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lundi 29 décembre 2025

Le rendez-vous de Bardella dans un hôtel de luxe avec des banquiers anglais : l’oligarchie mise sur l’extrême droite

 Le 4 décembre, dans un très luxueux hôtel de la capitale, celui qui est, paraît-il, eurodéputé RN a rencontré des fonds d’investissement anglo-saxons, pour donner une meilleure image de son parti aux oligarques d’outre-Atlantique, ceux-là même qui ont participé à la victoire de Trump. Un dialogue avec 1800 milliards d’euros.

Bizarrement, Bardella, qui aime tant communiquer dès que sa voiture avec chauffeur le dépose devant des caméras, n’a rien dit de l’événement. Peut-être sait-il que son image souffrirait de cette proximité avec les milieux de la finance et des banques.

Et pourtant le président du RN était bien là, hôtel Park Hyatt (où la nuit la moins chère coûte la bagatelle de 1400 euros, un mois de travail au SMIC), à serrer les mains de ces fonds d’investissement, les suppliant pour leur soutien, leur assurant que la position du parti sur la dette, les retraites etc., est tout à fait « raisonnable ». Avec le RN au pouvoir, que les ultra-riches dorment sur leurs deux oreilles : Bardella et ses amis mèneront la même politique de classe qu’Emmanuel Macron, juste en plus raciste et autoritaire. Notre article.

Pour aller plus loin : La mue ultra-libérale du RN : comment Marine Le Pen et Jordan Bardella ont-ils pactisé avec les milliardaires ?

Le RN se veut « rassurant » pour les élites économiques

C’est que les fonds d’investissement et les banques s’inquiètent du programme du RN, vu comme « trop social » depuis les années 2010. Flanqué de son conseiller François Durvye, le bras droit du milliardaire suprémaciste Pierre-Edouard Stérin, Bardella s’introduit lentement mais sûrement dans ces cercles patronaux et financiers. Ces milieux ne sont pas préoccupés par la politique raciste et réactionnaire que mènerait le RN (certains peuvent même y être acquis) ; ils sont d’abord préoccupé par une chose : « une prise du pouvoir par le RN va-t-il être bon ou mauvais pour nos affaires ? ».

Alors le bon élève Bardella se montre sage et raisonnable. Les retraites, la santé, la dette : le Rassemblement National va continuer à ravager les services publics, ouvrant de nouveaux marchés pour l’oligarchie, sur le dos des usagers. Comme l’a rappelé le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard : « Citadel LLC, [un fond d’investissements, ndlr] qui était présent ce jour-là, gagne par exemple 700 000 euros par heure simplement en spéculant avec des robots sur les prix de l’énergie et le cours des matières premières, qui a le droit de vie ou de mort sur nos agriculteurs. ».







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En 2020, Marine Le Pen avait beau jeu de critiquer ouvertement ces fonds, notamment Blackrock. Déjà en 2017, les conseillers de Le Pen avaient noué des contacts avec Blackrock et consorts ; en 2025, Bardella poursuit donc une longue tradition de copinage entre extrême droite et les avants-postes de la casse des services publics.

Le RN organise la pénurie, pour et avec les ultra riches

On présente habituellement deux lignes s’affrontant au RN. D’un côté les « souverainistes », débris de l’époque ou Florian Philippot était vice-président du Front National, davantage étatistes, à la coloration soi-disant sociale. Parmi eux on retrouverait Jean-Philippe Tanguy, qui aboie sur le « rôle défaillant » des banques, mais de fait cette ligne est marginalisée. Pour ne pas dire inexistante : au moment de leur contre budget d’octobre 2025, les députés RN, menés par Marine Le Pen (qui avait alors promis « on va voir les banques ») s’étaient montrés plus austéritaires encore que le gouvernement Lecornu.

Lors de cette même présentation de contre budget, un autre député RN avait abondé « Nous assumons une forte baisse des dépenses », un certain Jean-Philippe Tanguy.

« Les banques sont la dernière forteresse à prendre » pour l‘extrême droite

Les banques se réfugient derrière un apolitisme hypocrite pour se laver les mains de tout contact avec l’extrême droite… tout en se montrant prêtes à composer avec elle au besoin. Mais toutes n’assument pas cette logique de la même manière. Du côté du Crédit Agricole, on est ouvertement prêt à collaborer avec le Rassemblement National si ce dernier prend le pouvoir : un des cadres de la banque reconnaît que « c’est une nécessité de leur parler pour éviter qu’ils nous imposent un programme économique hors-sol avec des mesures encore hallucinantes ». Autant dire qu’ils auront peu d’efforts à fournir : Bardella leur mange déjà dans la main.

Les relations du FN/RN avec les banques sont historiquement houleuses. On se souvient des fameux « emprunts russes » du parti des années 2010, dus aux refus de prêts des banques françaises. Mais les bons sondages et les résultats électoraux font que ces banques sont tentées de miser sur le cheval (ou la mule) Rassemblement National.

Rien d’étonnant à ces liens de plus en plus affirmés. L’extrême droite a toujours été stipendiée, financée et, à la fin, pilotée par le grand patronat, pour son intérêt de classe, à commencer, dans les années 1920, par les fascistes italiens. En 2025, entre les intérêts du peuple et ceux de l’oligarchie, Bardella et Le Pen ont choisi.

Pour aller plus loin : Ces votes du RN en faveur des milliardaires que Marine Le Pen essaye de cacher

Sources:linsoumission.fr (Par Alexis Poyard)

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