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jeudi 16 juillet 2026

Mélenchon devient la personnalité politique la plus soutenue par les électeurs écologistes.

 

  Les écorégions auraient-elles infusé ? Un classement des personnalités de Cluster 17 paru ce mercredi 15 juillet montre que Jean-Luc Mélenchon est la personnalité politique la plus soutenue par les électeurs des Écologistes. En termes de popularité, le leader insoumis se retrouve au coude à coude avec Marine Tondelier. Quant à Raphaël Glucksmann, candidat du Parti socialiste, il n’est pas présent dans le top 10.

Les électeurs du parti de Marine Tondelier l’ont bien compris. Le sérieux et le travail de fond sont du côté de Jean-Luc Mélenchon, dont la nouvelle idée révolutionnaire, la création d’écorégions comme première ligne de la planification écologique, répond au grand défi de l’effondrement climatique et écologique. En parallèle, les autres candidats à gauche, déclarés ou non déclarés, s’enferrent dans des logiques d’affrontements internes tout en étant au niveau zéro des propositions à formuler, tant sur l’écologie que sur tous les autres sujets qui concernent les urgences du pays et du monde.

Le leader insoumis bénéficie d’une dynamique qui ne cesse de s’amplifier avec des soutiens toujours plus nombreux. Après le succès du meeting de Saint-Denis qui a réuni plus de 26 000 personnes, la réussite du concert insoumis antiraciste, Jean-Luc Mélenchon a aussi été très remarqué au festival d’Avignon où il a développé son projet politique pour la culture, soulignant le rôle de l’imaginaire et de la créativité pour transformer la société tout en se prononçant contre les coupes budgétaires massives dans le monde de l’art et de la culture qui étouffent les créateurs et leurs équipes.

Dernier évènement marquant en date, le déplacement de Jean-Luc Mélenchon à Paimpont où plus de 2000 personnes étaient rassemblées, dont quasi-exclusivement des habitants du village et de ceux aux alentours. Pour les insoumis, les prochaines étapes sont déjà toutes tracées : du 19 juillet au 29 juillet, les caravanes populaires de LFI sillonnneront le pays pour inscrire le plus de personnes sur les listes électorales et pour convaincre de la pertinence du programme de la France insoumise et des qualités de son candidat, Jean-Luc Mélenchon. Le prochain grand rendez-vous est déjà donné : les Amfis d’été se tiendront du 20 au 24 aout, à proximité de Valence. Notre brève.

Mélenchon, personnalité politique la plus soutenue par les électeurs des Écologistes

Pour aller plus loin : Été 2026 : à 9 mois de la présidentielle, les Caravanes populaires de LFI reprennent la route pour convaincre

 

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mercredi 15 juillet 2026

Été 2026 : à 9 mois de la présidentielle, les Caravanes populaires de LFI reprennent la route pour convaincre.

 

 LFI… Mondeville, Strasbourg, Bordeaux, Grenoble, Le Mans, Tours, Troyes, Auxerre… Voilà seulement 8 villes sur les 48 étapes réparties dans toute la France, constituant le tracé des quatre Caravanes populaires insoumises de cet été. Comme chaque année, ces caravanes vont sillonner les routes du pays à la rencontre du peuple de France, notamment dans les quartiers populaires. Le mouvement insoumis ne se repose jamais !

Plusieurs objectifs sont avancés. D’abord, l’inscription des citoyennes et des citoyens sur les listes électorales, notamment en vue des élections présidentielle et législatives de 2027. En 2022, 10,6 millions de Français·es étaient non-inscrit·es ou mal-inscrit·es sur les listes électorales, soit 21 % du corps électoral. Une aberration démocratique, que le pouvoir macroniste n’a jamais tenté de corriger. À vrai dire, il s’en accommode très bien. Ensuite, de longs temps d’échanges avec les habitants rencontrés, afin d’entendre leurs préoccupations. Enfin, leur présenter le programme et la candidature de Jean-Luc Mélenchon, seul à défendre un programme de rupture vis-à-vis de la macronie et de l’extrême droite. Augmenter les salaires, bloquer les prix, faire les écorégions pour la planification écologique, 6ᵉ République, diplomatie du non-alignement. Autant de mesures que les insoumis pourront détailler à chaque étape.

L’initiative des caravanes a été lancée en 2016 par Mathilde Panot. Depuis, elles n’ont cessé de tracer la route pour inscrire sur les listes électorales et pour convaincre. Militants par dizaines et plusieurs députés LFI des circonscriptions traversées par les caravanes se mobilisent pour assurer le succès de ce dispositif. Chaque année, les insoumis ont toujours reçu un accueil chaleureux. Là où ils passent, ce qu’ils entendent le plus reste : « Personne ne vient nous voir ici, vous êtes les seuls à venir jusqu’à nous ». Que ceux qui ont gouverné le pays ces dernières années ne s’étonnent pas du sentiment d’abandon ressenti par de trop nombreuses personnes. Un lien que les insoumis, patiemment, consciencieusement, font tout pour retisser. Notre brève.

