A la marge,celle qui relie les pages

vendredi 5 juin 2026

2 jours avant son meeting à Saint-Denis, Mélenchon reçoit le soutien de plus de 300 000 personnes.

 

En un peu plus d’un mois, la candidature de Jean-Luc Mélenchon a obtenu plus de 300 000 parrainages citoyens. De quoi faire pâlir ses nombreux adversaires. Les 150 000 premiers, condition sine qua non pour que la candidature du leader insoumis soit définitive, avaient été atteints en moins de 24 heures. Depuis lors, la campagne insoumise bat son plein. Les éditorialistes de plateaux en perdent leurs mots. Sur LCI, voici comment en parlait Renaud Pila le 27 mai : « Depuis un mois, c’est un sans-faute. C’est à montrer dans les écoles de communication politique. Des dizaines de milliers de militants sont déjà au travail, ils font déjà du porte-à-porte ! LFI est une machine de guerre ! ». N’en jetez plus !

Le détail des chiffres de ces parrainages citoyens démontre combien LFI réussit déjà à convaincre au-delà de sa base. Au 16 mai 2026, alors que le compteur de soutiens affichait 270 000, 160 000 d’entre eux (environ 60 %) n’étaient pas inscrits préalablement sur la plateforme numérique de LFI. Partout en France, des groupes d’action militants se créent ou s’amplifient grâce à l’afflux de nouveaux militants déterminés. Raison supplémentaire de se réjouir : les sondages biaisés des grands instituts n’arrivent pas à cacher la dynamique autour du tribun insoumis.

L’institut Odoxa le donne à 16 % d’intentions de vote au premier tour de la présidentielle. Ce même institut lui donnait ce score… 3 jours avant le premier tour de l’élection de 2022 ! À 10 mois de l’élection suprême, le second tour est à portée de main pour Jean-Luc Mélenchon. Le premier rendez-vous de la campagne est donné à Saint-Denis ce dimanche 7 juin, 15 heures, place Victor Hugo. Un grand moment d’éducation populaire de masse et une démonstration de force insoumise se préparent. Notre brève.

Pour aller plus loin : Mélenchon sondé à 16% – Une puissante dynamique s’amplifie autour du leader insoumis

« Le meeting de Mélenchon ce dimanche 7 juin à Saint-Denis, ça va être quelque chose ! Venez donner de la force ! » – Smaël, co-animateur des Jeunes insoumis de Montreuil

 Sources:linsoumission.fr

Share:

jeudi 4 juin 2026

La dynamique entre Mélenchon et Glucksmann : le « jour et la nuit » d’après ce spécialiste des réseaux sociaux.

 












Mélenchon/Glucksmann. Dans un article publié le 2 juin par le site Atlantico, plusieurs questions sont posées à Fabrice Epelboin, spécialiste des réseaux sociaux, au sujet des campagnes numériques de Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann. Pour le spécialiste, c’est « le jour et la nuit » entre les deux candidats. « La machine numérique derrière Jean-Luc Mélenchon a été construite patiemment, intelligemment, depuis plus de dix ans, avec des investissements massifs en temps et en savoir-faire. C’est une véritable armée de militants en ligne, ultra-coordonnée », écrit-il.

À l’inverse, Raphaël Glucksmann a perdu « 143 000 abonnés, passant de 802 000 à 659 000. Soit une réduction de 18 % », assène-t-il méthodiquement. Les raisons sont déjà connues mais d’autres sont précisées par le spécialiste. Instagram a procédé récemment à un grand nettoyage de sa plateforme. Une « purge numérique » destinée à supprimer les faux comptes achetés par des émetteurs, pour gonfler artificiellement leur nombre d’abonnés. Et ces pertes massives d’abonnés ont concerné Raphaël Glucksmann, selon les informations transmises par Fabrice Epelboin. Le coprésident de Place publique, connu pour être l’ex-conseiller du dictateur géorgien Mikheil Saakachvili, aurait donc acheté des faux comptes pour compenser les militants qu’il n’a pas ? Notre article.

La chute vertigineuse pour Glucksmann, la dynamique permanente pour Mélenchon 

Au total, Raphael Glucksmann a perdu 150 000 abonnés en deux ans, une chute vertigineuse et inarrêtable. Quant à Jean-Luc Mélenchon, le leader insoumis en a gagné 50 000 en un seul mois.. La « purge numérique » d’Instagram est-elle la seule cause de la perte vertigineuse du nombre d’abonnés de Glucksmann ? Non, comme en témoigne l’analyse de certaines séquences où le candidat PS a révélé ses réelles positions.

Raphaël Glucksmann a ainsi perdu un nombre conséquent d’abonnés après ses votes contre la condamnation des crimes de Netanyahou en fin d’année 2023. Pour lui, le génocide à Gaza n’existe pas. L’ex-conseiller du dictateur géorgien Mikheil Saakachvili a aussi illustré, à plusieurs reprises, à quel point il est un candidat digne du macronisme. L’Insoumission vous en parlait dans une récente vidéo.

Comme Macron, Bardella, Philippe, et Attal, Raphael Glucksmann veut faire travailler les Français plus longtemps. Il est favorable au décalage de l’âge de départ à la retraite à 64 ans. Pourtant des moyens existent pour financer la retraite à 60 ans, avec 40 annuités, ce que propose par ailleurs la France insoumise.

Au Parlement européen, Raphael Glucksmann était absent lors du vote sur le marché européen de l’électricité, ce système responsable de la hausse des factures. Aussi, son groupe a co-écrit le pacte Asile et migration voté le 10 avril 2024. Ce pacte comprend une série de mesures répressives à l’encontre des migrants : camps aux frontières, fichages, filtrages etc…

Aussi, les récentes révélations sur ses documents stratégiques de campagne – son étude marketing révélant son mépris de classe envers les pauvres et les jeunes- ont été un coup dur pour le candidat du PS. Ses prestations ratées sur les plateaux de télévision ne l’ont pas aidé à relever la pente. L’atlantiste chevronné s’est donné trois mois avant de se déclarer, ou non, candidat à la présidentielle. Serait-ce le signe d’une retraite stratégique avant de jeter l’éponge ? Une chose est sûre : ses pertes massives d’abonnées sont révélatrices, soit d’une triche révélant une faiblesse, soit d’une faiblesse révélant l’absence de base militante ainsi que le rejet de son cap, loin d’être clair.

