A la marge,celle qui relie les pages

vendredi 18 septembre 2026

Blocage des prix – La proposition de Mélenchon plébiscitée et applicable.

 

« Le plafonnement des prix est inéluctable ». La déclaration de Michel-Édouard Leclerc, interrogé le 8 septembre sur la hausse des prix, n’est pas passée inaperçue. Elle rappelle une vérité : le blocage des prix est faisable techniquement, et urgent socialement. Dans les stations-service du pays, le prix du litre n’a jamais vraiment baissé. Il continue même de flamber, en raison de la pompe à spéculation qui fonctionne à plein régime. En l’espace de six mois, Total a engrangé 11 milliards de dollars de profits.

Le blocage des prix fait partie des mesures défendues par Jean-Luc Mélenchon de longue date, depuis 2021. Tout comme la hausse des salaires et l’échelle mobile des salaires, elle fait partie des mesures d’urgence sociale rappelées par le leader insoumis à la braderie de Lille, devant 12 000 personnes, dans le cadre du « décret de l’urgence sociale ». Les insoumis n’ont jamais perdu de vue cette urgence.

La députée insoumise Aurélie Trouvé a d’ailleurs annoncé le lancement d’une mission parlementaire sur le sujet. « Total profite de la guerre sur le dos des Français et le gouvernement laisse faire », a-t-elle déclaré sur le plateau de BFMTV en posant le constat, puis la perspective de 2027 : « Quand nous gouvernerons, nous bloquerons les prix immédiatement à 1,70 € le litre d’essence, comme avant la guerre, et nous refuserons le chantage à la pénurie de Total, qui est nul et non avenu. La France insoumise a obtenu une mission parlementaire pour faire la lumière sur ce scandale, je la débute maintenant ! » Une pétition circule pour exiger le blocage des prix. Et vous, l’avez-vous signée ? Notre article.

Une inflation alimentée par les marges

L’explication dominante de l’inflation repose sur un schéma simple : la hausse des coûts (énergie, matières premières) se transmettrait mécaniquement aux prix. Mais cette lecture est aujourd’hui largement contestée.

Plusieurs institutions internationales, dont le FMI et la Banque centrale européenne, reconnaissent désormais que les profits ont joué un rôle déterminant dans la hausse des prix récente. Dans de nombreux secteurs, les entreprises ont non seulement répercuté l’augmentation de leurs coûts, mais ont également élargi leurs marges. Ce phénomène, parfois qualifié de « profit-led inflation », est particulièrement visible dans l’énergie.

Les grandes compagnies pétrolières ont ainsi enregistré des profits historiques depuis 2021. Le cas de TotalEnergies est emblématique : après environ 6 milliards de dollars de profits en 2020, le groupe dépasse 20 milliards en 2021, puis atteint un record proche de 38 milliards de dollars en 2022. En 2023, les profits restent au-dessus de 25 milliards, et encore supérieurs à 20 milliards en 2024. En deux ans, les profits ont ainsi été multipliés par plus de six par rapport à la période de crise sanitaire.

Dans ce cadre, les prix ne traduisent pas simplement une rareté, mais aussi une capacité des acteurs dominants à imposer leurs conditions. Cette dynamique est renforcée par des activités de trading particulièrement lucratives : certaines opérations spéculatives auraient généré près d’un milliard de dollars de gains en quelques jours lors des tensions sur le détroit d’Ormuz.

Le blocage des prix : un outil économique éprouvé

Contrairement à une idée largement répandue, le blocage des prix n’a rien d’une mesure exceptionnelle ou irréaliste. Il s’inscrit dans une longue tradition d’intervention publique.

En France, le droit permet déjà de réglementer les prix en cas de circonstances exceptionnelles. Ce levier a été utilisé à plusieurs reprises : lors de la guerre du Golfe en 1990, après le passage du cyclone Hugo en Guadeloupe, ou encore pendant la crise du Covid-19 avec l’encadrement des prix des masques et du gel hydroalcoolique.

Ces expériences ont un point commun : elles n’ont pas conduit aux pénuries souvent brandies comme épouvantail. Elles montrent au contraire que l’intervention publique peut stabiliser les prix sans désorganiser l’économie.

Dans les territoires d’outre-mer, le blocage des prix est même une réalité permanente pour certains biens essentiels. À La Réunion, par exemple, le prix du carburant est fixé administrativement chaque mois et se situe autour de 1,50 € à 1,60 € le litre, sans provoquer de rupture d’approvisionnement.

Des exemples internationaux

La France n’est pas un cas isolé. Face à l’inflation, plusieurs pays ont déjà recours à des politiques de plafonnement ou d’encadrement des prix, avec des modalités différentes mais une logique commune : protéger directement les consommateurs plutôt que compenser a posteriori.

En Europe, la Croatie a mis en place dès 2021 un système de plafonnement des prix des carburants, régulièrement ajusté par le gouvernement en fonction de l’évolution des cours internationaux. Concrètement, un prix maximum est fixé pour l’essence et le diesel, révisé toutes les deux semaines. Ce mécanisme a permis de contenir significativement les hausses pour les ménages, tout en assurant une certaine stabilité sur le marché intérieur. Selon plusieurs analyses économiques, cette politique a contribué à limiter l’inflation énergétique par rapport à d’autres pays européens exposés aux mêmes chocs.

La Hongrie a été encore plus loin en instaurant, entre 2021 et 2023, un gel des prix sur plusieurs produits essentiels, notamment les carburants et certains biens alimentaires de base comme la farine, le sucre ou l’huile. Le prix de l’essence a ainsi été fixé à un niveau administré (480 forints par litre pendant une longue période), bien en dessous des prix de marché.

Si cette politique a suscité des critiques, notamment de la part des institutions européennes, elle a permis dans un premier temps de freiner la transmission de l’inflation internationale aux ménages. Elle illustre surtout une chose : même dans une économie intégrée au marché européen, il est possible d’intervenir directement sur les prix.

De son côté, la Grèce a adopté une approche différente mais complémentaire. Plutôt que de fixer directement les prix, le gouvernement a choisi d’encadrer strictement les marges des entreprises, notamment dans les secteurs de l’énergie et de la distribution. Les entreprises ne peuvent pas augmenter leurs marges au-delà d’un certain niveau par rapport à une période de référence, sous peine de sanctions. Ce dispositif vise explicitement à lutter contre les comportements opportunistes et la spéculation, en empêchant les entreprises de profiter de la crise pour augmenter leurs profits.

Ces expériences montrent que le blocage ou l’encadrement des prix peut prendre des formes variées : prix maximum, encadrement des marges, subventions ciblées ou combinaison de ces instruments. Mais elles reposent toutes sur un même principe : empêcher que les chocs internationaux, qu’ils soient liés à une guerre, à des tensions géopolitiques ou à des perturbations d’approvisionnement, ne se traduisent automatiquement par une dégradation du niveau de vie.

Surtout, ces politiques apportent un démenti empirique à un argument souvent avancé dans le débat public : celui selon lequel toute intervention sur les prix conduirait mécaniquement à des pénuries ou à une désorganisation du marché.

Le cœur du problème : la formation des prix

Si le blocage des prix suscite autant de résistance, ce n’est pas seulement pour des raisons techniques. C’est parce qu’il remet en cause une hypothèse centrale du néolibéralisme : celle selon laquelle les prix seraient le résultat neutre de la rencontre entre l’offre et la demande.

Dans la réalité, les prix sont largement déterminés par des stratégies d’entreprises, notamment dans les secteurs concentrés. Dans l’énergie, la distribution ou l’agroalimentaire, quelques grands groupes disposent d’un pouvoir de marché suffisant pour fixer leurs marges.

La théorie économique elle-même reconnaît ce phénomène à travers le concept de « mark-up » : les entreprises fixent leurs prix en appliquant une marge sur leurs coûts. Lorsque la concurrence est faible ou que la demande est captive, ces marges peuvent augmenter sans contrainte.

Le blocage des prix intervient précisément à ce niveau. Il ne vise pas à nier les coûts, mais à limiter la capacité des acteurs dominants à transformer une situation de crise en opportunité de profit.

Une mesure économique… et politique

Le blocage des prix ne se résume pas à une mesure technique de régulation. Il pose une question fondamentale : celle du contrôle démocratique de l’économie.

