A la marge,celle qui relie les pages

jeudi 26 mars 2026

Violences policières contre Geneviève Legay : le commissaire Rabah Souchi face à la justice en appel à Lyon.

 

 Le samedi 23 mars 2019, lors d’une manifestation des Gilets jaunes Ă  Nice, Geneviève Legay a Ă©tĂ© grièvement blessĂ©e par une charge policière. La porte-parole d’Attac avait Ă©tĂ© violemment projetĂ©e au sol. Six ans après les faits, le face-Ă -face judiciaire reprend pour obtenir justice.

Ce mercredi 25 fĂ©vrier, le commissaire Rabah Souchi comparaĂ®t devant la cour d’appel de Lyon pour avoir ordonnĂ© la charge policière ayant renversĂ© Geneviève Legay, militante d’Attac devenue le visage de la rĂ©pression des Gilets jaunes. Entre une condamnation historique en première instance et un dĂ©ni institutionnel persistant, ce procès dĂ©passe le cas individuel pour devenir celui d’un système face Ă  ses propres violences. Notre article.

Un rassemblement pour la mémoire de Geneviève Legay et la justice

​Ce mercredi 25 fĂ©vrier, dès 8 h du matin, la place du Palais de Justice de Lyon s’est animĂ©e d’une ferveur militante. Devant les « 24 colonnes », des syndicalistes de Sud, des Gilets jaunes, des membres d’Attac ou encore des militants de La France insoumise (LFI) se sont rĂ©unis pour demander justice pour Geneviève Legay et l’ensemble des victimes de violences policières. Pour ces manifestants et manifestantes, le temps n’efface rien : ils sont venus rappeler la violence inouĂŻe de la rĂ©pression subie par les manifestants pacifistes durant le mouvement des Gilets jaunes.

Une charge qui a bien failli tuer

L’affaire remonte Ă  mars 2019, en plein mouvement des Gilets jaunes. Geneviève Legay, alors porte-parole d’ATTAC 06, est violemment renversĂ©e au sol lors d’une charge policière Ă  Nice ordonnĂ©e par le commissaire Rabah Souchi. Grièvement blessĂ©e, elle devient malgrĂ© elle le symbole de la rĂ©pression sanglante de ce mouvement social.

​Pourtant, dans les jours qui suivent, l’institution fait bloc. Du procureur au prĂ©sident de la RĂ©publique, la version officielle nie tout contact physique avec la police. Christian Estrosi, Ă  l’Ă©poque maire de Nice, affirme alors qu’elle a simplement « trĂ©buchĂ© ».

Plus troublant encore, alors que son pronostic vital est engagĂ©, la militante reçoit trois visites de policiers tentant de lui faire dire qu’elle a Ă©tĂ© bousculĂ©e par un journaliste. Emmanuel Macron avait dĂ©clarĂ© de manière cynique et mĂ©prisante : « Quand on est fragile, on ne se rend pas dans des lieux dĂ©finis comme interdits ». Comme si, lorsqu’une personne vieillit, elle n’Ă©tait plus citoyenne. Geneviève Legay lui rĂ©pondra publiquement dans une lettre ouverte. (1)

Une condamnation historique en première instance

​En première instance, Rabah Souchi a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  six mois de prison avec sursis. Si cette peine peut paraĂ®tre dĂ©risoire, d’autant que le commissaire Souchi exerce toujours ses fonctions et a mĂŞme Ă©tĂ© promu en tant que directeur adjoint de la police municipale de Nice (800 agents), elle constitue nĂ©anmoins une victoire symbolique majeure. Selon ATTAC, une telle condamnation d’un officier pour des violences policières n’Ă©tait pas arrivĂ©e depuis environ 70 ans.

​C’est contre cette dĂ©cision pĂ©nale que le commissaire a fait appel le 13 mars 2024. L’enjeu dĂ©passe le cas individuel : cette condamnation doit faire jurisprudence pour les autres victimes de violences policières. Rappelons que le pronostic vital de Geneviève Legay a Ă©tĂ© engagĂ©.

Briser le silence sur la répression du mouvement des Gilets jaunes

Au-delĂ  du cas de Geneviève Legay, ce procès en appel vise Ă  mĂ©diatiser une rĂ©alitĂ© souvent passĂ©e sous silence. L’objectif est de mettre en lumière l’ensemble des violences policières. Non seulement celles que subissent les manifestants, mais Ă©galement les violences policières racistes subies dans les quartiers populaires quotidiennement.

L’appel Ă  Lyon : une journĂ©e d’audience

L’audience se dĂ©roule toute la journĂ©e. Grâce aux diffĂ©rentes auditions et tĂ©moignages, elle permet de prĂ©ciser de nombreux Ă©lĂ©ments.

Si le prĂ©fet des Alpes-Maritimes avait pris un arrĂŞtĂ© d’interdiction de la manifestation, la dispersion devait se faire « sans mesures coercitives, ni ordre de charge ».

Ă€ Nice, place Garibaldi, une centaine de manifestants Ă©tait prĂ©sente. Rabah Souchi a ordonnĂ© une charge sur cette centaine de manifestants pacifistes sans proportionnalitĂ© ni nĂ©cessitĂ©. Ce mĂŞme jour, 35 personnes furent placĂ©es en garde Ă  vue. La plupart des manifestants Ă©taient des personnes âgĂ©es. Des journalistes Ă©taient Ă©galement prĂ©sents. Le dispositif policier Ă©tait impressionnant puisque 165 forces de l’ordre Ă©taient prĂ©sentes pour seulement 100 manifestants.

Geneviève Legay, gilet jaune tenant Ă  la main son drapeau de la paix, s’adresse aux forces de l’ordre : « Vous ĂŞtes des humains comme nous mais vous ne vous occupez pas des voleurs et des bandits qui mettent l’argent dans des paradis fiscaux. » Du cĂ´tĂ© du commissaire Souchi, l’ambiance n’est pas la mĂŞme, il ordonna par exemple avec brutalitĂ© : « On n’est pas lĂ  pour discuter avec les gens, on est lĂ  pour triquer du manifestant ».

Les streets médics empêchés de porter secours

Alors que Geneviève Legay Ă©tait au sol au milieu de son sang. Les streets medics, des personnes prĂ©sentes en manifestation pour effectuer des soins si nĂ©cessaire, ont Ă©tĂ© empĂŞchĂ©s de porter secours et de soigner. Pour qu’elle soit prise en charge, il a fallu attendre l’arrivĂ©e des pompiers 10 minutes plus tard.

Un ordre brutal et disproportionné

La fille de Geneviève Legay, qui n’Ă©tait pas prĂ©sente au moment des faits, tĂ©moigne de violences psychologiques que leur famille a subies suite Ă  cette agression. Elle a par exemple Ă©tĂ© retardĂ©e de voir sa mère Ă  l’hĂ´pital le jour mĂŞme car cette dernière Ă©tait considĂ©rĂ©e comme terroriste.

Le commissaire exprime dĂ©sormais certains remords, preuve que la charge qui aurait pu causer la mort n’aurait pas laissĂ© la place Ă  un refoulement sans violence : « J’ai de la compassion, elle aurait pu ĂŞtre ma maman, aujourd’hui je ferai dix fois diffĂ©remment. »

Mais le mal a Ă©tĂ© fait. D’autant que l’usage de la force est encadrĂ© par le Code de procĂ©dure pĂ©nale et par le Code de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure. La Cour devra dĂ©terminer si l’ordre de charge Ă©tait manifestement illĂ©gal, mais il devait en tous les cas ĂŞtre proportionnĂ©. D’autant que le Code de dĂ©ontologie impose une obligation de discernement, de nĂ©cessitĂ© et de proportionnalitĂ©.

Le délibéré aura lieu fin juin

Ă€ l’issue de cette audience chargĂ©e en Ă©motion, la justice a mis sa dĂ©cision en dĂ©libĂ©rĂ©. Le verdict de la cour d’appel de Lyon sera rendu le 29 juin, Ă  13 h.

Pour Geneviève Legay et ses soutiens, l’attente continue, avec l’espoir que la justice confirme la responsabilitĂ© du commandement policier et mette fin Ă  une impunitĂ© jugĂ©e inacceptable par les organisations de dĂ©fense des droits humains, et ce pour toutes les victimes de la rĂ©pression aveugle du mouvement des Gilets jaunes.

Julia Pallano et Arthur Abbatucci

(1) La lettre ouverte termine le livre de Geneviève Legay intitulĂ© Celle qui n’Ă©tait pas sage

Sources:linsoumission.fr

Share:

mercredi 25 mars 2026

« Quand comptez-vous porter la voix de la France et non celle des tyrans ? » – Face Ă  la guerre au Moyen-Orient, Claire Lejeune dĂ©nonce la complicitĂ© de Jean-NoĂ«l Barrot et SĂ©bastien Lecornu.

