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jeudi 9 juillet 2026

Montage truqué et attaques suprémacistes coordonnées contre Imane El Hamzaoui .

 Depuis plusieurs jours, la dirigeante insoumise Imane El Hamzaoui est la cible de menaces et d’attaques coordonnées de l’extrême droite française et internationale. Membre de la coordination des espaces de LFI, Imane El Hamzaoui est ciblée comme opposante politique, femme, insoumise, mais aussi pour son puissant engagement contre le racisme. En décembre 2025, elle a été à l’initiative du lancement de la campagne nationale de La France insoumise contre tous les racismes. Ingénieure de formation, elle a également fourni un important travail autour du concept de « Nouvelle France », largement repris par la population, comme en témoignent les slogans scandés au meeting de Jean-Luc Mélenchon le 7 juin à Saint-Denis.

Pour ses combats, et comme jeune femme insoumise et racisée, Imane El Hamzaoui est régulièrement la cible de violentes attaques fascistes. Ces derniers jours, ces offensives ont pris une ampleur inédite et d’une dangerosité dédoublée à son encontre. À la suite d’un discours prononcé le week-end du 4 et 5 juillet à propos de la Nouvelle France, un compte fasciste sur les réseaux sociaux – nommé « French Carcan » – a réalisé un montage mensonger de son propos pour la diffamer, une méthode redondante de l’extrême droite. S’en est suivi un déferlement de haine, mêlant racisme, menaces de mort et de viols, à une échelle internationale. 

Un montage truqué dans son discours sur la Nouvelle France 

Lors d’une université d’été organisée par Tsedek et autres organisations,, Imane El Hamzaoui a défendu le concept de « Nouvelle France », ce concept qui décrit l’ensemble des mutations qu’a connues la France depuis les sept dernières décennies mais qui est constamment déformé par ses détracteurs, des tenants de l’extrême droite jusqu’aux journalistes passés au statut de propagandiste. Dans son discours, Imane El Hamzaoui notait que lorsqu’il est en débat, l’objet de ce concept devient « la représentation qu’ils s’en font plutôt que le contenu que nous lui donnons ».

Et c’est bien de cela dont il s’agit continuellement, de la représentation de l’objet du concept de Nouvelle France et de comment il est réduit, déformé, et transformé pour remplir des fins politiciennes visant à disqualifier La France insoumise.

Ainsi, le 5 juillet, quelques heures après son discours sur « Qu’est-ce que la Nouvelle France », le compte « French Carcan » a réalisé et publié un montage mensonger, pour tordre ce concept et les propos d’Imane El Hamzaoui. Dans ce montage, on notera plus d’une dizaine de cuts réalisés, avec des bouts de phrases coupés, et recasés à d’autres phrases issues d’autres moments du discours. La méthode est rodée. Il s’agit de déformer complètement le propos pour lui donner une signification fallacieuse. 

Exemple. Dans son discours, Imane El Hamzaoui prononce les phrases suivantes : 

« Cette communauté d’expérience doit trouver sa traduction politique pas seulement au nom des intérêts immédiats mais aussi et surtout par l’instauration d’un clivage horizontal, entre eux et nous, entre la classe possédante, raciste, sexiste et suprémaciste et la Nouvelle France. Nous devons faire voler en éclat l’illusion de la fatalité et dévoiler la conflictualité de la société.

Par conséquent, la Nouvelle France ne peut pas être le fait d’un seul groupe. Elle doit être l’image mobilisatrice qui fait l’alliance entre différents groupes sociaux en condensant les attentes qu’ils portent et les aspirations qui leur sont communes pour organiser leur volonté collective. Ce n’est qu’à cette condition que la Nouvelle France pour soi peut advenir en 2027. »

Dans son montage, French Carcan sélectionne plusieurs éléments de phrases pour en construire une nouvelle, en supprimant des pans entiers. Une fois les coupes réalisées, c’est un propos nouveau, qui n’a jamais existé, qui est formulé par le montage : « Nous devons faire voler en éclats l’illusion de la fatalité et dévoiler la conflictualité de la société par l’instauration d’un clivage horizontal, entre eux et nous. » Ici, la mention de « classe possédante » disparait, de même que la conclusion sur « l’image mobilisatrice » de la Nouvelle France.

La même méthode s’applique tout au long du montage, le rendant ainsi complètement mensonger et frauduleux. Par ailleurs, ces méthodes ne sont pas sans rappeler le récent montage mensonger et indigne diffusé par Guillaume Erner sur France Culture, pour tenter de disqualifier Jean-Luc Mélenchon. Et le même compte, Frenc Carcan, en était à l’initiative.

Des attaques coordonnées de l’internationale réactionnaire

Le processus d’une attaque fasciste ne s’arrête pas là. Une fois le montage mensonger réalisé et publié, des relais nombreux s’activent pour diffuser le mensonge de façon coordonnée, rapide et massive. Ensuite, la presse sous contrôle de Vincent Bolloré en fait un sujet médiatique, repris par les plateaux de télévision sous son contrôle, mais pas seulement. Ainsi, la boucle est bouclée.

Dans le cas présent, le trucage contre Imane El Hamzaoui a d’abord été directement repris par Éric Zemmour qui s’est fendu d’un long texte la diffamant. Mais sa diffusion n’a pas été cantonnée à la sphère fasciste française. Elle a fait l’objet d’une procédure spéciale de diffusion de masse exportée à l’international.

Quelle preuve de la coordination réfléchie des attaques ? L’analyse des textes à l’encontre d’Imane El Hamzaoui le démontre. L’intégralité des comptes étrangers reprennent la même biographie de la dirigeante, avec les mêmes erreurs, et une biographie qui n’existe sur aucun compte français.

La sénatrice Maria Fernanda Cabal, figure de l’extrême droite colombienne, a ainsi retweeté un texte contre Imane El Hamzaoui qui reprenait la vidéo truquée.  Un député fasciste polonais, Dominik Tarczyński, fan assumé de Trump, dont il félicite régulièrement la milice ICE, a lui aussi repris.

De même que Charlie Weimers, député d’extrême droite suédois, ou encore Hermann Tertsch, eurodéputé espagnol, figure de l’extrême droite Vox, fils d’un diplomate autrichien qui a servi le 3ᵉ Reich et qui était présent en même temps que Jordan Bardella au chevet de Netanyahu, lors d’un déplacement en Israël en mars 2025. 

Les néoconservateurs américains ont aussi participé à cette attaque coordonnée, comme Matt Shea, classé comme terroriste par une enquête indépendante commandée par la Chambre des représentants des États-Unis. L’homme est connu pour avoir assumé être un fasciste, et avoir cité en exemple le théoricien nazi Carl Schmitt.

Voilà donc l’arc de l’internationale réactionnaire, qui s’est coordonnée pour cibler Imane El Hamzaoui, parce qu’opposante politique, femme, insoumise et racisée, cochant toutes les cases détestées par ces fascistes en bande organisée. Derrière, c’est aussi un objectif politique qui est poursuivi. La puissante dynamique autour de Jean-Luc Mélenchon inquiète l’arc réactionnaire, qui comprend que l’élection du leader insoumis a dépassé le stade de la probabilité. Pour la campagne à venir, il est clair que ce type de montages, truqués et visant à disqualifier LFI et son candidat, va aller en se multipliant. De même que pour les ingérences étrangères, contre lesquelles aucune loi n’a été annoncée malgré les demandes répétées des insoumis.

Sources:linsoumission.fr (Sylvain Noel, rédacteur en chef )


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mercredi 8 juillet 2026

Scandale – La loi « permis de tuer », inspirée du FN de Jean-Marie Le Pen, en train d’être passée en force par le gouvernement.

 

 Le Pen / Permis de tuer. À l’Assemblée nationale, Laurent Nuñez a activé l’article 44-2 pour passer en force la loi dite « permis de tuer » sans aucun débat ni étude. Un scandale absolu. Cette loi, inspirée du programme du FN de Jean-Marie Le Pen, présumera légaux les tirs des policiers et des gendarmes, même mortels. Concrètement, il reviendra aux proches, endeuillés, de produire les preuves que le policier ou le gendarme n’était pas en situation de légitime défense lors de son tir mortel.

À l’Assemblée nationale, les familles des victimes des violences policières sont présentes. Plus de 325 000 personnes ont déjà signé la pétition pour bloquer cette loi assassine, bien au-delà du seuil requis pour que le texte fasse l’objet d’un débat. Les magistrats, la défenseure des droits, la commission consultative des droits de l’homme l’affirment : avec cette loi, il y a un risque d’augmenter la mortalité liée à des tirs policiers.

Mais qu’importe, pour le gouvernement, il s’agit d’empêcher tout débat pour passer en force ce permis de tuer qui aggravera une situation déjà catastrophique. En France, la police tue déjà. En 20 ans, 162 personnes ont été tuées à la suite d’un contrôle de police ou d’une tentative de contrôle.

Depuis l’adoption de la loi de Bernard Cazeneuve en 2017, dite “loi permis de tuer”, le nombre de tirs mortels de policiers a été multiplié par 6. En 2024, 52 décès liés à une intervention policière ont été recensés, et 50 en 2023 (tout type d’intervention confondu). Les tués sont, la plupart du temps, de jeunes hommes issus des quartiers populaires et la plupart du temps racisés. Quant au contrôle de la police, il n’existe pas ou alors de façon largement insuffisante. Le taux d’élucidation des affaires de violences policières a baissé de 25 % entre 2016 et 2024. L’IGPN ne traite que 10 % des affaires judiciaires et délègue aux « cellules déontologie » le soin de traiter ces affaires.

