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mardi 7 avril 2026

Loi Yadan : 5 rapporteurs spĂ©ciaux de l’ONU interpellent le gouvernement français pour la dĂ©noncer en raison de violations des droits civils et politiques.

Loi Yadan. Les 16 et 17 avril prochains, l’AssemblĂ©e nationale examinera une proposition de loi portant restriction de la libertĂ© d’expression au profit de la propagande gĂ©nocidaire de Benjamin Netanyahu et de ses relais. PortĂ©e par la dĂ©putĂ©e macroniste Caroline Yadan, cette loi entend criminaliser toute critique de la politique coloniale et raciste de l’État gĂ©nocidaire israĂ©lien en l’assimilant Ă  de l’antisĂ©mitisme. Un texte qui repose sur l’idĂ©e d’un « nouvel antisĂ©mitisme » qui se dĂ©ploierait aujourd’hui Ă  travers la dĂ©nonciation du gĂ©nocide des Palestiniens.

Non seulement infâme politiquement en ce qu’elle entend lĂ©gitimer le gĂ©nocide des Palestiniens, la loi Yadan est Ă©galement illĂ©gale au regard du droit international. En effet, 5 rapporteurs spĂ©ciaux de l’ONU, inquiets de la dĂ©rive autoritaire que reprĂ©senterait l’adoption de la loi, ont transmis ce 1er avril une lettre au gouvernement français pour lui rappeler que la loi Yadan viole le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Un texte ratifiĂ© par la France.

Aussi, alors que le gouvernement a tentĂ© de faire passer en force la loi Yadan ce mercredi 1er avril, la mobilisation des parlementaires insoumis est parvenue Ă  repousser son examen. NĂ©anmoins, du PS Ă  LR en passant par la Macronie, les signataires de la loi vont tout faire pour la faire adopter. Pour s’y opposer et obtenir le retrait du texte, une pĂ©tition citoyenne a Ă©tĂ© lancĂ©e. Si elle rĂ©colte 500 000 signatures, la confĂ©rence des PrĂ©sidents devra l’inscrire Ă  l’ordre du jour de l’AssemblĂ©e. Ă€ l’heure oĂą sont Ă©crits ces mots, elle en a dĂ©jĂ  rĂ©coltĂ© plus de 470 000. Signez et faites signer la pĂ©tition contre la loi Yadan. 






Le lien ici










Loi Yadan : signez et faites signer la pétition contre la criminalisation du camp de la paix !

Alors que de l’aveu de nombreux juristes, un arsenal juridique suffisant existe dĂ©jĂ  pour lutter contre l’antisĂ©mitisme, la proposition de loi Yadan porte volontairement des notions floues qui ouvriraient la voie Ă  la condamnation d’analyses politiques, historiques ou acadĂ©miques sur les violations du droit international dont IsraĂ«l se rend coupable depuis plus de 75 ans.

Évoquer la lĂ©galitĂ© de la rĂ©sistance en droit international, l’histoire de la colonisation, des massacres et de l’apartheid en Palestine occupĂ©e, pourrait devenir lĂ©galement rĂ©prĂ©hensible. Cette loi qui dessert la lutte contre l’antisĂ©mitisme en assimilant toute personne de confession juive Ă  la politique gĂ©nocidaire de l’État israĂ©lien entend en somme dissuader la moindre expression de solidaritĂ©, de compassion, d’humanitĂ© ou de rĂ©volte Ă  l’endroit du calvaire subi par le peuple palestinien depuis 1948, et plus encore depuis octobre 2023.

Pour aller plus loin : Rima Hassan placĂ©e en garde Ă  vue – Les amis français de Netanyahu s’acharnent pour censurer les voix contre le gĂ©nocide

Pour s’y opposer, une pĂ©tition contre la loi Yadan a Ă©tĂ© lancĂ©e. Si elle rĂ©colte 500 000 signatures, la ConfĂ©rence des prĂ©sidents devra l’inscrire Ă  l’ordre du jour de l’AssemblĂ©e. Le sursaut populaire notamment Ă©prouvĂ© face Ă  la nouvelle loi israĂ©lienne lĂ©galisant la peine de mort pour les Palestiniens, ainsi qu’Ă  l’acharnement policier dont a Ă©tĂ© une nouvelle fois victime l’eurodĂ©putĂ©e LFI Rima Hassan, a permis de rĂ©colter 350 000 signatures en Ă  peine trois jours, portant Ă  cet instant le total Ă  plus de 470 000.

Alors que la pĂ©tition devrait bien rĂ©colter 500 000 signatures, les parlementaires insoumis demandent Ă  ce qu’elle soit examinĂ©e avant le dĂ©but des dĂ©bats sur la loi Yadan. En attendant, la France insoumise organise dès ce mardi soir une Ă©mission spĂ©ciale consacrĂ©e Ă  ce texte de loi liberticide. Une Ă©mission en prĂ©sence notamment de l’eurodĂ©putĂ©e insoumise Rima Hassan.

 Signez et faites signer la pĂ©tition contre la loi Yadan en cliquant ici !


Regarder sur X ICI











Sources:linsoumission.fr

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samedi 4 avril 2026

Cabale contre Rima Hassan, BFMTV ment et manipule.

Depuis hier, Rima Hassan est la cible d’une vicieuse opĂ©ration politique initiĂ©e par des associations aux ordres de Benjamin Netanyahu et favorisĂ©e par le pouvoir macroniste cherchant, lui aussi, la destruction de LFI. Pour son combat contre le gĂ©nocide, l’eurodĂ©putĂ©e insoumise subit un acharnement judiciaire, politique et mĂ©diatique sans limite. 16 procĂ©dures ont Ă©tĂ© intentĂ©es Ă  son encontre, dont 13 classĂ©es sans suite.

L’eurodĂ©putĂ©e insoumise a Ă©tĂ© placĂ©e en garde-vue, son immunitĂ© parlementaire a Ă©tĂ© piĂ©tinĂ©e. Elle a Ă©tĂ© retenue 15h pendant que la boucle police-justice-mĂ©dias orchestrait une cabale mensongère pour faire croire qu’elle aurait dĂ©tenu de la drogue. L’ensemble a Ă©tĂ©, et est encore, relayĂ© copieusement par l’officialitĂ© mĂ©diatique – BFMTV en tĂŞte – ainsi que par la droite et l’extrĂŞme droite. La gauche d’accompagnement, elle, se tait. L’affirmation de dĂ©tention de drogue est pourtant absolument fausse. Rima Hassan dĂ©tenait du CBD, une substance parfaitement lĂ©gale, et utilisĂ©e Ă  des fins mĂ©dicales.

Face Ă  la cabale mensongère, Manuel Bompard a exigĂ© ce matin que des enquĂŞtes administratives soient diligentĂ©es par Laurent Nunez et GĂ©rald Darmanin “pour dĂ©terminer comment il est possible qu’une garde Ă  vue soit suivie en direct sur la base de fuites propageant de fausses informations.”. Le coordinateur national de LFI a aussi exigĂ© des excuses des plateaux de tĂ©lĂ©vision, notamment BFMTV, qui a relayĂ© massivement les mensonges issus de ces fuites de la police et de la justice. Rima Hassan s’exprimera Ă  17h ce vendredi 3 avril. Notre article. 

Les Ă©lĂ©ments donnĂ©s par Rima Hassan, en amont de la confĂ©rence de presse : 

Sur Twitter, l’eurodĂ©putĂ©e insoumise a donnĂ© des Ă©lĂ©ments en amont de sa confĂ©rence de presse prĂ©vue Ă  17h ce vendredi :  

“C’est toutes les procĂ©dures pour lesquelles j’ai Ă©tĂ© auditionnĂ©e jusqu’Ă  prĂ©sent en audition libre qui ont Ă©tĂ© classĂ©es sans suite, 13 sur 16 au total en grande majoritĂ© des plaintes dĂ©posĂ©es par le lobby pro israĂ©lien en France ciblant  mes opinions politiques sur le gĂ©nocide Ă  Gaza et la Palestine. (Plainte de Bellamy classĂ©e, appel au soulèvement Ă  Sciences po classĂ©e, lĂ©gitimitĂ© de la lutte armĂ©e Ă  Gaza et sur l’action du Hamas classĂ©e et toutes les autres qui s’y assimilent 13 sur 16 donc ). 

• Sur les 3 procĂ©dures restantes encore ouvertes 

– celle d’hier sur la citation de Kozo  Okamoto qui donnera lieu Ă  une audience le 7 juillet  

– et les 2 auditions de ce matin (sur le one by one de l’article faisant rĂ©fĂ©rence aux activitĂ©s du Hamas contre les milices affiliĂ©es Ă  l’Etat islamique soutenues et financĂ©es par IsraĂ«l Ă  Gaza, plainte lĂ  aussi dĂ©posĂ©e par l’organisation juive europĂ©enne OJE et l’organisation juive française OJF, puis une plainte dĂ©posĂ©e par le collectif d’extrĂŞme droite NĂ©mĂ©sis pour un post en collab d’un collectif Ă©tudiant qui dans sa publication a relayĂ© un tag ciblant NĂ©mĂ©sis , post qui a Ă©tĂ© supprimĂ© par ce mĂŞme collectif Ă©tudiant le mĂŞme jour Ă  ma demande). 