Moyen-Orient. « La France libre Ă©tait au service d’un monde libre, vous servez celui de Trump et Netanyahou », a assĂ©nĂ© ce jour l’insoumise Claire Lejeune, Ă  l’AssemblĂ©e nationale. Dans son viseur : la complicitĂ© du gouvernement macroniste face Ă  la guerre au Moyen-Orient lancĂ©e par Netanyahu et Trump. ComplicitĂ© de longue date avec le gĂ©nocide Ă  Gaza, alignement sur le suprĂ©macisme Ă©tasunien, aucune mesure de sanctions prise contre IsraĂ«l, soutien de façade au Liban, peuple ami et alliĂ©… La liste est longue. L’insoumission relaie dans ses colonnes la question au gouvernement de l’insoumise Claire Lejeune.

« Vous ĂŞtes le visage d’une France qui s’est oubliĂ©e, car toute notre histoire s’Ă©rige fièrement contre ce type de lâchetĂ©s ! » – Claire Lejeune charge le Gouvernement et sa passivitĂ© face Ă  la guerre au Moyen-Orient

Madame la Présidente,
Ma question s’adresse au ministre des Affaires Ă©trangères.

Le 28 février, les États-Unis et Israël lançaient une guerre au Moyen-Orient.
Une guerre impériale.
Une guerre illégale.
Qui viole éhontément le droit international.

Le peuple iranien se retrouve pris entre les frappes américaines et la terreur du régime des mollahs.
Le peuple libanais se retrouve sous les bombes, sur les routes.
1 million de déplacés. Beyrouth et le Sud-Liban ravagés.

Nous le disions : laisser faire le gĂ©nocide en Palestine, c’est permettre un monde sans foi ni loi autre que celle du plus fort.
Et c’est dans l’ombre portĂ©e de ce massacre toujours en cours que les massacres prĂ©sents se font, et que les massacres futurs se prĂ©figurent.
Et voilĂ  toute la mĂ©canique qui se met en place pour lĂ©gitimer l’agression du Liban.

Pour aller plus loin : L’Iran dans le miroir russe – L’analyse d’Alexey Sakhnin

     Les attaques d’IsraĂ«l seraient donc une riposte « lĂ©gitime » Ă  celles du Hezbollah.

Pourquoi dans ce cas y a-t-il eu dix mille violations du cessez-le-feu par Israël sans que vous ne disiez rien ?
Pourquoi dans ce cas y a-t-il des soldats de l’armĂ©e libanaise tuĂ©s par des frappes israĂ©liennes, des bombardements d’habitations et de civils quotidiens ?
Pourquoi dans ce cas, le ministre Smotrich parle-t-il du Liban comme d’un « nouveau Gaza » ?

Monsieur le ministre vous nous déshonorez.
Pour vous la stabilitĂ© passe donc par le « plan de paix » du PrĂ©sident Trump.
Un plan colonial qui nie la souveraineté du peuple palestinien.
Un plan qui s’arrime Ă  un « Conseil pour la paix » dont l’objectif explicite est de mettre l’ONU au rebut.

Pour vous l’annonce d’une offensive terrestre sur le Liban mĂ©rite non pas une condamnation, non pas mĂŞme une opposition, mais – je cite – une « rĂ©serve ».
Une rĂ©serve. Sur l’invasion terrestre d’un pays souverain. Sur l’agression ouverte d’un peuple ami et d’un pays alliĂ©.

Vous ĂŞtes le visage d’une France qui s’est oubliĂ©e, car toute notre histoire s’Ă©rige fièrement contre ce type de lâchetĂ©s.

La France libre Ă©tait au service d’un monde libre, vous servez celui de Trump et Netanyahou.

Alors avant d’engager le Charles-de-Gaulle dans une guerre qui n’est pas la nĂ´tre, avant de nommer le porte-avion suivant, quand comptez-vous porter la voix de la France et non celle des tyrans ?

Sources:linsoumission.fr


Share:

mardi 24 mars 2026

« Quelle autre force politique a rĂ©ussi autant après 10 ans d’existence ? » – Au lendemain des municipales, l’analyse de Manuel Bompard.

 Pour ses dix ans, la France insoumise a rĂ©alisĂ© une percĂ©e historique Ă  ces Ă©lections municipales avec une implantation plus que rĂ©ussie. Les Insoumis font leur entrĂ©e dans plus de 400 conseils municipaux, soit plus de 16 millions de Français qui auront des conseillers municipaux LFI. Elle l’emporte dans une dizaine de communes, dont 2 des 50 communes les plus peuplĂ©es de France (Roubaix et Saint-Denis).

Une percĂ©e loin d’ĂŞtre digĂ©rĂ©e par l’officialitĂ© mĂ©diatique et par les directions du Parti socialiste et d’EELV, lesquelles tentent de faire circuler des Ă©lĂ©ments de langage pour masquer leurs propres Ă©checs et relativiser l’aide cruciale des insoumis, par des fusions et des reports de voix, pour sauver des mairies. PercĂ©e historique de LFI, bobards mĂ©diatiques, et perspectives pour la suite : l’Insoumission relaye dans ses colonnes l’analyse de Manuel Bompard, coordinateur de la France insoumise.

« Nous sommes le seul mouvement Ă  avoir progressĂ© Ă  chacune des Ă©lections depuis 2017 […] c’est une lame de fond », analyse Manuel Bompard au lendemain des municipales

Après avoir fĂŞtĂ© cette annĂ©e ses 10 ans, la France insoumise s’engageait pour la première fois pleinement dans une campagne d’Ă©lections municipales. Cela a nĂ©cessitĂ© une mobilisation intense des insoumis partout en France pendant plusieurs mois. La constitution de listes Ă  l’image du peuple, la construction de programmes sĂ©rieux partant des besoins des habitantes et des habitants et le dĂ©ploiement dans des centaines de campagnes municipales Ă©taient des dĂ©fis immenses pour notre jeune mouvement. Il faut saluer l’engagement extraordinaire partout en France des militants de la France insoumise, Ă©paulĂ© et aidĂ© par le travail formidable des Ă©quipes nationales.

Ă€ l’issue de cette campagne, le bilan est remarquable pour la France insoumise. Elle fait son entrĂ©e dans plus de 400 conseils municipaux, soit plus de 16 millions de Français·es qui auront des conseillers municipaux insoumis. Elle l’emporte dans une dizaine de communes, dont 2 des 50 communes les plus peuplĂ©es de France (Roubaix et Saint-Denis). 

Ces victoires ne sont pas anodines. Alors qu’environ 30 000 personnes en France vivaient dans une « mairie insoumise », elles seront dĂ©sormais environ 550 000, soit une multiplication par 18. De vĂ©ritables exploits ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s au Tampon, Ă  Vaulx-en-Velin, Ă  VĂ©nissieux ou encore Ă  Creil, oĂą les candidats insoumis n’Ă©taient pas en tĂŞte au premier tour. Ă€ Roubaix, 100 000 habitants, comme au Tampon, la victoire insoumise permet aussi de tourner la page de la droite. Ces victoires confirment la percĂ©e de la France dans les classes populaires qui Ă©taient sorties du jeu politique et dans des villes et quartiers nĂ©gligĂ©s et relĂ©guĂ©s par la vieille scène politique. Ainsi, l’intĂ©gralitĂ© des villes remportĂ©es par la France insoumise font partie des 80 communes les plus pauvres de France.

Pour aller plus loin : Municipales 2026 – Ă€ Roubaix, David Guiraud et LFI dĂ©logent la droite et soulèvent l’espoir d’une vie meilleure

Ces victoires ne doivent pas Ă©clipser les grandes performances qui ont eu lieu ailleurs. Dans des grands centres urbains, d’abord, avec près de 47 % Ă  Toulouse, 41 % Ă  Limoges, 34 % Ă  Lille malgrĂ© l’alliance contre-nature du PS avec les Verts, 25 % Ă  Montpellier (hausse de 10 points entre les deux tours), 20 % Ă  Rennes, 17 % Ă  Metz, 15 % Ă  Caen, etc. 

Contrairement Ă  ce que le rĂ©cit mĂ©diatique laisse entendre, la France insoumise est Ă©galement massivement prĂ©sente dans les villes petites et moyennes. Ă€ Saint-Girons, la liste insoumise gagne 6 points entre les deux tours pour arriver Ă  23 %. Ă€ Belfort, elle gagne plus de 5 points pour arriver Ă  28 %. Les listes soutenues par la France insoumise font plus de 26 % dans les communes entre 5 000 et 50 000 habitants. Cette Ă©lection a aussi reconduit de nombreux sortants insoumis dans des petits villages et de nouveaux les ont rejoints.

