A la marge,celle qui relie les pages

lundi 15 juin 2026

« L’Empire, la République et la Nouvelle France » – L’analyse de Imane El Hamzaoui.

 

 Ces derniers mois, la Nouvelle France a suscité de vives controverses nourries par des lectures aussi lacunaires que fallacieuses du concept insoumis. Certains l’accusent de récuser une France qu’ils seraient bien en peine de définir, d’autres lui reprochent de fracturer le corps social selon des lignes ethniques, et tous s’accordent à la draper de racialisme pour la discréditer.

Dans cette cacophonie médiatique, nous accueillons donc avec intérêt l’article de Vincent Bollenot qui a le mérite de soustraire le débat des anathèmes grotesques et outranciers pour le déplacer vers le terrain de la discussion raisonnée. Pour autant, cet article n’est pas exempt de contresens et il repose à bien des égards sur des prémisses discutables. Ainsi nous reproche-t-il de ne pas « prendre au sérieux la dimension impériale de France », ce qui, selon l’auteur, permettrait de « relativiser la nouveauté que représenterait la présence de populations racisées ». Mais encore faut-il s’assurer que la comparaison soit opérée sous un angle pertinent.

C’est à cette question, et aux autres critiques soulevées dans l’article, que ce texte entend répondre. Un article initialement publié dans la revue Contretemps.

La Nouvelle France n’est pas qu’une affaire de chiffres, elle est aussi perception de soi

Comme le précise Vincent Bollenot, les indigènes des colonies étaient pour la plupart des « sujets ». Rattachés à l’État français par la nationalité, ils étaient dépourvus des droits politiques et civils dont jouit le citoyen. Ce statut d’exception, consacré par le sénatus-consulte de 1865, proclamait une inégalité de droit et de fait : inégalité politique par l’exclusion du suffrage et le déni de la plupart des droits politiques, inégalité fiscale par l’assujettissement des indigènes à des impôts spéciaux tels que l’impôt de « capitation » ou encore inégalité juridique par la promulgation, en 1881, du régime de l’indigénat qui instituait des « infractions spéciales » aux indigènes[1].

S’affranchir de la condition subalterne de sujet supposait un processus de naturalisation qui ne pouvait aboutir qu’au prix du renoncement au « statut personnel », soit le reniement de la communauté d’origine. Mais cet arrachement aussi coûteux fut-il, ne suffisait pas à garantir l’accès à la citoyenneté, il s’en fallait de loin.

En Algérie, exemple paradigmatique car c’est en son sein que nombre de politiques coloniales ont été conçues avant d’être étendues au reste de l’empire, on n’a compté que six mille naturalisations d’« indigènes » musulmans pendant toute la période coloniale. Si la nationalité était la norme, la citoyenneté était une faveur qui rétribuait quelques « serviteurs de la France ».

Le profil de ces rares admis dans la communauté des citoyens de plein droit est révélateur de la fonction politique de ce dispositif. Il s’agissait en majorité de militaires à la loyauté éprouvée sur le champ de bataille, et d’instituteurs récompensés pour avoir répandu « la civilisation française dans les campagnes algériennes »[2]. En somme, l’accès à la citoyenneté nécessitait de participer à l’oblitération de la société précoloniale, que ce soit par le sang versé ou l’acculturation forcée.

La comparaison de la Nouvelle France avec la période coloniale nous paraît tout aussi surprenante que mal posée en ce qu’elle risque, à son insu, de reconduire le cadre discursif colonial. Car on ne saurait reconnaître dans la nationalité accordée aux indigènes autre chose que le sceau de la sujétion forcée à une puissance étrangère qui pille, violente, spolie, viole, massacre et se prévaut de la force de la légalité et du droit.

Mobiliser la « francité coloniale » comme analogue à la citoyenneté actuelle avalise involontairement la fiction juridique coloniale qui se drape des atours de la mission civilisatrice et travestit la violence en générosité. Cela occulte le fait que la revendication de pleine citoyenneté posée par le discours de la Nouvelle France est précisément le contraire du discours colonial puisqu’il porte sur la demande d’égalité prononcée depuis les groupes dominés.

Il ne s’agit pour nous ni de passer sous silence les ruptures et continuités entre ces deux périodes historiques ni d’estomper l’écart entre l’égalité formelle et l’égalité effective. Mais la rigueur intellectuelle, nécessaire à l’action politique, exige de ne pas escamoter hâtivement leurs différences juridiques et politiques au risque de manquer sa cible. Toutefois, là n’est pas encore le cœur de l’erreur d’analyse de Vincent Bollenot.

Si nous prenons au sérieux l’histoire impériale de la France comme nous y invite l’auteur, il convient d’accorder autant d’importance au sujet collectif que constituaient les colonisés hier qu’à celui que constituent les Français racisés aujourd’hui. Or, c’est précisément ce que Bollenot a omis dans son analyse. À ne raisonner qu’en termes de structures et de régimes de domination, on efface les sujets politiques qui les subissent, et qui demeurent pourtant la force motrice de l’histoire.

Si l’on reprend l’exemple des naturalisations en Algérie, l’élément saillant tient en réalité bien moins à la rareté des admissions qu’à celle, plus marquée encore, des demandes. De 1870 à 1919, seuls quelques 2000 Algériens musulmans ont entrepris la démarche car, sous le joug colonial, la naturalisation valait trahison. Pour reprendre les mots du sociologue Abdelmalek Sayad, c’était « une sorte d’acte “contre nature” (socialement et politiquement) » qui « équivalait à se désolidariser de la condition de colonisé »[3]. Et pour cause, le colonisé algérien ne voulait pas se fondre dans le corps national de l’Empire qui le dominait, il n’aspirait qu’à sa libération nationale et au départ du colon de ses terres.

C’est là que se loge le clivage le plus irréductible entre la condition des colonisés, citoyens ou non, et l’expérience des Français racisés. Ces derniers sont français dans leur citoyenneté comme dans leur conscience, ils ne revendiquent d’autre horizon que la reconnaissance sans réserve de ce qu’ils sont déjà, et réclament que les principes républicains qui ont tant failli à l’égard de leurs grands-parents cessent enfin de leur faire défaut. Il n’est, à cet égard, pas anodin que 95 % des descendants d’immigrés déclarent se sentir chez eux en France, soit 2 points de plus que les personnes sans ascendance migratoire[4].

En somme, la nouveauté réside aussi dans les modes de subjectivation que la différence d’expérience produit : la conscience de soi des colonisés se constitue à l’extérieur et en opposition à la France, tandis que celle des Français racisés se forge dans la revendication d’une égalité réelle au sein de la communauté politique française. Qui a participé à la marche contre l’islamophobie de 2019 ou aux manifestations contre les violences policières en 2020 et y a vu le nombre de drapeaux français, comprendra bien que la revendication nationale est devenue un mode de politisation de l’antiracisme pour soi.

