A la marge,celle qui relie les pages

lundi 5 octobre 2026

« Communistes, nous appelons à voter pour Jean-Luc Mélenchon le 18 avril 2027 ! » – Plus de 300 communistes signent une tribune pour se rassembler autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon

  Ce vendredi 2 octobre, plus de 300 communistes appellent à voter pour Jean-Luc Mélenchon. « Nous souhaitons le rassemblement le plus large de la gauche autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon » écrivent-ils dans une tribune que l’Insoumission relaye dans ses colonnes. Vous voulez signer ou faire signer ? Vous pouvez le faire sur ce lien.

« Nous souhaitons le rassemblement le plus large de la gauche autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon »

« Nous sommes communistes, quels que soient les lieux de notre engagement.

Nous considérons qu’il faut rompre avec le système capitaliste qui produit misère, précarité, exploitation, génère la guerre et détruit la planète.
Il crée de l’injustice, multiplie les discriminations et oppose les individus entre eux dans une concurrence mortifère.

Cette société est bloquée. Elle brise tous les imaginaires, elle met en cause la première des libertés, celle de penser et de créer.

Il est temps de construire ensemble une société juste et fraternelle, dans laquelle les êtres humains vivent en harmonie entre eux et avec la nature. Il est temps qu’une France non-alignée, œuvre à la paix et à la coopération mondiale en respectant le droit international, la souveraineté des peuples et leur droit à l’auto-détermination en Outre-mer comme partout dans le monde.  

Il est temps de combattre sans répit le patriarcat et le racisme.

L’élection présidentielle sera décisive.

Dans la situation politique actuelle à gauche, la candidature de Jean-Luc Mélenchon est celle qui peut accéder au second tour et l’emporter.

Plusieurs générations n’ont connu que des gouvernements appliquant les règles du néolibéralisme. Ces règles ont conduit la France au bord du gouffre.
Notre peuple, de façon majoritaire, a pris conscience de la nécessité d’une rupture avec ce système. Aujourd’hui il sait que toute compromission avec le capitalisme est une impasse, il a choisi la radicalité.

Le programme porté par Jean-Luc Mélenchon propose ce choix. Nous pensons indispensable de rassembler dès le premier tour celles et ceux qui croient en un projet radical de changement. La victoire contre l’extrême droite, comme en 2024, passe par cet espoir qu’une autre voie est possible.

Nous souhaitons le rassemblement le plus large de la gauche autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon dès le premier tour des présidentielles et pour les législatives.

Et comme individus communistes, dès maintenant, nous faisons le choix de soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour donner à notre peuple la force de tout changer. »

Les 300 premiers signataires de soutien à Jean-Luc Mélenchon

AMRANI Farida, députée de l’Essonne (91), CERNON Bérenger, député de l’Essonne (91), COUTURIER Catherine, députée de la Creuse, 2022-2024 (23), ERODI Karen, députée du Tarn (81), ETIENNE Martine, députée de Meurthe et Moselle, 2022-2024 adjointe au maire de Longwy (54), BAGAYOKO Bally, maire de Saint-Denis (93)

AUDOUIN Christian ancien Secrétaire départemental PCF 87 et 19, BASTIANINI Jean Pierre, 1er adjoint au Maire de Soues (65), BENINGER Richard, ancien Directeur général de l’Humanité (71), BESSE Pierre militant POI (92), BRET Robert, ancien secrétaire départemental PCF, ancien sénateur (13), CAPANEMA Silvia, conseillère départementale et maire adjointe  de Saint-Denis (93), CHRISTODOULOU Alexis, conseiller municipal de Chalettes sur Loing (45), CROUZET Jean-Paul Maire adjoint de Vénissieux (69), DANGLOT Jean Claude, ancien Secrétaire départemental PCF (62), DECAN Françoise, ancienne Secrétaire départementale PCF Haute Vienne (87), DEGOY Lucien ancien journaliste à l’humanité (93), DOUCOURE Mama, militante associative ancienne conseillère déléguée de Montreuil (93), ESPINOSA José, ancien Conseiller de Paris PCF et maire adjoint 12e (75, GENEVEE Frederick historien (94), GUILLAUMIN Pierre, conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes (03), GREDER Joelle ancienne dirigeante du PCF (82), INJEY Bob ancien dirigeant du PCF (06), JAMES Claude ancien journaliste de l’Humanité (93), KOLEBACKI Patrick conseiller municipal et communautaire de Lille (59), LAPORTE Pierre, conseiller départemental (93), LEBLAN-FALZONE Thierry, conseiller municipal de Bressuire (79), LORAND Isabelle chirurgienne conseillère municipale de Vitry (94),MARQUISET Jean-Charles (58), MONNET Pierrick, paysan, maire de Chevillard (01), NOEL Sylvain, directeur de l’Insoumission, conseiller municipal de Montreuil (93), NORMAND Jean-Pierre ancien vice-président PCF de Limoges Métropole, PARNY Francis coordinateur des Insoumis communistes 

ALCOCK Nathaniel (06), BENEDETTI Christian, metteur en scène (94), BERNARD Nicole (75), BERNARD Paul (92), BLOCH Serge (67), BONIN Bruno (79), CANUT Dominique (83), CATROU Rémy (17), CELIK Alice Elman conseillère France travail (31) (83), CHABOUNI Saïd, syndicaliste CGT (13), COLLEMINE Pascal syndicaliste CGT Chimie (93), COLLIN Daniel (73), DELALONDRE Clarisse (75), DESBOIS Christian, syndicaliste CGT presse (32), DESHAYES Michel (17), DUGUDUS, affichiste (75), FERRARIO Roberto, animateur internet et du site « Bellaciao » (94), FOIX Alain écrivain philosophe (93), GUEDIGUIAN Robert cinéaste (13),  GOUIRAND Alain, syndicaliste FSU (13), GOUTMANN Isabelle, directrice de publication (34), GRUT Elouan, étudiant (35), HERODY Sylvie agent comptable Lycée retraitée (71), HERVY Patrick, militant de la cause palestinienne (94), HOUPIN Christian, retraité cheminot (60), KLAJNBAUM Laurent, militant culturel (93), KOUVELAKIS Stathis, philosophe, universitaire (75), LAMBERT Nicolas, metteur en scène (75), LAMBOLEZ Pascal, retraité CGT Mines Énergies (91), LAVAULT Maya, syndicaliste Sud Éducation (93), LE FLOCH Lenny, étudiant (22), LÉGER Nina, graphiste (75), MARIAN Silvano (64), MATHEVON Jean-Claude, ex-CFDT métallurgie (91), MAURAN Stéphane, militant syndical et politique (79), MAURIERES Patrick, communicant (81), NAVARRO José, Militant syndical CGT (65), PELLICER David, enseignant (82), PERNET Patrick, militant SNJ-CGT (32), PIGACHE Arnaud (92), QUAINQUARD Françoise (22 et 91), RENARD Christian (22), ROGE Henri, militant SNEP/FSU (27), SAKHNINE Alexeï, réfugié russe accueilli par LFI (93), SANNA Éric, artisan maçon (05), SARRI Martine, chanteuse comédienne (13), SERVEL Franck (83), SMIRNOVA Liza, réfugiée russe accueillie par LFI (93), SOLAÏL Théo, coordonnateur d’un réseau d’habitat écologique (35), SOREL Jean-Marc, retraité de la pétrochimie, syndicaliste CGT (05), TENDA Malik (29), TRICHINE Ida, retraitée EDF (64), VALADE Françoise enseignante LP (87), VERZELETTI Celine, militante syndicale Fonction publique (75), YU Jean Christophe, cinéaste (Liège), ZENTIL Liliane, infirmière psy 

ABAD Robert (34), ABAD Ghislaine (34), ADAMOU Saïtek, réalisateur comédien (93), AFNAI Smael, Lycéen (93), AGHION Jacques, professeur d’université (Liège), AÏT ATMANE LECERVOISIER Florence (94), AROUALI Alima (24), AUFERIL Alain (92), BAIBARAC Laurent (34), BARREAU-MAINSON Claude (79), BARTKOWIAK Daniel (54), BASTARD-ROSSET Valentine (74), BATTINI Guy, ancien journaliste de la Marseillaise (13), BENOIT Laurence cheffe costumière (93), BERNARD Jocelyne (79), BERGER Sandrine (95), BERGONSO Maxime (35), BERIDEBAT Alain, Militant associatif (64), BERNARDEAU Guillaume, militant syndical (79), BERRAUD Michel, notaire (37), BINARD Jeanne Costumiere habilleuse (75),

BOISSONADE Fabien (34), BONNET Olivier, gestionnaire d’assurance (79), BOUMEDIENNE Fouad, militant syndical (59), BRU Monique (47), BURGER Jean-Charles ouvrier agricole (87), BUSTAMANTE Didier (24), CAJAL, Anne Marie (64), CALLO Benjamin (05), CAMELIN Daniele, retraitée Fonction Publique (91), CAMELIN Lionel, graphiste (91), CAMELIN Michel, retraité Fonction Publique (91), CAYATTE Jacques, chirurgien-dentiste (13), CAYATTE Marie-Claire (13), CAZAMAYOU Monique (64), CHAGNON Jacqueline, retraitée Fonction Publique (91), CHALAD Othman, militant syndical (33), CHAPELAIN Rozenn, enseignante retraitée (56), CHAPOTIN Siegfried (44), CHAPPE Dominique (05), CHARRON François, militant syndical (79), CLERC Philippe, Haute-Corse, COLLEMINE Corinne (93), COLLEMINE Marine, professeur (94), COLLET Didier (17), COMAT Michel, manutentionnaire retraité (71), CONEJERO Vincent, ingénieur (75), CONTAUX Bernard, COSTARELLA Pascal (38), COTANCE Cyril, développeur informaticien (87), CUREAU François (02), DANIEL Cécile (93) , DANIEL Claude (93) , DAVID Sylvain, militant syndical et poète (79), DECAN Flavie artisan (40), DE LUCA Sylvia, militante syndicale, DE VITA Jean Claude, retraité SNCF (40), DE VITA Marie Claude, enseignante retraitée (40), DELACOUR Charlène, responsable de la rubrique « Féminisme » de l’Insoumission (93), DELMONT Pascal (93), DEPROW Olivier, militant syndical (93),