En période de crise, laisser les prix se fixer librement revient souvent à transférer le coût des chocs sur les ménages. À l’inverse, intervenir sur les prix, c’est assumer un choix politique : protéger le pouvoir d’achat et limiter les rentes.

Cela implique également de repenser le rôle de l’État. Non plus comme simple correcteur des défaillances du marché, mais comme acteur capable de structurer les conditions de production et de distribution.

Dans certains cas, cela peut aller plus loin : encadrement des marges, réquisition de stocks, voire nationalisation temporaire d’acteurs stratégiques. L’histoire économique montre que ces outils ont déjà été mobilisés lorsque les enjeux le justifiaient.

Reprendre le contrôle

La question du blocage des prix dépasse donc largement celle de l’inflation actuelle. Elle renvoie à un choix de société. Dans une économie marquée par la concentration des entreprises et la financiarisation, les prix ne sont plus de simples signaux économiques. Ils deviennent des instruments de pouvoir. Les encadrer, c’est rééquilibrer ce pouvoir.

Face aux crises énergétiques et climatiques à venir, cette question sera de plus en plus centrale. La transition écologique elle-même suppose de planifier, d’investir et, dans certains cas, de réguler les prix pour orienter les comportements.

Le blocage des prix apparaît ainsi comme un outil parmi d’autres pour reprendre la main sur l’économie. Non pas contre le marché en tant que tel, mais contre ses dérives lorsqu’il cesse de servir l’intérêt général. Dès 2027, le blocage des prix pourra devenir une réalité sous la présidence de Jean-Luc Mélenchon, au même titre que la hausse du SMIC à 1700 euros net, la hausse des salaires, l’échelle mobile des salaires, le blocage des loyers, et bien d’autres mesures d’urgence sociales. 

Sources:linsoumission.fr

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jeudi 17 septembre 2026

« On est prêts ! On va gagner ! » – À la Fête de l’Humanité, nouvelle démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon.

 Mélenchon. « Il faut voir la marée humaine. La France insoumise était superstar de la Fête de l’Humanité » observe Yaël Goosz, journaliste chez France Info et France Inter. En effet, difficile pour les éditocrates de contester l’évidence : des maillots floqués « Mélenchon 27 » au succès des tables rondes et des karaokés du stand insoumis, en passant par les deux prises de parole de Jean-Luc Mélenchon, les Insoumis ont bénéficié de l’enthousiasme et de la ferveur des participants du festival.

Les images parlent d’elles-mêmes. Vendredi, le candidat insoumis à l’élection présidentielle était reçu par la rédaction de l’Humanité à l’Agora, qui a enregistré un record historique d’affluence. Alors qu’une masse de gens s’était avancée tout autour du site, le public au premier rang a spontanément tonné de toute sa clameur : « On est prêts, on va gagner ! ». Une même clameur ressentie lors de son meeting, tenu sur le stand de la France insoumise le samedi. La photo prise vue du ciel, qui a déjà fait le tour des réseaux sociaux, en est l’illustration.

Au-delà du constat évident de la foule immense présente, l’analyse des slogans qui ont rythmé les interventions de Jean-Luc Mélenchon révèle un haut niveau de politisation, et de préparation à la victoire et ses suites. Notre article.

« Qui occupe tous nos plateaux télé ? » : Mélenchon au centre du jeu politique

 De part et d’autre des allées de la Fête de l’Huma, personne n’entendait rien. On pouvait même observer des gens essayer de suivre en live Youtube. Mais ils étaient présents. Non pas pour dire « j’ai vu Mélenchon », mais pour participer, signaler leur présence, leur soutien, leur espoir. La star de cette première journée de fête était donc bien cette foule. Observez même le candidat et sa surprise, sa fierté en voyant un tel élan d’espoir et de détermination.

À Isabelle Saporta de se surprendre à admirer les Insoumis déjà quelques jours plus tôt: « Pardonnez-moi, mais c’est quand même remarquable ce que fait Mélenchon. La rentrée politique se fait sur lui et uniquement sur lui. Il dicte le tempo : qui est au centre du jeu politique ? Qui occupe tous nos plateaux télé ? Qui est l’homme qui monte ? C’est Jean-Luc Mélenchon et personne d’autre ! ».

Face à l’inflation, la lutte des classes et le partage des richesses


Il était par conséquent évident que le meeting du lendemain allait être suivi et scruté par tous les sympathisants, observateurs et adversaires. Dans un événement quasi-centenaire à la longue tradition communiste, le leader insoumis a rappelé l’objectif de transformation de la société, de fond en comble, en livrant une analyse de classe, tout en rappelant qu’un gouvernement insoumis décrètera l’urgence sociale en 2027 avec une série de mesures accompagnées de moyens.

Les marges des pétroliers ont été multipliées par quatre en six mois. Elles sont « une décision de classe » a rappelé Jean-Luc Mélenchon. La fortune des milliardaires a été multiplié par deux depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir. C’est une bataille de répartition entre le travail et le capital. Où se joue-t-elle ? Pour Jean-Luc Mélenchon, dans l’inflation qu’il dénonce comme un rapt.



Mélenchon. « Il faut voir la marée humaine. La France insoumise était superstar de la Fête de l’Humanité » observe Yaël Goosz, journaliste chez France Info et France Inter. En effet, difficile pour les éditocrates de contester l’évidence : des maillots floqués « Mélenchon 27 » au succès des tables rondes et des karaokés du stand insoumis, en passant par les deux prises de parole de Jean-Luc Mélenchon, les Insoumis ont bénéficié de l’enthousiasme et de la ferveur des participants du festival.

Les images parlent d’elles-mêmes. Vendredi, le candidat insoumis à l’élection présidentielle était reçu par la rédaction de l’Humanité à l’Agora, qui a enregistré un record historique d’affluence. Alors qu’une masse de gens s’était avancée tout autour du site, le public au premier rang a spontanément tonné de toute sa clameur : « On est prêts, on va gagner ! ». Une même clameur ressentie lors de son meeting, tenu sur le stand de la France insoumise le samedi. La photo prise vue du ciel, qui a déjà fait le tour des réseaux sociaux, en est l’illustration.

Au-delà du constat évident de la foule immense présente, l’analyse des slogans qui ont rythmé les interventions de Jean-Luc Mélenchon révèle un haut niveau de politisation, et de préparation à la victoire et ses suites. Notre article.

« Qui occupe tous nos plateaux télé ? » : Mélenchon au centre du jeu politique

De part et d’autre des allées de la Fête de l’Huma, personne n’entendait rien. On pouvait même observer des gens essayer de suivre en live Youtube. Mais ils étaient présents. Non pas pour dire « j’ai vu Mélenchon », mais pour participer, signaler leur présence, leur soutien, leur espoir. La star de cette première journée de fête était donc bien cette foule. Observez même le candidat et sa surprise, sa fierté en voyant un tel élan d’espoir et de détermination.

À Isabelle Saporta de se surprendre à admirer les Insoumis déjà quelques jours plus tôt: « Pardonnez-moi, mais c’est quand même remarquable ce que fait Mélenchon. La rentrée politique se fait sur lui et uniquement sur lui. Il dicte le tempo : qui est au centre du jeu politique ? Qui occupe tous nos plateaux télé ? Qui est l’homme qui monte ? C’est Jean-Luc Mélenchon et personne d’autre ! ».

Face à l’inflation, la lutte des classes et le partage des richesses

Il était par conséquent évident que le meeting du lendemain allait être suivi et scruté par tous les sympathisants, observateurs et adversaires. Dans un événement quasi-centenaire à la longue tradition communiste, le leader insoumis a rappelé l’objectif de transformation de la société, de fond en comble, en livrant une analyse de classe, tout en rappelant qu’un gouvernement insoumis décrètera l’urgence sociale en 2027 avec une série de mesures accompagnées de moyens.

Les marges des pétroliers ont été multipliées par quatre en six mois. Elles sont « une décision de classe » a rappelé Jean-Luc Mélenchon. La fortune des milliardaires a été multiplié par deux depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir. C’est une bataille de répartition entre le travail et le capital. Où se joue-t-elle ? Pour Jean-Luc Mélenchon, dans l’inflation qu’il dénonce comme un rapt.

