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vendredi 25 septembre 2026

« En 2026, le travail blesse, rend malade et tue plus qu’il y a 10 ans ! » – Le rapport accablant de la députée LFI Ségolène Amiot sur les accidents du travail

 

 Accidents du travail. « En 2026, le travail blesse, rend malade et tue plus qu’il y a 10 ans. La France est la championne d’Europe des mort·es du travail, et l’un des pays où les accidents du travail sont les plus fréquents », explique la députée LFI Ségolène Amiot. Cette dernière publie un rapport intitulé « Accidents du travail et maladies professionnelles : s’insoumettre à 10 ans de macronisme ». Les conclusions sur la réalité des accidents du travail dans notre pays et notamment la responsabilité de la macronie dans leur aggravation, sont accablantes. Entretien.

L’insoumission : Comment t’es venue l’idée de produire ce rapport ?

Ségolène Amiot : Avant d’être élue députée en 2022, j’ai exercé un mandat de représentante syndicale dans mon entreprise, et à ce titre, été secrétaire du Comité d’Hygiène, de Sécurité, et des Conditions de Travail. La suppression de cette instance de représentation du personnel a été un des premiers actes du Président Emmanuel Macron après son élection.

En 2025, alors que je siégeais depuis ma réélection en 2024 à la Commission des Affaires Sociales de l’Assemblée nationale, mes camarades eurodéputé·es Marina Mesure et Anthony Smith ont publié un document intitulé « Stop à la mort au travail ». Marina et Anthony y dressent les constats et établissent une liste des mesures à mettre en place au niveau européen pour que plus personne ne meure sur son poste.

J’ai donc souhaité mettre mon expérience personnelle et mon expertise en mouvement pour creuser le sujet au niveau national. Mon projet de base consistait à trouver une manière intelligente de réintroduire les CHSCT dans les entreprises, supprimés par Macron dès son arrivée au pouvoir en 2017. Mais la réalité de ce qu’est la santé et les conditions de travail en macronie m’ont mise face à des enjeux beaucoup, beaucoup plus grands.

Pour aller plus loin : Protéger les salariés sous la canicule, entretien avec l’eurodéputé LFI Anthony Smith

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Accidents du travail. « En 2026, le travail blesse, rend malade et tue plus qu’il y a 10 ans. La France est la championne d’Europe des mort·es du travail, et l’un des pays où les accidents du travail sont les plus fréquents », explique la députée LFI Ségolène Amiot. Cette dernière publie un rapport intitulé « Accidents du travail et maladies professionnelles : s’insoumettre à 10 ans de macronisme ». Les conclusions sur la réalité des accidents du travail dans notre pays et notamment la responsabilité de la macronie dans leur aggravation, sont accablantes. Entretien.

L’insoumission : Comment t’es venue l’idée de produire ce rapport ?

Ségolène Amiot : Avant d’être élue députée en 2022, j’ai exercé un mandat de représentante syndicale dans mon entreprise, et à ce titre, été secrétaire du Comité d’Hygiène, de Sécurité, et des Conditions de Travail. La suppression de cette instance de représentation du personnel a été un des premiers actes du Président Emmanuel Macron après son élection.

En 2025, alors que je siégeais depuis ma réélection en 2024 à la Commission des Affaires Sociales de l’Assemblée nationale, mes camarades eurodéputé·es Marina Mesure et Anthony Smith ont publié un document intitulé « Stop à la mort au travail ». Marina et Anthony y dressent les constats et établissent une liste des mesures à mettre en place au niveau européen pour que plus personne ne meure sur son poste.

J’ai donc souhaité mettre mon expérience personnelle et mon expertise en mouvement pour creuser le sujet au niveau national. Mon projet de base consistait à trouver une manière intelligente de réintroduire les CHSCT dans les entreprises, supprimés par Macron dès son arrivée au pouvoir en 2017. Mais la réalité de ce qu’est la santé et les conditions de travail en macronie m’ont mise face à des enjeux beaucoup, beaucoup plus grands.

Pour aller plus loin : Protéger les salariés sous la canicule, entretien avec l’eurodéputé LFI Anthony Smith

L’insoumission : Comment as-tu procédé pour le produire ?

Ségolène Amiot : Tout d’abord, j’ai mené plus d’une douzaine d’auditions. J’ai entendu des juristes, des avocat·es et des médecins du travail, des syndicalistes, des membres d’instances de représentation des travailleur·ses. J’ai également échangé avec le Collectif de Familles : Stop à la Mort au Travail, qui rassemble des familles de victimes du travail.

La production intellectuelle sur ce sujet ne manque pas, comme l’excellent livre de Mathieu Lépine, « L’hécatombe invisible ». Le Centre d’Histoire du Travail de Nantes a été une visite très enrichissante. Ses salarié·es ont pu m’orienter vers quelques lectures complémentaires. L’histoire de Nantes comporte d’ailleurs un exemple frappant, celui du Tripode. Pendant plusieurs décennies, les travailleur·ses de ce bâtiment, principalement des fonctionnaires, ont occupé cet immeuble bourré d’amiante. Leur combat de 20 ans pour faire reconnaître leurs maladies professionnelles est exemplaire.

J’ai bénéficié tout au long de ce travail des conseils précieux de mes collègues parlementaires Leïla Chaibi, Anthony Smith et Hadrien Clouet.

Tout ce processus a été possible grâce au travail titanesque fourni par mon équipe et je tiens une nouvelle fois à les remercier pour leur dévouement et leurs efforts.

L’insoumission : Qu’as-tu découvert ?

Ségolène Amiot : Il y a tellement de constats alarmants. En 2026, le travail blesse, rend malade et tue plus qu’il y a 10 ans. La France est la championne d’Europe des mort·es du travail, et l’un des pays où les accidents du travail sont les plus fréquents.

Cette réalité-là est invisible : le décompte des morts au travail n’est que partiel car il repose sur le régime général de la Sécurité Sociale. Beaucoup d’AT-MP et donc de morts passent sous les radars : la fonction publique, les agriculteurs, les militaires et policiers, mais aussi les suicides pour raison professionnelle. Le collectif Stop Mort au Travail en dénombre 93 de plus sur l’année 2024, et cela est sans compter certaines catégories impossibles à quantifier comme les métiers employant des travailleur·ses sans papiers.

Le taux de sinistralité (accidents du travail, accidents de trajet, maladies professionnelles) est deux fois supérieur à la moyenne européenne. Les classes populaires sont évidemment les plus touchées. 41 % des accidents incapacitants et 58 % des accidents mortels surviennent chez des personnes de plus de 50 ans, et la sinistralité a bondi de 26 % dans le travail des femmes depuis le début du siècle.

Niveau métier, le BTP compte à lui seul la moitié des accidents mortels ou incapacitants. Mais les professions du tertiaire sont également impactées. La détresse psychologique a explosé ces dernières années pour atteindre des sommets : 40 % des salarié·es se déclarent en état de souffrance au travail et 12 % sont exposé·es à un risque élevé de burn-out.

Là où le capitalisme essaie d’augmenter la production et/ou la productivité, les travailleur·ses en paient le prix fort. Derrière les causes des victimes du travail, il y a des décisions politiques, et des décisionnaires. L’amiante, le chlordécone, maintenant les canicules, l’acétamipride, le management toxique et l’épuisement professionnel, tous relèvent de la même logique : la santé des travailleur·ses est une variable d’ajustement au service du capital.

L’insoumission : Qu’est ce qui t’a le plus marqué ?

Ségolène Amiot : L’ampleur du désastre, et la façon dont il est passé sous silence. Quand on recense les morts dans une veille presse quotidienne réalisée par mes collaborateurs·trices, on voit à quel point le traitement de ces tragédies est considéré comme trivial par les rédactions de médias. Je nomme ce phénomène la « fait-diversion ».

Semaine après semaine, la liste des prénoms des victimes s’égrène ; derrière ces lignes froides, des handicaps, des traumatismes psychiques, des vies perdues, des familles brisées. Ces personnes, c’est notre classe, celle des travailleur·ses. Ce rapport leur est dédié.