Pour aller plus loin : Les documents stratégiques de Glucksmann ou le macronisme 2.0 contre l’arrivée de Mélenchon au pouvoir

« La machine numérique derrière Jean-Luc Mélenchon a été construite patiemment, intelligemment, depuis plus de dix ans »

Pour le spécialiste des réseaux sociaux, Fabrice Epelboin, la situation de Jean-Luc Mélenchon est à l’opposé de celle de Glucksmann. Un travail de fond a été réalisé par le mouvement insoumis, une importante base de militants est formé et convaincu par le programme l’Avenir en commun, et Jean-Luc Mélenchon a su créer des espaces à l’intérieur du mouvement insoumis pour créer de la réflexion, des idées, et un projet de dépassement du capitalisme.

Pour ce spécialiste, « Jean-Luc Mélenchon bénéficie d’une communauté ultra-disciplinée qui relaie ses propos en masse, cela crée mécaniquement une survisibilité algorithmique, mais de manière parfaitement légitime. Ce n’est pas de la triche technologique, c’est de la supériorité numérique et organisationnelle. Et sur ce terrain-là, la France Insoumise dispose d’un avantage considérable. »

Il note aussi les prouesses technologiques du leader insoumis, qui a su se saisir d’innovations techniques pour mettre en avant ses propositions. Pour ce spécialiste, « La France insoumise avait également très tôt innové avec la tenue de meetings utilisant la présence d’un clone virtuel 3D de leur candidat, par le truchement d’un hologramme. ». notant que « Jean-Luc Mélenchon a été l’un des premiers à mettre cela en avant. Dans son camp, la technologie a été utilisée dès le départ à des fins spectaculaires, afin de promouvoir son action et de montrer qu’il s’inscrivait résolument dans la modernité »

Pour aller plus loin : Présidentielle : ce nouveau sondage confirme que Mélenchon se qualifie au second tour et est largement en tête à gauche

Jean-Luc Mélenchon, c’est « la supériorité numérique et organisationnelle »

Mais il ne s’agit pas de communication au sens du marketing comme le font des Glucksmann et compagnie. C’est là que la France insoumise se distingue, entre autres, des autres formations politiques. Le mouvement insoumis n’a eu de cesse, depuis sa création, de produire de la pensée, et de former ses militants à la réflexion, sur tous les sujets, avec en ligne de mire la révolution citoyenne.

Fabrice Epelboin le constate, en décrivant les militants insoumis comme « des militants entraînés au fil des campagnes, qu’on garde motivés entre les campagnes à travers une multitudes d’actions imaginées pour beaucoup au sein du parti, et qui, sur le champ de bataille, sont redoutablement plus efficaces que le militant du dimanche fraîchement recruté à l’occasion d’une campagne présidentielle. »

Et cela se vérifie sur tous les aspects du début de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Avec près de 300 000 soutiens populaires obtenus en un mois, le leader insoumis est porté par une puissante dynamique que même les sondages biaisés et manipulés peinent à dissimuler.

A 16% dans les sondages, le leader insoumis accède déjà au second tour. 16%, c’était le niveau auquel il était donné trois jours avant l’élection présidentielle de 2022, où il avait finalement réalisé 22% des suffrages, à un point du second tour. Et vous, avez-vous signé pour le soutenir ? Rendez-vous sur Melenchon2027.fr, et ce dimanche à Saint-Denis pour le meeting de lancement de campagne de Jean-Luc Mélenchon !

Sources:linsoumission.fr       ( Sylvain Noel, rédacteur en chef de l’Insoumission)


Share:

mardi 2 juin 2026

Ces colorants alimentaires qui multiplient les risques de cancer.

 

Bonbons fluorescents, céréales aux couleurs vives, sodas brun caramel, desserts chimiques à la fraise qui n’ont jamais vu un fruit… Derrière ces couleurs rassurantes se dessine peu à peu une vérité beaucoup moins digeste : celle d’un système qui empoisonne lentement pour vendre plus vite.

De nouvelles études scientifiques alertent sur les effets potentiellement graves de certains colorants et additifs alimentaires. Risques accrus de cancers, de diabète ou de maladies cardiovasculaires : ce que chacun mange chaque jour n’est pas seulement une question de nutrition. C’est une question politique, que la France insoumise et son candidat pour la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, sont les seuls à aborder. Notre article.

Une étude géante qui tire la sonnette d’alarme

Des chercheurs de l’INSERM, de l’INRAE et de l’université Sorbonne Paris Nord ont publié l’une des plus vastes études épidémiologiques menées sur l’alimentation. Pendant des années, plus de 100 000 personnes ont été suivies afin de croiser leurs habitudes alimentaires avec l’apparition de maladies chroniques. Et le constat est lourd. Une forte exposition à certains colorants alimentaires est associée à une hausse de 14 % du risque global de cancer, de 21 % du risque de cancer du sein, et jusqu’à 32 % pour les cancers du sein post-ménopause.

Les chercheurs observent également des liens inquiétants entre plusieurs additifs et l’augmentation du risque de diabète de type 2. Dans le viseur : les colorants caramel (E150), certains bêta-carotènes utilisés comme additifs (E160a), ou encore la curcumine (E100) lorsqu’elle est intégrée à des produits ultra-transformés.

Pour aller plus loin : Maladies chroniques : Jean-Luc Mélenchon pointe la responsabilité du capitalisme dans la dégradation de la santé humaine



Le véritable problème : l’industrie du faux aliment

Le problème n’est pas la couleur en elle-même. Le problème, c’est le système qui l’utilise. Ces additifs ne sont pas là pour nourrir. Ils servent à maquiller des produits médiocres, uniformiser les apparences, prolonger artificiellement la durée de vie, stimuler l’achat compulsif et masquer la pauvreté des ingrédients. Le jambon doit rester rose comme dans les publicités, le soda doit avoir la bonne couleur, les céréales pour enfants doivent briller dans les rayons comme des jouets sous néons.

Tout cela n’a rien de nécessaire. C’est simplement rentable. L’alimentation industrielle moderne ne produit plus d’abord pour nourrir : elle produit pour maximiser les marges, écouler des volumes gigantesques et fabriquer des consommateurs captifs. Moins de qualité, plus d’additifs, plus de marketing, plus de maladies.

Les classes populaires mangent le poison du marché

Comme toujours, ce sont les classes populaires qui en paient le prix le plus cher. Les aliments ultra-transformés coûtent moins cher, demandent moins de temps et saturent les écrans publicitaires.

Pendant ce temps, les produits frais deviennent un luxe de plus en plus inaccessible.

