''Il existe des conceptions vulgaires tout à fait suffisantes pour la vie pratique:elles doivent même être la nourriture des hommes.Elles ne suffisent cependant pas à l’intelligence''.
Racismes. Autorité administrative indépendante créée par la
loi organique du 29 mars 2011, la Défenseure des droits a cinq missions :
défense des droits des usagers des services publics, lutte contre les
discriminations et promotion de l’égalité, défense des droits de
l’enfant, contrôle de la déontologie des forces de sécurité, et
orientation et protection des lanceurs d’alerte. Toutes thématiques
confondues, le rapport 2025 sur l’année 2024 identifie une forte hausse
des réclamations qui lui sont adressées, 141 000 (100 000 en 2020). Plus
de 16 000 atteintes à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux ont été enregistrées en 2024, soit 11 % de plus qu’en 2023. La hausse est continue depuis 2016 (en moyenne + 8 % chaque année).
Face à une hausse continue des discriminations et aux différentes
formes de racisme prégnantes dans la société, les Insoumis défendent la
création d’un office municipal de lutte contre les discriminations.
L’objectif : donner aux communes un rôle central dans la lutte contre
les discriminations et toutes les formes de dominations, grâce à une
meilleure connaissance des réalités locales. Notre article.
Une hausse continue des discriminations
Claire Hédon et l’équipe de l’autorité montrent une augmentation des
discriminations. Le rapport se fonde notamment sur les données du
service des statistiques du ministère de l’Intérieur (SSMSI), qui
recense les déclarations d’infractions aux services de sécurité. Plus de
16 000 atteintes à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux ont été enregistrées en 2024,
soit 11 % de plus qu’en 2023. La hausse est continue depuis 2016 (en
moyenne + 8 % chaque année). Les statistiques révèlent une
surreprésentation des hommes et des personnes de nationalité étrangère
(16 %, alors qu’elles ne sont que 8 % de la population). Les
ressortissants d’un pays d’Afrique sont les plus touchés (11 %, alors
qu’ils sont 4 %).
Le racisme est donc bien ancré en France, et augmente. À Marseille, Sébastien Delogu propose 80 mesures pour combattre les discriminations : « La
lutte contre les discriminations sera au cœur de notre action
municipale. La mairie assumera pleinement son rôle en rompant d’abord
avec le déni : reconnaître les injustices et les rendre visibles. »
Des chiffres sous-évalués, plus d’un million de victimes
L’enquête de victimation « Vécu et ressenti en matière de sécurité »,
du SSMSI, recense plus d’un million, en France hexagonale, de personnes
majeures déclarant avoir été victimes d’au moins une atteinte à
caractère raciste. Moins de 3 % des déclarants entreprennent une
démarche auprès des services de sécurité par peur des représailles,
l’impression qu’un signalement ne changerait rien ou encore le fait de
ne pas avoir de preuves.
C’est entre autres pour cela que les candidat·es insoumis·es aux
élections municipales portent la création d’un office municipal de lutte
contre les discriminations. Cet office permettra de lutter contre ce
non-recours en offrant, avec des permanences juridiques, un espace pour
qualifier les faits, comprendre les recours possibles.
Ces offices pourront également mener des études et mieux comprendre
les réalités des discriminations afin de lutter de manière concrète.
Candidat à la mairie de Strasbourg, Florian Kobryn souhaite faire de la
lutte contre les discriminations une priorité. À la création d’un office
municipal de lutte contre les discriminations, il propose d’adosser
l’organisation d’un colloque annuel consacré à la lutte contre les
racismes.
Provocations, injures, diffamations
Les trois quarts des infractions enregistrées sont des provocations,
des injures et des diffamations. La France insoumise, notamment par ses
députés, n’a de cesse de lutter contre le racisme et les actes qu’il
engendre.
En novembre 2024, le député insoumis Carlos Martens Bilongo
(Val-d’Oise) interpelle le ministre des Sports sur des actes de racisme
et de sexisme au sein du milieu sportif français. Il donne l’exemple de
Sarah Ourahmoune, contrainte de renoncer à être candidate à la
présidence de la Fédération française de boxe, car confrontée à des
attaques racistes et sexistes répétées. Le député demande au
gouvernement « s’il souhaite instaurer des sanctions claires et
dissuasives contre les actes discriminatoires, afin de prévenir toute
forme de discrimination envers les femmes et les minorités dans le sport
français ». Silence gouvernemental.
Haine contre la religion
Dans son rapport sur les discriminations fondées sur la religion, la Défenseure des droits écrit que « les discours de haine en lien avec la religion se sont multipliés ». Elle parle d’une « banalisation et de l’installation d’un climat de suspicion et de stigmatisation
» et précise que les discriminations concernent les individus au
quotidien : école, travail, accès au logement, aux commerces, vie
associative et sportive, etc.
LFI met le gouvernement face à ses responsabilités quant à ces
pratiques inadmissibles. En janvier 2026, Andrée Taurinya, députée LFI
de la Loire, interroge la ministre de la Santé sur les pratiques
discriminatoires au sein du service public hospitalier en lien avec la
religion réelle ou supposée.
« Alors même que les gouvernements successifs n’ont eu de cesse
de fragiliser l’hôpital public par des coupes budgétaires,
l’islamophobie mine l’institution hospitalière. Un service de pédiatrie a
même dû procéder à la fermeture de lits suite au renvoi de deux
soignantes pour le seul port d’un calot ». Face à cette situation à la fois «ubuesque et profondément inadmissible », elle l’interroge sur les « réponses
concrètes qu’elle entend apporter afin que les personnels soignants ne
soient plus menacés de licenciement en raison de leur religion réelle ou
supposée découlant de leur apparence physique ».