3 % d’inflation ? C’est un indice qui ne correspond à aucune expérience concrète, tant il agglomère des objets différents. Le gaz a par exemple augmenté de 150 %, en partie à cause des néolibéraux jurant qu’il fallait privatiser, accepter le libre-échange. Pendant son meeting, le candidat analyse comment la contribution du peuple est double : une première fois quand la richesse est créée, et enfin quand les services publics sont supprimés, le seul patrimoine de ceux qui n’en ont pas.

La hausse des prix n’est qu’une décision de classe et un rapport de force social, qui n’est donc pas le fil naturel du marché. « La seule chose que vous pouvez maîtriser dans le chaos qui s’avance, c’est vous-mêmes, votre décision politique ! », a tonné le leader insoumis. 

Bloquer les prix, les marges et les loyers : l’état d’urgence social

La réponse politique première doit être celle de l’« état d’urgence social » : blocage des prix des produits de première nécessité, blocage des marges de profit, blocage des loyers, augmentation du SMIC, augmentation des salaires en ouvrant une nouvelle négociation annuelle obligatoire, rétablissement de l’échelle mobile des salaires, instauration de la cantine scolaire biologique et gratuite pour tous les enfants.

Retraites, épargne, dette : reprendre le pouvoir face à la finance

Avec la dette, la finance internationale et ses fonds de pension disposent d’un pouvoir d’arbitrage pour décider à quel taux le peuple va être tondu. Les économistes observent que la masse des actions se porte vers l’intelligence artificielle sans garantie qu’elles ne soient effectivement rémunérées. Il y a donc un risque d’explosion de la bulle spéculative.

Voilà la folie de ceux qui défendent la retraite par capitalisation. Dans d’autres pays comme aux États-Unis, les gens ont tout perdu, ils vivent dans des campings, dans des forêts ou des déserts.

Dans ce système malhonnête et à l’agonie, des marges de manœuvre doivent être dégagées. Jean-Luc Mélenchon en présente trois. D’abord, se débarrasser de la charge des aides aux entreprises sans contrepartie, soit 210 milliards d’euros. Imposer des contreparties à ceux qui obtiendront les aides, donc Utiliser ensuite la masse de l’épargne en France, correspondant à 800 milliards au sein de la Caisse des dépôts et des consignations et 2000 milliards en assurance-vie afin de proposer de meilleurs placements.

Enfin, geler les titres de la dette détenue par la Banque centrale européenne dans l’objectif de ne plus les rémunérer. 

De l’Allemagne à la France : quand les politiques néolibérales nourrissent l’extrême droite

Le tribun insoumis est également revenu sur la victoire de l’AfD, parti d’extrême droite allemand. Il l’analyse comme le résultat de la catastrophe des élites allemandes, dont le bilan est 4 000 ponts à réparer, 2 000 écoles dysfonctionnantes et des milliers de kilomètres de routes désinvesties.

Quand les gens votaient pour le SPD, parti social-démocrate en Allemagne, ses dirigeants votaient avec la droite et inversement. Pendant plus d’une décennie, le peuple allemand a demandé à ouvrir une autre perspective et on lui a opposé la grande coalition, celle que le PS français cherchait en refusant de censurer le gouvernement ; celle à laquelle François Hollande aspire clairement dans son dernier livre-programme.

Voici, par analogie, le lien entre la politique d’Emmanuel Macron et la montée du Rassemblement national. « 2027 est une opportunité extraordinaire pour faire un grand ménage : qu’ils s’en aillent tous, à tous les étages ! ».

Pour aller plus loin : Saxe-Anhalt : la victoire des néonazis de l’AfD récolte ce que le néolibéralisme a semé, des liens avec le RN confirmés

De « tout est perdu » à « on va gagner ! » : le basculement d’une dynamique qui ne peut plus s’essouffler

Jean-Luc Mélenchon est revenu sur le chemin qui s’ouvre sous les pieds des Insoumis : « Nous sommes formés, éduqués, instruits, organisés, disciplinés. Nous savons ce que nous voulons faire, comment le faire, quand le faire, où le faire. Et à la surprise générale : nous le ferons ! ». Les milliers de sympathisants rassemblés se sont exclamés : « on va gagner ! ».

Comment l’ambiance générale est passée du pessimisme total « On va perdre ! C’est foutu, l’extrême droite va passer ! » à une dynamique sans précédent ? Mélenchon constatait face aux journalistes de l’Humanité que « la campagne est dominée par nos thèmes ! ».

Il admet que la société est polarisée entre les collectivistes solidaires et les suprémacistes qui défendent les dominations. Toutefois, leurs thèmes ne s’imprègnent pas autant qu’on le dit car la masse du peuple français « n’est pas raciste ne veut pas se bagarrer contre des foulards ».

Les Insoumis parlent de santé, d’éducation, de pouvoir d’achat, d’écologie et gagnent la confiance des gens par un programme complet, un discours clair, par des propositions. « Il y a eu une bascule et tous ceux qui militent ici le savent. Jusqu’à la veille de Saint-Denis, l’ambiance à gauche était ‘tout est perdu!’ »

« Et puis, il aura suffi qu’on lève le fanal de combat, et qu’on s’y porte dessous avec vigueur, force et détermination, sans baisser les yeux, pour que l’appel soit entendu. C’est le rassemblement de 26 000 personnes qui a opéré une bascule dans l’opinion. Ce n’est pas moi. J’y ai pris ma part. C’est bien sûr le mouvement insoumis, Annie Ernaux, Éric Vuillard.

Mais l’essentiel ce jour-là, c’était les gens qui étaient venus, qui avaient rempli les métros et les RER et qui d’un coup de se sont mis à crier : ‘ON VA GAGNER !!’. Et en un instant, le sentiment politique s’est retourné dans les esprits. Les syndicalistes nous ont appris une règle de base : la force va à la force. Maintenant, je fais le pari que cette dynamique-là ne peut plus être éteinte. »

Depuis la fête de l'Humanité,le peuple envoie un message:la victoire est à portée de main!
Nous sommes prêts.Soyez prêts.

Sources:linsoumission.fr


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lundi 14 septembre 2026

« Je vais à la fac mais j’ai pas de toit » – Avec une chambre pour 17, les étudiants en extrême précarité.

  

En France, il y a désormais près de 17 étudiants pour une place en résidence universitaire. En 2000, ils étaient environ 14. Derrière ce chiffre se trouve une crise du logement étudiant devenue une crise de l’autonomie. Axel, étudiant à l’Université Paris 8, témoigne : « Je vais à la fac mais j’ai pas de toit. Je dors chez des amis qui me dépannent en attendant…C’est juste impossible de trouver simplement une chambre, et encore plus pour un studio. ». En toile de fond, les files pour l’aide alimentaire sont massives sur les campus.

Cette pauvreté extrême, résultat de dix années de macronisme, frappe au delà des étudiants. Des millions de familles sont privées de chauffage, des millions d’autres sont en attente d’un logement social. Malgré tout, ce sujet reste invisibilité par l’officialité médiatique et le personnel politique, à l’exception de Jean-Luc Mélenchon. Le leader insoumis porte des propositions concrètes pour remédier à la crise du logement : construction massive de logements publics à un prix abordable, sortir de la dépendance au marché, bloquer les loyers, plan massif de rénovation énergétique pour éradiquer les bouilloires thermiques. Notre article.

Étudier sans pouvoir se loger : une réalité trop souvent passée sous silence

Trouver un logement avant sa rentrée universitaire est devenu un véritable parcours du combattant. Dans les grandes villes, les étudiants doivent composer avec des loyers élevés, une offre qui se réduit et une concurrence toujours plus forte. À Paris, le nombre d’annonces de location aurait ainsi diminué de 30 % depuis 2019 selon SeLoger. En un an, le nombre de studios disponibles aurait également reculé de 12,7 % dans la capitale, de 16,2 % à Strasbourg et de 7,4 % à Toulouse.

Le problème est encore plus évident dans le parc universitaire. Entre 1960 et 2022, le nombre d’étudiants a été multiplié par 10,5, tandis que le nombre de logements étudiants n’a progressé que de 2,3. La part des étudiants logés dans le réseau Crous est ainsi passée d’environ 35 % à seulement 6 %.