• Enfin sur la question de la drogue, j’avais sur moi du CBD hier en me rendant Ă  ma garde Ă  vue utilisĂ© Ă  des fins mĂ©dicales, sur les 2 CBD que j’avais l’un a Ă©tĂ© testĂ© conforme Ă  ce qui se vend lĂ©galement, et le deuxième selon les enquĂŞteurs contenait des traces de drogue de synthèse qui aurait Ă©tĂ© ajoutĂ©e Ă  la rĂ©sine de CBD, jai fait savoir oĂą j’avais achetĂ© lĂ©galement ce CBD. Des vĂ©rifications sont simplement en cours sur l’origine de ce CBD pour corroborer mes dĂ©clarations. J’ai aussi effectuĂ© un test urinaire qui a confirmĂ© la seule prĂ©sence de faible trace de THC dĂ» Ă  la consommation du CBD ce qui a Ă©tĂ© confirmĂ© par le mĂ©decin. Toutes les informations qui font rĂ©fĂ©rence Ă  la dĂ©tention de drogues sont fausses et ont Ă©tĂ© sciemment relayĂ©es dans le seul but de me nuire dans le cadre des procĂ©dures dont je fais l’objet et je me rĂ©serve la possibilitĂ© d’engager des poursuites en ce sens. « 

Face Ă  la cabale mensongère, la nĂ©cessitĂ© d’enquĂŞtes administratives et d’excuses des chaĂ®nes de tĂ©lĂ©visions 

Depuis hier, plusieurs chaĂ®nes de tĂ©lĂ©vision persistent et signent dans leurs mensonges Ă  l’encontre de Rima Hassan, accusĂ©e de dĂ©tenir de la drogue. Une affirmation complètement fausse, Ă©tant donnĂ© que l’eurodĂ©putĂ©e insoumis dĂ©tenait du CBD, une substance parfaitement lĂ©gale et utilisĂ©e Ă  des fins rĂ©crĂ©atives.

« Vous avez fait 12 bandeaux accusant Rima Hassan de dĂ©tenir de la drogue alors que c’Ă©tait faux ! » a rappelĂ© Manuel Bompard ce matin sur BFMTV pour confronter cette chaĂ®ne Ă  sa responsabilitĂ© dans la cabale mensongère contre Rima Hassan. Au mĂŞme moment, la chaĂ®ne persiste et diffuse un bandeau « Rima Hassan : de la drogue retrouvĂ©e, elle dĂ©ment ». De la « drogue retrouvĂ©e » : il s’agit d’une mĂ©thode bien rodĂ©e par l’officialitĂ© mĂ©diatique. Inventer un mensonge pour salir la France insoumise, faire fuiter ce mensonge par les services de police et de justice, le faire circuler massivement par l’officialitĂ© mĂ©diatique, pour qu’il s’installe dans les esprits, et effectuer un silence radio lorsque le mensonge est enfin mis Ă  terre.


 

















SĂ©bastien Delogu a Ă©tĂ© victime de ce procĂ©dĂ©, comme de nombreux insoumis, pendant la campagne des Ă©lections municipales. Sur tous les plateaux, il a Ă©tĂ© accusĂ© d’avoir commandĂ© de la drogue Ă  son domicile alors qu’il s’Ă©tait fait livrer…des meubles. Mais trop tard, « le mal est fait », rappelait Manuel Bompard ce matin en dĂ©nonçant ce procĂ©dĂ©, mĂŞlant les services de police, de justice et l’officialitĂ© mĂ©diatique. Car lorsque le dĂ©menti du mensonge est Ă©tabli, les mĂŞmes chaĂ®nes Ă©mettrices de la cabale se taisent et cherchent une nouvelle polĂ©mique.








Face au torrent de mensonges et de manipulations mĂ©diatiques, Manuel Bompard a exigĂ© des enquĂŞtes administratives de Laurent Nunez et GĂ©rald Darmanin pour « dĂ©terminer comment il est possible qu’une garde Ă  vue soit suivie en direct sur la base de fuites propageant de fausses informations. »

Le coordinateur national de LFI a aussi annoncĂ© saisir l’ARCOM, pour que « tous les mĂ©dias qui ont relayĂ© ces fausses informations s’excusent et soient sanctionnĂ©s. »

L’acharnement contre Rima Hassan : l’action de la police politique aux ordres de Netanyahu

D’oĂą vient l’acharnement politique et judiciaire ? Ses causes sont doubles : le soComme le rappelle Rima Hassan, des associations aux ordres de Benjamin Netanyahu ont pour seul but de censurer les voix qui protestent contre le gĂ©nocide Ă  Gaza. L’Insoumission vous en parlait, il y a plus d’un an, en enquĂŞtant sur l’Organisation Juive EuropĂ©enne (OJE).

Cette association est un lobby actif du gĂ©nocide Ă  Gaza. Elle soutient Ă©galement la politique d’apartheid et de colonisation. En 2024, sa prĂ©sidente rencontrait il y a peu le prĂ©sident israĂ©lien Isaac Herzog qui considère les civils palestiniens comme « des responsables », et donc des cibles. Les convocations de Rima Hassan, Mathilde Panot, Guillaume Meurice, et bien d’autres militants de la paix, dĂ©coulent directement de l’OJE, qui initie ces procĂ©dures en instrumentalisant le dĂ©lit d’apologie de terrorisme.

Ce dernier a Ă©tĂ© dĂ©placĂ©, en 2014, dans le code pĂ©nal. Pour faire cesser les abus, et la chasse aux militants de la paix, LFI a proposĂ© que ce dĂ©lit soit replacĂ© dans les dĂ©lits de presse. Une proposition en cohĂ©rence avec les alertes de L’ONU mais aussi de l’ancien juge antiterroriste Marc Trevidic, qui dĂ©nonçent l’instrumentalisation de ce dĂ©lit.

La France est-elle encore une démocratie ?

La France est-elle encore une dĂ©mocratie ? C’est la question soulevĂ©e au regard du flot d’Ă©vènements inquiĂ©tants et dangereux qui se succèdent. Des manifestants nĂ©onazis autorisĂ©s Ă  dĂ©filer dans les rues, Rima Hassan harcelĂ©e et convoquĂ©e, une officialitĂ© mĂ©diatique dont les mensonges augmentent chaque jour sans sanctions…Les exemples ne manquent pas, et les limites sont sans cesse franchies.

« La police laisse faire un traquenard Ă  Lyon, les juges laissent des centaines de messages racistes et nĂ©onazis, mais une dĂ©putĂ©e est en garde Ă  vue et des pseudo infos sur la drogue circulent aussitĂ´t Ă  propos d’un produit lĂ©gal sans rapport avec « la drogue ». Sommes-nous encore en dĂ©mocratie en France ? La loi Yadan, on voit ce que ça donnerait. » a dĂ©clarĂ© Jean-Luc MĂ©lenchon.

Sources:linsoumission.fr

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jeudi 2 avril 2026

La liste des profiteurs – Ces parlementaires macronistes, PS et RN, actionnaires de Total, qui refusent le blogage des prix des carburants.

 Blocage des prix. Partout en France, le prix du litre d’essence ou de gazole dĂ©passe aujourd’hui 2 euros Ă  la pompe, allant parfois jusqu’Ă  3 euros le litre. Si la guerre en Iran dĂ©clenchĂ©e par Trump et Netanyahu en est l’une des causes, la responsabilitĂ© en incombe Ă  la spĂ©culation des multinationales. Les carburants vendus aujourd’hui ont Ă©tĂ© produits Ă  partir de pĂ©trole achetĂ© avant la flambĂ©e des cours. Ă€ la tĂŞte des profiteurs de crise, l’entreprise Total voit ses recettes exploser. Ses profits ont Ă©tĂ© multipliĂ©s par quatre en dix ans.

Pour rĂ©pondre Ă  l’urgence et empĂŞcher les plus grandes entreprises de se gaver encore d’avantage sur le dos des Français, la France insoumise dĂ©fend le blocage des prix, Ă  l’instar de la CGT. Le principe est simple : fixer un prix maximum pour certains biens essentiels, notamment les carburants, au niveau d’avant la crise.