Par Nadim Février

De Mondeville à Strasbourg en passant par Lille et Nancy, de Bordeaux à Grenoble en passant par Nîmes et Toulon, la grande traversée des Caravanes populaires de LFI Nord / Sud













Parcours de la Caravane Sud

  • Samedi 18 juillet : Bordeaux (33)
  • Dimanche 19 juillet : Montauban (82)
  • Lundi 20 juillet : Toulouse (31)
  • Mardi 21 juillet : Castres (81)
  • Mercredi 22 juillet : Montpellier (34)
  • Jeudi 23 juillet : Nîmes (30)
  • Vendredi 24 juillet : Marseille (13)
  • Samedi 25 juillet : Toulon (83)
  • Dimanche 26 juillet : Nice (06)
  • Lundi 27 juillet : Sisteron (04)
  • Mardi 28 juillet : Avignon (84)
  • Mercredi 29 juillet : Grenoble (38)


Du Mans à Tours en passant par Nantes et La Rochelle, de Troyes à Auxerre en passant par Besançon et Orléans, la grande traversée des Caravanes populaires de LFI Ouest / Est





Parcours Est




Sources:linsoumission.fr
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mardi 14 juillet 2026

À Montargis, les 100 jours du RN : le maire s’augmente de 80 % au détriment de l’école, de la santé et de la culture.

 RN. Élu de justesse en mars 2026 avec à peine plus d’un tiers des suffrages, Côme Dunis, premier maire Rassemblement national de l’histoire du Loiret, offre déjà aux Montargois un condensé de la méthode lepéniste au pouvoir local : une augmentation de 80 % de sa propre indemnité dès le premier conseil municipal, la suspension d’un projet d’école et de crèche dans un quartier populaire, celle d’un pôle de santé, et une mise au pas de la vie culturelle qui a poussé l’écrivain Didier Daeninckx à refuser de parrainer le salon du livre.

Pendant ce temps, le budget sécurité gonfle et le marché de Noël engrange 50 000 euros de subvention supplémentaires. Notre article.

Premier réflexe : se servir

À peine l’écharpe tricolore endossée, le nouveau maire d’extrême droite a montré ses priorités. Comme le rapporte France 3 Centre-Val de Loire lors du conseil municipal du 7 avril 2026, Côme Dunis a fait voter le passage de son indemnité mensuelle d’environ 1 500 euros (le montant que percevait son prédécesseur) à 2 705 euros. Soit plus de 1 200 euros d’augmentation : + 80 %, d’un coup, dès la première séance.

L’opposition de gauche, menée par le communiste Bruno Nottin et le socialiste Dalip Vehapi, n’a pas manqué de relever l’indécence du geste. Bruno Nottin a qualifié la décision de « parfaitement obscène », quand Dalip Vehapi interrogeait le maire sur le signal envoyé aux habitants d’une ville populaire, marquée par la précarité. La presse locale a recensé les mots qui ont fusé : « obscène », « bras d’honneur », « provocation ». Cerise sur le gâteau : selon La République du Centre, la délibération attribuant ces indemnités devra même être soumise à un nouveau vote du conseil municipal. Même pour s’augmenter, le RN ne sait pas faire les choses dans les règles.

Le cas Dunis n’est pas isolé, il est systémique. À Perpignan, Louis Aliot s’est de nouveau augmenté après une première hausse de 17 % lors de son précédent mandat. Les maires RN de Carcassonne, de Moissac, de La Flèche ou de Harnes ont fait de même. Le parti qui prétend défendre « le peuple » contre « les élites » commence chaque mandat par la même délibération : celle qui remplit les poches de ses édiles.

Pour aller plus loin : Sans surprise, les maires RN sont racistes et réactionnaires : la preuve par les faits

L’école et la santé peuvent attendre, pas le marché de Noël

La suite est du même tonneau. Parmi ses toutes premières décisions, Côme Dunis a suspendu le projet de pôle éducatif jeunesse (une école et une crèche) prévu dans le quartier prioritaire de La Chaussée, ainsi qu’un projet de centre de santé, pourtant déjà votés par la précédente municipalité. Motif invoqué : les finances de la commune. Le maire jure la main sur le cœur que « la priorité du mandat, c’est la crèche et l’école ». On jugera la priorité à l’aune des actes : le projet est à l’arrêt.

Car l’argument budgétaire ne tient pas une seconde face aux choix réellement opérés. Comme l’a dénoncé l’élu d’opposition Dalip Vehapi, la même municipalité a trouvé 50 000 euros supplémentaires pour le marché de Noël, augmenté le budget de la sécurité (cinq policiers municipaux supplémentaires sont annoncés) et supprimé les fournitures scolaires offertes jusqu’ici aux élèves de primaire. Faire les poches des écoliers pour financer les guirlandes et les matraques : voilà, très concrètement, l’ordre des priorités du RN à Montargis.

Cette hiérarchie n’a rien d’un accident local. D’après un décompte relayé par France 3, environ 40 % de la soixantaine de mairies conquises par le RN en mars ont pris, dès les trois premiers mois, des décisions frappant la culture, les associations de solidarité ou les syndicats. À Carcassonne, Christophe Barthès ampute le budget culturel d’environ 20 %.

À Carpentras, Hervé de Lépinau supprime la subvention au Planning familial. À Vauvert, Nicolas Meizonnet annule une exposition photo et refuse de financer un festival de jazz. À Vierzon, l’aide à la rentrée scolaire disparaît et les tarifs de la cantine grimpent. Partout le même logiciel : l’extrême droite au pouvoir, c’est la casse sociale en accéléré.

La culture mise au pas

À Montargis, c’est sur le terrain culturel que la méthode RN s’est révélée avec le plus de brutalité. Sans aucun débat préalable en commission culture, le maire a évincé Jean-Philippe Lajus, le programmateur qui faisait vivre depuis quinze ans la saison théâtrale « Un Dimanche au théâtre », suivie par un public fidèle de 700 à 900 spectateurs par saison. La programmation sera désormais reprise « en interne », comprendre : sous contrôle politique direct de la mairie.

