Mai, on
devine que M. Paiva est, comme ces derniers, très National, mais pas
très Socialiste.
Contre la culture, les maires RN sortent leurs décrets réac’
L’annulation des cérémonies du 1er Mai, vue dans d’autres communes RN comme Grenay,
est témoin du mépris de l’extrême droite pour l’Histoire de France, et
pour les masses populaires. Mais rien de surprenant quand on sait que le
RN, une fois n’est pas coutume, avait soutenu le gouvernement pour voler du temps de loisir aux travailleurs le 1er Mai.
En guise de propositions culturelles, le RN fait preuve d’un manque terrible d’imagination. En plus d’un fétichisme du drapeau
tricolore paresseux, les édiles lepénistes ont des goûts musicaux d’un
autre âge. Ainsi, le 8 Mai, commémoration de la capitulation des nazis,
la ville de Carpentras, pour la première fois en 80 ans, a entendu résonner l’air de « Maréchal nous voilà »,
hymne de la dictature de Vichy et Pétain. Le maire RN (dont le parti a
été fondé par d’ex cadres vichystes) a plaidé non coupable, pointant la
responsabilité de la radio locale. Qui veut tuer son chien l’accuse
d’avoir la rage.
L’édile d’Harnes a lui aussi envoyé un symbole historique fort, en retirant un buste de Robespierre,
le révolutionnaire à qui l’on doit entre autres notre devise
républicaine, le blocage des prix… Il faut se rappeler de l’historien
Johann Chapoutot, pour qui les nazis avaient trois personnages
historiques en horreur : Rousseau, Robespierre et Karl Marx. On peut
étendre cette haine d’un des fondateurs de la République au RN.
Mais la politique culturelle favorite des sbires de Bardella consiste à supprimer la culture.
On ne compte plus le nombre de festivals annulés, de subventions à des
associations culturelles annulées, de cinémas communaux menacés pour
diffuser des films trop favorables à la Palestine, comme à Salernes. A La Flèche,
Romain Le Moigne retire des milliers d’euros de subventions à une
association qui apprend le français aux étrangers, et à une autre qui
accueille les exilés : le mélange entre racisme et austérité.
Dans le Var, le maire de Seyne-sur-Mer
annule un festival sur… Napoléon Bonaparte, pourtant apprécié à
l’extrême droite. Pour raisons budgétaires. Mais d’autres élus RN
instrumentalisent l’Histoire pour leurs idées nauséabondes. A Moissac,
on s’inspire ouvertement du Puy du Fou pour une fête médiévale, et à
Castres, l’ombre des Identitaires et de Pierre Edouard Stérin plane derrière les initiatives culturelles du nouveau maire.
Comme les excuses budgétaires ne suffisent
pas toujours, le maire d’extrême droite de Seyne sur Mer invoque un
faux motif anti-élitiste : les événements annulés ne seraient pas assez
accessibles aux milieux populaires. Quand on voit sa contre-proposition,
on voit son mépris desdits milieux. Pour lui, « culture populaire »
signifie la fin des manifestations artistiques, qui se voient remplacées
par des événements sportifs (lutte, MMA…) financés par… RedBull !
Sous-traiter ainsi la culture et le sport à
une marque privée, et au détriment de l’art, montre le mépris de
l’extrême droite pour ses administrés : elle leur prête un désintérêt
pour ces questions de culture et d’art. Le maire Dorian Munoz conforte
ce cliché de classes populaires insensibles à l’art, et s’adresse à leur
prétendue ignorance et manque d’ouverture d’esprit. En réalité, la
culture « légitime » et dominante n’est telle que pour maintenir la
distance entre dominants et dominés, pour que chacun reste à sa place :
le RN confirme et renforce ce statu quo.
Il faut se souvenir ce qu’écrivait, en
1933, le philosophe et militant révolutionnaire Antonio Gramsci. « Si le
contenu populaire est exprimé par les grands artistes, ce sont ceux-là
qui sont préférés [par le peuple] » (Cahiers de prison, 17, § 29), avant de citer la popularité, dès son époque, de Shakespeare, des classiques grecs, Tolstoï, Dostoïevski… lesquels reviennent eux-mêmes à la mode par les réseaux sociaux. N’en déplaise au RN et autres réactionnaires, il n’y a pas de fatalité en matière de goûts culturels et esthétiques.
Comment les maires RN poursuivent la mise au pas de la société
L’autoritarisme est le pendant de la rétractation de la culture. La ligne est simple : couper tout ce qui dépasse, y compris les symboles LGBTI+.
Comme le maire lepéniste de Tarascon qui refuse de prêter une table et
un barnum à une association dont la présidente aurait été « particulièrement critique » envers le RN : aucun autre motif à cette mesquinerie politicienne n’a été avancé.
Toujours à la pointe des sales coups, C.
Barthès, à Carcassonne, non content de persécuter associations et
syndicats, mène aussi la vie dure à la presse locale,
en lui retirant des aides. Ces corps intermédiaires paient, selon le
RN, des années d’opposition à l’extrême droite ; une fois le pouvoir
pris dans la commune, le RN se lâche et se venge.
Même son de cloche à Saint-Avold, ou Hervé Simon interdit la fête populaire de la CGT
locale. Mettre fin aux subventions et aides aux associations et
syndicats est l’un des leviers favoris pour museler l’opposition qui,
soit se dresse ouvertement contre elle, soit a le malheur d’avoir une
autre vision de la société, moins aigrie que celle de Le Pen et
Bardella.
En pleine euphorie après leur victoire
dans leurs communes, les maires RN s’en donnent à cœur joie pour
censurer les oppositions syndicales, politiques et associatives. Leur
rhétorique anti-système et anti-élites cache mal leurs règlements de
comptes politiciens. Par ailleurs, la même saignée pour les associations
était déjà dans le contre budget austéritaire de la maison-mère à
l’automne 2025, ce qui confirme une récente déclaration de la députée RN
Edwige Diaz : tout ce que font les nouveaux édiles du parti est conforme à son programme.
Le chercheur Emmanuel Négrier note, chez
ces nouveaux élus, et contrairement aux maires FN élus en 2014,
l’abandon de toute image dédiabolisée : ils pensent sentir le vent
souffler dans leur dos. Cette attitude inquiète y compris dans les rangs du RN : certains députés craignent que cette image bourrine nuise au candidat ou à la candidate à la présidentielle de 2027.
Mais déjà des faiblesses apparaissent. Les
candidats du RN ont fait campagne, entre autres, sur la baisse des
impôts locaux. Aujourd’hui, les maires élus prennent prétexte d’un
surendettement de leurs communes pour retarder ces cadeaux fiscaux, et «
seulement » une commune met en place une « priorité nationale » pour le
moment. Peut-être les sympathisants lepénistes se rendront compte que
taper sur les « assistés » et les étrangers n’améliorera en rien leur
situation.
Ils regretteront leur suprémacisme si les
nouvelles villes du RN prennent la même direction que les vieux bastions
frontistes. En 12 ans de gouvernance d’extrême droite, Fréjus a vu ses
impôts locaux passer de 147 à 476 euros pour les logements de 50 à
150m². Idem pour Hayange qui, sur la même période a augmenté ses impôts
locaux de 6%. De quoi, à terme, mettre à mal le mythe du RN, qui veut
que la pénurie serait compensée par une préférence nationale raciste et
suprématiste.
