A la marge,celle qui relie les pages

mercredi 25 février 2026

« Faire l’appât ! » – Après les révélations sur les guet-apens tendus par Némésis, LFI demande la dissolution du groupuscule.

 Selon les révélations de L’Humanité, confirmés par plusieurs médias nationaux, le collectif fasciste Némésis a participé à l’organisation d’un guet-apens visant des militants de gauche à Lyon. Au cœur du dispositif : une stratégie assumée en interne, résumée en deux mots glaçants – « faire l’appât ». Derrière l’image d’un collectif féminin prétendument engagé pour les droits des femmes, c’est une mécanique médiatique et politique de provocation qui apparaît au grand jour, une stratégie de recherche de la violence, sur fond d’instrumentalisation du féminisme.

Qui est némésis ?

Fondé en 2019, Némésis est un collectif féminin d’extrême droite qui se présente comme « identitaire » et « féministe ». Le groupe concentre l’essentiel de sa communication sur les violences sexuelles attribuées aux étrangers ou aux personnes issues de l’immigration, inscrivant son discours dans la théorie du « grand remplacement » et dans une lecture ethnicisée des questions de genre.

Leur stratégie médiatique combine des opérations spectaculaires – actions coup de poing, déploiement de banderoles lors de manifestations, forte présence sur les réseaux sociaux – et une forme de légitimation par des relais installés, notamment au sein de la « bollosphère », où leurs images et communiqués sont régulièrement diffusés. Sa porte-parole, Alice Cordier, est d’ailleurs fréquemment invitée sur ces plateaux.

Le masque féministe d’une violence masculiniste, raciste et homophobe

Ainsi, la dénonciation des violences sexistes permet de donner un vernis respectable à un discours fondamentalement xénophobe.

Mais le cas lyonnais met en lumière les liens opérationnels entre le collectif et l’écosystème identitaire, notamment des réseaux masculins néonazis. Loin d’être autonome, la mise en scène féminine devient un outil tactique dans un dispositif plus large de confrontation.

Le procédé est d’autant plus cynique qu’il instrumentalise la cause des femmes pour servir une stratégie de tension politique.

Pour aller plus loin : Faux féminisme, vrai racisme : Némésis, le visage fémo-identitaire de l’extrême droite 

Une stratégie préméditée : provoquer pour piéger

Le mode opératoire décrit est précis. Une militante du collectif se rend sur place, cherche l’interaction, provoque ou attire des militants antifascistes identifiés. Pendant ce temps, des hommes issus de la mouvance identitaire, voire néo-nazie, se tiennent à proximité.

L’objectif n’est pas le débat. Il est double : provoquer une réaction, puis enclencher l’intervention des militants d’extrême droite. La scène peut ensuite être filmée, montée, diffusée sur les réseaux sociaux afin d’alimenter le récit d’une « violence d’ultra-gauche ». Némésis comptant sur le tam-tam médiatique de la galaxie Bolloré.

L’extrême droite contemporaine ne cherche pas seulement l’affrontement physique : elle cherche l’image. Provoquer, susciter une réaction, filmer, diffuser, inverser la charge morale : la mécanique est désormais bien connue. L’enjeu est de fabriquer des contenus qui alimentent un récit de victimisation et renforcent la cohésion militante.

La violence comme outil politique

Ce type d’action ne relève pas d’un dérapage isolé. Il s’inscrit dans une stratégie plus large de production de séquences virales.

Dans ce schéma, le « guet-apens » devient un outil politique. Il permet de désigner un ennemi, de construire un climat d’insécurité symbolique et de consolider une identité de groupe fondée sur la confrontation. Comme mode opératoire, cette stratégie est intrinsèquement liée à l’organisation des violences politiques d’aujourd’hui.

Et il ne se limite pas à Lyon. Une présentation d’un film de Costa-Gavras organisée à Paris par les Young Struggle, présentée comme un temps d’échange politique, a finalement dégénéré en tabassage en règle d’un militant cégétiste par 25 membres des Hussards (ex-GUD et Zouaves). La présence de militantes de Némésis aux abords de l’événement aurait servi de point de départ à une séquence de provocations, débouchant sur une charge et des slogans « Paris est nazi ! Lyon est nazi ! ».