Des profits privés, des cancers socialisés

Le mécanisme est vieux comme le capitalisme industriel. Les multinationales engrangent les profits, les hôpitaux publics récupèrent les malades, la Sécurité sociale paie les traitements, les familles paient les souffrances. Les profits sont privatisés, les cancers sont collectivisés. L’amiante, le tabac, les pesticides, les PFAS : à chaque fois, le même scénario, des scientifiques alertent, les industriels minimisent, les gouvernements temporisent, puis le scandale éclate quand des milliers de personnes sont déjà malades.

Aujourd’hui, les additifs alimentaires suivent la même trajectoire. Et face à cela, repeindre les emballages en vert ou ajouter trois logos « bien-être » ne suffira pas. Il faudrait interdire progressivement les additifs les plus controversés selon le principe de précaution, imposer un étiquetage beaucoup plus lisible sur les aliments ultra-transformés, interdire la publicité alimentaire ciblant les enfants, financer massivement la recherche publique indépendante, soutenir une agriculture paysanne capable de produire une alimentation saine et accessible.

C’est notamment ce que défendent La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon à travers des propositions comme le développement des cantines bio et locales, le soutien aux circuits courts, la lutte contre les lobbies agroalimentaires ou encore le renforcement des contrôles sanitaires.

Car les maladies ne tombent pas du ciel. Elles naissent aussi d’un modèle économique qui transforme l’alimentation en marchandise industrielle et la santé humaine en variable d’ajustement. Ce que révèlent ces études est simple : derrière le cancer, le diabète et certaines maladies chroniques, il n’y a pas seulement des cellules qui déraillent, il y a des décisions politiques.

Sources:linsoumission.fr (par Allan Clerc)

Share:

lundi 1 juin 2026

Consulaires : LFI triple son nombre d’élus à travers le monde, une nouvelle percée historique.

 

Élections consulaires. C’est une nouvelle qui ne va pas arranger l’état de panique totale des adversaires de Jean-Luc Mélenchon. Le mouvement insoumis a triplé son nombre d’élus dans le monde lors des élections consulaires. Après la percée historique des élections municipales et un début de campagne présidentielle plus que réussi, et même salué par les anti-LFI, le mouvement insoumis a le vent en poupe.

Le leader insoumis s’est félicité de cette nouvelle avancée : « Les résultats aux élections consulaires confirment la dynamique insoumise ! Nous triplons le nombre d’élus parmi les conseillers et délégués consulaires. Bravo et merci à la mobilisation des insoumis engagés partout dans le monde ». L’Insoumission relaye dans ses colonnes le communiqué de la France insoumise.

Pour aller plus loin : « Ne laissez pas les autres décider à votre place ! » – Sophia Chikirou présente les priorités et la stratégie de LFI pour les élections consulaires fin mai

« La France insoumise se félicite des résultats obtenus lors des élections consulaires. Partout dans le monde, nos listes progressent fortement et permettent de tripler le nombre d’élu·es insoumis·es »

La France insoumise se félicite des résultats obtenus lors des élections consulaires. Partout dans le monde, nos listes progressent fortement et permettent de tripler le nombre d’élu·es insoumis·es (passant de 13 à une quarantaine) représentant les Françaises et les Français établis hors de France.

Cette progression confirme l’élargissement de notre implantation locale, y compris hors des frontières nationales. Elle montre qu’une partie croissante des Françaises et Français de l’étranger se reconnaît dans notre projet de défense des services publics, des droits sociaux et de l’égalité de traitement.

La France insoumise remercie l’ensemble des candidat·es, des soutiens et des militant·es mobilisé·es pendant cette campagne, souvent dans des conditions matérielles difficiles.

En effet, ces élections ont aussi été marquées par des conditions d’organisation préoccupantes.

Malgré la généralisation du vote électronique, la participation demeure extrêmement faible. De nombreux électeurs ont signalé des difficultés de connexion, des identifiants non reçus ou des problèmes liés aux codes de sécurité. Le gouvernement lui-même a reconnu plusieurs incidents techniques.

Dans plusieurs pays, des critiques ont également porté sur l’éloignement ou la suppression de bureaux de vote, compliquant encore l’accès au scrutin pour de nombreux électeurs.

À cela s’ajoute un manque d’information évident sur les modalités du scrutin. Beaucoup d’électeurs ont découvert tardivement les procédures de vote ou les possibilités de procuration.

Cette situation engage directement la responsabilité de la ministre chargée des Français établis hors de France, qui n’a manifestement pas pris les mesures nécessaires pour anticiper ces difficultés.

Dans ce contexte, les résultats obtenus par la France insoumise prennent une signification particulière et renforcent notre détermination à défendre les droits des Françaises et Français établis hors de France.

Sources:linsoumission.fr


Share:

samedi 30 mai 2026

« 2,4 milliards de travailleurs exposés à des chaleurs excessives » – À l’heure de la canicule, l’euro-député LFI Anthony Smith rappelle les souffrances quotidiennes des travailleurs

 Alors que la canicule frappe de plein fouet la France et l’Europe (le continent se réchauffant le plus vite de la Terre), ceux qui en souffrent sont toujours les mêmes : les plus précaires, ceux aux conditions de travail les plus difficiles comme les ouvriers du BTP. Pourtant, les liens entre exposition à la chaleur et la hausse des accidents sont établis. Face à cette situation, le camp présidentiel patauge, ne propose rien. Pire, Emmanuel Macron et ses sbires ont fait disparaître les CHSCT, indispensables pour la sécurité des travailleurs en entreprise.

Quelle est la réalité des conditions des travailleurs par vagues de fortes chaleurs ? Quelles professions sont les plus touchées ? Quelles solutions apporteraient un gouvernement insoumis en 2027 ? L’insoumission s’est entretenue avec l’euro-député LFI Anthony Smith. Entretien.

« L’urgence est désormais de repenser profondément l’organisation du travail pendant les épisodes de canicule : pauses supplémentaires payées, horaires aménagés, renforcement des équipes, décalage des travaux aux heures les moins chaudes, télétravail lorsque cela est possible, limitation du temps d’exposition. » – Anthony Smith

Sylvain Noel, rédacteur en chef de l’Insoumission : Que dire des conditions de travail des ouvriers et des salariés pendant les vagues de chaleur ?

Anthony Smith : Aujourd’hui, ni le patronat ni le gouvernement ne prennent véritablement la mesure du danger que représentent les fortes chaleurs pour les travailleur.euse.s. Pourtant, le lien entre exposition à la chaleur et augmentation des accidents, des malaises, des atteintes cardiovasculaires ou de la mortalité est scientifiquement établi.

