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mardi 17 mars 2026

Municipales 2026 – Le Rassemblement national est un parti raciste : ces 6 raisons qui en font la démonstration.

 On n’a jamais essayé le Rassemblement national ! ». À deux jours des élections municipales, cette formule revient parfois. Mais la réalité des faits prouve l’inverse. Depuis 2020, des villes sont dirigées par le Rassemblement national. Tolérance de tags antisémites, coupures de subventions aux associations d’entraide comme le Secours populaire, corruption, privatisations de services publics… La liste des méfaits est longue.

L’Insoumission présente le top 6 des points qui démontrent que le RN est raciste et antisocial. LFI appelle à se joindre aux manifestations partout en France contre le racisme, le fascisme et pour l’égalité des droits et à voter pour les listes conduites et soutenues par le mouvement insoumis ce dimanche 15 mars. Notre article.

1) Préférence nationale : ce marqueur incontournable du Rassemblement national

La notion de « préférence nationale » ou de « priorité nationale » est une base du programme du FN puis du RN depuis les années 1980. Il s’agit de donner la priorité aux Français dans la plupart des services publics et mécanismes de solidarité, notamment le logement, l’emploi et les aides sociales.

La définition de « Français » du RN exclut les personnes dont les parents ou les grands-parents ont immigré en France ; elle repose donc sur l’exclusion raciale. En janvier 2024, Marine Le Pen dépose une proposition de loi constitutionnelle pour que la « priorité nationale » dans l’accès à l’emploi et au logement constitue « un droit constitutionnellement invocable ». Il s’agit d’une véritable ségrégation raciste où les personnes étrangères sont réduites à des citoyens de seconde zone.



2) Les subventions orientées du RN

Une enquête collective sur la politique associative des mairies d’extrême droite démontre qu’il est procédé à la coupure des subventions des associations qui déplaisent à ces municipalités, dont celles qui luttent contre le racisme, comme le MRAP à Marignane. En revanche, le soutien aux associations racistes est maintenu, par exemple le cercle algérianiste (nostalgiques de l’Algérie française) qui a reçu 50 000 euros de la mairie dirigée par Louis Aliot à Perpignan.

En 2023, c’est le député RN de Gironde Grégoire de Fournas qui tente, en vain, d’invalider une subvention du Conseil départemental à l’association SOS Méditerranée. De son côté, Gauthier Bouchat, candidat RN à la mairie de Donges, demande en 2020 l’annulation de la subvention versée par la ville de Saint-Nazaire à la même association (il était alors élu RN à Saint-Nazaire).

Pour aller plus loin : Municipales – Les 10 pires mesures mises en œuvre par le Rassemblement national dans les communes qu’il dirige

3) À l’extrême droite, la haine constante des exilés

Le RN entend supprimer totalement le droit du sol, c’est-à-dire empêcher une personne née en France de parents étrangers et vivant en France depuis son enfance d’accéder automatiquement à la nationalité française. Le parti vise aussi la restriction du droit d’asile et refuse la prise en charge des mineurs non accompagnés. À l’installation en 2025 d’un centre d’accueil pour les mineurs isolés, à Dol-de-Bretagne, le président du groupe RN à la Région, Gilles Pennelle, ose écrire : « En Ille-et-Vilaine, la gauche finance à coups de millions d’euros la préférence étrangère ! (…) Ils iront visiter les sites touristiques pendant que de nombreux jeunes Bretons n’ont même pas les moyens de partir en vacances ».

Le média local Calais la sociale rapporte qu’en 2024, le nouveau député RN du Pas-de-Calais, Marc de Fleurian, réduit les exilés à des agresseurs et des violeurs. De leur côté, les élus RN à la municipalité de Calais se félicitent que la droite, au pouvoir dans la ville, étudie la suppression de la gratuité des bus pour les non-résidents de l’agglomération, une forme d’apartheid.

4) Proximité avec les identitaires

Plusieurs enquêtes de journalistes révèlent la proximité des élus du RN avec la mouvance identitaire, notamment au travers de leurs assistants parlementaires. Cette mouvance défend l’idée d’une Europe « de race blanche », use de discours racistes, islamophobes et d’actions violentes. En 2024, le député du Var Philippe Schreck embauche Rafael Ferron, leader d’un groupuscule qui lutte « contre le grand remplacement et le grand effacement qui mettent en péril l’existence charnelle de notre peuple ».

Le groupe RN à l’Assemblée demande son licenciement pour rendre ses rangs plus présentables. Le journal l’Arlésienne, qui scrute notamment les mairies frontistes du sud de la France, enquête sur la ville de Beaucaire (Gard), passée FN en 2014.

Le journal identifie que la ville emploie ou a employé des personnes proches de Génération identitaire, groupuscule interdit en 2021. De même, le député RN de Haute-Saône Antoine Villedieu a comme assistant Brice Malagoli, pour lequel l’Insoumission révèle qu’il a occupé la fonction de cadre de cette milice d’extrême droite au racisme affirmé.

5) Islamophobie en continu

L’islam est une des grandes obsessions du RN. En 2018, Julien Sanchez, maire de Beaucaire de 2014 à 2024 — et candidat RN à Nîmes en 2026 — supprime les repas de substitution les jours où du porc est servi dans les cantines scolaires. Il déclare : « Il sera mis du porc chaque lundi dans les cantines, tout le monde est prévenu et ceux qui refusent que leurs enfants en mangent peuvent donc s’organiser autrement », il « refuse d’assister au grand remplacement du porc à la cantine ».

La décision est annulée par la justice, et ce jusqu’au Conseil d’État en 2023. Mais Julien Sanchez refuse de se conformer à la loi et la mairie impose toujours du porc aux enfants. Parmi les attaques islamophobes du RN se trouve celle du communautarisme. Le maire RN de Fréjus, David Rachline, en est un adepte. Plusieurs étés de suite, il tente d’interdire le port du burkini sur les plages, ce que le tribunal administratif du Var conteste.