Dans la même journée, deux scandales absolus révélant la dérive fascisante du gouvernement se sont enchainés. Rima Hassan a été convoquée à son procès politique, poursuivie pour « apologie de terrorisme », ce délit détourné pour briser toutes celles et ceux qui soutiennent la Palestine. Quelques heures plus tard, le gouvernement veut donner à la police le droit de vie et de mort sur tout un chacun, tout en censurant ses opposants. Les tueries de la police seront légales. Deux scandales qui révèlent comment la macronie fait progresser le fascisme, et menace la démocratie, l’Etat de droit et ses règles.

Sylvain Noel, rédacteur en chef

Pour aller plus loin : Déjà plus de 200 000 signataires contre la loi qui pourrait autoriser la police à vous tuer en toute légalité

« Les familles des victimes de violences policières sont là ! Vous ne les avez même pas écoutées ! Vous ne les avez même pas reçues ! Vous devriez avoir honte ! » – Manuel Bompard dénonce le coup de force du gouvernement qui tente de faire passer sa loi « permis de tuer », inspirée du RN de Jean-Marie Le PEn

Sources:linsoumission.fr. 

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mardi 7 juillet 2026

« Canicule : un traumatisme de plus » – Le billet d’humeur de Christophe Prudhomme.

 

Le bilan meurtrier de la canicule de fin juin a été revu à la hausse. Au moins 2 000 personnes ont été tuées, avec une hausse notable à domicile, selon les données de Santé Publique France. L’inaction climatique des macronistes, au pouvoir depuis 10 ans, est criminelle.

La canicule, un traumatisme de plus ? Les décès, souffrances physiques et mentales, privations et autres conséquences délétères de la canicule ont eu et continueront d’avoir un impact sur notre santé mentale, qui se dégrade maintenant depuis des décennies.

« Les périodes de chaleur extrême et de canicule affectent le corps mais encore plus l’esprit. Ainsi, leur répétition est à l’origine de ce qu’il est possible d’appeler une éco-anxiété avec un sentiment d’impuissance et d’angoisse pour l’avenir », souligne le docteur Christophe Prudhomme dans les colonnes de L’insoumission. Son billet d’humeur de la semaine.

« Dans ce contexte, les périodes de chaleur extrême et de canicule affectent le corps mais encore plus l’esprit. Ainsi, leur répétition est à l’origine de ce qu’il est possible d’appeler une éco-anxiété avec un sentiment d’impuissance et d’angoisse pour l’avenir. » – Christophe Prudhomme

La santé mentale des Françaises et des Français se dégrade depuis maintenant près de deux décennies. Un seul chiffre est là pour le démontrer : les dépenses de l’Assurance maladie concernant les troubles mentaux sont celles qui ont le plus augmenté depuis 2008, date de la crise financière des subprimes.

Depuis, un cumul de facteurs économiques, sociaux, technologiques et sanitaires a eu un effet de renforcement mutuel pour aggraver la situation. Il faut insister plus particulièrement sur la crise COVID aux conséquences désastreuses pour les jeunes déjà confrontés à un contexte de montée du chômage, à une précarité et à une insécurité professionnelle. Chez les adolescents et les jeunes adultes, la question des réseaux sociaux avec une comparaison sociale permanente, le cyberharcèlement, les troubles du sommeil liés aux écrans et la surcharge informationnelle sont mis en avant comme un contexte favorisant.

Pour toute la population, les facteurs prédominants sont les difficultés de logement, l’endettement et la hausse de la pauvreté ainsi que les discriminations et l’isolement social. À cela s’ajoute une transformation du monde du travail qui fait peser une charge mentale de plus en plus importante. Il faut reconnaître aujourd’hui que l’intensification du travail, une pression en faveur d’une disponibilité permanente via les outils numériques, davantage d’objectifs et d’évaluation ainsi qu’une perte d’autonomie dans certains métiers, sont à l’origine d’une perte de sens qui influe sur l’état psychologique des travailleuses et des travailleurs.

Pour aller plus loin : « Canicule : gouverner, c’est prévoir ! » – Le billet d’humeur de Christophe Prudhomme

Le contexte géopolitique joue aussi un rôle important avec la multiplication des conflits, l’augmentation du risque d’attentats terroristes, les crises politiques qui ont des conséquences immédiates sur la vie quotidienne comme l’a montré la hausse des carburants et de l’énergie en lien avec la guerre contre l’Iran.

Dans ce contexte, les périodes de chaleur extrême et de canicule affectent le corps mais encore plus l’esprit. Ainsi, leur répétition est à l’origine de ce qu’il est possible d’appeler une éco-anxiété avec un sentiment d’impuissance et d’angoisse pour l’avenir. Les conséquences sont une irritabilité accrue, une diminution de la tolérance au stress, une sensation d’épuisement mental et des difficultés de concentration et de mémoire, une aggravation de l’anxiété, des troubles de l’humeur pouvant aller jusqu’à un risque suicidaire chez les personnes vulnérables.

Le risque est accru chez les personnes âgées, les personnes isolées, celles vivant dans des logements très chauds et celles prenant des psychotropes (antidépresseurs, antipsychotiques, anxiolytiques) qui peuvent perturber la régulation de la température corporelle.

Une autre source d’inquiétude légitime est le constat d’un système de santé sous tension qui ne répond plus aux besoins de la population. En effet, du fait de la situation désastreuse de la psychiatrie, les personnes qui en ont besoin sont confrontées à une quasi-impossibilité dans de très nombreux cas d’un soutien psychologique et d’un suivi médical adapté.

Sources:linsoumission.fr (Par Christophe Prudhomme)


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lundi 6 juillet 2026

Le tribunal permanent – Enquête sur la machine médiatique qui juge la France insoumise.

lI  y a des chiffres qui ne mentent pas. Parmi le corpus de Unes hostiles à Mélenchon et à La France Insoumise recensé dans la presse magazine nationale, près de 90 % sont parues après janvier 2022, plus de la moitié après octobre 2023. Pour aucun autre parti, aucun autre dirigeant, un corpus de cette ampleur n’existe. Ni pour le Rassemblement national. Ni pour la droite dure. Ni pour quiconque.

Ce n’est pas un sentiment, ni le récit victimaire d’un mouvement en difficulté. C’est une réalité mesurable, qui interroge les fondements mêmes du pluralisme. LFI est la première force de gauche du pays, avec 71 députés et 21,9 % à la présidentielle de 2022. Elle est aussi, et de très loin, le parti le plus systématiquement mis en accusation par les médias dominants. Voici comment fonctionne la machine, qui en sont les rouages, et pourquoi elle tient sans qu’aucune consigne ne soit jamais donnée. 

I. La normalisation par les Unes

Le 12 mai 2022, Le Point publie une Une dont la nature dépasse le commentaire politique ordinaire. Le portrait de Mélenchon y est retouché pour figurer en miroir de Marine Le Pen, sous le titre : « Mélenchon, l’autre Le Pen ». Le photographe Yann Castanier, dont l’image est détournée pour cette mise en scène, se désolidarise publiquement du titre. Le candidat qui vient d’obtenir 21,9 % des voix est rangé sur le même plan que celle du Rassemblement national. Le précédent ouvre une séquence.

Novembre 2023 : Kamel Daoud signe dans Le Point une chronique affirmant que Mélenchon miserait sur l’antisémitisme. Début 2025 : Raphaël Enthoven, dans la presse magazine, file le registre du mouvement à la fois stalinien et islamisé, prolongeant des attaques qu’il portera jusqu’devant les tribunaux. Mai 2025 : à la sortie du livre La Meute, une partie de la presse magazine et des plateaux reprend en chœur le lexique de la secte et de la dictature en miniature, qu’on retrouvera plus loin. À chaque fois, la même opération : il n’est pas discuté un programme, il est instruit un procès en dangerosité.

« La principale force de gauche partisane en France est stigmatisée par les médias dominants comme ne l’est aucun autre parti dans le champ politique. Et de très loin. » Pauline Perrenot, Acrimed, 15 mai 2025

L’on objectera : convergence ne vaut pas complot. C’est juste, et c’est même plus grave. La sociologue Dominique Marchetti a montré que l’homologie entre titres concurrents ne procède pas d’une concertation, mais de trajectoires sociales partagées entre rédactions. Ce que Bourdieu nommait le champ journalistique fonctionne par mimétisme : lorsqu’une grille s’impose, elle circule par imitation, chacun reprenant le cadrage du voisin par peur d’être en retard sur l’évidence. Personne n’a besoin de donner l’ordre. L’ordre est déjà intériorisé.

II. Le Printemps républicain, l’hégémonie sans mandat

À cette mécanique s’ajoute une intention. En mars 2016, Laurent Bouvet et le haut fonctionnaire Gilles Clavreul fondent le Printemps républicain autour d’une laïcité de combat. La base militante est quasi inexistante : Décideurs Magazine notera qu’aucun grand élu ne s’en réclame. Et pourtant le mouvement réalise une conquête hégémonique au sens de Gramsci : non par les urnes, mais par la domination des appareils symboliques. Slate a décrit dès 2021 sa méthode : détecter un fait divers confirmant ses thèses, puis l’amplifier jusqu’à ce qu’il envahisse le débat.