L’Organisation internationale du travail estime déjà que plus de 2,4 milliards de travailleur.euse.s dans le monde sont exposés à des chaleurs excessives, avec plus de 22,85 millions d’accidents du travail liés à la chaleur chaque année. L’Agence européenne Eurofound rappelle de son côté que 23 % des travailleur.euse.s européen.ne.s sont exposé.e.s à des températures élevées pendant au moins un quart de leur temps de travail, et plus de 35 % dans l’agriculture, l’industrie et la construction.

Bien sûr, il faut renforcer la prévention : accès à l’eau, information, équipements adaptés, espaces de repos. Mais cela ne suffit plus. L’urgence est désormais de repenser profondément l’organisation du travail pendant les épisodes de canicule : pauses supplémentaires payées, horaires aménagés, renforcement des équipes, décalage des travaux aux heures les moins chaudes, télétravail lorsque cela est possible, limitation du temps d’exposition.

Il faut aussi donner de vrais pouvoirs aux inspectrices et inspecteurs du travail afin qu’ils puissent suspendre immédiatement une activité dangereuse, par exemple sur un chantier, lorsque les conditions climatiques mettent en danger la santé ou la vie des travailleur.euse.s sans perte de salaire pour ces derniers.

Les députés insoumis ont déposé plusieurs propositions de loi en ce sens à l’Assemblée nationale. Au Parlement européen également, une résolution a été déposée pour permettre l’arrêt du travail en cas de fortes chaleurs et renforcer la protection des travailleur.euse.s face aux événements climatiques extrêmes.

À l’inverse, le gouvernement continue de refuser des mesures réellement contraignantes. Le décret du 27 mai 2025 relève davantage de la communication que d’une véritable protection des salariés : il ne fixe aucune température maximale de travail, ne crée aucun droit automatique à l’arrêt de l’activité et laisse encore largement les travailleur.euse.s dépendre du bon vouloir de l’employeur.

Des représentants syndicaux du secteur de la construction alertent pourtant depuis des années sur des situations extrêmes : la Fédération Construction, évoque par exemple des températures atteignant jusqu’à 75°C mesurées sur des chantiers routiers en plein été. Elle rappelle également qu’environ 50 % des accidents du travail dans le secteur de la construction sont liés à des malaises, dans un contexte où la chaleur peut fortement aggraver les risques.

L’inspection du travail rappelle également qu’au-delà de 38°C, les risques d’accidents augmentent fortement. Certaines études évoquent une hausse pouvant atteindre 10 % des accidents du travail lors de fortes chaleurs.

Pour aller plus loin : Canicule et hécatombe – Les propositions des Insoumis pour protéger le peuple

Sylvain Noel : Quels sont les professions les plus touchées ?

Anthony Smith : On pense évidemment d’abord aux métiers physiquement pénibles exercés en extérieur : bâtiment, travaux publics, couverture, agriculture, logistique ou voirie. Les travailleur.euse.s y sont massivement exposés, parfois en plein soleil pendant plusieurs heures.

Mais les fortes chaleurs touchent en réalité une multitude de professions.

Les ouvrières et ouvriers travaillant sur des lignes de production industrielles sont exposés à des températures extrêmement élevées à proximité des machines et des « points chauds ». Les caissières et caissiers de petits commerces ou supermarchés travaillent souvent dans des locaux mal ventilés, sans climatisation ni protections adaptées. Les enseignants, les personnels scolaires et les élèves subissent également des températures parfois insupportables dans des établissements qui sont de véritables passoires thermiques.

Les secteurs directement exposés comme la construction ou l’agriculture sont évidemment parmi les plus touchés. Mais les effets des fortes chaleurs concernent aussi des secteurs « indirectement » exposés : restaurants, crèches, hôpitaux, transports ou services d’aide à la personne.

Dans les transports par exemple, certaines études montrent une hausse d’environ 7 % des accidents de la route lors des épisodes de fortes chaleurs. Dans les métiers du soin et du care, exercés majoritairement par des femmes, les effets de la chaleur sont majoritairement différés : fatigue extrême, dégradation des conditions de travail, surcharge physique et psychologique dans des établissements souvent mal adaptés aux canicules.

Les travailleur.euse.s précaires, intérimaires, saisonnier.e.s ou sous-traitant.e.s sont souvent les plus vulnérables, car ils disposent de moins de moyens pour exercer leur droit de retrait ou refuser une tâche dangereuse.

Face au dérèglement climatique, ce sont désormais l’ensemble des postes de travail qui doivent être repensés pour protéger la santé des travailleur.euse.s.

« De la même manière, un arrêt cardiaque ou un malaise survenu pendant une canicule ne sera pas systématiquement reconnu comme lié aux températures extrêmes. » – Anthony Smith

Sylvain Noel : Combien de morts ou de blessés au travail sont-ils dus chaque année à la canicule ? Quels exemples ?

Anthony Smith : Depuis peu, Santé publique France et la Direction générale du travail publient des données sur les accidents et décès liés aux fortes chaleurs. Mais ces chiffres restent très largement sous-estimés.

Pourquoi ? Parce que beaucoup de décès provoqués ou aggravés par la chaleur ne sont pas officiellement comptabilisés comme tels. Un salarié qui chute d’une toiture sous 40°C sera souvent enregistré comme victime d’une chute de hauteur, et non comme victime de la chaleur. De la même manière, un arrêt cardiaque ou un malaise survenu pendant une canicule ne sera pas systématiquement reconnu comme lié aux températures extrêmes.

Santé publique France identifie officiellement seulement entre 5 et 7 décès professionnels liés à la chaleur chaque année. Mais ces chiffres ne reflètent qu’une partie très limitée de la réalité.

Les chiffres disponibles montrent néanmoins déjà une réalité alarmante. Santé publique France a recensé plusieurs dizaines de décès au travail liés à la chaleur ces dernières années. Mais l’ampleur réelle est probablement bien supérieure.

Au niveau mondial, l’Organisation internationale du travail estime que l’exposition à des chaleurs excessives provoque chaque année plus de 22,85 millions d’accidents du travail.

Les fortes chaleurs augmentent fortement les risques de déshydratation, de perte de vigilance, de malaises, de chutes, d’accidents liés à l’utilisation de machines ou de véhicules, ainsi que les risques cardiovasculaires et rénaux.

Ces drames ne sont pas des fatalités climatiques. Ce sont aussi des conséquences directes d’une organisation du travail qui continue trop souvent à faire passer la production avant la santé des travailleur.euse.s.