Quand une maire RN invite à condamné pour corruption de mineures
L’information a été révélée ce jeudi 21
mai par nos collègues de StreetPress. La mairie RN d’Hénin-Beaumont
prévoit un concert de l’ex-star des années 80 Jean-Luc Lahaye, condamné à
de multiples reprises pour corruption de mineures. Un spectacle qui ne
passe pas pour l’opposition et les féministes. Voilà ce qu’est le RN
lorsqu’il dirige. La solution ? Rejoindre la campagne de Jean-Luc
Mélenchon pour battre les fascistes en 2027.
Hier, les membres de la flottille kidnappée par Israël dans les eaux internationales ont subi des violences et des humiliations du
fasciste Itamar Ben-Gvir et de ses miliciens. Actuellement ministre
israélien de la Sécurité nationale, Ben-Gvir est l’un des principaux
alliés de Benjamin Netanyahu. Avocat et homme politique israélien, il
croit en la suprématie de la loi divine et en celle du peuple juif sur
les autres peuples. Force motrice de la droite et de l’extrême droite
israélienne, « son suprémacisme juif est au cœur de la droite
aujourd’hui, non plus aux franges. Il traverse le Likoud de Netanyahu,
dont l’idéologie s’émousse », juge le philosophe de gauche Assaf Sharon.
Itamar Ben-Gvir a été inculpé plus de 50
fois dans sa jeunesse pour incitation à la violence ou pour des discours
de haine. En 2007, il est condamné pour soutien à un groupe terroriste
et incitation au racisme. Il dit être un grand admirateur de Baruch
Goldstein, auteur du massacre d’Hébron, où près de 30 Palestiniens ont
été tués. Ministre chargé des prisons, il durcit les conditions des
prisonniers palestiniens, déjà largement documentées comme
insoutenables, où règnent violences, menaces et viols. Vent debout
contre le cessez-le-feu signé entre Israël et le Hamas au début de
l’année 2025, il démissionne du gouvernement. Il y est réintégré dans un
contexte de rupture de ce même cessez-le-feu (janvier-mars 2025).
Le 30 mars 2026, Itamar Ben-Gvir a sabré
le champagne à la suite du vote d’une loi qu’il soutient depuis des
années. Cette dernière élargit l’application de la peine de mort en
Israël uniquement à des Palestiniens reconnus coupables d’attaques ou
d’attentats anti-israéliens. En somme, une loi d’apartheid en plus
d’être une loi de peine capitale. Revenons sur le parcours d’un des
ministres les plus dangereux de Benjamin Netanyahu. Portrait.
Itamar Ben-Gvir, plus radical que Netanyahu ?
Ben Gvir est dans le gouvernement de
Benjamin Netanyahu par une alliance électorale. En effet, après un an et
demi dans l’opposition, Netanyahu élargit son parti à d’autres partis
d’extrême droite religieux comme Force Juive, le parti de Ben Gvir.
Cette coalition exerce des politiques très autoritaires de contrôle.
Elle veut notamment modifier le statut du juge ou encore prendre le
contrôle sur la Cour suprême.
Cependant, Ben Gvir est issu d’un parti
radical Kach, qui a été un temps interdit par l’État d’Israël et qui a
été classé comme organisation terroriste. Il en est devenu rapidement le
porte-parole car ses fondateurs étaient en prison. Leur parti est
marqué par une volonté de fonder un État juif et prône l’expulsion hors
de la terre d’Israël les populations arabes. Pour lui, toute concession
territoriale est une trahison. Il lutte donc contre le retrait des
troupes israéliennes dans la bande de Gaza et refuse catégoriquement un
quelconque cessez-le-feu.
Il avait investi dans un immeuble pour y former de jeunes hommes. L’un d’eux explique dans le reportage d’Arte « Israël, les ministres du chaos » : « j’étais très proche de Ben gvir, c’était comme mon grand frère, j’ai longtemps adhéré à ce discours
», mais il a rompu avec cette idéologie et a trouvé refuge en Europe.
Cependant, l’arrivée d’Itamar Ben-Gvir au gouvernement l’a poussé à
prendre la parole pour montrer le danger qu’il représentait. En
conclusion du reportage, on comprend que, pour Ben Gvir, il fallait
lutter contre tous les arabes d’Israël même israéliens.
Le parti Kach, un mouvement violent, de drôles d’idoles
Au début de la première Intifada, en
décembre 1987, il lui est interdit de se représenter. Son parti, Kach,
est banni, puis déclaré groupe terroriste, comme aux États-Unis sa Ligue
de défense juive. Ben Gvir, qui a été membre de ce parti, reste
admiratif de Baruch Goldstein et a même eu pendant des années un
portrait de lui accroché chez lui. Cela montre les aspirations de Ben
Gvir et son projet politique. Il enlève ce portrait en 2021 dans le but
de redorer son image et de pouvoir alors accéder au Parlement. Il dit se
détacher de ces idées même s’il reste en réalité très proche de ces
idées.
Un événement qui marque la violence des
idées du parti Kach est le 25 février 1994. Baruch Goldstein, un colon
israélien d’extrême droite, pénètre dans la mosquée Ibrahimi à Hébron,
en Cisjordanie et allume le feu. Il tue alors 29 Palestiniens et en
blesse une vingtaine. Goldstein est tué lors de cette action, mais
celle-ci est un marqueur de la violence du parti.
Déjà Contre Yitzhak Rabin et un espoir de paix à la fin du 20ᵉ siècle
En 1993, les accords d’Oslo signés entre Yasser Arafat chef de l’OLP, l’Organisation de Libération de la Palestine, ndlr)
et Yitzhak Rabin (Premier ministre israélien) permettent une avancée
vers la paix entre les deux États avec notamment la reconnaissance
mutuelle de l’État d’Israël et de la Palestine. Il y a alors un climat
assez hostile envers le Premier ministre Israélien.
C’est dans ce contexte qu’Itamar Ben Gvir
est remarqué par ses actions alors qu’il n’a que 18 ans. Il participe à «
l’incident du Cadillac » où des militants d’extrême droite opposés aux
accords d’Oslo ont arraché l’emblème de la Cadillac du Premier ministre
Yitzhak Rabin, C’est une action symbolique, car selon lui quand un
responsable politique fait une chose aussi grave, alors, on peut mener
des actions dures envers lui.
« Nous avons eu sa voiture, et nous l’aurons lui aussi »,
lance-t-il aux caméras. Quelques semaines plus tard, Yitzhak Rabin est
assassiné par un extrémiste juif, proche du Likoud, le parti de
Netanyahu. On pense à cette phrase entendue dans le film « Le dernier
jour d’Yitzhak Rabin d’Amos Gitaï », illustrant l’état d’esprit de ces
extrémistes juifs : « D’après la Torah, si un juif livre sa patrie à l’ennemi, il faut le tuer. »
Ben Gvir défend corps et âme la recolonisation de Gaza et l’expulsion des Gazaouis
Itamar Ben-Gvir est nommé ministre de la
Sécurité nationale en décembre 2022. Il incarne très rapidement des
positions très radicales marquant une extrémisation du gouvernement. Dès
janvier 2023, il se rend sur le mont du Temple à Jérusalem, site
emblématique et source de tensions. Cette visite suscite une vive
opposition tant en Israël qu’à l’international. Il applique également
des mesures politiques répressives comme l’interdiction du drapeau
palestinien dans l’espace public et mène une expulsion massive des
Bédouins du Néguev, où ils sont privés des services de base.