Nouvelle France, nouveau roman national ?

Nos détracteurs ont souvent soutenu que la Nouvelle France était « un roman national » dressé en miroir de celui de l’extrême droite. Le procédé est connu : il vise à nous enfermer dans un narratif ethniciste ou alors nationaliste et imprégné de nostalgie coloniale et, ce faisant, disqualifier le concept insoumis[5]. Rappelons de prime abord que la Nouvelle France ne porte pas uniquement sur le fait migratoire. Elle décrit les grands bouleversements qu’a connus le pays depuis 1958, année d’instauration de la Vᵉ République[6].

Par ailleurs, la nouveauté de ces mutations tient souvent moins à leur apparition qu’à leur massification et leur intensification. De ce fait, il ne s’agit ni de consacrer la disparition d’une « vieille France », réelle ou fantasmée, ni d’établir une rupture ontologique entre deux France opposées l’une à l’autre, mais de proposer un contenu progressiste à l’idée de France, ne serait-ce qu’en modifiant son rapport au temps : non plus une France définie par son passé, mais plutôt tournée vers son futur. En cela, le travail sur la Nouvelle France peut s’apparenter à un travail d’hégémonie, à la construction du « national-populaire » » gramscien qui intègre les différentes dimensions de la domination (sexisme, racisme, précariat, etc.).

Si l’article de Bollenot se garde de reprendre cette rengaine éculée, il n’en demeure pas moins que ses critiques portent sur le même thème, celui de la « « France éternelle ». Selon lui, « parler de “Nouvelle France” […] risque d’entériner implicitement le roman national qui dresse le tableau rétrospectif d’une France blanche, homogène et figée ». Mais que vaut cet argument une fois énoncé ?

Prenons Vincent Bollenot au mot. Il pose deux prémisses. D’une part, il postule que parler de « nouveauté » au sens d’une présence accrue des populations racisées en France reviendrait nécessairement à entériner l’idée d’une France blanche et chrétienne. D’autre part, il affirme que cette « nouveauté » ne pourrait être reconnue que dans le cadre d’« une vision […] spécifiquement centrée sur l’Hexagone ».

Si l’on combine ces deux prémisses, on aboutit donc à une conclusion qui ferait le bonheur de l’extrême droite : celle d’une France hexagonale jadis blanche et chrétienne ! Voilà le mirage de la « France éternelle » validé à condition de s’en tenir au sol de l’hexagone. Ce n’est évidemment pas notre thèse mais la conséquence du raisonnement de Bollenot. Nous nous doutons bien que ce n’est pas là la conclusion à laquelle il voulait aboutir mais cette démonstration par l’absurde sert à montrer en quoi son postulat de départ est faux, puisqu’il conduit précisément à ce qu’il voulait dénoncer.

Pour notre part, nous récusons avec force le fantasme d’une « France éternelle » et, comme nous avons pu le dire à de nombreuses reprises[7], nous considérons la France comme une nation politique non pas ethnique, nous savons que sa terre est un creuset d’immigration dont les ancêtres ne sont pas plus les Gaulois que les Francs, les Burgondes, les Wisigoths, les Alamans, les Juifs, les Arabes, les Vikings, les Roms et tant d’autres encore, et que sa langue est une langue romane qui emprunte bien plus de mots à l’arabe qu’au vocabulaire gaulois. La Nouvelle France ne se dresse pas en opposition à cet état de fait, elle en est la continuité.

La Nouvelle France par-delà les polémiques

Il ne fait nul doute que les polémiques successives autour de la Nouvelle France en ont obscurci la compréhension pour certains et il est regrettable que cette confusion n’ait pas épargné ceux qui, partageant nos luttes et préoccupations, n’en ont qu’une lecture partielle. Car la Nouvelle France n’est ni uniquement un « retournement du stigmate » ni une opération pour « présenter sous un jour mélioratif l’état de fait de la présence en France de différentes minorités politiques » comme l’écrit Vincent Bollenot.

La Nouvelle France est avant tout un concept politique qui vise à analyser la réalité du pays dans toute la profondeur de son nouvel état historique. Elle entend penser la société à partir des transformations du capitalisme, des nouvelles fractures qu’il produit au sein des catégories populaires et des formes renouvelées de domination. De ce fait, elle ne saurait être réduite à une rhétorique de riposte contre l’extrême droite ou une énième liturgie d’antiracisme moral sans portée transformatrice.

Cette démarche permet au contraire d’orienter l’action politique à partir des réalités matérielles et des contradictions structurantes de l’époque. Celles-ci se manifestent dans différents registres : nouvelles conditions des femmes, nouvelles conditions ouvrières, nouvelles conditions des jeunes, nouveaux liens sociaux, nouvelle composition de la population ou encore nouvelles migrations internes pour ne citer que celles-ci.

Par conséquent, lorsque Jean-Luc Mélenchon mentionne les migrations internes, il ne s’agit nullement d’ « un amalgame » avec les migrations en provenance de l’étranger mais de restituer les différentes transformations constitutives de la Nouvelle France. Leur évocation ne vise donc pas à minorer la domination raciste par effet de comparaison. Si les migrations internes nous occupent, c’est qu’elles permettent d’éclairer comment l’entrée de la majorité de la population dans la civilisation urbaine a créé une dépendance croissante aux réseaux et le développement du capitalisme tributaire[8]. Car malgré ce qu’en disent nos détracteurs, tout, dans la Nouvelle France, n’est pas une affaire de migrations de l’étranger.

Nous partageons pleinement l’ambition de l’auteur lorsqu’il appelle à « lutter contre la domination blanche en articulation avec le démantèlement du patriarcat, de l’exploitation capitaliste, du ravage écocidaire, de la domination validiste et de toutes les formes d’exploitation et d’oppression ». C’est d’ailleurs dans cette perspective qu’a été développé le concept de Nouvelle France qui permet de penser l’articulation de ces différentes dominations de 1958 à nos jours.

Nous comprenons dès lors difficilement qu’il nous reproche que notre concept « mêle une série d’éléments qui n’ont pas forcément de rapport évident les uns avec les autres » tant cette objection pourrait être adressée à son objectif déclaré. Pour nous, l’action politique ne saurait être dissociée du travail de réflexion sur le monde qu’elle entend transformer, c’est dans cette exigence que s’inscrit la Nouvelle France.