DESBOIS Nicole, peintre en lettres (32),DESCHAMPS Jean-Marc, enseignant retraité (36), DIAZ Jocelyne, militante syndical (79), DIAZ Johnny, militant syndical (79), DOLTER Dominique (48), DOTTO Aline (38), DOUBLET François (79), DOUR Sophie (92), DUBRAC Jacqueline (87), DUBRAC Patrick, artiste peintre (87), DUMAND Claudine, ECHENE Clément (59), EGEA Antoine (17), ELYAAKABI Mohamed (95), FAUCHER Anne, militante syndical (79), FAUCHER, Dominique, militant syndical (79), FAVREAU-HASSI Nadine, médecin (79), FÉLICES Nadia (34), FIALHO Bruno, syndicaliste UGICT (75), FIASCHI Marcel (13), FOUQUEAU, Mireille (13), FOVET Marie-France, FRANCHETEAU Michel, militant associatif (79), GALATAUD Elsa, AESH (31), GALLAIS Estelle (79), GAULTHIER Arthur, archéologue (32), GAUTHIER Jules (06), GAZEAU Claude (79), GEORGES Jean-Michel, GERMAIN Robert (71), GODEFROY Pierre, documentaliste (93), GOUTY Michel, enseignant, syndiqué FSU (44), GRANGIER Emmanuelle, chorégraphe (93), GRAU Catherine (95), GROSSETTI Frédéric (05), GUERANDEL Hervé, militant syndical (79), GUILBERT Roméo Guilbert, vidéaste (75), GUIOT René, HAASAN Henri (69), HERELLE Mick (13), HIBERT Mathilde, professeure des écoles (75), ISAPOFF Cyril (94), JACQUET Maria (03), JADEAU Andy, charpentier en reconversion (87), JOSSO Joël (94), JOURNÉ Ewen (35), KASPERECK Jean-Pierre (83), KERMAGORET Joelle (35), KERMAGORET René (35), KERVELLA Maelys, étudiante (91), KLAJNBAUM Macha (38), KOCHENBURGER Dolorès (54), LAFFITE Claude (64), LAFFITE Mireille (64), LAFFARGE Stéphane, militant syndical (87), LAPLACE Patrice (79), LARREGOLA Daniel (65), LASSERRE Jean-Pierre (31), LASSERRE Nicole (31), LATRILLE Luc (92), LAVOINE-PINAULT Simon, étudiant en Hôtellerie-Restauration (45), LELIÈVRE Jean-Marc, LE PIVERT François (22), LERAY Georges, militant CGT (44), LEROUX Jerôme (45), LOEUILLIETTE Gérard, (92), LORIETTE Monique, retraitée Fonction Publique (94), LORIETTE Yves, opticien (94), LUIGGI Gérard (83), MAQUART Cathy (79), MARCHAL Philippe, artiste peintre (38), MARTELLO-HILLMEYER Eliot, responsable rubrique «Critiques des médias» de L’Insoumission (13), MARTINET Remy (02), MATHEVON Cyril, bibliothécaire (75), MATHIAS Antoine (93), MAUREL Solange (31), MAURET MUGUERCIA David (35), MEGUERDITCHIAN Antoine, jardinier (93), MICHALIK Julien, aide-soignant (64), MONDON Pauline (87), MONZIER Christian, ingénieur agronome (75), MORANDI Laure (32), NADAL Marie, fonctionnaire (82), NAVARRE Christian (32), NÉBAS Anne-Clemence, orthophoniste (79), NOBREGA Ludovic, cheminot CGT retraité (32), NOIROT Maxime, assistant d’éducation (86), NONY Ethaniel, éducateur spécialisé (87), NORMAN Henri (64) NOSTRIANO Jean-Paul (13) PADOVAN Serge, (32), PAINT Jean-Pierre (56), PAPP Olga, cheffe costumière (93), PARTOUCHE Bernard (47), PARTOUCHE Daniele (47), PAULOU Nelly (64), PÉRÉ Joelle (64), PÉRÉ Yves, militant syndical (64), PEREIRA-OSTANEL Sandra, militante syndicale (64), PHILIPPE Daniel (91), PIALAT Pierre Édouard (19), PIN Jean-François (95), PINAUD David (79), PLEE Clément, musicologue (93), PONTAIS Catherine (13), POYARD Alexis, responsable de la rubrique « Lutte contre l’extrême droite » de L’Insoumission (25), PROENCA MILHEIRO BORDE Sara, photographe (93), QUAINQUARD-VANDAME Ingrid, secrétaire commerciale (91), QUAINQUARD Stéphane, imprimeur (91), QUÉVAL Martin, artiste lyrique (87), RAMIS Sophie, graphiste, (92), RAVET Charlie, metteuse en scène autrice (93), RAVET Tom, étudiant (93), ROME Gerard (19), ROME Pascale (19), ROMÉO Marie José (64), ROULIN Denis, (79), ROURE Samuel, webmaster (93), RUIZ Olga, militante associative (93), SALSE Annie (34), SAMOYAU Franck (79), SANCHEZ Henri (38), SAURET Marie Jean (31), SÉGUÉLA-TOURNIL Roseline, retraitée Éducation Nationale (66), SERRA Sonia (13), SHAHZADA Isabeau, travailleuse du spectacle (93), SOJAC Julien (93), SOUROUSSE Pascale (34), SOZEDDE Jean Paul ancien communiste prochinois (06), SPARFEL Jean Pierre (34), STEFANINI Paloma, metteuse en scène, autrice. (93), TALIBART Jean-Christophe (78), THEOBALD Pascale, Infirmière scolaire (95), THOMAS Marcel (17), THORANGE Jean-Paul (78), TRICOCHE-ESPINOSA Danielle (93), TROVEL Jackie (56), VERZENI Thierry, militant syndical (79), VIGIER Rudy (13), VILA Pierre (93), VINAY Dominique (83), VINCENT Françoise (91), WARSZAWSKI Jean-Marc, Musicologue (75), WIDIEZ Jean Luc (38), WIERZBINSKI Benjamin, responsable administratif (91), WIERZBINSKI Dominique, plombier retraité (91), WIERZBINSKI Guillaume, ostéopathe (69), WURTZ Diane, DJ plasticienne (75)

Pour aller plus loin : Mélenchon à 20 % : ce sondage fait trembler ses adversaires

 Sources:linsoumission.fr

Share:

dimanche 4 octobre 2026

« Le 6 octobre avec et en protection de la jeunesse » – L’analyse de Jean-Luc Mélenchon.

 

 6 octobre. Dans une note publiée ce samedi 3 octobre, Jean-Luc Mélenchon livre une analyse sur les événements actuels, un cadrage pour comprendre le réel et organiser l’action. Il montre que le 6 octobre sera le point de ralliement, un point de départ d’une nouvelle série pour en finir avec un système à l’agonie. L’Insoumission relaye son analyse dans ses colonnes.

Comprendre les évènements actuels

Aucune méthode rationnelle de réponse à la situation dix jours après le début des événements lycéens ! Le gouvernement s’enlise dans un absurde discours anti-LFI et compte sur le déchaînement des violences policières sur le terrain pour lui offrir les images dont il a besoin. Le larbinage médiatique suit. Une statistique parmi d’autres, celle du journal télévisé de France 2, certainement le plus caricatural du PAF avec celui de BFM. 75 % du temps sur les dégâts et 8 % sur les revendications.

Télés et radios se sont faits aussi un devoir de relayer la « question posée » de la dissolution de notre mouvement. BFM a interrogé sur le sujet tous ceux qui passaient sur ses plateaux. On comprend quelle ambiance il s’agit de créer. Ceux qui nous accusent de « récupérer » se sont saisis des événements pour récupérer une possibilité de discréditer LFI dans la campagne présidentielle. Le Pen a saisi la balle au bond : « l’ordre doit être rétabli », a-t-elle claironné.

Les « partis de l’ordre » vont fleurir. Ils sont la nouvelle étape de la décomposition de la sphère politique française. La mode Trump-Bolsonaro-Milei entre en Europe. RN en France, AfD en Allemagne : le tableau se construit. La droite traditionnelle coule. Retailleau en est réduit à parler de moi pour qu’on parle de lui. Mais, bien sûr, il y a surtout la résistance des sociétés agressées par les politiques libérales.

Ce résumé tient lieu de cadrage des événements actuels, sans entrer dans leurs détails pourtant tous essentiels, car la façon dont le réel se déploie est décisive pour organiser l’action. C’est à ce propos que je veux proposer ici un regard explicatif.

L’indignation contre les violences de la répression alimente une nouvelle dynamique

La nonchalance du gouvernement, et du ministre de l’Éducation en particulier, est suspecte. Elle a produit dix jours de mobilisation sans réponse. Il est vrai qu’il n’existe aucune expérience personnelle, dans ce gouvernement, de la gestion des crises de la jeunesse et de leur caractère singulier au pays de Mai 68. Résultat, pour l’heure : un certain enlisement et la multiplication des face-à-face jeunesse-police. Du coup, à cette heure, l’indignation contre les violences de la répression alimente une nouvelle dynamique.

