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vendredi 28 février 2025

Du NSDAP Ă  l’AFD : le 30 janvier 1933 en Allemagne, une droite irresponsable confie le pouvoir aux nazis(part2)

 

 Le gouvernement fait ainsi passer le budget en dĂ©tournant cet article de son objet originel : ni « la sĂ©curitĂ© », ni « l’ordre public » ne sont « gravement compromis ou menacĂ©s » ! Toutefois, le Parlement rĂ©siste et vote, en vertu de l’article 48-3, une motion de rejet, qui provoque la dissolution du Parlement – la première d’une sĂ©rie de quatre dissolutions entre 1930 et 1933 – par le PrĂ©sident. Toutefois, le PrĂ©sident fait passer le budget tout de mĂŞme, par ordonnance, avant l’Ă©lection de la nouvelle assemblĂ©e, ce qui constitue un vĂ©ritable coup de force (juillet 1930).

Mais la dissolution est un Ă©chec : l’AssemblĂ©e qui rĂ©sulte des Ă©lections du 14 septembre 1930 est encore plus ingouvernable que la prĂ©cĂ©dente, marquĂ©e par un tassement des partis des coalitions gouvernementales (gauche modĂ©rĂ©e, centre et droite) et une progression des communistes (KPD) avec 13,1 % des voix et, surtout, du NSDAP (parti nazi) qui passe de 2,6 % des voix en 1928 Ă  18,3 %.

Qu’importe pour les conservateurs : le gouvernement de BrĂĽning, maintenu dans ses fonctions, gouvernera par ordonnances et dĂ©crets. Mieux, il Ă©chappe Ă  la motion de rejet (on dirait en France « de censure ») par la bienveillance des sociaux-dĂ©mocrates qui font le choix, tout en se disant dans l’opposition, d’une « politique de tolĂ©rance » vis-Ă -vis de BrĂĽning, par peur de l’arrivĂ©e au pouvoir de l’extrĂŞme droite et pour sauver la RĂ©publique

« Après avoir votĂ© contre les lois de BrĂĽning et après avoir fait triompher une motion de censure contre l’ordonnance de juillet [1930], le SPD s’apprĂŞte Ă  soutenir des mesures fiscales et sociales bien pires, non en votant pour elles, mais en s’abstenant chaque fois qu’une motion de rejet (article 48 alinĂ©a 3) sera dĂ©posĂ©e contre une ordonnance de l’article 48-2. Les sociaux-dĂ©mocrates dĂ©fendent que BrĂĽning est « le moindre mal », comparĂ© aux nazis. Ils vont toutefois « tolĂ©rer » une politique Ă©conomique et sociale qui, en aggravant la crise, nourrit le vote nazi comme jamais. »

J. Chapoutot, Les Irresponsables…, p.46

La droite aux affaires mène une politique économique et sociale inefficace et impopulaire

Cette « politique de tolĂ©rance » du SPD permet au chancelier de mener sa politique austĂ©ritaire qui, en rĂ©alitĂ©, asphyxie l’Ă©conomie allemande. Par la dĂ©flation (baisse des salaires) BrĂĽning espère redonner de la compĂ©titivitĂ© Ă  l’Ă©conomie de son pays, dans le contexte de la grande dĂ©pression Ă©conomique mondiale : c’est peine perdue face aux dĂ©valuations monĂ©taires et autres politiques protectionnistes menĂ©es par la plupart des autres pays.

Après s’ĂŞtre maintenu deux ans au pouvoir, l’honnĂŞte mais austère chancelier chute sur sa volontĂ© d’assainir les aides aux territoires allemands les plus Ă  l’est (Prusse orientale, Mecklembourg, etc.) : ces Osthilfe (aides Ă  l’Est) sont largement dĂ©tournĂ©es au profit des grands propriĂ©taires terriens dont les intĂ©rĂŞts sont dĂ©fendus par Hindenburg, lui-mĂŞme grand propriĂ©taire terrien, qui, avec sa « Kamarilla » entrainĂ©e par le gĂ©nĂ©ral von Schleicher, pousse BrĂĽning Ă  la dĂ©mission (30 mai 1932).

Son successeur, l’aristocrate et homme de rĂ©seaux von Papen, très proche de Hindenburg, forme un gouvernement totalement « hors-sol » (1er juin – 3 dĂ©cembre 1932), coupĂ© des rĂ©alitĂ©s du peuple, composĂ© pour l’essentiel d’aristocrates et de grands bourgeois : on le surnomme « le cabinet des barons ». Le nouveau chancelier demande et obtient de Hindenburg de dissoudre le Parlement et d’organiser de nouvelles Ă©lections lĂ©gislatives.

Ce seront les Ă©lections du 31 juillet 1932. Ce choix est difficilement comprĂ©hensible car il est pris en pleine ascension Ă©lectorale des nazis : Hitler vient de rĂ©aliser un très bon score Ă  l’Ă©lection prĂ©sidentielle (plus de 30 % des voix au premier tour, près de 37 % au second) et le NSDAP gagne ou progresse très fortement dans la plupart des Ă©lections locales (dans les Länder qui composent l’Allemagne, dans les municipalitĂ©s aussi), au point que les nazis peuvent participer aux gouvernements locaux, ce qu’ils font depuis 1930 dans le Brunswick ou en Thuringe par exemple…

Bref, dissoudre dans la situation de montĂ©e de l’extrĂŞme droite relève d’un « pari fou » qui, naturellement, est perdu. Non seulement les nazis, profitant de la levĂ©e de l’interdiction des SA et des SS, milices nazies, par von Papen, organisent une violence inouĂŻe durant la campagne Ă©lectorale, causant plus de cent morts au cours de l’Ă©tĂ© 1932. Mais encore le gouvernement en profite pour prendre le contrĂ´le du gouvernement du Land de Prusse (et en Ă©liminer les sociaux-dĂ©mocrates) et pour imposer des lois d’exception dans la rĂ©gion de Berlin – en pleine campagne Ă©lectorale !

Le rĂ©sultat : la base Ă©lectorale du gouvernement s’effondre Ă  moins de 10 % des voix ; les nazis en tirent tout le bĂ©nĂ©fice avec 37,3%, leur « apogĂ©e Ă©lectorale » comme le souligne Alfred Wahl (Alfred Wahl, L’Allemagne de 1918 Ă  1945, Armand Colin, 1993, p.80)


Peu importe, pour le chancelier von Papen, membre de cette aristocratie nostalgique de l’ancien rĂ©gime impĂ©rial : il gouvernera sans majoritĂ© au Parlement, en tordant un peu plus le bras Ă  la Constitution de 1919, selon les principes du retour « au capitalisme, Ă  l’Ă©conomie privĂ©e, Ă  la libre initiative de l’individu ». Von Papen ajoute : « il faut assouplir et dĂ©rĂ©glementer partout oĂą nous le pouvons » (CitĂ© dans J. Chapoutot, Les irresponsables…, pp.147-154), tout en condamnant l’Etat-providence. Il mène une politique de l’offre que nous appellerions « nĂ©olibĂ©rale » fondĂ©e sur la dĂ©pense publique Ă  destination des entreprises et la rĂ©duction des droits sociaux.

Ainsi s’en prend-il aux assurances chĂ´mage, renvoyant l’aide aux plus dĂ©munis vers la charitĂ© privĂ©e. Tout cela, toujours selon le chancelier von Papen, ne peut se faire que dans un Etat autoritaire : « L’ordre et la paix civile, et encore l’ordre […] sont les prĂ©supposĂ©s de toute vie Ă©conomique qui repose sur la libre initiative de l’entreprise privĂ©e. » On ne saurait mieux dĂ©finir le libĂ©ralisme autoritaire !

Mais, lors de la première sĂ©ance de travail du Reichstag nouvellement Ă©lu, le 12 septembre 1932, le gouvernement von Papen est renversĂ© par une motion de censure votĂ©e par 512 dĂ©putĂ©s contre 42 ! C’est une humiliation pour le chancelier. Et pourtant, soutenu par seulement 7,5 % des dĂ©putĂ©s, il s’accroche au pouvoir.

La « Kamarilla » autour du prĂ©sident Hindenburg offre la chancellerie Ă  Hitler

Après avoir sapĂ© le gouvernement de BrĂĽning puis donnĂ© par la dissolution de juin 1932 une puissante assise parlementaire aux nazis, von Papen entame des discussions avec d’Ă©ventuels partenaires parmi lesquels les nazis. Il leur propose une participation au gouvernement, et mĂŞme la vice-prĂ©sidence de la chancellerie pour Hitler. Celui-ci, craignant non sans raison d’ĂŞtre affligĂ© de l’impopularitĂ© du gouvernement von Papen, refuse et exige de devenir lui-mĂŞme chancelier, ce qu’Hindenburg rejette avec hauteur. La situation est bloquĂ©e. Le ministre de l’IntĂ©rieur, von Gayl analyse la division de l’AssemblĂ©e en trois grandes forces politiques difficilement conciliables :

« On peut attribuer un bon tiers des Ă©lecteurs aux nazis. […] La gauche ouvrière organisĂ©e dans le SPD, avec les communistes, est Ă  peine moins forte. Entre ces deux piliers, il y a le centre comme force importante. »

Baron Wilhelm von Gayl, 10 aoĂ»t 1932, citĂ© dans J. Chapoutot, Les Irresponsables…, p.171.

A suivre: Du NSDAP Ă  l’AFD : le 30 janvier 1933 en Allemagne, une droite irresponsable confie le pouvoir aux nazis (part3)

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jeudi 27 février 2025

Du NSDAP Ă  l’AFD : le 30 janvier 1933 en Allemagne, une droite irresponsable confie le pouvoir aux nazis.(part1)


Ce dimanche 23 fĂ©vrier 2025, les Ă©lections allemandes ont placĂ© le parti AfD (Alternativ fĂĽr Deutschland) en deuxième place avec plus de 20 % des voix derrière une droite CDU-CSU en progrès Ă  28,5 %. L’extrĂŞme droite allemande rĂ©alise ainsi son plus haut score dans des Ă©lections libres depuis 1932, doublant son nombre de sièges au Bundestag, l’AssemblĂ©e fĂ©dĂ©rale allemande.

Or ce parti accepte, voire revendique l’hĂ©ritage nazi, certes en le dissimulant encore, mais si peu, derrière des affiches ambigĂĽes (avec des saluts nazis Ă  peine dissimulĂ©s, comme en Thuringe Ă  l’Ă©tĂ© 2024) ou des jeux de mots douteux, avec le slogan de leur chef de file, Alice Weidel : « Alice fĂĽr Deutschland », qui rappelle celui de la milice nazie des SA : « Alles fĂĽr Deutschland » (« Tous pour l’Allemagne »). Et que dire du soutien ultramĂ©diatisĂ© apportĂ© Ă  l’AfD par Elon Musk, le conseillĂ© nĂ©onazi de Trump aux airs de savant fou dystopique, qui propose une réécriture malhonnĂŞte de l’histoire de l’Allemagne et du nazisme ?