Suite à la décision de 2023, le maire qualifie la Ligue des droits de l’homme « d’association communautariste » et estime que le jugement est une « porte ouverte (…) à tout type de dérive communautariste ». Dans les multiples exemples de déclarations islamophobes, on peut citer Margaux Taillefer : « Vais-je à Bordeaux ou au Yémen ? », publication (aujourd’hui supprimée des réseaux) de la candidate RN à la mairie de Pau, alors qu’un homme lit le Coran à ses côtés dans le train.

6) Des propos racistes épinglés

En 2025, Les Jours recense près d’une centaine de commentaires racistes et d’appels à la haine et au meurtre, rédigés par des adhérents, sympathisants et militants du RN sur une page officielle de soutien à Jordan Bardella sur Facebook. Ces commentaires n’ont pas été modérés par les administrateurs de ce groupe de 84 000 membres auquel appartiennent 15 députés RN.

En octobre 2023, le député RN de Moselle Laurent Jacobelli traite le député Renaissance Belkhir Belhaddad de « racaille » et lui demande « elle va bien Madame Leduc, il va bien le Hamas ? », parlant de la députée LFI. Belkhir Belhaddad porte plainte et l’association SOS Racisme se porte partie civile. Charlotte Leduc déclare être « horrifiée par cette agression raciste ». Le tribunal condamne le député pour outrage et diffamation non publique, mais ne retient pas le caractère raciste. Les propos, les décisions et les actions des élus RN, maintenues parfois même à l’encontre de la justice, prouvent le racisme ancré dans le parti d’extrême droite malgré ses tentatives de se débarrasser de cette image.

Sources:linsoumission.fr    (Par Sandrine Cheikh)

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lundi 16 mars 2026

Saint-Denis-Pierrefitte, ville insoumise : retour sur la victoire éclatante de Bally Bagayoko

 

Saint-Denis. Ce dimanche 15 mars, dès le premier tour des élections municipales, les habitantes et habitants de Saint-Denis et Pierrefitte-sur-Seine ont élu un maire insoumis. Son nom : Bally Bagayoko. Aux côtés d’une équipe municipale jeune et représentative de la population, il prend en main l’avenir de la deuxième ville d’Île-de-France et de ses près de 150 000 habitantes et habitants. Une victoire éclatante pour la France insoumise qui incarne l’immense espoir soulevé par le mouvement insoumis partout en France à l’approche du second tour des élections municipales ce dimanche 22 mars.

Pendant 6 ans, le maire socialiste de Saint-Denis, Mathieu Hanotin, a gouverné la ville à coups de gentrification, de clientélisme, d’austérité, de mépris de classe, de surenchère répressive et de stigmatisation de la population des quartiers populaires. Un maire qui portait un gilet pare-balles pour se déplacer dans « sa » ville. Désormais, une page se tourne, et un espoir se lève. Ce dimanche 22 mars, de nombreuses autres villes peuvent être gagnées, pourvu que la gauche se rassemble autour de LFI. Benoit Payan et Emmanuelle Grégoire vont-ils accepter la main tendue par les Insoumis, ou endosser le rôle des irresponsables ? Notre brève.

« Saint-Denis représente tout ce que l’extrême droite déteste » – Bally Bagayoko, nouveau maire LFI de Saint-Denis

Avec la victoire de Bally Bagayoko, la vie des habitantes et des habitants de Saint-Denis et Pierrefitte-sur-Seine s’ouvre vers un avenir meilleur : celui d’une commune antiraciste, antifasciste, tournée vers l’égalité, la rupture avec le néolibéralisme et la bifurcation écologique. 

Pour répondre à l’urgence sociale, la nouvelle municipalité insoumise entend notamment instaurer un « bouquet pouvoir d’achat » comprenant un kit de rentrée scolaire gratuit ; le pass Navigo gratuit pour les élèves de primaire, du collège et au quotient familial pour les lycéens ; une mutuelle communale ; la maîtrise des charges et des loyers ; la création d’un statut « parent solo », et un vélo offert aux collégiens de 3ᵉ.


Pour aller plus loin
: Municipales 2026 : 10 mesures défendues par LFI pour changer concrètement la vie dans nos communes

 Plus largement, la victoire de Bally Bagayoko à Saint-Denis dès le premier tour des élections municipales fait la fierté de la France insoumise. Elle montre la détermination de la nouvelle France à reprendre le contrôle de son destin face au double péril du fascisme et du capitalisme, tant à Saint-Denis que partout en France où elle fait son entrée dans de nombreux conseils municipaux ou se place en tête de la Gauche.

La France insoumise a multiplié par 11 ses résultats par rapport au premier tour des élections municipales de 2020. L’espoir soulevé par ses candidates et ses candidats est immense. Il est le résultat de nombreuses années de lutte inlassable, nationale comme locale, pour porter le choix de la rupture partout où cela est possible. Dès dimanche prochain, le 22 mars, de nombreuses communes, y compris parmi les plus grandes du pays, peuvent devenir insoumises. L’heure est désormais au rassemblement et à la responsabilité de toutes et tous.



La video ICI









Sources:linsoumission.fr

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jeudi 12 mars 2026

Municipales 2026 – À Saint-Nazaire, la liste de la gauche en rupture avec le PS fait le plein avant le 1er tour

 

Lors du meeting du 5 mars 2026, les militant.es de la liste « Ensemble Soyons Saint-Nazaire » ont dû pousser les murs pour accueillir les habitant.es venus en nombre pour cette soirée festive et combative. En effet, 400 personnes ont fait le déplacement à la base sous-marine de Saint-Nazaire pour assister à l’évènement organisé par la liste de la gauche « claire et unitaire » conduite par la tête de liste Violaine Lucas, soutenue par LFI, EELV et le PCF notamment.