À Saint-Denis (93), Bally Bagayoko créera une « ville refuge » pour
lutter contre toutes les discriminations, avec entre autres la création
d’un Conseil consultatif des étranger·es. En octobre 2025, face aux attaques contre la liste d’union dont il est chef de file, il déclare : « À
celles et ceux qui reçoivent ces messages mensongers et racistes : ne
restez pas silencieux. L’écoute passive ou le silence encouragent ces
propos. Dénoncez-les pour qu’ils et elles ne puissent plus propager la
haine. Saint-Denis ».
RN. Une mitraillette, environ 3 000 munitions, et plus d’une vingtaine d’armes toutes chargées et en état de fonctionnement, c’est
ce qui a été découvert hier chez Serge Laplanche, militant actif et
ancien candidat aux législatives du RN. L’homme s’était retranché
pendant plusieurs heures dans son appartement au quartier de Beaulieu à Châteauroux,
en envoyant des grenades sur les forces de l’ordre. Le RAID est
intervenu sur la place, et a fini par l’interpeller, alors qu’il était
retranché. Des vidéos circulent sur les réseaux sociaux, montrant la scène.
Sur les plateaux, défilent des personnalités d’extrême droite sans
qu’aucune question sur ce sujet ne soit évoquée. Sébastien Chenu a ainsi
bénéficié hier, sur le plateau de BFMTV, d’une interview calibrée et
favorable, comme c’est le cas pour l’ensemble des passages médias des
députés et candidats du RN. À ce stade, aucun journaliste sur aucun
plateau n’a évoqué cette attaque à coup de grenades d’un militant RN sur
les forces de l’ordre.
À l’exception de quelques médias locaux, cette attaque des forces de
l’ordre par un militant historique du Rassemblement national est ainsi
complètement invisibilisée par l’officialité médiatique, dont tous les
efforts sont consacrés à effacer les violences d’extrême droite. Depuis
la mort du jeune Quentin à Lyon, suite à une rixe dont des vidéos
prouvent que l’extrême droite en est l’initiatrice, médias et politiques
participent à une vaste opération visant à rendre coupable LFI de cette
mort, alors que le mouvement insoumis n’en porte aucune responsabilité.
L’objectif visé ? Disqualifier et détruire la France insoumise, pour
l’alternative qu’elle propose face au système dominant.
Silence sur les 12 personnes assassinées par l’extrême droite depuis
2022. Silence sur les collaborateurs RN appelant aux meurtres
d’insoumis. Silence sur les militants du RN jetant des grenades sur les
forces de l’ordre. Pour effacer les violences de l’extrême droite, et
les banaliser, médias et politiques accélèrent leurs opérations pour
tenter de détruire le mouvement insoumis.
Mort de Quentin à Lyon. Le Canard enchaîné l’a confirmé ce
jour. Les fanatiques fascistes lyonnais avaient tendu un guet-apens aux
antifascistes présents en amont du meeting de Rima Hassan. « Pourquoi
Laurent Nunez a-t-il laissé cette bande d’extrême droite armée
déambuler dans les rues de Lyon ? Pourquoi a-t-il laissé un affrontement
dégénérer jusqu’au tabassage mortel de Quentin Deranque ? », a déclaré Paul Vannier face aux révélations.
Au total, ces vidéos contredisent totalement le récit
médiatico-politique en cours depuis cinq jours, tendant à faire croire
que Quentin aurait été agressé par une « horde d’antifascistes ».
Ces fascistes étaient équipés de barres de fer, casques et torches
inflammables. Sans attendre le résultat de l’enquête, médias et
politiques poursuivent leur opération visant à rendre coupable le
mouvement insoumis – qui ne porte aucune responsabilité dans la mort de
Quentin – pour tenter de détruire l’alternative que le mouvement
insoumis incarne face au système dominant.
Dans cette opération politicienne, l’officialité médiatique cherche à effacer les violences de l’extrême droite. Silence sur les 12 personnes assassinées par l’extrême droite depuis 2022. Silence sur les collaborateurs RN
appelant aux meurtres d’insoumis. Silence sur les militants du RN
jetant des grenades sur les forces de l’ordre, pas plus tard que cet
après-midi. Notre brève.
Mort de Quentin – Ces vidéos démontrant que l’extrême droite a provoqué la rixe à Lyon
Il y a 20 ans, le 13 février 2006, le corps d’Ilan Halimi, 23 ans,
est retrouvé sans vie en Essonne, après trois semaines de tortures
infligées par « le gang des barbares », dirigé par Youssouf Fofana. Les
meurtriers visent ce jeune homme pour sa richesse supposée, car
appartenant à la communauté juive. Ce crime d’une extrême brutalité se
fonde sur un préjugé antisémite. La circonstance aggravante
d’antisémitisme est retenue par les juges d’instruction. Le 23 février
2006, une cérémonie à la mémoire de la victime a lieu à la synagogue de
la Victoire à Paris, à laquelle assistent le président de la République
Jacques Chirac et le Premier ministre Dominique de Villepin.
Les 27 membres du « gang des barbares » sont jugés en 2009 devant la
cour d’assises des mineurs de Paris, deux membres du gang étant mineurs
au moment des faits. Youssouf Fofana est condamné à la réclusion
criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sûreté de vingt-deux
ans. Les autres peines vont de l’acquittement à dix-huit ans de prison
ferme. À l’issue du procès qui a lieu à huis clos, de nombreux débats
ont lieu sur la réelle et suffisante prise en compte du caractère
antisémite du crime. Un procès en appel a lieu en 2010 : les peines de
sept accusés sont aggravées.