Les sapeurs-pompiers eux-mêmes alertent aujourd’hui sur des conditions devenues intenables avec le dérèglement climatique : multiplication de nouveaux types de feux extrêmement difficiles à maîtriser, équipements de protection très lourds et particulièrement chauds, absence de pièces rafraîchies dans les centres de secours, et limitation du matériel et des véhicules lors des épisodes de chaleur extrême.

Contrairement à d’autres professions, les pompiers ne disposent pas d’un véritable droit de retrait. On demande donc à des travailleur.euse.s de première ligne d’intervenir dans des conditions de plus en plus dangereuses sans que les moyens matériels et humains suivent réellement. Il faut également repenser la façon dont on répond aux incendies : l’eau utilisée pour éteindre les feux est potable, dans un contexte de fortes chaleurs où les réserves d’eau sont extrêmement limitées, et alors que d’autres solutions existent (par exemple, des bâches qui permettent d’étouffer les feux dans des cas de petits incendies, comme des feux de véhicule).

Sylvain Noel : Que propose LFI pour mettre un terme à ce fléau ?

Anthony Smith : La France insoumise défend des mesures immédiates, contraignantes et protectrices pour adapter le travail au dérèglement climatique. Une proposition de loi portée par Mathilde Panot prévoit notamment :

  • l’interdiction, sauf exceptions, de soumettre un salarié à une activité professionnelle lors d’une vigilance rouge canicule ;
  • la limitation à six heures par jour du temps de travail lors d’une vigilance orange ;
  • un droit au télétravail lorsque cela est possible ;
  • des pauses régulières sans perte de salaire au-delà d’un certain seuil de température ;
  • l’obligation pour l’employeur de mettre à disposition des espaces rafraîchis, de l’eau potable, des zones ombragées ou ventilées et, lorsque nécessaire, des douches ;
  • le pouvoir pour l’inspection du travail d’arrêter temporairement une activité dangereuse ;
  • une indemnisation des salariés en cas d’arrêt du travail lié aux conditions climatiques.

Ces mesures ont été complétées par une proposition de loi déposée par Hadrien Clouet, qui fixe notamment une température maximale de 33°C dans les locaux de travail intérieurs, conformément aux recommandations de l’INRS, ainsi qu’une majoration salariale au-delà de la cinquième heure travaillée en période de forte chaleur.

Enfin, une autre proposition portée par Antoine Léaument prévoit un congé rémunéré pour les salariés vivant ou travaillant dans une zone touchée par une catastrophe naturelle ou un événement climatique extrême.

L’objectif global est simple : protéger la santé et la vie des travailleur.euse.s face à des épisodes climatiques qui vont devenir de plus en plus fréquents et violents. Aucun impératif de rentabilité ne devrait justifier qu’un salarié mette sa vie en danger pour travailler sous des températures extrêmes

Sources:linsoumission.fr

Share:

mardi 26 mai 2026

Mélenchon sondé à 16% – Une puissante dynamique s’amplifie autour du leader insoumis.

 C’est une nouvelle qui ne va pas arranger l’état de panique de ses adversaires. Jean-Luc Mélenchon est sondé à 16% d’après un sondage Odoxa paru ce mardi 26 mai. A 16%, celui qui a déjà recueilli plus de 280 000 soutiens populaires est à la position à laquelle il était sondé quatre jours avant le premier tour, en 2022. Il avait finalement réalisé 22% des voix, à un point du second tour.

Ce sondage en confirme un autre, récent, de Cluster 17, qui indiquait que Jean-Luc Mélenchon était la personnalité de gauche qui recueille le plus de « soutien ». Cette nouvelle étude montre que le leader insoumis est loin devant Glucksmann (11%), Roussel (2,5%), et Marine Tondelier (4%).

A deux semaines de son meeting de lancement de campagne le 7 juin à Saint-Denis, tous les signaux sont au vert pour Jean-Luc Mélenchon. Avec une équipe nombreuse, et un programme solide – ouvert aux contributions citoyennes pour l’améliorer, le leader insoumis confirme qu’il est le seul capable de battre le RN. Est aussi confirmé la bonne circulation de ses propositions. Blocage des prix, hausse des salaires, taxation des superprofits, bifurcation écologique, référendum révocatoire en passant à la 6ème République, suspension de l’accord UE-Israel, ce sont tout autant de mesures qui convainquent, et renforcent la puissante dynamique autour de Jean-Luc Mélenchon. Vous voulez rejoindre la campagne ? Rendez-vous sur http://melenchon2027.fr. Prochain rendez-vous : le 7 juin.



 

















« Je serai au second tour de l’élection présidentielle. Et nous gagnerons, car la France n’est pas un pays fasciste ou raciste. » – Jean-Luc Mélenchon







































Sources:linsoumission.fr

Share:

samedi 23 mai 2026

Sans surprise, les maires RN sont racistes et réactionnaires : la preuve par les faits .

 

 Deux mois après les élections municipales, les maires du Rassemblement national (RN) se sont empressés d’appliquer à l’échelle locale leur programme rétrograde et xénophobe. Dès leurs premières semaines de mandat, les mesures contre les plus précaires, les associations et la culture pleuvent et donnent un aperçu de ce à quoi ressemblerait un pays gouverné par le RN : une France plus inégalitaire que jamais, où les plus riches dorment sur leurs deux oreilles. 

Heureusement, des initiatives se font jour à gauche, non seulement pour contrer l’avancée de l’extrême droite, mais surtout pour inverser le rapport de force politique, conquérir de nouveaux droits et libertés. Le seul débouché politique crédible en est la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle.

Une autre initiative, celle de l’Observatoire national de l’extrême droite (ONED), fournit un important travail de veille des décisions catastrophiques pour le peuple que prennent les élus du RN dans le pays. Cet Observatoire des mairies RN est appelé à être un outil important dans la lutte contre l’extrême droite. Notre article. 

Pour aller plus loin : « L’urgence, c’est le blocage des prix des carburants » – L’interview de Jean-Luc Mélenchon face à La Tribune Dimanche 

Une politique de chasse aux pauvres

Dès ses premiers jours en tant que maire de Carcassonne, l’ex-député Christophe Barthès a décrété la chasse aux pauvres en signant un arrêté anti-mendicité, et en menaçant des lycéens en lutte pour leurs droits. La Ligue des Droits de l’Homme (LDH) locale avait alors dénoncé cette mesure de haine des pauvres ; en réaction, le nouveau maire lui coupe des subventions. Les syndicats de travailleurs manifestent contre l’extrême droite ? L’édile leur retire leurs locaux, et ajoute tout en finesse « Ils peuvent me combattre tant qu’ils veulent, mais pas avec notre pognon. Quand on me met une gifle, je mets un marron ! »

Pour les nouveaux maires RN, la priorité affichée dans la presse locale est le désendettement de leurs communes…au risque d’y sacrifier (déjà) leurs promesses de campagne. Ainsi les baisses d’impôts locaux se font attendre dans les communes RN, de même pour les rénovations d’école. En revanche, la construction de places de parking explose ! Un sens des priorités qui en dit long, d’autant, évidemment, que les maires d’extrême droite ne prennent pas la peine de développer les transports en commun. 