Deux semaines après les dégradations qui ont touché le local de campagne de la liste ainsi que la permanence de Matthias Tavel, député LFI, ce meeting est une démonstration de la solidarité nazairienne contre les attaques de l’extrême droite mais aussi l’affirmation de l’exigence de rupture sociale et écologique tant avec la politique macroniste qu’avec la municipalité PS sortante. Rappelons que le maire s’est ainsi opposé à la NUPES en 2022 et même au Nouveau Front Populaire en 2024 présentant un candidat dissident à chaque fois contre Matthias Tavel au premier tour malgré la menace du Rassemblement national. Notre article.

« Nous ne vacillerons pas dans notre lutte antifasciste ! » – Morgan Ceulemans, n°2 sur la liste soutenue par LFI

Le chef de file insoumis et numéro 2 de la liste Morgan Ceulemans l’a rappelé lors de son intervention : « En tant que militant insoumis, j’ai été particulièrement touché par les événements de ces dernières semaines. L’instrumentalisation absolument abjecte de la mort d’un militant d’extrême droite marque une nouvelle étape dans la dérive fascisante qui s’est emparée d’une partie de la classe politique et des médias. Depuis les récents événements, nous recevons des messages de soutien et des décisions d’engagement de personnes qui ont compris que nous sommes du bon côté de l’histoire et que nous ne vacillerons pas dans notre lutte antifasciste. C’est une réaction extraordinaire qu’il faut encore amplifier. »

Il a également rappelé la force de la campagne de terrain menée par les équipes militantes en porte-à-porte tous les soirs de la semaine, en plus des sorties de gare, d’école et lors des différents événements organisés pour faire connaître les mesures du programme de rupture avec le maire PS sortant.

En effet, la liste « Ensemble Soyons Saint-Nazaire » porte notamment comme projet la création d’un centre municipal de santé, la gratuité des transports en commun pour les jeunes, une cantine scolaire 100 % bio avec option végétarienne à chaque repas ainsi que de faire de Saint-Nazaire une ville solidaire, féministe et antifasciste.

Morgan Ceulemans a rappelé les raisons de la rupture avec la liste du maire ex PS sortant : « Nous sommes la gauche claire et unitaire. Nous sommes le seul rempart face au fascisme. Nos concurrents du PS, à force de renoncements et compromissions budgétaires, sociaux, écologiques, ont perdu leur boussole et vont même jusqu’à reprendre les thèmes sécuritaires de l’extrême droite, en décidant ici d’armer nos policiers municipaux. […] C’est pour cela qu’il faut, dès les 15 et 22 mars prochains, faire de Saint-Nazaire un îlot de résistance face à l’extrême droite et au fascisme. »

Pour aller plus loin : Municipales 2026 – Des candidats LFI visés par des campagnes d’ingérence, tout le monde s’en moque ?

« C’est une fierté d’avoir à la tête de cette liste, Violaine Lucas, militante féministe, qui porte si haut notre exigence d’une ville de l’égalité, d’une ville moins chère, d’une ville de la justice et de l’écologie ! » – Matthias Tavel, député LFI

Suite aux différentes interventions des candidats de la liste, Matthias Tavel, député LFI de la circonscription de Saint-Nazaire et candidat à l’avant-dernière place en soutien sur la liste, a rappelé à son tour :

« Je veux dire la fierté, le plaisir que j’ai d’être là avec cette liste jeune, drôle, combative, qui n’a peur de rien et qui n’a pas froid aux yeux. C’est une fierté d’avoir à la tête de cette liste, Violaine Lucas, militante féministe, qui porte si haut notre exigence d’une ville de l’égalité, d’une ville moins chère, d’une ville de la justice et de l’écologie. C’est une fierté de voir sur cette liste que le grand fil des luttes républicaines, écologistes et sociales de Saint-Nazaire se poursuit. Et par cette liste, il a l’occasion de prendre le pouvoir dans cette ville pour mener ses grands chantiers, pour ouvrir un espoir ici. Et je suis sûr qu’il sera écouté ensuite à l’échelle du pays. »

« Résister depuis la mairie ! Ensemble, gagnons Saint-Nazaire ! » – Violaine Lucas, tête de liste

La tête de liste, Violaine Lucas, militante et directrice d’association féministe a conclu le meeting en rappelant les valeurs que la liste défend face aux attaques de l’extrême droite : « Cette question de qui ils attaquaient, les fascistes, les néo-nazis qui sont venus vandaliser notre vitrine, ce qu’ils attaquent, c’est ce que nous représentons. Jamais pour nos militants, jamais pour nos combattantes, jamais pour nos femmes mortes de violences conjugales, nous n’avons fait de minute de silence à l’Assemblée nationale. […] Ce qu’ils sont venus dire, c’est qu’ils ne veulent pas de notre combat antifasciste, c’est qu’ils ne veulent pas des droits des femmes.

Doit-on rappeler que la rixe qui a abouti à la mort de ce jeune néo-nazi part aussi d’une initiative d’un groupe de femmes qui se disent féministes et qui s’appellent les Némésis et qui prônent juste un racisme décomplexé. Et c’est possible pour eux, parce que depuis qu’on fait des minutes de silence à l’Assemblée nationale pour l’extrême droite, les portes sont ouvertes. Et ce que nous ne voulons pas justement, c’est qu’ils aient gagné ce jour-là.