Elle s’étend dans tous les compartiments de la société. En atteste le communiqué du Syndicat de la magistrature, qui la dénonce à son tour. Le gouvernement a tout de suite visé LFI comme le diable de confort. Mal lui en a pris. Cela nous a valu une surcote considérable dans les lycées, alors que nous étions déjà bien reçus partout. Mais comment cela s’est-il mis en place ?

Les Insoumis ont partie liée à ce mouvement parce qu’il a commencé à Créteil, dans une circonscription et dans un département où les Insoumis sont nombreux, influents et organisés. Il s’agit de la circonscription de Clémence Guetté. Le lien interne s’est immédiatement mis en place, car c’est aussi le département de Louis Boyard, député référent de la jeunesse au groupe parlementaire dont la présidente, Mathilde Panot, est également une députée du département.

Ici une caractéristique nouvelle. Dans le passé, les lycées se mettaient d’abord en mouvement dans les beaux quartiers. Ici, ce sont les banlieues les premières engagées. Les beaux quartiers sont arrivés en dernier. Le déploiement insoumis s’est donc opéré spontanément partout, puisque c’était sur les territoires insoumis. Il a été relayé aussitôt par les réseaux sociaux et les appels des jeunes, de leurs parents ou de leurs enseignants, pour solliciter la présence des députés insoumis dans tout le pays, en protection des jeunes. Comme d’habitude, nous avons été les seuls politiques sur place devant les lycées, donc seuls à devoir organiser la protection des jeunes.

Cette question est devenue notre principal objectif, compte tenu de ce que nous observions sur le terrain. Non seulement la violence des gazages et tirs, mais les actes d’insubordination de policiers n’obéissant pas aux consignes des commissaires quand nous les avions négociées pour calmer les situations. C’est sur cet objectif de protection que nous nous sommes organisés en responsabilité. Nous savions qu’en le faisant, nous rompions l’encerclement des lycéens voulu par l’officialité médiatique hostile et la police. Sur place, les professeurs et les membres des équipes éducatives ont immédiatement bien reçu le renfort de parents et de militants s’interposant entre eux et la police.

Depuis, ce sont les syndicats et les militants de toute la gauche qui constituent des chaînes de protection et s’interposent comme nous l’avions proposé. Et, dès le début, il a été clair que le gouvernement ou bien ne savait que faire, ou bien jouait le pourrissement. Pourquoi ? Il a agi surtout dans l’espoir de transformer le problème des lycéens en problème sécuritaire, faute de pouvoir mettre la main à la poche pour répondre aux revendications. Depuis lundi, ce sont plus de cinq mille interpellations.

Davantage qu’au plus fort de mai 1968. Et Nuñez s’en vante. Cela a bien aidé à rassembler contre sa politique. Il ne faut pas perdre de vue le moment où tout cela arrive : le projet de budget de l’État est désormais déposé. On connaît sa mécanique parlementaire. Elle conduit au 49.3 et à la censure du gouvernement. Désormais donc, sur la scène politique, la gestion burlesque du temps politique par le gouvernement a réussi à faire coïncider ces deux séries d’événements : un soulèvement de la jeunesse et la discussion du budget qui la concerne… Alors, le tableau s’est encore métamorphosé en peu de temps.

Structuration et jonction des mouvements

Une première étape de structuration a été franchie avec la tenue d’une coordination organisée des lycéens. Elle s’est mise en place en milieu de semaine. Elle a conduit à un appel commun des syndicats de lycéens en vue d’une manifestation le 6 octobre. Un premier pas décisif était ainsi fait. Le paysage pouvait aussitôt se redessiner plus largement autour de ce rendez-vous. Et alors sont intervenues deux modifications essentielles dans le rapport de force.

Tandis que le gouvernement s’enfonçait avec toute sa presse dans le ciblage de LFI et de ses « proxys de l’ultragauche » selon le vocabulaire réservé jusque là à l’Iran, le tableau se transformait. D’abord, ce sont les jeunes des universités entrant dans la lutte aux côtés des lycéens. Des assemblées étudiantes très nombreuses se sont réunies et ont décidé l’appel à la mobilisation du 6 aux côtés des lycéens. Tous les syndicats étudiants ont emboîté la démarche, inclue la FAGE, inhabituelle dans cet exercice. Cette jonction sous cette forme et dans cet ordre est une première dans l’histoire des mouvements de jeunesse en France. On en était là.

Vinrent alors les appels de tous les syndicats de l’enseignement. Six appellent ensemble à la grève et à la manifestation du 6 octobre. Un événement que cette jonction des personnels et des jeunes. Puis à mesure que se multipliaient les violences policières et l’acharnement médiatique en continu, chacun compris mieux ce qui était désormais en cause. La décision des confédérations syndicales fut prise et elle a changé de fond en comble le rapport de force. Elles appelèrent à la protection des jeunes et à la solidarité avec leurs revendications. De là, vint quasi aussitôt une initiative de la CGT proposant une intersyndicale. Et celle-ci de lancer à son tour un appel à la manifestation du 6 octobre.

La CGT est entrée vigoureusement en mouvement. Elle a ouvert ses locaux aux jeunes, proposé le dépôt par ses soins des parcours de manifestation, organisé le renfort décisif pour la protection des jeunes. Sur le terrain, des cortèges de salariés se sont formés en direction des lycées pour assurer cette protection comme au Havre. Partout, le signal est donné de la jonction des forces.

Ainsi, à Nantes, on voit un appel à soutien des jeunes signé par toutes les organisations politiques de gauche, de Place Publique de Glucksmann au POI de Jérôme Legavre. Cet exemple illustre un état d’esprit. Personne ne rejoint la campagne de la macronie contre LFI. Le contraire de la situation des révoltes urbaines dans l’affaire Nahel. L’isolement de LFI est rompu. La conjonction des syndicats de salariés avec le mouvement de jeunesse et de l’opposition parlementaire de gauche fonde une protection mutuelle en tortue et rend possible une dynamique d’ensemble.

La presse du 2 octobre est une caricature de la traditionnelle mobilisation de la réaction en France. Sauf « l’Humanité » fidèle dans son soutien aux luttes populaires, tout le reste est fait d’images d’incendie ou de comportement juvénile volontairement outré par les photographes à gages. Les insultes contre LFI et contre moi, personnellement, sont dans toutes les colonnes et les bandeaux de l’information en continu au milieu des images à charge. Du point de vue de l’information, c’est une déchéance consommée.

Du point de vue de la conquête des esprits, c’est pour nous une aubaine. D’abord, parce qu’elle réanime la culture d’hostilité contre la presse des milliardaires. Ensuite, parce qu’elle creuse l’écart entre le ressenti et l’image rendue pour des milliers de familles auxquelles leurs jeunes racontent la réalité.

D’où les 61 % d’opinions favorables au mouvement détectés par un sondage peu commenté. Un robuste dégagisme politique s’alimente à cette source. Le retournement de la première impression va faire son chemin. Bientôt les zélés de la répression vont être aussi marginalisés que les négationnistes du génocide à Gaza. Filmer des poubelles qui brûlent et cacher les violences policières va devenir une ignominie comparable. Les charges à cheval, les éborgnements, les gens roués de coups, tout cela est nié. Mais tout cela existe.

Les témoins sont là. La mémoire retiendra la sale besogne d’invisibilisation accomplie par ces soi-disant moyens d’information. Car pendant ce temps des millions de vues de vidéos circulent dans la jeunesse et sur tous les réseaux sociaux qui racontent une réalité bien plus crédible et contagieuse. Le temps du bourrage de crâne ne fonctionne plus que pour une minorité rivée à son poste de télé.

Le 6 octobre, un point de ralliement général

Le 6 octobre est un point de ralliement général, un point de départ. Cette date ouvre une série à coup sûr. Le 17 octobre est dans les esprits. Le gouvernement dispose donc de peu de temps pour imaginer une sortie de crise. Il est peu crédible de l’en croire capable. Mieux vaut alors s’organiser pour accompagner cette période de mobilisation et de prise de conscience politique en lui ouvrant un débouché sur 2027. Le devoir est d’aider et de protéger nos jeunes.

C’est pourquoi j’ai proposé, comme d’autres, de disposer des « casques blancs » ou des brassards blancs autour et dans les manifestations du 6 octobre comme cela fut fait dans le passé après la mort de Malik Oussekine ou en protection des manifestations lycéennes des années 90. Je suis certain que cela sera une protection et une force de modération efficace comme on a vu dans chaque circonstance ou des lignes d’adultes se sont disposées et « interposées » (j’utilise le terme des années où cela fut fait).

Dans cette circonstance comme dans d’autres l’enjeu, c’est encore une fois l’idée de ne pas permettre le tri des jeunes par les médias, la police, la macronie et le RN alliés entre « bons jeunes » et les autres. Une fois de plus, il s’agit de défendre l’idée d’un seul peuple qui ne considère pas sa jeunesse comme un ennemi de l’intérieur. Les images de télé sont une chose, la réalité, une autre. Ce dont il est question, c’est de permettre aux jeunes de « réussir » leur vie en réussissant leurs études.

Souces:linsoumission.fr (Par Jean-Luc Mélenchon)

Share:

vendredi 2 octobre 2026

« La santé des exclus du système » – Le billet d’humeur de Christophe Prudhomme.

 

Santé. Ils sont environ 350 000 à vivre à la rue en France. Ce chiffre est sûrement sous-estimé car l’augmentation est régulière et, surtout, cette population a doublé en 10 ans. Il s’agit d’un groupe social hétérogène confronté à différentes formes d’exclusion sociale qui comprend de plus en plus de femmes et d’enfants, mais aussi des personnes âgées, des personnes en situation de handicap et des individus souffrant de problèmes de santé, notamment de troubles mentaux. Le docteur Christophe Prudhomme y revient dans son billet d’humeur de la semaine.