J’ai aussi découvert que des choses formidables avaient existé ou existaient. Je ne donne qu’un exemple, le CCHSCT : un CHSCT de branche qui existe et agit au niveau de la branche de l’audiovisuel et de celle du cinéma, afin de couvrir des travailleur·ses qui ne sont pas salarié·es dans des entreprises le permettant. L’un des objectifs de ce rapport était de trouver un moyen d’étendre la prévention à tou·tes les travailleur·ses quel que soit leur statut (salariat, auto-entreprise, intermittence du spectacle, intérim, saisonnier, etc.). Nous voulons généraliser leur création, notamment dans le but de permettre une représentation des travailleur·ses quelle que soit la taille de l’entreprise.

L’insoumission : Quelles sont tes préconisations ?

Ségolène Amiot : Elles sont nombreuses, plus de 80 ! Elles couvrent tous les maillons de la chaîne : prévention, contrôle, justice.

Il faut évidemment redonner aux travailleur·ses les outils de représentation du personnel comme les CHSCT, élus directement par les salarié·es. Leurs rôles doivent être étendus à de la prévention comme à du contrôle. Il faut permettre leur création dans les entreprises de moins de 50 salarié·es, et, je l’ai évoqué précédemment, de créer des CCHSCT de branche. Des dispositions très concrètes, comme le maintien de salaire en cas d’exercice du droit de retrait ou la mise à disposition d’un local dédié à la santé et la sécurité au travail dans l’entreprise, complètent l’éventail de mesures.

De plus, la casse du contrôle des conditions de travail ne s’est pas faite qu’au sein des entreprises par l’attaque contre les CHSCT. La répression déployée par le ministère du travail contre Pierre et Benoît, deux inspecteurs du travail grenoblois, démontre une volonté de faire reculer les capacités de contrôle détenues par le gouvernement lui-même. Il est urgent que l’inspection du Travail soit revitalisée à grande échelle. Actuellement, on compte un·e inspecteur·trice du travail pour 12 500 salarié·es, là où l’OIT préconise 1 pour 10 000 et que des pays comme l’Allemagne sont à 1 pour 7 000.

On manque d’agent·es et d’une répartition sur le territoire plus harmonieuse. Aujourd’hui, plus de 10 % du pays n’est pas couvert avec de réelles disparités. Le système d’inspection du travail dans la fonction publique est aussi un sujet : actuellement, il dépend d’un corps de fonctionnaires rattaché à chaque ministère de tutelle. Ses effectifs sont faméliques. Il faut mettre en place un véritable système d’inspection de la fonction publique, pouvant s’opposer à la hiérarchie de l’administration si besoin. D’une manière générale, l’IT doit retrouver son indépendance et son agentivité.

La médecine du travail doit évidemment être remise au centre des préoccupations. Elle doit être une instance de contrôle autant que de prévention, pleinement intégrée au service public de santé. Les intérimaires et les fonctionnaires doivent également pouvoir en bénéficier réellement.

Enfin, les procédures devant la Justice sont trop longues, trop compliquées, et aboutissent rarement. Les chaînes de sous-traitance diluent la responsabilité. Des entreprises multi-condamnées peuvent continuer d’employer des gens dans les mêmes conditions. Les récidivistes ne devraient pas avoir accès aux marchés publics et devraient faire l’objet de contrôles renforcés. Conjointement à une meilleure prise en charge des parcours judiciaires et des indemnisations plus fortes, je préconise également la création du délit d’employicide dans le Code Pénal. Et enfin une véritable commémoration des personnes mortes au travail.

L’insoumission : Quelles suites donner à ce travail ?

Ségolène Amiot : J’organise un colloque à l’Assemblée Nationale le lundi 5 octobre, intitulé « ATMP : stopper la machine à détruire macroniste ». J’y réunirai les personnes qui ont contribué à ce rapport ainsi que des militant·es, député·es, syndicalistes, … Nous diffuserons ce moment sur mes réseaux sociaux. J’espère qu’il aura une portée à la hauteur du sujet.

Je travaille également sur plusieurs propositions de loi issues de ce rapport. Quand nous aurons la majorité à l’Assemblée Nationale, nous serons prêts à légiférer.

Je note aussi que Jean-Luc Mélenchon s’est saisi de la question des maladies politiques, dont font partie les ATMP. Mon souhait est que la campagne présidentielle mette la lumière sur ce fléau créé par le capitalisme.

D’une manière générale, j’espère que ce travail aura été et sera utile à notre combat.

Sources:linsoumission.fr

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jeudi 24 septembre 2026

Mélenchon à 20 % : ce sondage fait trembler ses adversairesL

  

Mélenchon. Les étoiles n’en finissent plus d’être alignées pour les insoumis. Au lendemain du franchissement du cap des 380 000 soutiens à sa candidature, Jean-Luc Mélenchon dépasse la barre historique des 20 % d’après un sondage Cluster17 pour Politico. Pour rappel, à la même période, en septembre 2021, le leader insoumis était testé entre 8% et 10 % dans les sondages avant de réaliser 22 % à l’élection présidentielle de 2022, à un point du second tour.

Ces sondages, biaisés et manipulés par leur sous-estimation permanente de LFI, ne parviennent plus à cacher la puissante dynamique autour de Jean-Luc Mélenchon. Au-delà des estimations et des pronostics de cette machine sondagière, d’autres indicateurs plus sérieux et fiables décrivent une réalité unanime. Des dizaines de milliers de personnes rejoignent la campagne de Jean-Luc Mélenchon pour en devenir acteurs et militants : 26 000 personnes au meeting du 7 juin à Saint-Denis, 10 000 aux AMFIS, 12 000 à la braderie de Lille, et une foule trop immense pour être comptée à la Fête de l’Humanité.

D’autres chiffres ont été rappelés par Manuel Bompard hier, en conférence de presse : 140 000 personnes sont membres d’un groupe d’action, 800 nouveaux groupes d’action se sont constitués, 17 millions de tracts ont déjà été distribués et plus d’un million d’affiches ont été collées. Notre brève.

« Je serai au second tour de l’élection présidentielle. Et nous gagnerons, car la France n’est pas un pays fasciste ou raciste. » – Jean-Luc Mélenchon

Qui sont les nouveaux insoumis ? Dans les évènements organisés par LFI, les équipes de l’Insoumission ont recueilli des témoignages, qui montrent la grande diversité des raisons amenant à rejoindre et à militer pour faire gagner Jean-Luc Mélenchon et transformer la société. « Je vais voter Mélenchon car je n’en peux plus, tout est plus cher. On est à bout. On a toutes les raisons de se révolter », témoignait deux jeunes devant le stand LFI à la Fête de l’Humanité. Dans les cortèges contre la loi Permis de tuer, la même exaspération s’exprimait : « Il n’y a plus de démocratie en France. On ne nous écoute pas. Tout est plus cher. Je vais voter Mélenchon en 2027 pour que ça change ».

Dans les groupes d’action insoumis, ces nouveaux insoumis sont déjà passés à l’action. Les porte-à-porte géants pour convaincre s’enchaînent déjà en cadence pour augmenter le niveau de participation, faire inscrire sur les listes électorales et convaincre qu’un autre monde est possible. Dans les groupes d’action et assemblées générales insoumises, déjà aussi, des discussions s’amorcent sur les suites de la victoire, et la façon de transformer la société en maintenant un haut niveau de mobilisation face aux forces anti-insoumises. Dépassés par cette campagne puissante de l’avis général ou agacés par l’incompétence de leurs candidats, des éditorialistes anti-LFI reconnaissent à intervalles réguliers la force et l’efficacité du mouvement insoumis et de son leader.

Sur les plateaux, plus une semaine ne passe sans que les mêmes mots reviennent : « Jean-Luc Mélenchon fait une très bonne campagne. Il est très puissant. Il rassemble sur des sujets. Il sait faire. », ou des éloges sur la capacité de l’insoumis à imposer des thèmes dans le débat public : les écorégions, reprises par l’absurde en écocontinents par Gabriel Attal, mettre la « dette au frigo », qui a fait réagir jusqu’au FMI, ou encore le blocage des prix pour que cesse le racket de Total à la pompe. Autant de thèmes qui élèvent le débat, la discussion sur le fond des sujets avant que le programme retravaillé par Clémence Guetté et Hadrien Clouet soit rendu public le 6 novembre.

C’est là aussi une autre démonstration de force et d’organisation de LFI. Déjà, de nombreuses propositions sont connues et circulent à la vitesse de la lumière. Blocage des prix à 1,70 euro le litre d’essence, blocage des marges des raffineurs, hausse du SMIC à 1700 euros net, hausse des salaires, taxation des superprofits, écorégions pour la planification écologique, référendum révocatoire en passant à la 6ᵉ République, suspension de l’accord UE-Israël. Ce sont autant de mesures qui convainquent et permettront de transformer la société, de fond en comble. Vous voulez rejoindre la campagne ? Rendez-vous sur http://melenchon2027.fr.