La cartographie est connue. Politis la dresse nommément en septembre 2024 : Caroline Fourest, Raphaël Enthoven, Sophia Aram, Gilles Clavreul, Amine El Khatmi. Chacun pèse dans le paysage médiatique infiniment plus que son poids politique réel. Sophia Aram tient depuis 2008 une chronique sur France Inter, première radio du pays, et en ajoute une au Point en 2025. El Khatmi devient conseiller de Pécresse puis candidat sur la liste Dati. Clavreul est nommé préfet des Landes par décret du 26 mars 2025 : l’audience médiatique d’abord, les portes de l’État ensuite.

« Ils squattent les plateaux et les talk-shows, où ils ont leur rond de serviette. Ils influencent les plus hautes sphères de l’État. Pourtant, ils ne représentent rien, ou pas grand-chose. » Politis, dossier Printemps républicain, septembre 2024

Le dispositif a son arme : Franc-Tireur, lancé fin 2021 par le groupe du milliardaire Daniel Kretinsky, dirigé par Caroline Fourest, éditorialisé par Raphaël Enthoven. Le même Kretinsky possède Marianne et Elle, et finance Libération à hauteur de plusieurs dizaines de millions d’euros. Puis vient la diffusion : Acrimed a relevé que, lors de l’affaire Rima Hassan en avril 2026, une émission de LCI consacra neuf minutes trente au sujet mais ne diffusa que 47 secondes de la conférence de presse de LFI. L’équation tourne : une polémique naît sur les réseaux, se reprend dans Franc-Tireur, se promeut sur LCI, irrigue tous les plateaux.

Pour aller plus loin : « On a tellement dit que LFI payerait… » : ces 24 heures où les éditorialistes ont dû reconnaître le succès de LFI aux municipales

III. Le prime time, la fabrique du consensus

Les grandes émissions politiques ne pratiquent pas l’exclusion frontale. Elles pratiquent quelque chose de plus efficace : la normalisation par l’évidence. En définissant ce qui mérite d’être dit, par qui et sur quel ton, elles dessinent les limites du pensable. LFI y est présente, et c’est précisément pour cela que le problème est plus retors qu’une censure.

Quotidien

Le talk-show de Yann Barthès, sur TMC, est depuis 2016 l’un des plus influents auprès des moins de cinquante ans. Le conflit avec LFI date d’octobre 2018, quand l’émission diffuse sélectivement les images d’un Mélenchon emporté lors des perquisitions. Depuis 2019, le parti a retiré son accréditation. Surtout, l’émission a fait de Jean-Michel Aphatie l’une de ses voix régulières, éditorialiste dont l’hostilité à Mélenchon est constante et assumée : dès le 5 mai 2025, la veille de la sortie de La Meute, il y résume par avance la thèse du livre, une dictature en miniature, épouvantable. La formule tombe avant même que quiconque ait pu lire l’ouvrage : le verdict précède l’instruction. Plus parlant encore : le choix assumé en 2024 de ne plus recevoir aucun politique en plateau. Traduction : il n’y a plus de débat contradictoire, seulement de l’explication. L’insoumis n’y est plus entendu, il y est décodé, démonté.

Ce refus du contradictoire a une fonction. En évacuant le débat politique du plateau le plus regardé par les moins de cinquante ans, Quotidien dépolitise le débat public. Or c’est précisément ce vide, cet évitement des termes mêmes du désaccord, qui profite à l’extrême droite : une force qui n’a pas besoin d’argumenter pour prospérer sur le terrain déjà retourné de l’émotion et du fait divers amène ainsi, par ce vide entretenu, l’extrême droite au pouvoir.

L’épisode se prolonge en juin 2026, et change de nature. Le 23 juin, en pleine canicule, Barthès raille les personnes vivant sous les toits :

« Tout le monde a chaud. C’est rare d’ailleurs de vivre un événement universel. On est tous logés à la même enseigne. Si vous croisez Bernard Arnault, il aura chaud. Un ministre, il aura chaud. Il aura aussi chaud que vous, que votre voisin du dessus ou du dessous (…) Tout le monde s’en fout ! » Yann Barthès, Quotidien, TMC, 23 juin 2026

Ce n’est pas seulement de l’hostilité à LFI : c’est le mépris de classe dans sa forme la plus nue, celui d’un animateur pour qui l’inégale exposition à la chaleur relève de la plaisanterie. Le procédé rejoint la fabrique du consensus décrite plus haut : de même que le plateau ne discute pas un programme politique, il ne discute pas non plus une inégalité sociale, il la neutralise par l’ironie. Le tollé dépasse la gauche ; jusqu’au ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, qui juge sur Sud Radio que « cette plaisanterie n’était pas la meilleure à faire ». Face à la polémique, le 25 juin, Barthès ne présente pas d’excuses : il ironise à nouveau, « Nous avons encore chaud. Tous. Tous chaud… Tous ! », préférant la récidive au mea culpa.

France Culture

Le 24 juin 2026, dans Les Matins, Guillaume Erner reçoit Marine Le Pen. Pour aborder la question de l’antisémitisme, il diffuse un montage sonore qu’il présente comme trouvé sur les réseaux sociaux, mettant en regard des propos de Mélenchon et de Jean-Marie Le Pen. Le montage, produit par le compte Instagram Léon le média (dont le rédacteur en chef est par ailleurs chargé de mission au Crif), détourne une phrase tenue en 2016-2017 sur « la caste, c’est-à-dire les tout-puissants financiers et leurs marionnettes médiatiques politiques », dans laquelle, comme le relève Acrimed, il n’était absolument pas question des personnes de confession juive. Erner enchaîne en demandant à Le Pen quand elle a rompu avec l’antisémitisme de son père, présupposant une rupture qui, elle, resterait à démontrer.

« Le blanchiment de l’extrême droite se fait notamment au prix d’une diabolisation de la gauche. » Acrimed, juin 2026

La mécanique du tribunal permanent n’a jamais été mieux illustrée : sur le service public, sans aucune consigne, un journaliste diabolise la gauche au moment même où il offre à l’extrême droite l’occasion de s’en distinguer. LFI saisit l’Arcom ; France Culture reconnaît un montage fallacieux et présente des excuses, mais aux auditeurs, pas à Mélenchon ; les sociétés de journalistes de la maison se désolidarisent d’Erner. La correction, pourtant, n’efface jamais l’impression laissée par l’accusation initiale auprès des près d’un million d’auditeurs quotidiens de la matinale.

C à vous et Quelle époque !

Sur France 5, à la sortie de La Meute en mai 2025, Anne-Elisabeth Lemoine s’extasie : votre livre s’arrache. Le verbe trahit le positionnement. Quand un responsable LFI passe, c’est l’inverse : quelques minutes pour répondre à une polémique, avant de céder le canapé à un artiste. La hiérarchie est dans l’ordre même du plateau.

Sur France 2, Quelle époque ! de Léa Salamé reçoit en 2025-2026 Xavier Bertrand, Ségolène Royal, Roselyne Bachelot, et Jordan Bardella le 13 décembre, dans un format chaleureux, sans interruption chronométrée. Aucun responsable LFI dans les épisodes documentés de la saison. Le 2 février 2026, devant la commission d’enquête parlementaire, le président de séance rappelle que la présentatrice partage la vie de Raphaël Glucksmann, concurrent direct de LFI dans le bloc de gauche pour 2027.

« Madame Salamé, je précise que vous partagez votre vie avec M. Glucksmann. » Jérémie Patrier-Leitus, commission d’enquête sur l’audiovisuel public, 2 février 2026

Salamé ne déclare aucune opinion : ce n’est pas la question. La question est le cadrage implicite. Certains méritent le canapé, d’autres la question qui déstabilise. Certains livres méritent l’enthousiasme, d’autres la curiosité froide. Ce que le sociologue Howard Becker appelait les présupposés invisibles du métier, ceux qui structurent le travail sans jamais être discutés.

IV. La preuve par le Rassemblement national

Ici, la machine se trahit. Car si LFI était simplement un parti clivant qu’on interroge fermement, on devrait retrouver le même acharnement face au Rassemblement national, longtemps présenté comme l’ennemi de la République. C’est l’exact inverse qui se produit, et les chiffres viennent d’une source qu’on ne pourra pas accuser de tendresse pour LFI.

L’Observatoire Hexagone, financé par le milliardaire conservateur Pierre-Edouard Sterin, établit lui-même que le RN est sous-représenté en temps de parole : 15 % sur les principales matinales avec ses alliés, 9 % seulement sur France 2. Autrement dit, la sous-exposition n’est pas un privilège insoumis : c’est l’effet mécanique des règles de l’Arcom, qui gonflent la parole gouvernementale. Le débat sur les quantités ne tranche donc rien. Tout se joue sur le traitement.

Et sur le traitement, le contraste est écrasant. En 2025, une émission de prime time consacrée à Jordan Bardella, suivie par plus d’un million de téléspectateurs, l’a montré, selon Reuters, sous un jour adouci : peu de questions politiques dures, beaucoup de confidences personnelles, des échanges émus avec ses parents, des séances de sport. Le portrait intime, offert au chef de l’extrême droite, sans contradiction. Exactement le canapé refusé aux insoumis.