« La liste des facteurs aggravant l’état de santé des personnes sans domicile fixe est longue » – Docteur Christophe Prudhomme

Une étude récente s’est penchée sur l’état de santé de cette population. Le constat est sans appel sur une situation très dégradée avec de très nombreux cas de tuberculose, d’hépatite C, de maladies cardiaques… Ces personnes présentent très souvent des handicaps non diagnostiqués comme des troubles du spectre autistique, des troubles de l’apprentissage ou des lésions cérébrales acquises.

Il n’est ainsi pas étonnant que leur espérance de vie soit inférieure de la moitié de celle de la population générale, soit 45 ans pour les hommes et 43 ans pour les femmes. Ce chiffre montre que les femmes subissent plus durement cette vie à la rue car leur espérance de vie est à l’inverse plus élevée que celle des hommes dans le reste de la population.

Les causes les plus courantes de mortalité comprennent l’intoxication par les drogues, le suicide, les accidents, les maladies cardiovasculaires et respiratoires. Par ailleurs, ces personnes sont exposées à des abus pouvant entraîner des blessures, des traumatismes, un stress post-traumatique, des viols, des meurtres et des trafics d’êtres humains.

Pour aller plus loin : « La catastrophe aux urgences » – Le billet d’humeur de Christophe Prudhomme

La liste des facteurs aggravant l’état de santé des personnes sans domicile fixe est longue. En premier, vient l’insécurité alimentaire. L’accès aux soins est encore plus compliqué que pour chacun d’entre nous dans un système de santé dégradé. À cela s’ajoutent la violence, le stress chronique, les conditions de vie insalubres et, sujet d’actualité, une exposition à des conditions climatiques extrêmes.

Une des causes de la bascule vers la rue sur laquelle je voudrais insister est la perte de son logement. Il devient aujourd’hui tellement difficile de se loger dans les grandes villes qu’il est facile de comprendre ce qui se passe pour ceux qui peuvent cumuler en plus une perte d’emploi, une séparation de son conjoint ou tout autre événement de la vie fragilisant son statut social. Cette question du logement est essentielle car on estime que quand une personne se retrouve à la rue, si elle ne peut pas réintégrer un logement dans les six mois qui suivent, il sera très difficile de la sortir de sa situation.

La priorité doit donc être celle du logement. Il est essentiel de mettre en place des structures d’hébergement d’urgence pour sortir de la rue le plus rapidement possible ceux qui s’y trouvent afin de pouvoir les aider à retrouver une stabilité sociale le plus rapidement possible. Il s’agit d’une urgence politique qui nous concerne tous car chacun peut un jour ou l’autre être confronté à des difficultés qui peuvent faire qu’il se retrouve lui-même dans cette situation.

Sources:linsoumission.fr       ( Par Dr Christophe Prudhomme)

Share:

mercredi 30 septembre 2026

Logement, emploi, rénovation : Mélenchon veut relancer le bâtiment par la planification.

 

Lors du Grand Oral du salon du bâtiment, Jean-Luc Mélenchon a présenté ses propositions devant les représentants du secteur. Face à la crise du logement et aux difficultés rencontrées par les entreprises du BTP, il défend un plan fondé sur la construction de 400 000 logements par an, la rénovation de 700 000 logements et la création de 300 000 emplois qualifiés.

Le bâtiment est l’un des premiers employeurs de France et l’un des secteurs majeurs de l’économie. Pourtant, il traverse aujourd’hui une période difficile alors même que les besoins de la population n’ont jamais été aussi importants. La construction de logements s’est fortement contractée, tandis que les demandes de logement social continuent de progresser et que l’accès à la propriété devient de plus en plus difficile pour une partie de la population. Pour Jean-Luc Mélenchon, cette contradiction est le résultat d’un choix politique : celui d’avoir traité le logement avant tout comme un marché. Notre article.

« Les recettes du marché ont été appliquées au logement » – Jean-Luc Mélenchon

« Les recettes du marché ont été appliquées au logement. Le résultat ? Une maltraitance sociale généralisée », affirme Jean-Luc Mélenchon. Il rappelle ainsi que 2,8 millions de ménages sont en attente d’un logement social, tandis que des centaines de milliers de personnes sont privées de logement. À cela s’ajoutent les millions de Français qui souhaitent accéder à la propriété mais dont les revenus ne permettent plus de suivre l’évolution des prix immobiliers.


Le lien

 Pour le candidat insoumis, la réponse ne peut donc pas se limiter à quelques dispositifs fiscaux ou à des mesures ponctuelles. Il faut reconstruire une capacité publique à produire des logements en nombre suffisant. Son objectif est clair : 400 000 nouveaux logements par an et 700 000 réhabilitations thermiques chaque année. Une politique qui vise à répondre simultanément à l’urgence sociale et à la nécessité de transformer le parc immobilier français.

Mobiliser l’épargne pour relancer la construction

Une telle ambition suppose évidemment de mobiliser des moyens financiers considérables. Jean-Luc Mélenchon propose notamment de réorienter davantage les ressources de l’épargne réglementée vers le logement et l’investissement public, en particulier à travers les fonds gérés par la Caisse des dépôts et consignations. L’objectif est de faire davantage de l’épargne des Français un outil au service de la construction et de la rénovation.

Cette proposition s’inscrit dans une logique plus large : l’État ne doit pas seulement intervenir pour compenser les défaillances du marché, mais être capable d’orienter directement l’investissement vers les secteurs jugés prioritaires. Le logement en ferait partie au même titre que la transition écologique ou la réindustrialisation. Mais pour construire et rénover davantage, encore faut-il disposer des travailleurs nécessaires. 

Former 300 000 personnes pour reconstruire la filière

L’insoumis rappelle : « Nous aurons besoin de 300 000 personnes pour faire redémarrer la machine. Nous réorienterions l’investissement public. » Derrière cet objectif se trouve l’un des principaux défis du secteur : celui de la qualification. De nombreuses entreprises du bâtiment peinent déjà à recruter, alors que la relance de la construction et de la rénovation nécessiterait plusieurs centaines de milliers de travailleurs supplémentaires.

Jean-Luc Mélenchon défend donc un véritable parcours de formation, du CAP jusqu’à la licence professionnelle et au-delà, afin de permettre aux salariés de se former tout au long de leur carrière et de progresser vers des postes davantage qualifiés. Il insiste également sur la nécessité de développer les internats à proximité des lycées professionnels et des établissements de formation afin de permettre aux jeunes de se former plus facilement aux métiers du bâtiment.

De plus, il propose de développer des niveaux intermédiaires, notamment sur le modèle des assistants d’ingénieurs, pour permettre aux salariés de progresser sans devoir nécessairement quitter les métiers techniques.

Le lien

Pour aller plus loin : Mobilisations de lycéens : la colère d’une jeunesse qui cherche à s’organiser

Donner enfin de la visibilité aux entreprises

Les représentants du secteur ont également insisté sur une difficulté particulièrement importante pour le bâtiment : le manque de stabilité des politiques publiques. Les entreprises doivent investir sur plusieurs années et ont donc besoin de connaître à l’avance les règles qui encadreront leur activité. Les changements fréquents de dispositifs d’aide, de normes ou de fiscalité peuvent rendre les décisions d’investissement plus difficiles.

À cette demande de stabilité, Jean-Luc Mélenchon répond par la planification écologique. Pour lui, l’État doit être capable de définir des objectifs de long terme et de donner aux entreprises la visibilité nécessaire pour les atteindre. Les aides publiques seraient notamment conditionnées au respect des objectifs fixés dans le cadre de cette planification.

Il propose également une forme de contrat entre l’État et les entreprises : la puissance publique s’engagerait à maintenir certaines règles pendant une période donnée tandis que les entreprises s’engageraient, en retour, sur des investissements et des objectifs précis. Une manière de construire un véritable « pacte productif », fondé sur des engagements réciproques plutôt que sur une succession de mesures ponctuelles.

Rénover plutôt que multiplier les petits travaux

La rénovation constitue enfin l’autre grand volet de son intervention. Pour répondre aux enjeux énergétiques et écologiques, Jean-Luc Mélenchon défend une politique de rénovation globale, plutôt qu’un système reposant sur une accumulation de petits travaux isolés. L’objectif est de transformer réellement la performance énergétique des bâtiments et d’inscrire les rénovations dans une stratégie de long terme.

Cette politique serait accompagnée d’un développement de l’économie circulaire dans le secteur du BTP. Jean-Luc Mélenchon propose notamment de mettre en place un service public de collecte, de tri et de recyclage des déchets du bâtiment. Il s’agit de structurer de véritables filières de réemploi et de recyclage des matériaux, tout en créant de nouvelles activités économiques.

Pour aller plus loin : Blocage des prix, hausse des salaires : à Lille, Mélenchon a présenté ses mesures d’urgence sociale devant plus de 12 000 personnes

Faire du bâtiment un secteur stratégique

À travers cette intervention, Jean-Luc Mélenchon ne présente donc pas seulement un programme pour le logement. Il défend une vision plus large du bâtiment comme secteur stratégique de la politique économique, sociale et écologique. Construire davantage permettrait de répondre à la crise du logement ; rénover massivement permettrait de réduire les consommations d’énergie ; former davantage permettrait de recréer les compétences nécessaires ; lutter contre le dumping social permettrait de protéger les artisans et les salariés.

Le fil conducteur de ces propositions est celui de la planification : utiliser l’investissement public, l’épargne, la formation et la commande publique pour orienter durablement l’activité. Avec 400 000 logements construits par an, 700 000 logements rénovés et 300 000 emplois à recréer, le bâtiment deviendrait ainsi l’un des principaux leviers d’une politique visant à répondre à l’urgence sociale tout en engageant la transformation écologique et productive du pays.

