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dimanche 30 novembre 2025

La meute médiatique, le retour ? Manuel Bompard, Rima Hassan et Paul Vannier publient leurs réponses à Belaich et Pérou .

 

Meute. Vous avez économisé 22 euros en refusant d’acheter la première version de la Meute ? Vous pourrez bientôt économiser la même somme au printemps prochain. D’après les informations transmises à l’Insoumission, les journalistes propagandistes Olivier Pérou et Charlotte Belaïch ont l’ambition de publier au printemps prochain une « version actualisée » de leur ouvrage de fiction à charge contre la France insoumise.  

Rappelez-vous, la Meute est cet ouvrage qui s’appuie sur des citations mensongères, des fausses rumeurs, des ragots vieux de dix ans, des SMS privés hors contexte et bien d’autres mécanismes frauduleux. Les salissures, notamment sexistes, y sont nombreuses. Les insoumis sont animalisés et décrits comme décérébrés. Les femmes y sont décrites comme sorcières ou manipulées parce que femmes. 

Ce livre et le traitement médiatique d’une violence inouïe contre LFI qu’il organise peut néanmoins livrer des enseignements que des observatoires indépendants, tels qu’Acrimed, ont analysé de long en large. Il est une photographie de l’état du journalisme politique en France : construire du spectacle tout en cherchant à disqualifier un mouvement politique qui progresse constamment, élection après élection. Il montre comment des journalistes assument être passés au statut de propagandiste en foulant aux pieds les principes déontologiques de la Charte de Munich qui organise l’ensemble des obligations dévolues aux journalistes. 

En vue de la “Meute 2”, trois dirigeants de la France insoumise ont reçu une série de questions adressées par Olivier Pérou et Charlotte Belaïch. Pour se prémunir des intentions manipulatoires de ces auteurs anti-LFI, ces trois dirigeants ont choisi de contacter l’Insoumission pour publier l’intégralité des questions adressées, et des réponses faites en retour. Pour que chacun puisse juger de la malhonnêteté des questions, des obsessions qu’elles révèlent et puisse vérifier comment ces éléments seront répercuté dans leur « ouvrage »

Manuel Bompard publie les questions reçues et ses réponses

Les propagandistes Olivier Pérou et Charlotte Belaïch ont l’ambition de publier au printemps prochain une « version actualisée » de leur tract anti-LFI. Il est vrai qu’ayant gagné chacun plusieurs dizaines de milliers d’euros en insultant l’ensemble des militants de la France insoumise, on comprend leur envie de recommencer.

Néanmoins, puisqu’ils n’avaient respecté aucune des règles déontologiques de base pour leur première publication et s’étaient permis de nous diffamer, de dévoiler des éléments de nos vies privées, d’animaliser les militants insoumis ou d’inventer des fausses citations, nous avons refusé de les rencontrer. Nous leur avons demandé de nous transmettre leurs questions par écrit afin que nous puissions y répondre. À leur réception, j’ai été choqué de cette série de questions que l’on retrouve d’habitude plutôt sur CNEWS ou dans le Journal du Dimanche.

Comme mes autres collègues, je diffuse donc ici, en totale transparence, l’ensemble de leurs questions et de mes réponses. Chacun pourra ainsi être juge de la malhonnêteté des questions, des obsessions qu’elles révèlent et pourra vérifier comment ces éléments seront répercutés dans leur « ouvrage ».

Question : Connaissez-vous Soufiane Iquioussen et Youssouf Feddal ? Sont-ils des militants de la France insoumise ?

Le Point et Valeurs Actuelles m’ont déjà interrogé à ce sujet. Je suis choqué de voir que les frontières de la presse d’extrême droite semblent de plus en plus poreuses. Je ne connais pas Youssouf Feddal. J’ai croisé Soufiane Iquioussen lors de réunions publiques de la France insoumise. Je vous confirme qu’il milite au sein d’un groupe d’action de la France insoumise de Denain. Plus largement, je ne comprends pas votre acharnement et celui de la presse d’extrême droite contre ces personnes. Est-ce parce qu’ils s’appellent Sofiane et Youssouf ? Si oui, je vous rappelle que tout citoyen a le droit de s’engager en politique. Est-ce parce que Soufiane Iquioussen est le fils de Hassan Iquioussen ? Si oui, je crois utile de vous rappeler qu’une personne n’est pas responsable des prises de positions ou des actions de son père. Surtout quand il s’en est démarqué. Ce n’est pas le cas de tous. Par exemple, Marine Le Pen a indiqué que son plus grand regret était l’exclusion de son père Jean-Marie Le Pen du Rassemblement National. Je n’ai pas l’impression que vous y ayez consacré un ouvrage.

Question : Dans une vidéo publiée par Libération, Nathalie Oziol déclare de ne pas être d’accord pour qualifier l’assassin de Samuel Paty de “fanatique musulman” ? Êtes-vous d’accord avec son point de vue ? Comprenez-vous que cela ait choqué la sœur de Samuel Paty, Mickaelle Paty ?

Comme lors de la publication de l’article de Libération, vous omettez de dire que Nathalie Oziol le qualifie dans la même vidéo de terroriste islamiste. Je partage son point de vue. Comme elle, je crois en effet nécessaire de ne pas utiliser des termes qui pourraient amalgamer l’ensemble des musulmans avec les actions d’un terroriste. Je suis surpris que des « journalistes » du Monde et de Libération nient l’importance de ce choix des mots dans un contexte de montée vertigineuse de l’islamophobie. J’ai lu que Madame Michaëlle Paty reprochait à Nathalie Oziol de “refuser de nommer l’idéologie islamiste”.

C’est pourtant bien ce qu’elle fait en qualifiant l’assassin de terroriste islamiste. Je pense donc qu’elle a pu être induite en erreur par le traitement mensonger du journal Libération et je le regrette. Mais je n’ai nullement l’intention de polémiquer avec elle. Je comprends tout à fait son émotion et nos principes ont toujours été de refuser de faire de la politique sur des drames. Je pense d’ailleurs que vous vous grandiriez à faire de même. Je m’interroge par ailleurs sur le fait que cette cabale contre Nathalie Oziol puisse être liée à sa candidature aux élections municipales de Montpellier.

Il est vrai que le journal Libération a co-organisé, avec la municipalité socialiste actuelle de Montpellier, un forum en 2023 pour vanter les politiques mises en place dans cette ville. Le coût de ce forum était estimé par le site http://montpellier-journal.fr à plus de 100 000 euros pour la collectivité. On peut donc légitimement se poser la question de savoir s’il n’y aurait pas ici une sorte de contrepartie.