Comme toujours, ce qui se passe dans les territoires ultramarins est passĂ© sous silence. Pourtant, Ă  la RĂ©union par exemple, l’alliance de la France insoumise et du PLR d’Huguette Bello a engrangĂ© les victoires et la France insoumise a remportĂ© la victoire au Tampon, 4ème ville de la RĂ©union, en chassant la droite qui dirigeait la ville depuis 70 ans.

Avant mĂŞme l’annonce des rĂ©sultats, les Ă©ditorialistes avaient Ă©crit le nouveau script soufflĂ© par le Parti socialiste pour masquer ses dĂ©faites et ses fractures internes. Il fallait dire que la percĂ©e insoumise avait fait pschitt et que toutes les victoires de la gauche se faisaient grâce aux autres mais que les dĂ©faites Ă©taient de notre faute. Ce rĂ©cit ne rĂ©siste pas un seul instant Ă  l’Ă©preuve des faits. 

Prenons d’abord le cas des grandes villes oĂą la France insoumise a fait l’union derrière elle, Toulouse et Limoges. Nous Ă©chouons Ă  quelques pourcents. Il n’en fallait pas temps pour ressortir le refrain du plafond de verre et de la dĂ©testation de la France insoumise. Dans les deux cas pourtant, la gauche (que ce soit le PS ou les Verts) n’avait dĂ©jĂ  pas rĂ©ussi Ă  l’emporter en 2014 et en 2020, sans que les insoumis ne puissent alors en ĂŞtre jugĂ© responsables.

Ă€ Toulouse, le total des voix de gauche au premier tour Ă©tait certes plus important que le total des voix de droite. La situation Ă©tait la mĂŞme en 2020 et cela n’avait pas empĂŞchĂ© la dĂ©faite de la liste d’union Ă  gauche dirigĂ©e Ă  l’Ă©poque par un Ă©cologiste. Cela ne signifie pour autant pas que les voix ne se reportent pas : le total de voix de la liste d’union augmente nettement, mais la droite a rĂ©ussi Ă  mobiliser des rĂ©serves de voix consĂ©quentes. Ce fut dĂ©jĂ  le cas Ă  Toulouse par le passĂ©, oĂą l’Ă©lectorat conservateur se surmobilise systĂ©matiquement au deuxième tour. En vĂ©ritĂ©, jamais une liste de gauche n’avait obtenu autant de voix au deuxième tour des Ă©lections municipales Ă  Toulouse. Ainsi, la liste menĂ©e par François Piquemal fait progresser la gauche de 25000 voix par rapport Ă  2020 et de 11000 par rapport Ă  2014.

Ă€ Limoges, le scĂ©nario est le mĂŞme qu’en 2020. Le total gauche Ă©tait similaire au premier tour et le score est semblable au second tour avec celui rĂ©uni par le candidat du PS en 2020. LĂ  encore, le nombre de voix rĂ©coltĂ©es a augmentĂ© au second tour et rien n’accrĂ©dite la thèse d’une fuite des Ă©lecteurs ou d’un barrage contre LFI. Au contraire, ces rĂ©sultats confirment que le matraquage anti-LFI ne fonctionne pas. Faut-il rappeler que c’est le PS qui, après l’avoir dirigĂ© pendant 60 ans, a perdu la ville en 2014 sans rĂ©ussir Ă  la reprendre en 2020 ?

Bien sĂ»r, nous aurions espĂ©rĂ© qu’Ă  Toulouse une plus forte mobilisation permette de rĂ©ussir ce que la gauche n’avait pas rĂ©ussi jusque-lĂ , ou qu’Ă  Lille la tĂŞte de liste Ă©cologiste respecte le choix de ses colistiers et de ses militants pour faire gagner la gauche de rupture. Mais il faut noter que, malgrĂ© les campagnes de calomnies alimentĂ©es par le PS, malgrĂ© les ingĂ©rences Ă©trangères et les fausses informations pendant l’entre deux tours, les insoumis ont dĂ©passĂ© d’autres forces de gauche au premier tour dans de très grandes villes et sont parvenus Ă  rĂ©unir au second tour 47 % des voix Ă  Toulouse, 41 % Ă  Limoges ou encore 35 % Ă  Lille. Ce sont d’immenses performances : quelle autre force politique a rĂ©ussi autant après 10 ans d’existence ? 

Vient ensuite le grief principal : la France insoumise ferait perdre les autres quand elle se rangerait derrière. Elle serait un « boulet pour la gauche » selon les mĂŞmes qui, il y a une semaine, nous supplier pour une fusion. LĂ  encore, ce rĂ©cit ne rĂ©siste pas Ă  l’Ă©preuve des faits.

Ainsi, si l’on prend l’ensemble des fusions qui ont Ă©tĂ© faites avec d’autres forces de gauche, le score des listes fusionnĂ©es est Ă©gal au score des listes sĂ©parĂ©es. Parmi les 20 plus grandes villes, une seule est perdue par la gauche, par refus de fusionner (Bordeaux). Lyon a Ă©tĂ© sauvĂ©e par les Ă©cologistes grâce Ă  la France insoumise mais la mĂ©tropole est tombĂ©e en raison du refus de l’attelage EELV/PS/PCF de s’unir dans les circonscriptions mĂ©tropolitaines. Au total, dans les villes de plus de 100 000 habitants, la moitiĂ© des fusions de LFI derrière des tĂŞtes de liste PS ou EELV (4 villes sur 8) ont permis de l’emporter (Lyon, Nantes, Tours et Grenoble). Ce n’est pas Ă  le cas Ă  Clermont-Ferrand, Brest ou Besançon (3 villes sur 8), ni Ă  Strasbourg en raison de l’alliance honteuse entre le Parti Socialiste et la droite de Horizons face Ă  la gauche.

En vĂ©ritĂ©, la dĂ©faite dans ces 3 communes provient exclusivement du dĂ©saveu cinglant rencontrĂ© par les maires sortants dans ces communesPar rapport Ă  2020, le PS a chutĂ© de 8 points Ă  Clermont-Ferrand (comme la sortante Ă©cologiste Ă  Strasbourg) et de 7 points Ă  Brest, deux villes qu’il dirigeait depuis plusieurs dĂ©cennies. La fusion n’a en fait Ă©tĂ© effectuĂ©e par le Parti Socialiste que lorsque la situation de ses maires sortants Ă©tait dĂ©sespĂ©rĂ©e. Il n’est alors pas surprenant qu’elle n’est pas toujours permis de renverser la vapeur. Il faut dire qu’elle s’est faite dans de telles conditions d’opportunisme qu’elle ne pouvait produire aucune dynamique de mobilisation : comment appeler Ă  voter pour des candidats que vous avez copieusement insultĂ© pendant plusieurs semaines, sous les coups de butoirs de dirigeants nationaux du PS prĂ©fĂ©rant passer leur entre deux-tours Ă  s’en prendre Ă  la France insoumise qu’Ă  combattre la droite et l’extrĂŞme-droite ? VoilĂ  qui furent en rĂ©alitĂ© les boulets des maires sortants socialistes en difficultĂ© au soir du premier tour !

Et comment ne pas aussi poser la question de leur bilan, de la vague dĂ©gagiste qui les a frappĂ©s et des consĂ©quences de la collusion des dĂ©putĂ©s du Parti Socialiste avec les politiques macronistes ? Comment ne pas y voir un dĂ©saveu cinglant du vote pour le pire budget de la sĂ©curitĂ© sociale de ces dernières annĂ©es et des refus rĂ©pĂ©tĂ©s de censure du gouvernement Lecornu ? Comment ne pas comprendre que ce reniement du programme du Nouveau Front Populaire a fait du PS une machine Ă  perdre pour la gauche ? Car les dynamiques sont très claires : le bloc de la gauche traditionnel (PS/Verts) a perdu plus de 6 points au premier tour dans les villes de plus de 100 000 habitants par rapport Ă  2020 alors que les listes de la France insoumise ont au contraire augmentĂ© leur rĂ©sultat de 9,3 points dans ces mĂŞmes communes. A nouveau, comme aux Ă©lections europĂ©ennes, c’est la France insoumise qui fait progresser la gauche pour ces Ă©lections municipales.

Ce scrutin trace des perspectives. Un fort dĂ©gagisme s’est exprimĂ© avec la dĂ©faite des trois quarts des sortants au deuxième tour. L’abstention continue Ă  gangrĂ©ner la vie politique mĂŞme si elle a diminuĂ© lĂ  oĂą les insoumis ont progressĂ©. La macronie et les partis traditionnels reculent.