La majorité d’entre eux se trouve donc contraint de se tourner vers le privé. En 2023, environ un tiers des étudiants vivaient seuls ou en couple dans une location privée, contre seulement 11 % dans une résidence universitaire, dont 7 % dans le parc Crous. À Paris, un studio coûte désormais autour de 1 200 euros par mois en médiane. Pour un étudiant sans soutien familial important, de tels montants rendent l’autonomie quasiment inaccessible.

Pour aller plus loin : Le logement : une crise qui frappe des millions de Français

Une crise du logement qui produit des inégalités

Le logement n’est pourtant pas une dépense comme les autres. Il conditionne la possibilité même d’étudier, de travailler et de devenir autonome. Un étudiant qui ne trouve pas de logement peut être contraint de vivre très loin de son université, de multiplier les heures de transport ou d’accepter un logement dégradé. Dans les situations les plus difficiles, certains renoncent à une formation ou à la ville dans laquelle ils souhaitaient étudier.

Cette situation renforce surtout les inégalités sociales. Ceux dont les parents peuvent payer un loyer élevé, fournir une caution ou héberger temporairement leur enfant disposent d’une sécurité que les autres n’ont pas. Le logement devient ainsi un facteur supplémentaire de reproduction sociale : le choix de ses études et parfois même la possibilité de les poursuivre dépendent des ressources de sa famille.

Cette dépendance familiale n’est pas une solution. Elle traduit au contraire l’incapacité de la puissance publique à garantir les conditions matérielles de l’autonomie des jeunes.

Quand le logement devient un placement

La crise étudiante s’inscrit dans une crise beaucoup plus large. La France a vu sa construction de logements s’effondrer : plus de 430 000 logements étaient commencés en 2017, contre environ 265 000 en 2025. Dans le même temps, le nombre de logements vacants est passé d’environ 1,9 million dans les années 2000 à près de 2,85 millions en 2025.

Il ne suffit donc pas de dire que la France « manque de logements ». Il faut également demander pour qui et à quel prix ils sont construits et utilisés.

Depuis plusieurs décennies, le logement a progressivement été intégré à une logique patrimoniale et financière. Acheter un appartement permet de percevoir un loyer, de réaliser une plus-value ou d’optimiser sa fiscalité. Dans les zones tendues, cette logique contribue à éloigner les logements des ménages qui en ont besoin.

Les locations touristiques de courte durée accentuent parfois encore cette pression. Lorsqu’un logement rapporte davantage en étant loué à la nuitée qu’à l’année, il peut disparaître du marché résidentiel. À cela s’ajoutent les logements vacants et les bâtiments qui pourraient être transformés en logements mais restent inutilisés.

La question est donc politique : la collectivité doit-elle continuer à laisser le logement fonctionner principalement comme un marché, ou convient-il d’en faire à nouveau un droit effectif ?

Un million de logements abordables : la proposition de Jean-Luc Mélenchon

C’est précisément cette rupture que défend Jean-Luc Mélenchon. Invité sur BFMTV le 6 septembre, David Guiraud a rappelé l’une de ses propositions centrales : construire un million de logements abordables pour les Français.



Interview le lien


 L’objectif est de sortir massivement des ménages du marché privé devenu trop cher. David Guiraud rappelait ainsi que le loyer moyen du parc abordable se situe autour de 6,70 euros par mètre carré, contre environ 26 euros à Paris et 13 euros dans de nombreuses grandes villes. Ainsi, permettre à un million de ménages de passer du privé au logement abordable représenterait en moyenne environ 250 euros de pouvoir d’achat supplémentaire par mois, soit plus de 2 500 euros par an.

Le logement devient ainsi une question de pouvoir d’achat autant qu’une question sociale. Réduire directement le montant du loyer permet de rendre du revenu disponible aux ménages sans leur demander de s’endetter davantage.

Pour y parvenir, Jean-Luc Mélenchon propose notamment de construire 200 000 logements publics par an pendant cinq ans et de porter à 30 % la part de logements sociaux, avec 5 % consacrés aux résidences universitaires et aux foyers de jeunes travailleurs. Pour les étudiants, cela signifie sortir de la dépendance au marché privé et aux garanties familiales.

Mais construire ne suffit pas. Le candidat insoumis à l’élection présidentielle défend également le blocage des loyers, et leur encadrement y compris à la baisse dans les zones où les prix sont les plus élevés, ainsi qu’une garantie universelle des loyers pour sécuriser les locataires et mettre fin à la sélection par la capacité à présenter un garant familial.

Enfin, Jean-Luc Mélenchon propose également de réquisitionner les logements vacants et de renforcer le droit de préemption des collectivités afin qu’elles puissent acquérir des biens et les transformer en logements accessibles.

Le logement doit redevenir un droit

La situation des étudiants résume finalement la crise du logement française : une offre publique insuffisante, des loyers privés trop élevés et une dépendance croissante aux ressources familiales.

Les 17 étudiants pour une chambre Crous ne sont pas un résultat tombé du ciel. Ils sont le produit de choix politiques. Face à cette situation, Jean-Luc Mélenchon propose de changer de logique : construire massivement du logement public, faire baisser les loyers, lutter contre la spéculation et reprendre le contrôle sur les logements vacants et touristiques.

Car se loger dignement ne devrait pas dépendre de la richesse de ses parents, de la possibilité de présenter un garant ou de la capacité à consacrer la moitié de son revenu à son loyer. Avec un million de logements abordables, le logement peut redevenir un droit plutôt qu’un produit financier. C’est le choix politique que propose Jean-Luc Mélenchon : faire du logement un outil d’émancipation plutôt qu’une source de rente.

Sources:linsoumission.fr (Par Elias Peschier)

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vendredi 11 septembre 2026

Rafraîchir les villes : plaidoyer pour le communalisme face au réchauffement climatique.

 

Réchauffement climatique. Une étude scientifique, publiée le 29 mai dernier dans la revue Nature Climate Change, prévoit que d’ici 2100, si rien n’est fait, les 5 % des villes les plus peuplées au monde seront confrontées à des élévations de températures pouvant dépasser les 8 °C. Dans les années à venir, les communes devront composer avec des épisodes de canicule intense. Elles font aujourd’hui face à une multiplication sans précédent des aléas climatiques.

Le système capitaliste ne se contente pas de dérégler le climat, amenant à l’augmentation de la température des villes. Il détruit la biodiversité, il pollue l’eau, l’air et les sols, raréfie les ressources indispensables, menace la santé et l’alimentation. Face à un avenir imprévisible et un réchauffement climatique irréversible, les communes peuvent être à l’avant-poste de la bifurcation écologique. Ainsi, lutter pour limiter les dégâts du dérèglement climatique impose la sortie du capitalisme et la bifurcation écologique. Cela peut commencer par l’application de mesures locales concrètes avec l’avènement du communalisme insoumis.

Gratuité des piscines publiques, de l’ouverture tardive des espaces verts et d’une manière générale de la mise à disposition de lieux de fraîcheur… Les nouveaux maires insoumis se sont déjà largement illustrés dans ce domaine. Plus largement, quel rôle peut avoir le nouveau communalisme dans la planification écologique ? Notre article.

Les communes vulnérables : de la résilience à la bifurcation

Après un été placé sous le signe de la canicule permanente, conséquence parmi d’autres de décennies d’inaction climatique, il apparaît de plus en plus clairement la nécessité de répondre aux besoins immédiats et à long terme des habitant·es. Une grande agglomération, une ville de taille moyenne ou un village se doit par sa politique d’assurer à toutes et tous un droit à la fraîcheur, un accès à une eau de qualité, un air respirable, un environnement non pollué, une alimentation saine et des étés respirables à l’extérieur, c’est-à-dire dans l’espace public comme à l’intérieur, c’est-à-dire chez soi.

Cette politique doit se construire avec les citoyens. C’est bien le rôle des mairies que de faire en sorte que la participation aux Plans locaux d’urbanisme soit non seulement la plus forte possible mais, dans le contexte de crise climatique actuellement connu et subi, que ces PLU soient les plus verts possibles afin que les communes restent tout simplement viables sur le long terme.

Alors que les vacances scolaires arrivaient, le premier épisode de la canicule de l’été 2026 a dépassé en intensité la canicule de 2003 et il s’en est suivi 4 autres en juillet et en août. Les températures extrêmes ont eu, dans les villes comme partout dans le pays, des conséquences sur la santé des habitant·es notamment des plus fragiles.