Autres priorités budgétaires du RN : recruter des policiers municipaux et les armer, des assistants d’élus. Sans oublier que presque tous les maires RN se sont auto-augmentés : les indemnités de certains maires atteignent le plafond légal. Il n’y a pas de petits profits… à mille lieues des maires LFI qui, eux, changent concrètement la vie des gens. 

Pour aller plus loin : Cantine et périscolaire gratuits, taxis solidaires, aides d’urgence pour les plus précaires… Les maires LFI changent déjà la vie

Les décisions et propos racistes des maires RN : la nostalgie du temps des colonies 


Dans le Doubs, le maire de Chevroz, Franck Bernard, adhérent RN notoire, a été élu Vice-Président à l’agglomération de Besançon, avec le soutien du maire de cette dernière, Ludovic Fagaut (LR). Seul hic : F. Bernard, sur un page Facebook anonymisée, se lâche sur les propos racistes et homophobes : il y relaie la carte des QI (censée prouver que les habitants des pays du Sud sont moins intelligents que ceux du Nord), et appuie que l’homosexualité menace la famille traditionnelle. Pour l’heure, le RN n’a pas réagi.

Les propos racistes, qui hiérarchisent les peuples et les cultures, sont en effet monnaie courante à l’extrême droite. Ainsi du maire de Moissac pour qui « nos racines et notre patrimoine » sont si supérieures à la culture Papou : des propos que les chantres de la colonisation et du suprémacisme blanc n’auraient pas renié. 

Autre symbole colonial et suprémaciste, la décision de Yannick Le Roux. Le maire de Vierzon a en effet annulé la commémoration municipale de l’abolition de l’esclavage, le 10 mai, sous un prétexte fumeux d’économies budgétaires et de date de commémoration officielle. Le 10 Mai fait pourtant bien partie de ces dates officielles. Au RN, on a le sens de l’Histoire, le tortionnaire Jean-Marie Le Pen serait fier. 

A Liévin, le maire Denis Paiva a décidé de mettre en place une « priorité nationale » pour le logement : l’attribution des logements ne dépend plus de critères sociaux, mais de la nationalité des bénéficiaires. Une xénophobie à peine déguisée, qui va plonger des familles entières dans la précarité, au seul prétexte qu’ils n’ont pas les bons papiers. Avec l’annulation de la cérémonie du 1er Mai et le retrait des drapeaux des pays alliés face aux nazis au 8 Mai, on devine que M. Paiva est, comme ces derniers, très National, mais pas très Socialiste.  

Contre la culture, les maires RN sortent leurs décrets réac’ 

L’annulation des cérémonies du 1er Mai, vue dans d’autres communes RN comme Grenay, est témoin du mépris de l’extrême droite pour l’Histoire de France, et pour les masses populaires. Mais rien de surprenant quand on sait que le RN, une fois n’est pas coutume, avait soutenu le gouvernement pour voler du temps de loisir aux travailleurs le 1er Mai. 

En guise de propositions culturelles, le RN fait preuve d’un manque terrible d’imagination. En plus d’un fétichisme du drapeau tricolore paresseux, les édiles lepénistes ont des goûts musicaux d’un autre âge. Ainsi, le 8 Mai, commémoration de la capitulation des nazis, la ville de Carpentras, pour la première fois en 80 ans, a entendu résonner l’air de « Maréchal nous voilà », hymne de la dictature de Vichy et Pétain. Le maire RN (dont le parti a été fondé par d’ex cadres vichystes) a plaidé non coupable, pointant la responsabilité de la radio locale. Qui veut tuer son chien l’accuse d’avoir la rage.

L’édile d’Harnes a lui aussi envoyé un symbole historique fort, en retirant un buste de Robespierre, le révolutionnaire à qui l’on doit entre autres notre devise républicaine, le blocage des prix… Il faut se rappeler de l’historien Johann Chapoutot, pour qui les nazis avaient trois personnages historiques en horreur : Rousseau, Robespierre et Karl Marx. On peut étendre cette haine d’un des fondateurs de la République au RN. 

Mais la politique culturelle favorite des sbires de Bardella consiste à supprimer la culture. On ne compte plus le nombre de festivals annulés, de subventions à des associations culturelles annulées, de cinémas communaux menacés pour diffuser des films trop favorables à la Palestine, comme à Salernes. A La Flèche, Romain Le Moigne retire des milliers d’euros de subventions à une association qui apprend le français aux étrangers, et à une autre qui accueille les exilés : le mélange entre racisme et austérité. 

Dans le Var, le maire de Seyne-sur-Mer annule un festival sur… Napoléon Bonaparte, pourtant apprécié à l’extrême droite. Pour raisons budgétaires. Mais d’autres élus RN instrumentalisent l’Histoire pour leurs idées nauséabondes. A Moissac, on s’inspire ouvertement du Puy du Fou pour une fête médiévale, et à Castres, l’ombre des Identitaires et de Pierre Edouard Stérin plane derrière les initiatives culturelles du nouveau maire. 

Pour aller plus loin : Gard : un maire RN censure un important festival de jazz et s’en vante

Comme les excuses budgétaires ne suffisent pas toujours, le maire d’extrême droite de Seyne sur Mer invoque un faux motif anti-élitiste : les événements annulés ne seraient pas assez accessibles aux milieux populaires. Quand on voit sa contre-proposition, on voit son mépris desdits milieux. Pour lui, « culture populaire » signifie la fin des manifestations artistiques, qui se voient remplacées par des événements sportifs (lutte, MMA…) financés par… RedBull ! 

Sous-traiter ainsi la culture et le sport à une marque privée, et au détriment de l’art, montre le mépris de l’extrême droite pour ses administrés : elle leur prête un désintérêt pour ces questions de culture et d’art. Le maire Dorian Munoz conforte ce cliché de classes populaires insensibles à l’art, et s’adresse à leur prétendue ignorance et manque d’ouverture d’esprit. En réalité, la culture « légitime » et dominante n’est telle que pour maintenir la distance entre dominants et dominés, pour que chacun reste à sa place : le RN confirme et renforce ce statu quo.  