Dans la foulée, la municipalité a revu la saison culturelle et augmenté les tarifs, faisant bondir l’opposition. En séance du conseil, Dalip Vehapi a accusé le maire de vouloir « mettre au pas la culture ». Les élus d’opposition, eux, ont découvert ces décisions après coup : au RN, on décide d’abord, on consulte ensuite, ou jamais.

Le monde de la culture, lui, ne s’y est pas trompé. Didier Daeninckx, figure du roman noir et lauréat du Goncourt de la nouvelle, qui devait parrainer le salon du livre de l’agglomération montargoise le 31 mai, a annulé sa venue dès le lendemain du second tour, refusant de s’afficher aux côtés d’élus d’extrême droite.

L’écrivain sait de quoi il parle : comme il l’a raconté à ICI Orléans, dans les années 1990, à Orange, alors dirigée par le Front national, un de ses livres empruntés à la médiathèque avait été rendu lacéré, les passages déplaisant à l’élu à la culture soigneusement découpés. Trente ans plus tard, le parti a changé de nom, pas de nature. La conception RN de la culture est une « culture française » fantasmée, prétendument « menacée », qu’il faudrait défendre contre le pluralisme. C’est l’idéologie d’un parti qui n’a jamais supporté la liberté de création.

Un maire minoritaire, un laboratoire pour 2027

Rappelons enfin d’où vient ce pouvoir municipal. Côme Dunis, ancien gilet jaune investi par le RN et l’UDR, a été élu au terme d’une triangulaire avec 34,64 % des suffrages, à 59 voix devant la liste d’union de la gauche conduite par Bruno Nottin. Près de deux Montargois sur trois n’ont pas voulu de l’extrême droite. C’est ce maire ultra-minoritaire, élu « dans un trou de souris » selon les mots de Bruno Nottin, qui s’est augmenté de 80 % et gèle aujourd’hui les projets d’école et de santé de la ville. Montargis rejoint ainsi la longue liste des laboratoires municipaux du RN, de Carcassonne à Perpignan, où se

vérifie, ville après ville, la même équation : enrichissement des élus, austérité pour les habitants, autoritarisme culturel, et sécuritarisme comme seul horizon. À un an de l’élection présidentielle, alors que la dynamique populaire autour de Jean-Luc Mélenchon et de l’union ne cesse de s’amplifier, ces bilans municipaux sont autant de démonstrations grandeur nature : le « RN de proximité » vanté par Jordan Bardella n’existe pas.

Ce qui existe, c’est un parti qui, partout où il gouverne, gouverne contre le peuple. Les Montargois en font l’expérience. À nous de faire en sorte que le pays entier n’ait pas à la subir. 

Sources:linsoumission.fr


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lundi 13 juillet 2026

« Pax Silica » : les 18 mois de capitulation qui ont fait de l’Europe la colonie numérique de Washington.

 

Pax Silica. Le 25 juin 2026, l’Union européenne a signé cette déclaration, initiative lancée par l’administration Trump pour arrimer ses « alliés » au capital technologique américain. Vingt-quatre États membres l’ont désormais ratifiée, trois semaines à peine après que Bruxelles eut présenté en fanfare son « paquet de souveraineté technologique ».

Ce grand écart n’est pas un accident : il est l’aboutissement d’une séquence de dix-huit mois de concessions militaires, commerciales et réglementaires. Récit d’une vassalisation méthodique, et de ce qu’elle nous dit du bloc impérial en construction. Notre article.

L’empire qui ne se cache plus

Il y a des noms qui disent tout. « Pax Silica » : la paix de la silice, ce composant essentiel des puces électroniques. La référence est assumée. Après la Pax Romana et la Pax Americana, voici la paix impériale de l’ère numérique, celle qu’un centre impose à ses périphéries en échange de leur soumission.

Lancée le 12 décembre 2025 à Washington par le département d’État, l’initiative se présente comme un effort de « coopération » pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement de l’intelligence artificielle : minerais critiques, énergie, semi-conducteurs, infrastructures de calcul.

Dans les faits, elle organise un bloc économique, technologique et in fine militaire centré sur les intérêts conjoints de l’État fédéral américain et de la Silicon Valley. Les premiers signataires (Royaume-Uni, Japon, Corée du Sud, Israël, Singapour, Australie) ont été rejoints par le Qatar, les Émirats, l’Inde, puis, un à un, par des États membres de l’Union : la Suède en mars 2026, la Finlande et la Grèce ensuite.

Le 25 juin 2026, lors du deuxième sommet de l’initiative, la Commission européenne a signé au nom des Vingt-Sept, aux côtés de l’Allemagne et des Pays-Bas.

L’architecte de l’opération s’appelle Jacob Helberg. Sous-secrétaire d’État aux affaires économiques, ancien conseiller d’Alex Karp (le PDG de Palantir), il incarne à lui seul la fusion entre le capital technologique et l’appareil d’État américain.

Sa doctrine tient en une phrase, prononcée lors du lancement : si le XXe siècle reposait sur le pétrole et l’acier, le XXIe repose sur le calcul et les minéraux qui l’alimentent.

Et cet empire ne prend même plus la peine de se dissimuler. Le 23 juin 2026, deux jours avant la signature européenne, Helberg publiait un manifeste au titre limpide : « The Digital Sovereignty Trap », le piège de la souveraineté numérique. Les pays qui tentent de bâtir leurs propres capacités d’IA n’atteindront, écrit-il, qu’une « médiocrité synchronisée ». Le département d’État a pris soin d’en publier une traduction française : le message s’adresse bien à nous.

