Ainsi lors d’une escapade « secrète » en Corse, le xénophobe Bardella a dévoilé sa version du conte de fées. Dans la tradition d’un Rassemblement national, dont les dirigeant·es sont définitivement accoutumés à la vie de château. À travers nombre de clichés poussiéreux, celui qui se présente en jeune homme du peuple, a officialisé sa relation avec Maria Carolina Bourbon des Deux-Siciles. Cette dernière, it-girl au sang bleu, est l’héritière d’un empire financier version old-money dont l’essor est garanti par des pratiques massives d’évasion fiscale. Notre article.
Jordan Bardella a officialisé sa relation avec l’héritière d’un empire financier version old-money dont l’essor est garanti par… de l’évasion fiscale
Bourbon des Deux-Siciles, le nom est pompeux, mais au jeu des sept familles (confi dans l’entre-soi), il faut demander la mère. Camillia Crociani est la riche héritière d’un groupe qui a fait fortune dans l’industrie de défense, et dont les profits ont échappé à l’impôt via un savant mélange de trusts familiaux et de sociétés offshore. Dans les faits, à partir de 1987, la matriarche de la famille Crociani (la grand-mère de Maria Carolina), a construit une architecture concentrique et opaque de sociétés en cascade, comme l’a révélé le scandale des Paradise Papers.
L’Insoumission a consulté les documents en question, et annexe en bas de cet article une chronologie des faits. Depuis la fin des années 80, les actifs familiaux de la princesse ont circulé dans 7 trusts et sociétés off-shore entre Jersey, les Bahamas, les Seychelles et Maurice. En résumé, la jet-setteuse nouvellement amourachée de Jordan Bardella, dont la fortune est estimée à 622 millions d’euros, assure son train de vie à l’aide de la plus grande malversation financière de l’histoire moderne.
Car si le premier trust a été inauguré par sa grand-mère maternelle, Maria Carolina est à ce jour la bénéficiaire directe du montage financier. Jordan Bardella ne peut l’ignorer, le montage a déjà fait l’objet d’un jugement recensé ici.
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Le patron du RN préfère le Capital et l’Ancien Régime
Il ne faut pas juger le cœur, il a ses raisons, en l’espèce probablement le pognon au service des ambitions. À la suite des repas avec les grands chantres du néolibéralisme, cette histoire de cœur a le mérite du grand dévoilement : l’arnaque sociale que représente le RN est totale. Les cibles de Bardella sont les assurés sociaux et non les évadés fiscaux, à l’égard de qui il semble… complaisant… a minima. Il faut rappeler que l’évasion fiscale coûte chaque année au pays l’équivalent du budget de l’Éducation nationale.
Grand patronnat, aristocratie déviante, le choix de Jordan Bardella c’est le Capital et l’Ancien Régime. C’est l’exact inverse de ce qui est mis, au titre des Insoumis, au cœur de la Nouvelle France : celle des travailleur-euses uberisés, des étudiant-es précarisé-es, des jeunes diplomé-es sans emploi, des agriculteur-ices à bout de souffle, des usineur-euses dans l’enfer des 3/8 (8 heures de travail, 8 heures de loisir, 8 heures de repos).
Dans ce contexte, la bataille qui verra une opposition au RN aristocratique en 2027 sera un affrontement de classe, mais aussi culturel. La mission est dorénavant de faire converger les réalités sociales fragiles et dispersées pour faire faire à la France le « grand bond en avant » et refuser l’imaginaire d’arriéré que défendront Bardella et sa princesse, dont les « bêtises » ne se limitent pas à faire « bouh » derrière les arbres.
Sources:linsoumission.fr (Par Maël Brillan)
Chronologie
1987 – Création du Grand Trust Edoarda (alors épouse de Camillo Crociani) établit un trust aux Bahamas (le Grand Trust, 24 décembre 1987) pour ses deux filles (Cristiana et Camilla). Le trust détient alors un portefeuille d’actifs (financiers, créances, œuvres d’art) liés notamment à Vitrociset (groupe d’électronique cofondé par le défunt Camillo).
1997–2008 – Changement de trustees. Le trust est successivement transféré sous loi de Jersey puis de Guernesey, avec ajout de BNP Paribas Trust Corporation comme cotrustee, avant de revenir sous loi de Jersey avec BNP Paribas JTC et Madeleine Crociani. Edoarda reste référencée comme settlor et « issue of the Settlor » (bénéficiaire secondaire).
9 février 2010 – Nouvel ordre de justice à Jersey Cristiana (majeure, épouse et mère) engage des procédures à Jersey (« Crociani v Crociani ») pour faire valoir ses droits sur le Grand Trust.