Voilà le cœur de l’affaire. Les deux partis sont sous-exposés en temps de parole ; un seul est traité en accusé permanent, tandis que l’autre se voit dérouler le tapis du portrait flatteur. Ce n’est pas une asymétrie de présence. C’est une asymétrie de procès.

V. Les interrogatoires médiatiques contre la France insoumise, une grammaire du procès

Le 14 février 2026, la mort du militant néofasciste Quentin Deranque lors d’une rixe à Lyon déclenche ce que Pauline Perrenot nomme le règne des interrogatoires. Cas d’école de cadrage : le contexte est fixé d’avance, et toute l’information s’y plie. Le 19 février sur Franceinfo, l’entretien de Manuel Bompard consacre dix-neuf minutes vingt sur vingt-trois à l’affaire de Lyon, hachées d’interruptions. Le 22 février sur BFM, Mathilde Panot est interrogée seize fois sur le même point en quinze minutes ; les journalistes lui attribuent au passage une citation tirée en réalité d’un article de presse, erreur signalée en fin d’émission sans un mot d’excuse.

« On a l’impression de participer à des séances de l’Inquisition. Je me défends. » Jean-Luc Mélenchon, conférence de presse, 24 mars 2026

Le philosophe du droit Robert Alexy distingue l’argumentation qui présuppose sa conclusion de celle qui cherche la vérité en laissant les conclusions ouvertes. Ce qu’on observe est la première : les interruptions ne clarifient rien, elles empêchent la réponse ; la question répétée malgré la réponse donnée ne signale pas l’incompréhension mais le refus d’enregistrer.

Et c’est là le point que les contradicteurs de cette enquête devraient méditer : les journalistes concernés ne sont pas des militants. Le phénomène est sociologique, pas individuel. Il relève de ce que Bourdieu nommait la pensée d’État : une grille si bien intériorisée qu’elle passe pour du bon sens professionnel. Une fois l’évidence installée, que LFI est un danger, les pratiques s’y conforment sans qu’aucune note de service ne le demande. Reste le retournement : après son passage sur BFMTV, Bompard publie des vidéos de correction vues des centaines de milliers de fois. Le plateau fabrique l’accusation, les réseaux fabriquent la riposte.

VI. La Meute, la convergence mise en scène

Le 7 mai 2025 paraît La Meute, signé Charlotte Belaich (Libération) et Olivier Pérou (Le Monde). Reconstitution de la curée : bonnes feuilles dans Le Monde le 4, recensions dans Le Point et L’Express le 5, Le Figaro et RTL le 6, Unes de Libération et du Parisien le même jour, Marianne le 7. Sur Quotidien dès le 5, on parle de dictature en miniature ; sur TF1 le lendemain, de secte. La simultanéité ne s’explique pas par le succès commercial : elle le précède.

« Mélenchon : les journalistes politiques chassent en meute. » Acrimed, 6 mai 2025

Soyons justes : certaines critiques du livre, sur la culture interne du mouvement, s’appuient sur des témoignages réels et méritent débat. Là n’est pas le problème. Le problème est l’absence totale de symétrie. Aucune campagne de Unes comparable, dans les mêmes titres et au même rythme, n’a jamais accompagné une enquête sur l’organisation interne d’un autre parti. L’asymétrie n’est pas dans la critique. Elle est dans son volume, sa synchronisation et son exclusivité.

VII. L’Arcom, l’inaction choisie

Le 13 février 2024, saisi par Reporters sans frontières, le Conseil d’État juge que l’Arcom doit désormais, pour apprécier le pluralisme, tenir compte de tous les participants aux programmes, chroniqueurs et invités compris, et pas seulement du temps de parole des politiques. Le 17 juillet, l’Arcom adopte un nouveau criterion, le déséquilibre manifeste et durable. Depuis, elle n’a prononcé aucune sanction contre CNews pour méconnaissance du pluralisme interne.

Or l’Arcom sait sanctionner quand elle le veut : le 6 novembre 2025, le Conseil d’État confirme une amende de 20 000 euros contre CNews pour des propos climatosceptiques. Elle peut donc. Elle ne veut pas, sur le pluralisme. Quant à LFI, ses vingt et un signalements de février 2024 dénonçant un raid médiatique n’ont débouché sur aucune mise en demeure de fond. Le droit du pluralisme mesure la présence, jamais le traitement. L’outil pour corriger cela existe depuis l’arrêt RSF. Il dort.

IX. Le contournement comme survie

Le 24 mars 2026, Mélenchon tient une conférence de presse sans aucun journaliste de la presse traditionnelle, face à une vingtaine de créateurs de contenu. Le geste est assumé.

« Nous ne l’attendons plus de la presse des neuf milliardaires qui possèdent 90 % de ces médias. » Jean-Luc Mélenchon, 24 mars 2026

La stratégie a sa base chiffrée : 2,7 millions d’abonnés TikTok en août 2025, devant Bardella. Yochai Benkler l’avait théorisé dès 2006 : les réseaux distribués permettent aux groupes stigmatisés de bâtir des contre-récits qui contournent les médias dominants au lieu de les affronter. Mais il faut en dire les limites, et elles sont réelles. La gauche elle-même a critiqué le procédé, de Regards à Éric Coquerel. Surtout, le contournement conforte les convaincus et déserte le terrain du grand public. On peut réunir 2,7 millions d’abonnés et compter près de 69 % d’opinions défavorables dans les sondages. Les deux coexistent. Le numérique est une survie, pas une victoire.

Ce que dit ce tribunal

La thèse de cette enquête n’est pas que les journalistes seraient corrompus, ni qu’ils recevraient des consignes. Elle est plus précise, et plus inquiétante : le système fonctionne sans consigne. Quatre rouages suffisent. L’homologie des trajectoires sociales dans le champ. La pression mimétique dans un marché de l’information ultra-concentré. Un réseau idéologique sans mandat mais avec ses ronds de serviette. Et un régulateur qui refuse d’activer les outils que le Conseil d’État lui a donnés.

Le Printemps républicain n’a pas besoin de dicter ses sujets à France Inter : Sophia Aram y est déjà. Franc-Tireur n’a pas besoin d’appeler les rédactions : LCI diffuse sa promotion chaque semaine. Les chroniqueurs n’ont reçu aucune instruction : ils viennent du Figaro et de Valeurs actuelles. Et le régulateur n’a pas été corrompu : il manque simplement de volonté.

La preuve tient en une comparaison. Les deux partis les plus sous-exposés du service public sont LFI et le RN. Un seul est traité en accusé ; l’autre reçoit le portrait intime en prime time. Voilà le tribunal permanent. Ce qu’il dit de la démocratie française est simple : la liberté de la presse ne garantit pas le pluralisme. Elle garantit la liberté de ceux qui possèdent la presse. Et quand neuf milliardaires concentrent l’essentiel des grands médias, cette distinction n’a rien de rhétorique. Elle est constitutive.

Franc-Tireur est promu sur LCI par sa propre fondatrice. Lemoine s’extasie. Aphatie décrète la dictature en miniature avant même d’avoir lu le livre. Salamé reçoit Bardella en canapé. Erner diffuse un montage fallacieux et s’excuse une fois le mal fait. Barthès raille ceux qui souffrent de la canicule. L’Arcom regarde. Le tribunal siège en permanence.

Sources:linsoumission.fr  (Par Léolo Kayser)

 

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vendredi 3 juillet 2026

Loi Duplomb 2 : chassée par la porte, elle revient par la fenêtre.

 

Malgré un rejet massif dans le pays, le sénateur Laurent Duplomb tente d’imposer une nouvelle version de son texte. Celui-ci utilise l’examen du projet de loi d’urgence pour la protection agricole, voté au Sénat le 2 juillet 2026, pour réintroduire par amendement les mesures phares de sa loi de 2025 précédemment censurées. Il a ainsi fait adopter des dérogations pour autoriser des pesticides interdits (acétamipride, flupyradifurone) et un plan de doublement des mégabassines d’ici 2035. Parmi eux, l’acétamipride est connu comme pesticide s’attaquant aux foetus humains et ravageant le cerveau des enfants.

Le gouvernement ayant engagé la procédure accélérée, le chemin législatif passe désormais par une Commission mixte paritaire (CMP) en juillet 2026 pour tenter de concilier les versions du Sénat et de l’Assemblée. En cas d’accord, le texte commun sera soumis au vote final des deux chambres. En cas d’échec de la CMP, le projet de loi retournera à l’Assemblée nationale pour une nouvelle lecture, les députés ayant le dernier mot.

Face à cette offensive, la mobilisation citoyenne et les élus de gauche, notamment de La France insoumise, entendent faire barrage à ce qu’il convient de dénoncer comme un passage en force au service de l’agro-industrie. « Attention : Duplomb va à nouveau tenter de réautoriser l’acétamipride. Alors que le Conseil constitutionnel avait bloqué cette folie l’année dernière, ils reviennent à la charge. Ce serait un drame pour les agriculteurs et la santé des Français. Mobilisation ! » : ainsi Clémence Guetté sonnait l’alarme sur son compte Twitter il y a quelques jours. Notre article.