C’est vrai Ă  gauche. Sur l’ensemble des villes de plus de 30 000 habitants, il n’y en a jamais eu moins dirigĂ©es par la gauche traditionnelle, qui en a perdu la moitiĂ© depuis 2008, alors mĂŞme que le PS se prĂ©sente dĂ©sormais quasiment systĂ©matiquement dans des listes d’union. La direction du PS a donnĂ© un spectacle affligeant consistant Ă  nous insulter pendant la campagne, nous prier de fusionner entre les deux tours puis recommencer Ă  nous insulter Ă  20h01. De telles dĂ©monstrations d’incohĂ©rence et d’hypocrisie ne font que dĂ©gouter le peuple et les dĂ©faites socialistes en sont la dĂ©monstration.

Le problème de la gauche n’est donc pas la France insoumise, bien au contraire. Celle-ci a en fait hĂ©ritĂ© d’une situation complexe : l’affaiblissement historique du socle Ă©lectoral de la gauche, dĂ©moli par le quinquennat Hollande qui aura fait perdre environ 16 points Ă  la gauche entre 2012 et 2017. Dans ce contexte, la gauche traditionnelle perd 7 villes parmi les 50 plus grandes et c’est la gauche de rupture qui progresse au contraire en remportant 3 villes supplĂ©mentaires (2 pour la France Insoumise, 1 pour le PCF). C’est donc elle qui incarne aujourd’hui l’espoir de la gauche de tourner la page de la macronie et de battre l’extrĂŞme-droite.

C’est possible d’y parvenir. Ainsi, la France insoumise a pris Ă  nouveau sa part dans la bataille face Ă  l’extrĂŞme droite lors de ces Ă©lections : 

  • Dans 42 villes, nous faisons baisser le score du Rassemblement National par rapport aux prĂ©cĂ©dentes Ă©lections grâce Ă  notre hausse. 
  • Dans 56 communes oĂą nous sommes prĂ©sents, le Rassemblement National a renoncĂ© Ă  se prĂ©senter alors qu’il Ă©tait auparavant prĂ©sent. 
  • Dans 34 villes oĂą nous prĂ©sentons une liste après avoir Ă©tĂ© absents en 2020, nous faisons baisser le Rassemblement National. 

Celui-ci recule dans les banlieues populaires et ne prĂ©sente souvent plus de candidats. Dans de nombreuses de petites communes oĂą il tentait de s’implanter pour la première fois, fort de rĂ©sultats nationaux importants, le barrage a tenu au deuxième tour. 

Il progresse nĂ©anmoins en nombre de voix, mais moins qu’attendu. Il gagne environ 250 000 voix sur l’ensemble du pays au premier tour par rapport Ă  2014 alors que nous en gagnons 500 000 depuis 2014, oĂą nous Ă©tions systĂ©matiquement alliĂ© avec le PCF. Mais le Rassemblement National a Ă©chouĂ©, malgrĂ© des victoires dans des villes moyennes et petites (principalement dans ses zones de forces), Ă  remporter la plupart de ses cibles. Il faut rappeler d’ailleurs que le RN avait dĂ©jĂ  gagnĂ© d’assez nombreuses mairies en 2014 et que la progression par rapport Ă  cette rĂ©fĂ©rence est plus faible que par rapport Ă  2020. Le RN stagne dans les communes avec plus de 50 000 habitants alors que nous progressons partout.

Dans cette situation, il faut dĂ©sormais que la gauche accĂ©lère sa progression portĂ©e par la gauche de rupture pour l’emporter en 2027. Nous avons fait regagner 4 points Ă  la gauche après le dĂ©sastre Hollande. Nous sommes le seul mouvement Ă  avoir progressĂ© Ă  chacune des Ă©lections depuis 2017 : nous sommes passĂ©s de 11 Ă  22 % aux prĂ©sidentielles, de 6 Ă  10 % aux europĂ©ennes, de 0 Ă  6 villes de plus 50 000 habitants, de 17 dĂ©putĂ©s au plus gros groupe de l’alliance remportant les lĂ©gislatives. Une progression dans tous les types d’Ă©lections depuis 10 ans n’est pas un hasard, c’est une lame de fond.

Le travail est loin d’ĂŞtre terminĂ©. Pour l’emporter, nous devons renforcer encore la mobilisation des jeunes, des catĂ©gories populaires ou des exploitĂ©s du capitalisme. C’est toujours dans l’abstention que se trouvent nos marges de progression. Car c’est lĂ  que nous pouvons effacer le diffĂ©rentiel de vote avec les franges plus conservatrices qui est aujourd’hui le plafond de verre de l’intĂ©gralitĂ© de la gauche pour pouvoir gouverner le pays.

Il faut poursuivre le travail de dĂ©voilement de l’extrĂŞme droite sur son caractère intrinsèquement raciste et antisocial. La transformation progressive du RN en parti ultralibĂ©ral pourrait contribuer Ă  l’affaiblir. La France insoumise possède dĂ©jĂ  le plus haut potentiel Ă©lectoral hors du RN selon les Ă©tudes d’opinion. La campagne prĂ©sidentielle devrait permettre de le faire croĂ®tre encore quand la confrontation des projets prendra le dessus sur le bashing mĂ©diatique incessant qui s’use de jour en jour. Cette campagne des Ă©lections municipales aura Ă©tĂ© une formidable dĂ©monstration de la neutralisation des calomnies mĂ©diatiques, agissant davantage comme un levier de mobilisation populaire plutĂ´t que comme un instrument de dĂ©lĂ©gitimation.

Pour cette grande bataille qui s’annonce, la France insoumise sort de ses municipales avec des milliers d’Ă©lus locaux de combat ainsi qu’avec plus de 10 000 militants supplĂ©mentaires. Ces forces seront essentielles dans la bataille. Il nous reste un an pour, comme le disait Jaurès, « fatiguer le doute du peuple par la persĂ©vĂ©rance de notre dĂ©vouement ». Rejoignez-nous !

Sources:linsoumission.fr

Share:

lundi 23 mars 2026

Soir d’Ă©lection, tour d’horizon Ă  chaud.

 Ceci est un tour d’horizon sur le deuxième tour des Ă©lections municipales.

Cette journée de vote auraconfirmé et amplifié la percée au premier tour des listes présentées par le Mouvement insoumis. Manuel Bompard résume bien notre résultat.

« D’ores et dĂ©jĂ , après Saint-Denis (150 000 habitants) la semaine dernière, les listes prĂ©sentĂ©es par la France insoumise l’emportent d’ores et dĂ©jĂ  Ă  Creil (36 000 habitants), Ă  Roubaix (100 000 habitants), Ă  VĂ©nissieux (66 000 habitants), Ă  Saint-Fons (20 000 habitants), au Tampon (82 000 habitants), Ă  La Courneuve (47 000 habitants) Vaux-en-Velin (52 000) ou Ă  Sarcelles (59 000 habitants – liste citoyenne soutenue par LFI).

Ailleurs, la France insoumise permet la victoire de la gauche Ă  Lyon, Ă  Nantes, Ă  Grenoble ou Ă  Tours. Ă€ Bordeaux ou Ă  Cherbourg, le refus d’EELV ou du PS de fusionner leur liste avec les insoumis conduit Ă  la victoire de la droite. Malheureusement, Ă  Toulouse, Ă  Besançon, Ă  Clermont-Ferrand ou Ă  Limoges, les discours de division du Parti socialiste empĂŞchent de conserver ces villes ou de les faire basculer Ă  gauche. Pire encore, Ă  AngoulĂŞme, le maintien d’une liste Place Publique empĂŞche la reprise de la ville par la gauche insoumise et communiste et la dĂ©faite de la droite.

L’enseignement est clair : la France insoumise permet des victoires populaires et fait avancer la gauche quand les diviseurs du PS et de Place Publique la font reculer ».

Le bilan global : Ă  l’avenir, plus d’un millier d’Ă©lus insoumis siègeront donc dans des conseils municipaux oĂą ils formeront un groupe distinct. Leurs votes aux prochaines Ă©lections sĂ©natoriales devraient nous permettre de siĂ©ger lĂ  oĂą nos anciens partenaires de la vieille gauche nous avaient refusĂ© toute place. Au total, c’est un franc et net succès pour notre première participation aux Ă©lections municipales.