Question : Selon nos informations, Aymeric Caron a été désigné par le comité électoral de LFI pour porter la candidature de son mouvement REV, soutenu par la France insoumise, à la mairie du 18e arrondissement à Paris. Pourtant, c’est Danièle Obono qui sera finalement la candidate. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

Comme trop souvent à mon goût, vos informations sont inexactes. La tête de liste pour la mairie du 18ème arrondissement de Paris a en effet été proposée à Aymeric Caron dans le cadre de la préparation des élections municipales à Paris. Celui-ci ayant posé d’autres conditions que nous avons refusées, il a finalement décliné cette proposition. C’est donc Danièle Obono qui a été choisie par les militants insoumis du 18ème arrondissement de Paris, ainsi que par le comité électoral de la France insoumise, pour conduire cette liste. Elle est une très bonne députée, elle sera une très bonne maire.

Question : Que pensez-vous des propos de M. Chikirou, tenus en 2018 dans un SMS, concernant des journalistes du Média – “cette bande de tafioles de merde” ? Selon vous, est-ce que ces mots « entretiennent et banalisent l’homophobie », comme l’a regretté SOS homophobie à l’époque, ou est-ce du “second degré” comme l’a exprimé M. Coquerel ?

Je vous mets au défi de prouver votre affirmation dans laquelle vous prétendez qu’Eric Coquerel aurait affirmé que ces propos précis relevaient du second degré. Il n’a jamais dit ça. Je vous rappelle que le travail de journalistes doit s’appuyer sur des faits vérifiés, et non sur des interprétations basées sur une seule volonté de nuire. Je vous remercie d’ailleurs de rappeler aussi ce principe aux journalistes de Libération qui ont repris ce mensonge comme titre d’un de leur dernier article. Eric Coquerel a condamné les procédés consistant à nous sommer de réagir sur des soi-disants extraits de conversations privées datant d’il y a près de 10 ans. Je partage pleinement son point de vue. Quant à Sophia Chikirou, elle a déjà répondu à vos accusations mensongères. Elle n’est évidemment pas homophobe. Comme elle et comme tous mes collègues, je condamne absolument toute forme d’homophobie que je combats au quotidien, comme peuvent en attester nos déclarations publiques et nos votes à l’Assemblée Nationale. Je partage pleinement le point de vue des associations sur la nécessité de refuser tous les propos qui l’entretiennent ou la banalisent.

Question : Le 9 juin dernier, lors d’un rassemblement place de la République à Paris en soutien à Rima Hassan, Sophia Chikirou scandait « From the river to the sea » (« de la rivière à la mer ») à la tribune. Ce slogan est-il la position officielle du mouvement sur l’Etat d’Israël ? Défendez-vous toujours une solution à deux Etats ?

Il est problématique que vous posiez des questions auxquelles nous avons déjà largement répondu, notamment Rima Hassan dans un tweet du 17 mars 2024 et sur de multiples plateaux télévisions. Est-ce parce que la réponse ne convient pas à l’image mensongère que vous voulez construire de la France insoumise ? Je répète donc : oui, la France insoumise est favorable à l’égalité des droits pour les Palestiniens « de la rivière à la mer ».

Cela inclut la création d’un état palestinien libre et souverain dans les territoires définis par les résolutions de l’ONU de 1967, ainsi que la fin de l’apartheid (reconnu par l’avis de la Cour Internationale de Justice du 19 juillet 2024) dans le territoire de l’état d’Israël. Cette idée devrait normalement rassembler largement les militantes et les militants de l’égalité et du respect des droits humains. Je peux comprendre qu’elle choque les suprémacistes du gouvernement du criminel de guerre Netanyahu et de ses complices.

Mais je suis surpris qu’elle semble aussi poser problème à des personnes rattachées à Libération et au journal Le Monde, qui prétendent plutôt s’inscrire dans un courant de pensée humaniste et égalitaire.

Question : Le 20 octobre 2025, Rima Hassan a relayé un article rapportant les exécutions menées par le Hamas contre des Palestiniens accusés de collaboration avec Israël, avec le commentaire “one by one”. Que pensez-vous de ce commentaire ?

L’article dont vous parlez évoquait la « traque, un par un, des groupes qui ont collaboré avec l’armée israélienne à Gaza ». Il est en effet désormais de notoriété publique que le gouvernement de Netanyahu a soutenu et financé des milices armées affiliées à l’Etat islamique pour l’aider dans sa guerre génocidaire à Gaza. Comme Rima Hassan, je défends l’idée que les membres de ces milices doivent être retrouvés un par un et traduit devant les juridictions compétentes.

Je n’ignore pas le sous-entendu de votre question qui a déjà largement été développé sur la chaîne CNEWS pendant plusieurs jours. Je suis donc désolé de vous décevoir. Mais non, la France insoumise ne défend pas l’idée que l’on répond à une complicité de crime contre l’humanité par des exécutions. Nous considérons au contraire que notre réponse en toutes circonstances doit s’appuyer sur la justice pour juger et condamner les coupables.

C’est pourquoi, contrairement à l’extrême droite et aux macronistes, nous avons toujours réaffirmé notre soutien plein et entier aux mandats d’arrêt délivrés par la Cour Pénale Internationale contre Netanyahu et ses complices. Et c’est pourquoi nous sommes scandalisés de la décision du président Macron d’autoriser le survol de notre espace aérien par cet individu.

Question : En janvier 2025, lors du vote sur la résolution appelant à la libération de Boualem Sansal au parlement européen, avez-vous donné votre aval à Rima Hassan pour que le groupe insoumis vote contre ?

La direction de la France insoumise échange régulièrement avec ses groupes parlementaires à l’Assemblée nationale, comme au Parlement européen. C’est en effet très utile afin de faciliter les initiatives communes dans chacune des assemblées où nous siégeons. Nous avons donc échangé sur ce sujet, comme sur d’autres, avec les eurodéputés de la France insoumise. Comme à l’Assemblée nationale, la situation inacceptable de Boualem Sansal a été utilisée par la droite extrême et par l’extrême droite au service d’une stratégie d’affrontement avec l’Algérie, dans un objectif politicien de réactiver en France un clivage issu de la guerre d’Algérie.

Le sujet de cette résolution n’était en réalité pas la demande de libération de Boualem Sansal que nous avons évidemment soutenue, comme celle du journaliste Christophe Gleizes, encore détenu aujourd’hui. Le véritable sujet était la tentative d’escalade avec l’Algérie, attestée par des passages de la résolution relatifs à la remise en cause de l’accord entre l’Union européenne et l’Algérie, ou évoquant l’immigration algérienne dans les pays de l’Union européenne.