Sources:linsoumission.fr (Par Imane El Hamzaoui)

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vendredi 12 juin 2026

Victoire – La nationalisation d’ArcelorMittal adoptée à l’Assemblée nationale, le RN s’est abstenu

 ArcelorMittal. « Serons-nous une grande nation de l’acier vert ou bien un petit pays qui renonce à sa souveraineté industrielle ? », interrogeait ce matin Aurélie Trouvé à l’Assemblée nationale. La députée LFI était rapporteure de la proposition de loi défendant la nationalisation du sidérurgiste ArcelorMittal, adoptée à 16 h 30 ce jeudi 11 juin. Depuis des mois, les Insoumis se battent pour défendre ce fleuron de l’industrie française. En effet, la multinationale menace de délocaliser sa production, menaçant 15 000 emplois et jusqu’à 80 000 emplois indirects. De plus, le sidérurgiste refuse de mener les investissements nécessaires pour produire un acier vert. Lors de la dernière niche parlementaire en novembre 2025, le groupe LFI avait déjà fait voter l’Assemblée nationale en faveur de cette nationalisation.

Sans surprise, le Gouvernement traîne les pieds pour reprendre cette proposition de loi afin qu’elle puisse aboutir et être appliquée. Pas mieux du côté du Rassemblement national, qui s’est abstenu lors du vote en hémicycle ce jour. Défense de la souveraineté industrielle du pays, avez-vous dit ? Les insoumis, eux, font preuve d’un engagement constant dans la défense d’ArcelorMittal et de ses salariés. Ce 11 juin, le candidat à l’élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon, de nombreux députés et militants insoumis étaient présents aux côtés des salariés du sidérurgiste, rassemblés à proximité de l’Assemblée nationale pour demander d’urgence la nationalisation d’ArcelorMittal.

À l’occasion de l’adoption de cette proposition de loi et du rassemblement des ouvriers pour demander la nationalisation, L’insoumission republie dans ses colonnes une tribune dans laquelle Aurélie Trouvé la défendait avec brio.

« ArcelorMittal produit les deux tiers de l’acier français : que se passerait-il si l’industrie française et européenne devait importer tout ce métal ? » – Aurélie Trouvé

Du métal sans Mittal ! C’est la devise des travailleurs d’ArcelorMittal en France, qui se battent depuis des années pour sauver leur outil de travail, leurs 15.000 emplois et plus encore, la souveraineté industrielle du pays. ArcelorMittal produit les deux tiers de l’acier français, dont dépendent l’industrie automobile, la construction navale, aérospatiale, ferroviaire et nucléaire, du bâtiment… Que se passerait-il si l’industrie française et européenne devait importer tout ce métal ? La dépendance serait complète à l’égard de l’acier des pays tiers, qui pourraient organiser le marché à leur avantage, faire monter les prix en cas de tension, orchestrer des ruptures d’approvisionnement…

Produire l’acier dans notre pays est stratégique. L’Europe s’est construite sur cette idée : l’acier comme base de la sécurité et de l’indépendance. Les années 80 ont été cruelles pour la sidérurgie française, et la France laisse son outil dépérir depuis 40 ans.

Pour aller plus loin : Aditya Mittal : l’héritier d’une multinationale climaticide gavée d’argent public

 

Un acier vert plus compétitif

Mais depuis que le groupe Mittal a récupéré le groupe Arcelor en 2008, ArcelorMittal délocalise plus brutalement la production d’acier. La multinationale a délibérément laissé se dégrader les usines, pour investir massivement au Brésil, en Inde ou aux États-Unis. Un millier d’emplois ont encore été supprimés en France depuis un an. A Fos-sur-Mer, un seul des deux haut-fourneaux reste en marche. Les salariés sont exposés à la dangerosité d’installations vétustes et dangereuses : exposition à l’amiante, fuites de gaz, incendies récents sur des convoyeurs…

Les mois qui viennent sont absolument décisifs : soit la décarbonation des hauts fourneaux est enclenchée, soit la production d’acier est condamnée. Dans quatre ans, les nouvelles règles européennes sanctionneront lourdement l’acier produit à partir de charbon, responsable de 22 % des émissions industrielles de gaz à effet de serre en France. Dans quatre ans, sans décarbonation, ce ne sera plus rentable de produire de l’acier en France, selon les propos du PDG d’ArcelorMittal France lui-même. À l’inverse, l’acier vert, décarboné, sera bien plus compétitif que l’acier conçu avec du charbon, qui sera surtaxé.

ArcelorMitall balade tout le monde

Quatre ans : c’est justement le temps qu’il faut pour construire des fours électriques, produisant de l’acier vert. C’est donc maintenant qu’il faut investir ! Mais ArcelorMittal s’y refuse obstinément. L’Union européenne a pourtant annoncé le doublement de ses droits de douane, en réponse aux grands sidérurgistes. L’État a proposé une aide publique de 850 millions pour faciliter l’opération. Mais ArcelorMittal en demande toujours plus pour investir ne serait-ce que dans un seul four électrique, qui couvrira à peine 30 % de la production du seul site de Dunkerque !

La multinationale continue de balader tout le monde et se cherche des excuses : la concurrence chinoise, la chute des débouchés… Et tout le monde fait semblant d’oublier ses bénéfices mirifiques, qui ruissellent surtout vers les actionnaires et vers la famille Mittal (10 milliards en trois ans), de même que sa stratégie d’optimisation fiscale agressive qui lui permet d’éviter tout impôt sur les sociétés en France ces dernières années. Mystère également sur les aides publiques massives reçues (300 millions d’euros en 2023) dont on ne sait pas à quoi elles ont servi.

Nationaliser pour maintenir la souveraineté industrielle

Force est de constater qu’en dehors de la nationalisation d’ArcelorMittal, il n’y a aucune autre voie légale ou politique qui ne permette de garantir le maintien de l’emploi, de la souveraineté industrielle et des actifs stratégiques, ou encore la transition écologique. C’est d’ailleurs face à un tel constat que le Royaume-Uni ou l’Italie ont récemment procédé à des formes de nationalisations de leur sidérurgie. Sans compter les nombreux autres exemples en Allemagne ou dans les pays nordiques d’entreprises sidérurgiques qui associent puissance publique et salariés et qui investissent et maintiennent les emplois.

En 1982, la France elle-même avait nationalisé cette industrie : ce fut Usinor et Sacilor… privatisés en 1995 pour devenir ensuite ArcelorMittal ! Reste le coût de cette nationalisation. Mais la doxa de l’astreinte budgétaire ne tient pas dans ce cas : 3 milliards environ seraient nécessaires pour nationaliser l’ensemble des actifs français d’ArcelorMittal. Que sont ces 3 milliards à côté des coûts pour toute la société, de la perte de la production d’acier française et de 80.000 emplois perdus de façon directe ou indirecte ?