Sources:linsoumission.fr (Par Sylvain Noël rédacteur en chef)

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mercredi 23 septembre 2026

Rima Hassan : Nuñez rattrapé par le scandale des fuites, LFI exige sa démission.

 Rima Hassan. Cinq mois après la garde à vue de l’eurodéputée insoumise, « Complément d’enquête » a révélé des informations concernant le ministre de l’Intérieur en personne. Le 2 avril, dans le wagon-bar d’un train, Laurent Nuñez a accrédité auprès de journalistes les fausses informations prétendant que de la drogue de synthèse aurait été trouvée dans son sac.

L’information était totalement fausse, et l’enquête pour stupéfiants a été classée sans suite. « La barbouzerie gouverne ! », a dénoncé Jean-Luc Mélenchon. « Il n’est pas normal qu’un ministre de l’Intérieur viole la loi », a déclaré Manuel Bompard sur France Inter. Vendredi 18 septembre, Rima Hassan a porté plainte devant la Cour de justice de la République. La France insoumise exige la démission du ministre Laurent Nuñez. Notre article.

Un wagon-bar, un ministre, une intox

2 avril 2026. Rima Hassan est en garde à vue à Paris pour un simple tweet. Au même moment, Laurent Nuñez rentre de Bordeaux en train, aux côtés du Premier ministre Sébastien Lecornu. Au wagon-bar, hors micros, des journalistes lui demandent si de la drogue a été trouvée dans le sac de l’eurodéputée.

Réponse du ministre, selon les témoins de l’émission : « il se peut que ce soit exact ». Il aurait ensuite parlé d’un produit de synthèse et d’un dérivé de cocaïne, en admettant ne pas trop s’y connaître. Un journaliste présent aurait aussitôt appelé sa rédaction pour confirmer l’information.

Plus grave encore. Selon un autre témoin, le ministre a rapporté ce que Rima Hassan expliquait aux enquêteurs : des produits achetés en Belgique, qu’elle pensait autorisés. Si ce récit est exact, le contenu d’une audition en cours a été servi à la presse par le premier flic de France. Le secret de l’enquête, lui, est resté à quai.

Le lendemain, Nuñez déplore les fuites

3 avril, RMC et BFMTV. Le même Laurent Nuñez joue la retenue : tout relève de l’enquête, seul le parquet doit communiquer, et il dit regretter les fuites. Pompier le matin, pyromane la veille.

Entre-temps, la machine s’est emballée. L’accusation tourne en boucle sur les chaînes d’info. Même l’AFP relaie la découverte d’une drogue de synthèse, en citant une source proche du dossier. Rima Hassan est encore face aux enquêteurs quand l’intox inonde déjà les ondes.

Rima Hassan blanchie, mais le mal est fait

Les analyses de laboratoire balaient tout. Pas de drogue de synthèse. Pas de cocaïne. Du CBD, acheté dans un commerce à Bruxelles. Le parquet de Paris classe sans suite.

Détail accablant révélé par Mediapart : les résultats sont connus dès le 4 avril, mais le parquet n’annonce le classement que le 9. Cinq jours de calomnie supplémentaires. Le 10 avril, le Conseil de déontologie journalistique et de médiation rappelle les rédactions à la prudence. Trop tard. Un démenti ne rattrape jamais une intox.

La défense de Nuñez : un aveu déguisé

Jeudi 17 septembre, interrogé par des députées insoumises à l’Assemblée, le ministre nie. « Je n’ai organisé aucune fuite », assure-t-il. Sa ligne : les journalistes avaient déjà tout depuis la mi-journée, il aurait seulement incité à la prudence. Il juge même anormal que la presse ait disposé d’un tel niveau d’information.

L’argument se retourne contre lui. Son entourage ne conteste pas l’échange : il confirme une discussion en off sur la garde à vue. Or un ministre de l’Intérieur n’a pas à commenter une audition en cours. Encore moins à crédibiliser une rumeur. Quand le patron de la police dit qu’une information est peut-être exacte, une rédaction entend une confirmation. Et si ces fuites étaient anormales, pourquoi les nourrir au lieu de les faire cesser ?

Autre signe : Laurent Nuñez avait accepté une interview de « Complément d’enquête », avant de se rétracter. Il n’a pas non plus répondu aux questions écrites. France 2 promettait d’ausculter « la méthode Rima Hassan ». L’émission a surtout mis à nu la méthode Nuñez.


 Le lien








 

Signalement, pistage, fuites : la mécanique d’un acharnement

 L’affaire ne tombe pas du ciel. Le tweet qui vaut à Rima Hassan sa garde à vue a été signalé par le ministre de l’Intérieur lui-même. Selon Mediapart, la police pistait l’eurodéputée depuis le 1er janvier 2026 : téléphone géolocalisé, billets de train et hôtels tracés. Des moyens d’antigang, déployés contre une parlementaire d’opposition.

Les fuites ne viendraient pas que de place Beauvau. Selon Le Canard enchaîné, le porte-parole du ministère de la Justice aurait lui aussi échangé avec des journalistes pendant la garde à vue. Dès le 8 avril, Rima Hassan a déposé plainte pour violation du secret de l’enquête. L’IGPN a été saisie. Cinq mois plus tard, son enquête n’a toujours pas abouti.Le bilan judiciaire de cette traque ? Vingt-deux procédures selon l’eurodéputée, seize selon le parquet. Des classements en série. Aucune condamnation. Quand le droit ne suffit pas à abattre une opposante politique, reste la rumeur. 

Rima Hassan et la fabrique de l’ennemi intérieur

Avant d’analyser, il faut reprendre la séquence dans l’ordre, car c’est son enchaînement qui fait sens. Selon Mediapart, la police géolocalise Rima Hassan et trace ses billets de train et ses réservations d’hôtel depuis le 1er janvier 2026, trois mois avant le tweet incriminé. Le 26 mars, l’eurodéputée publie sur X un message évoquant Kōzō Okamoto, membre de l’armée rouge japonaise.

Le tweet est signalé par le ministère de l’Intérieur, puis par la Licra et l’Organisation juive européenne et le parquet de Paris ouvre une enquête pour apologie du terrorisme. Le 2 avril, Rima Hassan est placée en garde à vue. Le même jour, la rumeur d’une drogue de synthèse découverte dans son sac se répand dans les rédactions, pendant qu’elle est encore face aux enquêteurs, et, selon les témoins de « Complément d’enquête », Laurent Nuñez l’accrédite en off dans le train qui le ramène de Bordeaux.

Le 3 avril, le ministre déclare publiquement regretter les fuites. Le 4 avril, les analyses écartent toute drogue de synthèse, mais le parquet n’annonce le classement sans suite que le 9. Le 10, le Conseil de déontologie journalistique et de médiation rappelle les rédactions à la prudence. Cinq mois plus tard, le 16 septembre, « Complément d’enquête » révèle le rôle prêté au ministre, qui dément le lendemain avoir organisé la moindre fuite. Le 18, Rima Hassan porte plainte devant la Cour de justice de la République. Les 19 et 20 octobre, c’est pourtant elle qui sera jugée, pour un tweet, avec sept ans de prison encourus.

L’affaire Nuñez pourrait passer pour une bavure isolée, une confidence de trop dans un train. Ce serait passer à côté de l’essentiel. La science politique, la sociologie et l’histoire du droit ont décrit depuis longtemps chacun des rouages à l’œuvre dans cette séquence : la criminalisation de l’opposant, sa dégradation publique, et l’usage du « off » comme parole d’État sans signature. Aucun de ces mécanismes n’exige de complot. Chacun fonctionne par son propre poids. C’est précisément ce qui les rend redoutables, et ce qui fait de Rima Hassan un cas d’école.

Criminaliser pour dépolitiser

La politiste et historienne Vanessa Codaccioni, maîtresse de conférences à Paris 8 et spécialiste de la justice d’exception, a consacré à ce phénomène un livre de référence : Répression. L’État face aux contestations politiques » (Textuel, 2019). Sa thèse tient en une idée forte. La répression n’a pas disparu des démocraties, elle a changé de forme. Elle étend ses filets policiers, judiciaires et administratifs plus vite et plus loin qu’avant, et poursuit un objectif constant : nier le caractère politique de l’action de ceux qu’elle vise.