Nous avons d’ailleurs prouvé cette hypocrisie quelques semaines plus tard à l’Assemblée nationale quand la droite et l’extrême droite ont refusé l’amendement des députés insoumis afin de transformer la résolution soumise au vote pour la concentrer sur la seule exigence de libération de Boualem Sansal. Tous les militants et parlementaires de la France insoumise assument pleinement de refuser absolument toute tentative de rouvrir en France les vieilles blessures issues de la guerre d’Algérie. C’est pourquoi nous avons combattu notamment les provocations de l’ancien ministre de l’intérieur Bruno Retailleau et les instrumentalisations à cette fin de la situation de Boualem Sansal.

Je note d’ailleurs que Boualem Sansal lui-même a indiqué que ces attitudes ont pu constituer des obstacles pour sa libération.

Question : Interpellé sur X par un internaute qui lui demandait si “la raison pour laquelle Israël n’est pas sanctionné, c’est parce qu’il (s’agit d’)un État juif”, Aymeric Caron avait répondu “oui”. A l’époque, lui avez-vous demandé de clarifier son propos ?

Je n’ai pas l’habitude de dévoiler mes conversations privées. Aymeric Caron a lui-même précisé et documenté son point de vue dans un tweet du 24 juillet 2025. Il y rappelle les travaux de l’historienne Sophie Bessis à propos de l’impunité du gouvernement israélien face aux multiples violations du droit international. Il y dénonce les accusations grotesques du gouvernement Netanyahu qui transforme toute contestation de son action comme une forme d’antisémitisme. Je partage pleinement ce point de vue.

Question : Plusieurs députés insoumis nous racontent que des projections électorales en cas de dissolution leur ont été récemment présentées. Dans ce scénario, le groupe LFI pourrait passer de 70 à 20 députés. Selon plusieurs témoignages, vous estimez toutefois qu’une  «victoire à la présidentielle assurerait une vague aux législatives» qui suivraient. Confirmez-vous la teneur de ces propos ?

Vos informations sont à nouveau inexactes ou biaisées. J’atteste sur l’honneur qu’il n’y a jamais eu de projections électorales présentées en réunion de groupe parlementaire de la France insoumise, ni dans aucune instance de notre mouvement. Aucune projection de ce type n’a d’ailleurs été réalisée par nos équipes.

Je vous mets au défi de prouver l’inverse, autrement que par des citations trafiquées qui sont votre marque de fabrique. J’assume par contre pleinement avoir dit que la stratégie de la France insoumise ne serait jamais guidée par des intérêts politiciens. Dès lors, je revendique avoir déclaré en réunion d’intergroupe parlementaire de la France insoumise que notre décision de censure du gouvernement Lecornu ne dépendrait jamais du nombre de députés que les sondeurs voudraient bien nous accorder dans l’hypothèse d’une dissolution de l’Assemblée nationale et de l’organisation de nouvelles élections législatives. La France insoumise n’agit pas pour elle-même, mais pour ce qu’elle pense juste pour notre peuple.

Quant à la dernière partie de votre question, il ne me semble pas avoir besoin d’une très longue connaissance de nos institutions et de notre histoire politique pour savoir que le nombre de députés aux élections législatives dépend généralement assez fortement du résultat réalisé lors des élections présidentielles quand elles les précèdent de quelques semaines.

Question : Avez-vous affirmé devant Lucie Castets que tout n’est pas théorisé à LFI, mais que le mouvement  “gère aussi les débordements des uns et des autres” ?

Je vois que vous semblez vous intéresser de près à mes conversations privées. Cela pourrait presque être flatteur pour moi si ce n’était pas en permanence pour tenter de nuire à la France insoumise. Je vous précise donc que je n’ai jamais prononcé cette phrase. Je vous confirme toutefois que, de mon point de vue, la France insoumise dispose de la stratégie et du programme les plus solidement travaillés et théorisés.

C’est sans doute la raison pour laquelle ce mouvement a réussi en moins de 10 ans à devenir l’une des principales forces politiques du pays, à représenter le 3ème groupe parlementaire le plus important à l’Assemblée nationale et à fédérer des centaines de milliers de personnes partout dans le pays. Certes, contrairement à vous sans-doute, je n’aurais pas l’arrogance de considérer que nous ne faisons jamais d’erreur. Il peut en effet arriver qu’un mot soit mal choisi ou une expression ne résume pas parfaitement notre point de vue. Nous ne sommes que des êtres humains.

La France insoumise en a d’ailleurs largement subi les conséquences, à travers d’intenses campagnes de dénigrement parfaitement injustes auxquelles vous avez d’ailleurs largement participé. Mais nous ne sommes pas naïfs pour autant. Nous savons surtout que la cause de cet acharnement se trouve dans les intérêts économiques et de pouvoir que l’application de notre programme pourrait déranger. Puisque nous n’avons pas l’intention de l’abandonner et voulons rester fidèle en toutes circonstances à la parole donnée devant le peuple, nous avons compris que nous étions condamnés à subir ces calomnies chaque fois que nous ne serons pas parfaits. C’est pourquoi nous cherchons chaque jour qui passe à être meilleur, à faire mieux. Nous y travaillons d’arrache-pied. C’est un objectif auquel vous devriez réfléchir également.

Rima Hassan publie les questions reçues et ses réponses

J’ai été contacté par Olivier Pérou (« Le Monde ») et Charlotte Belaïch (« Libération ») pour répondre à leurs questions dans le cadre de la préparation de La Meute 2. Ayant déjà démontré leur mépris des règles déontologiques, diffamations, atteintes à la vie privée, citations inventées, j’ai exigé des questions écrites. Sans surprise, celles-ci étaient dignes des plateaux de CNEWS ou du JDD et je refuse donc de les rencontrer. Pour protéger les lecteurs de leurs méthodes et garantir la transparence, je publie donc l’intégralité des questions qu’ils m’ont adressées le 24 novembre ainsi que mes réponses, afin que chacun puisse juger par lui-même de leurs procédés et de la manière dont ils déformeront les faits dans leur second ouvrage.

Question : Pourquoi avoir défendu le votre contre la résolution appelant à la libération de Boualem Sansal en janvier 2025 ? Avez-vous demandé à vos collègues insoumis de voter contre ?