Mais son autoritarisme se renforce avec
l’appel à la création d’une « Garde nationale » et de peines lourdes
envers les Palestiniens accusés de terrorisme. Et lors de manifestations
contre la réforme judiciaire, il soutient la forte répression avec
l’usage notamment de grenades assourdissantes.
En janvier 2023, Ben Gvir appelle à la «
recolonisation » du territoire et à l’expulsion des Gazaouis, une
position condamnée par le droit international. Il durcit les conditions
de détention des prisonniers palestiniens. En témoignent notamment
plusieurs ONG présentes sur place. Par exemple, la directrice de l’ONG
israélienne Hamoked indique : « Nous n’avons jamais vu un tel niveau
d’abus. Les prisonniers ne reçoivent pas assez de nourriture. Parmi
ceux que nous avons rencontrés, certains ont perdu 20 kg ».
Une autre ONG Médecins pour les droits
humains, témoigne du manque de soin et de ressources apportées aux
prisonniers. Elle met aussi en avant les nombreux témoignages faisant
état des violences et des menaces, y compris des viols que subissent les
prisonnières palestiniennes.
Ingérences. Les municipales de mars 2026 resteront dans les
annales de la République. Pour la première fois à une telle échelle, un
scrutin local français a été la cible d’une opération d’ingérence
numérique étrangère coordonnée, visant trois candidats de La France
insoumise : Sébastien Delogu à Marseille, François Piquemal à Toulouse,
David Guiraud à Roubaix. Ce 19 mai 2026, Le Canard enchaîné
révèle que le rapport public sur ces ingérences a été caviardé par le
président de la Commission nationale des comptes de campagne et des
financements politiques.
Viginum a identifié l’officine Blackcore, des proches de Benjamin
Nétanyahu et d’anciens agents du renseignement israélien comme auteurs
de l’opération. Reuters, Libération et Haaretz
en ont confirmé les ramifications. La conférence de presse du 20 mai à
Paris, réunissant Piquemal, Delogu et leurs avocats, marque désormais
l’entrée de cette affaire pour ce qu’elle est, un scandale d’État. Notre
article
L’opération : trois candidats, trois villes, un même commanditaire
Le 10 mars 2026, Viginum publie sa première alerte : plusieurs sites
et comptes sur les réseaux sociaux, « présentant des caractéristiques
d’inauthenticité », ciblent des candidats LFI aux municipales. Le 9
mars, Le Monde avait déjà documenté le dispositif : un faux
média local toulousain dénigrant François Piquemal, un « Blog de Sophie »
visant Sébastien Delogu à Marseille, et un troisième site, intitulé «
L’alternative 2026 », se présentant frauduleusement comme une consigne
de vote islamiste favorable aux candidats insoumis.
Les trois sites partagent le même thème WordPress, des images
générées par intelligence artificielle via Gemini, et des noms de
domaine enregistrés auprès du même fournisseur situé aux Bahamas. Un
cluster de faux comptes amplificateurs, dont une partie localisée en
Asie, a relayé ces contenus. À Marseille, l’opération prend aussi une
dimension physique : des affiches dotées de QR codes renvoyant au « Blog
de Sophie » sont placardées dans les rues de la ville, mêlant
désinformation analogique et numérique.
Le 20 mars, une deuxième alerte Viginum signale qu’une nouvelle
opération vise David Guiraud à Roubaix, arrivé largement en tête du
premier tour avec 46,64 % des voix. Deux pages Facebook aux contenus
falsifiés, présentant des « marqueurs techniques étrangers », diffusent
des accusations contre le député du Nord avant le second tour.
Les trois candidats ciblés, Delogu, Piquemal et Guiraud, partagent un
profil commun : ce sont des figures de proue de l’opposition aux
opérations militaires israéliennes à Gaza. Jean-Luc Mélenchon déclare
sur X : « Les services de renseignement de notre pays soupçonnent
l’entreprise israélienne BlackCore d’ingérences contre nous pendant la
campagne municipale. Trois candidats LFI ont été visés : Sébastien
Delogu, François Piquemal et David Guiraud. Résultat : des milliers de
messages diffusés pour mentir, les traîner dans la boue. Nous demandons
au gouvernement une loi permettant de combattre les ingérences
étrangères. »
Le 19 mars à Toulouse : le traquenard de la cérémonie Merah
Dans ce contexte saturé d’opérations numériques, la journée du 19
mars 2026 constitue un moment à part. Ce jour-là, square
Charles-de-Gaulle, à deux pas du Capitole, Toulouse commémore comme
chaque année les sept victimes des attentats terroristes islamistes du
19 mars 2012 : Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf, Mohamed Legouad, Jonathan
Sandler, ses fils Gabriel et Arié, et Myriam Monsonégo. Une cérémonie
de mémoire et de recueillement républicain. Cette année, elle se
transforme en séquence de violence.
À peine François Piquemal, candidat LFI en campagne pour le second
tour prévu le 22 mars, s’avance-t-il pour déposer une gerbe aux côtés
des députés insoumis Hadrien Clouet et Anne Stambach-Terrenoir que les
insultes fusent : « Dehors, LFI ! », « Antijuif ! », « Vous n’avez rien à faire ici, honte à vous, le parti de l’islamisme !
». Le candidat et ses colistiers sont menacés de mort. Un ancien élève
du collège-lycée Ozar Hatorah présent aux côtés de la délégation de
gauche est lui aussi menacé de mort. Des insultes homophobes et des
menaces de viol sont proférées. C’est « la première fois que ça se passe comme ça », confirme à l’AFP l’attachée de presse de François Piquemal, Inès Djelida.
Ce qui s’est passé en coulisses aggrave les soupçons. Le protocole de
la cérémonie avait été modifié cette année pour isoler physiquement les
élus de gauche. Quand Piquemal et ses collègues s’avancent pour le
dépôt de gerbe, plusieurs adjoints au maire de Toulouse (Nicole Yaderni,
Cécile Dufraisse, Bertrand Serp) ainsi que le président du CESER
Jean-Louis Chauzy leur tournent ostensiblement le dos. Jean-Luc Moudenc,
maire sortant et organisateur de la cérémonie, n’intervient pas pour
rétablir le calme. « Rien n’empêchait Jean-Luc Moudenc, dès les
premiers sifflets, de prendre le micro, d’appeler au calme et à la
dignité : il ne l’a pas fait », dénonce François Briançon,
colistier socialiste de Piquemal, contraint de quitter les lieux sous
escorte de la police municipale, le visage marqué.