Cette affaire a violemment mis en lumière la persistance de
l’antisémitisme en France au début des années 2000. Les organisations
antiracistes et la communauté juive française ont organisé plusieurs
manifestations pour dénoncer l’antisémitisme et honorer la mémoire du
jeune homme. Ce 13 février 2026, un hommage national est rendu en
mémoire de la mort d’Ilan Halimi. La France insoumise s’y joint, droite
dans ses bottes et fidèle à ses convictions de toujours, faisant fi des
accusations infamantes d’antisémitisme qu’elle subit depuis des années.
Notre article.
Les attaques contre la mémoire d’Ilan Halimi
Plusieurs actes malveillants ont été commis contre la mémoire de ce
drame. En 2019, à Sainte-Geneviève-des-Bois, les arbres plantés à la
mémoire d’Ilan Halimi sont coupés. En août 2025, l’olivier planté à
Épinay-sur-Seine est abattu. Éric Coquerel, député LFI de la circonscription, dénonce un acte « abject » : « Face
à cet acte antisémite, je tiens à exprimer ma pleine solidarité avec la
famille d’Ilan Halimi, dont la mémoire doit être respectée, racontée
comme témoignage des conséquences tragiques de la haine de l’Autre et du
racisme, et nous rassembler. »
En octobre 2025, le même acte se répète à Menton. Pour répondre à ces
malveillances, un nouvel arbre est planté dans un lycée de
Sainte-Geneviève-des-Bois, circonscription de l’insoumis Antoine
Léaument, qui rappelle à cette occasion que « lutter contre l’antisémitisme et contre toutes les discriminations [est] notre devoir. »
La lutte contre l’antisémitisme par LFI, faisant fi des calomnies à son encontre
La lutte contre le racisme et l’antisémitisme est un combat constant
pour les élu·es et représentant·es de LFI. En mars 2025, après
l’agression du rabbin d’Orléans, Mathilde Panot avait interpellé
François Bayrou (alors Premier ministre) à l’Assemblée nationale : « Le
racisme a encore frappé. Quand le poison de l’antisémitisme, de
l’islamophobie se répand, c’est toute la République qui est attaquée. »
En 2025, le député LFI Gabriel Amard a participé à la commission des
affaires européennes portant sur la coopération européenne renforcée
contre l’antisémitisme et la haine anti-juive.
À cette occasion, il déclare : « L’antisémitisme est un véritable
fléau qui met en danger la vie des personnes de confession juive pour
la simple et unique raison qu’elles sont juives. (…) Notre groupe ne
souhaite qu’une chose : rassembler le peuple français quand tant
d’autres veulent le diviser par le poison du racisme et de
l’antisémitisme. (…) Les Insoumis seront toujours du côté des
discriminé·es et n’accepteront jamais que quiconque soit ciblé du fait
de son appartenance religieuse ou de son origine, qu’elle soit réelle ou
supposée. »
En août 2025, sur France Inter, Jean-Luc Mélenchon déclarait : « Oui,
il y a une montée de l’antisémitisme dans notre pays. […] Des gens sont
tués à cause de leur religion, des lieux de prières sont attaqués. On
oublie que la liberté de conscience repose sur la liberté du culte.
Criminels, assassins, vous serez pourchassés et punis. Cela suffit ! »
Palestine. Depuis le cessez-le-feu de façade du 10 octobre
2025, le génocide se poursuit à Gaza. Les bombardements font rage chaque
jour. Les assassinats de civils, femmes et enfants gazaouis, les viols
et la torture perpétrés par l’armée de l’État génocidaire israélien sont
quotidiens. À cela s’ajoutent le blocus illégal imposé et renforcé par
Israël depuis 2023, la destruction méthodique et systématique des
infrastructures médicales, l’interdiction illégale par Israël de
l’intervention de 37 nouvelles ONG dans la bande de Gaza depuis le
1ᵉʳ janvier 2026.
Face à l’horreur qui croît chaque jour, la plus grande opération
humanitaire à destination de Gaza se prépare à s’élancer le 29 mars
prochain pour tenter de briser le blocus illégal imposé par Israël. Une
intervention qui suit le chemin tracé par les flottilles de la liberté
parties pour Gaza depuis le début du génocide et auxquelles plusieurs
parlementaires de la France insoumise ont déjà pris toute leur part. Notre article.
Le génocide en Palestine se poursuit
Depuis le prétendu cessez-le-feu et l’annonce du plan d’occupation
impérialiste de Donald Trump en octobre dernier, au moins 526
Palestiniens ont été assassinés par l’armée génocidaire israélienne,
soit plus de 4 par jour pour au moins 1 500 blessés. Au début du mois de
février, l’armée israélienne reconnaissait elle-même le meurtre de plus
de 70 000 Palestiniens depuis le début du génocide, un chiffre
largement sous-estimé et probablement 2 à 3 fois supérieur.
Au-delà des massacres quotidiens, les derniers rapports du
du Bureau des affaires humanitaires de l’ONU, en date de fin janvier,
confirment l’asphyxie et les catastrophes sanitaires infligées par
l’État génocidaire israélien au peuple de Gaza. Netanyahu et les siens
poursuivent la destruction systématique des infrastructures de santé,
bombardent des camps de réfugiés, et les témoignages de tortures dans
les geôles israéliennes se multiplient, tous plus insoutenables les uns
que les autres.
Global Sumud Flotilla : la plus grande mission humanitaire pour la Palestine s’élancera le 29 mars prochain
Depuis 2007, la bande de Gaza est victime d’un blocus commercial et
sanitaire illégal et illégitime imposé par Israël. Depuis cette date et à
l’appel du peuple palestinien, des convois humanitaires maritimes – les
flottilles de la liberté – tentent régulièrement de rejoindre Gaza pour
apporter de l’aide aux Gazaouis privés de pratiquement tous les biens
indispensables à leur survie et à leur dignité.