Et la candidate soutenue par LFI de conclure : « Et pourquoi cette attaque est possible ? Parce qu’il n’y a pas que la droite qui est complaisante à l’égard de l’extrême droite, il y a aussi l’extrême centre, et aussi une partie de la gauche qui se dit de gauche, qui est la gauche qui a trahi. […] C’est comme ça qu’on va gagner en étant nous-mêmes féministes et antifascistes, et en étant une mairie aussi puissante que celle de Minneapolis, aux États-Unis, où les habitants et habitantes ont réussi à faire partir la police de l’immigration raciste, fasciste, qui semait la terreur. C’est ça que nous voulons faire, résister depuis la mairie, ensemble, gagnons Saint-Nazaire ! »

Sources:linsoumission.fr. (Par Emile Fèvreul)


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mardi 10 mars 2026

Face à la violence d’extrême droite, l’urgence d’un front antifasciste et antiraciste

 La mort récente d’un militant d’extrême droite à Lyon a relancé le débat sur la violence politique en France. Dans l’espace médiatique et politique, certains ont immédiatement tenté d’imposer une lecture simpliste : celle d’une symétrie entre les violences « des deux extrêmes ». C’est le cas du Parti socialiste, et notamment d’Olivier Faure et François Hollande. Bardella a demandé la rupture avec LFI. Le PS l’a exécuté en reprenant les mots de l’extrême droite, et en faisant une équivalence entre fascisme et antifascisme.

Pourtant, les travaux des chercheurs et les données disponibles racontent une réalité beaucoup plus claire et beaucoup moins commode pour ce récit. Depuis quarante ans, la violence politique meurtrière en France provient très majoritairement de l’extrême droite. Regarder les faits en face est indispensable. Non seulement pour comprendre la réalité, mais aussi pour défendre la démocratie. Face à la menace fasciste, et l’irresponsabilité du Parti socialiste dans la période, LFI a proposé un front antifasciste au second tour des élections municipales. Notre article.

Une montée générale des violences politiques

Les violences politiques existent depuis longtemps en France, mais elles ont connu une intensification ces dernières années. La sociologue Isabelle Sommier, professeure de sociologie politique à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne et spécialiste de ces questions, a dirigé plusieurs travaux majeurs sur le sujet, notamment l’ouvrage Violences politiques en France de 1986 à nos jours.

Avec ses collègues, elle a constitué une base de données recensant les épisodes de violence politique en France. Les résultats sont éclairants : 5 500 épisodes de violence ont été recensés entre 1986 et 2016, et plus de 2 300 depuis 2016.

Ces épisodes recouvrent des situations variées : agressions, affrontements entre groupes militants, dégradations ou violences lors de mobilisations sociales. Cette hausse s’explique en partie par la succession de crises sociales qui ont traversé le pays ces dernières années : mobilisations contre les lois travail, mouvement des gilets jaunes, manifestations contre la réforme des retraites, mobilisations antivaccins ou encore mouvements agricoles.

Mais cette augmentation globale ne signifie pas que toutes les violences se ressemblent. Les modes d’action diffèrent profondément selon les camps politiques.

Selon Isabelle Sommier, les groupes d’extrême droite utilisent massivement l’agression directe contre des personnes. 

Pour aller plus loin : Marche (suprémaciste) blanche : un défilé néonazi déguisé en hommage à Quentin Deranque







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Les agressions racistes, marqueur historique de l’ultradroite

Les recherches montrent que la violence d’extrême droite vise très souvent des personnes plutôt que des symboles ou des biens. Et surtout, elle cible massivement certaines catégories de la population.

Selon Isabelle Sommier, sept agressions d’ultradroite sur dix visent des personnes de couleur ou supposées telles. Les autres visent des adversaires politiques : militants antiracistes, antifascistes, militants de gauche ou personnes LGBT.

Ce type de violences s’inscrit dans une tradition bien connue : celle des ratonnades, ces expéditions punitives menées par des groupes racistes contre des personnes perçues comme étrangères. Ces pratiques existent depuis plusieurs décennies dans les milieux néonazis et skinheads. Elles se sont ensuite diffusées dans différentes mouvances de l’extrême droite radicale.

Cette violence ne se limite malheureusement pas aux agressions. Elle a aussi fait des morts. Selon les travaux d’Isabelle Sommier, sur les 57 morts liées à des violences entre groupes politiques entre 1986 et 2017, 52 sont imputables à la droite radicale.

D’autres recensements aboutissent à des constats similaires. Le collectif antifasciste La Horde a établi une liste documentant 48 personnes tuées par l’extrême droite en France depuis 1986.

En 1995, Ibrahim Ali, jeune rappeur marseillais de 17 ans, est abattu par des militants du Front national alors qu’il rentrait d’une répétition. La même année, Brahim Bouarram est jeté dans la Seine par des skinheads lors d’un défilé du Front national à Paris. En 2013, Clément Méric, étudiant et militant antifasciste, meurt à Paris après une agression de militants néonazis.

Ces crimes rappellent une réalité souvent minimisée : l’extrême droite n’est pas seulement une force électorale. C’est aussi un milieu politique dans lequel la violence est une pratique militante.

Une radicalisation récente de l’extrême droite

Les chercheurs observent par ailleurs un durcissement des violences d’extrême droite ces dernières années. Selon Isabelle Sommier, huit décès ont été attribués à la droite radicale depuis 2022, contre un seul attribué à la gauche radicale.

Cette évolution s’inscrit dans un contexte politique particulier. La stratégie de « dédiabolisation » du Rassemblement national a marginalisé certains militants les plus radicaux. Beaucoup d’entre eux ont trouvé un nouvel espace politique dans les milieux proches d’Éric Zemmour et du parti Reconquête.

Parallèlement, les groupes d’extrême droite se sont restructurés. Aujourd’hui, l’ultradroite française se compose d’une mosaïque de courants : néofascistes, nationalistes révolutionnaires, identitaires, néonazis ou encore mouvements réactionnaires comme l’Action française ou Civitas.

Malgré leurs différences, ces groupes convergent souvent autour d’un même imaginaire politique : celui du « grand remplacement », théorie complotiste selon laquelle l’immigration menacerait l’identité européenne. Cette vision nourrit un climat de radicalisation et légitime, chez certains militants, le recours à la violence.