Cette affaire est toujours en cours d’instruction. Au domicile de Callixte Guy, dirigeant du groupuscule Audace Lyon, ont été retrouvés 13 couteaux, une hachette, du gaz lacrymogène, une matraque télescopique et une réplique de pistolet. Des informations personnelles concernant les membres de la Jeune Garde sont inscrites dans son téléphone.

Une alerte politique

Ces révélations interrogent la banalisation de certaines pratiques de l’extrême droite radicale. Derrière les costumes-cravates, les plateaux de TV et le discours pseudo-féministe, on retrouve des méthodes appliquées depuis 40 ans : provocation, intimidation, chasses à l’homme et agressions.

La stratégie de « faire l’appât » n’est pas un simple coup d’éclat. Elle révèle une méthode militante fondée sur le pire de l’ultra-droite néo-nazie, permise par le système de Vincent Bolloré et lié au Rassemblement national.

Tolérer le développement de ces réseaux, de leurs méthodes et de leurs relais revient à banaliser des projets factieux. Pourtant avertis par les services de renseignement intérieurs, l’inaction et la diabolisation de l’antifascisme par nos irresponsables politiques ressemblent à des choix cyniques et idéologiques qui fragilisent la République.

La France insoumise a demandé au gouvernement de dissoudre judiciairement le collectif fasciste Némésis

Cet après-midi, le député LFI Ugo Bernalicis a interpellé le ministre de l’Intérieur à ce sujet :

« Monsieur le Ministre de l’Intérieur,

Avez-vous pris connaissance des révélations publiées par L’Humanité concernant les liens entre des militantes du collectif d’extrême droite Némésis et des néonazis du groupe Audace ?

Je vous les lis : « On peut être deux ou trois filles à tracter là où vous voulez les choper, un peu pour faire l’appât. » Ces échanges, intervenus en octobre dernier à Lyon, visaient à organiser un guet-apens contre des militants antifascistes.

Les faits sont graves. Ils décrivent des méthodes d’intimidation et de violence politique assumée. Des femo-nationalistes qui échangent avec des néonazis pour piéger et frapper des opposants politiques.

La violence politique dessert notre projet, mais qu’en est il du vôtre ?

Ce sont ces mêmes groupes que votre ministère n’a pas interdit de défiler récemment à Lyon, dans un contexte de récupération d’un drame humain, avec des mots d’ordre et des symboles qui révèlent la montée du fascisme.

Votre famille politique doit s’expliquer ! Quand votre candidate Martine Vassal reprend une devise pétainiste, quand votre ministre Aurore Bergé cite l’antisémite d’extrême droite Charles Maurras et propose un accord politique électoral avec le Rassemblement national, le bruit des bottes se fait de plus en plus lourd dans notre pays !

Je dénonce que votre ministère a fait le choix pour des raisons politiciennes de réprimer les mouvements sociaux pacifiques, des manifestations écologistes non-violentes, des rassemblements pour la paix en Palestine… 

Et quand des néonazis défilent, là nan ? Ça ne trouble pas votre ordre public ?

Je vous pose donc une question précise : allez-vous saisir la justice pour demander la dissolution judiciaire du collectif Némésis ? Ou bien, comme votre prédécesseur Bruno Retailleau, vous dites « bravo pour votre combat, vous savez que j’en suis très proche. »

Nous, nous sommes antifascistes, parce que nous sommes républicain ! Et vous ?

Votre équivalence est scandaleuse !

Sans fascisme il n’y a pas d’antifascisme, pas contre sans antifascisme le fascisme s’installe. »

Sources:linsoumission.fr     (Par Lilian Davy

Share:

Liberté de la Presse

La video du Jour

Calendrier

Vivre les Cultures du Monde

Cultures du Monde Arabe

Cinéma

Transparence Internationale

NEGAWATT

Wikipedia

Résultats de recherche

Archives du blog