Il y a eu la traversée d’un été meurtrier, le nombre de personnes décédées en France se comptant en milliers, et des feux gigantesques subis notamment dans les Landes, en Gironde et dans le Var ainsi qu’une sécheresse extrême vidant les sols de leur eau dans des proportions jamais observées jusqu’alors, il convient de se référer cette fois à des fleuves comme la Loire ou le Doubs.

Pour aller plus loin : « Stérin, Bouygues… Stoppons ces milliardaires qui font sécession en Sologne » – Contre l’accaparement par les ultra-riches d’espaces naturels pour leurs parties de braconnage

La planification écologique communale

La durée du mandat des élu·es au conseil municipal, du ou de la maire et de ses adjoint·es est de six ans. Suite aux dernières élections municipales de mars 2026, il existe deux configurations : la mairie est résolue à lutter contre le réchauffement et peut planifier en 6 ans des politiques publiques écologiques : c’est le cas notamment des mairies insoumises. Ou bien la majorité en place est dans l’inaction ou le déni climatique et il revient dans ce cas de porter les propositions écologiques dans les rues et au sein des conseils municipaux dans l’opposition lorsque la présence s’y trouve.

Les mobilisations populaires et la puissance publique peuvent permettre le changement radical des modes de production et d’échanges afin de freiner les conséquences irréversibles du dérèglement climatique.

Lors des périodes caniculaires, les nouvelles municipalités insoumises prennent de nombreuses mesures salutaires. Il peut s’agir de la gratuité des piscines publiques, de l’ouverture tardive des espaces verts et d’une manière générale de la mise à disposition de lieux de fraîcheur, du contact régulier avec les personnes les plus vulnérables souvent inscrites dans les registres des centres communaux d’action sociale (les CCAS), la multiplication des points d’eau et des îlots de fraîcheur, la végétalisation des places principales.

La mise à disposition de points d’eau se fait par l’installation des fontaines à eau potables dans l’espace public et dans les espaces municipaux climatisés (médiathèques, mairies annexes). Le passage de la minéralisation à la végétalisation partielle des places étant une première étape vers la ville de demain faite de canopées, de places et de façades entièrement végétalisées et de grands axes ombragés.

En finir avec les coupes budgétaires, renforcer les solidarités

Dans le contexte de baisse des dotations de l’État aux collectivités, les communes disposent de moins de marges de manœuvre pour mettre en place des politiques publiques ambitieuses et efficaces. Les coupes budgétaires appliquées aux communes sont l’une des nombreuses manifestations de la dureté et de l’injustice du néolibéralisme. Cette politique se traduit concrètement par la fermeture des cafés, la disparition des services publics, l’urbanisme impersonnel, l’isolement et la solitude des plus précaires parfois dans des conditions extrêmes (personnes vivant sous le seuil de pauvreté dans une bouilloire thermique).

Pour autant, de nombreuses mesures concrètes sont applicables sans impliquer de grandes dépenses et certaines communes ont réussi parfois à maintenir leurs comptes avec des budgets excédentaires. Si les principes de libre administration des collectivités et de subsidiarité sont reconnus juridiquement aux niveaux constitutionnel et européen, une planification claire à l’échelon local implique quoi qu’il en soit des agents publics chargés de sa mise en œuvre ainsi que des moyens financiers et donc d’en finir avec le libéralisme opposé à la logique selon laquelle il faut des moyens pour répondre aux besoins.

Ne plus suffoquer dans les logements

Les canicules révèlent l’ampleur de la crise du logement. Il est cependant du ressort des mairies et des communautés d’agglomération de pouvoir réduire au minimum le nombre de passoires thermiques en augmentant les aides aux travaux d’isolation des logements en surchauffe.

Une politique municipale verte doit permettre de recenser ces logements exposés aux risques de surchauffe : derniers étages, combles aménagés, logements mal ventilés, sans volets ou avec des baies vitrées mal exposées, logements situés dans des quartiers minéralisés ou dans des îlots de chaleur urbains.

Plutôt que de s’en remettre aux climatiseurs individuels pour faire face aux canicules, les communes pourraient développer des réseaux de fraîcheur collectifs qui consomment moins d’électricité, coûtent moins cher aux particuliers et ne rejettent pas la chaleur dans l’air. Un tel réseau, sous forme embryonnaire, existe déjà à Paris (Pour un nouveau communalisme – Les livres de l’Institut La Boétie).

Face au réchauffement climatique, planifier et accélérer la rénovation thermique des écoles

À chaque canicule, les élèves et les équipes pédagogiques des écoles, des collèges et des lycées sont mis en danger et les conditions d’accueil, de travail et la qualité de l’enseignement sont dégradées. Et quand une école ferme plusieurs jours pour des raisons climatiques, des milliers de parents se retrouvent sans solutions. Afin que cette situation ne se reproduise pas continuellement, la mise en place urgente de grands plans de rénovation thermique réalisés à partir des relevés de températures effectués dans les établissements scolaires est une proposition concrète de la planification écologique communale appliquée à l’enfance.

Les plans locaux d’urbanisme reviennent aux collectivités et aux citoyens

L’augmentation de la présence de la nature en ville est un enjeu majeur. Dans l’espace public, les solutions aux hausses localisées de température peuvent être techniques, végétales et architecturales. En journée, villes et villages sont soumis au même rayonnement solaire mais la nuit venue, les espaces naturels refroidissent plus. En été, les centres des métropoles peuvent atteindre la nuit une température de 5 à 10 degrés supérieure aux zones naturelles (Villes et changement climatique – Ilots de chaleur urbains, paru aux éditions Parenthèses).

C’est parce que les îlots de chaleur se forment à très petite échelle et qu’aucune ville ne présente le même climat ni la même configuration architecturale que les solutions peuvent être locales et que des PLU verts sont aujourd’hui indispensables.

Comme outils de planification, ils peuvent comprendre la création de zones ombragées, l’enlèvement du bitume afin de désimperméabiliser les sols (5), l’augmentation d’a minima 20 % des espaces verts ou un moratoire visant à interdire toute nouvelle construction en béton. Cette liste est non exhaustive. Les municipalités peuvent soutenir les associations, les ressourceries, collectifs et régies de quartiers afin de visibiliser une écologie populaire communale.

Nouveaux risques, nouveaux droits

Lorsqu’il fait 40 degrés, travailler devient parfois impossible. Travail agricole, aides à domicile, agents d’entretien, ouvriers et ouvrières du bâtiment… derrière chaque canicule, il y a des femmes et des hommes qui continuent de travailler malgré les risques. Les travailleuses et travailleurs du secteur du bâtiment sont particulièrement exposés sur les chantiers en hauteur aux risques lors des canicules.

En France, des travaux de recherches (Epicea, Sécheresse) et des expérimentations portent spécifiquement sur les risques liés à la sécheresse, notamment en milieu urbain, où le phénomène des îlots de chaleur peut avoir des effets démultiplicateurs sur la mortalité au travail induite par la hausse des températures.

Le secteur du BTP tente cependant de s’acclimater au réchauffement. Les municipalités peuvent accompagner les entreprises à trouver les meilleures parades ou qui décalent les horaires. À contrario, dans les cas où des salarié·es du bâtiment seraient volontairement exposés aux fortes chaleurs et en seraient victimes, les municipalités pourraient se constituer partie civile.

Pour éviter l’assèchement et l’augmentation de la chaleur dans les rues, il revient aussi aux professionnels de la construction de réfléchir à la création d’îlots de chaleur en ville, notamment en créant de l’ombre afin de protéger les sols et les personnes dans l’espace public.

Un droit à la fraîcheur pour toutes et tous

À rebours de la raréfaction des lieux publics de convivialité, les communes peuvent se distinguer en ouvrant des lieux-refuges. En période de fortes chaleurs, l’ensemble des lieux publics indispensables pour se rafraîchir, à l’instar des lieux culturels (musées, médiathèques, cinémas) climatisés doivent être accessibles gratuitement. L’accès aux loisirs et à la fraîcheur pendant les épisodes caniculaires doit être garanti avec une plus grande amplitude des horaires d’ouverture de ces lieux.