Une loi rejetée, mais imposée par la force

La première version de la loi Duplomb avait déjà suscité une opposition massive. La pétition contre cette loi est encore à ce jour la pétition la plus signée sur le site de l’Assemblée nationale avec plus de deux millions de signatures. Une mobilisation large dans la société civile et une censure partielle par le Conseil constitutionnel avaient marqué un coup d’arrêt.

Au cœur du texte, la réintroduction de pesticides comme l’acétamipride et le flupyradifurone, interdits en France en raison de leur dangerosité pour les pollinisateurs, la biodiversité et la santé humaine.

Loin de tirer les leçons de ce rejet, le sénateur revient aujourd’hui avec une nouvelle proposition, visant à réautoriser ces substances pour plusieurs cultures. Il s’agit d’une stratégie assumée de contournement démocratique, qui consiste à faire revenir par la fenêtre ce qui a été chassé par la porte.

Pour aller plus loin : Chlordécone : l’empoisonnement d’un peuple et la géographie d’un racisme d’État

Une manipulation des faits pour justifier l’injustifiable

Pour défendre son texte, Laurent Duplomb a affirmé que le Conseil d’État aurait rendu un avis favorable. Cette affirmation est contestée par de nombreux juristes et associations.

L’avis de la haute juridiction administrative rappelle au contraire la toxicité élevée de ces substances, leur persistance dans l’environnement et leurs effets délétères sur les espèces non ciblées. Il souligne également l’insuffisance des garanties apportées par le texte.

En réalité, le Conseil d’État ne valide jamais une loi. Il en analyse les risques. En présentant cet avis comme un soutien, le sénateur propose une lecture orientée, dénoncée comme trompeuse, qui vise à légitimer un projet déjà fragilisé.


Le principe de précaution piétiné

Au cœur des critiques se trouve le non-respect du principe de précaution, pourtant inscrit dans la Constitution. L’absence d’évaluations scientifiques solides et actualisées avant toute réintroduction de ces pesticides est pointée comme une faille majeure.

Pour de nombreux observateurs, cette proposition de loi ouvre la voie à un affaiblissement des protections sanitaires et environnementales, au profit d’intérêts économiques à court terme.

L’agro-industrie à la manœuvre

La relance de la loi Duplomb s’inscrit dans un rapport de force plus large. Soutenue par les représentants d’un modèle agricole productiviste, notamment autour de la FNSEA, elle vise à maintenir une agriculture dépendante des produits chimiques.

Cette orientation est une impasse, à la fois écologique, sanitaire et économique, qui enferme les agriculteurs dans une dépendance aux pesticides au lieu de les accompagner vers des alternatives durables.

Une mobilisation populaire qui ne faiblit pas

Dans la rue, la contestation continue de grandir. Le 4 avril, plusieurs milliers de personnes ont défilé à Paris à l’appel de nombreuses organisations, dont Extinction Rebellion, pour dénoncer les ravages des pesticides.

À travers les slogans et les témoignages, une même colère s’exprime. Celle de citoyens qui refusent de voir leur santé sacrifiée. Celle de soignants qui alertent sur les cancers liés à ces substances. Celle de jeunes générations qui veulent pouvoir vivre sans s’empoisonner.

À l’Assemblée nationale, les députés de La France insoumise ont déposé des amendements pour interdire toute dérogation aux néonicotinoïdes et exiger des évaluations scientifiques indépendantes. Dans leurs interventions, il a été rappelé les conséquences concrètes de ces produits sur la santé des travailleurs agricoles et des riverains, ainsi que sur l’effondrement de la biodiversité.

Un choix de société assumé

Le débat autour de la loi Duplomb met en lumière deux visions irréconciliables. D’un côté, celle d’un modèle agricole intensif, soutenu par les lobbies et défendu au nom de la compétitivité. De l’autre, celle d’une planification écologique qui place la santé et le vivant au cœur des politiques publiques, portée par Jean-Luc Mélenchon.

En cherchant à imposer sa loi contre les faits, contre le droit et contre la mobilisation populaire, Laurent Duplomb incarne la volonté jusqu’au-boutiste du profit avant tout, et au détriment de la santé humaine.

Sources:linsoumission.fr   (Par Allan Clerc)

 

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mercredi 1 juillet 2026

Canicule : la souffrance des non-humains doit également être prise en compte.

 

« Tout est sous contrôle », affirme la ministre de la Transition écologique Monique Barbut le 26 mai 2026 (Le Monde, 28 mai 2026). La canicule exceptionnelle de ce mois de juin a une fois de plus montré le cynisme et le quotidien hors-sol d’un gouvernement qui ne cherche qu’à faire des économies, alors que les populations meurent de chaud.

Les populations, les animaux aussi. Les végétaux aussi. Les non-humains. Lutter contre le changement climatique, c’est protéger les populations, mais aussi celles et ceux qui entourent l’humanité. Ceux sans qui la vie sur Terre est impossible. L’Insoumission revient sur les conséquences de la canicule sur la biodiversité.

Une végétation souffrante qui risque le dépérissement

À Paris, les couleurs de l’automne arrivent déjà. Si pour les marronniers en ville, la raison provient de la prolifération d’une chenille, la « mineuse du marronnier », d’autres arbres voient leurs feuilles tomber directement à cause des vagues de forte chaleur. Le rayonnement solaire produit un stress sur la feuille, qui change de couleur. Mais les feuilles tombent également lorsque sécheresse et chaleur se conjuguent. En situation de sécheresse, les arbres ont moins d’eau et ferment les pores à la surface des feuilles (les stomates) pour en consommer moins. Les feuilles, déshydratées, tombent.

Lorsque les épisodes de forte chaleur se répètent, les arbres n’ont pas le temps de reconstituer leur état de santé global, et dépérissent. Alors qu’ils sont une source de fraîcheur et des puits de carbone indispensables à la survie globale, les arbres, notamment en ville, ne remplissent plus leur rôle. Avec moins de feuilles, ils produisent moins de chlorophylle, donc moins de photosynthèse (par laquelle ils absorbent le CO₂). La vitesse du réchauffement, trop importante, ne permettra pas à toutes les essences de s’adapter.

Enfin, les vents participent également au dessèchement des végétaux et peuvent augmenter le risque de feu de forêt et de moisson selon l’agroclimatologue Serge Zaka (Paris Match, 23 juin 2026). La répétition des événements météorologiques accroît également le risque d’incendie, alors que ceux-ci se répètent chaque année. Ainsi, la Haute-Garonne et les Deux-Sèvres ont basculé pour la première fois de la saison à un niveau de danger « très élevé » pour les feux de forêt selon Météo-France.

Pour aller plus loin : Piscine gratuite, refuges fraîcheur : les maires insoumis agissent concrètement face à la canicule

Une surmortalité des animaux sauvages et domestiques attestée

La ligue de protection des oiseaux a alerté durant la canicule : les oiseaux nichant sous les toits comme les martinets ou les hirondelles sont extrêmement exposés aux vagues de chaleur. Les jeunes, nombreux en début d’été sont asphyxiés par la chaleur, et « tombent parfois du nid en cherchant de l’air ». Avec la sécheresse, les espèces aquatiques souffrent également par la baisse d’oxygène dans l’eau, qui peut provoquer leur asphyxie.

L’Observatoire national sur les effets du changement climatique explique que lors de fortes chaleurs, l’une des premières causes de mortalité des animaux est la déshydratation. Toutes les espèces sont alors concernées. Si l’épisode de chaleur de mai 2026 a eu peu d’impact en termes de mortalité, en l’absence de sécheresse, c’est la répétition des épisodes de chaleur qui pourrait conduire à une surmortalité. Par ailleurs, l’artificialisation des sols promue par la politique productiviste des gouvernements successifs ne permet pas à l’eau de pluie de s’écouler normalement, et ainsi de recharger les nappes phréatiques. L’inadaptation au changement climatique, en temps de crise et au long cours, particulièrement caractéristique de la politique des macronistes, envoie tout le monde dans le mur.

Dans les mers, les canicules marines accélèrent l’acidification des océans. Selon l’Institut français pour la recherche et l’exploitation de la mer (Ifremer), la croissance des poissons est affectée, mais également leur comportement direct. Les animaux marins stressent davantage, en raison de la chaleur, de la diminution de l’oxygène et de l’augmentation de la salinité. Enfin, les animaux domestiques souffrent bien évidemment de la chaleur. Entre le 19 et le 24 juin 2026, la mortalité dans les centres vétérinaires a augmenté de 10 % par rapport à l’an dernier (Franceinfo, 24 juin 2026).

La vulnérabilité de nos systèmes agricoles n’est plus à démontrer

Alors que les éleveurs ont enregistré une baisse du niveau de production de viande, de lait ou d’œufs, la canicule de juin a provoqué une surmortalité massive dans les élevages de volailles bretons. Selon le directeur général de l’Association nationale interprofessionnelle de la volaille de chair, il est probable « qu’on atteigne le million de poulets morts ». En 2003, entre quatre et cinq millions de volailles avaient succombé aux fortes chaleurs. Les sociétés d’équarrissage sont alors complètement débordées.