Et c’est sans comptabiliser les bénéfices qui grossissent aujourd’hui les comptes offshore des grands actionnaires et les recettes fiscales qu’ils généreraient. La reprise en main d’ArcelorMittal France fera de notre pays un leader mondial de l’acier vert. Bien plus que de grands-messes dédiées aux investisseurs, c’est de cette bifurcation écologique et sociale dont l’économie française a besoin.

Sources:linsoumission.fr     (Par Aurélie Trouvé)

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mardi 9 juin 2026

À Saint-Denis, une démonstration de force populaire pour le lancement de campagne de Jean-Luc Mélenchon.

 

Mélenchon. Ce dimanche 7 juin, la place Victor-Hugo de Saint-Denis s’est transformée en démonstration de force populaire. Plus de 26 000 personnes se sont réunies pour le meeting de lancement de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. Le candidat insoumis, Bally Bagayoko, Annie Ernaux et Éric Vuillard ont esquissé une alternative au « suprémacisme » et au « néolibéralisme », celle de la Nouvelle France et de la VIᵉ République. Le leader insoumis a aussi dessiné les contours de l’autre monde possible : SMIC à 1700 euros net, retraite à 60 ans, sécurité sociale intégrale, restructuration des régions autour des grands bassins versants des fleuves et bien d’autres propositions.

Un mois seulement après l’annonce de sa candidature, le 3 mai dernier, le fondateur de La France insoumise a rassemblé bien au-delà des attentes, faisant trembler ses adversaires. Plus de 300 000 personnes le soutiennent déjà. Et vous ? Rendez-vous sur melenchon2027.fr pour signer et faire signer ! Notre article. 

26 000 personnes, Annie Ernaux et Éric Vuillard pour lancer la campagn HISTORIQUE !

Drapeaux, pancartes, costumes, slogans et créations militantes ont envahi la place dans une ambiance qui rappelait davantage une fin de campagne qu’un lancement. Parmi la foule, on apercevait notamment un maillot de l’équipe de France floqué « Mélenchon 2027 », à quelques jours du début de la Coupe du monde.

Pour aller plus loin : 2 jours avant son meeting à Saint-Denis, Mélenchon reçoit le soutien de plus de 300 000 personnes

Avant l’intervention du candidat, plusieurs personnalités sont montées à la tribune. La prix Nobel de littérature Annie Ernaux et le prix Goncourt Éric Vuillard ont livré des discours mêlant mémoire populaire et espérance politique. Dans le public se trouvaient également l’actrice Liliane Rovère et la chanteuse Zaho de Sagazan.

Saint-Denis, entre mémoire et avenir

Le maire de Saint-Denis-Pierrefitte, Bally Bagayoko, a ouvert la soirée en rappelant la portée symbolique du lieu : « la ville des rois morts et du peuple vivant ». Une formule qui a donné le ton du meeting. Tout au long de la soirée, les intervenants ont établi un lien entre les combats historiques du peuple français contre le fascisme, le racisme ou la domination sociale et le projet porté par les Insoumis.

Un pont entre les « mémoires de ceux qui ont combattu le racisme, le fascisme, l’occupation et la barbarie ! » et du projet politique. Car, selon Annie Ernaux, cette phrase « unit le passé et le présent, mais le « et » oppose aussi ! ». La nouvelle France demande l’abolition des privilèges, ceux des dirigeants sur le peuple, des riches sur les pauvres, des hommes sur les femmes.

« Après la Révolution française, la Commune de Paris, le Front populaire, aujourd’hui le quartier qui fait l’Histoire, c’est ici », a lancé Éric Vuillard sous les acclamations d’une foule répondant : « Résistance ! »

Rassemblement National, « secteurs patronaux irresponsables » et « élites médiatiques » : le suprémacisme et ses avatars comme adversaire politique

Et l’Histoire semble précisément s’accélérer. « Dans le chaos naissant, un nouveau projet politique germe : le suprémacisme », alerte Jean-Luc Mélenchon. Il décrit celui-ci comme une « volonté de hiérarchisation humaine visant à dominer les peuples en les divisant selon leurs ethnies et leurs religions ».

Se posant en adversaire résolu de ce projet, le candidat insoumis entend battre le Rassemblement national, qu’il accuse de porter cette vision du monde et de rallier à lui « d’amples secteurs patronaux irresponsables et une large partie des élites médiatiques, regroupées par l’islamophobie ».

La rupture sociale et écologique face au « champ de ruines sociales » du macronisme

Face à cette menace, le néolibéralisme et les différentes tentatives d’accommodement avec lui ne constituent, selon lui, aucune réponse crédible. « La France est un champ de ruines sociales depuis Macron », affirme-t-il, avant de poursuivre : « Le macronisme restera celui de la régression sociale et de la misère pour le plus grand nombre, au profit de l’accumulation des richesses ».

L’homme qui a réalisé 22% des suffrages en 2022 – à un point du second tour – a dévoilé plusieurs mesures phares de son programme : le SMIC à 1 700 euros net, le retour de la retraite à 60 ans, une loi contre les monopoles médiatiques, une loi globale contre la pédocriminalité ou encore la création d’une sécurité sociale intégrale, étendue à « d’autres domaines de l’existence ».

Il a également développé sa vision de la planification écologique et de la régionalisation comme réponse à ce qu’il nomme « l’ère des maladies écologiques ». « Les régions seront entièrement restructurées autour des grands bassins versants des fleuves. Elles seront dédiées à la bifurcation écologique et constitueront la première ligne d’alerte et de mise en œuvre de la planification écologique », a-t-il expliqué.

Face à l’augmentation du diabète, des cancers, de l’obésité ou encore de l’infertilité, il estime que « la sauvegarde et donc la continuité de l’espèce humaine passe désormais par sa santé, devenue une nouvelle frontière de l’humanité ».

De la « Nouvelle France » à la VIe République : une société en mutation, un projet de refondation démocratique et sociale

« On est chez nous ! » scande alors une foule enthousiaste. Jean-Luc Mélenchon a tenu à répondre aux caricatures visant le concept de Nouvelle France. S’appuyant sur les transformations de la société française depuis 1958, développées dans son ouvrage Nouveau peuple, nouvelle gauche, il décrit une France plus éduquée, plus urbanisée, plus connectée, plus créolisée, mais aussi plus âgée, plus féminisée, davantage tertiarisée et ubérisée.