Depuis 2023, cinq convois d’ampleur se sont ainsi succédé pour tenter
de briser un blocus qui s’est encore renforcé depuis plus de deux ans.
Toutes arraisonnées en parfaite illégalité par l’armée israélienne dans
les eaux internationales, ces flottilles ont compté dans leurs rangs plusieurs parlementaires de la France insoumise.
Aussi, alors qu’Israël interdit désormais l’accès de la
quasi-totalité des ONG dans la bande de Gaza, le mouvement citoyen de la
Global Sumud Flotilla annonce le départ, le 29 mars prochain, de la
plus grande opération humanitaire jamais partie pour la Palestine.
Son objectif sera double : non seulement briser le blocus et apporter
de l’aide humanitaire au peuple de Gaza martyrisé, mais également
établir la présence durable à Gaza d’équipes de médecins, d’infirmier•es
et de professionnel•les de santé, d’éducateur•rices, ingénieur•es et
équipes de reconstruction, d’enquêteur•rices sur les crimes de guerre,
d’observateur•rices juridiques en capacité de documenter les violations
du droit international. Plus de 3 000 participants de plus de 100 pays
s’élanceront le 29 mars à bord d’une centaine de bateaux depuis
plusieurs ports de la Méditerranée, tandis qu’un convoi terrestre
avancera vers Gaza depuis l’Afrique du Nord.
Alors qu’Emmanuel Macron s’est déjà distingué par son inaction
lorsque plusieurs ressortissants français membres de flottilles de la
liberté, dont des parlementaires de la France insoumise, ont été
illégalement arrêtés et enfermés dans les geôles israéliennes,
la délégation française de la Global Sumud Flotilla à l’origine de la
mission du 29 mars prochain appelle le gouvernement français à assurer
la protection diplomatique et consulaire de la délégation française, à
garantir la sécurité de la flottille et à assurer le succès de la
mission.
Rassemblement national. Depuis les dernières élections municipales de 2020, plusieurs villes sont les laboratoires des politiques de l’extrême droite.
Les candidats mettent toujours en avant la lutte contre l’insécurité,
la baisse de la fiscalité locale, la proximité avec les citoyens, la
valorisation du patrimoine local, etc. Pourtant, dans les villes que le
RN administre, la réalité est tout autre : suppression de subventions
aux associations, politiques identitaires, pressions sur la vie
démocratique locale et stratégie de communication victimaire sont les
piliers des politiques appliquées par le RN.
Plusieurs faits ont été recensés parmi les municipalités gouvernées
par l’extrême droite. Un récapitulatif utile de L’insoumission, en vue
des élections municipales des 15 et 22 mars prochains. Notre article.
1) L’asphyxie du tissu associatif par les suppressions de subventions
Les associations sont des acteurs essentiels à l’échelle locale, car
elles sont porteuses de transformations (notamment dans le domaine de
l’environnement), réveillent la démocratie et humanisent l’économie
(emploi de service civique, économie sociale et solidaire, etc.).
Dans plusieurs villes gérées par le RN, les mairies ont réduit ou
supprimé les subventions à des associations qu’ils jugeaient « trop
politiques » ou « communautaires » :
À Beaucaire,
sous le mandat de Julien Sanchez, ce sont les clubs sportifs et
associations culturelles qui ont vu leurs subventions diminuer, parfois
de dizaines de milliers d’euros. À Hénin-Beaumont, la mairie de Steeve Briois a retiré le local et le financement municipal à la Ligue des Droits de l’Homme (LDH). À Orange, avec Jacques Bompard, ce sont le centre d’hébergement d’urgence et le syndicat CGT qui ont perdu leurs subventions. À Hayange, Fabien Engelmann a coupé le gaz et l’électricité au Secours populaire français.
2) Des mesures culturellement identitaires et excluantes
Dans plusieurs villes RN, des mesures symboliques ont été imposées
pour valoriser certaines traditions au détriment d’une culture inclusive
:
À Perpignan, par exemple, le maire Louis Aliot a modifié le slogan et
le blason de la ville en renforçant des symboles nationalistes et
catholiques, ce qui a suscité des protestations de Catalans attachés à
l’identité régionale. Ce maire, fan de l’OAS, a aussi engagé des
expositions orientées sur l’histoire coloniale de la France, notamment
l’exposition du 19 mars 2021 « Soixante ans après, l’histoire se répète : FLN et Hamas, mêmes méthodes, même stratégie ».
Cette exposition est une réécriture de l’histoire qui vise à entretenir
la nostalgie de la colonisation en la glorifiant. Il justifiait dans la
presse cette exposition par le fait qu’« on ne peut pas se réconcilier si on adopte une Mémoire qui accuse la France […]. »
3) Pressions et tensions avec les médias et la liberté de la presse
Certaines administrations locales du Rassemblement National ont mené
des politiques hostiles envers la presse locale indépendante. C’est
notamment le cas dans les villes d’Hénin-Beaumont et de Fréjus. Les
mairies du Rassemblement National ont marginalisé des journaux locaux
comme La Voix du Nord, qui dénonce le harcèlement du maire d’Hénin-Beaumont. Il est notamment reproché à l’extrême droite d’être « puérile et agressive », d’user constamment d’un droit de réponse abusif, ainsi : « En moins d’un an, la direction du quotidien nordiste a dû publier pas moins de 25 textes après des articles qui n’étaient pas au goût de la mairie ».
Cette pratique politique traduit une volonté de réduire la visibilité
des critiques et des voix indépendantes qui dénoncent les politiques et
la gestion néfastes des municipalités de l’extrême droite.
4) Une hostilité assumée envers les syndicats
Le Rassemblement National ne voit pas le syndicalisme combatif comme
un acteur du dialogue social, mais plutôt comme un ennemi politique.