François Piquemal parle d’un « traquenard ». Le SNJ de France Télévisions, dans un communiqué du 21 avril, estime que l’événement « a été instrumentalisé pour en faire un traquenard politique prémédité et organisé
» et exige que France Télévisions s’explique sur son traitement de
l’information après le 19 mars. Piquemal, Clouet et Stambach-Terrenoir
déposent plainte. Cette cérémonie se tient quatre jours après le premier
tour, au cœur d’une campagne de l’entre-deux-tours rendue explosive par
deux semaines de faux sites, de faux comptes et de dénigrement
numérique coordonné.
Blackcore, Galacticos, SNI Digital : les rouages d’une officine de guerre informationnelle
L’enquête publiée par Libération en partenariat avec le journal israélien Haaretz,
et confirmée par une source informée du dossier auprès de l’AFP, permet
de nommer les structures impliquées. Viginum a identifié l’officine
Blackcore, liée à des proches de Benyamin Netanyahou et à d’anciens
membres des services de renseignement israéliens, comme étant à
l’origine de l’opération.
Blackcore se présente comme une « entreprise d’élite spécialisée
dans l’influence, le cyber et les technologies, conçue pour l’ère
moderne de la guerre de l’information ». Son site Internet est
désormais hors ligne. Son nom de domaine n’a été enregistré qu’en août
2025, mais elle se prévaut de quinze ans d’expérience. Elle ne figure
pas dans le registre israélien des entreprises. Libération et Haaretz,
en étudiant les sous-domaines Internet liés à Blackcore, les font
remonter vers deux sociétés israéliennes : Galacticos Ltd. et SNI
Digital, toutes deux placées sous la direction du même homme, Doron
Afik.
Cette entité n’est cependant que « la porte d’entrée d’une entreprise beaucoup plus complexe
», selon une source sécuritaire citée par l’AFP. L’écosystème de faux
comptes amplificateurs utilisé pour diffuser les attaques est par
ailleurs lié au lobby pro-israélien Elnet, enregistré en France et en
Europe, dont le directeur exécutif parisien est Arié Bensemhoun. Ce
cluster de comptes « a, par le passé, rendu visible des publications d’Elnet sur les réseaux sociaux », selon l’enquête initiale du Monde.
François Piquemal note : « Ce n’est pas la première fois que l’on
a des menaces, du harcèlement en ligne de la part d’officines d’extrême
droite israélienne ». Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, cite les responsables et exige des comptes des autorités : « Si,
comme l’envisage l’enquête du Monde, le gouvernement israélien est à
l’initiative de cette opération, les autorités françaises doivent
condamner cette ingérence. Les élections ne sont pas un terrain de jeu
pour les agents des gouvernements étrangers, ni pour les barbouzes et
autres agences d’influence ».
21 mars, veille du second tour : la publicité illégale en pleine période de réserve
L’opération atteint son paroxysme le 21 mars 2026, veille du second
tour toulousain, en pleine période de réserve électorale. Des encarts
publicitaires mensongers, associant François Piquemal à la mouvance
islamiste, sont diffusés pendant plusieurs heures sur le site de La Dépêche du Midi,
mais aussi sur les applications Vinted, Candy Crush, et sur un site de
paris en ligne. Ces publications violent le code électoral, qui interdit
toute communication à caractère électoral la veille d’un scrutin.
La Dépêche du Midi, précisant qu’elle avait confié la gestion de ses espaces publicitaires à une régie tierce, dénonce une « publication haineuse qui nuit au bon déroulement de la démocratie
» et dépose plainte. Viginum est alerté. Une enquête judiciaire pour
diffamation est ouverte. François Piquemal dépose plainte sur le
fondement du code électoral.
Le lendemain, le 22 mars, Jean-Luc Moudenc est réélu avec 53,87 % des
voix contre 46,13 % pour la liste d’union de la gauche. Le 28 mars, les
avocats de François Piquemal (Marion Ogier, Clara Gandin, Lionel Crusoé
et Xavier Sauvignet) déposent un recours en annulation devant le
tribunal administratif. Leur communiqué l’affirme : « Pour la
première fois à une telle échelle, les élections municipales en France
ont été marquées par des ingérences numériques étrangères, documentées
par le nouvellement créé Réseau de coordination et de protection des
élections ».
Le rapport caviardé : quand le gouvernement étouffe les alertesde ses propres services
La révélation du Canard enchaîné du 19 mai 2026 fait
franchir à l’affaire un nouveau seuil. Selon l’hebdomadaire, le rapport
public sur les ingérences israéliennes a été caviardé par le Président
de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements
politiques (CNCCFP). François Piquemal l’annonce sur Twitter à 18h12 : «
Nouvelles révélations aujourd’hui : selon Le Canard enchaîné, le
rapport public sur les ingérences israéliennes a été caviardé par le
Président de la Commission Nationale des Comptes de Campagne et des
financements politiques ».
Il ne s’agit plus seulement d’une opération étrangère contre des élus
français. Un responsable d’une institution indépendante de la
République aurait délibérément amputé un rapport officiel pour en
effacer les conclusions les plus compromettantes. Clémence Guette,
députée LFI, formule la question que la démocratie impose : « Rappelons
que dans cette affaire, Viginum a déjà identifié la société Blackcore,
des proches de Netanyahou, et des anciens membres des renseignements
israéliens comme à l’origine de l’attaque. Pourquoi cette omerta ?
Pourquoi tenter d’étouffer cette affaire ? »
Un arsenal législatif sous-dimensionné face à une menace systémiquequi va croître
La loi du 25 juin 2024, issue de la proposition de Sacha Houlié
(Renaissance), votée sans La France insoumise, crée un registre des
représentants d’intérêts étrangers tenu par la HATVP. Ses lacunes sont
aujourd’hui mesurables à l’aune des faits : elle ne couvre ni les
sociétés de conseil en influence numérique comme Blackcore, ni les
lobbies de type Elnet, ni les prestataires de campagnes coordonnées.
Loin de l’ambition du Foreign Agents Registration Act américain de 1938,
elle ne prévoit aucune obligation d’enregistrement pour les acteurs qui
ont opéré contre les candidats insoumis.
Viginum dispose de 60 personnels effectifs pour 2026, après une
rallonge obtenue en cours d’exercice, alors que l’objectif de 65 ETPT
(équivalent temps plein annuel travaillé) inscrit dans la loi de
programmation militaire n’est toujours pas atteint. Le rapport
sénatorial sur le PLF 2025 jugeait cette stagnation « inquiétante
alors que les manipulations de l’information continuent de croître
quantitativement et qualitativement du fait également de l’intelligence
artificielle ». À l’échelle européenne, la première amende DSA
infligée à Twiter par la Commission européenne, 120 millions d’euros le 5
décembre 2025, n’a pas empêché le réseau de servir de caisse de
résonance aux opérations d’amplification liées à Elnet.
Les exigences insoumises : restaurer la souveraineté du scrutin, protéger la démocratie
La conférence de presse du 20 mai
place sur l’agenda de la présidentielle 2027 ce sujet. La France
insoumise l’affirme avec fermeté : aucun compromis ne sera acceptable
avec les puissances qui tentent de dicter les élections. La transparence
doit remplacer le secret d’État utilisé comme paravent de l’impunité.