Nous sommes aussi venus au secours de nombreuses listes de la vieille gauche traditionnelle menacĂ©es d’ĂŞtre Ă©liminĂ©es par la droite. Parfois, cela aura Ă©tĂ© un succès. D’autres, non ? Mais il ne faut jamais oublier que la principale difficultĂ© est d’abord venue du faible score des sortants au premier tour. Qu’il s’agisse des Écologistes ou des socialistes, nous sommes venus au secours d’Ă©quipes souvent dĂ©jĂ  bien dĂ©prĂ©ciĂ©es, incapables de gagner seules. LĂ  oĂą ils sont venus avec nous, c’est parce qu’ils avaient eux-mĂŞmes Ă©chouĂ© Ă  gagner dans les prĂ©cĂ©dentes Ă©lections Ă  deux occasions auparavant, comme Ă  Toulouse ou Limoges. Le PS nous a entraĂ®nĂ©s dans sa chute. Mais nous n’avons pas de regrets. La dĂ©monstration est faite. Nous sommes une force utile lĂ  oĂą d’autres sont de simples opportunistes sans boussole. Car Ă  Lyon, Nantes, Tours, Grenoble, notre engagement unitaire a permis la victoire. On devine alors ce que vaut l’argument sur LFI « bon pour le premier tour mais mauvais pour le second ». Notre but a Ă©tĂ© d’assumer notre responsabilitĂ© en nous mobilisant pour barrer la route Ă  la droite et Ă  l’extrĂŞme droite. En d’autres lieux, ce fut un Ă©chec.

Cela s’explique. Une longue diabolisation diffamante a Ă©tĂ© orchestrĂ©e contre les Insoumis. En s’y associant, toute honte bue, divers clans socialistes ont profondĂ©ment divisĂ© les bases Ă©lectorales pourtant indispensables pour gagner l’Ă©lection. Car l’union des sigles n’est pas l’unitĂ© des Ă©lecteurs. Mais on voit ici qu’ils se sont aussi tirĂ© une balle dans le pied. Le rĂ©sultat des Ă©lections ne va pas amĂ©liorer l’ambiance. L’exemple du refus de tout accord dans les deux premières villes de France, Paris et Marseille, a heurtĂ© de nombreuses consciences pourtant disponibles.

Notre inquiĂ©tude a Ă©tĂ© très vive Ă  Marseille, oĂą le mauvais bilan des sortants a menacĂ© de dĂ©faite la ville d’une victoire de l’extrĂŞme droite. Le sectarisme du maire sortant refusant toute discussion a empĂŞchĂ© la jonction des listes. Nous dĂ©nonçons ce choix brutal oĂą le PS a donnĂ© le droit Ă  l’extrĂŞme droite d’ĂŞtre reprĂ©sentĂ©e au conseil municipal et l’a refusĂ© aux Insoumis. Mais nos candidats ont prĂ©fĂ©rĂ© Ă  juste titre se retirer plutĂ´t que de prendre le risque d’un succès du Rassemblement National.

BenoĂ®t Payan s’est donc fait reconduire une nouvelle fois Ă  la faveur d’un chantage. Marseille mĂ©rite mieux. Notre opposition Ă  cette Ă©quipe de rescapĂ©s se fera donc sur le terrain des luttes directes.

Le fond prĂ©occupant de la situation gĂ©nĂ©rale ne doit pas ĂŞtre occultĂ© par la satisfaction du travail bien fait. Tout tĂ©moigne de l’essoufflement morbide de la dĂ©mocratie française. Elle ne cicatrise pas les refus du rĂ©sultat des grands votes fondamentaux. Comme celui du rĂ©fĂ©rendum de 2005, oĂą le « non » a Ă©tĂ© interprĂ©tĂ© comme un « oui ». Ou comme la nĂ©gation du rĂ©sultat des lĂ©gislatives anticipĂ©es de 2024. Mais le dĂ©ni s’est renouvelĂ© encore après la chute des deux premiers gouvernements de ce mandat prĂ©sidentiel.

Dans ce contexte, le monde politique traditionnel continue son effondrement. Et avec lui toute la structuration idĂ©ologique qu’il portait. Pour voir cette rĂ©alitĂ©, il faut regarder sous le bon angle. Les signaux ne sont pas lĂ  oĂą on les cherche d’habitude. Les rĂ©sultats Ă©lectoraux par Ă©tiquette politique ne disent pas tout. Le niveau d’abstention ne dit pas tout non plus, en dĂ©pit de l’importance du plus fort taux d’abstention de la Vᵉ rĂ©publique au premier tour. Les conditions de l’Ă©lection elles-mĂŞmes en disent davantage sur la place de la politique dans cette Ă©lection que bien d’autres aspects. Accordons-nous bien sur ce que « politique » veut dire. La politique, c’est le dĂ©bat Ă  propos de l’action Ă  mener pour le bien commun. Elle porte donc en elle une obligation de dire et de prouver. Mais dans sept communes sur dix, il n’y a qu’une seule liste proposĂ©e au vote. Il n’y a donc pas de « dĂ©bats » possibles. Sans dualitĂ© d’options, il n’y a donc plus de « politique » ni avant, ni pendant, ni après l’Ă©lection. LĂ , dès le premier tour, tout est rĂ©duit Ă  l’apprĂ©ciation que l’on porte sur les personnes candidates. Et alors on ne peut faire qu’une chose : tout approuver d’avance les yeux fermĂ©s, ou tout rejeter aussi aveuglement. Le rĂ©sultat n’a donc aucune signification politique globale dans l’esprit des gens. Ce vide est profond, contagieux et dĂ©composant. Car Ă  cela s’ajoute autre chose de non moins dĂ©politisant. En effet, au niveau national, toutes tailles de population communale confondues, quatre listes sur cinq n’ont aucune Ă©tiquette. Aucune ! Impossible donc de savoir quels principes politiques guideront l’action entreprise demain au moment oĂą l’on vote.

Au total, l’addition des abstentions, des listes uniques et de celles sans Ă©tiquette constitue une masse considĂ©rable. En ce sens, le « terrain politisĂ© » s’est amplement dissout.

D’un certain point de vue, cette ambiance trouve aussi son expression dans le dĂ©gagisme qui imprime sa marque sur le tableau de la soirĂ©e. Beaucoup de sortants ont Ă©tĂ© sortis. Cela ne peut effrayer le mouvement Insoumis ni contrarier ses objectifs.

Ă€ nos yeux, l’essentiel est l’Ă©mergence politique de la Nouvelle France partout prise en charge par les listes insoumises. C’est donc bien une rĂ©alitĂ© sociale, culturelle et nationale qui s’est exprimĂ©e, dont seuls les insoumis ont dĂ©tectĂ© la prĂ©sence sous-jacente dans la vie du pays. La nouvelle France est d’abord un fait indĂ©pendant de tout calcul politique. Mais c’est aussi un projet en construction tel que le formule le programme « L’Avenir en commun ». C’est pourquoi, Ă  nos yeux, le rĂ©sultat des deux tours de ces municipales ouvre directement le cycle de l’Ă©lection prĂ©sidentielle de 2027. 

Sources:melenchon.fr


Share:

vendredi 20 mars 2026

Municipales 2026 – Retour sur la percĂ©e historique de LFI.

 La France insoumise a signĂ© ce dimanche une percĂ©e municipale historique. En investissant l’Ă©chelon communal, le mouvement franchit un cap stratĂ©gique et politique majeur. Saint-Denis dès le premier tour, et peut-ĂŞtre bientĂ´t Toulouse, Roubaix, Limoges, La Courneuve, Argenteuil, Vitry-sur-Seine… Derrière ces rĂ©sultats, se lit une progression continue du mouvement Ă  toutes les Ă©lections, appuyĂ©e sur une implantation locale renforcĂ©e par la mobilisation de l’abstention des jeunes et des quartiers populaires et une recomposition des Ă©quilibres Ă  gauche. Notre article.

Pour LFI, une progression électorale sans précédent

Le premier tour des municipales de 2026 marque une rupture nette. La France insoumise rĂ©alise une percĂ©e d’ampleur nationale et s’impose comme une force centrale dans de nombreux territoires. Le signal le plus fort vient de Saint-Denis, deuxième plus grande ville d’ĂŽle-de-France, oĂą Bally Bagayoko l’emporte dès le premier tour avec 51 % des voix – une victoire « par KO » qui symbolise Ă  elle seule le changement d’Ă©chelle du mouvement. Mais loin d’ĂŞtre isolĂ©, ce cas s’inscrit dans une dynamique plus large. Des victoires sont espĂ©rĂ©es Ă  Toulouse, troisième ville de France, Roubaix, Limoges, La Courneuve, Argenteuil ou encore Ă  Vitry-sur-Seine. 