Si l’Allemagne est loin d’ĂŞtre le pays du monde oĂą l’extrĂŞme droite obtient ses meilleurs rĂ©sultats – elle est arrivĂ©e au pouvoir sous diverses formes en Argentine, aux Etats-Unis, en Italie, en Hongrie, sans parler de l’Inde de Modi… – cette poussĂ©e de l’AfD interroge, dans le pays qui a vu le nazisme arriver au pouvoir le 30 janvier 1933 avec la nomination d’Hitler comme chancelier du Reich, avec les consĂ©quences terribles que l’on sait pour l’ensemble de l’Europe et du monde : dĂ©clanchement de la Seconde guerre mondiale, gĂ©nocide des Juifs et des Tsiganes…

Dans ce contexte, l’historien Johann Chapoutot nous propose une Ă©tude bienvenue sur l’arrivĂ©e des nazis au pouvoir le 30 janvier 1933. Ou plutĂ´t sur la façon dont, essentiellement au cours de l’annĂ©e 1932, la majeure partie de la droite libĂ©rale et conservatrice les ont fait accĂ©der au pouvoir. En effet, contrairement Ă  une idĂ©e encore largement rĂ©pandue – et fausse – les nazis ne doivent pas leur arrivĂ©e au pouvoir Ă  une Ă©lection : Hitler n’a jamais Ă©tĂ© Ă©lu. Ni Ă  une « prise de pouvoir » comme on le lit parfois, mĂŞme dans des publications sĂ©rieuses – il avait d’ailleurs manquĂ© lamentablement son coup d’Etat de 1923.

En rĂ©alitĂ©, les nazis, en 1933, n’ont fait que s’installer dans un pouvoir qui leur a Ă©tĂ© donnĂ©. Mais par qui ? Dans Les Irresponsables. Qui a portĂ© Hitler au pouvoir ? (chez Gallimard), Johann Chapoutot montre que c’est la droite libĂ©rale, conservatrice et nationaliste, appuyĂ©e sur les Ă©lites Ă©conomiques, financières et militaires, qui a prĂ©fĂ©rĂ© pousser les nazis Ă  la chancellerie plutĂ´t que de voir menĂ©e une politique soucieuse de partager, mĂŞme très modĂ©rĂ©ment, une partie de la richesse nationale. Nous nous sommes appuyĂ©s sur cet ouvrage, dont nous recommandons vivement la lecture, passionnante, mais aussi sur d’autres, afin de proposer cette rĂ©flexion.

Ainsi, l’ascension des nazis, selon la lecture que J. Chapoutot nous invite Ă  faire de cette histoire, n’a rien d’irrĂ©sistible, mĂŞme si la progression Ă©lectorale du NSDAP (le parti politique d’Hitler) est considĂ©rable entre 1930 et 1932. C’est au contraire une droite dĂ©semparĂ©e qui, affaiblie par sa propre politique Ă©conomique, inefficace et impopulaire, tourne le dos au parlementarisme dès 1930 et dĂ©cide, pendant la dĂ©cisive annĂ©e 1932, de donner le pouvoir aux nazis, pensant ĂŞtre en mesure de se jouer d’eux. Les nazis n’ont plus alors qu’Ă  se glisser dans les oripeaux de la RĂ©publique allemande dite « de Weimar » et enfiler les habits de l’autoritarisme bien prĂ©parĂ©s par la droite. Notre article.

Une idĂ©e reçue très rĂ©pandue – et fausse : les nazis ont « pris » le pouvoir par les urnes

Le parti nazi se rallie à la stratégie électorale

Le parti nazi s’appelle en rĂ©alitĂ© : Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, ou NSDAP, c’est-Ă -dire : Parti national-socialiste des travailleurs allemands, ce qui, par apocope (on ne garde que le dĂ©but de l’expression) donne : nazi (en allemand, prononcer : « natsi »). Il a Ă©tĂ© fondĂ© en 1919 ; il n’Ă©tait alors que le DAP, le « national-socialisme » a Ă©tĂ© ajoutĂ© en fĂ©vrier 1920 par pur opportunisme, pour lancer « un double appel Ă  la droite et Ă  la gauche » (J. Chapoutot et C. Ingrao, Hitler, p.72).

Mais le petit parti ne pèse guère Ă  cĂ´tĂ© des autres grands partis de l’extrĂŞme droite ou de la droite nationaliste comme le DNVP, le parti populaire national-allemand. Les dirigeants du NSDAP s’associent au putsch de 1923, dirigĂ© par le gĂ©nĂ©ral Lundendorff. L’Ă©chec est cuisant : Hitler est condamnĂ© pour haute-trahison mais Ă  une lĂ©gère peine d’incarcĂ©ration, grâce aux idĂ©es très nationalistes du prĂ©sident du tribunal. Il Ă©crit Mein Kampf en prison et met au point une nouvelle stratĂ©gie de conquĂŞte du pouvoir : la voie Ă©lectorale.

a stratégie électorale nazie pour prendre le pouvoir est tenue en échec

Dans un premier temps, cette stratĂ©gie est un Ă©chec : le parti ne « dĂ©colle » pas aux Ă©lections. Du moins pas avant 1930. En effet, face Ă  une rĂ©ponse impopulaire du gouvernement Ă  la crise Ă©conomique importĂ©e des Etats-Unis, le parti nazi, qui ne rassemblait encore que 2,6 % des voix en 1928, convainc 18,3 % des Ă©lecteurs en 1930, après la dissolution du Parlement voulue par le chancelier BrĂĽning face Ă  un Reichstag qui lui rĂ©sistait.

Puis, après une autre dissolution ratĂ©e par le pouvoir en place (von Papen), il atteint son apogĂ©e Ă©lectorale avec 37,3 % des voix (juillet 1932). Entre temps, Hitler, qui venait d’obtenir la nationalitĂ© allemande, avait rĂ©ussi Ă  atteindre 30 % des voix au premier tour de la prĂ©sidentielle le 12 mars 1932 – mais, contrairement Ă  ce que l’on entend encore parfois, Hitler n’a jamais Ă©tĂ© Ă©lu.

Cette fulgurante progression Ă©lectorale du dĂ©but des annĂ©es 1930 se double de l’effondrement de la droite « classique », conservatrice, libĂ©rale, nationaliste. Le chancelier von Papen n’est soutenu que par une base Ă©lectorale qui s’est affaissĂ©e autour de 10 % des voix en 1932.

Il faut se garder de considĂ©rer l’arrivĂ©e des nazis au pouvoir comme inĂ©luctable : elle est loin d’ĂŞtre Ă©vidente en 1932. C’est d’autant plus tangible que les nazis, Ă  la fin de cette annĂ©e, ont connu un reflux Ă©lectoral qui montre leur incapacitĂ© Ă  prendre le pouvoir par les seules Ă©lections. Goebbels, maĂ®tre d’Ĺ“uvre de la propagande nazie, indique mĂŞme dans son journal personnel qu’Hitler envisage de se suicider si sa stratĂ©gie Ă©choue – et elle en train d’Ă©chouer en dĂ©cembre 1932.

Le parti nazi se divise sur la tactique Ă  suivre : participer Ă  un gouvernement de droite, comme cela leur est proposĂ© depuis au moins l’Ă©tĂ© 1932 ? Ou exiger la chancellerie, c’est-Ă  dire la tĂŞte du gouvernement, comme Hitler le prĂ´ne, mais sans succès ?

Le numĂ©ro deux du NSDAP, Strasser, thĂ©oricien du nazisme et efficace organisateur du parti, Ă©tait alors aussi charismatique que Hitler ; il menace de quitter le parti pour s’allier avec la droite et dĂ©missionne de toutes ses responsabilitĂ©s au sein du parti nazi le 8 dĂ©cembre 1932. De nombreux cadres du parti sont prĂŞts Ă  le suivre et Ă  dĂ©savouer la stratĂ©gie hitlĂ©rienne. Il s’en faut de peu que le parti n’explose. C’est dire que l’arrivĂ©e de Hitler au pouvoir n’a rien d’irrĂ©sistible !

En réalité, les nazis ont été appelés au pouvoir par une droite aux abois, en plein désastre électoral, du fait des échecs de leurs politiques économiques successives.


Comment la droite allemande a donné le pouvoir aux nazis

Vers la présidentialisation de la République

Le rĂ©gime politique de l’Allemagne est, depuis la dĂ©faite de 1918 et l’effondrement de l’Empire, une RĂ©publique, dite « de Weimar » car c’est dans cette petite ville de Thuringe que sa constitution a Ă©tĂ© adoptĂ©e et proclamĂ©e. C’est un rĂ©gime parlementaire, c’est-Ă -dire que le gouvernement, dirigĂ© par le chancelier, est responsable devant le Parlement, mais avec un prĂ©sident Ă©lu au suffrage universel direct, ce qui lui donne une lĂ©gitimitĂ© importante.

Or, après le social-dĂ©mocrate Ebert (1919-1925), c’est la marĂ©chal Paul von Hindenburg qui est Ă©lu prĂ©sident en 1925. Issu de la noblesse terrienne de Prusse, il est un nationaliste conservateur, peu versĂ© dans les affaires politiques mais entourĂ© d’un groupe de conseillers plus ou moins compĂ©tents mais tous issus des Ă©lites militaires ou Ă©conomiques – groupe que l’on appelle la « Kamarilla » (ou la camarilla), c’est-Ă dire la « petite chambre » – par opposition Ă  la « grande », l’AssemblĂ©e Ă©lue appelĂ©e Reichstag.

Or en 1930, la coalition de gouvernement en place depuis 1928, dirigĂ©e par Hermann MĂĽller, leader du SPD (le Parti social-dĂ©mocrate) avec le Zentrum (centre) et la droite modĂ©rĂ©e, vole en Ă©clat face aux solutions Ă  apporter Ă  la crise Ă©conomique arrivĂ©e des Etats-Unis (du fait du krach boursier d’octobre 1929) : le SPD de centre-gauche, premier parti du Reichstag, prĂ´ne une politique de relance par la consommation ; la droite une politique d’austĂ©ritĂ© et de dĂ©flation (baisse des salaires) pour garantir un Ă©quilibre budgĂ©taire. Le Parlement n’est plus gouvernable, MĂĽller dĂ©missionne. Le prĂ©sident Hindenburg nomme un gouvernement minoritaire avec Heinrich BrĂĽning (Zentrum). Mais pour pouvoir gouverner, la Kamarilla autour de Hindenburg propose d’utiliser l’article 48-2 de la Constitution de 1919 :

« Le PrĂ©sident du Reich peut, si la sĂ©curitĂ© et l’ordre public sont gravement compromis ou menacĂ©s, prendre les mesures nĂ©cessaires au rĂ©tablissement de la sĂ©curitĂ© et de l’ordre public et procĂ©der au besoin avec l’aide de la force armĂ©e ».

