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vendredi 14 novembre 2025

« A chaque fois qu’un drame éclate, c’est à nous qu’on s’en prend » – Le témoignage poignant sur l’islamophobie vécue par les femmes musulmanes voilées en France.

 Voile. Chaque jour en France, les témoignages d’actes et agressions islamophobes se multiplient. Regards pesants, insultes, discriminations, agressions physiques, meurtres, assassinats. Parmi les victimes, les femmes musulmanes, et particulièrement les femmes voilées, victimes en même temps du sexisme, du racisme et de l’islamophobie sont une des cibles privilégiées de l’extrême droite et de sa haine infusée par tous les pores de la société avec l’officialité médiatique comme accélérateur. Dans la rue, dans les commissariats, sur les plateaux de télévision, à l’Assemblée et au gouvernement, on crie « À bas le voile ! », on insulte jusqu’à des fillettes, on agresse et on bat en toute impunité.

Dans le cadre de la grande campagne nationale contre toutes les formes de racisme lancée par la France insoumise le 16 octobre dernier, L’Insoumission relaie le témoignage de Bouchra, femme musulmane portant un voile et pour qui l’islamophobie fait partie du quotidien. Un témoignage poignant qui fait résonner ceux de milliers de femmes à travers le pays. Retrouvez le témoignage de Bouchra.

Pour aller plus loin : Racisme et violences policières : les propositions de LFI pour une société de l’harmonie des êtres humains

Le voile, l’islam et la République : jusqu’où ira la haine ?

Je suis une femme maghrébine, musulmane et voilée.

Et chaque jour, je ressens sur moi des regards qui en disent long. Des regards qui me jugent, qui me questionnent, qui me pèsent.

Je marche dans la rue comme tout le monde, mais on me regarde comme si j’étais une étrangère dans mon propre pays.

Je me souviens de cette femme, un jour, à un passage piéton. Elle refusait de me laisser traverser. Elle criait qu’elle avait tous les droits, « parce qu’elle était encore chez elle, en France ».

Je suis restée figée quelques secondes. J’ai senti la colère monter, puis la tristesse. Parce que dans ses mots, il y avait toute la violence d’un pays qui, peu à peu, me renvoie l’image d’une intruse.

Et puis il y a les insultes, les remarques, les humiliations. À chaque fois qu’un drame éclate, à chaque fois que les médias s’emballent, c’est à nous qu’on s’en prend. Comme si le simple fait de porter un voile faisait de moi la porte-parole de tout ce que la société veut rejeter.

On dit que la France est le pays de la liberté, mais la mienne semble s’arrêter à la longueur de mon foulard.

On parle d’égalité, mais dans les faits, certaines ont moins le droit d’exister que d’autres.

Des femmes sont écartées de postes, rejetées de stages, humiliées dans des entretiens simplement parce qu’elles portent un voile. Leur parcours, leur compétence, leurs efforts, tout cela s’efface derrière un préjugé.

Et pendant ce temps, certains responsables politiques n’hésitent pas à souffler sur les braises. 

Quand Bruno Retailleau crie « À bas le voile ! », il ne s’en prend pas à une idée, mais à des femmes.

Ses mots, ce sont des pierres lancées dans nos visages.

Ce genre de discours légitime la haine, il la banalise. Il donne du courage à ceux qui, dans la rue, se sentent autorisés à nous insulter, à nous agresser, à nous faire peur.

Et que dire du Rassemblement national, qui prétend défendre la République tout en rêvant d’une France où les femmes comme moi devraient disparaître de l’espace public ?

Leur haine, ils la maquillent derrière de beaux discours sur la laïcité. Mais quand ils disent « liberté », ils pensent « soumission ». Quand ils disent « égalité », ils veulent surtout dire « silence ».

Moi, je ne me tairai pas.

Je ne baisserai pas les yeux, même quand les regards sont durs.

Je continuerai à marcher, la tête haute, parce que ma dignité n’est pas à débattre.

Je crois encore en la France. Celle qui m’a appris la justice, la liberté, l’égalité. Celle qui ne se résume pas aux discours de haine. Celle qui existe encore dans les sourires bienveillants, dans les gestes solidaires, dans les gens qui refusent de juger.

Malgré tout, je garde foi en l’humanité.

Parce que je sais qu’il y a plus de lumière que d’ombre, plus d’amour que de haine.

Et parce que, malgré ce qu’on veut nous faire croire, le voile ne cache pas nos visages, il révèle la force, la dignité et la liberté des femmes qui refusent de plier.

Sources:linsoumission.fr (Par Bouchra E,militante engagée pour la dignité et l'Humanité.)










 
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