2010 (date précise) – Création du Fortunate Trust Edoarda, anticipant des revendications, fait transférer dans un nouveau trust (le Fortunate Trust, nommé sur les documents) l’essentiel des actifs du Grand Trust (sauf une créance principale, note de crédit sur Croci International BV). Il faut noter qu’elle s’y nomme unique bénéficiaire avec un pouvoir de révocation illimité. Les juges estiment que ce montage viole l’esprit du trust original (clause limitant son intérêt à un rôle résiduel).
14 juin 2011 – Prise de conscience de Cristiana Lors d’une réunion à Monaco, Edoarda et Camilla discutent du « Projet Mozart Trust ». Cristiana découvre alors qu’Edoarda a tenté de « razzier » 100 millions de dollars de la dotation du Grand Trust vers le Fortunate Trust dont elle est bénéficiaire. De plus, il apparaît qu’elle a été « exclue » et remplacée par Camilla dans la gestion d’une société néerlandaise (Croci International BV) contrôlant Vitrociset.
30 juin 2011 – Révocation du Fortunate Trust Edoarda révoque le Fortunate Trust et récupère directement tous les actifs qui y avaient été transférés (incluant ceux du Grand Trust). Autrement dit, elle s’approprie seule le patrimoine familial initialement destiné aux enfants.
Début 2012 (13–16 janvier) – Création du Girls Trust Edoarda et Camilla constituent un nouveau trust à Maurice, « The Girls Trust » (inc. 16 janvier 2012). Les bénéficiaires désignés sont Cristiana, Camilla, Edoarda elle-même et les deux filles mineures de Cristiana (Delia et Livia Delrieu). La société Appleby Trust (Mauritius) en devient le trustee (1er décembre 2012).
19 janvier 2012 – Création du Palma Trust Camilla crée à Maurice « The Palma Trust ». Elle en assume les rôles de settlor, trustee, signataire et bénéficiaire unique (ces positions se superposant). Les deux enfants mineures de Camilla (dont Maria Carolina, née en 2003) figurent également comme bénéficiaires. Appleby Trust (Mauritius) est encore trustee.
2 février 2012 – Constitution de sociétés aux Seychelles Deux sociétés « coquilles » sont créées simultanément : Bourgainville Limited et Oiseau de Paradis Limited (incorporées le 2 février 2012). Dans les documents du registre, Camilla est indiquée comme « beneficial owner » et « ultimate beneficial owner » de ces deux sociétés (depuis leur création). Ces sociétés sont vraisemblablement titulaires de participations ou avoirs liés aux trusts (par exemple détentrices de la note de crédit Croci BV).
10 février 2012 – Nouveau trustee pour le Grand Trust Edoarda, Camilla et le dernier trustee bancaire (BNP Paribas JTC de Jersey) se rétractent en tant que trustees et nomment Appleby Trust (Mauritius) comme nouveau trustee du Grand Trust. Ce mouvement, préparé en catimini (appels d’Edoarda en janvier 2012, signature du document le 2 février, BNP signant le 10 février), change la loi applicable en faveur de Maurice. Aucune « due diligence » n’est faite sur Appleby avant coup. Le tribunal note que cette nomination a été demandée par Edoarda et Camilla, au mépris de l’intérêt de Cristiana.
10 janvier 2013 – Création du Island Trust Un troisième trust est établi à Maurice, « The Island Trust », dont Edoarda est à la fois trustee et bénéficiaire (ainsi que les enfants de Camilla). Appleby Mauritius en reste cotrustee.
2016 – Division d’Appleby et manœuvres de fin de procès En janvier 2016, Appleby Mauritius devient la nouvelle société Estera, après scission d’Appleby. Peu après, Appleby/Estera manipule la dernière créance du trust (note Croci BV), repoussant son échéance de 2017 à 2022 par un avenant « fabriqué », puis change encore de trustee (sans informer la cour), transférant la note à un autre trust (« Agate Trust » via GFin, en février 2016). Le tribunal juge ces manœuvres « effrontées » et contraires à la justice.
11 septembre 2017 – Jugement de Jersey La Cour Royale de Jersey statue en faveur de Cristiana (et de ses enfants). Il est ordonné de procéder à la reconstitution du Grand Trust sous l’administration des trustees d’origine (Edoarda, BNP Jersey, Appleby Mauritius) et Appleby Mauritius (Estera) est condamné pour abus de confiance. Les fondements du montage (objectifs et dates) sont explicités dans cette décision de 238 pages.
Fin 2017 – Médiatisation (Paradise Papers) La diffusion des fuites Appleby (« Paradise Papers ») relie publiquement les structures découvertes aux Crociani. La presse anglo-saxonne (Guardian) rend compte du jugement (condamnation d’Appleby). Edoarda nie toute mauvaise intention dans ses déclarations aux médias.
Sources:linsoumission.fr

