(Constitution allemande de 1919, art.48-2)

A suivre :Du NSDAP Ă  l’AFD : le 30 janvier 1933 en Allemagne, une droite irresponsable confie le pouvoir aux nazis (part2)




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mardi 25 février 2025

« Le salon de l’Agriculture rouvre ses portes, les agriculteurs vont toujours aussi mal » – AurĂ©lie TrouvĂ© dĂ©nonce la culpabilitĂ© de Macron

 Agriculture. Il y a un an, les agriculteurs se mettaient en mouvement, inĂ©dit par son ampleur, pour vivre dignement de leur travail. Prix rĂ©munĂ©rateurs garantis et fin des traitĂ©s de libre Ă©change Ă©taient les revendications portĂ©es d’un bout Ă  l’autre du pays. Un an après, que s’est-il passĂ© ? La promesse d’Emmanuel Macron d’instaurer des prix planchers a rejoint le placard des promesses non tenues du chef de l’État.

Après les coups de communication pour calmer le mouvement, le bilan est terrible. Les revenus des agriculteurs ont baissĂ© en moyenne de 8 %. 10 000 fermes ont disparu en un an pendant qu’un agriculteur se suicide tous les deux jours. 2025 n’annonce rien de bon pour le monde agricole. Le budget Bayrou a amputĂ© la mission agriculture de 636 millions d’euros, par la complicitĂ© du Rassemblement national et du Parti socialiste ayant fait le choix de sauver in extremis l’illĂ©gitime gouvernement Bayrou.

Dans une tribune publiĂ©e Ă  LibĂ©ration, AurĂ©lie TrouvĂ© revient sur les difficultĂ©s rencontrĂ©es par le monde agricole. La dĂ©putĂ©e LFI et prĂ©sidente des affaires Ă©conomiques de l’AssemblĂ©e nationale pointe les responsables et leurs complices : Emmanuel Macron, François Bayrou et l’Union europĂ©enne.

« L’agroĂ©cologie balayĂ©e par l’ultralibĂ©ralisme obscurantiste », dĂ©nonce la dĂ©putĂ©e LFI AurĂ©lie TrouvĂ©, alors que le salon de l’Agriculture se tient cette semaine

Pour rĂ©pondre Ă  la crise des agriculteurs, la loi d’orientation agricole attaque des protections environnementales durement acquises au fil des annĂ©es, dĂ©nonce la dĂ©putĂ©e LFI AurĂ©lie TrouvĂ©. A rebours de ce qu’il faut faire pour soutenir les agriculteurs et protĂ©ger l’eau ou la biodiversitĂ©.

Il y a un an, des agriculteurs prenaient la route pour Paris sur leurs tracteurs, bloquaient des routes… A quelques jours du Salon de l’agriculture, le mot d’ordre Ă©tait ;: des prix rĂ©munĂ©rateurs ;! Un an après, les agriculteurs vont toujours aussi mal. Les revenus ont baissĂ© en moyenne de 8 ;%. La production, les prix agricoles ont Ă  nouveau reculĂ© comme l’indique l’Insee. 16 ;% des mĂ©nages agricoles vivent sous le seuil de pauvretĂ©, contre 14 ;% des mĂ©nages français. Et 10 ;000 fermes disparaissent chaque annĂ©e.

Le Salon de l’agriculture rouvre ses portes et aucune nouvelle rĂ©ponse n’a Ă©tĂ© apportĂ©e. Ni pour faciliter l’accès des jeunes Ă  des terres agricoles, ni pour garantir des prix rĂ©munĂ©rateurs aux agriculteurs, ni pour les protĂ©ger des importations et des multinationales qui leur achètent leurs produits Ă  prix cassĂ©s. Pire, l’Union europĂ©enne s’apprĂŞte Ă  entĂ©riner un accord de libre-Ă©change avec les pays du Mercosur et la France appuie la signature de nouveaux accords, menaçant toute notre agriculture familiale.

L’annĂ©e dernière dĂ©jĂ , le gouvernement Attal s’Ă©tait mis en scène dans une ferme, montĂ© sur des bottes de paille, pour fustiger la charge rĂ©glementaire pesant d’après lui sur le monde agricole. Fait nouveau cette annĂ©e, la droite sĂ©natoriale s’immisce dans le dĂ©bat et amène une variation inquiĂ©tante, mariage du dĂ©ni scientifique de Donald Trump et de tronçonneuse d’Elon Musk et Javier Milei ; : la guerre totale contre les normes, et ce faisant contre l’Etat de droit et le droit Ă  vivre dans un environnement sain.

Pour aller plus loin : UE-Mercosur : un accord mortel pour les agriculteurs, la macronie a affiché une opposition de façade

Régression environnementale

La loi d’orientation agricole, considĂ©rablement remaniĂ©e par les sĂ©nateurs, attaque des protections environnementales durement acquises au fil des annĂ©es. Ainsi en est-il du principe de non-rĂ©gression de la souverainetĂ© alimentaire, introduit pour attaquer celui de la non-rĂ©gression environnementale, Ă  tel point qu’il sera sans doute censurĂ© par le Conseil constitutionnel. Ou bien du principe «pas d’interdiction sans solution» ;: mĂŞme s’il est prouvĂ© qu’un pesticide ou herbicide est potentiellement mortel, il pourra continuer Ă  ĂŞtre utilisĂ©.

Les aménagements agricoles, fussent-ils un méga méthaniseur ou un poulailler géant, seront quant à eux sortis du zéro artificialisation nette (le ZAN), détruisant au passage ce dispositif qui protège en premier lieu les surfaces agricoles.

Mais c’est la signification politique de cette loi d’orientation qui est la plus redoutable ;: elle revient sur trente ans d’une lente prise de conscience de la nĂ©cessaire transition agroĂ©cologique. Pour la première fois, les règles environnementales et les aides distribuĂ©es aux agriculteurs pour y rĂ©pondre sont fortement affaiblies. Le principe d’«agroĂ©cologie» a Ă©tĂ© Ă©vincĂ© de la loi d’orientation agricole sur pression de la droite sĂ©natoriale, avec l’appui de tout le bloc prĂ©sidentiel et jusqu’Ă  l’extrĂŞme droite. Et une autre proposition de loi «Duplomb» vient d’ĂŞtre votĂ©e au SĂ©nat, allant encore bien plus loin encore dans la rĂ©gression environnementale.

L’agroĂ©cologie est pourtant une façon de mieux produire, en interaction avec les Ă©cosystèmes, sans les dĂ©truire mais au contraire en utilisant leurs fonctions pour optimiser la production. Ainsi en est-il des complĂ©mentaritĂ©s entre cultures et Ă©levages, des rotations diversifiĂ©es de cultures, des pâturages tournants et tant d’autres techniques issues des savoir-faire agricoles.

La biodiversitĂ© dans les champs s’Ă©tiole

L’agroĂ©cologie est balayĂ©e par le souffle de l’ultralibĂ©ralisme obscurantiste et productiviste. La science elle-mĂŞme est niĂ©e ;: l’Anses, agence nationale de sĂ©curitĂ© sanitaire, est la cible d’attaques lorsqu’elle interdit les substances les plus nocives pour la santĂ©. Pourtant les faits sont tĂŞtus ;: en France, diminuĂ© depuis quinze ans, l’utilisation de produits phytosanitaires n’a globalement pas le linĂ©aire de haies diminue dramatiquement chaque annĂ©e, la biodiversitĂ© dans les champs s’Ă©tiole, les rĂ©serves en eau s’Ă©puisent et pour la première fois, les surfaces en agriculture biologique reculent.

Mais rĂ©futer la crise Ă©cologique, c’est surtout nier le savoir des agriculteurs et des Ă©leveurs ;: car la plupart, confrontĂ©s aux alĂ©as, aux Ă©volutions pĂ©doclimatiques, aux pertes de rendement, ont bel et bien commencĂ© Ă  enclencher une transition environnementale. Celle ci doit ĂŞtre soutenue par des aides leur permettant, sur cinq ou dix ans, de transformer leurs façons de produire. Elle doit ĂŞtre rendue possible par des protections aux frontières contre toutes les importations dĂ©loyales, venues de pays oĂą règne la quasi absence de règles sanitaires et environnementales.

Elle ne pourra être pleinement acceptée et mise en œuvre par les agriculteurs que quand des prix rémunérateurs leur seront garantis. Enfin, elle ne pourra enfin être menée que grâce à des moyens substantiels donnés à la recherche publique et à tous les organismes de développement agricole.

A très court terme, on observe que le budget de François Bayrou est aux antipodes de ces besoins. A plus long terme semble surtout Ă©merger, du centre Ă  la droite et l’extrĂŞme droite, une alliance obscurantiste prĂŞte Ă  littĂ©ralement dĂ©vaster la planète, ses habitants, et au passage la souverainetĂ© alimentaire dont ils se revendiquent.

Par Aurélie Trouvé

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lundi 24 février 2025

En attendant le Grand soir!

En attendant'' le grand soir'' Fabien Roussel souhaiterait supprimer le RSA au motif que celà aurait permis à la droite de séparer les gens entre les travailleurs et les cassos(cas sociaux) et d'autre part que des personnes se crèvent la paillasse pendant que leur voisin vit aussi bien qu'eux.
Rappel: une personne seule perçoit 635,70€ 
Une personne avec un enfant 953,56€
Seul(e) avec APL:559,42€
Seul(e)avec APL et un enfant :800,99€

Deux tiers des bénéficiaires du RSA au chômage se déclarent freinés dans leurs démarches de recherche d'emploi

Parmi les bĂ©nĂ©ficiaires du revenu de solidaritĂ© active(RSA)fin 2017 un quart est en emploi fin 2018 et la moitiĂ© au chĂ´mage(sans emploi et Ă  la recherche d’un travail) d’après l’enquĂŞte auprès des bĂ©nĂ©ficiaires de minima sociaux(BMS)Deux tiers des bĂ©nĂ©ficiaires du RSA fin 2017 se trouvant au chĂ´mage en 2018 dĂ©clarent ĂŞtre freinĂ©s dans leurs dĂ©marches de recherche d’emploi dont près d’un sur deux cite comme principal obstacle l’absence de moyen de transport ou le coĂ»t des dĂ©placements.Parmi les  bĂ©nĂ©ficiaires du RSA sans emploi qui ne recherchent pas d’emploi mais qui souhaiteraient travailler,40% affirment que leurs problèmes de santĂ© sont la raison principale pour laquelle ils ne tentent pas de trouver un travail.