L’opposant n’est plus combattu comme un adversaire, il est traité en délinquant, en terroriste, voire en malade. « La répression vise à dépolitiser les revendications », résumait-elle dans Politis. Appliquée à Rima Hassan, la grille est d’une précision troublante. Un tweet sur la Palestine relève du débat politique. Face au génocide orchestré par l’Etat d’Israël, il est légitime et nécessaire. Le transformer en « apologie du terrorisme », c’est le sortir du débat pour le faire entrer au commissariat. La rumeur de drogue va plus loin encore : elle fait basculer l’élue du champ de l’opinion vers celui du fait divers et du vice privé.

Cette dérive a une histoire juridique précise. Jusqu’en 2014, l’apologie du terrorisme relevait de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, avec ses protections : délais de prescription courts, procédures encadrées, pas de garde à vue pour une opinion. La loi du 13 novembre 2014 l’a transférée dans le code pénal. Garde à vue, flagrance et comparution rapide sont devenues possibles pour une phrase publiée en ligne.

Dans « Justice d’exception » (CNRS Éditions, 2015), Codaccioni montre que la France a toujours entretenu des juridictions à part pour ses ennemis politiques, de la Cour de sûreté de l’État (1963-1981), utilisée contre l’OAS puis contre l’extrême gauche, aux dispositifs antiterroristes contemporains. L’exception ne disparaît pas : elle migre dans le droit commun. La garde à vue du 2 avril, obtenue selon la défense par un « dévoiement de la procédure en flagrance » pour contourner l’immunité parlementaire, en est l’illustration parfaite.

Un détail de l’affaire mérite qu’on s’y arrête. Selon Mediapart, la police pistait Rima Hassan depuis le 1er janvier 2026. Le tweet incriminé date du 26 mars. La surveillance a donc précédé de trois mois l’infraction supposée. Le juriste allemand Günther Jakobs a donné un nom à cette logique en 1985 : le « droit pénal de l’ennemi » (Feindstrafrecht). Certains individus n’y sont plus traités comme des citoyens titulaires de droits, mais comme des sources de danger qu’il faut neutraliser avant même qu’ils agissent.

Jakobs le décrivait, et en partie l’assumait. La juriste Mireille Delmas-Marty, professeure au Collège de France, a passé ses dernières années à alerter sur la contamination des démocraties par cette logique après 2001. Plus tôt encore, Otto Kirchheimer, juriste de l’école de Francfort exilé par le nazisme, avait montré dans « Political Justice » (Princeton, 1961) que le procès politique vise souvent moins la condamnation que la fabrication, devant l’opinion, d’une certaine image de l’adversaire. Vingt-deux procédures, zéro condamnation : le procès n’a pas besoin d’être gagné pour produire son effet.

La cérémonie de dégradation

En 1956, le sociologue américain Harold Garfinkel publie dans l’American Journal of Sociology un article devenu classique : « Conditions of Successful Degradation Ceremonies ». Il y décrit le travail social par lequel une personne est publiquement déchue de son statut. La cérémonie réussit à trois conditions. Le dénonciateur doit parler depuis une position d’autorité, comme représentant légitime du groupe. L’acte reproché doit être présenté non comme un écart ponctuel, mais comme la révélation de ce qu’est la personne « au fond ». Enfin, celle-ci doit être désignée comme étrangère, extérieure à la communauté des gens respectables. Garfinkel insiste sur ce point décisif : la dégradation porte sur l’identité totale, pas sur un comportement.

La rumeur de drogue remplit ces trois conditions avec une efficacité redoutable. Elle ne reproche pas un acte isolé, elle suggère une double vie : l’élue qui donne des leçons de morale sur Gaza cacherait des stupéfiants dans son sac. Elle bénéficie de la voix la plus autorisée qui soit en matière de délinquance, celle du ministre de l’Intérieur lui-même. Et elle complète une désignation déjà en cours depuis des mois, celle de l’étrangère, née apatride dans un camp de réfugiés, soupçonnée de complaisance envers le terrorisme. C’est pourquoi le démenti ne répare rien. Une fois la cérémonie accomplie, l’identité dégradée colle à la personne bien après l’effondrement de l’accusation. Même le titre « Rima Hassan blanchie » contient encore le mot drogue.

Le politiste Murray Edelman prolonge cette analyse dans « Constructing the Political Spectacle » (University of Chicago Press, 1988). Pour lui, les ennemis politiques sont moins découverts que construits, et leur construction sert ceux qui les désignent : elle soude un camp, justifie des mesures d’exception et détourne l’attention des problèmes réels. L’ennemi se définit par une nature qu’on lui prête, jamais par ses actes vérifiables. Deux autres concepts éclairent la forme singulière que prend cette construction ici.

La philosophe Miranda Fricker parle d’« injustice testimoniale » (Oxford University Press, 2007) : un préjugé lié à l’identité ampute d’avance la crédibilité d’une parole. La sociologue Patricia Hill Collins nomme « images de contrôle » ces stéréotypes qui permettent de refuser d’entendre sans avoir à réfuter. La « terroriste », puis la « droguée » : deux images successives, et toujours le même résultat. Personne ne discute plus ce que Rima Hassan dit de Gaza.

Le off, ou la parole d’État sans signature

Reste à comprendre pourquoi une phrase lâchée au wagon-bar a pu peser si lourd. En 1978, Stuart Hall et ses coauteurs publient « Policing the Crisis », étude magistrale de la panique morale autour des « agressions de rue » dans l’Angleterre des années 1970. Ils y forgent la notion de « définisseurs primaires ». Police, magistrats et responsables politiques ne sont pas des sources parmi d’autres : ils imposent le premier cadrage d’un événement, et la presse, structurellement dépendante de leurs informations, tend à reprendre leurs catégories. Toute contestation ultérieure doit alors se battre sur un terrain déjà balisé. Le 2 avril, le cadrage initial est « drogue de synthèse ». Le classement sans suite du 9 avril arrive trop tard et doit répondre dans les termes imposés.

Le « off » est le mécanisme qui permet à ce cadrage d’exister sans auteur. Le politiste Jean-Baptiste Legavre, aujourd’hui directeur de l’école de journalisme de l’Institut français de presse, l’a analysé dès 1992 dans la revue Politix. Le off n’est pas une règle claire et partagée : c’est un signal entre le journaliste et sa source, dont la signification varie selon les acteurs et que régule avant tout la confiance. Tout son intérêt, pour la source, est là : une information peut produire tous ses effets sans que personne n’ait à en répondre. Le ministre parle, un journaliste appelle sa rédaction, l’information sort attribuée à une « source proche du dossier ».

Le lendemain, le même ministre regrette publiquement les fuites. Pierre Bourdieu avait décrit dans « Sur la télévision » (1996) la « circulation circulaire de l’information » : les journalistes se lisent et se reprennent entre eux, si bien qu’une confirmation officieuse devient en quelques heures une évidence reprise par toutes les chaînes. Le off n’est pas une maladresse du système médiatique. C’est l’un de ses modes de fonctionnement ordinaires, et un instrument de pouvoir pour qui sait s’en servir.

Un précédent : l’affaire Markovic

La France a déjà connu la rumeur comme arme contre un rival politique. En octobre 1968, le corps de Stevan Markovič, ancien garde du corps d’Alain Delon, est retrouvé dans une décharge des Yvelines. Dans les semaines qui suivent, des rumeurs évoquant de prétendues photos compromettantes de Claude Pompidou circulent dans les milieux politiques et journalistiques parisiens.

Georges Pompidou, alors écarté de Matignon et perçu comme rival potentiel du pouvoir en place, restera convaincu que des hommes de l’appareil d’État ont alimenté la calomnie contre lui. Il en livre son récit dans « Pour rétablir une vérité, publié après sa mort en 1982. Le parallèle a ses limites, et les deux affaires diffèrent en tout. Mais il rappelle une constante : la rumeur visant la vie privée d’un adversaire est une vieille arme de la vie politique française, et elle n’a jamais eu besoin d’être vraie pour être efficace.