Pax Silica, une signature qui vaut reddition

Officiellement, la déclaration Pax Silica n’est « pas juridiquement contraignante ». C’est l’argument qu’a brandi la Commission pour obtenir le feu vert des États membres début juin. C’est précisément ce qui devrait alerter : le non-contraignant est devenu la méthode privilégiée pour engager l’Europe sans jamais passer devant les peuples ni leurs représentants.

Car le débat interne fut réel. Selon Euronews, Paris a dénoncé dans cette initiative une tentative de « colonisation de l’Europe », incompatible avec l’agenda de souveraineté technologique de l’Union. L’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas ont poussé à la signature ; la Commission a exigé une adhésion en bloc.

La France a fini par lever son opposition, prisonnière de ses propres contradictions : comment refuser le bloc américain quand on a fait des sommets « Choose France » la vitrine d’investissements massifs dans l’IA financés par des fonds américains et émiratis ?

Le symbole est d’autant plus cruel que la chronologie parle d’elle-même. Le 3 juin 2026, la Commission présentait son « Technological Sovereignty Package » : Chips Act 2.0, Cloud and AI Development Act, promesse que « personne ne dispose d’un interrupteur » sur nos infrastructures. Le 25 juin, la même Commission signait une déclaration que son initiateur présente explicitement comme l’alternative américaine à la souveraineté numérique. Trois semaines séparent le discours de la capitulation.

Le cas ASML, ou la coercition en actes

Faut-il un exemple concret de ce qu’adhérer signifie ? Regardons les Pays-Bas. Le pays abrite ASML, joyau industriel européen, seule entreprise au monde capable de produire les machines de lithographie les plus avancées, indispensables aux puces de l’IA générative.

Depuis avril 2026, le Congrès américain examine le « MATCH Act », une loi à portée extraterritoriale qui permettrait à Washington d’interdire à ASML de vendre à la Chine ses machines DUV, sous peine de sanctions. La Chine représentait encore un tiers des ventes d’ASML en 2025.

La même semaine de juin 2026, le ministre néerlandais du commerce extérieur Sjoerd Sjoerdsma faisait le voyage de Washington pour supplier l’administration de renoncer à cette loi. Il rappelait que le contrôle des exportations fonctionne mieux « par conviction » que par coercition imposée « à travers l’Atlantique ».

Et le même jour, le 23 juin, il signait la déclaration Pax Silica. Voilà le mécanisme mis à nu : on ne signe pas parce qu’on adhère, on signe parce qu’on est tenu. Le marché l’a d’ailleurs immédiatement compris : l’action ASML a décroché dans les jours suivant l’annonce.

C’est cela, la « liberté de commercer » version Pax Silica : chacun est libre de se soumettre. La déclaration engage ses signataires à écarter de leurs chaînes d’approvisionnement les acteurs « aux pratiques non marchandes », périphrase désignant la Chine, et à privilégier des politiques « pro-croissance » plutôt qu’une régulation stricte de l’IA.

Dix-huit mois de capitulations en chaîne

Pax Silica n’est pas une anomalie. C’est le dernier maillon d’une chaîne dont chaque anneau a été forgé selon la même méthode : une menace américaine, puis une concession européenne.

La capitulation militaire d’abord. Au sommet de l’OTAN de La Haye, les 24 et 25 juin 2025, les Européens ont accepté l’objectif exigé par Trump de porter leurs dépenses de défense à 5 % du PIB d’ici 2035, soit un doublement de l’objectif précédent. Le secrétaire général Mark Rutte a donné le ton en comparant publiquement Trump à un « Daddy ».

Seule l’Espagne de Pedro Sánchez a résisté, jugeant l’objectif « déraisonnable et contreproductif » et plaidant pour l’autonomie stratégique ; elle s’est attirée en retour les menaces commerciales répétées de Washington. Dans le même mouvement, le mécanisme PURL institué en juillet 2025 fait payer aux Européens les armes américaines livrées à l’Ukraine : 4,3 milliards de dollars en 2025, sans transfert de technologie ni de contrôle.

La capitulation commerciale ensuite. Le 27 juillet 2025, sur le golf de Trump à Turnberry, Ursula von der Leyen a accepté en un peu plus d’une heure un accord que le Sénat français et Pascal Lamy ont qualifié de capitulation : droits de douane de 15 % sur les exportations européennes sans réciprocité, 750 milliards de dollars d’énergie américaine, 600 milliards d’investissements aux États-Unis, au moins 40 milliards de dollars de puces d’IA américaines.

« C’est un jour sombre que celui où une alliance de peuples libres […] se résout à la soumission », a écrit François Bayrou. Le 16 juin 2026, le Parlement européen a ratifié : 440 voix pour, 151 contre. Un seul groupe s’y est unanimement opposé, celui de La Gauche.

« Une fois de plus, on se couche devant les États-Unis », a dénoncé l’eurodéputée insoumise Emma Fourreau. « L’Union européenne est devenue le paillasson de Donald Trump », a résumé Manon Aubry.

La capitulation réglementaire enfin, celle qui profite directement aux GAFAM. Dès février 2025, le vice-président JD Vance venait à Paris avertir les Européens que l’Amérique n’accepterait pas qu’on « resserre la vis » sur ses entreprises technologiques. Le résultat est documenté : des amendes symboliques au regard des plafonds légaux (500 millions d’euros pour Apple, 200 pour Meta, 120 pour X, quand les textes permettent jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires mondial).