Une menace reconnue à l’échelle européenne

La montée de l’extrême droite violente n’est pas un phénomène uniquement français. Plusieurs institutions de sécurité européennes alertent depuis plusieurs années sur ce danger.

Les services de renseignement européens et des organisations internationales comme Interpol soulignent depuis plusieurs années que l’extrémisme violent d’extrême droite constitue aujourd’hui l’une des principales menaces terroristes sur le continent.

Les attentats commis ces dernières années par des militants suprémacistes ou néonazis (en Norvège, en Allemagne, aux États-Unis ou en Nouvelle-Zélande) illustrent cette radicalisation internationale. Ces mouvements fonctionnent de plus en plus en réseau, notamment via Internet et les réseaux sociaux. Les idéologies, les symboles et les stratégies circulent désormais à l’échelle transnationale.

La France n’échappe pas à cette dynamique. Certaines villes, comme Lyon, sont historiquement des bastions de la droite radicale. Depuis le XIXᵉ siècle, différents groupes nationalistes et réactionnaires y ont développé des structures militantes. Plus récemment, des organisations comme le GUD ou le Bastion social y ont été particulièrement actives. Dans ce contexte, l’antifascisme s’est lui aussi structuré localement.

Construire un front antifasciste et antiraciste

Face à ces violences, l’antiracisme ne peut pas être réduit à une posture morale abstraite. Il constitue une réponse politique à un danger bien réel.

Depuis les années 1980, plusieurs mouvements antifascistes se sont constitués pour répondre à la montée de l’extrême droite : Ras l’Front, No Pasaran ou encore les Scalp (Sections carrément anti-Le Pen). Leur objectif était clair : empêcher la banalisation des idées racistes et documenter les violences de l’extrême droite. La nécessité d’un front démocratique contre le racisme et l’extrême droite reste plus actuelle que jamais.

C’est dans cet esprit que la France insoumise a lancé une campagne nationale contre le racisme, associant mobilisation politique, travail intellectuel et initiatives citoyennes. Dans ce cadre, l’Institut La Boétie a organisé le 14 février dernier un colloque consacré à la lutte contre les idées reçues sur l’immigration. Face à la banalisation des discours xénophobes et à la montée des violences racistes, ces espaces de réflexion jouent un rôle essentiel.

C’est aussi dans cet esprit que la France insoumise a proposé un front antifasciste au second tour des élections municipales.

Nommer le danger pour défendre la démocratie

Dans le débat public, certains responsables politiques cherchent aujourd’hui à mettre sur le même plan toutes les formes de violence politique. Cette stratégie d’équivalence est trompeuse.

Les données scientifiques sont claires : la violence politique meurtrière en France est très majoritairement le fait de l’extrême droite. Ignorer cette réalité revient à invisibiliser les victimes et à banaliser les idéologies qui ont conduit à ces crimes. Les 48 personnes tuées par l’extrême droite en France depuis 1986 ne doivent pas être oubliées.

Leur mémoire rappelle une vérité simple : la lutte contre le racisme et l’extrême droite n’est pas seulement un combat idéologique. C’est aussi un combat pour l’antiracisme, la dignité et la démocratie.

Et dans un contexte international marqué par la montée des nationalismes autoritaires, la construction d’un front antifasciste et antiraciste apparaît plus que jamais comme une nécessité pour la société française.

Sources:linsoumission.fr    (Par Elias Peschie

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lundi 9 mars 2026

Le RN contre les droits des femmes : à l’approche des municipales, un rappel nécessaire de leurs positions.

 Une récente étude du CNRS montre que les femmes ont, longtemps, moins voté que les hommes pour l’extrême droite, c’est le « Radical Right Gender Gap ». Mais en France la tendance s’inverse : au premier tour des législatives de juillet 2024, femmes et hommes votent autant pour le RN. Aux élections européennes de juin 2024, elles votent même plus que les hommes pour ce parti.

Alors que dans d’autres pays d’Europe les jeunes femmes affirment un vote plus à gauche et moins à l’extrême droite que les jeunes hommes, ce n’est pas le cas en France. Cette situation découle de la stratégie du RN qui affiche un discours moins réactionnaire que la plupart des autres partis d’extrême droite en Europe. Mais les faits sont tout autres. À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars, quelques rappels s’imposent.

Le droit à l’avortement en ligne de mire

Le 17 décembre 2025, le Parlement européen adopte le texte faisant suite à la pétition « Ma voix, mon choix » (1,2 million de signatures en Europe). Ce texte pour l’accès à des avortements sûrs et légaux pour toutes les femmes par un mécanisme de solidarité financé par l’UE. Jordan Bardella s’abstient, tout comme Virginie Joron, candidate RN à la mairie de Strasbourg. Marion Maréchal vote contre.

À la suite de ce vote, le 12 février 2026, ECR le groupe d’extrême droite auquel appartient Marion Maréchal Le Pen déploie au Parlement européen une banderole anti-IVG. « L’IVG n’est pas un choix : c’est un droit fondamental. On ne laissera jamais l’extrême droite contrôler le corps des femmes », défend l’insoumise Manon Aubry qui alerte sur ces partis qui « veulent revenir à une société où les femmes ne peuvent pas décider de leur corps. C’est une attaque claire contre le droit à l’avortement, et ce n’est pas la première ».

Lors du vote en congrès pour l’inscription de l’IVG dans la Constitution en mars 2024, seul.es 46 élu.es RN sur 88 votent pour (toustes élu.es LFI votent pour). Le vote avait lieu quelques mois après celui sur l’allongement du délai de l’IVG, de 12 à 14 semaines de grossesse, auquel Marine Le Pen s’est opposée, pour lequel aucun député RN n’a participé au vote. Le planning familial est régulièrement dénoncé par le RN qui n’y voit « qu’une simple association militant pour la théorie du Genre », comme la députée Hélène Laporte. Rappelons que le planning familial accompagne 450 000 personnes par an, 150 000 jeunes dans 3 000 établissements scolaires.