Ce peuple en mouvement revendique de nouveaux droits : ceux des femmes, des personnes LGBT+, des enfants, des adolescents ou encore des habitants des quartiers populaires. Il ne se satisfait plus de la monarchie présidentielle de la Ve République et aspire à une nouvelle Constitution : celle d’une « VIe République sociale et écologique ».

Jean-Luc Mélenchon a également annoncé vouloir avancer vers une « autonomie étendue » de la Corse et vers l’indépendance de la Kanaky-Nouvelle-Calédonie. « Notre présidence gouvernera avec un principe commun, celui du respect des populations et de la volonté de les aider à se libérer de toutes les dépendances et dominations ! » a t-il déclaré, en donnant une perspective, celle du « droit complet à l’autonomie quand et seulement quand les populations concernées la souhaitent et au rythme qu’elles auront choisi. »

Le projet de la Nouvelle France est aussi celui des prouesses technologiques. Sans céder à une confiance aveugle dans la technique, Jean-Luc Mélenchon défend des innovations capables de soulager les travailleurs, de renforcer la souveraineté numérique du pays et de répondre aux grands défis de notre temps. Parmi les objectifs qu’il fixe à la France figure notamment la maîtrise de l’ordinateur quantique.

« C’est nous qui avons gagné l’honneur de marcher en première ligne  »

Dans la dernière partie de son discours, le fondateur de La France insoumise s’est félicité du « dévouement », de « l’acharnement dans la lutte » et du « sérieux dans le travail » des députés et eurodéputés insoumis. Nationalisation d’ArcelorMittal, loi interdisant les produits pollués, pétition européenne contre l’accord d’association avec Israël, constitutionnalisation du droit à l’IVG ou encore reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’Humanité : autant de combats qui constituent déjà le bilan de l’équipe candidate.

Il a également salué « la capacité à agir » des militants et sympathisants qui ont contribué à renforcer le mouvement. À chaque échéance électorale, a-t-il rappelé, les scores de La France insoumise ont progressé : à la présidentielle, aux législatives, aux européennes comme aux municipales.

« Pour une fois, les étoiles sont alignées. Sans contestation possible, la première force politique de la gauche et du changement, la voici ! », a-t-il lancé. Il a alors appelé à la responsabilité des électeurs, des élus et des organisations politiques. Alors que « la primaire est finie », tous ceux qui souhaitent participer à la bataille pour la VIe République sociale et écologique sont les bienvenus, a-t-il répété, rappelant qu’une proposition de Nouvelle Alliance populaire avait déjà été adressée aux autres forces de gauche.

« Ce type de train de l’Histoire ne passe pas deux fois », a conclu Jean-Luc Mélenchon sous les applaudissements de la foule.

Saint-Denis, acte I de la campagne

Vers 18 heures, les dizaines de milliers de personnes présentes place Victor-Hugo ont quitté les lieux avec le sentiment d’avoir assisté à l’ouverture d’une nouvelle séquence politique pour le pays. Un mois après l’annonce de sa candidature, le candidat insoumis a transformé son premier grand rendez-vous de campagne en démonstration de force populaire.

Sources:linsoumission.fr  (Par Lilian Davy)


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lundi 8 juin 2026

« La haine du peuple », par Benoît Schneckenburger

 Le dernier ouvrage de Benoît Schneckenburger, La haine du peuple (Fayard), développe une interrogation ancienne : pourquoi la démocratie, pourtant tenue pour le régime le plus légitime, demeure-t-elle à la fois rare et constamment contestée ? En reprenant la formule d’Amiel — « Stulti sunt innumerabiles » « les idiots sont innombrables — l’auteur rappelle que la défiance envers le peuple plonge ses racines dans une tradition intellectuelle profonde, où la multitude est spontanément associée à l’irrationalité. De là naît une équation durable : si le peuple est irrationnel, il ne saurait gouverner. L’histoire de la pensée politique apparaît ainsi traversée non seulement par une défense de la démocratie, mais tout autant par sa mise en accusation. Notre article.

Le gouvernement représentatif comme mise à l’écart de la représentation populaire

Benoît Schneckenburger remonte à l’origine grecque de cette ambivalence. Athènes, en instituant l’isonomia, l’iségoria et la parrhèsia, égalité et liberté, invente simultanément les principes démocratiques et les arguments destinés à les disqualifier. La démocratie y est d’emblée soupçonnée d’être un régime sans compétence, livrant le pouvoir à la contingence du tirage au sort. Platon y dénonce la démagogie, Aristote le gouvernement des « moins bons », c’est-à-dire selon lui des plus pauvres. Ce double soupçon — irrationalité politique et menace sociale — ne cessera de hanter les critiques ultérieures.

La modernité, loin de dissiper cette méfiance, la reformule. Avec Bodin et Hobbes, l’État souverain s’impose comme une unité verticale, fondée sur une volonté indivisible, qui reconduit une structure fondamentalement non démocratique. La confusion fréquente entre République et démocratie, particulièrement en France, masque mal cette tension : de Rome à la Ve République, en passant par Venise ou les débuts des États-Unis, nombre de régimes républicains se sont construits contre le peuple, ou du moins à distance de lui. Le gouvernement représentatif lui-même apparaît ainsi comme une technique de mise à l’écart de la souveraineté populaire.

Son analyse s’étend aux dispositifs institutionnels et intellectuels modernes, notamment aux écoles de science politique, qui participent à la reproduction d’une méfiance aristocratique. Comme le formule l’un de ses fondateurs, Boutmy, il s’agit de contenir « le droit du plus nombreux ». Derrière l’idéal méritocratique se profile souvent la perpétuation d’un ordre social hiérarchisé. Parallèlement, les sciences sociales naissantes — de la psychologie des foules à certaines sociologies politiques — contribuent à forger l’image d’un peuple instable, manipulable, voire dangereux.

Pour aller plus loin : « Genova is very nice » ou comment raconter la répression du mouvement altermondialiste

La démocratie : l’égalité de tous à participer à la détermination du commun

Les grandes figures de la philosophie ne sont pas exemptes de cette défiance. De Kant à Hegel, de Tocqueville à Nietzsche, la démocratie suscite réserves ou hostilité. Nietzsche la décrit comme la « forme historique du déclin de l’État », tandis que Tocqueville évoque le spectre d’un « despotisme démocratique ». Quant aux penseurs contre-révolutionnaires, tels que Bonald ou de Maistre, ils assument explicitement un projet antidémocratique dont certaines réalisations historiques, jusqu’au régime de Vichy, portent la trace.

Face à ces offensives, l’auteur invite à réaffirmer le sens fondamental de la démocratie : non pas le gouvernement des plus compétents, mais l’égalité de tous à participer à la détermination du commun. C’est précisément ce principe que ses adversaires refusent.