Trois bĂ©nĂ©ficiaires du RSA sur cinq ont eu en 2018 au moins un besoin d’aide en matière professionnelle ou sociale qui n’a pas abouti Ă  un accompagnement.Seul un tiers des bĂ©nĂ©ficiaires ont dĂ©clarĂ© avoir eu un accompagnement Ă  visĂ©e professionnelle ou sociale au cours de l’annĂ©e 2018.

Que le RSA ne soit pas la solution à une vie digne chacun peut en être convaincu.Ci-dessous un graphique des métiers qui sont émunérés sous le smic.










En attendant ''le grand soir''le RSA est une petite bouĂ©e de sauvetage pour celles et ceux qui perdent leur travail,la santĂ© ou qui traversent des mauvaises passes de la vie.Quand au discours de Fabien Roussel qui prĂ©tend reprĂ©senter le parti du travail on lui serait grĂ©  face Ă  l’absurditĂ© de l’organisation capitaliste du travail, dans laquelle certains s’Ă©puisent au cours de longues journĂ©es Ă  l’usine ou au bureau et croulent sous la charge de travail, les heures sup et la pression Ă  la rentabilitĂ©, alors que d’autres sont privĂ©s d’emploi ou condamnĂ©s Ă  la prĂ©caritĂ©, on lui serait grĂ© de rejoindre celles et ceux qui oeuvrent  Ă  rĂ©partir le temps de travail entre toutes et tous, pour rĂ©sorber le chĂ´mage de masse et abaisser la durĂ©e et la pĂ©nibilitĂ© du travail. C’est la proposition que le mouvement ouvrier a toujours dĂ©fendu, y  compris, un temps, au sein du PCF.



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jeudi 20 février 2025

le RN au secours de Macron et le PS rhabillĂ© pour l’hiver quitte l’hĂ©micycle au moment de la discussion de sa motion de censure.

Richard Ferrand, ancien prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale, s’Ă©tait prononcĂ© pour un 3ᵉ mandat d’Emmanuel Macron, chose aujourd’hui interdite par la Constitution. Il a Ă©tĂ© empĂŞtrĂ© dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne. Un pur modèle de la Macronie, ancien socialiste passĂ© Ă  En Marche ! En 2017, ancien prĂ©sident de l’AssemblĂ©e Nationale.

Ce mercredi, Richard Ferrand a reçu l’aval du Parlement, suite Ă  la proposition d’Emmanuel Macron de le nommer Ă  la tĂŞte du conseil des « Sages ». Les commissions des Lois des deux assemblĂ©es ont votĂ©, et ont validĂ© sa nomination Ă  la prĂ©sidence du Conseil constitutionnel. MĂŞme si le vote s’est tenu Ă  bulletin secret, deux formations politiques ont Ă©tĂ© claires dans ce vote.

Dès le dĂ©part, les dĂ©putĂ©s Insoumis, par la voix de Mathilde Panot, se sont dressĂ©s et se dressent encore contre cette nomination, contraire Ă  la sĂ©paration des pouvoirs. Les dĂ©putĂ©s de Marine Le Pen et Jordan Bardella ont en revanche…validĂ© la proposition par leur abstention. Une position ambiguĂ« en apparence, qui se rĂ©vèle en fait très claire : le RN et ses alliĂ©s sont (encore) les supplĂ©tifs des macronistes. Mais Ă  quel prix ? Notre brève.

Le Conseil constitutionnel : un faux contre-pouvoir ?

De fait, le Conseil constitutionnel n’est pas une cour de Justice suprĂŞme, comme c’est le cas par exemple aux États-Unis. Ses membres nommĂ©s ne sont pas des juristes, mais nommĂ©s par les prĂ©sidents des deux assemblĂ©es et le prĂ©sident de la RĂ©publique… qui nomme aussi le prĂ©sident du Conseil. Ces membres sont nommĂ©s, car leur « compĂ©tence est reconnue »… reconnue par qui ou quoi, on ne saura jamais.

C’est en revanche un bon moyen pour caser des politiciens en fin de carrière : Laurent Fabius, Alain JuppĂ©… et donc Richard Ferrand ! DrĂ´le de conception de la sĂ©paration des pouvoirs, celle oĂą le chef de l’exĂ©cutif nomme le PrĂ©sident du Conseil constitutionnel (le pouvoir lĂ©gislatif).

Pour aller plus loin : Richard Ferrand bientôt nommé président du Conseil constitutionnel par son ami Emmanuel Macron ?



Le RN au secours d’un troisième mandat de Macron

Or, quelques heures avant le vote, les dĂ©putĂ©s RN annoncent tout bonnement s’abstenir pour la nomination de Ferrand. Une abstention qui a valeur de soutien tacite, voire assumĂ©. En Ă©coutant le dĂ©putĂ© lepĂ©niste Bryan Masson, Ferrand a « rassurĂ© » les Ă©lus d’extrĂŞme droite, par son attitude « constructive ».

Ainsi, la nomination de Ferrand a Ă©tĂ© entĂ©rinĂ©e… Ă  une voix près ! Si le RN avait dĂ©cidĂ© de voter contre (ils laissaient planer le suspens depuis plusieurs jours), la dĂ©route pour la macronie aurait Ă©tĂ© cinglante. Au lieu de cela, le RN laisse la RĂ©publique sombrer vers un gouffre d’autoritarisme… une voie toute tracĂ©e vers un rĂ©gime de type fasciste !

Des motivations Ă  plus court terme peuvent ĂŞtre Ă  la manĹ“uvre cĂ´tĂ© Le Pen. Cette dernière, embourbĂ©e dans un Ă©nième procès d’emplois fictifs, risque l’inĂ©ligibilitĂ© d’ici Ă  2027… sauf si une institution renommĂ©e, au hasard le Conseil constitutionnel volait Ă  sa rescousse. Et si le nouveau prĂ©sident dudit Conseil devait sa place au soutien de Marine Le Pen et de ses troupes, ce dernier ne manquerait pas de renvoyer l’ascenseur.

Toujours Ă  fond dans leurs manĹ“uvres et leurs combines, le RN assume de plus en plus la fusion de son bloc avec celui des macronistes. Ces derniers, imbus de leur sens de l’irresponsabilitĂ©, poursuivent la dĂ©rive de la Vᵉ RĂ©publique vers un rĂ©gime toujours plus prĂ©sidentialiste et autoritaire, oĂą les petits complots de chambre jouent avec les institutions.

Le PrĂ©sident Macron est bien le premier responsable et bĂ©nĂ©ficiaire de la nomination de Ferrand. Qui de mieux placĂ© pour lui permettre de briguer un troisième mandat, par une interprĂ©tation dĂ©formĂ©e de la Constitution ? Marine Le Pen est, encore une fois, une alliĂ©e objective de Macron, la nomination de Ferrand servant les intĂ©rĂŞts de l’un comme de l’autre.

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mercredi 19 février 2025

A69 – Vers l’annulation totale du chantier ? RĂ©cit d’une audience historique

Ce mardi 18 fĂ©vrier Ă©tait sans doute l’une des journĂ©es les plus importantes de l’histoire de la lutte contre l’autoroute A69 Toulouse-Castres. Au tribunal administratif de Toulouse se dĂ©roulait une audience historique pour dĂ©cider du sort de cette autoroute devant la Justice. L’objectif : dĂ©terminer la lĂ©galitĂ© ou non de l’autorisation environnementale de ce projet. La rapporteure publique a battu en brèche tous les arguments des dĂ©fenseurs de ce projet Ă©cocidaire et a demandĂ© l’annulation du projet. La dĂ©cision du tribunal sera rendue le 27 fĂ©vrier 2025.

Avant l’audience, militants associatifs et insoumis se sont rassemblĂ©s en nombre pour montrer leur dĂ©termination pour que justice soit faite. Parmi les interventions qui se sont succĂ©dĂ©, la dĂ©putĂ©e LFI Anne Stambach-Terrenoir a rendu hommage Ă  tous ceux qui se mobilisent depuis longtemps et ont fait de ce combat un combat national au retentissement international. Le militant Julien Le Guet, pourfendeur inlassable des mĂ©ga-bassines, Ă©tait lĂ , lui aussi, pour exprimer sa solidaritĂ© et dire combien ces luttes portaient un sens commun pour la sauvegarde de notre environnement. Ă€ cette heure, l’espoir est permis de voir ce projet dĂ©finitivement annulĂ©. Un reporter de l’Insoumission.fr Ă©tait sur place.

L’avis sans appel de la rapporteure publique contre l’autoroute A69

L’audience s’est ouverte devant une salle archi-comble, pour statuer sur le fond dans la procĂ©dure que les opposants Ă  l’autoroute A69 ont intentĂ© contre l’État et le concessionnaire ATOSCA. Les juges devront se prononcer sur la lĂ©galitĂ© des arrĂŞtĂ©s prĂ©fectoraux autorisant la destruction d’espèces protĂ©gĂ©es et de leurs habitats dans le cadre de la construction de l’autoroute A69.

La rapporteure publique, magistrate indĂ©pendante, qui intervient en premier lors de l’audience, avait pour rĂ´le, après Ă©tude du dossier, de donner son opinion sur les questions Ă  juger et sur les solutions pour y rĂ©pondre. Son avis a Ă©tĂ© sans appel. Elle s’est prononcĂ©e, pour la deuxième fois après la première audience de novembre 2024 qui avait donnĂ© lieu Ă  une rĂ©ouverture de l’instruction, pour l’annulation totale de l’autorisation environnementale sans rĂ©gularisation possible. MĂŞme si cet avis ne s’impose pas obligatoirement au tribunal, c’est une immense victoire pour les collectifs qui se battent depuis des annĂ©es contre ce projet inutile, destructeur et antisocial.

C’est l’absence de RIIPM (Raison impĂ©rative d’intĂ©rĂŞt public majeur) qui justifie cette position. En effet,ce type de projet d’ampleur doit ĂŞtre Ă  la fois absolument nĂ©cessaire, « impĂ©ratif », et d’une très grande importance, « majeur ». Ni la sĂ©curitĂ© apportĂ©e par une autoroute rĂ©putĂ©e moins accidentogène, ni l’augmentation supposĂ©e de l’attractivitĂ© du territoire, ni l’amĂ©lioration potentielle de la qualitĂ© de vie des riverain·nes, ne s’impose avec les critères exigĂ©s par la RIIPM, a estimĂ© la rapporteure publique.