L’« omnibus numérique » du 19 novembre 2025 reporte l’application de l’AI Act et détricote le RGPD, jusqu’à offrir aux entreprises une base légale pour entraîner leurs IA sur nos données. Les ONG Corporate Europe Observatory et LobbyControl ont retracé, article par article, l’empreinte des Big Tech sur ce texte : le lobby technologique dépense désormais 151 millions d’euros par an à Bruxelles.

Pour aller plus loin : Trump, guerre commerciale et techno-féodalisme : quand l’empire en déclin contre-attaque

Centre et périphérie : ce que Gramsci nous apprend de la silice

Comment nommer ce qui se joue ? L’économiste Romaric Godin, dans Mediapart, décrit une double dynamique : « privatisation de la diplomatie étatsunienne » d’un côté, « étatisation des grands groupes du numérique » de l’autre.

Le bloc Pax Silica n’est pas une alliance entre États : c’est l’organisation politique d’un rapport de production, où chaque périphérie se voit assigner une fonction dans la valorisation du capital technologique américain. Les Pays-Bas fournissent les machines, la Norvège l’énergie, le Panama la logistique, l’Europe le marché et les capitaux.

L’économiste Benjamin Bürbaumer le formule ainsi : l’Europe a toujours occupé une place subordonnée dans le capitalisme dirigé par les États-Unis, mais avec cette adhésion, cette subordination devient explicite sur le plan numérique. Evgeny Morozov va plus loin : Pax Silica inaugure selon lui un nouveau cycle de soumission dans lequel les États ne sont plus en concurrence pour leur indépendance, mais pour leur proximité avec le centre.

C’est ici que la grille gramscienne prend tout son sens. L’hégémonie ne repose jamais sur la seule coercition ; elle exige le consentement. Le MATCH Act et les menaces tarifaires, c’est la coercition. Le manifeste de Helberg, la rhétorique de la « coopération entre partenaires de confiance », c’est la fabrique du consentement.

La Commission européenne, qui signe la déclaration tout en la présentant comme « pleinement complémentaire » de sa propre souveraineté technologique, joue le rôle que Gramsci assignait aux intellectuels organiques du bloc dominant : traduire la domination en langage d’intérêt général.

Le plus révélateur est peut-être la liste des signataires latino-américains accueillis en juin : l’Argentine de Milei, le Salvador de Bukele. Des économies marginales pour les chaînes d’approvisionnement de l’IA, mais des symboles politiques pour l’internationale réactionnaire. Le bloc technologique et le bloc idéologique ne font qu’un.

2027 : l’indépendance numérique comme question de régime

Reste la question qui fâche : que faire ? La déclaration n’étant pas contraignante, rien n’empêcherait juridiquement l’Union d’en sortir demain. Rien, sauf ce qui l’y a fait entrer : la dépendance.

70 % du cloud européen est aux mains de trois entreprises américaines. Le déficit numérique de l’Union dépasse, selon une étude du Parlement européen, 100 milliards d’euros par an. Chaque data center « offert » par SoftBank ou les fonds émiratis, chaque contrat Palantir signé par nos services de renseignement, resserre le carcan.

Des brèches existent pourtant. La France a annoncé vouloir remplacer Palantir par le français ChapsVision à la DGSI, au nom d’un principe simple : on ne peut pas dépendre d’outils développés par des puissances étrangères. L’Espagne écarte Palantir de ses marchés publics. Les acteurs français du numérique libre ont lancé leur « appel du 18 juin » contre la colonisation numérique.

Mais ces résistances resteront des gestes tant qu’elles ne s’adosseront pas à une rupture politique d’ensemble. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. La vassalisation n’est pas une fatalité géographique, c’est un choix de classe : celui des directions européennes qui préfèrent la rente de la soumission au risque de l’indépendance.

En face, une autre voie existe : celle que défend l’Union populaire pour 2027 avec Jean-Luc Mélenchon. Le non-alignement, le refus de la logique de bloc contre bloc, la reconstruction d’une filière numérique publique et souveraine, du logiciel libre aux infrastructures de calcul.

La silice est l’un des matériaux les plus abondants de la planète. Ce qui est rare, c’est le courage politique de refuser la paix des empires.

Sources:linsoumission.fr (Par Léolo Kayser)

Pour aller plus loin : Augmentation des dépenses de défense : une nouvelle soumission aux intérêts atlantistes


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vendredi 10 juillet 2026

La dynamique de Mélenchon s’amplifie : ce sondage le donne à 16 %, au second tour face à Marine Le Pen.

 

C’est une nouvelle qui ne va pas arranger l’état de panique de ses adversaires. Jean-Luc Mélenchon est sondé à 16% d’après un sondage Harris paru ce mercredi 8 juillet. A 16%, celui qui a déjà recueilli plus de 326 000 soutiens – dont 150 000 en 48 heures – est à la position à laquelle il était sondé quatre jours avant le premier tour, en 2022. Il avait finalement réalisé 22% des voix, à un point du second tour. Depuis avril, il a gagné quatre points. Il est désormais confirmé au second tour face à Marine Le Pen.

Ce sondage en confirme plusieurs autres, récents, dont le baromètre IFOP du 19 juin qui révélait que le leader insoumis est le candidat des jeunes et des travailleurs. Il est en effet deux fois plus populaire chez les jeunes que Jordan Bardella. Il est la personnalité avec le plus de bonnes opinions chez les moins de 35 ans. Il est aussi le candidat préféré des professions intermédiaires – la classe moyenne – avec 49 % de bonnes opinions. Et il se trouve aussi devant Bardella et Le Pen chez les personnes non diplômées. Conclusion ? Même les sondages biaisés et manipulés peinent à cacher la progression constante du leader insoumis.

