Le dramatique nombre de personnes sans domicile
Plus d’un million de personnes n’ont pas de logement personnel :
- 350 000 personnes sans domicile, hébergées en centre d’hébergement ou à l’hôtel (143 000 en 2012) ;
- 40 000 sans abri ;
- 590 000 personnes hébergées chez des tiers (hors parents).
2 367 enfants sont restés sans solution d’hébergement malgré l’appel au 115, le 11 novembre 2025, un chiffre sous-estimé compte tenu des personnes qui n’appellent pas le 115.
Le 6 janvier 2026, Mathilde Panot lance un appel à la réquisition des bâtiments vides : « J’appelle à la fois à ouvrir les bâtiments publics et à faire respecter la loi de réquisition qui date de 1946 et qui a été utilisée la dernière fois en 1999. (…) Il y a une responsabilité de ce gouvernement et de l’ensemble des pouvoirs publics de mettre tout le monde à l’abri ». Candidat LFI à la mairie de Marseille, Sébastien Delogu défend aussi la réquisition des habitations vides compte tenu des 8,2 % du parc immobilier marseillais non habités (en hausse de 26 % entre 2009 et 2020).
Pour aller plus loin : « Nous ne laisserons pas mourir de froid, il faut réquisitionner les logements vides » – Tribune de candidats LFI pour les municipales, prêts à lutter contre le sans-abrisme
La réponse du gouvernement : le recours à la force
Près de 3 millions de ménages sont en attente d’un logement social en 2025 (2,1 millions en 2017), mais on agrée près de 40 000 logements sociaux de moins qu’en 2016 (auxquels il faut soustraire les logements démolis). Et le nombre de logements mis en chantier a baissé de 37 % depuis 10 ans.
Le choix fait par le gouvernement est d’expulser les personnes qui n’arrivent plus à payer leur loyer et leurs charges : 24 556 expulsions locatives ont eu lieu, un record historique, en hausse de 29 % en un an et de 223 % en 20 ans. La loi Kasbarian-Bergé facilite les expulsions : délais de paiement et délais pour quitter les lieux plus compliqués, instaurant une chasse aux pauvres. On expulse et on manque de logement, fatalement le nombre de personnes sans domicile s’aggrave.
Le rapport estime que plus de 4 millions de personnes sont mal logées : absence de confort minimal, surpeuplement accentué, foyers vétustes, habitat mobile dans de mauvaises conditions. 12,3 millions de personnes sont fragilisées par rapport au logement : surpeuplement « modéré », situation d’impayés de loyers ou de charges exposant à l’expulsion, précarité énergétique, niveaux de loyers insoutenables.
Et les difficultés sont accentuées pour les personnes en situation de handicap : logements inadaptés, accès au logement plus difficile, etc., ce que le rapport 2025 documente de manière étayée.
Pauvreté et mal-logement
Le rapport montre le lien entre mal logement et pauvreté, les deux étant en aggravation constante, « il en est un catalyseur et un multiplicateur ». En 35 ans, la part des loyers dans les revenus des locataires a doublé. La pauvreté touche d’abord les locataires, car la faiblesse des revenus limite l’accession à la propriété.
Ce phénomène reconduit les inégalités : les 25 % les plus modestes consacrent deux fois plus de leurs revenus aux dépenses de logement que les 25 % les plus aisés. Pour 5 millions de personnes, c’est plus de 35 % des revenus qui sont dévolus au logement, et toutes ces personnes n’accumulent pas de patrimoine.
Les politiques des gouvernements successifs depuis 15 ans, et en particulier de ceux de Macron, ont accentué cet appauvrissement et les inégalités. Les loyers et les charges (électricité notamment) ne cessent d’augmenter tandis que les aides aux dépenses liées à son habitation sont en baisse.
En décembre 2024, François Piquemal dépose une proposition de loi (PPL) visant l’encadrement des loyers. Il entend mettre en place cette mesure à Toulouse s’il est élu maire. Pour lui, il faut aussi changer la perception du logement public, auquel 70 % des Français sont éligibles : « Il faut que le logement public soit tout aussi désirable. C’est un choix politique : le logement public peut être en pointe, notamment sur la transition écologique ».
De la responsabilité de la Spéculation
Le rapport de la Fondation souligne également que « le patrimoine est beaucoup plus inégalement réparti que les revenus » : les 10 % les plus fortunés possèdent 48 % de l’ensemble du patrimoine. En vingt ans, les prix des biens immobiliers ont augmenté quatre fois plus vite que les revenus bruts des ménages. L’État se désengage et fait place à des acteurs privés qui ne cherchent que la rentabilité. Oxfam a par exemple calculé que trois niches fiscales relatives au secteur du logement ont coûté près de 11 milliards aux finances publiques en 12 ans, de quoi financer plus de 70 000 logements sociaux.
À l’instar de collectifs citoyens (comme Stop démolitions), François Piquemal interroge la politique de démolition-reconstruction menée par l’ANRU sans véritable consultation des cinq millions d’habitantes et d’habitants concerné.es. Les opérations ANRU 1 ont démoli 164 400 habitations, l’équivalent de l’habitat d’une ville comme Nice.
Une mission d’information sur le bilan de l’ANRU du groupe parlementaire LFI a conclu à une dérive du dispositif dans une logique de démolition-reconstruction-gentrification avec un coût social, écologique et financier considérable.
Le député LFI Abdekader Lahmar, candidat à la mairie de Vaulx-en-Velin, indique ainsi : « La rénovation urbaine a consisté à chasser les pauvres de nos quartiers populaires, avec des logements sociaux volontairement insuffisants, au nom d’une mixité sociale qui insulte celles et ceux qui ont fait l’histoire de la ville ». Il dépose la semaine prochaine un projet de loi visant à faire cesser les démolitions inutiles.
La France insoumise a dans les bases du programme pour les élections municipales de garantir le droit à un logement digne par les priorités suivantes :
- Mettre sous contrôle le marché du logement en augmentant la part de logement public, en appliquant partout où c’est possible l’encadrement des loyers et en développant l’accession à la propriété non spéculative.
- Lutter contre les expulsions locatives.
- Fixer l’objectif de communes zéro sans-abri, zéro passoire thermique, zéro habitat insalubre.
- La mise en place de Brigades dédiées au mal-logement
Sources:linsoumission.fr (Par Sandrine Cheikh





