Les services chargés de défendre la démocratie doivent être indépendants
du gouvernement et placés sous contrôle démocratique. Les agents
étrangers d’influence doivent être nommés, enregistrés, sanctionnés.
François Piquemal l’a rappelé lors d’une question orale au gouvernement
ce mercredi 20 mai : « Que fait le gouvernement ? Allez-vous convoquer
l’ambassadeur israélien pour demander des explications ? Allez-vous
déposer un projet de loi pour assurer notre souveraineté démocratique ? »
Les institutions qui caviardent les rapports d’ingérence doivent
rendre des comptes. Les ingérences documentées exigent une riposte
diplomatique immédiate, sans calcul politicien. Les mots de Clémence
Guette valent programme : « Demande est faite de vérité et de
justice. Il est demandé que toutes les mesures soient prises contre les
ingérences étrangères. Aucune exception. »
2027 : garantir l’intégrité du scrutin présidentiel
L’affaire Delogu-Piquemal-Guiraud a dépassé l’histoire de trois élus
pris pour cibles. Elle est le laboratoire grandeur nature des menaces
qui pèsent sur le scrutin présidentiel de 2027, moins de dix mois après
les révélations du 19 mai 2026.
La question n’est plus académique. Elle est opérationnelle : comment
la France peut-elle garantir que les urnes de 2027 ne seront pas
contaminées par des opérations de désinformation coordonnées, des faux
sites d’information, des comptes inauthentiques amplificateurs, des
publicités illégales et des ingérences géopolitiques visant à modifier
le comportement électoral ?
Le scrutin présidentiel de 2027 sera le premier test grandeur réelle
d’une démocratie libérale face à l’arsenal numérique de puissances
étrangères. La République française doit y répondre non par la censure
ou la répression, mais par la transparence, la traçabilité, la
responsabilité et la poursuite des auteurs. Trois candidats LFI ont
porté plainte, des journaux internationaux ont enquêté, Le Canard enchaîné
a révélé un caviardage institutionnel. La balle est dans le camp de
l’État. La question posée est aussi simple que fondamentale : un
gouvernement qui caviarde ses propres rapports d’ingérence étrangère
est-il capable de défendre la souveraineté du peuple lors du scrutin qui
le jugera ?
Pour en savoir plus, retrouvez la conférence de presse retransmise
sur YouTube de ce mercredi 20 mai :
https://www.youtube.com/watch?v=2FEF_RVpO9A&feature=youtu.be
Le pouvoir macroniste souhaiterait cacher un rapport édifiant sur les
ingérences israéliennes contre LFI ? Les dernières révélations à ce
sujet du Canard enchaîné sont tout bonnement invraisemblables.
Le 5 mai dernier, une réunion des membres du Réseau de coordination et
de protection des élections devait valider la publication de son premier
rapport public, traitant notamment des ingérences étrangères lors des
dernières municipales. Pendant cette réunion, « Christian Charpy, le
président de la Commission nationale des comptes de campagne et des
financements politiques − a exigé que des passages entiers soient
caviardés », selon le journal. Un charcutage d’un rapport… « par peur de servir de tremplin à LFI ». Rien que ça !
Pendant les élections municipales,
3 candidats LFI ont en effet été visés par des campagnes de diffamation
violentes : Sébastien Delogu à Marseille, François Piquemal à Toulouse
et David Guiraud à Roubaix. Résultat : des milliers de messages diffusés
par des faux comptes sur les réseaux sociaux pour mentir, les traîner
dans la boue. Dans le viseur des autorités françaises : l’entreprise
israélienne BlackCore. Parmi les profils gravitant autour de BlackCore,
on trouve un proche du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
Mais parce que LFI serait la première victime de ces ingérences, il ne
faudrait pas faire trop de bruit à ce sujet selon certains ?
Face aux premières révélations du Canard enchainé,
Jean-Luc Mélenchon avait solennellement demandé au camp présidentiel un
projet de loi afin de combattre ces ingérences étrangères. Les
dernières et édifiantes révélations du palmipède posent plusieurs
questions. Pourquoi organiser une telle omerta au plus haut sommet de
l’État ? Les macronistes sont-ils prêts à laisser la France, portes et
fenêtres ouvertes à toutes les ingérences, par « peur de servir de tremplin à LFI
» ? Les ministres du gouvernement et surtout le premier d’entre eux,
vont-ils dénoncer les comportements de membres de leur administration,
prêts à accepter des atteintes à la démocratie comme celles-ci ?
Par Nadim Février
« Le rapport qui démontre des
ingérences israéliennes contre LFI existe. Il a été présenté à huis clos
le 5 mai. […] Pourquoi cette omerta ? Pourquoi tenter d’étouffer cette
affaire ? » – Clémence Guetté
Mélenchon/blocage des prix. Alors que les prix des
carburants atteignent des records, Sébastien Lecornu prévoit d’annoncer
jeudi 21 mai 2026 de nouvelles aides « ciblées ». Un nouvel écran de fumée qui se profile. Les équipes autour du Premier ministre le disent elles-mêmes en déclarant que « ce
nouveau paquet s’inscrit dans la continuité de l’action menée depuis le
début du conflit pour protéger les Français et les secteurs économiques
les plus touchés des effets de la hausse des prix du pétrole et des
produits dérivés ».
Le PDG de Total, Patrick Pouyanné – l’ami de Marine Le Pen et
d’Emmanuel Macron – peut dormir sur ses deux oreilles. Le gouvernement
n’entend en aucune façon mettre en place un blocage des prix en
réduisant les marges des multinationales, à commencer par Total et ses
5,8 milliards de dollars de bénéfices réalisés en un trimestre, sur le
dos du peuple. Le blocage des prix, proposition avancée par le candidat
Jean-Luc Mélenchon, a déjà pourtant été appliqué en France en 1989, 1990
et 2020.
Il est aussi devenu une réalité dans de nombreux pays comme la Grèce,
la Croatie et la Corée du Sud. Pour les conducteurs, c’est une mesure
plébiscitée car elle permettrait une baisse immédiate du prix de
l’essence à 1,70 euro. L’Insoumission relaie ici le témoignage
de citoyennes et de citoyens dont le salaire est volé par la spéculation
des multinationales, et leur conviction que le blocage des prix défendu
par Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise est la solution qui
s’impose pour faire face à l’urgence. Notre article.
« Il faut absolument bloquer
les prix de l’essence. C’est intolérable que Total s’enrichisse sur le
dos des travailleurs et des travailleuses ! »
Depuis plusieurs semaines, les équipes de l’Insoumission sillonnent
le pays pour recueillir les témoignages de celles et ceux directement
frappés par l’explosion des prix du carburant. Partout en France, les
personnes rencontrées s’indignent de voir leurs salaires volés par la
spéculation sauvage des multinationales de l’énergie qui vont jusqu’à
répercuter à l’avance des hausses de prix anticipées pour le futur.
« Ma compagne fait 90 km de route par jour pour aller au travail,
pour gagner le SMIC toute sa vie. Il faut absolument bloquer les prix
de l’essence. C’est intolérable que Total s’enrichisse sur le dos des
travailleurs et des travailleuses », dénonce par exemple un habitant de Laval au micro de L’Insoumission.