Mais voilĂ , du Rassemblement national au Parti socialiste en passant par LR et les Macronistes, on se refuse Ă  cette mesure qui permettrait pourtant de protĂ©ger des millions Français dĂ©jĂ  plongĂ©s dans la prĂ©caritĂ©. Ă€ la place, on prĂ©fère tantĂ´t le laisser-faire, tantĂ´t le transfert massif d’argent public vers les profiteurs de crise. Tout plutĂ´t que de faire payer les multinationales. Y’aurait-il un rapport entre cette obstination Ă  protĂ©ger les profits des multinationales du pĂ©trole, et le fait que 19 parlementaires, macronistes, du PS et du RN sont actionnaires de Total ? Parmi eux, 14 parlementaires de la majoritĂ© Lecornu, dont la prĂ©sidente de l’AssemblĂ©e nationale, Yael Braun Pivet. Notre article.

Ces parlementaires actionnaires de Total qui s’opposent au blocage des prix dĂ©fendu par LFI

Le prix du carburant Ă  la pompe explose. Cette inflation n’est pas seulement due Ă  la guerre illĂ©gale menĂ©e par IsraĂ«l et les États-Unis en Iran. En rĂ©alitĂ©, son principal moteur est la spĂ©culation sauvage menĂ©e par les multinationales de l’Ă©nergie. En effet, la hausse actuelle des prix est aujourd’hui appliquĂ©e sur des carburants fabriquĂ©s Ă  partir de pĂ©trole dĂ©jĂ  achetĂ© avant la crise. Les multinationales rĂ©percutent en fait Ă  l’avance des hausses de prix anticipĂ©es pour le futur, et font, une fois n’est pas coutume, payer le prix de leur aviditĂ© aux consommateurs. Mais de cela, très peu de formations de politique semblent de soucier rĂ©ellement. 

Ainsi, malgrĂ© la mobilisation et les appels de la France insoumise Ă  protĂ©ger urgemment les Français des effets de la spĂ©culation des multinationales, le gouvernement, ses soutiens macronistes, de LR et du Parti socialiste, mais Ă©galement le RN et la direction des Écologistes, prĂ©fèrent tantĂ´t le laisser-faire, tantĂ´t des mesures de transfert du poids de l’inflation depuis les consommateurs vers l’État. Des mesures qui n’affectent pas les superprofits de multinationales telles que TotalEnergies, qui a par ailleurs multipliĂ© ses bĂ©nĂ©fices par 4 en une dĂ©cennie.

Et l’une des raisons de cette obstination est simple : RN, LR, Macronistes et Parti socialiste protègent leurs intĂ©rĂŞts. En effet, au moins 14 dĂ©putĂ©s de la majoritĂ© de SĂ©bastien Lecornu (7 macronistes ; 4 LR ; 3 PS) sont actionnaires de Total, de mĂŞme qu’au moins un eurodĂ©putĂ© RN. Parmi eux se trouve la PrĂ©sidente de l’AssemblĂ©e nationale elle-mĂŞme, YaĂ«l Braun-Pivet. Cette dernière s’est d’ailleurs fendue d’une justification hallucinante en rappelant que des milliers de Français sont, « comme elle », actionnaires de Total. Sans doute aura-t-elle donc oubliĂ© qu’elle occupe, Ă  la diffĂ©rence de ces milliers de Français, la place de 4ème personnage de l’État et les risques de conflits d’intĂ©rĂŞt qui l’accompagnent.

La liste des députés de Lecornu, actionnaires de Total

Majorité Lecornu (Renaissance, PS, LR)

Yael Braun Pivet
Jean-Marc Fiévet
Agnès Firmin Le Bodo
Graziella Melchior
Nicolas Ray (LR)
Sabine Thillaye (Modem)
Nicolas Turquois
Jean-Luc Brault
Christian Cambon (LR)
Agnès Canayer
Gilbert-Luc Robert Devinaz (PS)
Catherine Dumas (LR)
Sylvie Robert (PS)
Lucien Stanzione (PS)
Jean-Luc Warsmann

Rassemblement national :

Olivier Fayssat
Jordan Guitton
Jean-Philippe Tanguy
Nicolas Bay

Blocage des prix : la seule réponse juste face à la flambée inflationniste

Le blocage immĂ©diat des prix dĂ©fendu par la France insoumise est la seule mesure Ă  mĂŞme de rĂ©pondre Ă  la crise de la spĂ©culation entretenue par les multinationales et dĂ©fendues par le gouvernement et ses soutiens. Pour contrer la proposition, et protĂ©ger coĂ»te que coĂ»te les intĂ©rĂŞts des multinationales, des fake-news sont diffusĂ©s dans les mĂ©dias et par ces parlementaires actionnaires. Manuel Bompard les a dĂ©montĂ© une Ă  une. 

Ă€ la question de savoir qui doit payer l’inflation, la France insoumise rĂ©pond que plutĂ´t que d’en faire peser le poids sur la population qui en subit les consĂ©quence, la justice sociale commande de l’imputer aux multinationales qui en profitent. Tel est le sens de la mobilisation pour le blocage des prix, mesure parfaitement lĂ©gale (article L410-2 du code du commerce), dĂ©jĂ  utilisĂ©e Ă  plusieurs reprises dans l’histoire de France et aujourd’hui mise en place par de nombreux pays dans le monde. La Croatie, la Grèce, la CorĂ©e du Sud et d’autres pays l’ont fait.

Pour aller plus loin : Blocage des prix : la seule rĂ©ponse juste face Ă  la flambĂ©e inflationniste

Cela, bien-sĂ»r, il est difficile de le faire entendre Ă  celles et ceux, du Parti socialiste au Rassemblement national, qui bĂ©nĂ©ficient directement de la spĂ©culation en tant qu’actionnaires amenĂ©s Ă  percevoir des dividendes, ou Ă  Marine Tondelier qui reprend aujourd’hui les plus grotesques arguments des macronistes dans le seul but de s’opposer Ă  la France insoumise. Rappelons que la première mesure du programme du NFP, sur lequel ont Ă©tĂ© Ă©lus les dĂ©putĂ©s socialites et Ă©cologistes, Ă©tait prĂ©cisĂ©ment l’instauration du blocage des prix de l’Ă©nergie et des produits de première nĂ©cessitĂ©. Une mesure Ă  l’Ă©poque dĂ©fendue par Olivier Faure et Marine Tondelier, et dĂ©sormais torpillĂ© par eux-mĂŞmes pour des raisons politiciennes.

Plus largement, cette situation pose la question de la consanguinitĂ© entre Ă©lites politiques et oligarchie financière, et donc celle de l’interdiction pour les parlementaires d’ĂŞtre actionnaires de grandes entreprises aux moyens de pression dĂ©jĂ  dĂ©mesurĂ©s.

Sources:linsoumission.fr

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lundi 30 mars 2026

Attaques racistes contre Bally Bagayoko, un grand rassemblement est prévu ce samedi 4 avril devant la mairie de Saint-Denis

La ville de Saint-Denis et Pierrefitte, et son maire Bally Bagayoko, appellent Ă  un grand rassemblement citoyen pour manifester contre le racisme et les discriminations. Depuis son Ă©lection, l’extrĂŞme droite et ses relais mĂ©diatiques se dĂ©chaĂ®nent contre le nouveau maire insoumis de la plus grande ville d’ĂŽle-de-France après Paris. Dès le soir de sa victoire, les mĂ©dias ont cultivĂ© le racisme, et repris les mots de l’extrĂŞme droite, en dĂ©formant les propos du nouveau maire insoumis.

Sur CNEWS, le 28 mars, l’organe de propagande raciste de BollorĂ© est allĂ© encore plus loin dans l’infâme. Bally Bagayoko a Ă©tĂ© comparĂ© Ă  un singe, puis au mâle dominant d’une tribu primitive, sans la moindre rĂ©action du gouvernement. Ce dernier a participĂ© de la cabale contre le nouveau maire insoumis, en critiquant les premières mesures de Bally Bagayoko, qui applique le programme sur lequel il a Ă©tĂ© Ă©lu. L’Insoumission relaye dans ses colonnes l’appel au rassemblement du samedi 4 avril Ă  14 h devant la mairie de Saint-Denis et Pierrefitte.

Solidarité avec Bally Bagayoko : grand rassemblement contre le racisme et toutes les formes de discriminations

Depuis plusieurs semaines dĂ©sormais, le nouveau maire de Saint-Denis et Pierrefitte-sur-Seine, Bally Bagayoko, fait face Ă  un dĂ©ferlement d’accusations mensongères et d’attaques mĂ©diatiques odieuses. Celles-ci, allant jusqu’Ă  le comparer Ă  un animal et Ă  un singe, sont le fruit d’un racisme complètement dĂ©bridĂ© dans nos mĂ©dias nationaux, qui n’arrivent visiblement pas Ă  intĂ©grer l’idĂ©e qu’un enfant de la ville, issu de nos quartiers populaires, puisse ĂŞtre appelĂ© aux responsabilitĂ©s pour la collectivitĂ©.