Le texte dont il est question a été mis à l’agenda par une coalition de la droite et de l’extrême droite ; il a notamment été signé par Marion Le Pen. Le cas de Sansal a été instrumentalisé à des fins d’ingérence et d’escalade diplomatique avec un pays voisin de l’UE. Par exemple, des amendements ont été déposés pour y introduire la question de l’immigration algérienne, le cas des influenceurs algériens ou encore la remise en cause de l’accord UE–Algérie. Je défendais évidemment le respect des droits fondamentaux de M. Sansal et j’ai moi-même déposé des amendements pour améliorer ce texte, qui n’ont pas été adoptés : https://europarl.europa.eu/doceo/document/RC-10-2025-0087-AM-004-006_FR.pdf

La version finale de la résolution telle que proposée ne relève pas d’une réelle volonté de défendre les droits humains. J’ai assisté à toutes les prises de parole du débat sur le sujet, dont l’essentiel des prises de position était monopolisé par des députés français issus de la droite et de l’extrême droite, surtout pour critiquer l’Algérie. Voter contre cette résolution ne signifiait pas être défavorable à la libération de Sansal, mais bien s’opposer à la manière dont son cas était instrumentalisé et se désolidariser de la manière dont il était porté politiquement par l’extrême droite. Boualem Sansal lui-même a rejeté ce soutien de l’extrême droite.

Dans cette histoire, il est important de souligner la responsabilité de l’État français, qui n’a pas utilisé l’ensemble des moyens diplomatiques apaisés à sa portée pour obtenir la libération de Boualem Sansal. Enfin, il faut noter que mon vote au Parlement européen a donné lieu à plus de 50 000 mentions sur X et à 62 articles en 48 h. La plupart de ces articles titraient avec mon nom et ma position.

Pourtant, lorsque les écologistes et les socialistes de l’Assemblée nationale se sont largement abstenus lors du vote d’une résolution appelant à la libération de Boualem Sansal en commission des affaires étrangères, et que même François Hollande et Olivier Faure n’étaient pas présents pour le vote, il n’y a eu aucun emballement ni médiatique ni politique. Cela révèle à quel point ce sujet a été instrumentalisé politiquement avec un biais raciste. Dans le cadre de mon poste de coordinatrice de la sous-commission Droits de l’homme pour The Left, je fais des recommandations de vote qui sont alignées avec mon travail et mes convictions, mais chaque député est ensuite libre de voter ce qu’il souhaite.

Question : Le 18 décembre 2024, vous avez rencontré l’ambassadeur d’Algérie à Bruxelles. Quel était l’objet de ce rendez-vous ? Cette rencontre a été déclarée, conformément au règlement du Parlement européen.

Il s’agissait d’une rencontre parfaitement habituelle dans les commissions Affaires étrangères et la sous-commission Droits humains dans lesquelles je siège. Dans le cadre de ce travail, je ne rencontre pas que des acteurs étatiques mais également des défenseurs des droits humains en Algérie, comme le 5 novembre, où j’ai rencontré des représentants d’EuroMed Rights afin de discuter de la situation des droits humains en Algérie.

Question : Le 16 août 2024, vous avez participé à une manifestation à Amman, en Jordanie. Quel était l’objet de cette manifestation ?

Il s’agissait d’une manifestation hebdomadaire organisée à Amman tous les vendredis en soutien à Gaza.

Question : Qu’avez vous pensé des pancartes brandies en hommage au chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh ?

Il ne s’agissait pas d’une manifestation organisée en soutien au Hamas, mais dans cette région et lors de ces manifestations, il y a des manifestants avec différentes sensibilités politiques et des soutiens à différentes forces palestiniennes que je ne peux pas prévoir ou contrôler.

Question : Début 2024, avant la chute de Bachar al Assad, vous vous êtes rendue en Syrie. Comment avez-vous organisé ce voyage ?

Bien que le régime ai changé depuis, j’invite ces journalistes à rentrer en contact avec les services diplomatiques syriens pour qu’ils expliquent, qu’au moment où je m’y suis rendue, une réfugiée palestinienne qui détient ses documents et qui a un passeport français pouvait parfaitement rentrer en Syrie pour se rendre dans les camps de réfugiés palestiniens. Pour se rendre dans les camps, il fallait passer par un bureau de taxi habilité, qui avait des autorisations pour faire ces trajets. Ce sont surtout les hommes appelés au service militaire pour lesquels il y avait des risques à se rendre en Syrie. Par ailleurs, laisser sous-entendre que je serais privilégiée en Syrie est indécent : ma famille a vécu de nombreux sièges imposés par le régime ces dernières années. Les entrées et sorties des camps étaient contrôlées par le régime syrien, qui n’hésitait pas à venir chercher des hommes palestiniens directement dans leur foyer. J’ai pris des risques pour y aller en passant plus d’une vingtaine de checkpoints, mais j’y suis surtout allée pour voir mon père, très affaibli par la maladie, après 20 ans d’exil. Aucun de mes frères ne peut s’y rendre précisément parce qu’ils sont appelés au service militaire et qu’ils pourraient être arrêtés par le régime.

Question : Le 20 octobre 2025, vous avez relayé un article rapportant les exécutions menées par le Hamas à Gaza contre des Palestiniens accusés de collaboration avec Israël, avec le commentaire “one by one”. Que vouliez-vous dire avec ces trois mots ?

La traduction exacte de l’article portait sur la « traque, un par un, des groupes qui ont collaboré avec l’armée israélienne à Gaza ». L’article portait sur la réponse globale des Palestiniens à Gaza à la collaboration de certaines milices et gangs affiliés à l’État islamique, soutenus et financés par Israël. La glorification des exécutions que l’on cherche à m’imputer ne relève que des tentatives de manipulations grossières et habituelles de la droite et de l’extrême droite. Oui, tous ceux qui ont collaboré avec le régime génocidaire devront répondre de leurs actes.

Paul Vannier publie les questions reçues et ses réponses

J’ai reçu le 13 novembre 2025 un SMS signé de Mme Belaich de « Libération » et de M. Pérou du journal « Le Monde ») me proposant de répondre “à nouveau” à leurs questions dans la perspective de la publication de l’ouvrage La Meute 2.

Une invitation fondée sur un mensonge puisque je n’ai jamais été sollicité pour répondre à ces deux personnages au moment de la publication du pamphlet La Meute, somme complotiste anti-LFI dépourvue de tout contradictoire concernant notamment les allégations qu’il contient à mon propos et que je réfute. 

Puisque Mme Belaich et M. Pérou ont fait la démonstration de leur mépris pour les fondements déontologiques du métier de journaliste et pour leurs lecteurs qu’ils n’ont aucun scrupule à désinformer, pour prémunir ces derniers de leurs intentions manipulatoires, j’ai choisi de publier l’intégralité de mes réponses à leurs questions qui m’ont été adressées le 21 novembre.