Il faut localiser et rendre accessibles et sûrs, sur tout le territoire, les espaces naturels frais, renforcer la surveillance des bois et forêts communaux, proposer des moratoires pour interdire toute construction en béton, inciter par des tarifs préférentiels ou par la gratuité à se rendre dans des endroits frais comme les musées, les médiathèques, les salles de cinéma ou les musées, étendre les périodes d’ouvertures et l’amplitude horaire des bassins extérieurs devenus gratuits pour l’ensemble des habitant·es lors des périodes de vagues de chaleur.

Rafraîchir les villes revient à protéger les arbres matures et créer des strates végétales denses telles que des canopées. Municipaliser l’eau et conserver les grands arbres existants, véritables climatiseurs naturels de ces quartiers et associer systématiquement arbres, arbustes et végétation basse pour créer des oasis de fraîcheur sont des mesures communales concrètes pour rendre effectif ce nouveau droit à la fraîcheur.

Changer les villes, préserver les espaces

Si une gestion rigoureuse de la distribution d’eau est indispensable, l’aménagement des espaces verts urbains et le choix des matériaux de construction des bâtiments afin de réfléchir au maximum le rayonnement solaire doivent désormais faire l’objet de toutes les attentions. S’agissant des sols, il est nécessaire de remplacer le bitume par des revêtements perméables ou clairs qui emmagasinent moins la chaleur diurne et permettent de l’évacuer plus facilement la nuit.

Les personnes les plus exposées doivent pouvoir être accompagnées de la meilleure façon possible lors des épisodes caniculaires. Cela se fait notamment lors de l’activation du plan canicule avec le recensement des personnes vulnérables, isolées ou âgées par les CCAS (6) afin d’assurer un suivi régulier, des appels et des visites.

Écologie planifiée et refus de la fatalité

L’écologie planifiée et populaire protège les populations des aléas climatiques. Les libéraux oscillent entre déni, inaction, mépris et condescendance envers les voix qui s’élèvent pour la porter et la mettre en œuvre. Ils peuvent parfois en approuver certaines mesures mais ne seront jamais réellement disposés à remplacer leur modèle productiviste dépassé par un collectivisme responsable.

Malgré l’influence néfaste des réactionnaires, les derniers climatosceptiques s’apercevront probablement petit à petit que la canicule de 2026 n’était pas celle de 1976. Refusant la fatalité face à la crise écologique, les communalistes sont, au sein des luttes populaires et des conseils municipaux, aux avant-postes de la planification pour sortir de l’impasse du réchauffement climatique conséquence d’un capitalisme irresponsable menant l’écosystème à sa perte. Car les mesures, les outils et les processus délibératifs proposés par le communalisme peuvent améliorer dès maintenant les conditions de vie et serviront demain à la bifurcation écologique au niveau national.

Sources:linsoumission.fr (Par Arthur Abbatucci)

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jeudi 10 septembre 2026

La maison Le Pen tangue dès le début de campagne : le RN se déchire .


C’est un début de campagne en fanfare au RN. Les faux pas de Marine Le Pen et ses fidèles se multiplient, et, pire encore, les divisions internes au parti s’étalent au grand jour. La candidature de Le Pen a fait beaucoup de déçus, à commencer par le jeune premier, frustré dans ses ambitions, Jordan Bardella.

Alors que les élus RN s’embourbent dans des affaires judiciaires, deux clans à l’intérieur du parti affûtent leurs couteaux, Bardella et ses fidèles semblent bien décidés à torpiller la candidature de Le Pen. En plein débat au MEDEF, cette dernière s’est trouvée bien isolée, d’autant que son conseiller économique, proche du patronat, a été mis à la porte par la patronne, et a choisi le débat face au patronat pour l’annoncer publiquement.

Derrière l’éviction de Durvye, c’est celle de tout le cercle de proches de Bardella qui se cache. Ce dernier est de plus en plus mis sur la touche au profit de… Marion Maréchal, nièce de Marine Le Pen. C’est une tradition au RN, qui demeure encore et toujours une boutique familiale. Notre article.

Pour aller plus loin : Le Pen – Bardella : le fossé se creuse 

Illusions perdues pour Bardella et ses fidèles

François Durvye était devenu un rouage important au RN en quelques mois : en ouvrant à Bardella et Le Pen les portes du patronat français, l’ancien bras droit de Stérin tissait sa toile et montait des passerelles entre capitalistes et extrême droite. Quitte à se mettre à dos la garde rapprochée de Le Pen (comme le député Jean-Philippe Tanguy) et à pousser pour une candidature de Jordan Bardella à la présidentielle, au cas où Le Pen aurait été jugée inéligible par la Cour d’Appel le 7 Juillet. 

Pour aller plus loin : Le RN et Le Pen : parti de voleurs d’argent public 

Première déception pour Bardella et son clan : Marine Le Pen se déclare candidate quelques heures après le verdict favorable de la Cour d’Appel. Durvye, avec le propre directeur de cabinet de la candidate, se montre clairement déçu par la situation, au point de suggérer à Bardella de doubler la patronne et de se déclarer candidat avant elle. Assistant à la scène, Nolwenn Olivier s’empresse de cafter auprès de sa tante… Marine Le Pen. La nièce sera bien récompensée en étant propulsée comme responsable de la communication de la candidate. 

Cet épisode grille complètement Durvye au RN : les fidèles de Le Pen verrouillent le parti et le conseiller économique, qui se voyait déjà ministre de l’Economie de Jordan Bardella, est mis à l’écart pendant l’été. Il se paie tout de même un ultime croche-patte contre son ex-patronne en rendant public son départ (« souhaité » par Marine Le Pen) pendant que celle-ci patauge face au MEDEF. Plus gênant encore, Bardella avait été mis au courant de cette annonce et n’en avait pas informé sa candidate, avec laquelle, claironnent les responsables RN, il aurait d’excellentes relations.

Pour aller plus loin : Marine Le Pen : Milei s’invite au débat du MEDEF

Le discours de façade de Bardella dans la presse cache mal la marginalisation du président du RN dans son propre parti. Et le patient travail mené avec Durvye auprès du patronat, pour passer pour les meilleurs gestionnaires du système après l’échec macroniste, est détricoté par la minable performance de Le Pen devant les patrons, malgré sa volonté de couper 125 milliards d’argent public, et par la mise à l’écart bruyante de Durvye. Il ne reste à Bardella que ses yeux pour pleurer et un parti en difficulté, incapable de trouver une banque pour lui prêter les fonds nécessaires pour la campagne présidentielle. 

Pour faire oublier ces tensions internes et le passage raté devant le MEDEF, les bras droits de Le Pen sortent de leur chapeau, comme depuis des années, une proposition raciste : sanctionner par des amendes les femmes portant un voile. Outre l’islamophobie et la bêtise de la proposition (comment différencier un voile islamique d’un voile qui ne l’est pas ?), les cadres du RN se sont aussi déchirés à ce sujet. 

Pour aller plus loin : Le RN promet des amendes aux femmes voilées, une nouvelle mesure islamophobe et sexiste

Les députés Tanguy et Chenu se sont de suite prononcés pour une application immédiate et sévère de leur mesure…avant de voir leurs propos tempérés par Andréa Kotarac, autre élu RN proche de Le Pen. Bardella s’enfonce dans la brèche et remet la décision à plus tard, entre les mains d’un hypothétique référendum : une combinaison de rancœurs internes et d’incompétence ! 



A regarder ici


Cet épisode en est un parmi d’autres de passes d’armes, de piques ou de silences qui en disent long, qui se diffusent publiquement depuis plusieurs mois. Dans sa vidéo sur la rentrée de septembre, Bardella préfère parler de ses thèmes racistes (interdire le regroupement familial…) plutôt que des thèmes racistes de Le Pen (voile…). 

Le verrouillage de la boutique familiale du RN par Le Pen

Une fois de plus, le fonctionnement du RN en petits clans qui se détestent éclate au grand jour : les divergences idéologiques sont superficielles. Le Pen veut passer pour plus « sociale » que Bardella et le reste de la droite, mais brosse le patronat dans le sens du poil et prône la même casse sociale. Ces contradictions programmatiques et/ou stratégiques sont surtout un prétexte à favoriser son clan plutôt que celui d’en face.

Dans ce domaine Bardella en connaît un rayon : à ses débuts au FN/RN, il était « souverainiste populaire » aux côtés de Philippot en 2015. Sentant le vent changer de sens, le jeune premier s’est vite reconverti en ultralibéral, proche de Ciotti et arpentant la Jet-set.  