Pour aller plus loin : Tentative d’incendie, dĂ©ploiement militaire : contre les opposants Ă  l’A69, un nouveau palier de violence est franchi

Si cet avis est suivi, ce qui se passe dans l’immense majoritĂ© des cas, le chantier devra immĂ©diatement s’arrĂŞter.

Les avocat·es des collectifs ont eu beau jeu d’enfoncer le clou, dĂ©nonçant par ailleurs la manĹ“uvre de l’État des collectivitĂ©s et du concessionnaire qui ont annoncĂ© quelques jours avant l’audience une baisse du pĂ©age sur une portion du parcours, ultime tentative de pression sur les juges. Avec cette annonce, ce sont les contribuables qui viendraient remplir les poches du concessionnaire, lui assurant un revenu qui, on peine Ă  la croire, serait d’autant plus important que l’autoroute serait plus frĂ©quentĂ©e. Les avocat·es ont soulignĂ© que ce dispositif insensĂ© avait toutes les chances d’ĂŞtre retoquĂ© par l’ART (AutoritĂ© de rĂ©gulation des transports) si toutefois il passait l’obstacle du vote par les assemblĂ©es locales.

Les reprĂ©sentants de l’État pris en tenaille

Le reprĂ©sentant de l’État et les avocats des porteurs du projet (ATOSCA, Vinci) ont eu toutes les peines du monde Ă  remonter la pente. Leurs tentatives, un peu dĂ©sespĂ©rĂ©es, d’avancer l’argument du dĂ©senclavement d’un territoire dĂ©jĂ  desservi par une route nationale, une ligne de chemin de fer et un aĂ©roport national sont tombĂ©s Ă  plat.

Le reprĂ©sentant de l’État, on serait tentĂ© de dire le reprĂ©sentant des lobbys Ă©conomiques locaux, s’est fait le porte-parole du chantage Ă  l’emploi des Laboratoires Pierre Fabre, principal employeur privĂ© du territoire. Il a mĂŞme osĂ© parler de « condamnation Ă  perpĂ©tuitĂ© » du territoire Ă  l’immobilisme si le projet ne se faisait pas. Hors l’autoroute, point de salut ! Il serait bien Ă©tonnant que ces excès de langage convainquent le tribunal.

Pour aller plus loin : Delga et l’A69 : l’Ă©cologie et le NFP aux oubliettes

Le jugement a Ă©tĂ© mis en dĂ©libĂ©rĂ© au 27 fĂ©vrier prochain. Me Alice Terrasse, l’avocate cheffe de file des collectifs opposants, a pu se dĂ©clarer satisfaite Ă  l’issue d’une audience oĂą elle a appelĂ© le tribunal Ă  une dĂ©cision ambitieuse. Pour les associations, les collectifs, les organisations politiques, au premier rang desquelles France insoumise, qui se battent depuis des annĂ©es pour faire respecter le droit environnemental, c’est une dĂ©cision historique qui est attendue. Comme le proclamait la banderole dĂ©ployĂ©e par les militants lors du rassemblement qui a prĂ©cĂ©dĂ© l’audience, la justice est au pied du mur.

Sources:linsoumission.fr (Bernard Cordier)

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mardi 18 février 2025

Scandale de BĂ©tharram : les propositions de LFI pour contrĂ´ler les Ă©tablissements privĂ©s et amĂ©liorer la protection de l’enfance(part2)

De la nĂ©cessitĂ© de protĂ©ger l’enfance : le combat au long cours de LFI

Au-delĂ  des actes pĂ©docriminels commis au sein de l’Ă©tablissement Notre-Dame de BĂ©tharram et les mensonges du Premier ministre devant la reprĂ©sentation nationale Ă  ce sujet, la nĂ©cessaire protection de l’enfance est un combat de longue date des insoumis. Ainsi, aucun autre parti ne peut se targuer d’avoir investi Ă  deux reprises Lyes Louffok pour des Ă©lections lĂ©gislatives, un enfant plac confrontĂ© Ă  la maltraitance et Ă  la violence. « L’engagement de la FI est la suite de sa lutte de toujours pour les droits des enfants, illustrĂ©e par exemple par la prĂ©sentation dans l’Isère de Lyes Louffok aux lĂ©gislatives », appuie Jean-Luc MĂ©lenchon.

Pour aller plus loin : Lyes Louffok, porte-voix de la cause des enfants, en tête au 1ᵉʳ tour de la législative partielle à Grenoble

Quel autre parti peut se targuer d’avoir demandĂ© une commission d’enquĂŞte sur la matraitance dans les crèches privĂ©es ? D’avoir prĂ©sentĂ© un plan d’urgence sur la petite enfance ? En effet, LFI en a prĂ©sentĂ© un en septembre 2023, comprenant 19 mesures d’urgence : garantie du droit au logement des enfants, gratuitĂ© des crèches publiques, crĂ©er un Observatoire de la non-scolarisation, assurer la gratuitĂ© vĂ©ritable de l’Ă©ducation…

Ce plan faisant notamment suite Ă  l’alerte lancĂ©e par la prĂ©sidente du groupe parlementaire insoumis, Mathilde Panot, sur la mortalitĂ© infantile en France. Si la France Ă©tait le 5ème pays de l’OCDE avec le taux de mortalitĂ© infantile le plus bas en 1980, elle est descendue Ă  la 20ème position avec une mortalitĂ© en hausse. « Un pays qui ne prend pas soin de ses enfants est un pays qui dĂ©truit son avenir », soulignait alors Mathilde Panot.

Lutter véritablement contre les sectes et dérives sectaires

Dans le creux des scandales de violences physiques et sexuelles perpĂ©trĂ©es dans des Ă©tablissements privĂ©s subventionnĂ©s par l’État se dessine Ă©galement la question de la lutte contre les dĂ©rives sectaires.

Installation de la scientologie en Seine-Saint-Denis au pied du Stade de France, réception du scientologue Tom Cruise par le président de la République, nomination à Matignon de François Bayrou, proche du mouvement intégriste aux dérives sectaires de la communauté des Béatitudes, le gouvernement est poreux à de telles influences.

Sources:linsoumission.fr (Eliot)


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lundi 17 février 2025

Scandale de BĂ©tharram : les propositions de LFI pour contrĂ´ler les Ă©tablissements privĂ©s et amĂ©liorer la protection de l’enfance(part1)

 Le mardi 28 janvier 2025, les insoumis ont franchi une Ă©tape centrale dans la vie de leur mouvement et leur prĂ©paration des futures Ă©chĂ©ances Ă©lectorales. Le programme actualisĂ© « L’Avenir en Commun », Ă©dition 2025, a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© publiquement en confĂ©rence de presse au siège de la France insoumise. « L’affirmation d’un sĂ©rieux » a introduit Jean-Luc MĂ©lenchon, rappelant le caractère unique du programme insoumis, « sans Ă©quivalent » dans le pays et validĂ© par plus de 7 millions d’Ă©lecteurs aux Ă©lections prĂ©sidentielles. Un socle et une matrice puissants, capables d’unir des personnes de toutes convictions anticapitalistes.  

Forte de l’expertise acquise par les Ă©lus et militants insoumis au cours des dernières annĂ©es, la nouvelle mouture de « L’Avenir en Commun » contient aujourd’hui 831 mesures. Parmi elles, un vaste plan de refondation et de contrĂ´le du financement des Ă©tablissements privĂ©s sous contrat avec l’État dont les dĂ©rives et la sĂ©grĂ©gation socio-scolaire ne sauraient ĂŞtre financĂ©es par un argent public qui doit ĂŞtre mis au service d’une Ă©cole rĂ©publicaine vĂ©ritablement gratuite, accessible Ă  chaque enfant de France. L’actualitĂ© sordide des violences physiques et sexuelles de l’Ă©tablissement Notre-Dame de BĂ©tharram qu’a couvert le Premier ministre François Bayrou vient rĂ©affirmer par l’horreur la nĂ©cessitĂ© de cette refondation, dessine en creux celle de la lutte contre les dĂ©rives sectaires.

L’affaire BĂ©tharram dĂ©montre Ă©galement la nĂ©cessitĂ© d’amĂ©liorer la protection de l’enfance. Pour rappel, François Bayrou a supprimĂ©, au sein de son gouvernement, le ministère de la petite enfance. Une dĂ©cision jugĂ©e « inacceptable » et « dramatique » par l’UNICEF et d’autres associations de protection de l’enfance. Le chef de l’État lui-mĂŞme a tentĂ© de rattrapper cette lourde faute de François Bayrou en mettant en place un Haut-commissariat Ă  l’enfance.L’Insoumission vous propose ainsi de revenir en dĂ©tail sur quelques-unes des mesures clĂ©s de la France insoumise et de « L’Avenir en Commun » pour renverser cette situation. Notre article.

Un séparatisme scolaire qui mine le pacte républicain

SĂ©grĂ©gation sociale et scolaire, Ă©viction des Ă©lèves en difficultĂ©, absence de contrĂ´le et de conditionnalitĂ© des financements, opacitĂ© de la dĂ©pense publique… Sans parler des cas avĂ©rĂ©s de violences physiques et sexuelles et de nĂ©gation des valeurs rĂ©publicaine, telle est aujourd’hui la rĂ©alitĂ© de l’enseignement privĂ© sous contrat en France. Au nombre de 7 500, Ă  96 % catholiques, les Ă©tablissements privĂ©s sous contrat mènent un sĂ©paratisme scolaire qui mine le pacte rĂ©publicain, tout en Ă©tant perfusĂ©s d’argent public.

Depuis 1959 et l’adoption de la loi DebrĂ©, ils voient la rĂ©munĂ©ration de leurs enseignants et leurs frais de fonctionnement pris en charge par la puissance publique. Ainsi, près de 75 % du budget des Ă©tablissements privĂ©s du premier et du second degrĂ© proviennent du financement de l’État et des collectivitĂ©s territoriales. 

Ce système est profondĂ©ment opaque. Ă€ l’heure actuelle, impossible de connaĂ®tre le montant exact de la dĂ©pense publique destinĂ©e aux Ă©tablissements privĂ©s. Le rapport d’information parlementaire du dĂ©putĂ© de la France insoumise Paul Vannier et de son co-rapporteur Christopher Weissberg, paru en avril 2024, estime le financement public de ces Ă©tablissements Ă  10 Ă  12 milliards par an. Dans le mĂŞme temps, le rapport estime que le système d’allocation de ces ressources est « peu transparent », « s’Ă©carte du cadre lĂ©gal », et constate des dĂ©rives et dĂ©tournements tels que la rĂ©munĂ©ration d’heures de travail non rĂ©alisĂ©es. 