Sources: linsoumission.fr (Par Elias Peschier)

Share:

lundi 28 septembre 2026

Mélenchon au second tour dans tous les scénarios, l’insoumis franchit un cap historique.

 

 Mélenchon. Les bonnes nouvelles s’accumulent pour les insoumis. Au lendemain de l’entrée historique de LFI au Sénat, par l’élection de Gabriel Amard et Marc Peré, un autre heureux événement se rajoute au tableau. Pour la première fois depuis 2016, aucun candidat du bloc central ne devance Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle de 2027 d’après un sondage Harris Interactive. Le leader insoumis se retrouve ainsi au second tour dans tous les scénarios. Il y a quelques jours, un autre sondage, de Cluster17, donnait l’insoumis à 20 % dans les sondages. Tous les signaux sont au vert pour LFI et son leader.

Pour rappel, à la même période, en septembre 2021, le leader insoumis était testé entre 8% et 10 % dans les sondages avant de réaliser 22 % à l’élection présidentielle de 2022, à un point du second tour.

Ces sondages, biaisés et manipulés par leur sous-estimation permanente de LFI, ne parviennent plus à cacher la puissante dynamique autour de Jean-Luc Mélenchon. Au-delà des estimations et des pronostics de cette machine sondagière, d’autres indicateurs plus sérieux et fiables décrivent une réalité unanime. Des dizaines de milliers de personnes rejoignent la campagne de Jean-Luc Mélenchon pour en devenir acteurs et militants : 26 000 personnes au meeting du 7 juin à Saint-Denis, 10 000 aux AMFIS, 12 000 à la braderie de Lille, et une foule trop immense pour être comptée à la Fête de l’Humanité.

D’autres chiffres ont été rappelés par Manuel Bompard, en conférence de presse la semaine dernière : 140 000 personnes sont membres d’un groupe d’action, 800 nouveaux groupes d’action se sont constitués, 17 millions de tracts ont déjà été distribués et plus d’un million d’affiches ont été collées. Notre brève.

« Je serai au second tour de l’élection présidentielle. Et nous gagnerons, car la France n’est pas un pays fasciste ou raciste. » – Jean-Luc Mélenchon

Qui sont les nouveaux insoumis ? Dans les évènements organisés par LFI, les équipes de l’Insoumission ont recueilli des témoignages, qui montrent la grande diversité des raisons amenant à rejoindre et à militer pour faire gagner Jean-Luc Mélenchon et transformer la société. « Je vais voter Mélenchon car je n’en peux plus, tout est plus cher. On est à bout. On a toutes les raisons de se révolter », témoignait deux jeunes devant le stand LFI à la Fête de l’Humanité. Dans les cortèges contre la loi Permis de tuer, la même exaspération s’exprimait : « Il n’y a plus de démocratie en France. On ne nous écoute pas. Tout est plus cher. Je vais voter Mélenchon en 2027 pour que ça change ».

Dans les groupes d’action insoumis, ces nouveaux insoumis sont déjà passés à l’action. Les porte-à-porte géants pour convaincre s’enchaînent déjà en cadence pour augmenter le niveau de participation, faire inscrire sur les listes électorales et convaincre qu’un autre monde est possible. Dans les groupes d’action et assemblées générales insoumises, déjà aussi, des discussions s’amorcent sur les suites de la victoire, et la façon de transformer la société en maintenant un haut niveau de mobilisation face aux forces anti-insoumises. Dépassés par cette campagne puissante de l’avis général ou agacés par l’incompétence de leurs candidats, des éditorialistes anti-LFI reconnaissent à intervalles réguliers la force et l’efficacité du mouvement insoumis et de son leader.

Sur les plateaux, plus une semaine ne passe sans que les mêmes mots reviennent : « Jean-Luc Mélenchon fait une très bonne campagne. Il est très puissant. Il rassemble sur des sujets. Il sait faire. », ou des éloges sur la capacité de l’insoumis à imposer des thèmes dans le débat public : les écorégions, reprises par l’absurde en écocontinents par Gabriel Attal, mettre la « dette au frigo », qui a fait réagir jusqu’au FMI, ou encore le blocage des prix pour que cesse le racket de Total à la pompe. Autant de thèmes qui élèvent le débat, la discussion sur le fond des sujets avant que le programme retravaillé par Clémence Guetté et Hadrien Clouet soit rendu public le 6 novembre.

C’est là aussi une autre démonstration de force et d’organisation de LFI. Déjà, de nombreuses propositions sont connues et circulent à la vitesse de la lumière. Blocage des prix à 1,70 euro le litre d’essence, blocage des marges des raffineurs, hausse du SMIC à 1700 euros net, hausse des salaires, taxation des superprofits, écorégions pour la planification écologique, référendum révocatoire en passant à la 6ᵉ République, suspension de l’accord UE-Israël. Ce sont autant de mesures qui convainquent et permettront de transformer la société, de fond en comble. Vous voulez rejoindre la campagne ? Rendez-vous sur http://melenchon2027.fr.

Sources:linsoumission.fr. (Par: Sylvain Noel, rédacteur en chef) 

Share:

vendredi 25 septembre 2026

« En 2026, le travail blesse, rend malade et tue plus qu’il y a 10 ans ! » – Le rapport accablant de la députée LFI Ségolène Amiot sur les accidents du travail

 

 Accidents du travail. « En 2026, le travail blesse, rend malade et tue plus qu’il y a 10 ans. La France est la championne d’Europe des mort·es du travail, et l’un des pays où les accidents du travail sont les plus fréquents », explique la députée LFI Ségolène Amiot. Cette dernière publie un rapport intitulé « Accidents du travail et maladies professionnelles : s’insoumettre à 10 ans de macronisme ». Les conclusions sur la réalité des accidents du travail dans notre pays et notamment la responsabilité de la macronie dans leur aggravation, sont accablantes. Entretien.

L’insoumission : Comment t’es venue l’idée de produire ce rapport ?

Ségolène Amiot : Avant d’être élue députée en 2022, j’ai exercé un mandat de représentante syndicale dans mon entreprise, et à ce titre, été secrétaire du Comité d’Hygiène, de Sécurité, et des Conditions de Travail. La suppression de cette instance de représentation du personnel a été un des premiers actes du Président Emmanuel Macron après son élection.

En 2025, alors que je siégeais depuis ma réélection en 2024 à la Commission des Affaires Sociales de l’Assemblée nationale, mes camarades eurodéputé·es Marina Mesure et Anthony Smith ont publié un document intitulé « Stop à la mort au travail ». Marina et Anthony y dressent les constats et établissent une liste des mesures à mettre en place au niveau européen pour que plus personne ne meure sur son poste.

J’ai donc souhaité mettre mon expérience personnelle et mon expertise en mouvement pour creuser le sujet au niveau national. Mon projet de base consistait à trouver une manière intelligente de réintroduire les CHSCT dans les entreprises, supprimés par Macron dès son arrivée au pouvoir en 2017. Mais la réalité de ce qu’est la santé et les conditions de travail en macronie m’ont mise face à des enjeux beaucoup, beaucoup plus grands.

Pour aller plus loin : Protéger les salariés sous la canicule, entretien avec l’eurodéputé LFI Anthony Smith

Le Lien

partager

Accidents du travail. « En 2026, le travail blesse, rend malade et tue plus qu’il y a 10 ans. La France est la championne d’Europe des mort·es du travail, et l’un des pays où les accidents du travail sont les plus fréquents », explique la députée LFI Ségolène Amiot. Cette dernière publie un rapport intitulé « Accidents du travail et maladies professionnelles : s’insoumettre à 10 ans de macronisme ». Les conclusions sur la réalité des accidents du travail dans notre pays et notamment la responsabilité de la macronie dans leur aggravation, sont accablantes. Entretien.

L’insoumission : Comment t’es venue l’idée de produire ce rapport ?

Ségolène Amiot : Avant d’être élue députée en 2022, j’ai exercé un mandat de représentante syndicale dans mon entreprise, et à ce titre, été secrétaire du Comité d’Hygiène, de Sécurité, et des Conditions de Travail. La suppression de cette instance de représentation du personnel a été un des premiers actes du Président Emmanuel Macron après son élection.

En 2025, alors que je siégeais depuis ma réélection en 2024 à la Commission des Affaires Sociales de l’Assemblée nationale, mes camarades eurodéputé·es Marina Mesure et Anthony Smith ont publié un document intitulé « Stop à la mort au travail ». Marina et Anthony y dressent les constats et établissent une liste des mesures à mettre en place au niveau européen pour que plus personne ne meure sur son poste.

J’ai donc souhaité mettre mon expérience personnelle et mon expertise en mouvement pour creuser le sujet au niveau national. Mon projet de base consistait à trouver une manière intelligente de réintroduire les CHSCT dans les entreprises, supprimés par Macron dès son arrivée au pouvoir en 2017. Mais la réalité de ce qu’est la santé et les conditions de travail en macronie m’ont mise face à des enjeux beaucoup, beaucoup plus grands.

Pour aller plus loin : Protéger les salariés sous la canicule, entretien avec l’eurodéputé LFI Anthony Smith

L’insoumission : Comment as-tu procédé pour le produire ?

Ségolène Amiot : Tout d’abord, j’ai mené plus d’une douzaine d’auditions. J’ai entendu des juristes, des avocat·es et des médecins du travail, des syndicalistes, des membres d’instances de représentation des travailleur·ses. J’ai également échangé avec le Collectif de Familles : Stop à la Mort au Travail, qui rassemble des familles de victimes du travail.

La production intellectuelle sur ce sujet ne manque pas, comme l’excellent livre de Mathieu Lépine, « L’hécatombe invisible ». Le Centre d’Histoire du Travail de Nantes a été une visite très enrichissante. Ses salarié·es ont pu m’orienter vers quelques lectures complémentaires. L’histoire de Nantes comporte d’ailleurs un exemple frappant, celui du Tripode. Pendant plusieurs décennies, les travailleur·ses de ce bâtiment, principalement des fonctionnaires, ont occupé cet immeuble bourré d’amiante. Leur combat de 20 ans pour faire reconnaître leurs maladies professionnelles est exemplaire.