Les chiffres donnent la mesure de cette progression. Pas moins de 32 listes menĂ©es ou soutenues par LFI arrivent en tĂŞte dès le premier tour, et 60 listes dĂ©passent les 20 %. Surtout, le mouvement a multipliĂ© par 12 le nombre de voix obtenues par des listes explicitement insoumises. Une progression qui se traduit concrètement par une entrĂ©e dans 182 conseils municipaux dès le premier tour – un chiffre appelĂ© Ă  au moins doubler Ă  l’issue du second. ComparĂ©e Ă  2020, la poussĂ©e est spectaculaire : les scores sont multipliĂ©s par 10 Ă  Creil, par 5 Ă  Caen, Roubaix ou Saint-Ouen, par 4 dans des villes comme Saint-Étienne, Strasbourg, Metz ou Rouen, et encore par 3 Ă  Reims ou Noisy-le-Grand.

Autant de progressions qui tĂ©moignent d’un enracinement Ă©lectoral dĂ©sormais tangible. Surtout, cette percĂ©e ne se limite pas aux grandes mĂ©tropoles ou aux bastions populaires. LFI s’implante aussi dans les villes petites et moyennes. Le mouvement remporte plusieurs communes de moins de 1 000 habitants dès le premier tour et se qualifie dans 35 villes de moins de 30 000 habitants (65 en comptant les listes auxquelles il participe). Dans ces territoires, les listes directement menĂ©es par LFI atteignent en moyenne près de 20 % des voix.



Le lien


La diabolisation du mouvement insoumis ou l’Ă©chec du Parti socialiste

L’un des grands enseignements de ces municipales est l’effondrement de la stratĂ©gie de diabolisation dont LFI a fait l’objet, notamment de la part d’une partie de la gauche traditionnelle. Pendant toute la campagne, certains responsables socialistes et leurs relais mĂ©diatiques ont tentĂ© de faire de La France insoumise un repoussoir politique. Cette tentative a non seulement Ă©chouĂ©, mais plus encore, elle s’est retournĂ©e contre ses propres instigateurs.




Dans plusieurs grandes villes stratĂ©giques, trois configurations illustrent ce renversement. Ă€ Toulouse, François Piquemal arrive largement en tĂŞte, contraignant le Parti socialiste Ă  s’allier avec lui pour battre la droite sortante. MalgrĂ© les critiques publiques de Carole Delga, cette alliance pragmatique montre que LFI devient un partenaire incontournable pour toute gauche qui veut gagner. Ă€ Marseille, oĂą le risque RN est rĂ©el, BenoĂ®t Payan a refusĂ© d’acter une union avec le candidat insoumis SĂ©bastien Delogu.

« Face Ă  l’irresponsabilitĂ© d’un homme, nous serons responsables pour un million », a dĂ©clarĂ© le dĂ©putĂ© des Bouches-du-RhĂ´ne en se retirant pour Ă©viter un scĂ©nario catastrophique. Ce retrait a permis de neutraliser la menace frontiste, tandis que la stratĂ©gie des socialistes aurait pu ouvrir la ville Ă  l’extrĂŞme droite. Ă€ Paris, la logique d’ouverture de Sophia Chikirou a Ă©tĂ© repoussĂ©e par Emmanuel GrĂ©goire.

Ce dernier a suivi la stratĂ©gie d’Ariel Weil, maire de Paris-Centre qui consiste Ă  prĂ©fĂ©rer donner la ville Ă  la droite plutĂ´t que de fusionner avec ses anciens partenaires du Nouveau Front Populaire. Sophia Chikirou s’est maintenue et son intervention au dĂ©bat d’entre-deux-tours a Ă©tĂ© applaudie par les commentateurs. Ă€ Nantes, après plusieurs postures de rejet, la socialiste Johanna Rolland, n°2 du parti Ă  la rose, s’est finalement contorsionnĂ©e pour une « fusion technique » avec la liste insoumise conduite par William Aucant, intĂ©grant des cadres insoumis Ă  des positions d’influence.

Ces quatre exemples confirment que la diabolisation de LFI – loin d’ĂŞtre un outil de sauvegarde Ă©lectorale – s’est systĂ©matiquement retournĂ©e contre ceux qui y ont recours. Face Ă  l’ampleur et Ă  la dynamique du mouvement, les socialistes ont Ă©tĂ© contraints soit de revenir sur leurs postures par opportunisme, soit de persister dans une logique d’exclusion qui risque de les mener droit dans le mur.

La stratĂ©gie « tout sauf LFI » apparaĂ®t aujourd’hui comme non seulement inefficace, mais politiquement irresponsable. Elle met en lumière l’incapacitĂ© du PS Ă  faire front antifasciste, et ses faiblesses structurelles au sein de ses bastions historiques – Marseille, Lille, Nantes, Paris. Dans les villes de plus de 100 000 habitants, LFI progresse de 8,5 points lĂ  oĂą elle Ă©tait dĂ©jĂ  implantĂ©e et dĂ©passe 10 % en moyenne lĂ  oĂą elle se prĂ©sente pour la première fois, multipliant par 2,2 ses scores prĂ©cĂ©dents.

Ă€ l’inverse, le reste de la gauche chute de 6,4 points malgrĂ© de nombreux sortants, une baisse qui reflète la perte de dynamisme de la « gauche de gouvernement ». Au total, c’est bien grâce Ă  LFI que la gauche progresse de plus de 2,5 points en moyenne dans ces villes. Cette dynamique s’inscrit dans la continuitĂ© des dernières Ă©lections : +3,6 points aux europĂ©ennes, +10,8 points Ă  la prĂ©sidentielle sur dix ans, contre des reculs persistants pour le reste de la gauche.

Depuis 2017, LFI est le seul parti à progresser régulièrement, élection après élection, confirmant sa capacité à transformer la sociologie du vote en force politique durable.

Combattre l’abstention : quand la nouvelle France prend le pouvoir

L’autre enseignement majeur du scrutin tient dans la capacitĂ© de La France insoumise Ă  transformer un obstacle – l’abstention – en levier politique. Depuis 10 ans qu’il existe, le mouvement insoumis a fait un pari stratĂ©gique : aller chercher les Ă©lecteurs dĂ©goĂ»tĂ©s de la politique. Dans l’ouvrage Nouveau peuple, nouvelle gauche, Tristan Haute montre que les classes populaires contemporaines, largement abstentionnistes, ne sont pas dĂ©politisĂ©es mais en attente d’une offre politique capable de les reprĂ©senter.

Autrement dit, pouvoir se loger, se nourrir, se déplacer, étudier. En ciblant les jeunes et les habitants des quartiers populaires, LFI a précisément cherché à activer ce potentiel électoral latent. Les premiers résultats empiriques semblent lui donner raison. Le sociologue Vincent Tiberj souligne ainsi une hausse spectaculaire de la participation dans plusieurs bastions insoumis. À Roubaix, où David Guiraud arrive largement en tête, la participation passe de 44 % en 2014 à 67 % en 2026, soit une augmentation de 23 points.

Ă€ Saint-Denis, territoire historiquement marquĂ© par une faible mobilisation Ă©lectorale, la dynamique est Ă©galement perceptible avec une progression de la participation accompagnant l’Ă©lection dès le premier tour de Bally Bagayoko. Ces Ă©volutions confirment que la percĂ©e insoumise ne repose pas uniquement sur des transferts de voix entre forces politiques existantes, mais bien sur une extension du corps Ă©lectoral actif.

En ce sens, LFI ne se contente pas de redistribuer les Ă©quilibres : elle redĂ©finit les conditions mĂŞmes de la compĂ©tition Ă©lectorale. Plus profondĂ©ment, cette remobilisation donne corps Ă  l’Ă©mergence d’une nouvelle France populaire, jeune, urbaine, fĂ©minisĂ©e et crĂ©olisĂ©e, longtemps invisibilisĂ©e dans les urnes. Ce qui apparaissait jusqu’ici comme une rĂ©alitĂ© sociologique tend, Ă  l’Ă©chelle municipale, Ă  devenir une rĂ©alitĂ© politique.

Le lien:

Une sĂ©quence de politisation et d’Ă©ducation populaire

Au-delĂ  de la seule performance Ă©lectorale, les municipales de 2026 consacrent une dynamique plus profonde : celle d’une politisation Ă©largie et d’une montĂ©e en compĂ©tence collective sans prĂ©cĂ©dent. Partout sur le territoire, la campagne a Ă©tĂ© marquĂ©e par une intensitĂ© militante notable. Des centaines de personnes ont affluĂ© dans les rĂ©unions publiques, y compris dans des villes oĂą l’implantation insoumise Ă©tait encore rĂ©cente.