Il faut se souvenir ce qu’écrivait, en 1933, le philosophe et militant révolutionnaire Antonio Gramsci. « Si le contenu populaire est exprimé par les grands artistes, ce sont ceux-là qui sont préférés [par le peuple] » (Cahiers de prison, 17, § 29), avant de citer la popularité, dès son époque, de Shakespeare, des classiques grecs, Tolstoï, Dostoïevski… lesquels reviennent eux-mêmes à la mode par les réseaux sociaux. N’en déplaise au RN et autres réactionnaires, il n’y a pas de fatalité en matière de goûts culturels et esthétiques. 

Comment les maires RN poursuivent la mise au pas de la société

L’autoritarisme est le pendant de la rétractation de la culture. La ligne est simple : couper tout ce qui dépasse, y compris les symboles LGBTI+. Comme le maire lepéniste de Tarascon qui refuse de prêter une table et un barnum à une association dont la présidente aurait été « particulièrement critique » envers le RN : aucun autre motif à cette mesquinerie politicienne n’a été avancé.  

Toujours à la pointe des sales coups, C. Barthès, à Carcassonne, non content de persécuter associations et syndicats, mène aussi la vie dure à la presse locale, en lui retirant des aides. Ces corps intermédiaires paient, selon le RN, des années d’opposition à l’extrême droite ; une fois le pouvoir pris dans la commune, le RN se lâche et se venge. 

Même son de cloche à Saint-Avold, ou Hervé Simon interdit la fête populaire de la CGT locale. Mettre fin aux subventions et aides aux associations et syndicats est l’un des leviers favoris pour museler l’opposition qui, soit se dresse ouvertement contre elle, soit a le malheur d’avoir une autre vision de la société, moins aigrie que celle de Le Pen et Bardella.

En pleine euphorie après leur victoire dans leurs communes, les maires RN s’en donnent à cœur joie pour censurer les oppositions syndicales, politiques et associatives. Leur rhétorique anti-système et anti-élites cache mal leurs règlements de comptes politiciens. Par ailleurs, la même saignée pour les associations était déjà dans le contre budget austéritaire de la maison-mère à l’automne 2025, ce qui confirme une récente déclaration de la députée RN Edwige Diaz : tout ce que font les nouveaux édiles du parti est conforme à son programme. 

Le chercheur Emmanuel Négrier note, chez ces nouveaux élus, et contrairement aux maires FN élus en 2014, l’abandon de toute image dédiabolisée : ils pensent sentir le vent souffler dans leur dos. Cette attitude inquiète y compris dans les rangs du RN : certains députés craignent que cette image bourrine nuise au candidat ou à la candidate à la présidentielle de 2027. 

Mais déjà des faiblesses apparaissent. Les candidats du RN ont fait campagne, entre autres, sur la baisse des impôts locaux. Aujourd’hui, les maires élus prennent prétexte d’un surendettement de leurs communes pour retarder ces cadeaux fiscaux, et « seulement » une commune met en place une « priorité nationale » pour le moment. Peut-être les sympathisants lepénistes se rendront compte que taper sur les « assistés » et les étrangers n’améliorera en rien leur situation. 

Ils regretteront leur suprémacisme si les nouvelles villes du RN prennent la même direction que les vieux bastions frontistes. En 12 ans de gouvernance d’extrême droite, Fréjus a vu ses impôts locaux passer de 147 à 476 euros pour les logements de 50 à 150m². Idem pour Hayange qui, sur la même période a augmenté ses impôts locaux de 6%. De quoi, à terme, mettre à mal le mythe du RN, qui veut que la pénurie serait compensée par une préférence nationale raciste et suprématiste. 

Quand une maire RN invite à condamné pour corruption de mineures

L’information a été révélée ce jeudi 21 mai par nos collègues de StreetPress. La mairie RN d’Hénin-Beaumont prévoit un concert de l’ex-star des années 80 Jean-Luc Lahaye, condamné à de multiples reprises pour corruption de mineures. Un spectacle qui ne passe pas pour l’opposition et les féministes. Voilà ce qu’est le RN lorsqu’il dirige. La solution ? Rejoindre la campagne de Jean-Luc Mélenchon pour battre les fascistes en 2027.

Sources:linsoumission.fr (Par Alexis Poyard)


Share:

jeudi 21 mai 2026

C’est le tortionnaire des membres de la flottille pour Gaza – Portrait d’Itamar Ben-Gvir, suprémaciste juif et homophobe, principal allié de Netanyahu.

 

Hier, les membres de la flottille kidnappée par Israël dans les eaux internationales ont subi des violences et des humiliations du fasciste Itamar Ben-Gvir et de ses miliciens. Actuellement ministre israélien de la Sécurité nationale, Ben-Gvir est l’un des principaux alliés de Benjamin Netanyahu. Avocat et homme politique israélien, il croit en la suprématie de la loi divine et en celle du peuple juif sur les autres peuples. Force motrice de la droite et de l’extrême droite israélienne, « son suprémacisme juif est au cœur de la droite aujourd’hui, non plus aux franges. Il traverse le Likoud de Netanyahu, dont l’idéologie s’émousse », juge le philosophe de gauche Assaf Sharon.

Itamar Ben-Gvir a été inculpé plus de 50 fois dans sa jeunesse pour incitation à la violence ou pour des discours de haine. En 2007, il est condamné pour soutien à un groupe terroriste et incitation au racisme. Il dit être un grand admirateur de Baruch Goldstein, auteur du massacre d’Hébron, où près de 30 Palestiniens ont été tués. Ministre chargé des prisons, il durcit les conditions des prisonniers palestiniens, déjà largement documentées comme insoutenables, où règnent violences, menaces et viols. Vent debout contre le cessez-le-feu signé entre Israël et le Hamas au début de l’année 2025, il démissionne du gouvernement. Il y est réintégré dans un contexte de rupture de ce même cessez-le-feu (janvier-mars 2025).

Le 30 mars 2026, Itamar Ben-Gvir a sabré le champagne à la suite du vote d’une loi qu’il soutient depuis des années. Cette dernière élargit l’application de la peine de mort en Israël uniquement à des Palestiniens reconnus coupables d’attaques ou d’attentats anti-israéliens. En somme, une loi d’apartheid en plus d’être une loi de peine capitale. Revenons sur le parcours d’un des ministres les plus dangereux de Benjamin Netanyahu. Portrait.