J’ai bénéficié tout au long de ce travail des conseils précieux de mes collègues parlementaires Leïla Chaibi, Anthony Smith et Hadrien Clouet.

Tout ce processus a été possible grâce au travail titanesque fourni par mon équipe et je tiens une nouvelle fois à les remercier pour leur dévouement et leurs efforts.

L’insoumission : Qu’as-tu découvert ?

Ségolène Amiot : Il y a tellement de constats alarmants. En 2026, le travail blesse, rend malade et tue plus qu’il y a 10 ans. La France est la championne d’Europe des mort·es du travail, et l’un des pays où les accidents du travail sont les plus fréquents.

Cette réalité-là est invisible : le décompte des morts au travail n’est que partiel car il repose sur le régime général de la Sécurité Sociale. Beaucoup d’AT-MP et donc de morts passent sous les radars : la fonction publique, les agriculteurs, les militaires et policiers, mais aussi les suicides pour raison professionnelle. Le collectif Stop Mort au Travail en dénombre 93 de plus sur l’année 2024, et cela est sans compter certaines catégories impossibles à quantifier comme les métiers employant des travailleur·ses sans papiers.

Le taux de sinistralité (accidents du travail, accidents de trajet, maladies professionnelles) est deux fois supérieur à la moyenne européenne. Les classes populaires sont évidemment les plus touchées. 41 % des accidents incapacitants et 58 % des accidents mortels surviennent chez des personnes de plus de 50 ans, et la sinistralité a bondi de 26 % dans le travail des femmes depuis le début du siècle.

Niveau métier, le BTP compte à lui seul la moitié des accidents mortels ou incapacitants. Mais les professions du tertiaire sont également impactées. La détresse psychologique a explosé ces dernières années pour atteindre des sommets : 40 % des salarié·es se déclarent en état de souffrance au travail et 12 % sont exposé·es à un risque élevé de burn-out.

Là où le capitalisme essaie d’augmenter la production et/ou la productivité, les travailleur·ses en paient le prix fort. Derrière les causes des victimes du travail, il y a des décisions politiques, et des décisionnaires. L’amiante, le chlordécone, maintenant les canicules, l’acétamipride, le management toxique et l’épuisement professionnel, tous relèvent de la même logique : la santé des travailleur·ses est une variable d’ajustement au service du capital.

L’insoumission : Qu’est ce qui t’a le plus marqué ?

Ségolène Amiot : L’ampleur du désastre, et la façon dont il est passé sous silence. Quand on recense les morts dans une veille presse quotidienne réalisée par mes collaborateurs·trices, on voit à quel point le traitement de ces tragédies est considéré comme trivial par les rédactions de médias. Je nomme ce phénomène la « fait-diversion ».

Semaine après semaine, la liste des prénoms des victimes s’égrène ; derrière ces lignes froides, des handicaps, des traumatismes psychiques, des vies perdues, des familles brisées. Ces personnes, c’est notre classe, celle des travailleur·ses. Ce rapport leur est dédié.

J’ai aussi découvert que des choses formidables avaient existé ou existaient. Je ne donne qu’un exemple, le CCHSCT : un CHSCT de branche qui existe et agit au niveau de la branche de l’audiovisuel et de celle du cinéma, afin de couvrir des travailleur·ses qui ne sont pas salarié·es dans des entreprises le permettant. L’un des objectifs de ce rapport était de trouver un moyen d’étendre la prévention à tou·tes les travailleur·ses quel que soit leur statut (salariat, auto-entreprise, intermittence du spectacle, intérim, saisonnier, etc.). Nous voulons généraliser leur création, notamment dans le but de permettre une représentation des travailleur·ses quelle que soit la taille de l’entreprise.

L’insoumission : Quelles sont tes préconisations ?

Ségolène Amiot : Elles sont nombreuses, plus de 80 ! Elles couvrent tous les maillons de la chaîne : prévention, contrôle, justice.

Il faut évidemment redonner aux travailleur·ses les outils de représentation du personnel comme les CHSCT, élus directement par les salarié·es. Leurs rôles doivent être étendus à de la prévention comme à du contrôle. Il faut permettre leur création dans les entreprises de moins de 50 salarié·es, et, je l’ai évoqué précédemment, de créer des CCHSCT de branche. Des dispositions très concrètes, comme le maintien de salaire en cas d’exercice du droit de retrait ou la mise à disposition d’un local dédié à la santé et la sécurité au travail dans l’entreprise, complètent l’éventail de mesures.

De plus, la casse du contrôle des conditions de travail ne s’est pas faite qu’au sein des entreprises par l’attaque contre les CHSCT. La répression déployée par le ministère du travail contre Pierre et Benoît, deux inspecteurs du travail grenoblois, démontre une volonté de faire reculer les capacités de contrôle détenues par le gouvernement lui-même. Il est urgent que l’inspection du Travail soit revitalisée à grande échelle. Actuellement, on compte un·e inspecteur·trice du travail pour 12 500 salarié·es, là où l’OIT préconise 1 pour 10 000 et que des pays comme l’Allemagne sont à 1 pour 7 000.

On manque d’agent·es et d’une répartition sur le territoire plus harmonieuse. Aujourd’hui, plus de 10 % du pays n’est pas couvert avec de réelles disparités. Le système d’inspection du travail dans la fonction publique est aussi un sujet : actuellement, il dépend d’un corps de fonctionnaires rattaché à chaque ministère de tutelle. Ses effectifs sont faméliques. Il faut mettre en place un véritable système d’inspection de la fonction publique, pouvant s’opposer à la hiérarchie de l’administration si besoin. D’une manière générale, l’IT doit retrouver son indépendance et son agentivité.

La médecine du travail doit évidemment être remise au centre des préoccupations. Elle doit être une instance de contrôle autant que de prévention, pleinement intégrée au service public de santé. Les intérimaires et les fonctionnaires doivent également pouvoir en bénéficier réellement.

Enfin, les procédures devant la Justice sont trop longues, trop compliquées, et aboutissent rarement. Les chaînes de sous-traitance diluent la responsabilité. Des entreprises multi-condamnées peuvent continuer d’employer des gens dans les mêmes conditions. Les récidivistes ne devraient pas avoir accès aux marchés publics et devraient faire l’objet de contrôles renforcés. Conjointement à une meilleure prise en charge des parcours judiciaires et des indemnisations plus fortes, je préconise également la création du délit d’employicide dans le Code Pénal. Et enfin une véritable commémoration des personnes mortes au travail.

L’insoumission : Quelles suites donner à ce travail ?

Ségolène Amiot : J’organise un colloque à l’Assemblée Nationale le lundi 5 octobre, intitulé « ATMP : stopper la machine à détruire macroniste ». J’y réunirai les personnes qui ont contribué à ce rapport ainsi que des militant·es, député·es, syndicalistes, … Nous diffuserons ce moment sur mes réseaux sociaux. J’espère qu’il aura une portée à la hauteur du sujet.

Je travaille également sur plusieurs propositions de loi issues de ce rapport. Quand nous aurons la majorité à l’Assemblée Nationale, nous serons prêts à légiférer.

Je note aussi que Jean-Luc Mélenchon s’est saisi de la question des maladies politiques, dont font partie les ATMP. Mon souhait est que la campagne présidentielle mette la lumière sur ce fléau créé par le capitalisme.

D’une manière générale, j’espère que ce travail aura été et sera utile à notre combat.

Sources:linsoumission.fr

Share:

jeudi 24 septembre 2026

Mélenchon à 20 % : ce sondage fait trembler ses adversairesL

  

Mélenchon. Les étoiles n’en finissent plus d’être alignées pour les insoumis. Au lendemain du franchissement du cap des 380 000 soutiens à sa candidature, Jean-Luc Mélenchon dépasse la barre historique des 20 % d’après un sondage Cluster17 pour Politico. Pour rappel, à la même période, en septembre 2021, le leader insoumis était testé entre 8% et 10 % dans les sondages avant de réaliser 22 % à l’élection présidentielle de 2022, à un point du second tour.

Ces sondages, biaisés et manipulés par leur sous-estimation permanente de LFI, ne parviennent plus à cacher la puissante dynamique autour de Jean-Luc Mélenchon. Au-delà des estimations et des pronostics de cette machine sondagière, d’autres indicateurs plus sérieux et fiables décrivent une réalité unanime. Des dizaines de milliers de personnes rejoignent la campagne de Jean-Luc Mélenchon pour en devenir acteurs et militants : 26 000 personnes au meeting du 7 juin à Saint-Denis, 10 000 aux AMFIS, 12 000 à la braderie de Lille, et une foule trop immense pour être comptée à la Fête de l’Humanité.

D’autres chiffres ont été rappelés par Manuel Bompard hier, en conférence de presse : 140 000 personnes sont membres d’un groupe d’action, 800 nouveaux groupes d’action se sont constitués, 17 millions de tracts ont déjà été distribués et plus d’un million d’affiches ont été collées. Notre brève.

« Je serai au second tour de l’élection présidentielle. Et nous gagnerons, car la France n’est pas un pays fasciste ou raciste. » – Jean-Luc Mélenchon

Qui sont les nouveaux insoumis ? Dans les évènements organisés par LFI, les équipes de l’Insoumission ont recueilli des témoignages, qui montrent la grande diversité des raisons amenant à rejoindre et à militer pour faire gagner Jean-Luc Mélenchon et transformer la société. « Je vais voter Mélenchon car je n’en peux plus, tout est plus cher. On est à bout. On a toutes les raisons de se révolter », témoignait deux jeunes devant le stand LFI à la Fête de l’Humanité. Dans les cortèges contre la loi Permis de tuer, la même exaspération s’exprimait : « Il n’y a plus de démocratie en France. On ne nous écoute pas. Tout est plus cher. Je vais voter Mélenchon en 2027 pour que ça change ».