Dans cette optique, Schneckenburger critique également l’usage inflationniste du terme « populisme », qui fonctionne moins comme un concept que comme un instrument de disqualification. Appliqué indistinctement à des figures politiques hétérogènes — de Bourdieu à Tapie, de Mélenchon à Macron ou Orbán —, il masque une défiance persistante envers le peuple, supposé incapable de discernement.

L’ouvrage propose en outre une réflexion plus conceptuelle sur la démocratie comme forme intrinsèquement conflictuelle. La célèbre formule du « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » se révèle problématique : comment le peuple peut-il être à la fois sujet et objet du pouvoir ? Cette tension, loin d’être un défaut, constitue le cœur même de la démocratie, qui ne se laisse réduire ni à l’absence d’ordre ni à un ordre fixé une fois pour toutes.

La démocratie suppose ainsi la confrontation des opinions et des intérêts, sans garantie d’un savoir définitif

Benoît Schneckenburger insiste sur l’irréductible incertitude qui caractérise la démocratie. Les lois politiques ne relèvent pas d’une vérité scientifique, car elles ne décrivent pas des faits naturels mais instituent des formes de vie. La démocratie suppose ainsi la confrontation des opinions et des intérêts, sans garantie d’un savoir définitif.

En ce sens, la démocratie apparaît comme une forme paradoxale, presque un « cercle-carré ». Elle ne se réduit ni à une souveraineté ni à un mode de gouvernement déterminé, mais désigne un processus d’émancipation toujours inachevé. Être autonome — auto nomos — ne renvoie pas à un état stable, mais à une dynamique historique. Dès lors, la démocratie ne constitue ni un idéal achevé ni une utopie, mais un horizon.

Au moment où, grâce à l’ouvrage d’Arnaud Miranda Les Lumières sombres (Gallimard, 2026), il est insisté à la montée de néoréactionnaires de la galaxie MAGA – GAFAM la Haine du peuple rappelle l’origine de cette offensive anti démocratique.

La référence finale à Spinoza — l’État démocratique comme « le plus naturel et celui qui est moins éloigné de la liberté » — éclaire l’ensemble du propos : si la démocratie suscite tant d’hostilité, c’est précisément parce qu’elle incarne au plus près cette exigence d’égalité et de liberté que nombre de traditions intellectuelles n’ont cessé de contester.

Sources:linsoumission.fr


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vendredi 5 juin 2026

2 jours avant son meeting à Saint-Denis, Mélenchon reçoit le soutien de plus de 300 000 personnes.

 

En un peu plus d’un mois, la candidature de Jean-Luc Mélenchon a obtenu plus de 300 000 parrainages citoyens. De quoi faire pâlir ses nombreux adversaires. Les 150 000 premiers, condition sine qua non pour que la candidature du leader insoumis soit définitive, avaient été atteints en moins de 24 heures. Depuis lors, la campagne insoumise bat son plein. Les éditorialistes de plateaux en perdent leurs mots. Sur LCI, voici comment en parlait Renaud Pila le 27 mai : « Depuis un mois, c’est un sans-faute. C’est à montrer dans les écoles de communication politique. Des dizaines de milliers de militants sont déjà au travail, ils font déjà du porte-à-porte ! LFI est une machine de guerre ! ». N’en jetez plus !

Le détail des chiffres de ces parrainages citoyens démontre combien LFI réussit déjà à convaincre au-delà de sa base. Au 16 mai 2026, alors que le compteur de soutiens affichait 270 000, 160 000 d’entre eux (environ 60 %) n’étaient pas inscrits préalablement sur la plateforme numérique de LFI. Partout en France, des groupes d’action militants se créent ou s’amplifient grâce à l’afflux de nouveaux militants déterminés. Raison supplémentaire de se réjouir : les sondages biaisés des grands instituts n’arrivent pas à cacher la dynamique autour du tribun insoumis.

L’institut Odoxa le donne à 16 % d’intentions de vote au premier tour de la présidentielle. Ce même institut lui donnait ce score… 3 jours avant le premier tour de l’élection de 2022 ! À 10 mois de l’élection suprême, le second tour est à portée de main pour Jean-Luc Mélenchon. Le premier rendez-vous de la campagne est donné à Saint-Denis ce dimanche 7 juin, 15 heures, place Victor Hugo. Un grand moment d’éducation populaire de masse et une démonstration de force insoumise se préparent. Notre brève.

Pour aller plus loin : Mélenchon sondé à 16% – Une puissante dynamique s’amplifie autour du leader insoumis

« Le meeting de Mélenchon ce dimanche 7 juin à Saint-Denis, ça va être quelque chose ! Venez donner de la force ! » – Smaël, co-animateur des Jeunes insoumis de Montreuil

 Sources:linsoumission.fr

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jeudi 4 juin 2026

La dynamique entre Mélenchon et Glucksmann : le « jour et la nuit » d’après ce spécialiste des réseaux sociaux.

 












Mélenchon/Glucksmann. Dans un article publié le 2 juin par le site Atlantico, plusieurs questions sont posées à Fabrice Epelboin, spécialiste des réseaux sociaux, au sujet des campagnes numériques de Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann. Pour le spécialiste, c’est « le jour et la nuit » entre les deux candidats. « La machine numérique derrière Jean-Luc Mélenchon a été construite patiemment, intelligemment, depuis plus de dix ans, avec des investissements massifs en temps et en savoir-faire. C’est une véritable armée de militants en ligne, ultra-coordonnée », écrit-il.

À l’inverse, Raphaël Glucksmann a perdu « 143 000 abonnés, passant de 802 000 à 659 000. Soit une réduction de 18 % », assène-t-il méthodiquement. Les raisons sont déjà connues mais d’autres sont précisées par le spécialiste. Instagram a procédé récemment à un grand nettoyage de sa plateforme. Une « purge numérique » destinée à supprimer les faux comptes achetés par des émetteurs, pour gonfler artificiellement leur nombre d’abonnés. Et ces pertes massives d’abonnés ont concerné Raphaël Glucksmann, selon les informations transmises par Fabrice Epelboin. Le coprésident de Place publique, connu pour être l’ex-conseiller du dictateur géorgien Mikheil Saakachvili, aurait donc acheté des faux comptes pour compenser les militants qu’il n’a pas ? Notre article.

La chute vertigineuse pour Glucksmann, la dynamique permanente pour Mélenchon 

Au total, Raphael Glucksmann a perdu 150 000 abonnés en deux ans, une chute vertigineuse et inarrêtable. Quant à Jean-Luc Mélenchon, le leader insoumis en a gagné 50 000 en un seul mois.. La « purge numérique » d’Instagram est-elle la seule cause de la perte vertigineuse du nombre d’abonnés de Glucksmann ? Non, comme en témoigne l’analyse de certaines séquences où le candidat PS a révélé ses réelles positions.