Après le succès du meeting du 7 juin qui a réuni plus de 26 000 personnes et la réussite du concert insoumis antiraciste, Jean-Luc Mélenchon a réalisé un début de campagne qui le place au dessus de la mêlée. L’été sera chaud pour ses concurrents. Tous sont freinés par des logiques de division interne, y compris au RN. En dépit de l’annonce de sa candidature après sa condamnation pour détournement de 4 millions d’euros d’argent public, Marine Le Pen est confrontée à un futur Premier ministre qui défend une ligne autre que la sienne. Le bling bling contre le bracelet électronique.

Par la mise en mouvement de dizaines de milliers de personnes, Jean-Luc Mélenchon a confirmé qu’il était le seul capable de battre le RN, et de proposer un futur différent au pays. Blocage des prix, hausse des salaires, taxation des superprofits, écorégions pour la planification écologique, référendum révocatoire en passant à la 6ème République, suspension de l’accord UE-Israel, ce sont tout autant de mesures qui convainquent, et renforcent la puissante dynamique autour de lui. Vous voulez rejoindre la campagne ? Rendez-vous sur http://melenchon2027.fr. Notre brève.

Sylvain Noel, rédacteur en chef

« Je serai au second tour de l’élection présidentielle. Et nous gagnerons, car la France n’est pas un pays fasciste ou raciste. » – Jean-Luc Mélenchon

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jeudi 9 juillet 2026

Montage truqué et attaques suprémacistes coordonnées contre Imane El Hamzaoui .

 Depuis plusieurs jours, la dirigeante insoumise Imane El Hamzaoui est la cible de menaces et d’attaques coordonnées de l’extrême droite française et internationale. Membre de la coordination des espaces de LFI, Imane El Hamzaoui est ciblée comme opposante politique, femme, insoumise, mais aussi pour son puissant engagement contre le racisme. En décembre 2025, elle a été à l’initiative du lancement de la campagne nationale de La France insoumise contre tous les racismes. Ingénieure de formation, elle a également fourni un important travail autour du concept de « Nouvelle France », largement repris par la population, comme en témoignent les slogans scandés au meeting de Jean-Luc Mélenchon le 7 juin à Saint-Denis.

Pour ses combats, et comme jeune femme insoumise et racisée, Imane El Hamzaoui est régulièrement la cible de violentes attaques fascistes. Ces derniers jours, ces offensives ont pris une ampleur inédite et d’une dangerosité dédoublée à son encontre. À la suite d’un discours prononcé le week-end du 4 et 5 juillet à propos de la Nouvelle France, un compte fasciste sur les réseaux sociaux – nommé « French Carcan » – a réalisé un montage mensonger de son propos pour la diffamer, une méthode redondante de l’extrême droite. S’en est suivi un déferlement de haine, mêlant racisme, menaces de mort et de viols, à une échelle internationale. 

Un montage truqué dans son discours sur la Nouvelle France 

Lors d’une université d’été organisée par Tsedek et autres organisations,, Imane El Hamzaoui a défendu le concept de « Nouvelle France », ce concept qui décrit l’ensemble des mutations qu’a connues la France depuis les sept dernières décennies mais qui est constamment déformé par ses détracteurs, des tenants de l’extrême droite jusqu’aux journalistes passés au statut de propagandiste. Dans son discours, Imane El Hamzaoui notait que lorsqu’il est en débat, l’objet de ce concept devient « la représentation qu’ils s’en font plutôt que le contenu que nous lui donnons ».

Et c’est bien de cela dont il s’agit continuellement, de la représentation de l’objet du concept de Nouvelle France et de comment il est réduit, déformé, et transformé pour remplir des fins politiciennes visant à disqualifier La France insoumise.

Ainsi, le 5 juillet, quelques heures après son discours sur « Qu’est-ce que la Nouvelle France », le compte « French Carcan » a réalisé et publié un montage mensonger, pour tordre ce concept et les propos d’Imane El Hamzaoui. Dans ce montage, on notera plus d’une dizaine de cuts réalisés, avec des bouts de phrases coupés, et recasés à d’autres phrases issues d’autres moments du discours. La méthode est rodée. Il s’agit de déformer complètement le propos pour lui donner une signification fallacieuse. 

Exemple. Dans son discours, Imane El Hamzaoui prononce les phrases suivantes : 

« Cette communauté d’expérience doit trouver sa traduction politique pas seulement au nom des intérêts immédiats mais aussi et surtout par l’instauration d’un clivage horizontal, entre eux et nous, entre la classe possédante, raciste, sexiste et suprémaciste et la Nouvelle France. Nous devons faire voler en éclat l’illusion de la fatalité et dévoiler la conflictualité de la société.

Par conséquent, la Nouvelle France ne peut pas être le fait d’un seul groupe. Elle doit être l’image mobilisatrice qui fait l’alliance entre différents groupes sociaux en condensant les attentes qu’ils portent et les aspirations qui leur sont communes pour organiser leur volonté collective. Ce n’est qu’à cette condition que la Nouvelle France pour soi peut advenir en 2027. »

Dans son montage, French Carcan sélectionne plusieurs éléments de phrases pour en construire une nouvelle, en supprimant des pans entiers. Une fois les coupes réalisées, c’est un propos nouveau, qui n’a jamais existé, qui est formulé par le montage : « Nous devons faire voler en éclats l’illusion de la fatalité et dévoiler la conflictualité de la société par l’instauration d’un clivage horizontal, entre eux et nous. » Ici, la mention de « classe possédante » disparait, de même que la conclusion sur « l’image mobilisatrice » de la Nouvelle France.