Une instrumentalisation des positions féministes

La défense des droits des femmes est utilisée par le RN pour attirer leur vote, mais son projet de société est réactionnaire. Au Parlement européen, le 13 novembre 2025, Jordan Bardella et les autres élus du RN votent contre le rapport en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes 2025, texte qui permet à l’institution de donner sa position sur les violences sexistes, les soins de santé, le monde du travail ou l’éducation.

En mai 2023, lors du vote pour la « Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique », les député.es RN se sont abstenu.es, l’eurodéputée RN Annika Bruna arguant « les hommes ne sont pas tous des coupables en puissance nécessitant d’être rééduqués par les féministes ». En 2023, lors des débats sur la réforme des retraites, Jordan Bardella préconise une politique nataliste pour financer les retraites. Les propositions du livret famille du RN sont centrées autour de la famille classique et assignent les femmes à leur rôle maternel.

Le député RN Jocelyn Dessigny, affirme en 2023 à l’Assemblée nationale : « Nous partons du principe qu’une mère au foyer, elle est peut-être mieux à la maison à s’occuper des enfants. »

Des positions racistes : l’instrumentalisation pour mieux servir un agenda politique

Le RN a refusé de ratifier la Convention d’Istanbul, alors que ce traité consacre des avancées majeures, notamment des normes pour prévenir et lutter contre les violences envers les femmes (comme l’obligation de la reconnaissance des féminicides). La convention d’Istanbul puis la Cour de justice de l’Union européenne ont considéré les femmes comme un « groupe social » susceptible d’être persécuté en tant que tel dans certains pays. La députée européenne RN Annika Bruna ne l’a vu que sous un prisme raciste : « C’est la création d’une nouvelle filière d’immigration ».

En 2022, Marine Le Pen proposait, au sujet des violences de rue, d’expulser les étrangers « qui se livrent à ces pratiques outrageantes ». Sur les violences sexistes et sexuelles, le RN utilise les faits divers pour s’en prendre aux personnes immigrées ou issues de l’immigration en parlant d’insécurité migratoire alors que l’on sait que la majorité des violeurs sont connus de la victime. 

Sources:linsoumission.fr   (Par Sandrine Cheikh)


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vendredi 6 mars 2026

L’extrême droite contre les droits des femmes : ce que certains pays européens nous rappellent

 Le 8 mars 2026 aura lieu la Journée internationale des droits des femmes. Cette année encore, les associations et les syndicats se mobilisent pour demander l’interdiction du collectif d’extrême droite Némésis lors des manifestations. Créé en 2019, ce collectif, soutenu par le gouvernement, intègre le cortège depuis 2024, protégé par la police. La désapprobation de sa présence par la quasi-totalité des manifestant.es fait qu’il n’a encore jamais réussi à défiler avec la manifestation.

La présence de Némésis lors des manifestations pour instrumentaliser le 8 mars met en lumière une vérité glaçante : l’extrême droite avance, partout en Europe, pour réduire les droits des femmes. De la Pologne à l’Italie, en passant par la Hongrie et Malte : des lois restrictives, des discours haineux et des attaques contre les féministes tentent de façonner une Union européenne hostile pour les corps et les libertés.

L’Insoumission revient sur la façon dont l’extrême droite européenne menace concrètement les droits des femmes.

L’extrême droite : un danger pour les droits reproductifs et de l’accès à la santé

Selon l’Organisation mondiale de la santé, environ 22 000 femmes meurent chaque année de complications liées à des avortements non médicalisés.

L’un des terrains où le recul est le plus tangible concerne les droits reproductifs, notamment celui de l’accès à l’avortement. Même dans des pays où l’IVG est théoriquement protégée, les conditions d’accès se compliquent sous la pression des politiques conservatrices. Une dynamique qui alimente une inégalité d’accès au droit fondamental à disposer de son corps à l’échelle de l’Union européenne.

En Pologne, l’avortement est quasiment interdit. Depuis la décision historique de la Cour constitutionnelle polonaise en 2020, l’avortement n’est autorisé qu’en cas de risque vital pour la mère ou de malformation létale du fœtus. Désormais, les femmes cherchant un avortement légal hors de ces exceptions sont contraintes de voyager à l’étranger, ce qui entraîne des coûts, des délais et parfois des complications médicales. Les femmes sont donc contraintes d’avoir recours à des pratiques qui les mettent en danger, et les femmes les plus précaires sont les plus exposées aux méthodes d’avortement clandestines les plus dangereuses.

Malte est resté longtemps le pays de l’UE à appliquer une tolérance zéro. La loi a été modifiée dans les mêmes conditions que la Pologne en 2023 à la suite de l’affaire scandaleuse et très médiatisée en 2022 impliquant une touriste américaine en voyage à Malte. Cette dernière s’était vue refuser un avortement alors que sa vie était en danger ; pour interrompre sa grossesse, elle avait dû se rendre en Espagne. 

Quant à la Hongrie, des contraintes administratives supplémentaires ont été instaurées, comme l’obligation honteuse d’écouter les battements du cœur du fœtus avant d’accéder à l’IVG.

Face à ces reculs, la solidarité transnationale s’organise à l’échelle européenne. L’initiative citoyenne « My Voice, My Choice », portée par des militantes de plusieurs États membres, qui vise à garantir un accès sûr et financé à l’avortement dans l’ensemble de l’Union, a été signée par plus de 1,2 million de personnes. Le 26 février 2026, la Commission européenne a donné une issue favorable à cette initiative. Une réponse positive en trompe-l’œil, alerte la députée Emma Fourreau, puisqu’aucun fonds indépendant n’est créé. C’est le Fonds social européen qui sera mobilisé, sans en augmenter son budget et en mettant en concurrence le droit à l’avortement avec les autres dispositifs financés par ce fonds.