Raphaël Glucksmann a ainsi perdu un nombre conséquent d’abonnés après ses votes contre la condamnation des crimes de Netanyahou en fin d’année 2023. Pour lui, le génocide à Gaza n’existe pas. L’ex-conseiller du dictateur géorgien Mikheil Saakachvili a aussi illustré, à plusieurs reprises, à quel point il est un candidat digne du macronisme. L’Insoumission vous en parlait dans une récente vidéo.

Comme Macron, Bardella, Philippe, et Attal, Raphael Glucksmann veut faire travailler les Français plus longtemps. Il est favorable au décalage de l’âge de départ à la retraite à 64 ans. Pourtant des moyens existent pour financer la retraite à 60 ans, avec 40 annuités, ce que propose par ailleurs la France insoumise.

Au Parlement européen, Raphael Glucksmann était absent lors du vote sur le marché européen de l’électricité, ce système responsable de la hausse des factures. Aussi, son groupe a co-écrit le pacte Asile et migration voté le 10 avril 2024. Ce pacte comprend une série de mesures répressives à l’encontre des migrants : camps aux frontières, fichages, filtrages etc…

Aussi, les récentes révélations sur ses documents stratégiques de campagne – son étude marketing révélant son mépris de classe envers les pauvres et les jeunes- ont été un coup dur pour le candidat du PS. Ses prestations ratées sur les plateaux de télévision ne l’ont pas aidé à relever la pente. L’atlantiste chevronné s’est donné trois mois avant de se déclarer, ou non, candidat à la présidentielle. Serait-ce le signe d’une retraite stratégique avant de jeter l’éponge ? Une chose est sûre : ses pertes massives d’abonnées sont révélatrices, soit d’une triche révélant une faiblesse, soit d’une faiblesse révélant l’absence de base militante ainsi que le rejet de son cap, loin d’être clair.

Pour aller plus loin : Les documents stratégiques de Glucksmann ou le macronisme 2.0 contre l’arrivée de Mélenchon au pouvoir

« La machine numérique derrière Jean-Luc Mélenchon a été construite patiemment, intelligemment, depuis plus de dix ans »

Pour le spécialiste des réseaux sociaux, Fabrice Epelboin, la situation de Jean-Luc Mélenchon est à l’opposé de celle de Glucksmann. Un travail de fond a été réalisé par le mouvement insoumis, une importante base de militants est formé et convaincu par le programme l’Avenir en commun, et Jean-Luc Mélenchon a su créer des espaces à l’intérieur du mouvement insoumis pour créer de la réflexion, des idées, et un projet de dépassement du capitalisme.

Pour ce spécialiste, « Jean-Luc Mélenchon bénéficie d’une communauté ultra-disciplinée qui relaie ses propos en masse, cela crée mécaniquement une survisibilité algorithmique, mais de manière parfaitement légitime. Ce n’est pas de la triche technologique, c’est de la supériorité numérique et organisationnelle. Et sur ce terrain-là, la France Insoumise dispose d’un avantage considérable. »

Il note aussi les prouesses technologiques du leader insoumis, qui a su se saisir d’innovations techniques pour mettre en avant ses propositions. Pour ce spécialiste, « La France insoumise avait également très tôt innové avec la tenue de meetings utilisant la présence d’un clone virtuel 3D de leur candidat, par le truchement d’un hologramme. ». notant que « Jean-Luc Mélenchon a été l’un des premiers à mettre cela en avant. Dans son camp, la technologie a été utilisée dès le départ à des fins spectaculaires, afin de promouvoir son action et de montrer qu’il s’inscrivait résolument dans la modernité »

Pour aller plus loin : Présidentielle : ce nouveau sondage confirme que Mélenchon se qualifie au second tour et est largement en tête à gauche

Jean-Luc Mélenchon, c’est « la supériorité numérique et organisationnelle »

Mais il ne s’agit pas de communication au sens du marketing comme le font des Glucksmann et compagnie. C’est là que la France insoumise se distingue, entre autres, des autres formations politiques. Le mouvement insoumis n’a eu de cesse, depuis sa création, de produire de la pensée, et de former ses militants à la réflexion, sur tous les sujets, avec en ligne de mire la révolution citoyenne.

Fabrice Epelboin le constate, en décrivant les militants insoumis comme « des militants entraînés au fil des campagnes, qu’on garde motivés entre les campagnes à travers une multitudes d’actions imaginées pour beaucoup au sein du parti, et qui, sur le champ de bataille, sont redoutablement plus efficaces que le militant du dimanche fraîchement recruté à l’occasion d’une campagne présidentielle. »

Et cela se vérifie sur tous les aspects du début de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Avec près de 300 000 soutiens populaires obtenus en un mois, le leader insoumis est porté par une puissante dynamique que même les sondages biaisés et manipulés peinent à dissimuler.

A 16% dans les sondages, le leader insoumis accède déjà au second tour. 16%, c’était le niveau auquel il était donné trois jours avant l’élection présidentielle de 2022, où il avait finalement réalisé 22% des suffrages, à un point du second tour. Et vous, avez-vous signé pour le soutenir ? Rendez-vous sur Melenchon2027.fr, et ce dimanche à Saint-Denis pour le meeting de lancement de campagne de Jean-Luc Mélenchon !

Sources:linsoumission.fr       ( Sylvain Noel, rédacteur en chef de l’Insoumission)


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mardi 2 juin 2026

Ces colorants alimentaires qui multiplient les risques de cancer.

 

Bonbons fluorescents, céréales aux couleurs vives, sodas brun caramel, desserts chimiques à la fraise qui n’ont jamais vu un fruit… Derrière ces couleurs rassurantes se dessine peu à peu une vérité beaucoup moins digeste : celle d’un système qui empoisonne lentement pour vendre plus vite.

De nouvelles études scientifiques alertent sur les effets potentiellement graves de certains colorants et additifs alimentaires. Risques accrus de cancers, de diabète ou de maladies cardiovasculaires : ce que chacun mange chaque jour n’est pas seulement une question de nutrition. C’est une question politique, que la France insoumise et son candidat pour la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, sont les seuls à aborder. Notre article.

Une étude géante qui tire la sonnette d’alarme

Des chercheurs de l’INSERM, de l’INRAE et de l’université Sorbonne Paris Nord ont publié l’une des plus vastes études épidémiologiques menées sur l’alimentation. Pendant des années, plus de 100 000 personnes ont été suivies afin de croiser leurs habitudes alimentaires avec l’apparition de maladies chroniques. Et le constat est lourd. Une forte exposition à certains colorants alimentaires est associée à une hausse de 14 % du risque global de cancer, de 21 % du risque de cancer du sein, et jusqu’à 32 % pour les cancers du sein post-ménopause.