La ville de Saint-Denis et Pierrefitte et son maire appellent Ă  un grand rassemblement citoyen pour manifester notre opposition farouche au racisme, aux discriminations et Ă  la haine de l’autre, contre l’islamophobie, l’antisĂ©mitisme, contre l’extrĂŞme droite et la xĂ©nophobie. Il s’agit Ă©galement de rĂ©affirmer les valeurs humanistes qui nous rassemblent et notre volontĂ© de faire vivre une vĂ©ritable communautĂ© de destin, quelles que soient nos origines, supposĂ©es, religieuses ou non.

Syndicats, organisations politiques, associations, collectifs citoyens, ainsi que toutes celles et tous ceux sensibles Ă  ce combat y sont les bienvenus !

Ensemble, retrouvons l’espoir face aux attaques rĂ©actionnaires les plus virulentes et dĂ©fendons la RĂ©publique et ses valeurs de libertĂ©, d’Ă©galitĂ© et de fraternitĂ©.

RDV sur le parvis de la mairie de Saint-Denis (2 place du Caquet, 93200 Saint-Denis) le samedi 4 avril Ă  14 h.

Sources:linsoumission.fr

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dimanche 29 mars 2026

Blocage des prix : la seule réponse juste face à la flambée inflationniste.

Face Ă  la hausse brutale des prix de l’Ă©nergie et des biens essentiels, une question simple se pose : qui doit payer l’inflation ? Les multinationales qui spĂ©culent sur les crises ou la population qui en subit les consĂ©quences ? Derrière cette interrogation se dessine un clivage politique fondamental. D’un cĂ´tĂ©, le gouvernement et le Parti socialiste persistent dans une logique de laisser-faire. De l’autre, le Rassemblement national propose des mesures coĂ»teuses et inefficaces comme la baisse de la TVA. Ă€ rebours de ces impasses, une seule solution permet de protĂ©ger immĂ©diatement la population : le blocage des prix. Notre article.

Une inflation alimentée par la spéculation, pas par les coûts

La hausse actuelle des prix de l’Ă©nergie est souvent prĂ©sentĂ©e comme une fatalitĂ© liĂ©e aux tensions gĂ©opolitiques. C’est en partie vrai : les perturbations de l’approvisionnement mondial jouent un rĂ´le. Mais cette explication est largement insuffisante. En rĂ©alitĂ©, une part importante de la hausse des prix relève de mĂ©canismes spĂ©culatifs. Les

carburants vendus aujourd’hui ont Ă©tĂ© produits Ă  partir de pĂ©trole achetĂ© avant la flambĂ©e des cours. Pourtant les prix Ă  la pompe augmentent immĂ©diatement. Pourquoi ? Parce que les acteurs du secteur anticipent les hausses futures et les rĂ©percutent sans attendre. Autrement dit, ils fixent les prix non pas en fonction de leurs coĂ»ts rĂ©els, mais en fonction de ce qu’ils pensent pouvoir faire payer demain.

Ce mĂ©canisme permet aux grands groupes Ă©nergĂ©tiques de dĂ©gager des marges exceptionnelles. En 2022, le groupe TotalEnergies a rĂ©alisĂ© plus de 20 milliards de dollars de profits, un record historique, et ses profits ont Ă©tĂ© multipliĂ©s par quatre en une dĂ©cennie. Ces dernières annĂ©es, les profits du secteur ont explosĂ©, bien au-delĂ  de l’Ă©volution des coĂ»ts. Selon plusieurs Ă©tudes Ă©conomiques, les profits ont contribuĂ© jusqu’Ă  près de la moitiĂ© de la hausse des prix dans certains secteurs. L’inflation actuelle n’est donc pas seulement une inflation importĂ©e : c’est aussi une inflation des profits.

Les classes populaires en première ligne

Comme toujours, ce sont les mĂ©nages les plus modestes qui subissent le plus durement cette situation. L’Ă©nergie, les transports ou encore l’alimentation reprĂ©sentent une part bien plus importante de leur budget. Lorsque les prix augmentent, ils n’ont aucune marge d’adaptation. Cette rĂ©alitĂ© Ă©conomique est connue : plus un revenu est faible, plus la part des dĂ©penses contraintes est Ă©levĂ©e. L’inflation agit donc comme un impĂ´t rĂ©gressif. Elle frappe davantage ceux qui ont le moins.

Les petites entreprises sont également en première ligne. Artisans, transporteurs, PME : tous subissent la hausse des coûts sans toujours pouvoir la répercuter sur leurs prix. Beaucoup se retrouvent pris en étau entre fournisseurs et clients.

Le blocage des prix : une mesure simple et efficace

Face Ă  cette situation, le blocage des prix apparaĂ®t comme une rĂ©ponse immĂ©diate et efficace. Le principe est simple : fixer un prix maximum pour certains biens essentiels, notamment les carburants, au niveau d’avant la crise.

Contrairement Ă  une idĂ©e reçue, cette mesure est parfaitement lĂ©gale. Le droit français permet dĂ©jĂ , en cas de circonstances exceptionnelles, de rĂ©glementer les prix. Il ne s’agit donc pas d’une rĂ©volution, mais de l’application d’un outil existant. Surtout, le blocage des prix a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© utilisĂ© Ă  de nombreuses reprises, sans provoquer de pĂ©nuries. Que ce soit lors de crises passĂ©es (comme durant la guerre du Golfe en 1990) ou dans les territoires d’outre-mer oĂą certains prix sont encadrĂ©s de manière permanente, les faits contredisent les discours alarmistes. Pourquoi cela fonctionne-t-il ? Parce que, Ă  court terme, les entreprises disposent de stocks et de marges suffisantes pour absorber le choc.

Les carburants actuellement vendus ont Ă©tĂ© raffinĂ©s Ă  partir de pĂ©trole achetĂ© avant la hausse, ce qui signifie que le blocage des prix ne rogne pas immĂ©diatement les marges. Et Ă  moyen terme, l’État peut intervenir pour empĂŞcher les stratĂ©gies de contournement, notamment par des rĂ©quisitions ou une rĂ©gulation plus stricte.

Le mythe des pénuries

L’argument principal contre le blocage des prix est toujours le mĂŞme : il provoquerait des pĂ©nuries. Cet argument, largement repris dans le dĂ©bat public, ne rĂ©siste pas Ă  l’analyse. D’abord, les exemples historiques montrent le contraire. Ensuite, les pĂ©nuries ne sont pas une consĂ©quence automatique du blocage des prix : elles dĂ©pendent du rapport de force entre l’État et les acteurs Ă©conomiques. D’autant que le secteur du raffinage en France est fortement concentrĂ© : quelques grands groupes disposent d’un pouvoir de marchĂ© considĂ©rable. Face Ă  des quasi-monopoles, le laisser-faire ne produit pas de concurrence mais des rentes.

Si des entreprises tentent de contourner la rĂ©gulation en rĂ©duisant l’offre ou en exportant leur production, l’État dispose de leviers puissants : rĂ©quisitions, sanctions, voire nationalisations. L’Ă©nergie Ă©tant un secteur stratĂ©gique, il est lĂ©gitime que la puissance publique intervienne pour garantir l’approvisionnement.

En rĂ©alitĂ©, l’argument des pĂ©nuries sert surtout Ă  dissuader toute intervention publique et Ă  prĂ©server les marges des grandes entreprises.

Pour aller plus loin : Pourquoi il faut bloquer les prix

Le RN : une fausse solution au service des profits

Face à la crise, le Rassemblement national propose de baisser la TVA sur les carburants. Cette mesure peut sembler séduisante au premier abord. Mais elle est en réalité inefficace, injuste et coûteuse.

Inefficace, car rien ne garantit que la baisse de la TVA sera rĂ©percutĂ©e sur les prix. Les entreprises peuvent très bien en profiter pour augmenter leurs marges. L’histoire Ă©conomique rĂ©cente le montre : lors de la baisse de la TVA dans la restauration, l’essentiel du gain a Ă©tĂ© captĂ© par les patrons, pas par les consommateurs.

Injuste, car cette mesure revient Ă  subventionner indistinctement la consommation, sans cibler ceux qui en ont le plus besoin. Elle bĂ©nĂ©ficie autant aux mĂ©nages aisĂ©s qu’aux plus modestes. CoĂ»teuse, enfin, car elle prive l’État de recettes importantes. Une baisse massive de la TVA sur l’Ă©nergie reprĂ©senterait entre 17 milliards d’euros de manque Ă  gagner pour les finances publiques selon Bercy. Autrement dit, ce sont les contribuables qui financent une mesure dont les principaux bĂ©nĂ©ficiaires risquent d’ĂŞtre… les multinationales de l’Ă©nergie.

La baisse de la TVA ne s’attaque pas Ă  la racine du problème : la formation des prix et la spĂ©culation. Elle laisse intact le pouvoir des grands groupes.