Criminaliser pour dépolitiser, dégrader pour disqualifier, parler en off pour ne jamais répondre de rien : ces trois logiques convergent dans l’affaire Rima Hassan. Voilà pourquoi la question posée dépasse l’intention personnelle de Laurent Nuñez, qu’il conteste. Elle porte sur un système qui rend possible qu’un ministre de l’Intérieur commente la garde à vue d’une opposante, que l’information fausse fasse le tour des rédactions en quelques heures, et que son démenti mette cinq jours à sortir. On juge une démocratie à la manière dont elle traite ses opposants. Sur ce terrain, la France de 2026 a de quoi s’inquiéter.

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mardi 22 septembre 2026

« La catastrophe aux urgences » – Le billet d’humeur de Christophe Prudhomme.

 Les services des urgences en tension permanente ne sont plus en capacité de gérer des pics prévisibles d’augmentation transitoire de leur activité. Nous connaissons cela chaque hiver lors des épidémies de grippe et, cet été, la situation a empiré avec les épisodes de canicule.

Une étude de Samu-Urgences de France, représentation institutionnelle de cette activité hospitalière qui a été présidée par l’éphémère ministre de la Santé François Braun, vient de présenter il y a quelques jours un bilan catastrophique. Le manque de capacité d’hospitalisation, conséquence des politiques de fermetures de lits initiées il y a plus de 20 ans et aggravées par Emmanuel Macron, s’est traduit par une moyenne de 15 patients restant sur des brancards pendant 48 h dans près de la moitié des services d’urgences. Et dans un tiers des cas, cette durée dépasse 3 jours. Le billet d’humeur de Christophe Prudhomme.

21 % de services d’urgences ont connu, je cite : « au moins un décès d’un patient alors qu’il était pris en charge ou en attente sur un brancard »

Un autre chiffre plus inquiétant est que 21 % de services ont connu, je cite : « au moins un décès d’un patient alors qu’il était pris en charge ou en attente sur un brancard ». Il est dit que l’enquête ne permet pas d’en déterminer les causes, ni d’établir un lien de causalité avec la durée d’attente, ni de mesurer une éventuelle surmortalité.

Mensonge, car la littérature scientifique a déjà largement démontré dans plusieurs publications que la mortalité augmente avec le temps passé sur un brancard, plus particulièrement pour les patients fragiles et âgés. Une étude française datant de 2023 cite même une augmentation de 43 % au bout d’une nuit sur un brancard. Cette année la situation a sûrement été pire du fait de locaux inadaptés aux chaleurs extrêmes.

Pour aller plus loin : « Fermer encore des hôpitaux ? » – Le billet d’humeur de Christophe Prudhomme

Ce qui est scandaleux, c’est que les différents ministres de la Santé depuis la première canicule de 2003 sont venus vanter dans les médias des mesures permettant soi-disant d’améliorer la situation. De la mise en place de gestionnaires de lits au fameux service d’accès aux soins demandant aux patients d’appeler le 15 avant de se rendre aux urgences, le constat d’inefficacité est implacable. Il s’agit de mesures initiées par des gestionnaires, préoccupés uniquement de l’impératif financier de réduction des dépenses.

Les besoins sont connus depuis longtemps. La première priorité est une réorganisation de la médecine de ville avec des moyens donnés aux généralistes pour qu’ils reprennent les visites à domicile et les gardes. La deuxième priorité est d’arrêter de fermer des lits et des services d’urgence et surtout d’embaucher du personnel en nombre suffisant. Il faut stopper le fonctionnement à flux tendu de l’hôpital et accepter de disposer d’une marge de manœuvre qui impose un taux d’occupation moyen des lits de 80 % au maximum pour pouvoir gérer les variations d’activité connues et prévisibles.

Pour conclure, je m’adresse solennellement aux députés qui vont voter le budget de la Sécu. Si vous acceptez le même budget d’austérité que ces dernières années, qui ne permet même pas de maintenir l’existant dans les hôpitaux, vous aurez la responsabilité d’une augmentation des décès sur des brancards aux urgences.

Sources:linsoumission.fr  (Par Dr Christophe Prudhomme)

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lundi 21 septembre 2026

Présidentielle – Université de rentrée du Progrès974 : la gauche réunionnaise en ordre de marche

 

 Présidentielle. Le dimanche 6 septembre, à Saint-Joseph, sous la halle François Mitterrand, ce sont des centaines de militants qui ont répondu présent à l’université de rentrée du parti du maire de la commune, Patrick Lebreton.

L’ensemble des responsables de l’Union des Forces Progressistes de La Réunion (coalition de partis de gauche réunionnais structurée autour de la présidente de Région Huguette Bello) se sont retrouvés tout d’abord pour faire le bilan des municipales. En effet, la coalition peut s’enorgueillir d’être passée en mars dernier de 2 à 5 municipalités contrôlées par elle, parmi lesquelles deux des plus grandes villes de l’île (Saint-Paul et Le Tampon), et d’une à deux intercommunalités sous gouvernance « progressiste ».

Mais ils s’étaient aussi réunis pour parler projet à long terme pour l’île et affirmer un positionnement à l’approche des présidentielles. Éclairage en trois interventions à la tribune du meeting de clôture. Notre article.

Alexis Chaussalet : l’appel à la révolution citoyenne et à la VIe République

L’invité spécial, Alexis Chaussalet, chaudement acclamé à l’appel de son nom à la tribune, nouveau maire du Tampon fort d’une performance électorale inédite, est celui qui a été le plus net quant à ses intentions.

Après avoir rappelé la dette que la gauche réunionnaise doit, particulièrement au Tampon, à l’engagement et à la résilience des militants communistes qui ont tenu le flambeau du combat pendant des années sur une scène politique réunionnaise encore particulièrement violente jusqu’au début des années 80, après avoir salué la vision stratégique, la droiture de conviction et la capacité à se renouveler de l’actuelle présidente de Région, et souligné l’importance du rassemblement des forces de la gauche dans les séquences électorales déterminantes, est venu le moment d’aborder les échéances à venir.

Fraîchement revenu des Amfis où il a participé à l’animation d’une conférence et a tissé des liens avec d’autres maires insoumis, et sans citer explicitement le nom de Jean-Luc Mélenchon, le maire du Tampon ironise : « Je ne vais pas vous dire pour qui voter, vous êtes assez grands, mais ceux qui connaissent l’historique de mon engagement politique savent très bien de quel côté mon cœur penche, quel bulletin je vais glisser dans l’urne et quel parrainage je vais donner ».

Pour aller plus loin : Municipales 2026 à La Réunion – Le candidat Alexis Chaussalet (LFI) prépare la révolution citoyenne à la mairie du Tampon

Faisant le bilan d’un mandat Macron marqué par le développement des inégalités, une montée sans précédent de l’extrême droite à chaque élection et l’usage abusif de tous les penchants autoritaires de la Ve République (49-3, ordonnances, contournement des contre-pouvoirs et corps intermédiaires), Alexis Chaussalet en appelle, face au coup d’État permanent, à la démocratie permanente et à la révolution citoyenne : « Disons oui au référendum d’initiative citoyenne, oui au mandat révocable, mais surtout débarrassons-nous de cette Ve République monarchique et vive la VIe République ! »


Huguette Bello : « Notre choix sera réunionnais »

L’invitée d’honneur, Huguette Bello, a tracé la ligne pour les mois à venir : « Notre choix sera réunionnais. » Déjà évoqué lors du point presse de rentrée de la coalition, le positionnement de la présidente est clair : tout candidat souhaitant prétendre au soutien de la coalition devra intégrer dans son programme la plate-forme de propositions programmatiques de celle-ci.

Souveraineté alimentaire et énergétique, formation locale et retour des Réunionnais partis se former en Hexagone, place de La Réunion dans l’océan Indien, déploiement d’une politique maritime ambitieuse, renforcement du service public, et soutien au projet RéunionExpress (projet de développement d’un transport ferroviaire de voyageurs à l’échelle de l’île), la présidente de Région a longuement détaillé dans son intervention les attentes sur ces enjeux majeurs et précise : « Nous regarderons ce que chaque candidature dira de La Réunion. »

Déjà en 2022, Patrick Lebreton et Huguette Bello apportaient leur parrainage à Jean-Luc Mélenchon et Karine Lebon, députée du PLR, rejoignait le parlement de l’Union Populaire. En 2024, la coalition avait fait bloc aux élections européennes derrière la liste « Aubry-Omarjee » qui a atteint les 20 % localement, le 4ᵉ meilleur score du mouvement dans un département. Et depuis 2017, Jean-Hugues Ratenon et sa formation Rézistance Égalité 974 font entendre la voix de La Réunion au sein du groupe LFI à l’Assemblée nationale.