Un projet politique réactionnaire visant à imposer un modèle familial traditionnel

L’extrême droite européenne mène une bataille idéologique concernant la reconnaissance des identités de genre et la configuration juridique de la famille pour renforcer l’idée d’un modèle familial traditionnel.

Dans certains pays d’Europe centrale, des mouvements législatifs influencés par des partis d’extrême droite ont intégré dans leur Constitution une définition binaire du genre (homme/femme) excluant toute reconnaissance légale des identités trans ou non-binaires. C’est le cas de la Hongrie et de la Slovaquie.

Ces mesures sont hypocritement présentées comme des défenses de la « stabilité familiale », mais elles ont des conséquences concrètes : elles excluent des protections juridiques pour les personnes trans et non-binaires et légitiment une vision conservatrice et hétéronormative de la société.

En parallèle de ce que mettent en place ces gouvernements, il y a sur les réseaux sociaux une montée de la tendance du mode de vie « tradwife » née aux États-Unis. Des influenceuses d’extrême droite prônent le retour d’un mode de vie où la femme est cloisonnée à son foyer tout en étant une épouse modèle. Un schéma de vie que l’extrême droite tient pour idéal. En France, l’ancienne porte-parole de Génération Identitaire, Thaïs d’Escufon, en fait son nouveau combat. Elle publie régulièrement du contenu sur les réseaux sociaux en jouant la carte de l’antiféminisme et en promouvant auprès du public incel ces valeurs familiales traditionnelles.

L’utilisation du Parlement européen pour mettre en œuvre un projet politique rétrograde

Les députés d’extrême droite s’opposent fréquemment aux traités et conventions conçus pour renforcer les droits des femmes. Il suffit de regarder les votes au Parlement européen pour remarquer que le Rassemblement National s’illustre par son hostilité envers les mécanismes de protection contre les violences sexistes et sexuelles. Le RN a voté contre :

  • Le rapport Tarabella, qui incluait la promotion de la parité, de l’accès à la contraception et à l’avortement.
  • La Convention d’Istanbul, traité européen majeur pour la prévention et la lutte contre la violence faite aux femmes.
  • La résolution sur les écarts de salaires entre les femmes et les hommes.
  • La résolution condamnant les restrictions de l’avortement en Pologne.
  • La résolution instituant des formations pour lutter contre le harcèlement sexuel dans les institutions de l’UE.

Il s’est également abstenu sur la résolution prévoyant l’introduction du droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne en 2024.

Si le Rassemblement National tente de faire oublier son hostilité envers la protection des droits des femmes grâce à son discours fémonationaliste, il n’en reste pas moins qu’il représente une arnaque et une menace.

Pour aller plus loin : Portrait – Jocelyn Dessigny, ce député RN champion du sexisme

Les attaques indirectes : budgets, institutions et programmes

L’attaque des droits des femmes ne passe pas uniquement par de grandes lois. Elle se déploie aussi par des stratégies plus discrètes : la baisse des financements, la fragilisation des contre-pouvoirs et la bataille culturelle dans l’éducation.

En Europe, de nombreuses associations féministes rapportent des baisses de subventions critiques. En France, plus de 70 % des associations d’aide aux femmes victimes de violences signalent une situation financière dégradée, impactant directement l’accompagnement des victimes et la prévention.

Les institutions indépendantes chargées de veiller à l’égalité des genres sont systématiquement sous-financées ou marginalisées, limitant leur capacité à protéger les droits des femmes et à promouvoir des politiques publiques efficaces.

Des mesures dans plusieurs États européens limitent l’enseignement sur l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle. En Hongrie, en Italie et en Pologne, le contenu des programmes scolaires est censuré, empêchant la sensibilisation à l’égalité et la prévention des discriminations dès le plus jeune âge. Pourtant, ces temps de sensibilisation sont primordiaux pour enseigner le consentement dès le plus jeune âge et lutter contre les pratiques incestueuses, mais aussi contre les violences sexistes et sexuelles qui peuvent survenir à tout moment. À l’échelle de la France seulement, la CIIVISE estime qu’en moyenne trois enfants par classe sont victimes d’inceste.


Face à l’extrême-droite institutionnelle, la résistance insoumise

Les parlementaires insoumises Manon Aubry et Mathilde Panot ont incarné des actions concrètes de résistance face à l’extrême droite européenne.

En avril 2025, elles se sont rendues en Pologne pour y apporter des pilules abortives destinées à des militantes locales. Cette action a permis de remettre des centaines de pilules abortives à des associations actives sur place. Pour les deux élues, il s’agissait d’apporter leur pleine solidarité avec les femmes privées de leur droit fondamental de disposer de leur corps.

Cette initiative est représentative d’une résistance politique active, qui ne se limite pas à des votes en séance, mais qui s’étend sur le terrain en incarnant la désobéissance politique face à des lois injustes qui mettent en danger les femmes.

La résistance insoumise se déploie également au niveau civil et associatif : en mars 2025, Mathilde Panot a co-organisé un colloque international intitulé « Mobilisations féministes contre l’extrême droite », en collaboration avec l’institut La Boétie et le groupe de la Gauche au Parlement européen. Des militant.es venus d’Italie, de Pologne, d’Andorre ou de Tunisie ont pu partager leurs expériences, soulignant que l’IVG demeure au cœur des résistances féministes face aux attaques réactionnaires.

Ce 8 mars, il est de notre devoir de rappeler, de nouveau, que l’extrêmedroite n’a pas, et n’aura jamais sa place au sein de nos luttes.

Sources:linsoumission.fr (Par C.L).


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mardi 3 mars 2026

Plus de 5 200 nouveaux militants en une semaine – LFI agrège de plus en plus de nouveaux soutiens en vue des municipales.

 À deux semaines du premier tour des élections municipales, LFI connaît une nouvelle phase d’extension et multiplie les tours de force. L’Insoumission s’est procuré les derniers chiffres des nouvelles personnes ayant rejoint le mouvement insoumis ces dernières semaines et le résultat ne va pas plaire à l’officialité médiatique.