Même son de cloche à Clermont-Ferrand où une mère de trois enfants
pointe clairement la responsabilité des multinationales du pétrole dans
ses difficultés quotidiennes : « Avec l’augmentation des prix de
l’essence, on se prive encore plus qu’avant et Macron ne fait rien, il
laisse faire comme d’habitude. Pendant ce temps-là, Total et les autres
se gavent et ils profitent. Ils nous volent notre salaire, tout
simplement. » Pour rappel, TotalEnergies a vu ses profits augmenter
de 51 % au premier trimestre 2026 par rapport à l’année dernière : des
profits de guerre, ni plus, ni moins.
« On doit choisir entre manger et conduire… Mélenchon a raison de vouloir bloquer les prix. Vivement 2027 ! »
Pour faire face à l’urgence, Jean-Luc Mélenchon et la France
insoumise défendent une solution claire : bloquer les prix pour stopper
la spéculation entretenue par les multinationales, le gouvernement et
ses soutiens.
Déjà appliquée en France en 1989, 1990 et 2020, cette solution est
déjà à l’œuvre dans de nombreux pays dont la Grèce, la Croatie et la
Corée du Sud. Elle permettrait, par exemple, de baisser immédiatement le
prix de l’essence à 1,70 € le litre en prenant directement sur les
marges et les dividendes indécents des groupes pétroliers, plutôt qu’en
imputant leur avidité aux caisses de l’État par la distribution
ponctuelle de « chèques énergie ».
Cette solution est par ailleurs largement plébiscitée dans le pays, comme à Dijon où Christine confie à L’Insoumission qu’elle adhère « totalement au programme de Jean-Luc Mélenchon notamment pour le blocage des prix et pour la paix. ».
Des témoignages similaires ont été récoltés à Chambéry où un automobiliste, s’inquiétant de devoir « choisir entre manger et conduire », déclare que « Mélenchon a raison de vouloir bloquer les prix ».
Même constat de la part d’un jeune Marseillais rencontré par L’Insoumission, pour qui « Jean-Luc
Mélenchon est le candidat le plus armé pour affronter les défis à
venir. Il pourra réduire le chômage et la pauvreté. C’est le candidat le
plus antiraciste et le plus à même de pouvoir augmenter le pouvoir
d’achat. ».
« La grande leçon du moment est
qu’il faut sortir au plus vite de la civilisation du pétrole dont les
USA sont le centre au péril de toute l’humanité » – Jean-Luc Mélenchon .
Le blocage des prix défendu par Jean-Luc Mélenchon et la France
insoumise est une mesure nécessaire, mise en œuvre à plusieurs reprises
en France et dans le monde, et défendue par de nombreux économistes pour
faire face à la spéculation prédatrice des multinationales du pétrole.
Cela, bien sûr, il est difficile de le faire entendre à celles et ceux, du Parti socialiste au Rassemblement national, qui bénéficient directement de la spéculation en tant qu’actionnaires amenés
à percevoir des dividendes, ou à Marine Tondelier qui se perd à
reprendre les plus grotesques arguments du patronat dans le seul but de
s’opposer à la France insoumise.
Pour autant, le blocage des prix ne pourra être qu’une mesure d’urgence. Ainsi que l’ont martelé de nombreux citoyens rencontrés par L’Insoumission,
la hausse des salaires et une plus juste répartition des richesses
s’imposent pour faire face à la crise. Concernant le cas de
TotalEnergies, entreprise parasite parmi les parasites qui ponctionne
les salaires des travailleuses et des travailleurs sans payer aucun impôt sur les sociétés, sa nationalisation serait rentable dès la première année.
Mais plus largement et ainsi que l’a rappelé Jean-Luc Mélenchon dans une récente interview à la Tribune Dimanche, « la
grande leçon du moment est qu’il faut sortir au plus vite de la
civilisation du pétrole dont les USA sont le centre au péril de toute
l’humanité. » À cette tâche s’attellera sans attendre un pouvoir insoumis en 2027.
Pendant plusieurs mois, la commission d’enquête parlementaire sur la
prédation des capacités productives françaises par les fonds
spéculatifs, a tenté de documenter un phénomène encore peu débattu
publiquement : la prise de contrôle croissante d’entreprises françaises
par des fonds financiers spécialisés dans les opérations de rachat.
Initiée par Aurélie Trouvé,
cette commission constitue une première. Jusqu’ici, aucune mission
parlementaire n’avait étudié de manière approfondie le rôle de ces fonds
dans l’évolution du tissu industriel français, leurs méthodes de
financement, leurs stratégies de rentabilité ou leurs conséquences sur
l’emploi et la souveraineté économique.
Au fil des auditions, un constat s’est progressivement imposé : une
part importante de l’économie française est désormais détenue par des
acteurs financiers dont les logiques diffèrent fortement de celles de
l’investissement industriel traditionnel. Selon plusieurs estimations
évoquées durant les travaux, entre 10 % et 15 % de la production
française seraient aujourd’hui sous le contrôle de fonds
d’investissement. Cette présence dépasse largement le seul secteur
industriel. Les auditions ont montré que ces fonds sont désormais actifs
dans des domaines très variés : sidérurgie, chimie, automobile,
aéronautique, numérique, santé, maisons de retraite, laboratoires
médicaux ou encore crèches privées.
Parmi les entreprises mentionnées lors des travaux figurent notamment
Novasco, Valdunes, Polytechnyl, Walor, Latécoère, Ingenico, Atos,
Biogaran ou Seqens. Plusieurs groupes liés au secteur du soin, comme
Colisée ou Cerba, ont également été cités. Derrière ces opérations
apparaissent régulièrement de grands acteurs internationaux du
capital-investissement comme Apollo Global Management, KKR, Blackstone,
EQT, Mutares ou encore Ardian. Ces acteurs gèrent des centaines de
milliards d’euros d’actifs et fonctionnent selon une logique très
différente de celle d’un actionnariat industriel classique. Leur
objectif principal est généralement de garantir à leurs investisseurs
des rendements élevés (environ 15 %) sur une période relativement
courte, souvent de cinq à sept ans. Notre article.
« LBO » : comment les fonds
prennent le contrôle sur des entreprises détenant peu de capitaux… en
faisant porter l’essentiel du coût du rachat sur l’entreprise elle-même !
L’un des apports centraux de la commission a été de rendre plus
compréhensibles des mécanismes financiers souvent peu connus du grand
public. Le principal outil utilisé dans ces opérations est le LBO, pour «
leveraged buy-out » ou rachat avec effet de levier. Concrètement, un
fonds rachète une entreprise en recourant massivement à l’endettement.
Mais cette dette n’est généralement pas supportée directement par le
fonds : elle est transférée à l’entreprise rachetée, qui doit ensuite
rembourser les emprunts contractés pour son propre achat.