Le gouvernement et le PS : l’impuissance organisĂ©e

Du cĂ´tĂ© du gouvernement et de ses alliĂ©s, la stratĂ©gie est celle du laisser-faire, agrĂ©mentĂ©e de mesures ponctuelles. ContrĂ´les marginaux, appels Ă  la responsabilitĂ© des entreprises, chèques Ă©nergie : autant de dispositifs qui donnent l’impression d’agir sans jamais remettre en cause les mĂ©canismes de marchĂ©.

Le problème des aides directes comme les chèques Ă©nergie est bien connu : elles consistent Ă  compenser les effets de la hausse des prix sans s’attaquer Ă  ses causes. RĂ©sultat : les entreprises continuent de rĂ©aliser des profits Ă©levĂ©s, tandis que l’État prend en charge une partie de la facture.

Ce modèle a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© expĂ©rimentĂ© avec le bouclier tarifaire. Son coĂ»t pour les finances publiques a Ă©tĂ© colossal (60 milliards €). Mais dans le mĂŞme temps, les profits du secteur Ă©nergĂ©tique ont continuĂ© d’augmenter. Autrement dit, on socialise les pertes et on privatise les gains.

Bloquer les prix, c’est reprendre le pouvoir

Le blocage des prix ne se limite pas Ă  une mesure technique. Il s’agit d’un choix politique fondamental : celui de reprendre le contrĂ´le sur l’Ă©conomie. Dans un contexte oĂą des secteurs entiers sont dominĂ©s par quelques grandes entreprises, laisser les prix se fixer librement revient Ă  abandonner une part essentielle de la souverainetĂ© Ă©conomique. L’Ă©nergie n’est pas un bien comme les autres. Elle conditionne l’ensemble de l’activitĂ© Ă©conomique et la vie quotidienne. Ă€ ce titre, elle doit ĂŞtre traitĂ©e comme un bien stratĂ©gique.

Au-delĂ  de l’urgence : transformer le modèle

Enfin, le blocage des prix doit s’inscrire dans une stratĂ©gie plus large. La rĂ©pĂ©tition des crises Ă©nergĂ©tiques montre les limites de notre dĂ©pendance aux Ă©nergies fossiles et aux marchĂ©s internationaux.

RĂ©pondre durablement Ă  ces enjeux suppose d’engager une bifurcation Ă©cologique : dĂ©veloppement des Ă©nergies renouvelables, investissement massif dans les transports publics, rĂ©novation Ă©nergĂ©tique des logements.

Cela implique Ă©galement de repenser le rĂ´le de l’État dans l’Ă©conomie, notamment dans les secteurs stratĂ©giques. La question de la nationalisation des grands groupes Ă©nergĂ©tiques ne peut plus ĂŞtre Ă©cartĂ©e.

Trois options face à la flambée des prix

Le laisser-faire du gouvernement, qui laisse les profits s’envoler. La baisse de la TVA du RN, qui organise un transfert massif d’argent public vers les entreprises. Et le blocage des prix, qui protège immĂ©diatement la population en s’attaquant aux mĂ©canismes de spĂ©culation. Soit on accepte que les crises soient des opportunitĂ©s pour quelques-uns. Soit on dĂ©cide que l’Ă©conomie doit rĂ©pondre aux besoins du plus grand nombre.
Sources:linsoumission.fr

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jeudi 26 mars 2026

Violences policières contre Geneviève Legay : le commissaire Rabah Souchi face à la justice en appel à Lyon.

 

 Le samedi 23 mars 2019, lors d’une manifestation des Gilets jaunes Ă  Nice, Geneviève Legay a Ă©tĂ© grièvement blessĂ©e par une charge policière. La porte-parole d’Attac avait Ă©tĂ© violemment projetĂ©e au sol. Six ans après les faits, le face-Ă -face judiciaire reprend pour obtenir justice.

Ce mercredi 25 fĂ©vrier, le commissaire Rabah Souchi comparaĂ®t devant la cour d’appel de Lyon pour avoir ordonnĂ© la charge policière ayant renversĂ© Geneviève Legay, militante d’Attac devenue le visage de la rĂ©pression des Gilets jaunes. Entre une condamnation historique en première instance et un dĂ©ni institutionnel persistant, ce procès dĂ©passe le cas individuel pour devenir celui d’un système face Ă  ses propres violences. Notre article.

Un rassemblement pour la mémoire de Geneviève Legay et la justice

​Ce mercredi 25 fĂ©vrier, dès 8 h du matin, la place du Palais de Justice de Lyon s’est animĂ©e d’une ferveur militante. Devant les « 24 colonnes », des syndicalistes de Sud, des Gilets jaunes, des membres d’Attac ou encore des militants de La France insoumise (LFI) se sont rĂ©unis pour demander justice pour Geneviève Legay et l’ensemble des victimes de violences policières. Pour ces manifestants et manifestantes, le temps n’efface rien : ils sont venus rappeler la violence inouĂŻe de la rĂ©pression subie par les manifestants pacifistes durant le mouvement des Gilets jaunes.

Une charge qui a bien failli tuer

L’affaire remonte Ă  mars 2019, en plein mouvement des Gilets jaunes. Geneviève Legay, alors porte-parole d’ATTAC 06, est violemment renversĂ©e au sol lors d’une charge policière Ă  Nice ordonnĂ©e par le commissaire Rabah Souchi. Grièvement blessĂ©e, elle devient malgrĂ© elle le symbole de la rĂ©pression sanglante de ce mouvement social.

​Pourtant, dans les jours qui suivent, l’institution fait bloc. Du procureur au prĂ©sident de la RĂ©publique, la version officielle nie tout contact physique avec la police. Christian Estrosi, Ă  l’Ă©poque maire de Nice, affirme alors qu’elle a simplement « trĂ©buchĂ© ».

Plus troublant encore, alors que son pronostic vital est engagĂ©, la militante reçoit trois visites de policiers tentant de lui faire dire qu’elle a Ă©tĂ© bousculĂ©e par un journaliste. Emmanuel Macron avait dĂ©clarĂ© de manière cynique et mĂ©prisante : « Quand on est fragile, on ne se rend pas dans des lieux dĂ©finis comme interdits ». Comme si, lorsqu’une personne vieillit, elle n’Ă©tait plus citoyenne. Geneviève Legay lui rĂ©pondra publiquement dans une lettre ouverte. (1)

Une condamnation historique en première instance

​En première instance, Rabah Souchi a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  six mois de prison avec sursis. Si cette peine peut paraĂ®tre dĂ©risoire, d’autant que le commissaire Souchi exerce toujours ses fonctions et a mĂŞme Ă©tĂ© promu en tant que directeur adjoint de la police municipale de Nice (800 agents), elle constitue nĂ©anmoins une victoire symbolique majeure. Selon ATTAC, une telle condamnation d’un officier pour des violences policières n’Ă©tait pas arrivĂ©e depuis environ 70 ans.

​C’est contre cette dĂ©cision pĂ©nale que le commissaire a fait appel le 13 mars 2024. L’enjeu dĂ©passe le cas individuel : cette condamnation doit faire jurisprudence pour les autres victimes de violences policières. Rappelons que le pronostic vital de Geneviève Legay a Ă©tĂ© engagĂ©.

Briser le silence sur la répression du mouvement des Gilets jaunes

Au-delĂ  du cas de Geneviève Legay, ce procès en appel vise Ă  mĂ©diatiser une rĂ©alitĂ© souvent passĂ©e sous silence. L’objectif est de mettre en lumière l’ensemble des violences policières. Non seulement celles que subissent les manifestants, mais Ă©galement les violences policières racistes subies dans les quartiers populaires quotidiennement.

L’appel Ă  Lyon : une journĂ©e d’audience

L’audience se dĂ©roule toute la journĂ©e. Grâce aux diffĂ©rentes auditions et tĂ©moignages, elle permet de prĂ©ciser de nombreux Ă©lĂ©ments.

Si le prĂ©fet des Alpes-Maritimes avait pris un arrĂŞtĂ© d’interdiction de la manifestation, la dispersion devait se faire « sans mesures coercitives, ni ordre de charge ».

Ă€ Nice, place Garibaldi, une centaine de manifestants Ă©tait prĂ©sente. Rabah Souchi a ordonnĂ© une charge sur cette centaine de manifestants pacifistes sans proportionnalitĂ© ni nĂ©cessitĂ©. Ce mĂŞme jour, 35 personnes furent placĂ©es en garde Ă  vue. La plupart des manifestants Ă©taient des personnes âgĂ©es. Des journalistes Ă©taient Ă©galement prĂ©sents. Le dispositif policier Ă©tait impressionnant puisque 165 forces de l’ordre Ă©taient prĂ©sentes pour seulement 100 manifestants.