Question : En février 2025, en réponse à un courrier de Cédric Brun concernant Soufiane Iquioussen, vous écrivez : “votre courrier fait état de vos échanges avec les services du renseignement territorial de votre département. Je reste pour ma part convaincu que les choix électoraux de LFI se discutent avec les insoumis plutôt qu’avec les représentants du ministère de l’intérieur”. Ses inquiétudes, comme celles exprimées par d’autres militants de la région, vous ont-elles alerté ?

Le courrier de M. Brun m’a en effet alerté. Il n’est pas fréquent qu’un individu se présentant comme militant insoumis face état de ses supposés échanges avec le renseignement territorial afin d’obtenir un arbitrage politique. Le ton outrancier, le caractère confus, contradictoire voir complotiste, des propos de M. Brun, m’a immédiatement paru s’inscrire dans une visée provocatrice.

Je constate que M. Brun a pleinement atteint ses objectifs puisqu’il a trouvé en Mme Belaich, qui semble partager avec lui des liens étroits avec la préfecture du Nord, et dans les organes “Libération”, “Cnews ”, “ Valeurs actuelles”, “Le Point” des relais exaltés et un débouché régulier pour ses élucubrations.

À n’en pas douter, l’ouvrage “La Meute 2” que vous préparez donnera une large place à l’imagination de cet individu dont la suite de la trajectoire politique permettra à chacun de caractériser les buts.  Par ailleurs, vous prétendez que “d’autres militants de la région” m’auraient alerté. De qui parlez-vous ?

Question : Soufiane Iquioussen, Youssouf Feddal et Camellia Messaoui ont-ils milité à la France insoumise?  Je constate que vous avez les mêmes obsessions que vos confrères d’extrême droite. Établissez vous des listes de militants insoumis ? À quelles fins ?

Il ne me revient pas d’en désigner à votre vindicte. Chaque membre de La France insoumise est libre de manifester publiquement ou non son appartenance à notre mouvement. Je peux cependant vous indiquer qu’aucune de ces personnes n’est candidat soutenu par La France insoumise aux élections municipales en dépit de l’impression que s’efforce laborieusement de donner Mme Belaich dans son papier fantaisiste à visée calomniatrice publié le 4 novembre 2025 dans le journal “Libération”.

Question : La France insoumise soutient-elle la candidature de Youssouf Feddal et Camellia Messaoui à Denain ?

Votre question est manifestement polémique. La liste des communes dans lesquelles La France insoumise a investi des candidats ou soutien des listes aux élections municipales est publique et accessible sur le site de La France insoumise. À Denain, comme il est aisé de le constater, nous n’avons investi aucun candidat et ne soutenons aucune liste. À défaut de parvenir à vous connecter sur notre site, je vous renvoie à mes déclarations sur le réseau social X du 5 novembre dernier où j’ai été contraint de démentir les fausses informations publiées par Mme Belaich dans le journal “Libération”. J’ai alors rappelé “Pas de chefs de file LFI à Denain. Pas de liste LFI à Denain. Pas de soutien de LFI à une liste à Denain.” Comment faut-il l’écrire pour que vous le compreniez ?

Question : Le comité électoral de la France insoumise a-t-il investi Aymeric Caron dans le 18e arrondissement ? Pourquoi ce dernier n’est-il pas le candidat in fine ?

Le Comité électoral de La France insoumise a proposé au parti REV un accord départemental à Paris en vue des élections municipales de mars 2026 dans le cadre duquel M. Caron était investi tête de liste dans le 18e arrondissement. Comme j’ai déjà pu l’indiquer publiquement, auprès notamment du journal Le Nouvel Obs le 18 novembre 2025, M. Caron a alors souhaité pouvoir exercer un droit de veto sur la composition de la liste, en particulier sur le choix de la 2e de liste revenant à La France insoumise.

Nous ne l’avons pas accepté. Il est en effet de principe dans le cadre de tout accord électoral qu’une force partenaire ne désigne pas les candidats de l’organisation avec laquelle elle a passé un accord. M. Caron a alors considéré que l’accord que nous avions passé avec lui était caduc. Nous en avons pris acte.

Sources:linsoumission.fr

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vendredi 28 novembre 2025

Victoire – LFI fait voter la nationalisation d’ArcelorMittal à l’Assemblée nationale, malgré les manœuvres d’obstruction du RN.

 ArcelorMittal. Nouvelle victoire pour les insoumis à l’Assemblée nationale ! Leur proposition de loi visant à nationaliser ArcelorMittal France a été votée par une majorité de députés ! Malgré l’obstruction parlementaire manifeste du Rassemblement national, entre amendements rédactionnels inutiles et provocations incessantes, les insoumis ont pu aller au bout de ce troisième texte de loi de leur niche parlementaire.

LFI a fait une nouvelle fois la démonstration de sa défense sans concession des travailleurs et de la souveraineté nationale. La nationalisation d’ArcelorMittal, correspondant à deux tiers de la production de métal en France, est devenue la seule solution face à la catastrophe imminente. En effet, les dirigeants du sidérurgiste menacent de quitter le territoire national. 15 000 emplois sont en jeu, 80 000 indirects. En 20 ans déjà, le sidérurgiste a supprimé la moitié de ses emplois en France. Sans parler de la perte des savoirs-faire, des conséquences sur l’économie et la souveraineté industrielle de la France.

« Un pied à l’Assemblée nationale, un pied dans la rue » : une ligne directrice, à laquelle les insoumis sont restés fidèles encore aujourd’hui. À 11 heures, des salariés d’ArcelorMittal se sont rassemblés à proximité de l’Assemblée nationale, afin de mettre la pression sur les députés discutant du texte de loi de LFI. Dans la soirée, peu après 19 heures, quelques-uns de ces salariés se sont installés dans les tribunes de l’hémicycle pour assister à la suite des débats. « Regardez les salariés d’ArcelorMittal dans les yeux ! Vous jouez avec leurs vies ! », avait tancé Mathilde Panot à l’adresse du Rassemblement national, coupable d’avoir fait traîner la discussion à l’Assemblée.