Dans ce contexte de dialogue constant et exigeant, le programme de La France insoumise qui sortira dans sa version actualisée en novembre ne manquera probablement pas de répondre aux prescriptions réunionnaises.

Patrick Lebreton : « Notre candidat, c’est le programme ! »

L’hôte du jour, Patrick Lebreton, a emboîté le pas de la présidente de Région : « Notre candidat, c’est le programme ! »

Le maire de Saint-Joseph et fondateur du parti hôte Progrès974, qui avait opéré une rupture à gauche avec le Parti socialiste de François Hollande suite à la loi Travail, à ses yeux « première pierre du macronisme », a tenu à évoquer des impératifs programmatiques et montre son intérêt pour les propositions insoumises.

« Notre candidat sera celui qui s’engagera à soutenir le projet RéunionExpress ! », projet qui participera à faire face à la politique du tout-automobile et à développer le territoire de façon équilibrée.

« Le candidat que nous soutiendrons devra sauvegarder l’octroi de mer, que Madame Le Pen veut supprimer », cette taxation particulière qui touche les produits importés sur l’île abonde de façon importante au budget des collectivités locales, leur permettant de bénéficier directement des effets de la consommation populaire et de les réinjecter dans le développement du territoire.

« Le candidat que nous soutiendrons devra s’engager à rétablir l’ISF » pour remettre de la justice fiscale.

Le candidat devra également apporter l’assurance que les outre-mers ne seront pas considérés comme des sous-territoires. En 10 ans de mandat Macron il y aura eu 7 ministres et 2 intérims, dans ce contexte « comment on travaille un budget ? Comment on suit les dossiers ? Quelles politiques sur le long terme ? »

En matière d’ambition territoriale et environnementale, Patrick Lebreton souligne son intérêt pour la proposition sur les écorégions formulée par Jean-Luc Mélenchon : « Certains lui trouvent un regard dur derrière ses lunettes, moi je ne m’intéresse pas à ses lunettes mais à sa vision. » Pour le fondateur d’un parti qui revendique la prise en compte des spécificités territoriales de chaque coin de l’île, faire des régions le fer de lance de la planification écologique tout en prenant en compte les réalités géographiques et hydrographiques est une proposition qui va dans le bon sens. L’adhésion est la même concernant l’idée de conscription écologique, pour bâtir une véritable cohésion nationale.

Le maire de Saint-Joseph conclut sur les propos suivants en parlant de l’Union des Forces Progressistes : « On ne jouera pas contre notre camp. On travaille pour La Réunion, celle qu’on laissera à nos enfants demain, on travaille pour qu’en 2027 les Réunionnaises et les Réunionnais soient les gagnants ! »

Sources:linsoumission.fr 

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vendredi 18 septembre 2026

Blocage des prix – La proposition de Mélenchon plébiscitée et applicable.

 

« Le plafonnement des prix est inéluctable ». La déclaration de Michel-Édouard Leclerc, interrogé le 8 septembre sur la hausse des prix, n’est pas passée inaperçue. Elle rappelle une vérité : le blocage des prix est faisable techniquement, et urgent socialement. Dans les stations-service du pays, le prix du litre n’a jamais vraiment baissé. Il continue même de flamber, en raison de la pompe à spéculation qui fonctionne à plein régime. En l’espace de six mois, Total a engrangé 11 milliards de dollars de profits.

Le blocage des prix fait partie des mesures défendues par Jean-Luc Mélenchon de longue date, depuis 2021. Tout comme la hausse des salaires et l’échelle mobile des salaires, elle fait partie des mesures d’urgence sociale rappelées par le leader insoumis à la braderie de Lille, devant 12 000 personnes, dans le cadre du « décret de l’urgence sociale ». Les insoumis n’ont jamais perdu de vue cette urgence.

La députée insoumise Aurélie Trouvé a d’ailleurs annoncé le lancement d’une mission parlementaire sur le sujet. « Total profite de la guerre sur le dos des Français et le gouvernement laisse faire », a-t-elle déclaré sur le plateau de BFMTV en posant le constat, puis la perspective de 2027 : « Quand nous gouvernerons, nous bloquerons les prix immédiatement à 1,70 € le litre d’essence, comme avant la guerre, et nous refuserons le chantage à la pénurie de Total, qui est nul et non avenu. La France insoumise a obtenu une mission parlementaire pour faire la lumière sur ce scandale, je la débute maintenant ! » Une pétition circule pour exiger le blocage des prix. Et vous, l’avez-vous signée ? Notre article.

Une inflation alimentée par les marges

L’explication dominante de l’inflation repose sur un schéma simple : la hausse des coûts (énergie, matières premières) se transmettrait mécaniquement aux prix. Mais cette lecture est aujourd’hui largement contestée.

Plusieurs institutions internationales, dont le FMI et la Banque centrale européenne, reconnaissent désormais que les profits ont joué un rôle déterminant dans la hausse des prix récente. Dans de nombreux secteurs, les entreprises ont non seulement répercuté l’augmentation de leurs coûts, mais ont également élargi leurs marges. Ce phénomène, parfois qualifié de « profit-led inflation », est particulièrement visible dans l’énergie.

Les grandes compagnies pétrolières ont ainsi enregistré des profits historiques depuis 2021. Le cas de TotalEnergies est emblématique : après environ 6 milliards de dollars de profits en 2020, le groupe dépasse 20 milliards en 2021, puis atteint un record proche de 38 milliards de dollars en 2022. En 2023, les profits restent au-dessus de 25 milliards, et encore supérieurs à 20 milliards en 2024. En deux ans, les profits ont ainsi été multipliés par plus de six par rapport à la période de crise sanitaire.

Dans ce cadre, les prix ne traduisent pas simplement une rareté, mais aussi une capacité des acteurs dominants à imposer leurs conditions. Cette dynamique est renforcée par des activités de trading particulièrement lucratives : certaines opérations spéculatives auraient généré près d’un milliard de dollars de gains en quelques jours lors des tensions sur le détroit d’Ormuz.

Le blocage des prix : un outil économique éprouvé

Contrairement à une idée largement répandue, le blocage des prix n’a rien d’une mesure exceptionnelle ou irréaliste. Il s’inscrit dans une longue tradition d’intervention publique.

En France, le droit permet déjà de réglementer les prix en cas de circonstances exceptionnelles. Ce levier a été utilisé à plusieurs reprises : lors de la guerre du Golfe en 1990, après le passage du cyclone Hugo en Guadeloupe, ou encore pendant la crise du Covid-19 avec l’encadrement des prix des masques et du gel hydroalcoolique.

Ces expériences ont un point commun : elles n’ont pas conduit aux pénuries souvent brandies comme épouvantail. Elles montrent au contraire que l’intervention publique peut stabiliser les prix sans désorganiser l’économie.

Dans les territoires d’outre-mer, le blocage des prix est même une réalité permanente pour certains biens essentiels. À La Réunion, par exemple, le prix du carburant est fixé administrativement chaque mois et se situe autour de 1,50 € à 1,60 € le litre, sans provoquer de rupture d’approvisionnement.

Des exemples internationaux

La France n’est pas un cas isolé. Face à l’inflation, plusieurs pays ont déjà recours à des politiques de plafonnement ou d’encadrement des prix, avec des modalités différentes mais une logique commune : protéger directement les consommateurs plutôt que compenser a posteriori.

En Europe, la Croatie a mis en place dès 2021 un système de plafonnement des prix des carburants, régulièrement ajusté par le gouvernement en fonction de l’évolution des cours internationaux. Concrètement, un prix maximum est fixé pour l’essence et le diesel, révisé toutes les deux semaines. Ce mécanisme a permis de contenir significativement les hausses pour les ménages, tout en assurant une certaine stabilité sur le marché intérieur. Selon plusieurs analyses économiques, cette politique a contribué à limiter l’inflation énergétique par rapport à d’autres pays européens exposés aux mêmes chocs.

La Hongrie a été encore plus loin en instaurant, entre 2021 et 2023, un gel des prix sur plusieurs produits essentiels, notamment les carburants et certains biens alimentaires de base comme la farine, le sucre ou l’huile. Le prix de l’essence a ainsi été fixé à un niveau administré (480 forints par litre pendant une longue période), bien en dessous des prix de marché.