La même méthode s’applique tout au long du montage, le rendant ainsi complètement mensonger et frauduleux. Par ailleurs, ces méthodes ne sont pas sans rappeler le récent montage mensonger et indigne diffusé par Guillaume Erner sur France Culture, pour tenter de disqualifier Jean-Luc Mélenchon. Et le même compte, Frenc Carcan, en était à l’initiative.

Des attaques coordonnées de l’internationale réactionnaire

Le processus d’une attaque fasciste ne s’arrête pas là. Une fois le montage mensonger réalisé et publié, des relais nombreux s’activent pour diffuser le mensonge de façon coordonnée, rapide et massive. Ensuite, la presse sous contrôle de Vincent Bolloré en fait un sujet médiatique, repris par les plateaux de télévision sous son contrôle, mais pas seulement. Ainsi, la boucle est bouclée.

Dans le cas présent, le trucage contre Imane El Hamzaoui a d’abord été directement repris par Éric Zemmour qui s’est fendu d’un long texte la diffamant. Mais sa diffusion n’a pas été cantonnée à la sphère fasciste française. Elle a fait l’objet d’une procédure spéciale de diffusion de masse exportée à l’international.

Quelle preuve de la coordination réfléchie des attaques ? L’analyse des textes à l’encontre d’Imane El Hamzaoui le démontre. L’intégralité des comptes étrangers reprennent la même biographie de la dirigeante, avec les mêmes erreurs, et une biographie qui n’existe sur aucun compte français.

La sénatrice Maria Fernanda Cabal, figure de l’extrême droite colombienne, a ainsi retweeté un texte contre Imane El Hamzaoui qui reprenait la vidéo truquée.  Un député fasciste polonais, Dominik Tarczyński, fan assumé de Trump, dont il félicite régulièrement la milice ICE, a lui aussi repris.

De même que Charlie Weimers, député d’extrême droite suédois, ou encore Hermann Tertsch, eurodéputé espagnol, figure de l’extrême droite Vox, fils d’un diplomate autrichien qui a servi le 3ᵉ Reich et qui était présent en même temps que Jordan Bardella au chevet de Netanyahu, lors d’un déplacement en Israël en mars 2025. 

Les néoconservateurs américains ont aussi participé à cette attaque coordonnée, comme Matt Shea, classé comme terroriste par une enquête indépendante commandée par la Chambre des représentants des États-Unis. L’homme est connu pour avoir assumé être un fasciste, et avoir cité en exemple le théoricien nazi Carl Schmitt.

Voilà donc l’arc de l’internationale réactionnaire, qui s’est coordonnée pour cibler Imane El Hamzaoui, parce qu’opposante politique, femme, insoumise et racisée, cochant toutes les cases détestées par ces fascistes en bande organisée. Derrière, c’est aussi un objectif politique qui est poursuivi. La puissante dynamique autour de Jean-Luc Mélenchon inquiète l’arc réactionnaire, qui comprend que l’élection du leader insoumis a dépassé le stade de la probabilité. Pour la campagne à venir, il est clair que ce type de montages, truqués et visant à disqualifier LFI et son candidat, va aller en se multipliant. De même que pour les ingérences étrangères, contre lesquelles aucune loi n’a été annoncée malgré les demandes répétées des insoumis.

Sources:linsoumission.fr (Sylvain Noel, rédacteur en chef )


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mercredi 8 juillet 2026

Scandale – La loi « permis de tuer », inspirée du FN de Jean-Marie Le Pen, en train d’être passée en force par le gouvernement.

 

 Le Pen / Permis de tuer. À l’Assemblée nationale, Laurent Nuñez a activé l’article 44-2 pour passer en force la loi dite « permis de tuer » sans aucun débat ni étude. Un scandale absolu. Cette loi, inspirée du programme du FN de Jean-Marie Le Pen, présumera légaux les tirs des policiers et des gendarmes, même mortels. Concrètement, il reviendra aux proches, endeuillés, de produire les preuves que le policier ou le gendarme n’était pas en situation de légitime défense lors de son tir mortel.

À l’Assemblée nationale, les familles des victimes des violences policières sont présentes. Plus de 325 000 personnes ont déjà signé la pétition pour bloquer cette loi assassine, bien au-delà du seuil requis pour que le texte fasse l’objet d’un débat. Les magistrats, la défenseure des droits, la commission consultative des droits de l’homme l’affirment : avec cette loi, il y a un risque d’augmenter la mortalité liée à des tirs policiers.

Mais qu’importe, pour le gouvernement, il s’agit d’empêcher tout débat pour passer en force ce permis de tuer qui aggravera une situation déjà catastrophique. En France, la police tue déjà. En 20 ans, 162 personnes ont été tuées à la suite d’un contrôle de police ou d’une tentative de contrôle.

Depuis l’adoption de la loi de Bernard Cazeneuve en 2017, dite “loi permis de tuer”, le nombre de tirs mortels de policiers a été multiplié par 6. En 2024, 52 décès liés à une intervention policière ont été recensés, et 50 en 2023 (tout type d’intervention confondu). Les tués sont, la plupart du temps, de jeunes hommes issus des quartiers populaires et la plupart du temps racisés. Quant au contrôle de la police, il n’existe pas ou alors de façon largement insuffisante. Le taux d’élucidation des affaires de violences policières a baissé de 25 % entre 2016 et 2024. L’IGPN ne traite que 10 % des affaires judiciaires et délègue aux « cellules déontologie » le soin de traiter ces affaires.