Concernant les céréales, mais également toutes les plantes à fleur, si une nouvelle vague de chaleur se déclare en juillet, la pollinisation peut « griller » le pollen. Alors, « aucun grain ne se forme et il n’y a pas de remplissage des épis. Dans ce cas, ce ne sera pas -20 % ou -30 % de rendement, ce sera zéro, la catastrophe », selon un courtier interrogé par Franceinfo. Dans une économie de marché comme celle en vigueur, le cours des céréales sur le marché européen a bien évidemment augmenté. Ainsi, le prix du blé a progressé de près de 5 % en une semaine. Les cours du maïs ont quant à eux augmenté de 8 % sur le marché européen.

Les solutions à court terme existent

Face à des événements aussi importants, les petits gestes individuels ne suffisent jamais. La lutte contre le changement climatique, et notamment l’atténuation et l’adaptation à ce phénomène, doit avant tout passer par des politiques publiques ambitieuses et adaptées aux enjeux territoriaux. Le plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) du Gouvernement s’avère insuffisant.

Qui peut croire à la volonté du gouvernement d’agir contre le changement climatique et pour l’adaptation lorsque de grands projets inutiles comme l’A69 sont promus par des productivistes comme les macronistes ? Qui peut croire à un gouvernement souhaitant réautoriser l’acétamipride ? Qui peut croire un gouvernement qui souhaite supprimer, à terme, l’Office français de la biodiversité ? Le projet de loi d’urgence agricole proposé par le gouvernement met quant à lui en péril une gestion véritablement durable de l’eau par les agences de l’eau, pour les besoins de l’agriculture productiviste.

Face à ces événements extrêmes, la planification écologique, démocratique et efficace, est la seule option. C’st celle défendue par Jean-Luc Mélenchon alors que l’intégralité des partis politiques s’enferrent dans des visions court-termiste, ou sans vision. Pour tout le vivant, la bifurcation écologique doit être la priorité absolue d’un gouvernement de gauche. En 2027, voter Mélenchon reviendra à voter pour la survie de la biodiversité, et donc, de l’Humanité.

Sources:linsoumission.fr


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mardi 30 juin 2026

Gabriel Attal – Ses 5 mensonges en direct sur LCI face à Manuel Bompard.

 Gabriel Attal a enchaîné les mensonges lundi 29 juin au soir sur LCI. Lors de son interview face aux journalistes de la chaîne, puis lors de son débat face à Manuel Bompard, ce macroniste pur jus a tenté de faire oublier les dix années où il a été aux responsabilités. L’Insoumission vous livre ses cinq mensonges les plus flagrants face à Manuel Bompard, coordinateur de la France insoumise. Notre brève.

Gabriel Attal a prétendu que le taux de chômage en France était au plus bas depuis 40 ans. Il 

Mensonge 1 : « On a un taux de chômage au plus bas depuis 40 ans ».  

voulait ainsi montrer l’efficacité des politiques économiques et sociales menées par les gouvernements d’Emmanuel Macron, qu’il a tous soutenus. En réalité, c’est faux. 

En effet, les gouvernements auxquels il a appartenu et qu’il a soutenus ont d’abord choisi de diminuer le taux de chômage en dégradant les droits des travailleurs. Cela a permis de baisser ce chiffre, tout en augmentant le nombre de travailleurs pauvres. Ainsi, la proportion de travailleurs pauvres a fortement augmenté : entre 2021 et 2023 (derniers chiffres disponibles), elle est passée de 7,3 % à 8,3 %. Cela concerne 2,3 millions de travailleurs pauvres en 2023.

Depuis qu’il a été Premier ministre, en 2024, la situation en matière d’emploi s’est encore dégradée : depuis 2023, le taux de chômage est remonté de 7,1 % à 8,1 %, soit environ +14 % en valeur relative. Résultat, la France compte 5,7 millions de personnes inscrites à France Travail en catégories A, B et C (sans emploi ou avec activité réduite) au 1er trimestre 2026. 

Comme l’a rappelé Manuel Bompard, quand Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir, le taux de chômage de la France était au niveau de la moyenne de la zone euro. Aujourd’hui, il est 20 % au-dessus de ce niveau.

En résumé : Gabriel Attal ment quand il affirme « on a un taux de chômage au plus bas depuis 40 ans ». 

Mensonge 2 : « Personne ne peut me reprocher de ne pas avoir agi dans toutes les fonctions que j’ai exercées ».

Gabriel Attal a affirmé que personne ne pouvait lui reprocher de ne pas avoir agi dans toutes les fonctions qu’il a exercées. Il ment. 

Ainsi, si on étudie les différentes fonctions exercées par Gabriel Attal, on constate qu’à plusieurs reprises, il n’a pas agi alors qu’il aurait pu le faire. 

Par exemple, lorsqu’il était ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal a ignoré un rapport accablant sur l’homophobie, le sexisme et de multiples infractions à la loi au sein de l’établissement scolaire Stanislas. Il n’a pas pris en compte l’alerte d’un parent d’élève dont la fille a été virée alors qu’elle dénonçait les comportements homophobes, sexistes et racistes de la direction. Pourtant, en tant que ministre de l’Éducation nationale, il aurait pu et dû agir. 

De même, lorsqu’il a été Premier ministre, Gabriel Attal aurait pu agir pour adapter la France au réchauffement climatique et préparer notre pays aux canicules. Or, il a multiplié les coups budgétaires qui ont nui à la préparation de notre pays. Il a par exemple baissé de 2,1 milliards d’euros le budget de l’écologie, dont 500 millions sur le Fonds vert, qui permet notamment d’adapter les écoles aux canicules. Il a aussi fait des coupes dans Ma Prime Rénov, le dispositif qui soutient la rénovation thermique des bâtiments.

En conclusion : Gabriel Attal ment quand il prétend que l’on ne peut pas lui reprocher de ne pas avoir agi dans ses fonctions passées.

Mensonge 3 : « Jean-Luc Mélenchon est le Trump français ».

Gabriel Attal a répété la comparaison entre Donald Trump et Jean-Luc Mélenchon, qu’il avait déjà faite au journal La Tribune. Cette phrase est odieuse et mensongère à plusieurs égards. 

Tout d’abord, elle compare deux hommes politiques qui n’ont rien à voir. Donald Trump est le président d’extrême droite des États-Unis d’Amérique, alors que Jean-Luc Mélenchon est le principal dirigeant de la gauche française. Leurs politiques sont radicalement opposées sur tous les points : Jean-Luc Mélenchon veut augmenter les salaires, planifier la bifurcation écologique, défendre la paix et le respect du droit international. Toutes ces politiques sont à l’opposé de celles de Donald Trump. 

De plus, quand on lit les détails de la comparaison faite par Gabriel Attal, on voit que c’est lui-même qui est en réalité beaucoup plus proche de Donald Trump. La phrase complète de Gabriel Attal est la suivante : « Jean-Luc Mélenchon est le nouveau Trump français. Culte de la personnalité, stratégie du chaos permanent, délégitimation constante des contre-pouvoirs, autant de ressorts qu’il emprunte à Donald Trump ». Pourtant, tous ces éléments pourraient aussi être reprochés à Gabriel Attal : 

  • Culte de la personnalité : sur l’accueil du site de son parti Renaissance, 7 photos de Gabriel Attal, contre 1 de Jean-Luc Mélenchon sur celui de la France insoumise. 
  • Stratégie du chaos : le chaos, c’est faire une réforme des retraites contre l’avis de 93 % des actifs, ce qu’a fait Gabriel Attal
  • Délégitimation des contre-pouvoirs : ce sont les macronistes qui ont utilisé à 43 reprises l’article 49.3 pour imposer des lois sans vote et qui ont imposé la réforme des retraites contre tous les syndicats. Les réformes de l’assurance chômage soutenues par Gabriel Attal ont aussi été imposées contre l’avis des syndicats.

En résumé : Gabriel Attal ment quand il affirme que Jean-Luc Mélenchon est le Trump français, alors qu’il est lui-même plus proche de Trump pendant que le candidat de la France insoumise n’a aucune proximité, de près ou de loin, avec le dirigeant d’extrême droite.

Mensonge 4 : « L’Insee a montré qu’en 2024, les dépenses de l’État ont baissé par rapport à l’année précédente pour la première fois depuis 15 ans ». 

Gabriel Attal a affirmé qu’il avait été le seul Premier ministre à faire baisser les dépenses de l’État. Ainsi, il veut faire passer l’idée qu’il aurait été un bon gestionnaire. Pourtant, c’est faux. 

Gabriel Attal a été Premier ministre en 2024. Or, en 2024, les dépenses publiques n’ont pas baissé. Selon l’Insee, elles ont augmenté de 4,0 % en euros courants par rapport à 2023. En part de PIB, elles sont également passées de 56,8 % à 57,0 %. Aussi, les chiffres de l’Insee montrent que Gabriel Attal ment. 

Il est vrai que Gabriel Attal a fait des économies : il a ainsi coupé des budgets dans l’écologie, à hauteur de 2,1 milliards. Ces coupes sont notamment responsables de l’impréparation de la France face aux canicules. Il a aussi fait de nombreuses autres dépenses : 1 milliard sur la recherche, 700 millions sur l’école, 700 millions sur l’urbanisme et le logement, 330 millions sur la justice, 50 millions dans la sécurité civile, ce qui a conduit à l’annulation de la commande de deux Canadairs. Il a aussi augmenté les impôts. De ce fait, les recettes de l’État n’ont jamais été aussi élevées. Mais elles sont utilisées en aides pour les entreprises, en particulier celles du CAC 40 : plus de 200 milliards d’euros par an !