Itamar Ben-Gvir, plus radical que Netanyahu ?

Ben Gvir est dans le gouvernement de Benjamin Netanyahu par une alliance électorale. En effet, après un an et demi dans l’opposition, Netanyahu élargit son parti à d’autres partis d’extrême droite religieux comme Force Juive, le parti de Ben Gvir. Cette coalition exerce des politiques très autoritaires de contrôle. Elle veut notamment modifier le statut du juge ou encore prendre le contrôle sur la Cour suprême. 

Cependant, Ben Gvir est issu d’un parti radical Kach, qui a été un temps interdit par l’État d’Israël et qui a été classé comme organisation terroriste. Il en est devenu rapidement le porte-parole car ses fondateurs étaient en prison. Leur parti est marqué par une volonté de fonder un État juif et prône l’expulsion hors de la terre d’Israël les populations arabes. Pour lui, toute concession territoriale est une trahison. Il lutte donc contre le retrait des troupes israéliennes dans la bande de Gaza et refuse catégoriquement un quelconque cessez-le-feu.

Il avait investi dans un immeuble pour y former de jeunes hommes. L’un d’eux explique dans le reportage d’Arte « Israël, les ministres du chaos » : « j’étais très proche de Ben gvir, c’était comme mon grand frère, j’ai longtemps adhéré à ce discours », mais il a rompu avec cette idéologie et a trouvé refuge en Europe. Cependant, l’arrivée d’Itamar Ben-Gvir au gouvernement l’a poussé à prendre la parole pour montrer le danger qu’il représentait. En conclusion du reportage, on comprend que, pour Ben Gvir, il fallait lutter contre tous les arabes d’Israël même israéliens.

Pour aller plus loin : Qui est Bezalel Smotrich, ce criminel de guerre israélien invité à un « gala » des génocidaires à Paris ?

Le parti Kach, un mouvement violent, de drôles d’idoles

Au début de la première Intifada, en décembre 1987, il lui est interdit de se représenter. Son parti, Kach, est banni, puis déclaré groupe terroriste, comme aux États-Unis sa Ligue de défense juive. Ben Gvir, qui a été membre de ce parti, reste admiratif de Baruch Goldstein et a même eu pendant des années un portrait de lui accroché chez lui. Cela montre les aspirations de Ben Gvir et son projet politique. Il enlève ce portrait en 2021 dans le but de redorer son image et de pouvoir alors accéder au Parlement. Il dit se détacher de ces idées même s’il reste en réalité très proche de ces idées.

Un événement qui marque la violence des idées du parti Kach est le 25 février 1994. Baruch Goldstein, un colon israélien d’extrême droite, pénètre dans la mosquée Ibrahimi à Hébron, en Cisjordanie et allume le feu. Il tue alors 29 Palestiniens et en blesse une vingtaine. Goldstein est tué lors de cette action, mais celle-ci est un marqueur de la violence du parti.

Déjà Contre Yitzhak Rabin et un espoir de paix à la fin du 20ᵉ siècle

En 1993, les accords d’Oslo signés entre Yasser Arafat chef de l’OLP, l’Organisation de Libération de la Palestine, ndlr) et Yitzhak Rabin (Premier ministre israélien) permettent une avancée vers la paix entre les deux États avec notamment la reconnaissance mutuelle de l’État d’Israël et de la Palestine. Il y a alors un climat assez hostile envers le Premier ministre Israélien.

C’est dans ce contexte qu’Itamar Ben Gvir est remarqué par ses actions alors qu’il n’a que 18 ans. Il participe à « l’incident du Cadillac » où des militants d’extrême droite opposés aux accords d’Oslo ont arraché l’emblème de la Cadillac du Premier ministre Yitzhak Rabin, C’est une action symbolique, car selon lui quand un responsable politique fait une chose aussi grave, alors, on peut mener des actions dures envers lui.

« Nous avons eu sa voiture, et nous l’aurons lui aussi », lance-t-il aux caméras. Quelques semaines plus tard, Yitzhak Rabin est assassiné par un extrémiste juif, proche du Likoud, le parti de Netanyahu. On pense à cette phrase entendue dans le film « Le dernier jour d’Yitzhak Rabin d’Amos Gitaï », illustrant l’état d’esprit de ces extrémistes juifs : « D’après la Torah, si un juif livre sa patrie à l’ennemi, il faut le tuer. »

Ben Gvir défend corps et âme la recolonisation de Gaza et l’expulsion des Gazaouis

Itamar Ben-Gvir est nommé ministre de la Sécurité nationale en décembre 2022. Il incarne très rapidement des positions très radicales marquant une extrémisation du gouvernement. Dès janvier 2023, il se rend sur le mont du Temple à Jérusalem, site emblématique et source de tensions. Cette visite suscite une vive opposition tant en Israël qu’à l’international. Il applique également des mesures politiques répressives comme l’interdiction du drapeau palestinien dans l’espace public et mène une expulsion massive des Bédouins du Néguev, où ils sont privés des services de base.

Mais son autoritarisme se renforce avec l’appel à la création d’une « Garde nationale » et de peines lourdes envers les Palestiniens accusés de terrorisme. Et lors de manifestations contre la réforme judiciaire, il soutient la forte répression avec l’usage notamment de grenades assourdissantes.

En janvier 2023, Ben Gvir appelle à la « recolonisation » du territoire et à l’expulsion des Gazaouis, une position condamnée par le droit international. Il durcit les conditions de détention des prisonniers palestiniens. En témoignent notamment plusieurs ONG présentes sur place. Par exemple, la directrice de l’ONG israélienne Hamoked indique : « Nous n’avons jamais vu un tel niveau d’abus. Les prisonniers ne reçoivent pas assez de nourriture. Parmi ceux que nous avons rencontrés, certains ont perdu 20 kg ».

Une autre ONG Médecins pour les droits humains, témoigne du manque de soin et de ressources apportées aux prisonniers. Elle met aussi en avant les nombreux témoignages faisant état des violences et des menaces, y compris des viols que subissent les prisonnières palestiniennes.

Crédits photo : « Jewish Power party’s Itamar Ben-Gvir submitted a bill to give himself greater control over the police chief and investigations », AP, FMT, CC BY 4.0, pas de modifications apportées.

Sources:linsoumission.f

Share:

Liberté de la Presse

La video du Jour

Calendrier

Vivre les Cultures du Monde

Cultures du Monde Arabe

Cinéma

Transparence Internationale

NEGAWATT

Wikipedia

Résultats de recherche