Les chercheurs observent également des liens inquiétants entre plusieurs additifs et l’augmentation du risque de diabète de type 2. Dans le viseur : les colorants caramel (E150), certains bêta-carotènes utilisés comme additifs (E160a), ou encore la curcumine (E100) lorsqu’elle est intégrée à des produits ultra-transformés.

Pour aller plus loin : Maladies chroniques : Jean-Luc Mélenchon pointe la responsabilité du capitalisme dans la dégradation de la santé humaine



Le véritable problème : l’industrie du faux aliment

Le problème n’est pas la couleur en elle-même. Le problème, c’est le système qui l’utilise. Ces additifs ne sont pas là pour nourrir. Ils servent à maquiller des produits médiocres, uniformiser les apparences, prolonger artificiellement la durée de vie, stimuler l’achat compulsif et masquer la pauvreté des ingrédients. Le jambon doit rester rose comme dans les publicités, le soda doit avoir la bonne couleur, les céréales pour enfants doivent briller dans les rayons comme des jouets sous néons.

Tout cela n’a rien de nécessaire. C’est simplement rentable. L’alimentation industrielle moderne ne produit plus d’abord pour nourrir : elle produit pour maximiser les marges, écouler des volumes gigantesques et fabriquer des consommateurs captifs. Moins de qualité, plus d’additifs, plus de marketing, plus de maladies.

Les classes populaires mangent le poison du marché

Comme toujours, ce sont les classes populaires qui en paient le prix le plus cher. Les aliments ultra-transformés coûtent moins cher, demandent moins de temps et saturent les écrans publicitaires.

Pendant ce temps, les produits frais deviennent un luxe de plus en plus inaccessible.

Des profits privés, des cancers socialisés

Le mécanisme est vieux comme le capitalisme industriel. Les multinationales engrangent les profits, les hôpitaux publics récupèrent les malades, la Sécurité sociale paie les traitements, les familles paient les souffrances. Les profits sont privatisés, les cancers sont collectivisés. L’amiante, le tabac, les pesticides, les PFAS : à chaque fois, le même scénario, des scientifiques alertent, les industriels minimisent, les gouvernements temporisent, puis le scandale éclate quand des milliers de personnes sont déjà malades.

Aujourd’hui, les additifs alimentaires suivent la même trajectoire. Et face à cela, repeindre les emballages en vert ou ajouter trois logos « bien-être » ne suffira pas. Il faudrait interdire progressivement les additifs les plus controversés selon le principe de précaution, imposer un étiquetage beaucoup plus lisible sur les aliments ultra-transformés, interdire la publicité alimentaire ciblant les enfants, financer massivement la recherche publique indépendante, soutenir une agriculture paysanne capable de produire une alimentation saine et accessible.

C’est notamment ce que défendent La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon à travers des propositions comme le développement des cantines bio et locales, le soutien aux circuits courts, la lutte contre les lobbies agroalimentaires ou encore le renforcement des contrôles sanitaires.

Car les maladies ne tombent pas du ciel. Elles naissent aussi d’un modèle économique qui transforme l’alimentation en marchandise industrielle et la santé humaine en variable d’ajustement. Ce que révèlent ces études est simple : derrière le cancer, le diabète et certaines maladies chroniques, il n’y a pas seulement des cellules qui déraillent, il y a des décisions politiques.

Sources:linsoumission.fr (par Allan Clerc)

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lundi 1 juin 2026

Consulaires : LFI triple son nombre d’élus à travers le monde, une nouvelle percée historique.

 

Élections consulaires. C’est une nouvelle qui ne va pas arranger l’état de panique totale des adversaires de Jean-Luc Mélenchon. Le mouvement insoumis a triplé son nombre d’élus dans le monde lors des élections consulaires. Après la percée historique des élections municipales et un début de campagne présidentielle plus que réussi, et même salué par les anti-LFI, le mouvement insoumis a le vent en poupe.

Le leader insoumis s’est félicité de cette nouvelle avancée : « Les résultats aux élections consulaires confirment la dynamique insoumise ! Nous triplons le nombre d’élus parmi les conseillers et délégués consulaires. Bravo et merci à la mobilisation des insoumis engagés partout dans le monde ». L’Insoumission relaye dans ses colonnes le communiqué de la France insoumise.

Pour aller plus loin : « Ne laissez pas les autres décider à votre place ! » – Sophia Chikirou présente les priorités et la stratégie de LFI pour les élections consulaires fin mai

« La France insoumise se félicite des résultats obtenus lors des élections consulaires. Partout dans le monde, nos listes progressent fortement et permettent de tripler le nombre d’élu·es insoumis·es »

La France insoumise se félicite des résultats obtenus lors des élections consulaires. Partout dans le monde, nos listes progressent fortement et permettent de tripler le nombre d’élu·es insoumis·es (passant de 13 à une quarantaine) représentant les Françaises et les Français établis hors de France.

Cette progression confirme l’élargissement de notre implantation locale, y compris hors des frontières nationales. Elle montre qu’une partie croissante des Françaises et Français de l’étranger se reconnaît dans notre projet de défense des services publics, des droits sociaux et de l’égalité de traitement.

La France insoumise remercie l’ensemble des candidat·es, des soutiens et des militant·es mobilisé·es pendant cette campagne, souvent dans des conditions matérielles difficiles.

En effet, ces élections ont aussi été marquées par des conditions d’organisation préoccupantes.

Malgré la généralisation du vote électronique, la participation demeure extrêmement faible. De nombreux électeurs ont signalé des difficultés de connexion, des identifiants non reçus ou des problèmes liés aux codes de sécurité. Le gouvernement lui-même a reconnu plusieurs incidents techniques.

Dans plusieurs pays, des critiques ont également porté sur l’éloignement ou la suppression de bureaux de vote, compliquant encore l’accès au scrutin pour de nombreux électeurs.

À cela s’ajoute un manque d’information évident sur les modalités du scrutin. Beaucoup d’électeurs ont découvert tardivement les procédures de vote ou les possibilités de procuration.

Cette situation engage directement la responsabilité de la ministre chargée des Français établis hors de France, qui n’a manifestement pas pris les mesures nécessaires pour anticiper ces difficultés.

Dans ce contexte, les résultats obtenus par la France insoumise prennent une signification particulière et renforcent notre détermination à défendre les droits des Françaises et Français établis hors de France.

Sources:linsoumission.fr


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