En résumé, Gabriel Attal ment quand il affirme qu’il a fait baisser les dépenses de l’État : il les a au contraire augmentées en coupant des fonds aux services publics pour verser des milliards aux grands patrons du CAC 40.

Mensonge 5 : « Par rapport à des décennies de désindustrialisation, on a changé les choses ».

Face à Manuel Bompard, Gabriel Attal a affirmé que la politique qu’il a menée et soutenue a amélioré la situation de l’industrie en France. Pourtant, de nombreux chiffres montrent que cette affirmation est fausse.

Lors de l’année 2024, durant laquelle Gabriel Attal était Premier ministre, plus de 107 usines ont fermé, et 66 000 entreprises – à 90% des TPE – ont mis la clef sous la porte. Plusieurs exemples montrent que cette politique s’est faite en parallèle d’un enrichissement des actionnaires de ces entreprises. Par exemple, le géant du pneumatique Michelin, après avoir laissé sur le carreau 1 254 personnes à Vannes et à Cholet, a ensuite versé à ses actionnaires des dividendes records de 1,47 milliard d’euros. De ce fait, on peut affirmer que la politique menée par Gabriel Attal a accompagné la suppression d’emplois dans l’industrie et le versement de dividendes massifs aux actionnaires. 

Le bilan global peut être qualifié de désastre économique. Ainsi, le déficit de la balance commerciale française se porte désormais à 81 milliards d’euros. Pourtant, si la politique industrielle de Gabriel Attal et ses alliés avait été un succès, ce chiffre aurait été largement réduit. 

En conclusion, Gabriel Attal ment en affirmant qu’il a changé la situation après des décennies de désindustrialisation. Au contraire, il a contribué à l’aggravation de la situation.

Sources:linsoumission.fr
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lundi 29 juin 2026

« La justice doit être le pilier de cette nouvelle France que nous voulons bâtir » – Retrouvez la tribune d’Ugo Bernalicis, député LFI.

 

La crise de la justice n’est pas un accident de l’histoire récente : elle est le produit de quarante années de gestion managériale d’un service public régalien. Les drames qui l’illustrent ne sont pas des anomalies, ils sont le symptôme d’une doctrine à bout de souffle. La justice doit être le pilier de cette nouvelle France que nous voulons bâtir, pour assurer l’effectivité des droits, le rétablissement de la dignité des travailleurs et la lutte acharnée contre les inégalités.

Retrouvez la tribune du député LFI Ugo Bernalicis, spécialiste des questions de justice au sein du mouvement insoumis.

I. Une agonie systémique, que les drames viennent rappeler avec une cruelle régularité

La crise de la justice n’est pas nouvelle, et malgré les efforts de communication de la macronie, elle n’est pas réparée. Au terme mal choisi de « clochardisation » de la justice, je préfère celui d’un service public à l’agonie. Cela fait des années que j’appelle, avec mon groupe parlementaire, à rompre avec la gestion managériale de la justice (new public management) pour reconstruire un service de proximité et d’égalité. La sociologue Cécile Vigour a montré, dès le milieu des années 2000, comment cette « gestionnarisation » de l’institution judiciaire avait progressivement substitué aux critères de qualité du jugement des indicateurs de productivité, de délais et de taux d’écoulement des stocks, redéfinissant en profondeur le métier même de juger.

Voilà l’impasse où nous mènent les politiques conduites depuis des décennies. La politique du flux est à son paroxysme et démontre, chaque jour davantage, l’échec de cette doctrine. On ne peut traiter la justice comme un débit à écouler : la dégradation des droits au nom de la cadence, ce sont autant de dossiers mal traités, autant de vies suspendues à une procédure expédiée.

Cette agonie est systémique, et elle s’illustre malheureusement par des drames qui n’ont rien d’anodin et qui se répètent. Je pense à l’appel de plus de 3 000 magistrats, rejoint par plus de 6 000 professionnels et greffiers publié dans Le Monde le 23 novembre 2021, après le suicide de Charlotte, jeune juge de 29 ans dans le Nord, épuisée par des injonctions permanentes de rendement. Je pense à ce greffier de 28 ans du tribunal judiciaire de Mamoudzou qui, en mars 2022, a tenté de mettre fin à ses jours en laissant une lettre dénonçant le manque de moyens humains, l’absence d’accompagnement et l’isolement professionnel imposés par l’institution. Ce mal n’est pas nouveau : il a toujours été illustré par des drames comme celui du 16 septembre 2010, où Philippe Tran-Van, juge d’instruction à Pontoise, épuisé professionnellement et écrasé par une charge de travail qu’il ne pouvait plus assumer, a mis fin à ses jours sur les rails d’une gare du Val-d’Oise.

Les chercheurs Christian Mouhanna et Benoît Bastard, du Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CNRS), ont documenté de longue date ce désenchantement professionnel : confrontés à des injonctions contradictoires de productivité et de qualité, beaucoup de magistrats se rallient par défaut à la logique managériale faute d’alternative crédible qui leur soit proposée, ce qui n’éteint en rien la souffrance que cette adhésion forcée engendre.

Ces drames montrent l’étendue d’une crise profonde et, surtout, l’impasse de la trajectoire politique suivie depuis trop longtemps. Une justice maltraitante est une justice qui maltraite, et je sais que ces drames se répercutent aussi sur les justiciables. Les affaires où des proches de victimes ou des mis en cause dénoncent un traitement judiciaire défaillant se multiplient, et celles d’aujourd’hui ne sont, hélas, pas les dernières.

Entre renoncement aux droits faute d’accès effectif à la justice et procédures expédiées, que dit la République à ses citoyennes et à ses citoyens ? Les réponses de surenchère pénale, poussant à l’automaticité des peines et à la répression systématique, ne font qu’accélérer la dégradation continue du service public, car ces propositions portent en elles-mêmes le mal qu’elles prétendent combattre : priorisation à outrance, procédure indigente, professionnels plus sous pression encore. Quand tout est prioritaire, rien n’est prioritaire, et ce sont les usagers du service public, comme les professionnels saturés d’injonctions contradictoires, qui en paient le prix.

Ce qui se joue à chaque étape de la chaîne pénale conduit à des drames : pour les victimes qu’on ne cherche pas à accompagner mais que l’on pousse vers le renoncement ; pour les magistrats rendus responsables de chaque dysfonctionnement ; pour les fonctionnaires de greffe dont les conditions de travail se dégradent pour répondre à des injonctions contradictoires d’accompagnement et de célérité ; pour les avocats sommés de défendre sans jamais être eux-mêmes mis en cause. Ces solutions nous enferment dans l’impasse où nous sommes. Elles ont vocation à nous détourner des problèmes de fond et participent elles-mêmes du problème.

Michel Foucault l’avait montré il y a un demi-siècle : la logique punitive ne se contente jamais de répondre à un fait, elle organise une discipline qui se diffuse et se durcit d’elle-même. Les sociologues Loïc Wacquant et Didier Fassin ont, chacun à leur manière, prolongé cette intuition en montrant comment le tournant punitif contemporain vient précisément combler, par la surenchère pénale, les vides laissés par le retrait de l’État social, déplaçant sur la justice pénale des problèmes que seules des politiques publiques de prévention et d’accompagnement pourraient résoudre. Le pénal devient le hochet des populistes pénaux de notre temps, mais je vous invite à regarder l’état de la justice civile, qui représente l’écrasante majorité de l’activité judiciaire. Cela ne fait pas frémir les médias, et pourtant c’est une dégradation considérable qui en dit long sur l’état de notre République : autant de renoncements au droit, d’injustices non traitées, de violences sociales renforcées. Je suis alerté depuis longtemps sur les délais devant les conseils de prud’hommes, où la durée moyenne de traitement avoisine seize mois au niveau national mais s’étire, dans certaines juridictions et lorsqu’un juge départiteur doit intervenir, à deux, trois, voire quatre ans avant un premier jugement, et davantage encore en cas d’appel. Sur les procédures de tutelle sans moyens, sur les contentieux en responsabilité civile qui s’éternisent, cette crise est boudée par les médias sensationnalistes et par de nombreux responsables politiques. Pourtant cette justice est le socle de l’idée d’égalité de notre devise. Elle garantit notre vivre-ensemble et demeure le refuge de celles et ceux qui ne se résignent pas.

II. Sortir de l’agonie de la Justice en regardant en face la crise qu’elle traverse

Le budget de la justice française est indigent, et les chiffres de la Commission européenne pour l’efficacité de la justice (CEPEJ) le confirment sans ambiguïté dans son rapport d’évaluation 2024. La France consacre 77,2 euros par habitant à son système judiciaire, sous la moyenne européenne, qui s’élève à 85,4 euros, et loin derrière l’Allemagne, qui y investit 136,1 euros par habitant. En proportion du PIB, la France plafonne à 0,2 %, contre 0,3 % pour l’Allemagne ou l’Italie. Ce retard est ancien et structurel : malgré la loi de programmation de novembre 2023 et les annonces de hausses « historiques », le fossé avec nos voisins ne s’est pas refermé.