Dans les groupes d’action insoumis, ces nouveaux insoumis sont déjà passés à l’action. Les porte-à-porte géants pour convaincre s’enchaînent déjà en cadence pour augmenter le niveau de participation, faire inscrire sur les listes électorales et convaincre qu’un autre monde est possible. Dans les groupes d’action et assemblées générales insoumises, déjà aussi, des discussions s’amorcent sur les suites de la victoire, et la façon de transformer la société en maintenant un haut niveau de mobilisation face aux forces anti-insoumises. Dépassés par cette campagne puissante de l’avis général ou agacés par l’incompétence de leurs candidats, des éditorialistes anti-LFI reconnaissent à intervalles réguliers la force et l’efficacité du mouvement insoumis et de son leader.

Sur les plateaux, plus une semaine ne passe sans que les mêmes mots reviennent : « Jean-Luc Mélenchon fait une très bonne campagne. Il est très puissant. Il rassemble sur des sujets. Il sait faire. », ou des éloges sur la capacité de l’insoumis à imposer des thèmes dans le débat public : les écorégions, reprises par l’absurde en écocontinents par Gabriel Attal, mettre la « dette au frigo », qui a fait réagir jusqu’au FMI, ou encore le blocage des prix pour que cesse le racket de Total à la pompe. Autant de thèmes qui élèvent le débat, la discussion sur le fond des sujets avant que le programme retravaillé par Clémence Guetté et Hadrien Clouet soit rendu public le 6 novembre.

C’est là aussi une autre démonstration de force et d’organisation de LFI. Déjà, de nombreuses propositions sont connues et circulent à la vitesse de la lumière. Blocage des prix à 1,70 euro le litre d’essence, blocage des marges des raffineurs, hausse du SMIC à 1700 euros net, hausse des salaires, taxation des superprofits, écorégions pour la planification écologique, référendum révocatoire en passant à la 6ᵉ République, suspension de l’accord UE-Israël. Ce sont autant de mesures qui convainquent et permettront de transformer la société, de fond en comble. Vous voulez rejoindre la campagne ? Rendez-vous sur http://melenchon2027.fr.

Sources:linsoumission.fr (Par Sylvain Noël rédacteur en chef)

Share:

mercredi 23 septembre 2026

Rima Hassan : Nuñez rattrapé par le scandale des fuites, LFI exige sa démission.

 Rima Hassan. Cinq mois après la garde à vue de l’eurodéputée insoumise, « Complément d’enquête » a révélé des informations concernant le ministre de l’Intérieur en personne. Le 2 avril, dans le wagon-bar d’un train, Laurent Nuñez a accrédité auprès de journalistes les fausses informations prétendant que de la drogue de synthèse aurait été trouvée dans son sac.

L’information était totalement fausse, et l’enquête pour stupéfiants a été classée sans suite. « La barbouzerie gouverne ! », a dénoncé Jean-Luc Mélenchon. « Il n’est pas normal qu’un ministre de l’Intérieur viole la loi », a déclaré Manuel Bompard sur France Inter. Vendredi 18 septembre, Rima Hassan a porté plainte devant la Cour de justice de la République. La France insoumise exige la démission du ministre Laurent Nuñez. Notre article.

Un wagon-bar, un ministre, une intox

2 avril 2026. Rima Hassan est en garde à vue à Paris pour un simple tweet. Au même moment, Laurent Nuñez rentre de Bordeaux en train, aux côtés du Premier ministre Sébastien Lecornu. Au wagon-bar, hors micros, des journalistes lui demandent si de la drogue a été trouvée dans le sac de l’eurodéputée.

Réponse du ministre, selon les témoins de l’émission : « il se peut que ce soit exact ». Il aurait ensuite parlé d’un produit de synthèse et d’un dérivé de cocaïne, en admettant ne pas trop s’y connaître. Un journaliste présent aurait aussitôt appelé sa rédaction pour confirmer l’information.

Plus grave encore. Selon un autre témoin, le ministre a rapporté ce que Rima Hassan expliquait aux enquêteurs : des produits achetés en Belgique, qu’elle pensait autorisés. Si ce récit est exact, le contenu d’une audition en cours a été servi à la presse par le premier flic de France. Le secret de l’enquête, lui, est resté à quai.

Le lendemain, Nuñez déplore les fuites

3 avril, RMC et BFMTV. Le même Laurent Nuñez joue la retenue : tout relève de l’enquête, seul le parquet doit communiquer, et il dit regretter les fuites. Pompier le matin, pyromane la veille.

Entre-temps, la machine s’est emballée. L’accusation tourne en boucle sur les chaînes d’info. Même l’AFP relaie la découverte d’une drogue de synthèse, en citant une source proche du dossier. Rima Hassan est encore face aux enquêteurs quand l’intox inonde déjà les ondes.

Rima Hassan blanchie, mais le mal est fait

Les analyses de laboratoire balaient tout. Pas de drogue de synthèse. Pas de cocaïne. Du CBD, acheté dans un commerce à Bruxelles. Le parquet de Paris classe sans suite.

Détail accablant révélé par Mediapart : les résultats sont connus dès le 4 avril, mais le parquet n’annonce le classement que le 9. Cinq jours de calomnie supplémentaires. Le 10 avril, le Conseil de déontologie journalistique et de médiation rappelle les rédactions à la prudence. Trop tard. Un démenti ne rattrape jamais une intox.

La défense de Nuñez : un aveu déguisé

Jeudi 17 septembre, interrogé par des députées insoumises à l’Assemblée, le ministre nie. « Je n’ai organisé aucune fuite », assure-t-il. Sa ligne : les journalistes avaient déjà tout depuis la mi-journée, il aurait seulement incité à la prudence. Il juge même anormal que la presse ait disposé d’un tel niveau d’information.

L’argument se retourne contre lui. Son entourage ne conteste pas l’échange : il confirme une discussion en off sur la garde à vue. Or un ministre de l’Intérieur n’a pas à commenter une audition en cours. Encore moins à crédibiliser une rumeur. Quand le patron de la police dit qu’une information est peut-être exacte, une rédaction entend une confirmation. Et si ces fuites étaient anormales, pourquoi les nourrir au lieu de les faire cesser ?

Autre signe : Laurent Nuñez avait accepté une interview de « Complément d’enquête », avant de se rétracter. Il n’a pas non plus répondu aux questions écrites. France 2 promettait d’ausculter « la méthode Rima Hassan ». L’émission a surtout mis à nu la méthode Nuñez.


 Le lien








 

Signalement, pistage, fuites : la mécanique d’un acharnement

 L’affaire ne tombe pas du ciel. Le tweet qui vaut à Rima Hassan sa garde à vue a été signalé par le ministre de l’Intérieur lui-même. Selon Mediapart, la police pistait l’eurodéputée depuis le 1er janvier 2026 : téléphone géolocalisé, billets de train et hôtels tracés. Des moyens d’antigang, déployés contre une parlementaire d’opposition.

Les fuites ne viendraient pas que de place Beauvau. Selon Le Canard enchaîné, le porte-parole du ministère de la Justice aurait lui aussi échangé avec des journalistes pendant la garde à vue. Dès le 8 avril, Rima Hassan a déposé plainte pour violation du secret de l’enquête. L’IGPN a été saisie. Cinq mois plus tard, son enquête n’a toujours pas abouti.Le bilan judiciaire de cette traque ? Vingt-deux procédures selon l’eurodéputée, seize selon le parquet. Des classements en série. Aucune condamnation. Quand le droit ne suffit pas à abattre une opposante politique, reste la rumeur. 

Rima Hassan et la fabrique de l’ennemi intérieur

Avant d’analyser, il faut reprendre la séquence dans l’ordre, car c’est son enchaînement qui fait sens. Selon Mediapart, la police géolocalise Rima Hassan et trace ses billets de train et ses réservations d’hôtel depuis le 1er janvier 2026, trois mois avant le tweet incriminé. Le 26 mars, l’eurodéputée publie sur X un message évoquant Kōzō Okamoto, membre de l’armée rouge japonaise.

Le tweet est signalé par le ministère de l’Intérieur, puis par la Licra et l’Organisation juive européenne et le parquet de Paris ouvre une enquête pour apologie du terrorisme. Le 2 avril, Rima Hassan est placée en garde à vue. Le même jour, la rumeur d’une drogue de synthèse découverte dans son sac se répand dans les rédactions, pendant qu’elle est encore face aux enquêteurs, et, selon les témoins de « Complément d’enquête », Laurent Nuñez l’accrédite en off dans le train qui le ramène de Bordeaux.

Le 3 avril, le ministre déclare publiquement regretter les fuites. Le 4 avril, les analyses écartent toute drogue de synthèse, mais le parquet n’annonce le classement sans suite que le 9. Le 10, le Conseil de déontologie journalistique et de médiation rappelle les rédactions à la prudence. Cinq mois plus tard, le 16 septembre, « Complément d’enquête » révèle le rôle prêté au ministre, qui dément le lendemain avoir organisé la moindre fuite. Le 18, Rima Hassan porte plainte devant la Cour de justice de la République. Les 19 et 20 octobre, c’est pourtant elle qui sera jugée, pour un tweet, avec sept ans de prison encourus.