Si cette politique a suscité des critiques, notamment de la part des institutions européennes, elle a permis dans un premier temps de freiner la transmission de l’inflation internationale aux ménages. Elle illustre surtout une chose : même dans une économie intégrée au marché européen, il est possible d’intervenir directement sur les prix.

De son côté, la Grèce a adopté une approche différente mais complémentaire. Plutôt que de fixer directement les prix, le gouvernement a choisi d’encadrer strictement les marges des entreprises, notamment dans les secteurs de l’énergie et de la distribution. Les entreprises ne peuvent pas augmenter leurs marges au-delà d’un certain niveau par rapport à une période de référence, sous peine de sanctions. Ce dispositif vise explicitement à lutter contre les comportements opportunistes et la spéculation, en empêchant les entreprises de profiter de la crise pour augmenter leurs profits.

Ces expériences montrent que le blocage ou l’encadrement des prix peut prendre des formes variées : prix maximum, encadrement des marges, subventions ciblées ou combinaison de ces instruments. Mais elles reposent toutes sur un même principe : empêcher que les chocs internationaux, qu’ils soient liés à une guerre, à des tensions géopolitiques ou à des perturbations d’approvisionnement, ne se traduisent automatiquement par une dégradation du niveau de vie.

Surtout, ces politiques apportent un démenti empirique à un argument souvent avancé dans le débat public : celui selon lequel toute intervention sur les prix conduirait mécaniquement à des pénuries ou à une désorganisation du marché.

Le cœur du problème : la formation des prix

Si le blocage des prix suscite autant de résistance, ce n’est pas seulement pour des raisons techniques. C’est parce qu’il remet en cause une hypothèse centrale du néolibéralisme : celle selon laquelle les prix seraient le résultat neutre de la rencontre entre l’offre et la demande.

Dans la réalité, les prix sont largement déterminés par des stratégies d’entreprises, notamment dans les secteurs concentrés. Dans l’énergie, la distribution ou l’agroalimentaire, quelques grands groupes disposent d’un pouvoir de marché suffisant pour fixer leurs marges.

La théorie économique elle-même reconnaît ce phénomène à travers le concept de « mark-up » : les entreprises fixent leurs prix en appliquant une marge sur leurs coûts. Lorsque la concurrence est faible ou que la demande est captive, ces marges peuvent augmenter sans contrainte.

Le blocage des prix intervient précisément à ce niveau. Il ne vise pas à nier les coûts, mais à limiter la capacité des acteurs dominants à transformer une situation de crise en opportunité de profit.

Une mesure économique… et politique

Le blocage des prix ne se résume pas à une mesure technique de régulation. Il pose une question fondamentale : celle du contrôle démocratique de l’économie.

En période de crise, laisser les prix se fixer librement revient souvent à transférer le coût des chocs sur les ménages. À l’inverse, intervenir sur les prix, c’est assumer un choix politique : protéger le pouvoir d’achat et limiter les rentes.

Cela implique également de repenser le rôle de l’État. Non plus comme simple correcteur des défaillances du marché, mais comme acteur capable de structurer les conditions de production et de distribution.

Dans certains cas, cela peut aller plus loin : encadrement des marges, réquisition de stocks, voire nationalisation temporaire d’acteurs stratégiques. L’histoire économique montre que ces outils ont déjà été mobilisés lorsque les enjeux le justifiaient.

Reprendre le contrôle

La question du blocage des prix dépasse donc largement celle de l’inflation actuelle. Elle renvoie à un choix de société. Dans une économie marquée par la concentration des entreprises et la financiarisation, les prix ne sont plus de simples signaux économiques. Ils deviennent des instruments de pouvoir. Les encadrer, c’est rééquilibrer ce pouvoir.

Face aux crises énergétiques et climatiques à venir, cette question sera de plus en plus centrale. La transition écologique elle-même suppose de planifier, d’investir et, dans certains cas, de réguler les prix pour orienter les comportements.

Le blocage des prix apparaît ainsi comme un outil parmi d’autres pour reprendre la main sur l’économie. Non pas contre le marché en tant que tel, mais contre ses dérives lorsqu’il cesse de servir l’intérêt général. Dès 2027, le blocage des prix pourra devenir une réalité sous la présidence de Jean-Luc Mélenchon, au même titre que la hausse du SMIC à 1700 euros net, la hausse des salaires, l’échelle mobile des salaires, le blocage des loyers, et bien d’autres mesures d’urgence sociales. 

Sources:linsoumission.fr

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jeudi 17 septembre 2026

« On est prêts ! On va gagner ! » – À la Fête de l’Humanité, nouvelle démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon.

 Mélenchon. « Il faut voir la marée humaine. La France insoumise était superstar de la Fête de l’Humanité » observe Yaël Goosz, journaliste chez France Info et France Inter. En effet, difficile pour les éditocrates de contester l’évidence : des maillots floqués « Mélenchon 27 » au succès des tables rondes et des karaokés du stand insoumis, en passant par les deux prises de parole de Jean-Luc Mélenchon, les Insoumis ont bénéficié de l’enthousiasme et de la ferveur des participants du festival.

Les images parlent d’elles-mêmes. Vendredi, le candidat insoumis à l’élection présidentielle était reçu par la rédaction de l’Humanité à l’Agora, qui a enregistré un record historique d’affluence. Alors qu’une masse de gens s’était avancée tout autour du site, le public au premier rang a spontanément tonné de toute sa clameur : « On est prêts, on va gagner ! ». Une même clameur ressentie lors de son meeting, tenu sur le stand de la France insoumise le samedi. La photo prise vue du ciel, qui a déjà fait le tour des réseaux sociaux, en est l’illustration.

Au-delà du constat évident de la foule immense présente, l’analyse des slogans qui ont rythmé les interventions de Jean-Luc Mélenchon révèle un haut niveau de politisation, et de préparation à la victoire et ses suites. Notre article.

« Qui occupe tous nos plateaux télé ? » : Mélenchon au centre du jeu politique

 De part et d’autre des allées de la Fête de l’Huma, personne n’entendait rien. On pouvait même observer des gens essayer de suivre en live Youtube. Mais ils étaient présents. Non pas pour dire « j’ai vu Mélenchon », mais pour participer, signaler leur présence, leur soutien, leur espoir. La star de cette première journée de fête était donc bien cette foule. Observez même le candidat et sa surprise, sa fierté en voyant un tel élan d’espoir et de détermination.

À Isabelle Saporta de se surprendre à admirer les Insoumis déjà quelques jours plus tôt: « Pardonnez-moi, mais c’est quand même remarquable ce que fait Mélenchon. La rentrée politique se fait sur lui et uniquement sur lui. Il dicte le tempo : qui est au centre du jeu politique ? Qui occupe tous nos plateaux télé ? Qui est l’homme qui monte ? C’est Jean-Luc Mélenchon et personne d’autre ! ».

Face à l’inflation, la lutte des classes et le partage des richesses


Il était par conséquent évident que le meeting du lendemain allait être suivi et scruté par tous les sympathisants, observateurs et adversaires. Dans un événement quasi-centenaire à la longue tradition communiste, le leader insoumis a rappelé l’objectif de transformation de la société, de fond en comble, en livrant une analyse de classe, tout en rappelant qu’un gouvernement insoumis décrètera l’urgence sociale en 2027 avec une série de mesures accompagnées de moyens.

Les marges des pétroliers ont été multipliées par quatre en six mois. Elles sont « une décision de classe » a rappelé Jean-Luc Mélenchon. La fortune des milliardaires a été multiplié par deux depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir. C’est une bataille de répartition entre le travail et le capital. Où se joue-t-elle ? Pour Jean-Luc Mélenchon, dans l’inflation qu’il dénonce comme un rapt.



Mélenchon. « Il faut voir la marée humaine. La France insoumise était superstar de la Fête de l’Humanité » observe Yaël Goosz, journaliste chez France Info et France Inter. En effet, difficile pour les éditocrates de contester l’évidence : des maillots floqués « Mélenchon 27 » au succès des tables rondes et des karaokés du stand insoumis, en passant par les deux prises de parole de Jean-Luc Mélenchon, les Insoumis ont bénéficié de l’enthousiasme et de la ferveur des participants du festival.

Les images parlent d’elles-mêmes. Vendredi, le candidat insoumis à l’élection présidentielle était reçu par la rédaction de l’Humanité à l’Agora, qui a enregistré un record historique d’affluence. Alors qu’une masse de gens s’était avancée tout autour du site, le public au premier rang a spontanément tonné de toute sa clameur : « On est prêts, on va gagner ! ». Une même clameur ressentie lors de son meeting, tenu sur le stand de la France insoumise le samedi. La photo prise vue du ciel, qui a déjà fait le tour des réseaux sociaux, en est l’illustration.