À Hénin-Beaumont, la mairie de Steeve Briois a engagé une procédure
disciplinaire lourde contre un représentant syndical SUD (Djelloul
Kheris), lui reprochant son engagement associatif et ses prises de
parole publiques critiques. La sanction envisagée (jusqu’à deux ans sans
traitement) a été dénoncée par de nombreuses organisations syndicales, à
juste titre, comme une répression antisyndicale.
5) Une surenchère sécuritaire au détriment des politiques sociales
La sécurité est le cheval de bataille du Rassemblement National ainsi
que leur outil de communication principal. Renforcement massif de la
police municipale, armement, vidéosurveillance généralisée : les
dispositifs sécuritaires explosent sous les municipalités de
l’extrême-droite.
Pendant que les politiques sociales stagnent, que la prévention est
marginalisée, que les causes structurelles de la précarité organisée par
les politiques néolibérales sont ignorées. Dans la ville de Perpignan,
par exemple, la police municipale, qui revendique vouloir « harceler les
dealers », atteint des effectifs parmi les plus élevés de France. Parallèlement, Blast
révèle dans une enquête que la police de Perpignan agit comme une
milice. Plusieurs vidéos choquantes ont été publiées dans lesquelles la
police fait un usage abusif des gazeuses, fait des balayettes sur des
jeunes, pratique des interpellations violentes et même profère des menaces de mort.
6) Discriminations institutionnelles envers certaines populations locales
Le racisme et la xénophobie étant au cœur du projet du RN, certains
maires ont mis en place des mesures ou ont tenu des discours qui ont
ciblé des populations spécifiques.
À Hénin-Beaumont, dès 2014, une décision municipale visant à lutter
contre la « mendicité agressive » a été largement interprétée par le
juge administratif comme visant des populations roms. Bien que cet
arrêté ait été annulé par le tribunal administratif de Lille le 21
juillet 2014, la mesure a été célébrée politiquement et diffusée sur les
réseaux sociaux municipaux.
Cette logique d’exclusion se retrouve également à Fréjus, où le maire David Rachline s’était fermement opposé au projet de construction d’une mosquée.
Plus largement, les élus du RN défendent la fermeture ou s’opposent à
l’ouverture de terrains adaptés pour les communautés itinérantes, ce
qui constitue une discrimination collective.
7) L’affaiblissement du débat démocratique local
Les oppositions municipales dénoncent fréquemment des conseils
municipaux verrouillés, une réduction des temps de parole ainsi que des
refus de salles municipales pour des réunions critiques. Des élus
d’opposition à Hénin-Beaumont ont vu leurs droits de réponse limités ou
ont fait l’objet de procédures.
Des constats similaires ont été formulés à Moissac. Estelle Hemmami dénonce le fait que « les agents ne peuvent pas apporter d’idées, de propositions. Même s’ils bâtissent un projet, tout doit venir du maire ».
8) Coupes dans les services publics de proximité
Les élus du Rassemblement National préfèrent privatiser des services
publics plutôt que d’investir durablement en leur faveur. Ces choix ont
des conséquences directes sur la qualité des services rendus et sur le
coût supporté par les habitants :
À Hénin-Beaumont, la piscine et le funérarium ont été partiellement
privatisés ou externalisés, ce qui crée une dégradation des services et
une augmentation des coûts pour les habitants. La construction de la
nouvelle piscine municipale à Hénin-Beaumont a entraîné une hausse de 60 % du prix du ticket.
À Perpignan, quand bien même certaines écoles sont vétustes, qu’il manque de livres à la bibliothèque ou encore de mobilier, Louis Aliot a préféré investir 76 000 euros pour l’expérimentation du port de l’uniforme en 2024.
9) Des mairies anti-féminisme
Dans les municipalités du Rassemblement National, des opposants
politiques ou militants associatifs dénoncent des atmosphères pesantes
ou des pressions implicites. À Perpignan, des militantes féministes ont
décrit des tentatives d’intimidation, voire de surveillance de leurs activités.
Comme le rappelle l’article de Contretemps, le RN s’est
également toujours employé à lancer des campagnes de dénigrement et de
suppression des subventions du Planning Familial, une association
essentielle pour faciliter l’accès à la santé ainsi qu’à la vie relationnelle et sexuelle.
10) Un racisme ambiant
Le RN est un parti xénophobe qui nourrit les discours islamophobes aussi bien au niveau national qu’au niveau local.
Les maires d’extrême droite prennent régulièrement des décisions pour interdire le port du burkini danscertaines zones municipales.
Ces mesures ont été contestées en justice et annulées par les tribunaux
administratifs ; cependant, les maires d’extrême droite continuent de
prendre chaque été ces arrêtés. C’est un choix politique qui n’a pas
d’autre objectif que celui de créer sans cesse les mêmes polémiques pour
stigmatiser les femmes qui choisissent de porter le burkini. Ces
pratiques s’inscrivent dans une logique plus large de discriminations
mises en œuvre au niveau municipal. À Beaucaire, par exemple, le maire a
fait supprimer les repas de substitution à la cantine pour les enfants
ne consommant pas de porc.
Dans les municipalités du Rassemblement National règne également un
climat antisémite ambiant. À Fréjus, la journaliste Camille Vigogne Le
Coat rapporte que David Rachline, maire de la ville et proche de Jordan
Bardella, est connu pour ses propos et comportements antisémites, allant
jusqu’à effectuer régulièrement des saluts nazis.
Enfin, à Moissac, le maire Romain Lopez, adorateur de Charles Maurras, a
refusé d’effacer un tag antisémite « Raus » (= dehors en allemand)
accompagné d’une étoile jaune, malgré les signalements de l’opposition.