L’affaire Nuñez pourrait passer pour une bavure isolée, une confidence de trop dans un train. Ce serait passer à côté de l’essentiel. La science politique, la sociologie et l’histoire du droit ont décrit depuis longtemps chacun des rouages à l’œuvre dans cette séquence : la criminalisation de l’opposant, sa dégradation publique, et l’usage du « off » comme parole d’État sans signature. Aucun de ces mécanismes n’exige de complot. Chacun fonctionne par son propre poids. C’est précisément ce qui les rend redoutables, et ce qui fait de Rima Hassan un cas d’école.

Criminaliser pour dépolitiser

La politiste et historienne Vanessa Codaccioni, maîtresse de conférences à Paris 8 et spécialiste de la justice d’exception, a consacré à ce phénomène un livre de référence : Répression. L’État face aux contestations politiques » (Textuel, 2019). Sa thèse tient en une idée forte. La répression n’a pas disparu des démocraties, elle a changé de forme. Elle étend ses filets policiers, judiciaires et administratifs plus vite et plus loin qu’avant, et poursuit un objectif constant : nier le caractère politique de l’action de ceux qu’elle vise.

L’opposant n’est plus combattu comme un adversaire, il est traité en délinquant, en terroriste, voire en malade. « La répression vise à dépolitiser les revendications », résumait-elle dans Politis. Appliquée à Rima Hassan, la grille est d’une précision troublante. Un tweet sur la Palestine relève du débat politique. Face au génocide orchestré par l’Etat d’Israël, il est légitime et nécessaire. Le transformer en « apologie du terrorisme », c’est le sortir du débat pour le faire entrer au commissariat. La rumeur de drogue va plus loin encore : elle fait basculer l’élue du champ de l’opinion vers celui du fait divers et du vice privé.

Cette dérive a une histoire juridique précise. Jusqu’en 2014, l’apologie du terrorisme relevait de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, avec ses protections : délais de prescription courts, procédures encadrées, pas de garde à vue pour une opinion. La loi du 13 novembre 2014 l’a transférée dans le code pénal. Garde à vue, flagrance et comparution rapide sont devenues possibles pour une phrase publiée en ligne.

Dans « Justice d’exception » (CNRS Éditions, 2015), Codaccioni montre que la France a toujours entretenu des juridictions à part pour ses ennemis politiques, de la Cour de sûreté de l’État (1963-1981), utilisée contre l’OAS puis contre l’extrême gauche, aux dispositifs antiterroristes contemporains. L’exception ne disparaît pas : elle migre dans le droit commun. La garde à vue du 2 avril, obtenue selon la défense par un « dévoiement de la procédure en flagrance » pour contourner l’immunité parlementaire, en est l’illustration parfaite.

Un détail de l’affaire mérite qu’on s’y arrête. Selon Mediapart, la police pistait Rima Hassan depuis le 1er janvier 2026. Le tweet incriminé date du 26 mars. La surveillance a donc précédé de trois mois l’infraction supposée. Le juriste allemand Günther Jakobs a donné un nom à cette logique en 1985 : le « droit pénal de l’ennemi » (Feindstrafrecht). Certains individus n’y sont plus traités comme des citoyens titulaires de droits, mais comme des sources de danger qu’il faut neutraliser avant même qu’ils agissent.

Jakobs le décrivait, et en partie l’assumait. La juriste Mireille Delmas-Marty, professeure au Collège de France, a passé ses dernières années à alerter sur la contamination des démocraties par cette logique après 2001. Plus tôt encore, Otto Kirchheimer, juriste de l’école de Francfort exilé par le nazisme, avait montré dans « Political Justice » (Princeton, 1961) que le procès politique vise souvent moins la condamnation que la fabrication, devant l’opinion, d’une certaine image de l’adversaire. Vingt-deux procédures, zéro condamnation : le procès n’a pas besoin d’être gagné pour produire son effet.

La cérémonie de dégradation

En 1956, le sociologue américain Harold Garfinkel publie dans l’American Journal of Sociology un article devenu classique : « Conditions of Successful Degradation Ceremonies ». Il y décrit le travail social par lequel une personne est publiquement déchue de son statut. La cérémonie réussit à trois conditions. Le dénonciateur doit parler depuis une position d’autorité, comme représentant légitime du groupe. L’acte reproché doit être présenté non comme un écart ponctuel, mais comme la révélation de ce qu’est la personne « au fond ». Enfin, celle-ci doit être désignée comme étrangère, extérieure à la communauté des gens respectables. Garfinkel insiste sur ce point décisif : la dégradation porte sur l’identité totale, pas sur un comportement.

La rumeur de drogue remplit ces trois conditions avec une efficacité redoutable. Elle ne reproche pas un acte isolé, elle suggère une double vie : l’élue qui donne des leçons de morale sur Gaza cacherait des stupéfiants dans son sac. Elle bénéficie de la voix la plus autorisée qui soit en matière de délinquance, celle du ministre de l’Intérieur lui-même. Et elle complète une désignation déjà en cours depuis des mois, celle de l’étrangère, née apatride dans un camp de réfugiés, soupçonnée de complaisance envers le terrorisme. C’est pourquoi le démenti ne répare rien. Une fois la cérémonie accomplie, l’identité dégradée colle à la personne bien après l’effondrement de l’accusation. Même le titre « Rima Hassan blanchie » contient encore le mot drogue.

Le politiste Murray Edelman prolonge cette analyse dans « Constructing the Political Spectacle » (University of Chicago Press, 1988). Pour lui, les ennemis politiques sont moins découverts que construits, et leur construction sert ceux qui les désignent : elle soude un camp, justifie des mesures d’exception et détourne l’attention des problèmes réels. L’ennemi se définit par une nature qu’on lui prête, jamais par ses actes vérifiables. Deux autres concepts éclairent la forme singulière que prend cette construction ici.

La philosophe Miranda Fricker parle d’« injustice testimoniale » (Oxford University Press, 2007) : un préjugé lié à l’identité ampute d’avance la crédibilité d’une parole. La sociologue Patricia Hill Collins nomme « images de contrôle » ces stéréotypes qui permettent de refuser d’entendre sans avoir à réfuter. La « terroriste », puis la « droguée » : deux images successives, et toujours le même résultat. Personne ne discute plus ce que Rima Hassan dit de Gaza.

Le off, ou la parole d’État sans signature

Reste à comprendre pourquoi une phrase lâchée au wagon-bar a pu peser si lourd. En 1978, Stuart Hall et ses coauteurs publient « Policing the Crisis », étude magistrale de la panique morale autour des « agressions de rue » dans l’Angleterre des années 1970. Ils y forgent la notion de « définisseurs primaires ». Police, magistrats et responsables politiques ne sont pas des sources parmi d’autres : ils imposent le premier cadrage d’un événement, et la presse, structurellement dépendante de leurs informations, tend à reprendre leurs catégories. Toute contestation ultérieure doit alors se battre sur un terrain déjà balisé. Le 2 avril, le cadrage initial est « drogue de synthèse ». Le classement sans suite du 9 avril arrive trop tard et doit répondre dans les termes imposés.

Le « off » est le mécanisme qui permet à ce cadrage d’exister sans auteur. Le politiste Jean-Baptiste Legavre, aujourd’hui directeur de l’école de journalisme de l’Institut français de presse, l’a analysé dès 1992 dans la revue Politix. Le off n’est pas une règle claire et partagée : c’est un signal entre le journaliste et sa source, dont la signification varie selon les acteurs et que régule avant tout la confiance. Tout son intérêt, pour la source, est là : une information peut produire tous ses effets sans que personne n’ait à en répondre. Le ministre parle, un journaliste appelle sa rédaction, l’information sort attribuée à une « source proche du dossier ».

Le lendemain, le même ministre regrette publiquement les fuites. Pierre Bourdieu avait décrit dans « Sur la télévision » (1996) la « circulation circulaire de l’information » : les journalistes se lisent et se reprennent entre eux, si bien qu’une confirmation officieuse devient en quelques heures une évidence reprise par toutes les chaînes. Le off n’est pas une maladresse du système médiatique. C’est l’un de ses modes de fonctionnement ordinaires, et un instrument de pouvoir pour qui sait s’en servir.

Un précédent : l’affaire Markovic

La France a déjà connu la rumeur comme arme contre un rival politique. En octobre 1968, le corps de Stevan Markovič, ancien garde du corps d’Alain Delon, est retrouvé dans une décharge des Yvelines. Dans les semaines qui suivent, des rumeurs évoquant de prétendues photos compromettantes de Claude Pompidou circulent dans les milieux politiques et journalistiques parisiens.

Georges Pompidou, alors écarté de Matignon et perçu comme rival potentiel du pouvoir en place, restera convaincu que des hommes de l’appareil d’État ont alimenté la calomnie contre lui. Il en livre son récit dans « Pour rétablir une vérité, publié après sa mort en 1982. Le parallèle a ses limites, et les deux affaires diffèrent en tout. Mais il rappelle une constante : la rumeur visant la vie privée d’un adversaire est une vieille arme de la vie politique française, et elle n’a jamais eu besoin d’être vraie pour être efficace.

Criminaliser pour dépolitiser, dégrader pour disqualifier, parler en off pour ne jamais répondre de rien : ces trois logiques convergent dans l’affaire Rima Hassan. Voilà pourquoi la question posée dépasse l’intention personnelle de Laurent Nuñez, qu’il conteste. Elle porte sur un système qui rend possible qu’un ministre de l’Intérieur commente la garde à vue d’une opposante, que l’information fausse fasse le tour des rédactions en quelques heures, et que son démenti mette cinq jours à sortir. On juge une démocratie à la manière dont elle traite ses opposants. Sur ce terrain, la France de 2026 a de quoi s’inquiéter.

Share:

Liberté de la Presse

La video du Jour

Calendrier

Vivre les Cultures du Monde

Cultures du Monde Arabe

Cinéma

Transparence Internationale

NEGAWATT

Wikipedia

Résultats de recherche