Et pendant qu’il passait son été en soirée et restaurants de luxe, de plus en plus isolé selon ses proches, Marine Le Pen verrouillait tout son appareil de campagne. Elle y recycle sa famille et en faisant même le job de Bardella, comme en animant le séminaire des délégués départementaux du parti, un rôle qui est normalement celui du président du parti. De la même manière, Bardella n’a même pas participé à la préparation du débat de Le Pen au MEDEF, cette dernière restant seule avec sa garde rapprochée. 

Et Marine Le Pen elle-même ne répugne pas à planter quelques couteaux dans le dos de son ex-protégé, comme en faisant fuiter le titre de son futur livre dans la presse. Et, pour permettre au RN d’occuper un créneau ultralibéral tout en écartant Bardella, Le Pen remet au goût du jour une recette maison : sa nièce Marion Maréchal, un temps passé chez Zemmour. Sentant l’odeur âcre de son inutilité (Maréchal est au moins autant raciste et proche du patronat que lui) et de sa mise au placard programmée, Bardella s’emporte : « ce sera elle ou moi ! » a-t-il fulminé en quittant une réunion. 

Au-delà des querelles de personnes, certes des fois savoureuses à suivre, ces tensions au RN sont une cristallisation des contradictions qui traversent le FN/RN depuis des années : poursuivre la ligne « nationale, sociale et populaire » de Le Pen, ou assumer une droitisation du RN, s’inspirer de Trump, Meloni, et, plus récemment, Keir Starmer au Royaume-Uni. En fin de compte, le plus satisfaisant est de regarder à quel point les déchirements sur ces deux positions peuvent conduire le RN dans le mur. Et pendant ce temps, ce sont bien les Insoumis qui incarnent, par leur programme clair et leurs actions, l’alternative au néolibéralisme et au capitalisme. 

Sources:linsoumission.fr (Par Alexis Poyard


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mercredi 9 septembre 2026

« Fermer encore des hôpitaux ? » – Le billet d’humeur de Christophe Prudhomme.

 

Il faut fermer les hôpitaux où on est mal soigné ». Une phrase signée du député LR Philippe Juvin, rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale. Une affirmation ne reposant sur aucune donnée fiable, que de nombreuses contre-affirmations viennent contredire. Qui peut affirmer que la fermeture de maternités de proximité a amélioré la qualité du suivi des grossesses ? Comment énoncer une telle phrase, alors que les hôpitaux publics meurent à petit feu de leur sous-financement ? Christophe Prudhomme de déclarer à ce sujet : « Philippe Juvin n’a aucune légitimité de se prévaloir de sa qualité de médecin pour juger la qualité du travail de ses collègues dans les hôpitaux de proximité ». Cinglant. Son billet d’humeur de la semaine.

« Un argument ne vise pas à améliorer la qualité des hôpitaux mais uniquement à faire des économies. »

Le député LR Philippe Juvin, rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, annonce qu’« il faut fermer les hôpitaux où on est mal soigné ». Cette phrase pose plusieurs problèmes car quelle est la définition d’un hôpital où on est mal soigné. Pour ce député, il s’agit en fait des hôpitaux de proximité et son argument est que la faiblesse de leur activité ne permettrait pas d’assurer la qualité des soins. Il s’agit d’une affirmation qui ne repose sur aucune donnée fiable et le contre-exemple est la fermeture des maternités de proximité qui n’a pas amélioré la qualité du suivi des grossesses, bien au contraire.

En effet, il énonce que : « on ne fait bien que ce qu’on fait souvent » ? C’est en partie vrai, mais alors dans ce cas son argument tombe car souvent les médecins dans les petits établissements réalisent chacun souvent plus d’actes que ceux exerçant dans les très grandes structures. Ce qui est encore plus contestable est qu’en fait cet argument ne vise pas à améliorer la qualité des hôpitaux mais uniquement à faire des économies.

Pour aller plus loin : « Santé : besoins de main d’œuvre » – Le billet d’humeur de Christophe Prudhomme

Le problème avec cet élu est qu’il est aussi médecin. Il devrait donc savoir que la qualité des soins repose aussi sur leur accessibilité et, en tant qu’urgentiste, que des études ont montré qu’il était nécessaire de disposer d’un hôpital doté notamment d’un service d’urgence ouvert 24h sur 24 à moins de 30 minutes d’accès en voiture pour assurer la sécurité des patients. Il s’agit d’un préalable en termes de politique de santé avant toute considération financière.

Donc la priorité politique doit être de savoir quelle organisation est la plus adaptée pour répondre à cet objectif. Pour cela, la solution n’est pas de supprimer les hôpitaux de proximité mais de se donner les moyens d’y affecter des médecins dont les compétences seront entretenues pour certains grâce à une activité mixte dans plusieurs établissements, ce qui se fait déjà dans plusieurs pays. Ce d’autant que la gradation des prises en charge existe déjà avec les maladies courantes prises en charge en proximité et les services spécialisés concentrés dans les hôpitaux disposant de plateaux techniques importants comme les CHU.

Enfin, ce qui est le plus contestable dans les affirmations de P. Juvin est qu’il cumule son poste de député avec son emploi de chef de service des urgences d’un grand hôpital parisien et qu’il se targue de sa connaissance du système pour donner des notes aux hôpitaux. Alors je pose une question à ce monsieur pour savoir s’il est bien raisonnable pour assurer le bon fonctionnement de son service et la qualité des soins qui y sont offerts de cumuler ces deux fonctions depuis de très nombreuses années dans le contexte de crise que connaissent les urgences hospitalières ?

Pour moi la réponse est claire. Monsieur Juvin a tout à fait le droit en tant que député de proposer ses solutions pour faire des économies dans les dépenses de santé, par contre il n’a aucune légitimité de se prévaloir de sa qualité de médecin pour juger la qualité du travail de ses collègues dans les hôpitaux de proximité.

Sources:linsoumission.fr      ( Par Dr Christophe Prudhomme)

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mardi 8 septembre 2026

Explosion du prix du gaz, le blocage des prix proposé par Mélenchon convainc de plus en plus.

 

Gaz. Combat de longue date de La France insoumise, le blocage des prix permettrait de soulager immédiatement les foyers les plus modestes tout en instaurant un rapport de force avec les multinationales qui transforment chaque crise en nouvelle source de profits. Jean-Luc Mélenchon a de nouveau défendu cette mesure samedi dernier à la Braderie de Lille en l’inscrivant dans la possibilité de « décréter l’urgence sociale ». Dès 2027, ce blocage des prix pourrait ainsi s’appliquer aux produits de première nécessité pour l’alimentation, à l’énergie, et aux loyers. Une réponse d’urgence qui ouvre aussi la voie à une reprise en main collective de notre politique énergétique. Notre article.

Décréter l’urgence sociale, une proposition insoumise qui change tout

Depuis le printemps 2026, la guerre déclenchée et menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran provoque un nouveau choc énergétique mondial. Le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transitent près d’un quart du commerce mondial de pétrole et un cinquième du gaz naturel liquéfié, a profondément perturbé les approvisionnements. L’Agence internationale de l’énergie évoquait dès le début du conflit « la plus importante perturbation » de l’approvisionnement pétrolier de l’histoire. En quelques jours, les cours internationaux du gaz avaient bondi de 50 %, ceux du pétrole de 70 %.

Quelques mois plus tard, la crise arrive directement dans les factures. Au 1er septembre, le prix repère du gaz a encore augmenté de 5,6 %, atteignant 172 euros le mégawattheure, son plus haut niveau depuis la création de cet indicateur en 2023. Six millions de foyers disposent d’une offre indexée sur ce prix de référence et, pour un ménage se chauffant au gaz, la hausse peut représenter une centaine d’euros supplémentaires sur l’année. À la pompe aussi, le choc est brutal : depuis le début de la guerre, essence et gazole ont fortement augmenté, ce dernier ayant dépassé les deux euros le litre en moyenne.