Avec le meeting de Sophia Chikirou ce vendredi 30 janvier dernier,
il s’est produit à Paris un événement d’une importance rare. Pas
seulement parce que les Insoumis du Nouveau Paris Populaire ont dû
changer de salle au dernier moment au vu des 1500 personnes inscrites.
Pas seulement non plus parce qu’un programme municipal sous forme de
livre y a été présenté. Et ni parce que la soirée a été l’occasion d’un
ralliement de plusieurs élu·es Verts. Mais parce que le Cirque d’Hiver a
mis « la France insoumise de la capitale au diapason de la mobilisation autour de nos listes dans tout le pays », pour reprendre les mots de Jean-Luc Mélenchon.
« Paris Populaire ! »
Les Insoumis ne pouvaient pas être absents de cette ville où se
trouvent autant de ressources, d’opportunités, de richesses et de
pouvoirs que de manques, de blocages, de pauvretés et d’injustices. Et
le problème est un : les riches se réservent les privilèges de la
capitale, pendant qu’ils dégradent, privatisent et suppriment les
services publics collectifs. Une description à gros traits de la théorie
de l’Ère du peuple de Jean-Luc Mélenchon. Car à Paris, nous sommes en
plein dedans : les réseaux, leur contenu, leur contrôle et leur accès ne
sont jamais plus qu’ici accaparés par les oligarques. Ils se gavent
pendant qu’on crève.
Pas étonnant que la capitale soit le champ de bataille de toutes ces
luttes populaires et urbaines. Pas étonnant non plus que le parti pris
médiatique encense les initiatives de Grégoire et Dati pendant que le
meeting du Nouveau Paris Populaire a valu des commentaires méprisants et
méprisables. Pas étonnant enfin qu’un air de Commune ait plané et que
les textes de Louise Michel aient résonné tout au long de la soirée.
Dans cette ville où Jean-Luc Mélenchon a récolté près de 30% des voix
au premier tour de l’élection présidentielle de 2022, et où 5 députés
insoumis ont été élus, la candidature de Sophia Chikirou ne doit pas
être considérée à la marge : elle signale le retour sur la scène
municipale des humilié·es des années PS/Macron qui se sont levés comme
un seul homme pour scander « Paris populaire ! ». Voilà comment s’est
entamé ce meeting.
La stratégie de La France insoumise, partout où elle est présente,
est d’être un outil au service des combats des gens. Et c’est le cas des
nombreuses luttes locales à Paris. Ainsi, la soirée a débuté avec des
prises de parole d’habitant·es et de militant·es.
Lorsque Khady Mané, maman de la Banane (quartier populaire du 20e
arrondissement), est montée sur scène, un hommage a été rendu à El Hacen
Diarra, assassiné par la police du 20e dans la nuit du 14 au 15
janvier. En pointant les amendes abusives distribuées aux jeunes, elle
dénonce un continuum de discriminations qui, du contrôle de routine au
meurtre, font système. Un système dans lequel « nos enfants partent avec
des boulets aux pieds ».
Au tour d’Hawa Diabaté de prendre le micro. La mère d’Ismaël, mort à
15 ans lors d’une rixe, se bat aujourd’hui pour « aller vers ces jeunes
qui sont dans le noir ». Elle se rappelle d’une marche qu’elle a
organisée le 31 mai : « on a été accompagné par Chikirou jusqu’à la
Place de la République. Cette place révolutionnaire, elle nous
appartient ».
Comprenez que les questions de discriminations, de violences
policières et de rixes ont une place de choix dans l’ossature du Nouveau
Paris Populaire. Elles symbolisent l’abandon des classes populaires au
sein des projets de la majorité PS. Assa Traoré, membre du Comité Vérité
et Justice pour Adama, témoigne : « le comité a lutté, le comité à
crié, le comité a imposé ces questions aux partis politiques et à la
société. Le comité a porté ces combats localement, nationalement, à
travers l’Europe et le monde entier. Mais je suis fier que, 10 ans
après, le combat soit porté ici à Paris auprès de Sophia Chikirou. ».
Ce sont également les questions de la paix et du droit international
qui concernent l’échelon municipal. C’est ce qu’a rappelé Imen Habib,
porte-parole de BDS France, qui appelle à « mettre fin à leurs
partenariats avec des insitutions ou des entreprises complices de la
colonisation ou de l’apartheid israélien ».
Contre le « budget Dati-Bournazel-Grégoire », « la seule liste garantie 100% censure, 100% anti-Macron, 100% antifasciste »
Alors, quel·le candidat·e va réellement défendre ce Paris populaire ?
Pas l’extrême-droite de Mariani (RN) ou Knafo (R!) qui ont la peur et
la division du peuple comme projet. Mais pas davantage Dati (LR),
Bournazel (Horizons) ou Grégoire (PS) selon Manuel Bompard, coordinateur
de La France insoumise. Rachida Dati est ministre, membre des
gouvernements Lecornu, Bayrou, Barnier et Attal. Pierre-Yves Bournazel
est un ancien député Horizons, membre du bloc macroniste Ensemble pour
la République. Quant à Emmanuel Grégoire, il n’a voté aucune des 11
dernières motions de censure. Il faut noter que Sophia Chikirou en a
voté 11 sur 11.
Ainsi, Manuel Bompard a clairement démontré que le budget de l’année
2026 est soutenu aussi bien par Dati, Bournazel que Grégoire. Pourtant,
il inclut la suppression des aides pour les étudiants étrangers, la
suppression de 3000 postes de surveillants, de 4000 postes
d’enseignants, la baisse du fond vert à hauteur de 300M €, ou encore la
diminution de 700M pour les rénovations énergétiques des logements. Dès
lors, on ne peut pas se fondre dans la coalition gouvernementale à
l’échelle nationale, puis prétendre s’opposer et proposer un autre
projet à l’échelle locale.