Pour aller plus loin : Enseignement privé : le rapport accablant du député LFI Paul Vannier

Le rapport soulève aussi une libertĂ© non encadrĂ©e des Ă©tablissements privĂ©s dans l’utilisation de l’argent public. Ă€ titre d’exemple, le rapport Vannier souligne que « la mise en Ĺ“uvre des prioritĂ©s de la collectivitĂ© pour les Ă©lèves qui relèvent de sa compĂ©tence est ainsi laissĂ©e Ă  la libre apprĂ©ciation des Ă©tablissements privĂ©s, alors mĂŞme qu’ils reçoivent les fonds publics destinĂ©s Ă  les financer. »

Au-delĂ  l’opacitĂ© d’un système gavant d’argent public des Ă©tablissements n’ayant Ă  cet Ă©gard de privĂ© plus que le nom, le modèle français, associant un financement public fort Ă  de faibles contreparties pour les Ă©tablissements privĂ©s sous contrat, fait figure d’exception au sein des pays de l’OCDE oĂą le niveau des contreparties exigĂ©es des Ă©tablissements privĂ©s croĂ®t en proportion du montant du financement public qu’ils reçoivent. 

En France en revanche, Ă  rebours de leur obligation lĂ©gale de participation Ă  la mixitĂ© sociale des publics scolarisĂ©s au sein des Ă©tablissements d’enseignement (article L. 111-1 du code de l’Ă©ducation), les Ă©tablissements privĂ©s jouent la carte de la sĂ©grĂ©gation scolaire. Les Ă©tablissements privĂ©s sous contrat comptent ainsi trois fois moins d’Ă©lèves boursiers que les Ă©coles publiques. 

Pour aller plus loin : Le sĂ©paratisme scolaire – La stratĂ©gie macroniste pour saccager l’École publique

Et pour quels rĂ©sultats ? Si l’on retire l’effet positif tirĂ© du fait d’accueillir des Ă©lèves au statut social favorisĂ© et celui de l’Ă©viction des Ă©lèves en difficultĂ© par les Ă©tablissements privĂ©s, leurs rĂ©sultats ne sont pas nĂ©cessairement meilleurs que ceux du public. En d’autres termes, les Ă©tablissements privĂ©s aggravent les inĂ©galitĂ©s scolaires sans faire preuve d’une pĂ©dagogie plus efficace.

Pire encore, cet argent public dont l’usage est très largement incontrĂ´lĂ©, finance les violences physiques et sexuelles, les viols et l’irrespect des valeurs de la RĂ©publique par un certain nombre d’Ă©tablissements. Ainsi bien-sĂ»r de l’Ă©tablissement Notre-Dame de BĂ©tharram pour lequel la presse rĂ©vèle que le Premier ministre François Bayrou a couvert des faits des violences physiques et sexuelles, dont MĂ©diapart souligne qu’il n’a jamais Ă©tĂ© contrĂ´lĂ© par le ministère de l’Ă©ducation nationale depuis 30 ans, en dĂ©pit des alertes et d’une condamnation pour violences physiques.

Pour aller plus loin : Actes de pédocriminalité à Bétharram : le silence et les mensonges de François Bayrou

Ainsi Ă©galement du lycĂ©e privĂ© d’extrĂŞme droite Stanislas au sujet duquel le dĂ©putĂ© LFI Paul Vannier avait contribuĂ© Ă  mettre en lumière l’omniprĂ©sence de discours homophobes, sexistes, l’irrespect de la libertĂ© de conscience des Ă©lèves et la culture du viol.

L’enseignement privĂ© français est en somme un enseignement hors de contrĂ´le, tant financier que politique et juridique, et participe aujourd’hui d’un sĂ©paratisme scolaire financĂ© par l’argent public. Il pose aussi en creux la question de la lutte contre les dĂ©rives sectaires et les discours alternatifs aux valeurs rĂ©publicaines, souvent liĂ©s Ă  l’extrĂŞme droite et Ă  des communautĂ©s religieuses, Ă  l’heure oĂą le Premier ministre français est lui-mĂŞme ami de la communautĂ© des BĂ©atitudes. 

Cette situation doit urgemment changer. Pour ce faire, les propositions de la France insoumise sont nombreuses.

Contrôler et réformer en profondeur le financement des établissements privés sous contrat

Pour lutter contre la sĂ©grĂ©gation scolaire et rĂ©affirmer la place centrale de l’École publique rĂ©publicaine, les privilèges de l’enseignement privĂ© doivent ĂŞtre abolis, et son financement profondĂ©ment rĂ©formĂ©.

La France insoumise propose ainsi par son programme « L’Avenir en Commun » l’abrogation de la loi Carle de 2009 qui introduit notamment un financement obligatoire, par les collectivitĂ©s locales compĂ©tentes, des Ă©tablissements privĂ©s sous contrat. Dans un pays qui a vu naĂ®tre la loi Ferry de 1882 sur l’Ă©cole laĂŻque et la loi sur la laĂŻcitĂ© de 1905, l’ampleur des financements publics des Ă©tablissements privĂ©s issus des lois DebrĂ© de 1959 et Carle de 2009 fait tache.

Les financements publics pour la construction d’Ă©tablissements confessionnels, les subventions facultatives de la part des collectivitĂ©s territoriales aux Ă©tablissements privĂ©s sous contrat, comme c’est par exemple le cas des financements astronomiques accordĂ©s par ValĂ©rie PĂ©cresse et la RĂ©gion ĂŽle-de-France au lycĂ©e Stanislas, doivent quant Ă  eux ĂŞtre interdits.

Tirant toutes les consĂ©quences de son rapport d’inspection parlementaire, le dĂ©putĂ© Paul Vannier et le groupe de la France insoumise Ă  l’AssemblĂ©e nationale ont Ă©galement dĂ©posĂ© une proposition de loi visant Ă  appliquer un malus au financement public des Ă©tablissements privĂ©s sous contrat contribuant Ă  la sĂ©grĂ©gation socio-scolaire. Pour renforcer leur mixitĂ©, cette mesure doit aussi s’accompagner d’un mĂ©canisme de pĂ©nalitĂ© financière des Ă©tablissements privĂ©s sous contrat pratiquant l’Ă©viction des Ă©lèves les plus en difficultĂ©s.

La France insoumise propose Ă©galement l’instauration d’une nouvelle carte scolaire intĂ©grant les Ă©tablissements privĂ©s sous contrat. La modulation de leur financement par la puissance publique en fonction de leur respect de cette carte constituerait un levier supplĂ©mentaire de lutte contre la sĂ©grĂ©gation.

Les propositions de la France insoumise et de l’« Avenir en Commun » s’inscrivent en somme dans l’urgente nĂ©cessitĂ© de conditionnalitĂ© des aides publiques aux Ă©tablissements privĂ©s, entre sĂ©grĂ©gation socio-scolaire et dĂ©rives sordides. Cette rĂ©forme profonde du financement des Ă©tablissements privĂ©s sous contrat permettrait aussi de financer l’accès garanti Ă  une Ă©cole publique laĂŻque dans chaque commune du pays, Ă  assurer la gratuitĂ© rĂ©elle de l’Ă©ducation publique, y compris les cantines, le transport et les activitĂ©s pĂ©riscolaires, Ă  fournir gratuitement aux Ă©lèves les manuels scolaires, ainsi que des fournitures sans marque, pour assurer une rĂ©elle Ă©galitĂ© des conditions entre Ă©lèves sur tout le territoire et lutter contre l’intrusion marchande Ă  l’Ă©cole.

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Cette rĂ©forme ne saurait bien-sĂ»r aller sans s’accompagner de mesures et de moyens visant Ă  assurer le contrĂ´le des Ă©tablissements privĂ©s sous contrat. Le cas de Notre-Dame de BĂ©tharram montre l’horreur que n’a pas su empĂŞcher l’absence de contrĂ´le par l’État. La Cour des comptes soulignait d’ailleurs en juin 2023 qu’« En l’absence de contrĂ´le administratif et financier, rien ne permet de conclure que les fonds publics sont correctement dĂ©pensĂ©s dans les Ă©tablissements ».

Alors qu’Ă  Notre-Dame de BĂ©tharram de l’argent public a manifestement entretenu et subventionnĂ© un Ă©tablissement dans lequel les violences pĂ©docriminelles Ă©taient Ă©rigĂ©es en système, le dĂ©putĂ© insoumis Paul Vannier demande la crĂ©ation d’une commission d’enquĂŞte parlementaire pour faire toute la lumière sur les dĂ©faillances du contrĂ´le des Ă©tablissements privĂ©s sous contrat par l’État. 

A suivre: De la nĂ©cessitĂ© de protĂ©ger l’enfance : le combat au long cours de LFI

Sources:linsoumission(Eliot)


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vendredi 14 février 2025

Depuis que Macron est Ă  l’ÉlysĂ©e, 2,5 millions de personnes supplĂ©mentaires sont contraintes de recourir Ă  l’aide alimentaire


Aujourd’hui, 8 millions de personnes dĂ©pendent de l’aide alimentaire pour se nourrir, soit environ 10 % de la population française. Une situation dramatique dont François Bayrou n’a toujours pas dit un seul mot. Le 10 fĂ©vrier 2025, jour de vote d’une motion de censure contre le Premier ministre usurpateur, Jean-Luc MĂ©lenchon a rappelĂ© ce bilan, dĂ©nonçant la responsabilitĂ© du pouvoir macroniste : « Que fait le gouvernement face Ă  cela ? Rien ! Il doit ĂŞtre censurĂ© ». Ce dernier a Ă©tĂ© sauvĂ© par le Rassemblement national et le Parti socialiste qui ont refusĂ© de voter, Ă  deux reprises, contre la censure dĂ©posĂ©e par LFI.

Dans le pays, les files d’aide alimentaire se multiplient depuis 2017. Depuis qu’Emmanuel Macron est Ă  l’ÉlysĂ©e, 2,5 millions de personnes supplĂ©mentaires ont besoin de l’aide alimentaire pendant que la fortune des 500 plus grandes fortunes de France a quant Ă  elle doublĂ©. PassĂ© sous le tapis, les personnels macronistes taisent cette urgence sociale pour prĂ©fĂ©rer ouvrir des dĂ©bats odieux sur l’identitĂ© nationale, en guise de diversion et dans le but recherchĂ© d’une alliance avec l’extrĂŞme droite. Face Ă  l’urgence, LFI propose le blocage des prix de produits de première nĂ©cessitĂ© et la hausse des salaires. Notre article.