Derrière ces chiffres, ce sont d’abord les classes populaires qui paient la crise. Pour les millions de personnes sans alternative à la voiture, la hausse du carburant signifie rogner encore sur le reste pour aller travailler ou emmener les enfants à l’école. Pour celles qui se chauffent au gaz, elle annonce un nouvel hiver à arbitrer entre les dépenses essentielles. Et le choc pourrait dépasser largement les seules factures énergétiques : transport, agriculture et industrie dépendent massivement des hydrocarbures. Une nouvelle poussée inflationniste qui rend d’autant plus urgente la question de savoir qui doit payer la crise.

La crise et ses bénéficiaires 

Mais les crises ne frappent pas tout le monde de la même manière. Dans l’énergie, elles sont même devenues de formidables accélérateurs de profits. TotalEnergies en fournit l’exemple le plus outrageux : après la crise sanitaire, puis la guerre en Ukraine, le groupe a enregistré des bénéfices historiques, dépassant les 20 milliards de dollars plusieurs années de suite. Une envolée qui ne s’explique pas seulement par la hausse des coûts. Entre 2017 et 2024, dans la branche « énergie, eau et déchets », les profits auraient ainsi contribué à près de la moitié de l’augmentation des prix de production.

La crise actuelle reproduit cette mécanique. Le carburant vendu dans les stations au lendemain des premiers bombardements avait été extrait, acheté et raffiné avant l’envolée des cours. Pourtant, les prix à la pompe ont immédiatement augmenté : raffineurs et distributeurs anticipent les cours futurs et les répercutent sur leurs tarifs actuels. Autrement dit, la crise permet d’appliquer aujourd’hui les prix de demain et de dégager au passage des marges supplémentaires.

Pour aller plus loin : Pourquoi il faut bloquer les prix – Fondation insoumise

C’est là que se trouve le cœur du problème : les prix ne sont pas le résultat parfaitement neutre de l’offre et de la demande. Dans des secteurs concentrés comme l’énergie, quelques multinationales disposent d’un pouvoir considérable sur leur formation et sur leurs marges. Dès lors, empêcher qu’une guerre se transforme en nouvelle machine à surprofits suppose de s’attaquer directement à cette formation des prix. C’est précisément ce que les réponses gouvernementales se refusent jusqu’ici à faire.

Des mesures cosmétiques et inefficaces 

Face à cette flambée des prix, le gouvernement multiplie pourtant les mesures qui contournent soigneusement le cœur du problème. Contrôles dans les stations-service, éventuel encadrement des marges des distributeurs ou libération de 14 millions de barils issus des stocks stratégiques français : autant de réponses qui ne résolvent rien et qui laissent intactes la spéculation et les marges réalisées en amont par les raffineurs.

Même logique avec les chèques énergie : plutôt que d’empêcher les prix de s’envoler, l’État compense après coup une partie de la facture. Et ainsi, les multinationales encaissent et ce sont les finances publiques qui trinquent, alors même que le gouvernement se refuse toujours à augmenter les recettes par l’impôt progressif et la mise à contribution des superprofits. 


Le lien









Le Rassemblement national ne rompt pas davantage avec cette logique en proposant d’abaisser la TVA sur les carburants et l’énergie de 20 % à 5,5 %. Rien ne garantit en effet qu’une baisse de taxe soit intégralement répercutée sur le prix payé par les consommateurs : sans encadrement des prix et des marges, elle peut être en partie absorbée par les entreprises. Surtout, elle ferait perdre plusieurs milliards d’euros de recettes à l’État sans toucher aux mécanismes qui permettent aux grands groupes de profiter de la crise.

La libération des stocks stratégiques, les chèques énergie, les contrôles dans les stations-service ou encore la baisse de la TVA proposée par le RN sont autant de mesures cosmétiques qui en disent long sur le logiciel politique de ces formations : ne jamais s’attaquer aux racines capitalistes du problème, car cela impliquerait d’entrer en rapport de force avec les multinationales, leurs alliés et les principaux bénéficiaires de la crise. On contrôle, on indemnise ou on baisse les taxes, mais on laisse aux acteurs privés la maîtrise de la formation des prix : c’est précisément à l’encontre de cette logique que la proposition de blocage des prix entend déplacer le débat.

Le blocage des prix : une mesure efficace largement éprouvée 

Contrairement au récit médiatique dominant et aux cris d’orfraie d’une partie de la classe politique, le blocage des prix n’a pourtant rien d’une mesure extravagante. Le droit français permet déjà de réglementer les prix en cas de circonstances exceptionnelles et l’État y a eu recours à plusieurs reprises : lors de la guerre du Golfe en 1990, après le cyclone Hugo en Guadeloupe ou, plus récemment, pendant la crise du Covid-19 pour les masques et le gel hydroalcoolique. Dans les Outre-mer, l’intervention publique est même permanente sur certains produits essentiels : à La Réunion, le prix des carburants est fixé chaque mois par la puissance publique.

Ailleurs en Europe, plusieurs gouvernements ont également encadré directement les prix ou les marges face aux poussées inflationnistes. La Croatie plafonne ainsi les prix des carburants depuis 2021, tandis que la Grèce a choisi d’encadrer les marges des entreprises afin d’empêcher qu’elles ne profitent de l’inflation pour augmenter leurs bénéfices. Des expériences qui battent en brèche l’idée selon laquelle toute intervention publique sur les prix conduirait mécaniquement à la pénurie.

Reste alors la question du rapport de force. Si les grands groupes pétroliers décidaient de contourner durablement un blocage en vendant ailleurs leur production, l’État dispose d’autres leviers : réglementation, réquisition des stocks et, à terme, maîtrise publique du secteur. La question du blocage dépasse donc celle d’une simple mesure d’urgence : elle pose celle de savoir qui, du marché ou de la puissance publique, doit décider de l’accès à un bien aussi essentiel que l’énergie.

Mesures d’urgence et vision long-termiste : le blocage et plus encore

Comme le rappelait Manuel Bompard il y a quelques mois sur le plateau de BFMTV, qui semblait avoir à cœur de défendre le bilan social et international du gouvernement sur la question énergétique, le blocage des prix reste une mesure de court terme. Elle tranche pourtant radicalement avec les réponses du gouvernement et de l’extrême droite qui, par refus d’entrer en conflit avec les grands capitalistes et les profiteurs de crise, se refusent à prendre le problème des gens ordinaires et des foyers modestes à bras-le-corps.

Mais au-delà de l’urgence, La France insoumise se distingue aussi de ses adversaires par une appréhension plus globale du problème énergétique : le blocage des prix n’est pas une fin en soi, mais la première étape d’une politique qui doit aussi s’attaquer aux causes structurelles de ces crises.

Mais bloquer les prix ne suffira pas à empêcher la prochaine crise. Guerres, tensions géopolitiques, spéculation et dépendance aux hydrocarbures rendent ces chocs de moins en moins exceptionnels. La France importe aujourd’hui la quasi-totalité du pétrole qu’elle consomme : retrouver une maîtrise collective de l’énergie suppose donc de réduire cette dépendance par la bifurcation écologique, le développement des transports publics, la rénovation thermique et la planification énergétique. À cette souveraineté énergétique doit aussi répondre une politique internationale tournée vers la paix : le cessez-le-feu et le non-alignement sont aussi des réponses à une crise dont les conséquences économiques sont payées par les populations.

À plus long terme se pose enfin la question de la propriété des grands groupes énergétiques eux-mêmes. Car si TotalEnergies peut décider de ses investissements, de l’utilisation de ses profits ou de la destination des carburants raffinés en France, la puissance publique reste dépendante des choix d’un groupe guidé par les intérêts de ses actionnaires.

Sa nationalisation permettrait au contraire de reprendre la maîtrise d’une partie de la chaîne énergétique et d’orienter ses milliards de profits vers l’investissement, la bifurcation et les besoins de la population. Une perspective qui n’a d’ailleurs rien d’étrangère à l’histoire de l’entreprise : l’ancêtre de TotalEnergies, la Compagnie française des pétroles, avait été créé en 1924 à l’initiative de l’État précisément pour garantir l’indépendance énergétique française.

Bloquer les prix aujourd’hui, sortir de la dépendance aux hydrocarbures demain et reprendre collectivement la maîtrise de l’énergie : l’urgence sociale ouvre ainsi sur une question plus profonde, celle de savoir qui doit décider de nos besoins essentiels : les marchés et leurs actionnaires, ou la puissance publique et la population.

Sources:linsoumission.fr (Par Victor G)

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