Le RN essaye de nous bloquer avec des amendements à la con sur des virgules qui ne servent à rien ! Il faut voter la proposition insoumise de nationalisation d’ArcelorMittal ! » – Gaëtan Lecoq, Secrétaire général CGT ArcelorMittal à Dunkerque, au sujet de l’obstruction de l’extrême droite

Pour aller plus loin : « Entre la famille Mittal et l’acier français, choisissez ! » – À l’Assemblée nationale, Aurélie Trouvé défend la proposition insoumise de nationaliser ArcelorMittal



L'intervention de Mathilde Panot:




Sources:linsoumission.fr



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mardi 25 novembre 2025

« Du métal sans Mittal ! » – Pourquoi la nationalisation du sidérurgiste ArcelorMittal est fondamentale, par Aurélie Trouvé

 « Force est de constater qu’en dehors de la nationalisation d’ArcelorMittal, il n’y a aucune autre voie légale ou politique qui ne permette de garantir le maintien de l’emploi, de la souveraineté industrielle et des actifs stratégiques, ou encore la transition écologique », résume l’insoumise Aurélie Trouvé, cheffe de file sur la proposition de loi de LFI pour nationaliser ArcelorMittal. La multinationale menace de délocaliser sa production, menaçant 15 000 emplois et jusqu’à 80 000 emplois indirects. Le sidérurgiste refuse également de mener les investissements nécessaires pour produire un acier vert. La semaine dernière, la nationalisation défendue par les insoumis a été approuvée en commission à l’Assemblée nationale.

Le vote décisif doit avoir lieu ce 27 novembre, jour de la niche parlementaire des insoumis. De son côté, l’extrême droite ne se cache même plus d’être un ennemi des travailleurs et des travailleuses. Le RN et ses alliés ont déposé plus de 300 amendements, le plus souvent copiés-collés, afin d’empêcher les débats d’arriver à leur terme. Dès lors, le vote passerait à la trappe. « L’extrême droite est du côté des grandes fortunes comme Mittal, pas des travailleurs ! », tance Aurélie Trouvé. L’insoumission relaie la tribune d’Aurélie Trouvé, initialement publiée dans La Tribune.

« ArcelorMittal produit les deux tiers de l’acier français : que se passerait-il si l’industrie française et européenne devait importer tout ce métal ? » – Aurélie Trouvé

Du métal sans Mittal ! C’est la devise des travailleurs d’ArcelorMittal en France, qui se battent depuis des années pour sauver leur outil de travail, leurs 15.000 emplois et plus encore, la souveraineté industrielle du pays. ArcelorMittal produit les deux tiers de l’acier français, dont dépendent l’industrie automobile, la construction navale, aérospatiale, ferroviaire et nucléaire, du bâtiment… Que se passerait-il si l’industrie française et européenne devait importer tout ce métal ? La dépendance serait complète à l’égard de l’acier des pays tiers, qui pourraient organiser le marché à leur avantage, faire monter les prix en cas de tension, orchestrer des ruptures d’approvisionnement…

Produire l’acier dans notre pays est stratégique. L’Europe s’est construite sur cette idée : l’acier comme base de la sécurité et de l’indépendance. Les années 80 ont été cruelles pour la sidérurgie française, et la France laisse son outil dépérir depuis 40 ans.

Pour aller plus loin : Aditya Mittal : l’héritier d’une multinationale climaticide gavée d’argent public 

Un acier vert plus compétitif

Mais depuis que le groupe Mittal a récupéré le groupe Arcelor en 2008, ArcelorMittal délocalise plus brutalement la production d’acier. La multinationale a délibérément laissé se dégrader les usines, pour investir massivement au Brésil, en Inde ou aux États-Unis. Un millier d’emplois ont encore été supprimés en France depuis un an. A Fos-sur-Mer, un seul des deux haut-fourneaux reste en marche. Les salariés sont exposés à la dangerosité d’installations vétustes et dangereuses : exposition à l’amiante, fuites de gaz, incendies récents sur des convoyeurs…

Les mois qui viennent sont absolument décisifs : soit la décarbonation des hauts fourneaux est enclenchée, soit la production d’acier est condamnée. Dans quatre ans, les nouvelles règles européennes sanctionneront lourdement l’acier produit à partir de charbon, responsable de 22 % des émissions industrielles de gaz à effet de serre en France. Dans quatre ans, sans décarbonation, ce ne sera plus rentable de produire de l’acier en France, selon les propos du PDG d’ArcelorMittal France lui-même. À l’inverse, l’acier vert, décarboné, sera bien plus compétitif que l’acier conçu avec du charbon, qui sera surtaxé.

ArcelorMitall balade tout le monde

Quatre ans : c’est justement le temps qu’il faut pour construire des fours électriques, produisant de l’acier vert. C’est donc maintenant qu’il faut investir ! Mais ArcelorMittal s’y refuse obstinément. L’Union européenne a pourtant annoncé le doublement de ses droits de douane, en réponse aux grands sidérurgistes. L’État a proposé une aide publique de 850 millions pour faciliter l’opération. Mais ArcelorMittal en demande toujours plus pour investir ne serait-ce que dans un seul four électrique, qui couvrira à peine 30 % de la production du seul site de Dunkerque !

La multinationale continue de balader tout le monde et se cherche des excuses : la concurrence chinoise, la chute des débouchés… Et tout le monde fait semblant d’oublier ses bénéfices mirifiques, qui ruissellent surtout vers les actionnaires et vers la famille Mittal (10 milliards en trois ans), de même que sa stratégie d’optimisation fiscale agressive qui lui permet d’éviter tout impôt sur les sociétés en France ces dernières années. Mystère également sur les aides publiques massives reçues (300 millions d’euros en 2023) dont on ne sait pas à quoi elles ont servi.

Nationaliser pour maintenir la souveraineté industrielle

Force est de constater qu’en dehors de la nationalisation d’ArcelorMittal, il n’y a aucune autre voie légale ou politique qui ne permette de garantir le maintien de l’emploi, de la souveraineté industrielle et des actifs stratégiques, ou encore la transition écologique. C’est d’ailleurs face à un tel constat que le Royaume-Uni ou l’Italie ont récemment procédé à des formes de nationalisations de leur sidérurgie. Sans compter les nombreux autres exemples en Allemagne ou dans les pays nordiques d’entreprises sidérurgiques qui associent puissance publique et salariés et qui investissent et maintiennent les emplois.

En 1982, la France elle-même avait nationalisé cette industrie : ce fut Usinor et Sacilor… privatisés en 1995 pour devenir ensuite ArcelorMittal ! Reste le coût de cette nationalisation. Mais la doxa de l’astreinte budgétaire ne tient pas dans ce cas : 3 milliards environ seraient nécessaires pour nationaliser l’ensemble des actifs français d’ArcelorMittal. Que sont ces 3 milliards à côté des coûts pour toute la société, de la perte de la production d’acier française et de 80.000 emplois perdus de façon directe ou indirecte ?

Et c’est sans comptabiliser les bénéfices qui grossissent aujourd’hui les comptes offshore des grands actionnaires et les recettes fiscales qu’ils généreraient. La reprise en main d’ArcelorMittal France fera de notre pays un leader mondial de l’acier vert. Bien plus que de grands-messes dédiées aux investisseurs, c’est de cette bifurcation écologique et sociale dont l’économie française a besoin.