Geneviève Legay, gilet jaune tenant Ă  la main son drapeau de la paix, s’adresse aux forces de l’ordre : « Vous ĂŞtes des humains comme nous mais vous ne vous occupez pas des voleurs et des bandits qui mettent l’argent dans des paradis fiscaux. » Du cĂ´tĂ© du commissaire Souchi, l’ambiance n’est pas la mĂŞme, il ordonna par exemple avec brutalitĂ© : « On n’est pas lĂ  pour discuter avec les gens, on est lĂ  pour triquer du manifestant ».

Les streets médics empêchés de porter secours

Alors que Geneviève Legay Ă©tait au sol au milieu de son sang. Les streets medics, des personnes prĂ©sentes en manifestation pour effectuer des soins si nĂ©cessaire, ont Ă©tĂ© empĂŞchĂ©s de porter secours et de soigner. Pour qu’elle soit prise en charge, il a fallu attendre l’arrivĂ©e des pompiers 10 minutes plus tard.

Un ordre brutal et disproportionné

La fille de Geneviève Legay, qui n’Ă©tait pas prĂ©sente au moment des faits, tĂ©moigne de violences psychologiques que leur famille a subies suite Ă  cette agression. Elle a par exemple Ă©tĂ© retardĂ©e de voir sa mère Ă  l’hĂ´pital le jour mĂŞme car cette dernière Ă©tait considĂ©rĂ©e comme terroriste.

Le commissaire exprime dĂ©sormais certains remords, preuve que la charge qui aurait pu causer la mort n’aurait pas laissĂ© la place Ă  un refoulement sans violence : « J’ai de la compassion, elle aurait pu ĂŞtre ma maman, aujourd’hui je ferai dix fois diffĂ©remment. »

Mais le mal a Ă©tĂ© fait. D’autant que l’usage de la force est encadrĂ© par le Code de procĂ©dure pĂ©nale et par le Code de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure. La Cour devra dĂ©terminer si l’ordre de charge Ă©tait manifestement illĂ©gal, mais il devait en tous les cas ĂŞtre proportionnĂ©. D’autant que le Code de dĂ©ontologie impose une obligation de discernement, de nĂ©cessitĂ© et de proportionnalitĂ©.

Le délibéré aura lieu fin juin

Ă€ l’issue de cette audience chargĂ©e en Ă©motion, la justice a mis sa dĂ©cision en dĂ©libĂ©rĂ©. Le verdict de la cour d’appel de Lyon sera rendu le 29 juin, Ă  13 h.

Pour Geneviève Legay et ses soutiens, l’attente continue, avec l’espoir que la justice confirme la responsabilitĂ© du commandement policier et mette fin Ă  une impunitĂ© jugĂ©e inacceptable par les organisations de dĂ©fense des droits humains, et ce pour toutes les victimes de la rĂ©pression aveugle du mouvement des Gilets jaunes.

Julia Pallano et Arthur Abbatucci

(1) La lettre ouverte termine le livre de Geneviève Legay intitulĂ© Celle qui n’Ă©tait pas sage

Sources:linsoumission.fr

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mercredi 25 mars 2026

« Quand comptez-vous porter la voix de la France et non celle des tyrans ? » – Face Ă  la guerre au Moyen-Orient, Claire Lejeune dĂ©nonce la complicitĂ© de Jean-NoĂ«l Barrot et SĂ©bastien Lecornu.

Moyen-Orient. « La France libre Ă©tait au service d’un monde libre, vous servez celui de Trump et Netanyahou », a assĂ©nĂ© ce jour l’insoumise Claire Lejeune, Ă  l’AssemblĂ©e nationale. Dans son viseur : la complicitĂ© du gouvernement macroniste face Ă  la guerre au Moyen-Orient lancĂ©e par Netanyahu et Trump. ComplicitĂ© de longue date avec le gĂ©nocide Ă  Gaza, alignement sur le suprĂ©macisme Ă©tasunien, aucune mesure de sanctions prise contre IsraĂ«l, soutien de façade au Liban, peuple ami et alliĂ©… La liste est longue. L’insoumission relaie dans ses colonnes la question au gouvernement de l’insoumise Claire Lejeune.

« Vous ĂŞtes le visage d’une France qui s’est oubliĂ©e, car toute notre histoire s’Ă©rige fièrement contre ce type de lâchetĂ©s ! » – Claire Lejeune charge le Gouvernement et sa passivitĂ© face Ă  la guerre au Moyen-Orient

Madame la Présidente,
Ma question s’adresse au ministre des Affaires Ă©trangères.

Le 28 février, les États-Unis et Israël lançaient une guerre au Moyen-Orient.
Une guerre impériale.
Une guerre illégale.
Qui viole éhontément le droit international.

Le peuple iranien se retrouve pris entre les frappes américaines et la terreur du régime des mollahs.
Le peuple libanais se retrouve sous les bombes, sur les routes.
1 million de déplacés. Beyrouth et le Sud-Liban ravagés.

Nous le disions : laisser faire le gĂ©nocide en Palestine, c’est permettre un monde sans foi ni loi autre que celle du plus fort.
Et c’est dans l’ombre portĂ©e de ce massacre toujours en cours que les massacres prĂ©sents se font, et que les massacres futurs se prĂ©figurent.
Et voilĂ  toute la mĂ©canique qui se met en place pour lĂ©gitimer l’agression du Liban.

Pour aller plus loin : L’Iran dans le miroir russe – L’analyse d’Alexey Sakhnin

     Les attaques d’IsraĂ«l seraient donc une riposte « lĂ©gitime » Ă  celles du Hezbollah.

Pourquoi dans ce cas y a-t-il eu dix mille violations du cessez-le-feu par Israël sans que vous ne disiez rien ?
Pourquoi dans ce cas y a-t-il des soldats de l’armĂ©e libanaise tuĂ©s par des frappes israĂ©liennes, des bombardements d’habitations et de civils quotidiens ?
Pourquoi dans ce cas, le ministre Smotrich parle-t-il du Liban comme d’un « nouveau Gaza » ?

Monsieur le ministre vous nous déshonorez.
Pour vous la stabilitĂ© passe donc par le « plan de paix » du PrĂ©sident Trump.
Un plan colonial qui nie la souveraineté du peuple palestinien.
Un plan qui s’arrime Ă  un « Conseil pour la paix » dont l’objectif explicite est de mettre l’ONU au rebut.

Pour vous l’annonce d’une offensive terrestre sur le Liban mĂ©rite non pas une condamnation, non pas mĂŞme une opposition, mais – je cite – une « rĂ©serve ».
Une rĂ©serve. Sur l’invasion terrestre d’un pays souverain. Sur l’agression ouverte d’un peuple ami et d’un pays alliĂ©.

Vous ĂŞtes le visage d’une France qui s’est oubliĂ©e, car toute notre histoire s’Ă©rige fièrement contre ce type de lâchetĂ©s.

La France libre Ă©tait au service d’un monde libre, vous servez celui de Trump et Netanyahou.

Alors avant d’engager le Charles-de-Gaulle dans une guerre qui n’est pas la nĂ´tre, avant de nommer le porte-avion suivant, quand comptez-vous porter la voix de la France et non celle des tyrans ?

Sources:linsoumission.fr


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mardi 24 mars 2026

« Quelle autre force politique a rĂ©ussi autant après 10 ans d’existence ? » – Au lendemain des municipales, l’analyse de Manuel Bompard.

 Pour ses dix ans, la France insoumise a rĂ©alisĂ© une percĂ©e historique Ă  ces Ă©lections municipales avec une implantation plus que rĂ©ussie. Les Insoumis font leur entrĂ©e dans plus de 400 conseils municipaux, soit plus de 16 millions de Français qui auront des conseillers municipaux LFI. Elle l’emporte dans une dizaine de communes, dont 2 des 50 communes les plus peuplĂ©es de France (Roubaix et Saint-Denis).

Une percĂ©e loin d’ĂŞtre digĂ©rĂ©e par l’officialitĂ© mĂ©diatique et par les directions du Parti socialiste et d’EELV, lesquelles tentent de faire circuler des Ă©lĂ©ments de langage pour masquer leurs propres Ă©checs et relativiser l’aide cruciale des insoumis, par des fusions et des reports de voix, pour sauver des mairies. PercĂ©e historique de LFI, bobards mĂ©diatiques, et perspectives pour la suite : l’Insoumission relaye dans ses colonnes l’analyse de Manuel Bompard, coordinateur de la France insoumise.