Depuis 2017, 2,5 millions de personnes supplĂ©mentaires recourent Ă  l’aide alimentaire

Ils sont dĂ©sormais 8 millions Ă  dĂ©pendre de l’aide alimentaire. Un chiffre qu’avait notamment rappelĂ© le Secours Catholique et l’ordre de Malte entre 2020 et 2021 ; il a peu fluctuĂ© depuis. En 2017, selon vie-publique.fr, un site rattachĂ© au gouvernement, l’aide alimentaire au gouvernement avait bĂ©nĂ©ficiĂ© Ă  5,5 millions de personnes. En cause : une sĂ©rie de politiques Ă©conomiques ayant appauvri la population au profit d’une poignĂ©e de grandes fortunes.

L’appauvrissement des plus prĂ©caires et l’enrichissement de ceux d’en haut : la prioritĂ© absolue d’Emmanuel Macron dès 2017

Ă€ peine plus de deux ans que l’ex-employĂ© de chez Rothschild & Co est aux commandes, et fin 2019, les « cadeaux » fiscaux aux plus fortunĂ©s sont dĂ©jĂ  estimĂ©s Ă  30 milliards d’euros depuis le dĂ©but de son 1ᵉʳ quinquennat, tandis que le nombre de personnes pauvres en France a augmentĂ© de 400 000. 

Entre temps, les Gilets Jaunes se sont fait Ă©borgner, mains arrachĂ©es, mâchoires fracassĂ©es, morts, et, au cĹ“ur de la tourmente, le « Grand DĂ©bat national » est lancĂ© par un prĂ©sident fragilisĂ©. Promesse de dialogue ou manĹ“uvre dilatoire ? Le 15 avril 2019, Notre-Dame de Paris brĂ»le, tragĂ©die symbolique qui dĂ©tourne brutalement l’attention collective, les cahiers de dolĂ©ances sont discrètement remisĂ©s aux archives. Les pauvres se taisent, mais se multiplient.

En octobre 2020, Jean-Luc MĂ©lenchon dĂ©clare Ă  l’AssemblĂ©e nationale : “ Nous allons avoir un million de pauvres en plus en 2020. C’est une situation inĂ©dite depuis 1945. Nous allons dĂ©passer les 10 millions de pauvres, dont un enfant sur 5. Le plan dit de relance ne leur apporte que de toutes petites miettes sur la table plantureuse oĂą d’autres se gavent” . Tandis que la pauvretĂ© explose, l’annonce par Elisabeth Borne d’un fonds de 60 millions d’euros en 2023 «pour une aide alimentaire durable » apparaĂ®t comme dĂ©risoire. 

Car cette mĂŞme annĂ©e 2023, 13,1 % de la population mĂ©tropolitaine qui vit dans un logement ordinaire est touchĂ©e par la privation matĂ©rielle et sociale. Contrairement Ă  la pauvretĂ© monĂ©taire, cette notion mesure l’incapacitĂ© Ă  faire face Ă  certaines dĂ©penses essentielles du quotidien. Elle concerne les personnes qui, pour des raisons financières, ne peuvent assumer au moins cinq besoins parmi une liste de treize, comme par exemple, le chauffage du logement ou l’achat de vĂŞtements.

Quant au taux de pauvretĂ© monĂ©taire, il a augmentĂ© sous la prĂ©sidence d’Emmanuel Macron. Selon la dernière enquĂŞte de l’INSEE (2024), en 2022, il est Ă  14,4 %, et le nombre de personnes concernĂ©es reste Ă©levĂ© : avec 9,1 millions de Français vivant avec moins de 1 216 euros par mois.

Augmenter les aides aux entreprises, « en mĂŞme temps » rejeter le repas Ă  un euro pour tous les Ă©tudiants

Paradoxe : les dĂ©putĂ©s d’Emmanuel Macron sont capables d’augmenter sans contrepartie les aides aux entreprises, tout en rejetant le 9 fĂ©vrier 2023, le repas Ă  1 euro pour tous les Ă©tudiant·es. Pourtant, chaque rentrĂ©e universitaire donne toute la dimension de la prĂ©caritĂ© Ă©tudiante, avec des files d’attente devant les banques alimentaires.

Selon le baromètre annuel de l’association Cop1, près d’un tiers des Ă©tudiant·es vit avec moins de 50 euros par mois. Plus de 20 % ont recours Ă  l’aide alimentaire, dont 65 % de manière rĂ©gulière, et la moitiĂ© admet avoir dĂ©jĂ  sautĂ© un repas faute d’argent.

Pour aller plus loin : 1 Ă©tudiant sur 2 vit avec moins de 100 euros de reste Ă  vivre : les chiffres chocs de l’Ă©tude Cop1/IFOP

Les consĂ©quences vont au-delĂ  de l’alimentation : logement, santĂ© mentale et physique, rĂ©ussite scolaire… 25 % des Ă©tudiantes dĂ©clarent manquer de protections pĂ©riodiques, et 41 % des Ă©tudiant·es se disent en situation d’isolement. Si le repas Ă  1 euro n’est certes pas une solution suffisante, il reprĂ©sente une avancĂ©e et une prise de conscience de la situation.

Après son rejet à une voix près par la majorité présidentielle, la nouvelle configuration politique depuis juin 2024 pourrait permettre une généralisation de cette mesure. Une pétition appelle à un vote pour son adoption, elle a été déposée par le député LFI Louis Boyard le 17 octobre 2024.

Pour aller plus loin : 220 000 rĂ©ponses en 48 heures – L’enquĂŞte inĂ©dite de Louis Boyard auprès des collĂ©giens et des lycĂ©ens en souffrance

Les politiques menĂ©es depuis 2017 n’ont pas permis de lutter contre cette prĂ©caritĂ©, constate-t-on au SĂ©nat. « La stratĂ©gie du ruissellement des richesses promise par le prĂ©sident n’a pas fonctionnĂ© », note Olivier Henno, sĂ©nateur centriste du Nord. En mĂŞme temps, Ă  part un centriste, qui peut croire Ă  cette thĂ©orie ? Ă€ droite et Ă  son extrĂŞme, on continue d’entonner la rengaine du ruissellement, un peu comme on marmonne une prière, vite fait. 

Très concrètement, l’armada fiscale a Ă©tĂ© mise en place avec la rĂ©duction progressive de l’impĂ´t sur les sociĂ©tĂ©s (IS), abaissĂ© de 33,3 % en 2017 Ă  25 % en 2022, c’est-Ă -dire un allègement fiscal d’environ 11 milliards d’euros. Mieux encore l’allègement des impĂ´ts de production, c’est une rĂ©duction de 20 milliards d’euros sur la pĂ©riode 2021-2022, puis de 10 milliards d’euros par an, installĂ©e pour diminuer la “pression fiscale” sur les entreprises, notamment en rĂ©duisant la cotisation sur la valeur ajoutĂ©e des entreprises (CVAE) et la cotisation foncière des entreprises (CFE).

Puis le fameux CICE, comprendre le CrĂ©dit d’impĂ´t pour la compĂ©titivitĂ© et l’emploi, inventĂ© sous Hollande et remplacĂ© en 2019, par un allègement pĂ©renne des cotisations sociales patronales, pour “simplifier le dispositif et soutenir l’emploi”.

Sans oublier la suppression de l’ImpĂ´t de SolidaritĂ© sur la Fortune (ISF) qui a certes Ă©tĂ© remplacĂ© en 2018 par l’ImpĂ´t sur la Fortune immobilière (IFI), fait pour recentrer l’imposition sur les actifs immobiliers en exonĂ©rant les autres formes de patrimoine, avec un but : stimuler l’investissement productif. Bref ! Tout pour faire tourner un capitalisme financiarisĂ© et mondialisĂ© Ă  plein rĂ©gime, qui saura le temps venu montrer toute sa gĂ©nĂ©rositĂ©. Quoique !

La moitié des Français ne possèdent que 5 % de la richesse totale du pays

Et pendant ce temps-lĂ , en attendant un ruissellement qui ne risque pas d’advenir, les chiffres sont inquiĂ©tants (INSEE 2024) avec 4,2 millions de mal-logĂ©s, 300 000 SDF et 6 millions de Français qui ne peuvent pas chauffer leur logement comme ils le souhaitent. Thomas Piketty, Ă©conomiste, souligne que « la moitiĂ© des Français ne possèdent que 5% de la richesse totale du pays », un chiffre qui rĂ©vèle toute l’ampleur des inĂ©galitĂ©s patrimoniales.

Un volume de gens Ă  la merci des politiques fiscales, de la stagnation des salaires, des dĂ©localisations et du chĂ´mage, des crises successives, pandĂ©mie de COVID-19, des conflits (enfin des guerres) et de la crise Ă©nergĂ©tique, autant de facteurs qui expliqueraient l’augmentation de la pauvretĂ© et du recours Ă  l’aide alimentaire. 

C’est peut-ĂŞtre oublier que la pauvretĂ© joue un rĂ´le structurant dans le fonctionnement du capitalisme. “C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches” Ă©crivait Victor Hugo en 1869. Les discours de fin d’annĂ©e des chefs d’État, de Pompidou Ă  Macron en passant par Hollande, Chirac, Giscard d’Estaing et Mitterrand, ont une mĂŞme musique : remettre Ă  plus tard l’idĂ©e de jours heureux, marteler une mĂŞme parole « nous venons de vivre une annĂ©e difficile » et celle qui nous attend sera « intense et difficile ».

La pauvretĂ© et l’insĂ©curitĂ© Ă©conomique agissent comme un mĂ©canisme de discipline sur les travailleurs, comme sur l’ensemble de la population. « La prĂ©caritĂ© est aujourd’hui organisĂ©e. Elle n’est pas un dysfonctionnement, mais une condition indispensable au fonctionnement de l’Ă©conomie nĂ©olibĂ©rale », explique le sociologue Pierre Bourdieu en 1998. 

Ce serait donc l’Ă©quilibre cynique d’un système Ă©conomique fondĂ© sur l’inĂ©galitĂ© et l’accumulation ? Une exploitation qui a un coĂ»t humain et social immense, et qui pose la question de sa durabilitĂ© morale et Ă©cologique.

Si LREM, La RĂ©publique En Marche ! n’a pas trouvĂ© sa voie, Renaissance le nouveau nom du parti politique d’Emmanuel Macron, rebaptisĂ© le 17 septembre 2022, Ă  Paris n’a rien Ă  voir avec la fin du Moyen Ă‚ge et le dĂ©but d’une Ă©poque moderne. C’est juste du packaging, Ă  l’intĂ©rieur, la bĂŞte est la mĂŞme. Rien dans l’offre politique du macronisme ne propose la moindre issue.