2 500 nouveaux insoumis pour la semaine du 16 au 22 février, 5200 pour la semaine du 23 février au 2 mars. Le nombre de nouveaux insoumis a été multiplié par deux, en l’espace d’une semaine. La conclusion, évidente, est celle de l’échec des cabales médiatico-politiques à répétition, visant à diaboliser LFI afin de détruire ce mouvement et l’alternative qu’il incarne face au système dominant.

Les tentatives d’effacement des violences de l’extrême droite – responsable de 12 assassinats depuis 2022 – ont eu pour effet un regroupement populaire autour de La France insoumise. Malgré les menaces de mort, les agressions, les injures, aucun insoumis n’a rompu les rangs. Ces derniers se sont renforcés. Car derrière les offensives de l’extrême droite relayées par médias et politiques, l’objectif était double : détruire LFI, et avant cela, démobiliser un maximum dans ses rangs. Échec et mat.

Les témoignages recueillis par l’Insoumission à l’occasion des réunions publiques et meetings insoumis – qui réunissent des milliers de personnes à chaque fois – attestent que c’est tout l’inverse qui s’est produit. « Les tentatives de destruction de LFI nous obligent à nous engager toutes et tous. On ne peut pas laisser faire, en se croisant les bras. » déclare Nina, au micro de l’Insoumission, à Saint-Ouen.

Même topo pour Mathieu, au sortir du meeting de Lyon : « On a besoin d’insoumission et de LFI dans nos villes », appelant aussi à « faire bloc autour de LFI car ce sont les seuls qui ne se laissent jamais intimider par l’extrême droite et les manipulations médiatiques ». Manipulations médiatiques qui sont vite battues grâce au système médiatique parallèle assurée des insoumis et ses 20 millions de vues hebdomadaires.

Sylvain Noel, rédacteur en chef

Pour aller plus loin : « Il n’y a que deux côtés à la barricade ! » – À Lyon, Mélenchon en soutien à Anaïs Belouassa Cherifi pour la mairie, LFI fait une nouvelle démonstration de forc

Sources:linsoumission.fr


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vendredi 27 février 2026

Prononciation d’Epstein : l’officialité médiatico-politique invente une nouvelle polémique contre Jean-Luc Mélenchon et les insoumis.


Epstein. Une cabale de diabolisation anti-LFI s’achève, une autre commence. L’officialité médiatico-politique essaye de monter une nouvelle polémique contre Jean-Luc Mélenchon, par l’accusation infâmante d’antisémitisme. Sur deux heures du massif meeting insoumis à Lyon, devant plus de 2 000 personnes, l’officialité n’aura retenu que 10 secondes au cours desquelles Jean-Luc Mélenchon ironise sur la volonté de vouloir faire dire « Epstiiiine » le nom du pédocriminel, pour « russifier » son nom et ses sordides affaires.

Une partie de la classe médiatique fait en effet d’Epstein un agent russe. Le Parisien parle de la « piste russe », France Info de la Russian connexion. Le Monde parle « de liens étroits avec les hommes du Kremlin ». Et une partie de la presse interroge aussi la façon de prononcer « Epstein » (comme Frankenstein) ou « Epstiiine », sans souffrir de la moindre accusation d’antisémitisme, et passant par ailleurs complètement sous silence le fond de ce scandale d’État et ses différents volets : réseaux pédocriminels, traite d’êtres humains, suspicion de financement illégal de partis politiques, délinquance financière.

Mais il fallait bien trouver un nouvel angle d’attaque pour tenter de disqualifier, une fois de plus, la France insoumise. Lancée par l’extrême droite, reprise par les médias mais aussi par Marine Tondelier, Olivier Faure, et d’autres, cette polémique-combine vise à cela. Les procédés de ces « vieux médias » du système s’appliquent à nouveau : un mensonge est posté et immédiatement, les autres médias le reprennent en masse et le font circuler.

Puis certains évoquent à l’envi un soi-disant « malaise chez LFI », en invitant des « experts » de droite et d’extrême droite sur les plateaux pour enfoncer le clou. Mais à chaque cabale anti-LFI, l’intelligence populaire et l’intense niveau de détestation de l’officialité, finissent toujours par renverser les mensonges de l’officialité, et font se regrouper des milliers de gens autour de l’alternative qu’incarne LFI.

« Les insoumis ont, les premiers, dénoncé les instrumentalisation antisémites de l’affaire Epstein » – Manuel Bompard

Jean-Luc Mélenchon a réagi sur les réseaux : « Consternante réaction de ceux qui y voient de l’antisémitisme.  Ça pose question sur leurs réelles motivations sur cette question. L’antisémitisme est du côté de ceux qui veulent tout ramener à ce sujet. Au contraire, j’ai longuement expliqué dans mon discours pourquoi il fallait tenir la religion loin de la politique. 

La façon de prononcer ce nom a fait l’objet de nombreux articles de presse sans soulever aucune polémique. La brutalisation de la vie politique est du côté de ceux qui veulent nous faire taire à force de menaces et d’insultes à tout propos. Ils suscitent délibérément la violence contre LFI. »

Manuel Bompard a aussi dit son dégoût de « voir ces attaques nauséabondes et de voir ceux qui s’y engouffrent », ajoutant : « S’ils avaient vraiment écouté le meeting de Jean-Luc Mélenchon, ils auraient pu l’entendre dénoncer l’inanité des guerres de religion et sa dénonciation de l’hommage rendu au Sénat à Louis IX malgré sa politique de persécution des juifs. Ils auraient pu d’ailleurs rappeler que les insoumis ont, les premiers, dénoncé les instrumentalisation antisémites de l’affaire Epstein. »

Sources:linsoumission.fr          (Sylvain Noel, rédacteur en chef )

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