Le programme a Ă©tĂ© portĂ©, dĂ©voilĂ© et expliquĂ©, au plus près du terrain, dans les marchĂ©s et aux portes-Ă -portes, tandis que les dĂ©putĂ©s et figures nationales se sont dĂ©ployĂ©s partout. Cette prĂ©sence continue a contribuĂ© Ă  ancrer durablement le mouvement dans les territoires. La campagne a Ă©tĂ© l’occasion d’une expĂ©rience d’Ă©ducation populaire Ă  grande Ă©chelle.

Partout, des citoyennes et citoyens engagĂ©s sur les listes ont appris, souvent pour la première fois, Ă  prendre la parole en public, Ă  organiser une rĂ©union, Ă  louer une salle, Ă  structurer une campagne, Ă  dialoguer avec les institutions. Autant de savoir-faire politiques concrets qui transforment durablement les individus et les collectifs. Cette montĂ©e en compĂ©tence ne s’arrĂŞte pas au soir du scrutin.

Elle se prolonge dĂ©sormais dans les institutions locales. Des centaines de nouveaux Ă©lus vont siĂ©ger dans les conseils municipaux, accĂ©der Ă  des fonctions d’adjoints, investir les intercommunalitĂ©s, et, Ă  terme, peser dans d’autres arènes comme les conseils dĂ©partementaux et rĂ©gionaux. Autant d’espaces qui deviennent des lieux d’apprentissage, mais aussi de diffusion du projet insoumis.


Le lien:













Aujourd’hui les communes, et demain la prĂ©sidentielle

Cette percĂ©e municipale dit beaucoup de choses : elle prĂ©pare l’avenir de la France insoumise sur tous les terrains. Il y aura une entrĂ©e au SĂ©nat d’ici la fin de l’annĂ©e, pour y porter des idĂ©es et prĂ©parer la prĂ©sidentielle de 2027, oĂą la mobilisation populaire et l’organisation du mouvement feront la diffĂ©rence.

Par-dessus tout, une dynamique s’engage : celle de la rĂ©volution citoyenne, portĂ©e par les quartiers populaires, les jeunes et toutes celles et ceux qui refusent de subir ces politiques de violence. La nouvelle France prĂ©pare la RĂ©publique Ă  sa 6ᵉ constitution, et rien ne l’arrĂŞte.


Sources:linsoumission.fr. (Par Lilian Davy)
Share:

jeudi 19 mars 2026

Élections municipales – Ă€ Strasbourg, le Parti socialiste fusionne avec les macronistes.

 L’alliance nationale entre le Parti socialiste et la Macronie mourante s’Ă©tend au niveau local. Ă€ Strasbourg, ce dimanche 15 mars, quatre listes se sont qualifiĂ©es pour le second tour de l’Ă©lection municipale. ConformĂ©ment Ă  l’engagement pris par la France insoumise de porter la rupture tout en faisant barrage Ă  la droite et Ă  l’extrĂŞme droite, la liste portĂ©e par le candidat LFI Florian Kobryn a dĂ©cidĂ© d’une fusion avec la liste Ă©cologiste de Jeanne Barseghian en vue du second tour des Ă©lections municipales ce dimanche 22 mars.

De son cĂ´tĂ©, Catherine Trautmann, candidate socialiste et ancienne maire de la ville arrivĂ©e en tĂŞte, a Ă©galement fait le choix d’une fusion. D’une fusion du dĂ©shonneur. Car Ă  l’instar de la direction nationale du Parti socialiste qui est engagĂ©e depuis plusieurs mois dans une alliance avec le gouvernement Lecornu, Catherine Trautmann a dĂ©cidĂ© de fusionner sa liste avec celle du candidat Pierre Jakubowicz, tĂŞte de liste d’une coalition macroniste dĂ©faite n’Ă©tant pas parvenue Ă  se qualifier au second tour.

Pour aller plus loin : Faure rejoint officiellement Macron en annonçant voter pour le budget de la SĂ©curitĂ© sociale et le massacre de l’hĂ´pital public

La situation est on ne peut plus claire : Catherine Trautmann et les socialistes strasbourgeois veulent Ă  tout prix rĂ©cupĂ©rer la mairie de Strasbourg. « C’est l’alliance des combinards de la non-censure », rappelle le dĂ©putĂ© LFI Paul Vannier. Et Olivier Faure aura beau protester, l’alliance Trautmann-Jakubowicz n’est pas sans rappeler la ligne adoptĂ©e par le Parti socialiste Ă  l’Ă©chelle nationale. Pour sauver leurs postes Ă  l’AssemblĂ©e, le premier secrĂ©taire du Parti socialiste et ses dĂ©putĂ©s ont en effet dĂ©cidĂ© d’une alliance avec SĂ©bastien Lecornu en refusant systĂ©matiquement la censure de son gouvernement, et en laissant passer des budgets de misère sociale pour s’Ă©pargner un retour aux urnes. Ă€ Paris comme Ă  Strasbourg, le PS ou la trahison comme seconde peau.

Partout en France, les listes conduites ou composĂ©es par la France insoumise constituent les seules alternatives aux baronnies locales, Ă  la droite extrĂŞme et Ă  l’extrĂŞme droite. Notre brève.

Une fois n’est pas coutume, le Parti socialiste choisit le dĂ©shonneur pour quelques places au chaud

























Sources:linsoumission.fr
Share:

mercredi 18 mars 2026

BFMTV se mobilise contre LFI : en moins de 24 heures, refus d’invitation de Sophia Chikirou et calomnies contre Bally Bagayoko.

 La chaĂ®ne BFMTV, propriĂ©tĂ© du milliardaire Rodolphe SaadĂ©, accĂ©lère sa mobilisation pour tenter d’affaiblir LFI après sa percĂ©e historique au premier tour des Ă©lections municipales. Sur le plateau de la chaĂ®ne, mardi 17 mars, tout un tunnel de calomnies a Ă©tĂ© rĂ©servĂ© au nouveau maire insoumis de Saint-Denis-Pierrefitte, Bally Bagayoko, Ă©lu dès dimanche soir. Les chiens de garde mĂ©diatique Ă©taient lâchĂ©s, avec une sĂ©rie de questions Ă  la hauteur du torchon d’extrĂŞme droite Frontières : « Pourquoi vous avez chantĂ© « Nous sommes tous des enfants de Gaza ? » » ; « Vous avez Ă©tĂ© Ă©lu avec peu de voix au final !? » ;« Vous avez Ă©tĂ© Ă©lu grâce aux dealeurs ? » ; « Vous allez dĂ©brancher des camĂ©ras de surveillance ? Vous ĂŞtes dans les mains de qui ? ».

L’officialitĂ© mĂ©diatique sonne la charge contre LFI et ses nouveaux maires. Bally Bagayoko les a recadrĂ©s avec brio. Quelques heures plus tard, une autre offensive menĂ©e par la mĂŞme chaĂ®ne : le refus d’inviter Sophia Chikirou au dĂ©bat du second tour des municipales Ă  Paris. « Après l’Ă©chec de la stratĂ©gie de diabolisation, ils essaient celle de l’invisibilisation », a analysĂ© hier la tĂŞte de liste insoumise Ă  Paris, qui a rĂ©uni plus de 100 000 voix en passant la barre des 10 %.

« Personne d’entre nous ne doit plus mettre les pieds chez de tels manipulateurs. L’Arcom est saisie », a annoncĂ© Jean-Luc MĂ©lenchon face Ă  ces pratiques de journalistes propagandistes aux antipodes des obligations entourant leur profession, prĂ©vues par la charte de Munich. Notre brève.

Pour aller plus loin : Saint-Denis-Pierrefitte, ville insoumise : retour sur la victoire éclatante de Bally Bagayoko

« L’anti-LFI est donc dĂ©sormais la ligne Ă©ditoriale assumĂ©e de BFMTV » – Manuel Bompard






























Sources:linsoumission.f

Share:

mardi 17 mars 2026

Municipales 2026 – Le Rassemblement national est un parti raciste : ces 6 raisons qui en font la dĂ©monstration.

 On n’a jamais essayĂ© le Rassemblement national ! ». Ă€ deux jours des Ă©lections municipales, cette formule revient parfois. Mais la rĂ©alitĂ© des faits prouve l’inverse. Depuis 2020, des villes sont dirigĂ©es par le Rassemblement national. TolĂ©rance de tags antisĂ©mites, coupures de subventions aux associations d’entraide comme le Secours populaire, corruption, privatisations de services publics… La liste des mĂ©faits est longue.

L’Insoumission prĂ©sente le top 6 des points qui dĂ©montrent que le RN est raciste et antisocial. LFI appelle Ă  se joindre aux manifestations partout en France contre le racisme, le fascisme et pour l’Ă©galitĂ© des droits et Ă  voter pour les listes conduites et soutenues par le mouvement insoumis ce dimanche 15 mars. Notre article.