Au-delà du constat évident de la foule immense présente, l’analyse des slogans qui ont rythmé les interventions de Jean-Luc Mélenchon révèle un haut niveau de politisation, et de préparation à la victoire et ses suites. Notre article.

« Qui occupe tous nos plateaux télé ? » : Mélenchon au centre du jeu politique

De part et d’autre des allées de la Fête de l’Huma, personne n’entendait rien. On pouvait même observer des gens essayer de suivre en live Youtube. Mais ils étaient présents. Non pas pour dire « j’ai vu Mélenchon », mais pour participer, signaler leur présence, leur soutien, leur espoir. La star de cette première journée de fête était donc bien cette foule. Observez même le candidat et sa surprise, sa fierté en voyant un tel élan d’espoir et de détermination.

À Isabelle Saporta de se surprendre à admirer les Insoumis déjà quelques jours plus tôt: « Pardonnez-moi, mais c’est quand même remarquable ce que fait Mélenchon. La rentrée politique se fait sur lui et uniquement sur lui. Il dicte le tempo : qui est au centre du jeu politique ? Qui occupe tous nos plateaux télé ? Qui est l’homme qui monte ? C’est Jean-Luc Mélenchon et personne d’autre ! ».

Face à l’inflation, la lutte des classes et le partage des richesses

Il était par conséquent évident que le meeting du lendemain allait être suivi et scruté par tous les sympathisants, observateurs et adversaires. Dans un événement quasi-centenaire à la longue tradition communiste, le leader insoumis a rappelé l’objectif de transformation de la société, de fond en comble, en livrant une analyse de classe, tout en rappelant qu’un gouvernement insoumis décrètera l’urgence sociale en 2027 avec une série de mesures accompagnées de moyens.

Les marges des pétroliers ont été multipliées par quatre en six mois. Elles sont « une décision de classe » a rappelé Jean-Luc Mélenchon. La fortune des milliardaires a été multiplié par deux depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir. C’est une bataille de répartition entre le travail et le capital. Où se joue-t-elle ? Pour Jean-Luc Mélenchon, dans l’inflation qu’il dénonce comme un rapt.

3 % d’inflation ? C’est un indice qui ne correspond à aucune expérience concrète, tant il agglomère des objets différents. Le gaz a par exemple augmenté de 150 %, en partie à cause des néolibéraux jurant qu’il fallait privatiser, accepter le libre-échange. Pendant son meeting, le candidat analyse comment la contribution du peuple est double : une première fois quand la richesse est créée, et enfin quand les services publics sont supprimés, le seul patrimoine de ceux qui n’en ont pas.

La hausse des prix n’est qu’une décision de classe et un rapport de force social, qui n’est donc pas le fil naturel du marché. « La seule chose que vous pouvez maîtriser dans le chaos qui s’avance, c’est vous-mêmes, votre décision politique ! », a tonné le leader insoumis. 

Bloquer les prix, les marges et les loyers : l’état d’urgence social

La réponse politique première doit être celle de l’« état d’urgence social » : blocage des prix des produits de première nécessité, blocage des marges de profit, blocage des loyers, augmentation du SMIC, augmentation des salaires en ouvrant une nouvelle négociation annuelle obligatoire, rétablissement de l’échelle mobile des salaires, instauration de la cantine scolaire biologique et gratuite pour tous les enfants.

Retraites, épargne, dette : reprendre le pouvoir face à la finance

Avec la dette, la finance internationale et ses fonds de pension disposent d’un pouvoir d’arbitrage pour décider à quel taux le peuple va être tondu. Les économistes observent que la masse des actions se porte vers l’intelligence artificielle sans garantie qu’elles ne soient effectivement rémunérées. Il y a donc un risque d’explosion de la bulle spéculative.

Voilà la folie de ceux qui défendent la retraite par capitalisation. Dans d’autres pays comme aux États-Unis, les gens ont tout perdu, ils vivent dans des campings, dans des forêts ou des déserts.

Dans ce système malhonnête et à l’agonie, des marges de manœuvre doivent être dégagées. Jean-Luc Mélenchon en présente trois. D’abord, se débarrasser de la charge des aides aux entreprises sans contrepartie, soit 210 milliards d’euros. Imposer des contreparties à ceux qui obtiendront les aides, donc Utiliser ensuite la masse de l’épargne en France, correspondant à 800 milliards au sein de la Caisse des dépôts et des consignations et 2000 milliards en assurance-vie afin de proposer de meilleurs placements.

Enfin, geler les titres de la dette détenue par la Banque centrale européenne dans l’objectif de ne plus les rémunérer. 

De l’Allemagne à la France : quand les politiques néolibérales nourrissent l’extrême droite

Le tribun insoumis est également revenu sur la victoire de l’AfD, parti d’extrême droite allemand. Il l’analyse comme le résultat de la catastrophe des élites allemandes, dont le bilan est 4 000 ponts à réparer, 2 000 écoles dysfonctionnantes et des milliers de kilomètres de routes désinvesties.

Quand les gens votaient pour le SPD, parti social-démocrate en Allemagne, ses dirigeants votaient avec la droite et inversement. Pendant plus d’une décennie, le peuple allemand a demandé à ouvrir une autre perspective et on lui a opposé la grande coalition, celle que le PS français cherchait en refusant de censurer le gouvernement ; celle à laquelle François Hollande aspire clairement dans son dernier livre-programme.

Voici, par analogie, le lien entre la politique d’Emmanuel Macron et la montée du Rassemblement national. « 2027 est une opportunité extraordinaire pour faire un grand ménage : qu’ils s’en aillent tous, à tous les étages ! ».

Pour aller plus loin : Saxe-Anhalt : la victoire des néonazis de l’AfD récolte ce que le néolibéralisme a semé, des liens avec le RN confirmés

De « tout est perdu » à « on va gagner ! » : le basculement d’une dynamique qui ne peut plus s’essouffler

Jean-Luc Mélenchon est revenu sur le chemin qui s’ouvre sous les pieds des Insoumis : « Nous sommes formés, éduqués, instruits, organisés, disciplinés. Nous savons ce que nous voulons faire, comment le faire, quand le faire, où le faire. Et à la surprise générale : nous le ferons ! ». Les milliers de sympathisants rassemblés se sont exclamés : « on va gagner ! ».

Comment l’ambiance générale est passée du pessimisme total « On va perdre ! C’est foutu, l’extrême droite va passer ! » à une dynamique sans précédent ? Mélenchon constatait face aux journalistes de l’Humanité que « la campagne est dominée par nos thèmes ! ».

Il admet que la société est polarisée entre les collectivistes solidaires et les suprémacistes qui défendent les dominations. Toutefois, leurs thèmes ne s’imprègnent pas autant qu’on le dit car la masse du peuple français « n’est pas raciste ne veut pas se bagarrer contre des foulards ».

Les Insoumis parlent de santé, d’éducation, de pouvoir d’achat, d’écologie et gagnent la confiance des gens par un programme complet, un discours clair, par des propositions. « Il y a eu une bascule et tous ceux qui militent ici le savent. Jusqu’à la veille de Saint-Denis, l’ambiance à gauche était ‘tout est perdu!’ »

« Et puis, il aura suffi qu’on lève le fanal de combat, et qu’on s’y porte dessous avec vigueur, force et détermination, sans baisser les yeux, pour que l’appel soit entendu. C’est le rassemblement de 26 000 personnes qui a opéré une bascule dans l’opinion. Ce n’est pas moi. J’y ai pris ma part. C’est bien sûr le mouvement insoumis, Annie Ernaux, Éric Vuillard.

Mais l’essentiel ce jour-là, c’était les gens qui étaient venus, qui avaient rempli les métros et les RER et qui d’un coup de se sont mis à crier : ‘ON VA GAGNER !!’. Et en un instant, le sentiment politique s’est retourné dans les esprits. Les syndicalistes nous ont appris une règle de base : la force va à la force. Maintenant, je fais le pari que cette dynamique-là ne peut plus être éteinte. »

Depuis la fête de l'Humanité,le peuple envoie un message:la victoire est à portée de main!
Nous sommes prêts.Soyez prêts.

Sources:linsoumission.fr


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