Autrement dit, une entreprise peut se retrouver fortement endettée,
non pas parce qu’elle a investi dans de nouveaux outils de production ou
développé son activité, mais simplement parce qu’elle a été achetée par
un fonds. Ce mécanisme permet surtout aux fonds d’investissement de
prendre le contrôle d’entreprises avec peu de capitaux propres, en
faisant porter l’essentiel du coût du rachat sur l’entreprise elle-même.
Souvent très endettées après l’opération, ces sociétés se retrouvent
soumises à une forte pression financière, avec des exigences de
rentabilité élevées qui se traduisent par des suppressions d’emplois,
des réductions d’investissements ou des ventes d’actifs.
En effet, les auditions ont mis en évidence plusieurs pratiques
récurrentes associées à ces opérations : versements de dividendes
importants, facturation de frais de conseil par les fonds eux-mêmes,
vente d’actifs immobiliers, réduction des coûts, restructurations ou
suppressions d’emplois. Ainsi, les capacités d’investissement industriel
avaient été affaiblies au profit d’objectifs financiers de court terme.
En effet, ces stratégies reposent sur une logique d’extraction rapide
de valeur plutôt que sur une stratégie industrielle de long terme.
Le cas de Novasco est frappant. Cet aciériste spécialisé dans l’acier
bas carbone avait été repris en 2024 par le fonds britannique Greybull
Capital, qui promettait plusieurs dizaines de millions d’euros
d’investissements afin de moderniser les sites et de pérenniser
l’activité. Quelques mois plus tard, la situation s’était fortement
dégradée : trois sites sur quatre étaient menacés de fermeture et
plusieurs centaines d’emplois supprimés.
D’autres dossiers, comme Polytechnyl ou Valdunes, ont alimenté les
interrogations des parlementaires sur la capacité de l’État à protéger
certaines activités industrielles stratégiques. Ces affaires ont
également mis en lumière les conséquences sociales très concrètes de ces
restructurations : pertes d’emplois, disparition de savoir-faire
industriels, fragilisation de bassins économiques entiers et dépendance
accrue aux importations.
Car plusieurs des entreprises concernées jouent un rôle important
dans des secteurs sensibles. Atos intervient dans des infrastructures
numériques critiques de l’État français. Biogaran représente une part
significative de la production française de médicaments génériques.
Certaines entreprises liées à l’armement, à la métallurgie ou à la
chimie stratégique ont également été évoquées au cours des auditions. La
commission s’est donc intéressée non seulement aux conséquences
économiques de ces opérations, mais aussi à leurs implications en
matière de souveraineté industrielle et technologique.
Les travaux parlementaires ont aussi porté sur le rôle des pouvoirs
publics dans ces transformations. Plusieurs auditions ont mis en lumière
les critiques adressées à Bercy, accusé par certains intervenants
d’avoir privilégié des solutions financières faute de stratégie
industrielle de long terme. La question du rôle de Bpifrance a également
été débattue, notamment concernant certains cofinancements réalisés
avec des fonds d’investissement privés.
Les tribunaux de commerce ont eux aussi été évoqués lors des
auditions, plusieurs observateurs estimant que les procédures de reprise
favorisent parfois davantage les offres financières que les projets
industriels de long terme. Les auditions ont également permis de mettre
en lumière les nombreuses passerelles existant entre haute
administration, monde politique et finance d’investissement, plusieurs
anciens responsables publics ayant rejoint des fonds ou des structures
de conseil liées à ces milieux (parmi eux, François Fillon, Nathalie
Kosciusko-Morizet ou encore Cédric O).
Par ailleurs, il faut replacer cette évolution dans un contexte plus
large de transformation de la finance mondiale depuis la crise de 2008.
Une partie croissante des activités de financement ne passe plus
aujourd’hui par les banques traditionnelles mais par ce que les
économistes appellent le « shadow banking », ou finance de l’ombre. Ce
terme désigne l’ensemble des acteurs financiers qui réalisent des
activités proches de celles des banques (prêts, refinancement, gestion
de dette) sans être soumis aux mêmes obligations réglementaires.
Après la crise des subprimes, les banques ont été davantage encadrées
afin de limiter les risques systémiques. Mais une partie des activités
risquées s’est progressivement déplacée vers des fonds d’investissement,
des fonds de dette ou des véhicules financiers beaucoup moins régulés.
Dans ce cadre, le « private credit » ou crédit privé connaît une
croissance particulièrement rapide. Il s’agit de prêts accordés
directement par des fonds d’investissement à des entreprises, souvent en
échange de taux d’intérêt plus élevés que dans le système bancaire
classique. Ce marché mondial représente aujourd’hui plusieurs milliers
de milliards de dollars et continue de croître fortement. Pour les
entreprises, ce type de financement peut apparaître attractif car il
permet d’obtenir rapidement des liquidités, notamment lorsque les
banques deviennent plus prudentes.
Mais ce système soulève aussi plusieurs inquiétudes. D’abord parce
que ces prêts sont moins transparents et moins régulés que les prêts
bancaires traditionnels. Ensuite parce qu’ils concernent parfois des
entreprises déjà très endettées ou fragiles économiquement. Enfin parce
que les fonds eux-mêmes utilisent souvent un fort levier d’endettement
pour financer leurs opérations.
Plusieurs responsables financiers internationaux alertent désormais
sur les risques systémiques liés au développement rapide du crédit
privé. Le patron de JP Morgan, Jamie Dimon, a récemment estimé que les
pertes dans ce secteur pourraient être « plus importantes que prévu ».
Des agences de notation comme Fitch ont également relevé une hausse des
défauts de paiement parmi les entreprises financées par le private
credit. Ces tensions commencent déjà à apparaître concrètement.
Aux États-Unis, plusieurs grands fonds ont dû faire face à des
demandes massives de retraits de la part des investisseurs. Certains ont
enregistré des demandes de remboursement dépassant largement les
plafonds prévus, révélant la fragilité d’un système où une partie
importante des actifs est difficilement revendable rapidement.
Tant que les taux restent faibles et que l’économie continue de
croître, ces montages peuvent sembler rentables. Mais dans un contexte
de ralentissement économique, de hausse des taux d’intérêt ou de
faillites en chaîne, toute la mécanique peut devenir extrêmement
fragile. Des entreprises déjà très endettées peuvent rapidement se
retrouver incapables de rembourser leurs prêts, ce qui fragilise à son
tour les fonds qui les financent. Certains observateurs redoutent ainsi
que cette finance de l’ombre puisse jouer un rôle majeur dans une future
crise financière mondiale, comme les subprimes avaient pu le faire
avant 2008.
À l’issue de ses travaux, la commission a ouvert plusieurs pistes de
réflexion : encadrement plus strict des LBO, régulation accrue du «
shadow banking », interdiction de ces fonds dans les secteurs
stratégiques, ou encore évolution du rôle de Bpifrance pour construire
une grande banque publique pour l’économie des besoins sous contrôle
démocratique.
Au-delà des désaccords politiques, cette enquête parlementaire aura
surtout permis de rendre plus visibles des mécanismes financiers
complexes qui jouent désormais un rôle majeur dans l’organisation de
l’économie française, tout en posant des questions de plus en plus
centrales sur l’avenir de l’industrie, de l’emploi et de la souveraineté
économique.