1) Préférence nationale : ce marqueur incontournable du Rassemblement national

La notion de « prĂ©fĂ©rence nationale » ou de « prioritĂ© nationale » est une base du programme du FN puis du RN depuis les annĂ©es 1980. Il s’agit de donner la prioritĂ© aux Français dans la plupart des services publics et mĂ©canismes de solidaritĂ©, notamment le logement, l’emploi et les aides sociales.

La dĂ©finition de « Français » du RN exclut les personnes dont les parents ou les grands-parents ont immigrĂ© en France ; elle repose donc sur l’exclusion raciale. En janvier 2024, Marine Le Pen dĂ©pose une proposition de loi constitutionnelle pour que la « prioritĂ© nationale » dans l’accès Ă  l’emploi et au logement constitue « un droit constitutionnellement invocable ». Il s’agit d’une vĂ©ritable sĂ©grĂ©gation raciste oĂą les personnes Ă©trangères sont rĂ©duites Ă  des citoyens de seconde zone.



2) Les subventions orientées du RN

Une enquĂŞte collective sur la politique associative des mairies d’extrĂŞme droite dĂ©montre qu’il est procĂ©dĂ© Ă  la coupure des subventions des associations qui dĂ©plaisent Ă  ces municipalitĂ©s, dont celles qui luttent contre le racisme, comme le MRAP Ă  Marignane. En revanche, le soutien aux associations racistes est maintenu, par exemple le cercle algĂ©rianiste (nostalgiques de l’AlgĂ©rie française) qui a reçu 50 000 euros de la mairie dirigĂ©e par Louis Aliot Ă  Perpignan.

En 2023, c’est le dĂ©putĂ© RN de Gironde GrĂ©goire de Fournas qui tente, en vain, d’invalider une subvention du Conseil dĂ©partemental Ă  l’association SOS MĂ©diterranĂ©e. De son cĂ´tĂ©, Gauthier Bouchat, candidat RN Ă  la mairie de Donges, demande en 2020 l’annulation de la subvention versĂ©e par la ville de Saint-Nazaire Ă  la mĂŞme association (il Ă©tait alors Ă©lu RN Ă  Saint-Nazaire).

Pour aller plus loin : Municipales – Les 10 pires mesures mises en Ĺ“uvre par le Rassemblement national dans les communes qu’il dirige

3) Ă€ l’extrĂŞme droite, la haine constante des exilĂ©s

Le RN entend supprimer totalement le droit du sol, c’est-Ă -dire empĂŞcher une personne nĂ©e en France de parents Ă©trangers et vivant en France depuis son enfance d’accĂ©der automatiquement Ă  la nationalitĂ© française. Le parti vise aussi la restriction du droit d’asile et refuse la prise en charge des mineurs non accompagnĂ©s. Ă€ l’installation en 2025 d’un centre d’accueil pour les mineurs isolĂ©s, Ă  Dol-de-Bretagne, le prĂ©sident du groupe RN Ă  la RĂ©gion, Gilles Pennelle, ose Ă©crire : « En Ille-et-Vilaine, la gauche finance Ă  coups de millions d’euros la prĂ©fĂ©rence Ă©trangère ! (…) Ils iront visiter les sites touristiques pendant que de nombreux jeunes Bretons n’ont mĂŞme pas les moyens de partir en vacances ».

Le mĂ©dia local Calais la sociale rapporte qu’en 2024, le nouveau dĂ©putĂ© RN du Pas-de-Calais, Marc de Fleurian, rĂ©duit les exilĂ©s Ă  des agresseurs et des violeurs. De leur cĂ´tĂ©, les Ă©lus RN Ă  la municipalitĂ© de Calais se fĂ©licitent que la droite, au pouvoir dans la ville, Ă©tudie la suppression de la gratuitĂ© des bus pour les non-rĂ©sidents de l’agglomĂ©ration, une forme d’apartheid.

4) Proximité avec les identitaires

Plusieurs enquĂŞtes de journalistes rĂ©vèlent la proximitĂ© des Ă©lus du RN avec la mouvance identitaire, notamment au travers de leurs assistants parlementaires. Cette mouvance dĂ©fend l’idĂ©e d’une Europe « de race blanche », use de discours racistes, islamophobes et d’actions violentes. En 2024, le dĂ©putĂ© du Var Philippe Schreck embauche Rafael Ferron, leader d’un groupuscule qui lutte « contre le grand remplacement et le grand effacement qui mettent en pĂ©ril l’existence charnelle de notre peuple ».

Le groupe RN Ă  l’AssemblĂ©e demande son licenciement pour rendre ses rangs plus prĂ©sentables. Le journal l’ArlĂ©sienne, qui scrute notamment les mairies frontistes du sud de la France, enquĂŞte sur la ville de Beaucaire (Gard), passĂ©e FN en 2014.

Le journal identifie que la ville emploie ou a employĂ© des personnes proches de GĂ©nĂ©ration identitaire, groupuscule interdit en 2021. De mĂŞme, le dĂ©putĂ© RN de Haute-SaĂ´ne Antoine Villedieu a comme assistant Brice Malagoli, pour lequel l’Insoumission rĂ©vèle qu’il a occupĂ© la fonction de cadre de cette milice d’extrĂŞme droite au racisme affirmĂ©.

5) Islamophobie en continu

L’islam est une des grandes obsessions du RN. En 2018, Julien Sanchez, maire de Beaucaire de 2014 Ă  2024 — et candidat RN Ă  NĂ®mes en 2026 — supprime les repas de substitution les jours oĂą du porc est servi dans les cantines scolaires. Il dĂ©clare : « Il sera mis du porc chaque lundi dans les cantines, tout le monde est prĂ©venu et ceux qui refusent que leurs enfants en mangent peuvent donc s’organiser autrement », il « refuse d’assister au grand remplacement du porc Ă  la cantine ».

La dĂ©cision est annulĂ©e par la justice, et ce jusqu’au Conseil d’État en 2023. Mais Julien Sanchez refuse de se conformer Ă  la loi et la mairie impose toujours du porc aux enfants. Parmi les attaques islamophobes du RN se trouve celle du communautarisme. Le maire RN de FrĂ©jus, David Rachline, en est un adepte. Plusieurs Ă©tĂ©s de suite, il tente d’interdire le port du burkini sur les plages, ce que le tribunal administratif du Var conteste.

Suite Ă  la dĂ©cision de 2023, le maire qualifie la Ligue des droits de l’homme « d’association communautariste » et estime que le jugement est une « porte ouverte (…) Ă  tout type de dĂ©rive communautariste ». Dans les multiples exemples de dĂ©clarations islamophobes, on peut citer Margaux Taillefer : « Vais-je Ă  Bordeaux ou au YĂ©men ? », publication (aujourd’hui supprimĂ©e des rĂ©seaux) de la candidate RN Ă  la mairie de Pau, alors qu’un homme lit le Coran Ă  ses cĂ´tĂ©s dans le train.

6) Des propos racistes épinglés

En 2025, Les Jours recense près d’une centaine de commentaires racistes et d’appels Ă  la haine et au meurtre, rĂ©digĂ©s par des adhĂ©rents, sympathisants et militants du RN sur une page officielle de soutien Ă  Jordan Bardella sur Facebook. Ces commentaires n’ont pas Ă©tĂ© modĂ©rĂ©s par les administrateurs de ce groupe de 84 000 membres auquel appartiennent 15 dĂ©putĂ©s RN.

En octobre 2023, le dĂ©putĂ© RN de Moselle Laurent Jacobelli traite le dĂ©putĂ© Renaissance Belkhir Belhaddad de « racaille » et lui demande « elle va bien Madame Leduc, il va bien le Hamas ? », parlant de la dĂ©putĂ©e LFI. Belkhir Belhaddad porte plainte et l’association SOS Racisme se porte partie civile. Charlotte Leduc dĂ©clare ĂŞtre « horrifiĂ©e par cette agression raciste ». Le tribunal condamne le dĂ©putĂ© pour outrage et diffamation non publique, mais ne retient pas le caractère raciste. Les propos, les dĂ©cisions et les actions des Ă©lus RN, maintenues parfois mĂŞme Ă  l’encontre de la justice, prouvent le racisme ancrĂ© dans le parti d’extrĂŞme droite malgrĂ© ses tentatives de se dĂ©barrasser de cette image.

Sources:linsoumission.fr    (Par Sandrine Cheikh)

Share:

Liberté de la Presse

La video du Jour

Calendrier

Vivre les Cultures du Monde

Cultures du Monde Arabe

Cinéma

Transparence Internationale

NEGAWATT

Wikipedia

Résultats de recherche

Archives du blog