Face à une hausse continue des discriminations et aux différentes formes de racisme prégnantes dans la société, les Insoumis défendent la création d’un office municipal de lutte contre les discriminations. L’objectif : donner aux communes un rôle central dans la lutte contre les discriminations et toutes les formes de dominations, grâce à une meilleure connaissance des réalités locales. Notre article.
Une hausse continue des discriminations
Claire Hédon et l’équipe de l’autorité montrent une augmentation des discriminations. Le rapport se fonde notamment sur les données du service des statistiques du ministère de l’Intérieur (SSMSI), qui recense les déclarations d’infractions aux services de sécurité. Plus de 16 000 atteintes à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux ont été enregistrées en 2024, soit 11 % de plus qu’en 2023. La hausse est continue depuis 2016 (en moyenne + 8 % chaque année). Les statistiques révèlent une surreprésentation des hommes et des personnes de nationalité étrangère (16 %, alors qu’elles ne sont que 8 % de la population). Les ressortissants d’un pays d’Afrique sont les plus touchés (11 %, alors qu’ils sont 4 %).
Le racisme est donc bien ancré en France, et augmente. À Marseille, Sébastien Delogu propose 80 mesures pour combattre les discriminations : « La lutte contre les discriminations sera au cœur de notre action municipale. La mairie assumera pleinement son rôle en rompant d’abord avec le déni : reconnaître les injustices et les rendre visibles. »
Pour aller plus loin : Racisme et violences policières : les propositions de LFI pour une société de l’harmonie des êtres humains
https://twitter.com/L_insoumission/status/2024412556585034203?s=20
Des chiffres sous-évalués, plus d’un million de victimes
L’enquête de victimation « Vécu et ressenti en matière de sécurité », du SSMSI, recense plus d’un million, en France hexagonale, de personnes majeures déclarant avoir été victimes d’au moins une atteinte à caractère raciste. Moins de 3 % des déclarants entreprennent une démarche auprès des services de sécurité par peur des représailles, l’impression qu’un signalement ne changerait rien ou encore le fait de ne pas avoir de preuves.
C’est entre autres pour cela que les candidat·es insoumis·es aux élections municipales portent la création d’un office municipal de lutte contre les discriminations. Cet office permettra de lutter contre ce non-recours en offrant, avec des permanences juridiques, un espace pour qualifier les faits, comprendre les recours possibles.
Ces offices pourront également mener des études et mieux comprendre les réalités des discriminations afin de lutter de manière concrète. Candidat à la mairie de Strasbourg, Florian Kobryn souhaite faire de la lutte contre les discriminations une priorité. À la création d’un office municipal de lutte contre les discriminations, il propose d’adosser l’organisation d’un colloque annuel consacré à la lutte contre les racismes.
Provocations, injures, diffamations
Les trois quarts des infractions enregistrées sont des provocations, des injures et des diffamations. La France insoumise, notamment par ses députés, n’a de cesse de lutter contre le racisme et les actes qu’il engendre.
En novembre 2024, le député insoumis Carlos Martens Bilongo (Val-d’Oise) interpelle le ministre des Sports sur des actes de racisme et de sexisme au sein du milieu sportif français. Il donne l’exemple de Sarah Ourahmoune, contrainte de renoncer à être candidate à la présidence de la Fédération française de boxe, car confrontée à des attaques racistes et sexistes répétées. Le député demande au gouvernement « s’il souhaite instaurer des sanctions claires et dissuasives contre les actes discriminatoires, afin de prévenir toute forme de discrimination envers les femmes et les minorités dans le sport français ». Silence gouvernemental.
Haine contre la religion
Dans son rapport sur les discriminations fondées sur la religion, la Défenseure des droits écrit que « les discours de haine en lien avec la religion se sont multipliés ». Elle parle d’une « banalisation et de l’installation d’un climat de suspicion et de stigmatisation » et précise que les discriminations concernent les individus au quotidien : école, travail, accès au logement, aux commerces, vie associative et sportive, etc.
LFI met le gouvernement face à ses responsabilités quant à ces pratiques inadmissibles. En janvier 2026, Andrée Taurinya, députée LFI de la Loire, interroge la ministre de la Santé sur les pratiques discriminatoires au sein du service public hospitalier en lien avec la religion réelle ou supposée.
« Alors même que les gouvernements successifs n’ont eu de cesse de fragiliser l’hôpital public par des coupes budgétaires, l’islamophobie mine l’institution hospitalière. Un service de pédiatrie a même dû procéder à la fermeture de lits suite au renvoi de deux soignantes pour le seul port d’un calot ». Face à cette situation à la fois «ubuesque et profondément inadmissible », elle l’interroge sur les « réponses concrètes qu’elle entend apporter afin que les personnels soignants ne soient plus menacés de licenciement en raison de leur religion réelle ou supposée découlant de leur apparence physique ».
À Saint-Denis (93), Bally Bagayoko créera une « ville refuge » pour lutter contre toutes les discriminations, avec entre autres la création d’un Conseil consultatif des étranger·es. En octobre 2025, face aux attaques contre la liste d’union dont il est chef de file, il déclare : « À celles et ceux qui reçoivent ces messages mensongers et racistes : ne restez pas silencieux. L’écoute passive ou le silence encouragent ces propos. Dénoncez-les pour qu’ils et elles ne puissent plus propager la haine. Saint-Denis ».