Dans la même journée, deux scandales absolus révélant la dérive fascisante du gouvernement se sont enchainés. Rima Hassan a été convoquée à son procès politique, poursuivie pour « apologie de terrorisme », ce délit détourné pour briser toutes celles et ceux qui soutiennent la Palestine. Quelques heures plus tard, le gouvernement veut donner à la police le droit de vie et de mort sur tout un chacun, tout en censurant ses opposants. Les tueries de la police seront légales. Deux scandales qui révèlent comment la macronie fait progresser le fascisme, et menace la démocratie, l’Etat de droit et ses règles.

Sylvain Noel, rédacteur en chef

Pour aller plus loin : Déjà plus de 200 000 signataires contre la loi qui pourrait autoriser la police à vous tuer en toute légalité

« Les familles des victimes de violences policières sont là ! Vous ne les avez même pas écoutées ! Vous ne les avez même pas reçues ! Vous devriez avoir honte ! » – Manuel Bompard dénonce le coup de force du gouvernement qui tente de faire passer sa loi « permis de tuer », inspirée du RN de Jean-Marie Le PEn

Sources:linsoumission.fr. 

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mardi 7 juillet 2026

« Canicule : un traumatisme de plus » – Le billet d’humeur de Christophe Prudhomme.

 

Le bilan meurtrier de la canicule de fin juin a été revu à la hausse. Au moins 2 000 personnes ont été tuées, avec une hausse notable à domicile, selon les données de Santé Publique France. L’inaction climatique des macronistes, au pouvoir depuis 10 ans, est criminelle.

La canicule, un traumatisme de plus ? Les décès, souffrances physiques et mentales, privations et autres conséquences délétères de la canicule ont eu et continueront d’avoir un impact sur notre santé mentale, qui se dégrade maintenant depuis des décennies.

« Les périodes de chaleur extrême et de canicule affectent le corps mais encore plus l’esprit. Ainsi, leur répétition est à l’origine de ce qu’il est possible d’appeler une éco-anxiété avec un sentiment d’impuissance et d’angoisse pour l’avenir », souligne le docteur Christophe Prudhomme dans les colonnes de L’insoumission. Son billet d’humeur de la semaine.

« Dans ce contexte, les périodes de chaleur extrême et de canicule affectent le corps mais encore plus l’esprit. Ainsi, leur répétition est à l’origine de ce qu’il est possible d’appeler une éco-anxiété avec un sentiment d’impuissance et d’angoisse pour l’avenir. » – Christophe Prudhomme

La santé mentale des Françaises et des Français se dégrade depuis maintenant près de deux décennies. Un seul chiffre est là pour le démontrer : les dépenses de l’Assurance maladie concernant les troubles mentaux sont celles qui ont le plus augmenté depuis 2008, date de la crise financière des subprimes.

Depuis, un cumul de facteurs économiques, sociaux, technologiques et sanitaires a eu un effet de renforcement mutuel pour aggraver la situation. Il faut insister plus particulièrement sur la crise COVID aux conséquences désastreuses pour les jeunes déjà confrontés à un contexte de montée du chômage, à une précarité et à une insécurité professionnelle. Chez les adolescents et les jeunes adultes, la question des réseaux sociaux avec une comparaison sociale permanente, le cyberharcèlement, les troubles du sommeil liés aux écrans et la surcharge informationnelle sont mis en avant comme un contexte favorisant.

Pour toute la population, les facteurs prédominants sont les difficultés de logement, l’endettement et la hausse de la pauvreté ainsi que les discriminations et l’isolement social. À cela s’ajoute une transformation du monde du travail qui fait peser une charge mentale de plus en plus importante. Il faut reconnaître aujourd’hui que l’intensification du travail, une pression en faveur d’une disponibilité permanente via les outils numériques, davantage d’objectifs et d’évaluation ainsi qu’une perte d’autonomie dans certains métiers, sont à l’origine d’une perte de sens qui influe sur l’état psychologique des travailleuses et des travailleurs.

Pour aller plus loin : « Canicule : gouverner, c’est prévoir ! » – Le billet d’humeur de Christophe Prudhomme

Le contexte géopolitique joue aussi un rôle important avec la multiplication des conflits, l’augmentation du risque d’attentats terroristes, les crises politiques qui ont des conséquences immédiates sur la vie quotidienne comme l’a montré la hausse des carburants et de l’énergie en lien avec la guerre contre l’Iran.

Dans ce contexte, les périodes de chaleur extrême et de canicule affectent le corps mais encore plus l’esprit. Ainsi, leur répétition est à l’origine de ce qu’il est possible d’appeler une éco-anxiété avec un sentiment d’impuissance et d’angoisse pour l’avenir. Les conséquences sont une irritabilité accrue, une diminution de la tolérance au stress, une sensation d’épuisement mental et des difficultés de concentration et de mémoire, une aggravation de l’anxiété, des troubles de l’humeur pouvant aller jusqu’à un risque suicidaire chez les personnes vulnérables.

Le risque est accru chez les personnes âgées, les personnes isolées, celles vivant dans des logements très chauds et celles prenant des psychotropes (antidépresseurs, antipsychotiques, anxiolytiques) qui peuvent perturber la régulation de la température corporelle.

Une autre source d’inquiétude légitime est le constat d’un système de santé sous tension qui ne répond plus aux besoins de la population. En effet, du fait de la situation désastreuse de la psychiatrie, les personnes qui en ont besoin sont confrontées à une quasi-impossibilité dans de très nombreux cas d’un soutien psychologique et d’un suivi médical adapté.

Sources:linsoumission.fr (Par Christophe Prudhomme)


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