« Nous sommes le seul mouvement Ă  avoir progressĂ© Ă  chacune des Ă©lections depuis 2017 […] c’est une lame de fond », analyse Manuel Bompard au lendemain des municipales

Après avoir fĂŞtĂ© cette annĂ©e ses 10 ans, la France insoumise s’engageait pour la première fois pleinement dans une campagne d’Ă©lections municipales. Cela a nĂ©cessitĂ© une mobilisation intense des insoumis partout en France pendant plusieurs mois. La constitution de listes Ă  l’image du peuple, la construction de programmes sĂ©rieux partant des besoins des habitantes et des habitants et le dĂ©ploiement dans des centaines de campagnes municipales Ă©taient des dĂ©fis immenses pour notre jeune mouvement. Il faut saluer l’engagement extraordinaire partout en France des militants de la France insoumise, Ă©paulĂ© et aidĂ© par le travail formidable des Ă©quipes nationales.

Ă€ l’issue de cette campagne, le bilan est remarquable pour la France insoumise. Elle fait son entrĂ©e dans plus de 400 conseils municipaux, soit plus de 16 millions de Français·es qui auront des conseillers municipaux insoumis. Elle l’emporte dans une dizaine de communes, dont 2 des 50 communes les plus peuplĂ©es de France (Roubaix et Saint-Denis). 

Ces victoires ne sont pas anodines. Alors qu’environ 30 000 personnes en France vivaient dans une « mairie insoumise », elles seront dĂ©sormais environ 550 000, soit une multiplication par 18. De vĂ©ritables exploits ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s au Tampon, Ă  Vaulx-en-Velin, Ă  VĂ©nissieux ou encore Ă  Creil, oĂą les candidats insoumis n’Ă©taient pas en tĂŞte au premier tour. Ă€ Roubaix, 100 000 habitants, comme au Tampon, la victoire insoumise permet aussi de tourner la page de la droite. Ces victoires confirment la percĂ©e de la France dans les classes populaires qui Ă©taient sorties du jeu politique et dans des villes et quartiers nĂ©gligĂ©s et relĂ©guĂ©s par la vieille scène politique. Ainsi, l’intĂ©gralitĂ© des villes remportĂ©es par la France insoumise font partie des 80 communes les plus pauvres de France.

Pour aller plus loin : Municipales 2026 – Ă€ Roubaix, David Guiraud et LFI dĂ©logent la droite et soulèvent l’espoir d’une vie meilleure

Ces victoires ne doivent pas Ă©clipser les grandes performances qui ont eu lieu ailleurs. Dans des grands centres urbains, d’abord, avec près de 47 % Ă  Toulouse, 41 % Ă  Limoges, 34 % Ă  Lille malgrĂ© l’alliance contre-nature du PS avec les Verts, 25 % Ă  Montpellier (hausse de 10 points entre les deux tours), 20 % Ă  Rennes, 17 % Ă  Metz, 15 % Ă  Caen, etc. 

Contrairement Ă  ce que le rĂ©cit mĂ©diatique laisse entendre, la France insoumise est Ă©galement massivement prĂ©sente dans les villes petites et moyennes. Ă€ Saint-Girons, la liste insoumise gagne 6 points entre les deux tours pour arriver Ă  23 %. Ă€ Belfort, elle gagne plus de 5 points pour arriver Ă  28 %. Les listes soutenues par la France insoumise font plus de 26 % dans les communes entre 5 000 et 50 000 habitants. Cette Ă©lection a aussi reconduit de nombreux sortants insoumis dans des petits villages et de nouveaux les ont rejoints.

Comme toujours, ce qui se passe dans les territoires ultramarins est passĂ© sous silence. Pourtant, Ă  la RĂ©union par exemple, l’alliance de la France insoumise et du PLR d’Huguette Bello a engrangĂ© les victoires et la France insoumise a remportĂ© la victoire au Tampon, 4ème ville de la RĂ©union, en chassant la droite qui dirigeait la ville depuis 70 ans.

Avant mĂŞme l’annonce des rĂ©sultats, les Ă©ditorialistes avaient Ă©crit le nouveau script soufflĂ© par le Parti socialiste pour masquer ses dĂ©faites et ses fractures internes. Il fallait dire que la percĂ©e insoumise avait fait pschitt et que toutes les victoires de la gauche se faisaient grâce aux autres mais que les dĂ©faites Ă©taient de notre faute. Ce rĂ©cit ne rĂ©siste pas un seul instant Ă  l’Ă©preuve des faits. 

Prenons d’abord le cas des grandes villes oĂą la France insoumise a fait l’union derrière elle, Toulouse et Limoges. Nous Ă©chouons Ă  quelques pourcents. Il n’en fallait pas temps pour ressortir le refrain du plafond de verre et de la dĂ©testation de la France insoumise. Dans les deux cas pourtant, la gauche (que ce soit le PS ou les Verts) n’avait dĂ©jĂ  pas rĂ©ussi Ă  l’emporter en 2014 et en 2020, sans que les insoumis ne puissent alors en ĂŞtre jugĂ© responsables.

Ă€ Toulouse, le total des voix de gauche au premier tour Ă©tait certes plus important que le total des voix de droite. La situation Ă©tait la mĂŞme en 2020 et cela n’avait pas empĂŞchĂ© la dĂ©faite de la liste d’union Ă  gauche dirigĂ©e Ă  l’Ă©poque par un Ă©cologiste. Cela ne signifie pour autant pas que les voix ne se reportent pas : le total de voix de la liste d’union augmente nettement, mais la droite a rĂ©ussi Ă  mobiliser des rĂ©serves de voix consĂ©quentes. Ce fut dĂ©jĂ  le cas Ă  Toulouse par le passĂ©, oĂą l’Ă©lectorat conservateur se surmobilise systĂ©matiquement au deuxième tour. En vĂ©ritĂ©, jamais une liste de gauche n’avait obtenu autant de voix au deuxième tour des Ă©lections municipales Ă  Toulouse. Ainsi, la liste menĂ©e par François Piquemal fait progresser la gauche de 25000 voix par rapport Ă  2020 et de 11000 par rapport Ă  2014.

Ă€ Limoges, le scĂ©nario est le mĂŞme qu’en 2020. Le total gauche Ă©tait similaire au premier tour et le score est semblable au second tour avec celui rĂ©uni par le candidat du PS en 2020. LĂ  encore, le nombre de voix rĂ©coltĂ©es a augmentĂ© au second tour et rien n’accrĂ©dite la thèse d’une fuite des Ă©lecteurs ou d’un barrage contre LFI. Au contraire, ces rĂ©sultats confirment que le matraquage anti-LFI ne fonctionne pas. Faut-il rappeler que c’est le PS qui, après l’avoir dirigĂ© pendant 60 ans, a perdu la ville en 2014 sans rĂ©ussir Ă  la reprendre en 2020 ?

Bien sĂ»r, nous aurions espĂ©rĂ© qu’Ă  Toulouse une plus forte mobilisation permette de rĂ©ussir ce que la gauche n’avait pas rĂ©ussi jusque-lĂ , ou qu’Ă  Lille la tĂŞte de liste Ă©cologiste respecte le choix de ses colistiers et de ses militants pour faire gagner la gauche de rupture. Mais il faut noter que, malgrĂ© les campagnes de calomnies alimentĂ©es par le PS, malgrĂ© les ingĂ©rences Ă©trangères et les fausses informations pendant l’entre deux tours, les insoumis ont dĂ©passĂ© d’autres forces de gauche au premier tour dans de très grandes villes et sont parvenus Ă  rĂ©unir au second tour 47 % des voix Ă  Toulouse, 41 % Ă  Limoges ou encore 35 % Ă  Lille. Ce sont d’immenses performances : quelle autre force politique a rĂ©ussi autant après 10 ans d’existence ? 

Vient ensuite le grief principal : la France insoumise ferait perdre les autres quand elle se rangerait derrière. Elle serait un « boulet pour la gauche » selon les mĂŞmes qui, il y a une semaine, nous supplier pour une fusion. LĂ  encore, ce rĂ©cit ne rĂ©siste pas Ă  l’Ă©preuve des faits.

Ainsi, si l’on prend l’ensemble des fusions qui ont Ă©tĂ© faites avec d’autres forces de gauche, le score des listes fusionnĂ©es est Ă©gal au score des listes sĂ©parĂ©es. Parmi les 20 plus grandes villes, une seule est perdue par la gauche, par refus de fusionner (Bordeaux). Lyon a Ă©tĂ© sauvĂ©e par les Ă©cologistes grâce Ă  la France insoumise mais la mĂ©tropole est tombĂ©e en raison du refus de l’attelage EELV/PS/PCF de s’unir dans les circonscriptions mĂ©tropolitaines. Au total, dans les villes de plus de 100 000 habitants, la moitiĂ© des fusions de LFI derrière des tĂŞtes de liste PS ou EELV (4 villes sur 8) ont permis de l’emporter (Lyon, Nantes, Tours et Grenoble). Ce n’est pas Ă  le cas Ă  Clermont-Ferrand, Brest ou Besançon (3 villes sur 8), ni Ă  Strasbourg en raison de l’alliance honteuse entre le Parti Socialiste et la droite de Horizons face Ă  la gauche.