Dans Les Essais, Livre I, Montaigne avait prĂ©venu : « le profit de l’un est le dommage de l’autre. » Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir entendu des voix… OrlĂ©ans le 27 juillet 2017, le PrĂ©sident dĂ©clarait : « je ne veux plus, d’ici Ă  la fin de l’annĂ©e, avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus. »

Sources:linsoumission.fr( jean-Philippe Vallespir)






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jeudi 13 février 2025

« Nous constatons avec regret que le PS a confirmĂ© son changement d’alliance » – DĂ©claration de LFI suite Ă  la non-censure de Bayrou Ă  cause du RN et du PS

 LFI. Par la complicitĂ© du Rassemblement National et du Parti Socialiste, François Bayrou et son gouvernement ont Ă©chappĂ© Ă  une nouvelle motion de censure. Tout autant austĂ©ritaire que le budget de l’État, le budget de la SĂ©curitĂ© sociale a donc Ă©tĂ© passĂ© en force par 49.3 ce 12 fĂ©vrier. Dans un communiquĂ©, le mouvement insoumis dĂ©nonce la complicitĂ© du RN dans « la continuitĂ© de la politique menĂ©e par Emmanuel Macron ». Il dĂ©nonce Ă©galement la validation dĂ©finitive par le PS d’un gouvernement illĂ©gitime, niant la victoire du Nouveau Front Populaire aux dernières Ă©lections lĂ©gislatives et lui laissant dĂ©sormais libre cours pour dĂ©rouler sa politique de brutalitĂ© sociale, Ă©cocidaire, et reprenant les propositions de l’extrĂŞme droite.

« Aujourd’hui, nous constatons avec regret que le Parti socialiste a confirmĂ© son changement d’alliance, rompant par lĂ  mĂŞme avec le Nouveau Front Populaire. Nous prenons acte de ce choix irresponsable et dangereux pour l’avenir du pays. Nous refusons catĂ©goriquement d’ĂŞtre confondus avec ce choix », Ă©crit le mouvement insoumis.

Enfin, LFI appelle Ă  co-organiser partout en France des manifestations contre le gouvernement Bayrou, l’extrĂŞme droite et ses idĂ©es. La date retenue ? Le 22 mars, journĂ©e internationale de lutte contre le racisme. L’insoumission relaie dans ses colonnes la dĂ©claration de la coordination nationale et de l’intergroupe parlementaire de la France insoumise.

Pour aller plus loin : « Le retour des morts-vivants ! » – L’analyse de Jean-Luc MĂ©lenchon après le sauvetage de Bayrou par le PS et le RN

DĂ©claration de la coordination nationale et de l’intergroupe parlementaire de LFI

Ce mercredi 12 fĂ©vrier, le gouvernement Bayrou a Ă©chappĂ© Ă  une nouvelle motion de censure. Cela a rendu possible l’adoption du budget de la SĂ©curitĂ© sociale venant après le budget de l’État, dĂ©jĂ  imposĂ© la semaine dernière par l’article 49.3 de la Constitution. Le refus du Parti socialiste et du Rassemblement National, se dĂ©clarant pourtant tous deux inscrits dans l’opposition, de voter la censure aura permis le passage en force de ces budgets avec leurs consĂ©quences dramatiques :

  • des coupes historiques dans les budgets de l’Éducation nationale, de l’Ă©cologie, de
    l’enseignement supĂ©rieur et de la recherche, de la culture ou encore du sport ;
  • une baisse des dĂ©penses de santĂ© de près de 4 milliards d’euros ;
  • la hausse de la TVA pour les micro-entrepreneurs et les artisans ;
  • une taxe sur les apprentis gagnant moins que le SMIC ;
  • une baisse des indemnisations des arrĂŞts maladie des fonctionnaires.

Avec cette décision, le Rassemblement National montre à nouveau sa complicité dans la continuité de la politique menée par Emmanuel Macron. En effet, il assure la survie du gouvernement de François Bayrou.

Quant au Parti socialiste, en refusant de censurer pour la 5ᵉ fois en un mois, il a confirmĂ© une nouvelle orientation politique, renouant avec le hollandisme et rompant avec celle du Nouveau Front Populaire. Il valide ainsi un gouvernement illĂ©gitime dont la mise en place est une nĂ©gation de notre victoire aux dernières Ă©lections lĂ©gislatives. Il accepte par ailleurs la brutalitĂ© du 49.3 et bafoue le serment de 2023 en renonçant Ă  l’abrogation de la retraite Ă  64 ans.

Cette dĂ©cision laisse le champ libre au gouvernement pour dĂ©rouler sa politique : une politique de brutalitĂ© sociale alors que la pauvretĂ© et la prĂ©caritĂ© bondissent ; une politique qui enfonce le pays dans une crise Ă©conomique profonde, comme l’atteste la multiplication des plans de licenciements ou des faillites d’entreprise ; une politique Ă©cocidaire alors que se matĂ©rialise chaque jour sous nos yeux l’impact du changement climatique ; une politique qui reprend une Ă  une les propositions de l’extrĂŞme droite, jusqu’Ă  lancer un dĂ©bat sur l’identitĂ© nationale, pour remettre en cause le droit du sol, fondement historique de la RĂ©publique.

Depuis sa crĂ©ation, la France insoumise s’est fixĂ©e comme stratĂ©gie l’union populaire, c’estĂ  dire le rassemblement autour d’un programme de rupture avec le capitalisme et le productivisme. Ă€ chaque Ă©tape, nous avons créé les conditions d’une union claire au service des objectifs de la rĂ©volution citoyenne tels qu’exprimĂ©s par le programme L’Avenir en commun, dĂ©jĂ  adoptĂ© par près de 8 millions de personnes en 2022. Après l’Ă©lection prĂ©sidentielle, nous avons créé la NUPES pour tenter d’imposer une cohabitation. Après son interruption par ceux qui ont refusĂ© une liste commune aux Ă©lections europĂ©ennes, nous avons constituĂ© le Nouveau Front Populaire et il a permis la victoire aux dernières Ă©lections lĂ©gislatives.

Ă€ chaque Ă©tape, la France insoumise a privilĂ©giĂ© l’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral, Ă©tant toujours du cĂ´tĂ© de la solution plutĂ´t que du problème. Nous nous sommes heurtĂ©s au refus du PS de constituer des listes communes aux Ă©lections sĂ©natoriales de 2023. Nous avons fait face au refus de l’unitĂ© aux Ă©lections europĂ©ennes de 2024. Alors que notre groupe parlementaire est le plus important Ă  gauche, nous avons acceptĂ© de renoncer Ă  la candidature comme Premier ministre pour permettre un choix commun.

Nous avons mĂŞme ouvert la voie Ă  un gouvernement du Nouveau Front Populaire sans insoumis·e, si telle Ă©tait la condition de la mise en Ĺ“uvre de notre programme. Nous n’avons eu comme seuls retours que l’absence de concertation stratĂ©gique et, au mieux une absence de solidaritĂ© face aux invectives et aux menaces, au pire la participation aux ignobles campagnes de dĂ©nigrement de nos adversaires.

Ă€ chaque fois, nous n’avons posĂ© qu’une unique condition Ă  l’union : elle doit se faire sur des bases claires, dans la rupture avec le macronisme et son extrĂŞme libĂ©ralisme, dans le rejet de la monarchie prĂ©sidentielle de la Vᵉ RĂ©publique, dans un affrontement frontal et sans concession avec les idĂ©es du Rassemblement National. C’est pour nous la seule voie permettant Ă  la gauche de gouverner demain pour transformer radicalement la sociĂ©tĂ©.

Or, en laissant en place un gouvernement s’inscrivant dans la poursuite des politiques antisociales et anti-Ă©cologiques d’Emmanuel Macron et multipliant les concessions Ă  l’extrĂŞme droite, le Parti socialiste a tournĂ© le dos Ă  ces exigences. Nous considĂ©rons que de tels choix menacent la gauche d’une disparition durable dans les limbes de la macronie et prĂ©parent la victoire de l’extrĂŞme droite.

Après le refus de censurer le gouvernement Bayrou Ă  l’issue du discours de politique gĂ©nĂ©rale, nous avions exprimĂ© notre dĂ©sapprobation totale et notre inquiĂ©tude. Nous avons dit sans dĂ©tour que la sĂ©quence des motions de censure sur les budgets serait dĂ©cisive. Après le refus de censurer le budget de l’État, nous avions regrettĂ© l’interruption du Nouveau Front Populaire, appelant le PS Ă  revenir aux cĂ´tĂ©s des 3 autres partis du NFP dans l’opposition au gouvernement en votant les motions de censure sur le budget de la SĂ©curitĂ© sociale.

Aujourd’hui, nous constatons avec regret que le Parti socialiste a confirmĂ© son changement d’alliance, rompant par lĂ  mĂŞme avec le Nouveau Front Populaire. Nous prenons acte de ce choix irresponsable et dangereux pour l’avenir du pays. Nous refusons catĂ©goriquement d’ĂŞtre confondu·es avec ce choix. Nous aspirons au rassemblement avec toutes celles et ceux qui se retrouvent autour du contenu du programme du NFP, dans une exigence de clartĂ©, de respect mutuel et de fidĂ©litĂ© Ă  la parole donnĂ©e.

Nous ne voulons pas passer notre temps Ă  justifier les choix injustifiables du Parti socialiste. Nous croyons que la prioritĂ© aujourd’hui est Ă  l’action entraĂ®nant le plus grand nombre. C’est le sens de nos campagnes pour l’inscription sur les listes Ă©lectorales, pour l’accès aux droits, pour la 6e RĂ©publique ou en soutien aux luttes sociales ou Ă©cologiques. Aujourd’hui, nous pensons nĂ©cessaire de prendre une initiative forte face Ă  une offensive de l’extrĂŞme droite d’autant plus dangereuse qu’elle est mondiale. Le prĂ©tendu « dĂ©bat » sur l’identitĂ© nationale est inacceptable. En le mettant dans l’actualitĂ©, le gouvernement Bayrou pose un acte de division du peuple français et de rĂ©gression des principes rĂ©publicains.

C’est pourquoi nous appelons Ă  co-organiser partout dans le pays samedi 22 mars, de façon la plus large possible, des manifestations contre le gouvernement Bayrou, l’extrĂŞme droite et ses idĂ©es, dans le cadre de la journĂ©e internationale de lutte contre le racisme. Nous proposons Ă  cette fin Ă  toutes les forces clairement dans l’opposition Ă  ce gouvernement de constituer un « comitĂ© de riposte » contre le racisme et l’extrĂŞme droite.







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