A fortiori lorsque des tractations internes ont été dévoilés par le
Président du groupe Horizons au Conseil de Paris. Ils consistent à
préparer un troisième tour : une semaine après l’élection, droite et PS
s’entendraient pour faire élire un maire surprise, puis se répartiraient
les postes.
Au député des Bouches-du-Rhône de marteler que “la seule liste
garantie 100% censure, 100% anti-Macron, 100% antifasciste, c’est la
liste du Nouveau Paris Populaire conduite par Sophia Chikirou”. La seule
gauche non soluble dans la droite en somme.
Le ralliement des « Verts populaires »
C’est en tout cas le constat établi par plusieurs élu·es écologistes.
Jérôme Gleizes et Emile Meunier sont de ceux qui sont venus dénoncer
les choix de leur direction : « la position des Écologistes est devenue
profondément ambiguë, écartelée entre le national et le municipal. Au
parlement, les Écologistes votent les motions de censure contre le
gouvernement Lecornu, contrairement au PS. Mais pour les municipales,
les mêmes Écologistes se rangent derrière les socialistes ». Pour la
première fois depuis 1977 à Paris, les Verts ont disparu de la campagne
en s’alliant avec la majorité sortante dès le premier tour.
Ils font partie des premiers signataires d’un texte qui a fait grand
bruit au sein des Écologistes. Cette tribune s’intitule « À la
social-écologie, préférons l’écologie de rupture ». Tout y est : en
privilégiant les alliances avec le PS plutôt que les Insoumis, les Verts
se replient sur une écologie bourgeoise aux dépens des classes
populaires. Déjà 600 signataires et autant de personnes exclues du
parti. Car cela ne correspond pas à une tambouille de coin de table
entre quelques opportunistes locaux : il s’agit d’un choix national et
massif, celui de défendre une union populaire sur la base d’un programme
de rupture à Paris, Marseille, Toulouse, Montpellier…
Autant d’expressions de la fin d’un cycle politique à l’échelle
nationale, dont les ramifications s’observent aux élections municipales
avec des évolutions de la carte politique. L’heure du peuple a sonné, et
cela commence à se faire savoir.
18 élections et un livre-programme
Pour défendre les aspirations des Parisiennes et Parisiens, le
Nouveau Paris Populaire a dévoilé son programme sous forme de livre. Car
à Paris, les municipales correspondent à 18 élections (une pour la
Ville et 17 pour les arrondissements), chaque candidat·e a pu évoquer
une mesure qui leur tient à cœur.
Tête de liste dans le 13e, Christophe Prudhomme a appelé à
« l’ouverture de centres de santé avec des médecins salariés, pour que
tout le monde à Paris puisse avoir un médecin traitant et accès à un
spécialiste sans dépassements d’honoraires ».
Alors qu’Embla Fautra (9e arrondissement) se positionne « contre le
surtoutisme », Sophie de la Rochefoucauld (20e arrondissement) mettra au
cœur de son mandat « les violences policières que subissent nos jeunes
dans les quartiers ».
La question de la jeunesse et de la petite enfance ont leur
centralité dans le projet insoumis, en témoigne le candidat du 14e
Rodrigo Arenas qui promet que « les enfants auront la cantine gratuite,
bio et belle ». Sabrina Nouri (11e arrondissement) indique que « nous
allons défendre l’éducation communale », tandis qu’Oscar Maslard (16e
arrondissement) cherche à « redonner une fierté, une dignité à tous les
étudiants et toutes les étudiantes qui ont été maltraité·es par les
socialistes et les macronistes pendant 25 ans ».
« Si tu spécules sur nos vies, tu récoltes la Révolution ! »
Mais c’est bien la thématique du logement qui a été au centre de
l’intervention attendue de Sophia Chikirou. Observez la situation des
Parisien·nes : le taux d’effort, c’est-à-dire la part de revenu consacré
au loyer, est passé de 24% en 1998 à 36% aujourd’hui en moyenne.
Parfois cela excède les 50%. Observez les causes : la capitale est le
terrain des grandes fortunes et des fonds d’investissements étrangers
qui nous lèguent 270 000 logements vacants, 90 000 logements de location
touristique saisonnière, et 1,3M² de bureaux vacants.
Observez les responsabilités : les politiques de spéculation
entretenues par les pouvoirs politiques nationaux et communaux. Le
raisonnement de la députée de Paris est clair et efficace : le problème
n’est pas l’espace mais le système qui organise la pénurie et la rareté
faites sur le dos du peuple.
Car les conséquences sont immédiates et désastreuses : 6 000
personnes sont à la rue, 270 000 foyers sont en attente de logement et
66 000 logements sont indignes ou insalubres. Paris nous donne un bon
aperçu de la situation en France : le néolibéralisme est un échec, sa
crise est totale, ses contestations sont croissantes et son effondrement
est imminent. « Si tu spécules sur nos vies, tu récoltes la Révolution
! » s’exclama Sophia Chikirou. Nous vous l’avions dit, un air de 1871,
ou bien de 1789, 1830, 1848, 1936, 1968, 2018 !
Pour faire de la capitale un laboratoire des radicalités concrètes à
étendre dans toute la France lorsque le mouvement insoumis prendra le
pouvoir, le Nouveau Paris Populaire propose la création d’une régie
publique locative. Il s’agit ainsi de conventionner les logements
privés, confiés à la Ville qui réalise la rénovation thermique, en
échange de quoi ils sont loués à des prix modérés. Il s’agit aussi de
geler les loyers et les charges, puis de les baisser. Et en premier lieu
pour le logement social, car « la fonction première d’un bailleur
social est de loger les classes populaires, pas de les mettre dehors
! ».