En vĂ©ritĂ©, la dĂ©faite dans ces 3 communes provient exclusivement du dĂ©saveu cinglant rencontrĂ© par les maires sortants dans ces communesPar rapport Ă  2020, le PS a chutĂ© de 8 points Ă  Clermont-Ferrand (comme la sortante Ă©cologiste Ă  Strasbourg) et de 7 points Ă  Brest, deux villes qu’il dirigeait depuis plusieurs dĂ©cennies. La fusion n’a en fait Ă©tĂ© effectuĂ©e par le Parti Socialiste que lorsque la situation de ses maires sortants Ă©tait dĂ©sespĂ©rĂ©e. Il n’est alors pas surprenant qu’elle n’est pas toujours permis de renverser la vapeur. Il faut dire qu’elle s’est faite dans de telles conditions d’opportunisme qu’elle ne pouvait produire aucune dynamique de mobilisation : comment appeler Ă  voter pour des candidats que vous avez copieusement insultĂ© pendant plusieurs semaines, sous les coups de butoirs de dirigeants nationaux du PS prĂ©fĂ©rant passer leur entre deux-tours Ă  s’en prendre Ă  la France insoumise qu’Ă  combattre la droite et l’extrĂŞme-droite ? VoilĂ  qui furent en rĂ©alitĂ© les boulets des maires sortants socialistes en difficultĂ© au soir du premier tour !

Et comment ne pas aussi poser la question de leur bilan, de la vague dĂ©gagiste qui les a frappĂ©s et des consĂ©quences de la collusion des dĂ©putĂ©s du Parti Socialiste avec les politiques macronistes ? Comment ne pas y voir un dĂ©saveu cinglant du vote pour le pire budget de la sĂ©curitĂ© sociale de ces dernières annĂ©es et des refus rĂ©pĂ©tĂ©s de censure du gouvernement Lecornu ? Comment ne pas comprendre que ce reniement du programme du Nouveau Front Populaire a fait du PS une machine Ă  perdre pour la gauche ? Car les dynamiques sont très claires : le bloc de la gauche traditionnel (PS/Verts) a perdu plus de 6 points au premier tour dans les villes de plus de 100 000 habitants par rapport Ă  2020 alors que les listes de la France insoumise ont au contraire augmentĂ© leur rĂ©sultat de 9,3 points dans ces mĂŞmes communes. A nouveau, comme aux Ă©lections europĂ©ennes, c’est la France insoumise qui fait progresser la gauche pour ces Ă©lections municipales.

Ce scrutin trace des perspectives. Un fort dĂ©gagisme s’est exprimĂ© avec la dĂ©faite des trois quarts des sortants au deuxième tour. L’abstention continue Ă  gangrĂ©ner la vie politique mĂŞme si elle a diminuĂ© lĂ  oĂą les insoumis ont progressĂ©. La macronie et les partis traditionnels reculent.

C’est vrai Ă  gauche. Sur l’ensemble des villes de plus de 30 000 habitants, il n’y en a jamais eu moins dirigĂ©es par la gauche traditionnelle, qui en a perdu la moitiĂ© depuis 2008, alors mĂŞme que le PS se prĂ©sente dĂ©sormais quasiment systĂ©matiquement dans des listes d’union. La direction du PS a donnĂ© un spectacle affligeant consistant Ă  nous insulter pendant la campagne, nous prier de fusionner entre les deux tours puis recommencer Ă  nous insulter Ă  20h01. De telles dĂ©monstrations d’incohĂ©rence et d’hypocrisie ne font que dĂ©gouter le peuple et les dĂ©faites socialistes en sont la dĂ©monstration.

Le problème de la gauche n’est donc pas la France insoumise, bien au contraire. Celle-ci a en fait hĂ©ritĂ© d’une situation complexe : l’affaiblissement historique du socle Ă©lectoral de la gauche, dĂ©moli par le quinquennat Hollande qui aura fait perdre environ 16 points Ă  la gauche entre 2012 et 2017. Dans ce contexte, la gauche traditionnelle perd 7 villes parmi les 50 plus grandes et c’est la gauche de rupture qui progresse au contraire en remportant 3 villes supplĂ©mentaires (2 pour la France Insoumise, 1 pour le PCF). C’est donc elle qui incarne aujourd’hui l’espoir de la gauche de tourner la page de la macronie et de battre l’extrĂŞme-droite.

C’est possible d’y parvenir. Ainsi, la France insoumise a pris Ă  nouveau sa part dans la bataille face Ă  l’extrĂŞme droite lors de ces Ă©lections : 

  • Dans 42 villes, nous faisons baisser le score du Rassemblement National par rapport aux prĂ©cĂ©dentes Ă©lections grâce Ă  notre hausse. 
  • Dans 56 communes oĂą nous sommes prĂ©sents, le Rassemblement National a renoncĂ© Ă  se prĂ©senter alors qu’il Ă©tait auparavant prĂ©sent. 
  • Dans 34 villes oĂą nous prĂ©sentons une liste après avoir Ă©tĂ© absents en 2020, nous faisons baisser le Rassemblement National. 

Celui-ci recule dans les banlieues populaires et ne prĂ©sente souvent plus de candidats. Dans de nombreuses de petites communes oĂą il tentait de s’implanter pour la première fois, fort de rĂ©sultats nationaux importants, le barrage a tenu au deuxième tour. 

Il progresse nĂ©anmoins en nombre de voix, mais moins qu’attendu. Il gagne environ 250 000 voix sur l’ensemble du pays au premier tour par rapport Ă  2014 alors que nous en gagnons 500 000 depuis 2014, oĂą nous Ă©tions systĂ©matiquement alliĂ© avec le PCF. Mais le Rassemblement National a Ă©chouĂ©, malgrĂ© des victoires dans des villes moyennes et petites (principalement dans ses zones de forces), Ă  remporter la plupart de ses cibles. Il faut rappeler d’ailleurs que le RN avait dĂ©jĂ  gagnĂ© d’assez nombreuses mairies en 2014 et que la progression par rapport Ă  cette rĂ©fĂ©rence est plus faible que par rapport Ă  2020. Le RN stagne dans les communes avec plus de 50 000 habitants alors que nous progressons partout.

Dans cette situation, il faut dĂ©sormais que la gauche accĂ©lère sa progression portĂ©e par la gauche de rupture pour l’emporter en 2027. Nous avons fait regagner 4 points Ă  la gauche après le dĂ©sastre Hollande. Nous sommes le seul mouvement Ă  avoir progressĂ© Ă  chacune des Ă©lections depuis 2017 : nous sommes passĂ©s de 11 Ă  22 % aux prĂ©sidentielles, de 6 Ă  10 % aux europĂ©ennes, de 0 Ă  6 villes de plus 50 000 habitants, de 17 dĂ©putĂ©s au plus gros groupe de l’alliance remportant les lĂ©gislatives. Une progression dans tous les types d’Ă©lections depuis 10 ans n’est pas un hasard, c’est une lame de fond.

Le travail est loin d’ĂŞtre terminĂ©. Pour l’emporter, nous devons renforcer encore la mobilisation des jeunes, des catĂ©gories populaires ou des exploitĂ©s du capitalisme. C’est toujours dans l’abstention que se trouvent nos marges de progression. Car c’est lĂ  que nous pouvons effacer le diffĂ©rentiel de vote avec les franges plus conservatrices qui est aujourd’hui le plafond de verre de l’intĂ©gralitĂ© de la gauche pour pouvoir gouverner le pays.

Il faut poursuivre le travail de dĂ©voilement de l’extrĂŞme droite sur son caractère intrinsèquement raciste et antisocial. La transformation progressive du RN en parti ultralibĂ©ral pourrait contribuer Ă  l’affaiblir. La France insoumise possède dĂ©jĂ  le plus haut potentiel Ă©lectoral hors du RN selon les Ă©tudes d’opinion. La campagne prĂ©sidentielle devrait permettre de le faire croĂ®tre encore quand la confrontation des projets prendra le dessus sur le bashing mĂ©diatique incessant qui s’use de jour en jour. Cette campagne des Ă©lections municipales aura Ă©tĂ© une formidable dĂ©monstration de la neutralisation des calomnies mĂ©diatiques, agissant davantage comme un levier de mobilisation populaire plutĂ´t que comme un instrument de dĂ©lĂ©gitimation.

Pour cette grande bataille qui s’annonce, la France insoumise sort de ses municipales avec des milliers d’Ă©lus locaux de combat ainsi qu’avec plus de 10 000 militants supplĂ©mentaires. Ces forces seront essentielles dans la bataille. Il nous reste un an pour, comme le disait Jaurès, « fatiguer le doute du peuple par la persĂ©vĂ©rance de notre dĂ©vouement ». Rejoignez-nous !

Sources:linsoumission.fr

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