Sur les ressources humaines, le constat est plus sévère encore. La France compte 11,3 juges professionnels pour 100 000 habitants, contre une médiane européenne de 17,6 et une moyenne de 21,9. Pour les procureurs, l’écart devient abyssal : 3,2 pour 100 000 habitants en France, contre une médiane de 11,2 et une moyenne de 12,2 en Europe, un calcul réalisé à partir de ces données aboutit à l’estimation qu’il manquerait plus de 5 700 procureurs pour que la France atteigne simplement la moyenne du continent. Le fractionnement des fonctions de juge s’accompagne d’une multiplication des statuts précaires d’assistants de justice et de juristes assistants, pis-aller qui masque sans la résoudre la pénurie de magistrats titulaires.

Le déficit de personnel des greffes judiciaires suit la même pente : la France compte 37,3 personnels non-juges pour 100 000 habitants, contre une médiane européenne de 57,9. Ce chiffre donne une traduction statistique exacte à la détresse exprimée par le greffier de Mamoudzou : le manque ne touche pas seulement les magistrats, il frappe l’ensemble de la chaîne judiciaire, jusqu’aux experts judiciaires, psychologues et professionnels de la médecine légale, dont la rareté allonge encore les délais d’instruction et d’expertise. Le nombre d’avocats pour 100 000 habitants, 106,6 en France, est lui aussi parmi les plus faibles d’Europe, loin derrière l’Allemagne (195), l’Espagne (308), le Royaume-Uni (338) ou l’Italie (398,7).

La réalité a toujours été que les marges de manœuvre budgétaires sont grevées par la construction et l’entretien des prisons : puits sans fond du point de vue budgétaire, et illustration même de l’impasse du tout-carcéral. Le gouvernement promet 1 500 magistrats supplémentaires sur le quinquennat, des miettes au regard des besoins réels, quand certains territoires d’outre-mer, comme La Réunion, supportent une charge de travail par magistrat jusqu’à huit fois supérieure à celle constatée dans l’Hexagone.

J’oserai même dire que les communications triomphalistes annonçant une justice « réparée » ont sonné le glas de toute prise de conscience profonde. Après les États généraux de la justice, le gouvernement a officiellement refermé la « phase de réparation » pour ouvrir celle de la « modernisation » et de la « restauration de la confiance », comme si l’urgence était derrière nous. Ce discours infantilise les professionnels de la justice, qui vivent chaque jour la dégradation et l’humiliation, et qui se voient sommés, sinon de se taire, du moins d’intégrer la pérennité de la défaillance comme un horizon normal.

Face aux drames actuels, ministres et responsables politiques, désemparés, poursuivent la fuite en avant : toujours plus de pénal, toujours plus de sévérité. Le concours Lépine des mesures pénales ressurgit avec les mêmes lieux communs et propositions éculées : déterminisme de la peine, fonctionnarisation des juges, peines plancher, abolition des aménagements de peine, imprescriptibilité et hiérarchisation sordide des crimes, renforcement des peines de sûreté, voire rétablissement ciblé de la peine de mort. Ces solutions ne sont pas nouvelles : elles illustrent ce que l’on appelle l’effet cliquet, cette progression graduelle et sans discontinuité qui conduit précisément là où nous sommes, une agonie toujours plus profonde, qui craque de toutes parts. Nous sommes de plus en plus seuls à pointer la surpopulation pénale dans son ensemble et l’inconséquence de la dégradation continue des conditions procédurales de notre droit pénal, notamment au travers de l’embolie des comparutions immédiates.

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III. La Justice remplit une fonction sociale singulière et nécessite des mesures à la hauteur

Que proposer face à cette agonie ? Plus de budget, plus de magistrats, plus de fonctionnaires : c’est sans conteste une nécessité, mais c’est surtout le « pour quoi faire » qu’il faut investir.

À mes yeux, il y a un continuum de service public à rétablir : il faut réinvestir l’ensemble des services publics que le libéralisme a méthodiquement démantelés. La justice n’est pas seule, et ceux qui, comme moi, défendons le caractère singulier de la justice dans notre modèle républicain, non pas une simple autorité, mais un pouvoir constitué, devons réinvestir massivement dans tous les services publics, pour dire aux professionnels de la justice qu’ils ne sont pas la dernière roue du carrosse, appelés à intervenir seulement quand tous les autres dispositifs ont échoué à permettre l’émancipation d’une personne. C’est à cette condition que nous pourrons sortir de cette agonie.

Mais ce caractère singulier mérite d’être pleinement assumé, car la justice n’est pas un service public comme les autres. Quand un hôpital soigne ou qu’une école instruit, l’administration agit ; quand un tribunal juge, c’est un pouvoir qui s’exerce, au nom du peuple français, selon la formule consacrée de tout jugement rendu dans notre pays. Notre Constitution elle-même hésite encore à la nommer pleinement : elle ne parle pas de « pouvoir judiciaire » mais d’« autorité judiciaire », signe d’une défiance historique de l’exécutif à l’endroit d’un contre-pouvoir qu’il a toujours cherché à tenir en lisière. Cette ambiguïté constitutionnelle permet, depuis des décennies, qu’un parquet nommé et discipliné par la Chancellerie continue de se présenter comme un acteur neutre de l’action publique, et que les besoins des juridictions soient appréciés non par les besoins des justiciables mais par les seules contraintes d’un cadrage budgétaire annuel. La fonction sociale de la justice est pourtant unique parmi les services publics : elle a vocation à pacifier les rapports sociaux quand le lien social se défait, elle protège le faible contre l’arbitraire du fort, et elle est la seule institution dont la légitimité républicaine repose entièrement sur sa capacité à trancher en toute indépendance, y compris contre le pouvoir qui la finance et la nomme. Vouloir la traiter comme une administration gestionnaire ordinaire revient à nier cette fonction constitutionnelle, et c’est précisément ce qui s’est produit avec l’irruption de la nouvelle gestion publique dans les prétoires.

C’est pourquoi les mesures que je porte avec mon groupe ne se limitent pas à un chiffrage budgétaire, si nécessaire soit-il. J’ai eu l’honneur de présider, en 2019 et 2020, la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les obstacles à l’indépendance du pouvoir judiciaire, dont les conclusions tracent une feuille de route précise : aligner le mode de nomination des magistrats du parquet sur celui des magistrats du siège, en soumettant leur nomination à l’avis conforme du Conseil supérieur de la magistrature, et harmoniser leur régime disciplinaire pour mettre fin à la subordination hiérarchique du ministère public à la Chancellerie. Cette même commission proposait de renforcer et de démocratiser la composition du CSM pour en faire la pierre angulaire du service public de la justice, une instance capable, à la manière d’une inspection générale indépendante, de déterminer objectivement les besoins réels des juridictions, plutôt que de laisser ce diagnostic aux seuls arbitrages de Bercy ou plus exactement de Beauvau. Nous portons également la consécration du principe de collégialité des formations de jugement, trop souvent sacrifié sur l’autel de la productivité, ainsi qu’une participation directe des citoyennes et des citoyens au fonctionnement de l’institution, par des conseils de juridiction et un jury populaire élargi : la légitimité démocratique de la justice ne se construit pas seulement par son indépendance, mais aussi par la présence du peuple en son sein.

Sur le terrain budgétaire, je demande depuis plusieurs législatures un budget de la justice enfin lisible et transparent, avec un budget opérationnel de programme établi cour d’appel par cour d’appel et une véritable comptabilité analytique permettant de connaître le coût réel de chaque politique judiciaire, faute de quoi le débat parlementaire sur les moyens de la justice reste un débat à l’aveugle. Et lorsque le Gouvernement se félicite d’avoir atteint son « effectif cible » de magistrats, je pose la même question qu’en commission des lois il y a plusieurs années : cet effectif cible est-il seulement l’effectif idéal, ou la simple habileté d’une communication qui maquille l’insuffisance structurelle des moyens ?

C’est sur la qualité de la justice que nous devons porter notre attention : le service public doit apporter une réponse à chaque justiciable, et pour cela il ne suffit pas qu’il dispose des moyens, il doit aussi avoir le souci constant de rendre la justice, et non de gérer un flux. Cela suppose de rompre frontalement avec la doctrine gestionnaire, de revaloriser les métiers de greffe et les fonctions support, de recruter à la hauteur des standards européens en magistrats, procureurs, experts et personnels de greffe, et de cesser de faire de la prison la variable d’ajustement budgétaire de la chaîne pénale. Cela suppose également de sortir le contentieux civil, prud’hommes, tutelles, responsabilité civile, de l’invisibilité médiatique où il est maintenu, alors qu’il concentre, je le rappelle, l’écrasante majorité de l’activité judiciaire totale et l’essentiel des injustices vécues au quotidien par les classes populaires.

Cette reconstruction ne peut être pensée isolément : elle s’inscrit dans un même mouvement de refondation de nos institutions. Je crois, comme beaucoup dans ce pays, qu’il n’y aura pas de transformation sociale durable sans une refondation démocratique des institutions qui exercent un pouvoir au nom du peuple, et la justice en est la première. Passer à une nouvelle République, ce sera aussi se donner une justice digne de ce nom : indépendante de l’exécutif comme des puissances économiques, démocratisée dans sa gouvernance, dotée des moyens humains et budgétaires que ses missions exigent. La justice doit être le pilier de cette nouvelle France que nous voulons bâtir, pour assurer l’effectivité des droits, le rétablissement de la dignité des travailleurs et la lutte acharnée contre les inégalités.

Sources:linsoumission.fr ( Par Hugo Bernalicis)

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