Voilà des mesures qui portent les revendications populaires et
préfigurent la révolution citoyenne de demain. Les villes insoumises
seront des points d’appui, de résistance et de démonstration de notre
projet pour la VIe République.
« Paris est une fête » ?
Mais avant de parler de victoire, la route est longue et intense. Les
insoumis ont partout en France les officialités politiques, médiatiques
et économiques contre eux. Leurs arguments sont de moins en moins
crédibles et leur propagande de plus en plus grossière. Les gens le
comprennent.
Notre tâche consiste donc à mener une campagne de terrain, rencontrer
les habitant·es et expliquer nos propositions. Car notre force est le
nombre, la présence et la clarté. A preuve, ce sont plus de 1000 actions
qui ont été menées et 500 000 tracts qui ont été distribués depuis 2
mois et demi que Sophia Chikirou s’est portée candidate. Les
Parisien·nes commencent à percevoir le courage et la détermination qui
caractérisent si bien nos têtes de liste dans chaque arrondissement.
Et il en faut pour administrer une capitale et la mettre au service
du peuple. « Paris est une fête » s’exclame Sophia Chikirou, citant
l’écrivain Ernest Hemingway. Mais pas celle des inconscients de la crise
écologique, ni celle des nantis qui se gavent, ou des indifférents aux
crimes contre l’Humanité. C’est « la fête des gens, de ceux qui luttent
et qui battent le pavé depuis des siècles ». Voici en résumé ce à quoi
vous contribuerez en mettant le bulletin de vote du Nouveau Paris
Populaire les 15 et 22 mars prochains.
Kasbarian. Le 3 février 2026, la Fondation pour le logement
publie son 31ᵉ apport sur l’état du mal-logement. Des chiffres jamais
vus depuis trente ans : 4,2 millions de personnes non ou mal logées,
12,2 millions de personnes fragilisées par la crise du logement, plus
d’un million de personnes en habitat indigne, 643 000 personnes
hébergées chez des tiers, 350 000 personnes sans domicile fixe en
France, plus de 2 000 enfants à la rue chaque soir.
Voilà un homme qui, sur les plateaux TV, assume ce bilan
: c’est Guillaume Kasbarian, député Renaissance, ex-ministre délégué
chargé du Logement dans le gouvernement Attal et rapporteur du projet de
loi dit « anti-squatteurs ». Cette loi, promulguée en juillet 2023,
précarise depuis des dizaines de milliers de Français chaque année.
Alors que les élections municipales approchent et que le Logement est au
cœur des préoccupations des citoyens, piqure de rappel sur ce qu’est le
macronisme. Notre article.
Que prévoit la loi Kasbarian-Bergé ?
La loi Kasbarian permet tout d’abord aux propriétaires, par une série
de mesures, d’obtenir plus rapidement une décision exécutoire ouvrant
la voie à l’expulsion de locataires ne réglant pas leur loyer. Cette
accélération des procédures d’expulsion est liée à des délais
judiciaires et administratifs réduits, ceux-ci ne permettant pas aux
locataires d’obtenir des délais, soit pour payer leur loyer, soit pour
quitter leur logement. Ce constat alarmant est partagé par 77 % des
associations du réseau ADLH (Accompagnement aux droits liés à
l’habitat).
Ensuite, la loi prévoit un renforcement des sanctions. Des peines
plus lourdes sont prononcées par les tribunaux pour l’occupation
illicite d’un logement et de nouveaux délits sont créés. Ainsi, les
situations de squat peuvent condamner les occupants d’un lieu à deux ans
d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. Le maintien en violation
d’une décision de justice exécutoire peut quant à lui donner lieu à une
condamnation de 7 500 euros d’amende. Enfin, la loi Kasbarian octroie un
pouvoir accru aux autorités.
Les préfectures, notamment, peuvent ordonner des mesures visant à
exécuter des expulsions selon des procédures simplifiées. Les
conséquences sont terribles. Le 21 octobre 2025, un homme âgé de 76 ans
s’est suicidé à Fécamp (Seine-Maritime) en présence de policiers et
d’huissiers venus l’expulser de son logement. Ce drame ne fait que
souligner la détresse des plus précaires, menacés chaque jour de se voir
jeter à la rue sans proposition de relogement.
La loi Kasbarian vient compléter un arsenal politique de plus en plus
répressif à l’encontre des Français dans un contexte d’inflation et de
baisse drastique du pouvoir d’achat. Tandis que le logement pèse de plus
en plus lourd dans le budget des familles, les expulsions, souvent
illégales, battent leur plein. Selon la Fondation pour le logement, en
2024, « ce sont 24 556 ménages qui ont été expulsés de leur logement
avec le concours de la force publique, soit une hausse de 29 % en un an
et de 223 % en vingt ans ».
Ce constat est par ailleurs majoré par la difficulté d’obtenir, pour
les familles concernées, un accompagnement social et juridique. La
Fondation pour le logement rappelle en outre que les conséquences d’une
expulsion locative sont nombreuses, graves et durables : difficulté à se
reloger ensuite, à maintenir une vie professionnelle ou à trouver un
emploi, impact sur la santé physique et mentale, mise en danger des
enfants à la rue…
Précariser toujours plus reste le mot d’ordre des gouvernements
Macron. Dernière idée en date : comptabiliser les cellules de prison
comme du logement social au titre de la loi qui impose aux communes de
compter au moins 25 % de logements sociaux.
De son côté, la France insoumise a placé le Logement au cœur de son
programme pour les élections municipales des 15 et 22 mars prochains.
Arrêtés anti-expulsions, brigades du Logement, baisse des loyers dans
les communes, transparence dans l’attribution des logements sociaux,
créer un organisme de foncier solidaire… Un programme en rupture avec
les politiques liées au logement menées ces dernières décennies.