Alors que l’Eurovision Song Contest 2026 s’ouvre à Vienne, l’Europe
se fracture. Et une question devient impossible à esquiver : comment un
concours prétendant célébrer la paix, l’unité et la fraternité peut-il
continuer d’offrir une tribune internationale à Israël alors même que
les institutions internationales alertent depuis des mois sur des crimes
de guerre, des crimes contre l’humanité et un génocide à Gaza ?
Depuis octobre 2023, les bombardements israéliens ont fait des
dizaines de milliers de morts palestiniens. La destruction systématique
des infrastructures civiles, les déplacements forcés, le blocus
humanitaire, la famine organisée et les attaques contre les journalistes
et les soignants sont désormais largement documentés. La Cour
internationale de justice a ordonné à plusieurs reprises des mesures
conservatoires contre Israël. La Cour pénale internationale a maintenu
des mandats visant des dirigeants israéliens. Des ONG comme Amnesty
International ou Human Rights Watch parlent désormais ouvertement de
crimes contre l’humanité et de génocide.
Et pourtant, Israël est toujours là. Sous les projecteurs. Comme si de rien n’était. « Au-delà
du retrait de leur participation en protestation contre la présence
d’Israël, l’Irlande, l’Espagne et la Slovénie ne diffuseront pas
l’Eurovision. Le boycott d’un concours qui continue de dérouler le tapis
rouge à Israël doit être massif », a déclaré l’eurodéputée LFI Rima Hassan. Notre article.
L’argument de la « neutralité culturelle » ne tient plus : l’Eurovision n’a jamais été apolitique
En février 2022, quelques jours seulement après l’invasion de
l’Ukraine, l’Union européenne de radio-télévision annonçait l’exclusion
immédiate de la Russie au nom des « valeurs » du concours. Quatre ans
plus tard, malgré les alertes répétées de la Cour internationale de
justice, les mandats de la CPI et les accusations visant Israël, ces
mêmes valeurs semblent soudain devenues facultatives.
Contrairement à l’image d’un simple concours musical, l’Eurovision
fonctionne comme une véritable institution diplomatique audiovisuelle.
Chaque pays y est représenté par sa télévision publique, membre de
l’Union européenne de radio-télévision (UER), une organisation qui
décide des participations, des sanctions ou des exclusions. Loin d’être
neutre, le concours est depuis longtemps un espace d’influence
culturelle, médiatique et diplomatique.
Avec près de 170 millions de téléspectateurs dans le monde,
l’Eurovision constitue l’une des plus grandes vitrines médiatiques
internationales. C’est précisément ce qui en fait aujourd’hui un outil
de « soft power » et de blanchiment politique particulièrement
stratégique pour le gouvernement israélien. De plus en plus de pays
européens refusent désormais cette hypocrisie. L’Espagne, l’Irlande, la
Slovénie, l’Islande et les Pays-Bas ont décidé de boycotter l’édition
2026 après le refus de l’UER d’exclure Israël. Certains diffuseurs
publics ont même choisi de ne plus retransmettre le concours.
En Slovénie, la télévision publique RTV a préféré remplacer
l’Eurovision par une programmation spéciale consacrée aux œuvres et
documentaires palestiniens. Un choix hautement symbolique, qui dit
beaucoup du malaise européen face à la banalisation des crimes et du
génocide commis à Gaza. En Irlande, la chaîne publique RTÉ a également
renoncé à diffuser le concours, dénonçant une situation devenue
moralement indéfendable. Même en Islande, pays historiquement attaché à
l’Eurovision, le directeur de la télévision publique RÚV a déclaré qu’il
n’y avait « ni paix ni joie » possibles dans ces conditions.
Des centaines d’artistes et personnalités dénoncent désormais un
véritable « art-washing » : l’utilisation de l’Eurovision comme
opération de communication destinée à blanchir l’image internationale
d’Israël pendant la destruction de Gaza.
Et les révélations du New York Times publiées cette semaine
confirment l’ampleur de cette instrumentalisation politique. Selon une
longue enquête du quotidien américain, le gouvernement de Benjamin
Netanyahu aurait mené depuis plusieurs années une stratégie assumée de «
soft power » autour de l’Eurovision afin d’améliorer l’image d’Israël à
l’international. Diplomates mobilisés, campagnes massives sur les
réseaux sociaux, dépenses publicitaires financées par les services de
propagande gouvernementaux : tout aurait été mis en œuvre pour
influencer les votes et transformer le concours en vitrine politique.
Le journal révèle notamment que des responsables israéliens ont
contacté plusieurs diffuseurs européens afin d’empêcher un boycott et
maintenir Israël dans la compétition. Des campagnes appelant à voter
jusqu’à dix ou vingt fois pour les candidats israéliens auraient été
relayées directement par des responsables gouvernementaux. Cette
affaire révèle surtout l’effondrement d’un mythe longtemps entretenu par
les institutions européennes : celui d’une culture prétendument «
neutre », séparée du politique. Mais aujourd’hui, ce vernis craque sous
le poids des images venues de Gaza. Car il devient impossible de
célébrer la paix tout en normalisant la destruction d’un peuple sous les
caméras du monde entier.
Pendant que Gaza et le Liban
brûlent, l’Eurovision devient un outil diplomatique au service d’un État
accusé des pires violations du droit international
Face à cela, que fait la France ? Rien. Ou plutôt pire : il y a un
accompagnement du silence européen. Alors que plusieurs pays ont pris
position, que des télévisions publiques refusent désormais de diffuser
le concours et que des artistes dénoncent la situation, le gouvernement
d’Emmanuel Macron reste dans une passivité totale. Aucune remise en
cause publique de la participation israélienne. Aucune pression sur
l’UER. Aucun soutien aux initiatives de boycott. Rien.
Le contraste avec d’autres pays européens est saisissant. L’Espagne
de Pedro Sánchez a multiplié les prises de position critiques contre le
gouvernement israélien. L’Irlande s’est imposée comme l’une des voix
européennes les plus fermes sur Gaza. Même des diffuseurs publics
prennent désormais leurs responsabilités là où Paris choisit
l’alignement et le silence.
Cette lâcheté politique alimente une crise profonde de crédibilité.
Car il ne s’agit plus seulement d’un concours musical. Il s’agit du sens
même des principes que l’Europe prétend défendre. Peut-on exclure un
pays pour l’invasion de l’Ukraine et fermer les yeux face à la
destruction de Gaza ? Peut-on parler de paix sur scène pendant que des
enfants meurent sous les bombes ? Peut-on défendre le droit
international à géométrie variable ?
L’Eurovision 2026 restera comme un révélateur brutal des
contradictions européennes. D’un côté, des peuples, des artistes, des
télévisions publiques et des pays qui refusent de normaliser l’horreur.
De l’autre, des institutions et des gouvernements qui préfèrent
préserver leurs équilibres diplomatiques plutôt que leurs principes. La France aurait pu choisir son camp. Celui du droit international, de la cohérence et de la dignité. Le
macronisme a choisi le silence. En 2027, grâce à Jean-Luc Mélenchon, un
pouvoir insoumis rétablira la justice, le respect du droit
international, et le châtiment dû aux criminels de guerre.