Sources:linsoumission (Par Aurélie Trouvé)


















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lundi 24 novembre 2025

« Nous serons présents dans plus de 500 communes ! » – LFI réalise une démonstration de force lors de sa Convention pour les municipales 2026

  LFI. Ce dimanche 23 novembre 2025, à Aubervilliers, s’est tenue la Convention de la France insoumise pour les élections municipales du 15 et 22 mars 2026. Les militants de la France insoumise se sont retrouvés par milliers, venus des quatre coins du pays, pour donner le coup d’envoi de la campagne municipale. Un évènement d’ampleur qu’aucune autre organisation politique n’a réalisé pour cette échéance électorale.

Lors des élections municipales, les insoumis seront présents dans plus de 500 communes, dans la totalité des villes de plus de 100 000 habitants, dans plus de 80 % des communes de plus de 30 000 habitants, jusque dans les plus petits villages. Au cœur de leur stratégie : la préfiguration de la révolution citoyenne par le communalisme insoumis pour changer radicalement la vie des habitants avant la transformation radicale de la société que permettra un pouvoir insoumis après l’élection présidentielle de 2027.

Ateliers d’éducation populaire, rencontre des élu·es, des candidat·es, meeting de lancement de campagne, moments de sociabilité militante… L’Insoumission vous propose de revenir sur l’immense succès de la Convention pour les élections municipales de la France insoumise, une démonstration de force qui aura confirmé s’il le fallait encore la place du mouvement insoumis comme première force populaire du pays. Notre article. 

Les 15 et 22 mars prochain, un communalisme insoumis au service de la Nouvelle France et de ses besoins

Dans moins de quatre mois, le 15 mars prochain, se tiendra le premier tour des élections municipales. La promesse de la France insoumise est claire : dans plus de 500 communes, dans la totalité des villes de plus de 100 000 habitants, dans plus de 80 % des communes de plus de 30 000 habitants, jusque dans les plus petits villages, partout où cela est possible, les citoyennes et les citoyens auront à leur disposition un bulletin de vote pour une gauche de rupture avec le capitalisme urbain, la privatisation du quotidien et la dévastation de l’environnement.

En s’appuyant sur l’union populaire, le mouvement insoumis, convaincu de l’importance de l’échelon local pour amorcer la révolution citoyenne, a l’ambition de conquérir de nombreuses communes pour fortifier l’entraide, instaurer la planification écologique et construire la Nouvelle France à l’échelle municipale.

C’est en ce sens notamment que paraissait le 7 novembre dernier « Pour un nouveau communalisme. Les communes au cœur de la révolution citoyenne », le quatrième ouvrage de l’Institut La Boétie destiné à celles et ceux déterminé·es à s’engager aux côtés des candidat·es insoumis·es dans la bataille des municipales à venir.

Pour aller plus loin : « Pour un nouveau communalisme » : le nouveau livre de l’Institut La Boétie est maintenant disponible !

Ce dimanche, la Convention de la France insoumise pour les élections municipales a constitué une nouvelle étape de l’avancée inexorable du mouvement insoumis vers des élections où il est le seul à porter aussi haut la rupture avec la misère et le capitalisme urbain, et où son implantation locale croissante et son militantisme infatigable pourrait bien déboucher sur de nombreux succès d’ampleur.

 

Convention de la France insoumise pour les élections municipales : un succès sans pareil dans le paysage politique français




Ce dimanche, la Convention de la France insoumise pour les élections municipales s’est imposée comme une démonstration de force sans égal à travers le pays. D’abord, par l’ampleur de l’évènement et de ses plusieurs milliers de participants mêlant élu·es, représentant·es du mouvement, militantes et militantes venus de la France entière, nouveaux, anciens, jeunes et plus âgés aux horizons et parcours de vie aussi nombreux que variés.

Ensuite, par le sérieux et la force de travail démontrés. Au programme de l’évènement, des ateliers ouverts sur les finances locales, les radicalités concrètes à mettre en œuvre au lendemain de l’élection, sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles ou sur la communication politique, mais aussi des ateliers de formation approfondis pour les têtes de liste, directeur·rices de campagne, mandataires financiers, ainsi que plusieurs heures de discussion sur les arguments à porter par les militantes et militants sur le terrain.

Partout, des salles combles de dizaines et de centaines de militant·es déterminé·es à renverser des décennies de domination de la droite et de socialisme à l’eau glacée dans l’ensemble du pays.

Placée sous l’hommage à la mémoire et à la lutte de Philipe Juraver, conseiller régional d’Île-de-France et pilier du mouvement insoumis disparu brutalement le 12 novembre dernier, la Convention a vu se tenir un immense meeting de campagne où se sont succédé de nombreuses prises de paroles de représentant·es nationaux et locaux de la France insoumise (vous pouvez accéder à l’ensemble des plus de deux heures de meeting en cliquant ici).

Concluant le meeting, Jean-Luc Mélenchon y a également tenu un discours revenant sur l’état de misère dans lequel bientôt dix années de macronisme auront laissé le pays, réaffirmant le rôle décisif que pourra jouer l’échelle locale dans la préparation de l’arrivée au pouvoir de la France insoumise en 2027 (vous pouvez retrouver le discours de Jean-Luc Mélenchon en cliquant ici).

« Chacun à son poste de combat ! Vive la Nouvelle France ! Vive la République ! Vive la Commune ! » – Jean-Luc Mélenchon devant la Convention de la France insoumise pour les municipales

Rien que ce mois-ci, à New-York et à Copenhague, les alliés de la France insoumise à l’international ont montré que lorsqu’elle reste fidèle à ses valeurs, la gauche de rupture peut gagner et redonner le pouvoir aux citoyens sur leur ville et sur leur vie même en dépit d’immenses conditions d’adversité.

Par la lutte pour le droit au logement et contre la spéculation immobilière, contre la privatisation du quotidien, pour la gratuité totale de l’école, pour la bifurcation écologique et pour l’inclusion de toutes et tous aux prises de décision, la France insoumise aspire à améliorer la vie des gens et à garantir la soutenabilité de celle des générations futures depuis l’échelle locale. Autant de propositions urgentes face aux problématiques similaires que rencontrent les habitants de la « civilisation urbaine » a souligné Jean-Luc Mélenchon, un terme qui « désigne à la fois ceux qui vivent en ville et dans les zones rurales ».

Jean-Luc Mélenchon a détaillé plusieurs de ces propositions majeures qui seront à même de changer radicalement la vie quotidienne de millions d’habitants : « Nous voulons créer partout des zones zéro chômeur. Nous engagerons partout une planification des investissements municipaux en privilégiant les entreprises locales. Nous ouvrirons partout des bureaux de développement de l’emploi local et de contact avec les entreprises de proximité.

Nous nous doterons partout des moyens communaux pour que plus aucune personne ne soit enfermée dans la pauvreté, la faim et le froid ! Nous ferons la gratuité de la cantine et des premiers mètres cubes d’eau. Nous rétablirons des points de contact, de plannings familiaux et des points d’écoute psychologique en direction des jeunes ». Une feuille de route que les candidats de la France insoumise préparent dans leurs campagnes respectives.

L’immense succès de la Convention municipale de la France insoumise servira sans aucun doute la mobilisation des mois à venir pour un communalisme insoumis au service de la Nouvelle France et de ses besoins. Par l’ampleur de l’évènement, la réflexion théorique fondant la campagne municipale, et le niveau d’engagement et d’implantation partout en France, La France insoumise réalise une nouvelle démonstration de force. 

Sources:linsoumission.fr

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vendredi 21 novembre 2025

« Commission d’enquête » contre LFI – La Préfecture de Police donne tort à Laurent Wauquiez, Nora Bussigny et à tous les auteurs anti-LFI.

 LFI. Rien ne se passe comme prévu pour Laurent Wauquiez et ses amis de droite et d’extrême droite. Leur « commission d’enquête » destinée à faire croire à l’existence de liens entre la France insoumise et des groupes terroristes ou fanatiques vire au fiasco. Hier, sur Twitter, Manuel Bompard a révélé des échanges d’auditions qui démontent l’arnaque et les accusations politiciennes visant la France insoumise. Auditionné, le directeur du renseignement de la Préfecture de police de Paris, M. Hugues Bricq, a rappelé les faits. « L’ultragauche était totalement absente lors des émeutes et des violences urbaines, et on ne la voit pas non plus quand il est question d’islamisme radical », a-t-il déclaré.

En revanche, il a souligné que les coupables se plaçaient… à l’extrême droite. « En revanche, une certaine frange de l’ultradroite négationniste se rapproche, par antisémitisme pur, de certains islamistes ou référents religieux islamistes qui tiennent des propos antisémites, souvent hors nos frontières », a-t-il affirmé. Interrogé sur les déclarations de Nora Bussigny, Youssef Souleimane et Emmanuel Razavi, professionnels de la rubrique anti-LFI, le directeur déclare sans détours que ces derniers « se placent eux-mêmes dans une sphère politique en écrivant ce qu’ils écrivent » et qu’« il n’existe pas de liens documentés entre les objectifs que nous suivons et des élus ou des partis ».

En quelques minutes, ce haut fonctionnaire, que personne ne pourra accuser d’être un agent bolchevique, a dissout l’intégralité des attaques mensongères portées à l’encontre de LFI. Ces déclarations sont, sans étonnement, passées sous silence par l’officialité médiatique. Rien d’étonnant pour des médias comme Libération et Le Point en intense campagne contre la France insoumise. L’Insoumission publie dans ses colonnes l’extrait de l’audition de M. Hugues Bricq.

Pour aller plus loin : Les 7 plus gros mensonges de Laurent Wauquiez face à Manuel Bompard sur BFM TV

« Commission d’enquête » contre LFI – Les extraits de l’audition de M. Hugues Bricq du 10 novembre 2025

M. Jérôme Buisson (RN) – « Des groupuscules d’extrême gauche ou d’autres, que vous surveillez, ont-ils des liens avec les islamistes ? »

M. Hugues Bricq – « Non, très peu, même si cela doit parfois leur traverser l’esprit. L’ultragauche essaye de manière récurrente d’embarquer les jeunes des quartiers, mais cela n’a jamais vraiment fonctionné.

L’ultragauche était totalement absente lors des émeutes et des violences urbaines, et on ne la voit pas non plus quand il est question d’islamisme radical.

En revanche, une certaine frange de l’ultradroite négationniste se rapproche, par antisémitisme pur, de certains islamistes ou référents religieux islamistes qui tiennent des propos antisémites, souvent hors nos frontières. »

M. Matthieu Bloch (DR), rapporteur – « Contrairement aux constats que vous venez de faire, Mme Nora Bussigny et MM. Youssef Souleimane et Emmanuel Razavi nous ont dit, lors de leur audition, qu’il existait des liens étroits, extrêmement dangereux, entre des organisations islamistes et certains partis politiques en France. Souvent, la révélation de ces liens a lieu lors des grandes manifestations parisiennes organisées en soutien à la Palestine. Lors de ces manifestations, des élus apparaissent auprès de ces associations, quelquefois même des parlementaires prennent la parole, soutenant plus ou moins les propos tenus. Nous sommes donc quelque peu surpris de vous entendre dire qu’il n’y a aucun lien entre cette mouvance et des élus. »

M. Hugues Bricq – « Lorsque nous surveillons nos objectifs, qui sont des individus ou des groupes terroristes ou islamistes, nous ne faisons pas de lien avec des partis politiques ou des élus nationaux ou locaux dans ce que l’on pourrait identifier comme une collusion sur des projets terroristes ou islamistes. Mais j’ai connaissance des recherches, ouvrages et articles de certains auteurs… qui se placent eux-mêmes dans une sphère politique en écrivant ce qu’ils écrivent.

Nos missions sont définies et circonscrites et c’est grâce à la surveillance que nous exerçons, notamment avec des techniques intrusives, sur nos propres objectifs que je peux vous le dire : il n’existe pas de liens documentés entre les objectifs que nous suivons et des élus ou des partis. »

Sources:linsoumission.fr

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mercredi 19 novembre 2025

Le sondage qui met la pression sur l’Assemblée nationale avant la niche de La France insoumise.

 Cet après-midi(mardi 18 Novembre) et durant la journée de demain, en commission, l’Assemblée nationale va examiner les propositions de loi de LFI en vue de sa niche parlementaire du 27 novembre. C’est la seule journée où le mouvement de Jean-Luc Mélenchon décide de l’ordre du jour et des textes votés à l’Assemblée. L’objectif est clair : traduire le désir de changement du peuple en actes législatifs.

À cette occasion, le groupe LFI a dévoilé les résultats d’un sondage Harris Interactive qui démontre que l’ensemble de ses propositions législatives bénéficie d’une large majorité de soutien dans le pays. Ces chiffres prouvent que le programme social, environnemental et démocratique porté par les insoumis est en phase avec les préoccupations nationales.

Sondage exclusif : le soutien massif des Français aux propositions de La France insoumise

Les députés insoumis se mobilisent pour faire « rentrer les mobilisations et les revendications populaires dans l’Hémicycle, » comme l’a précisé Mathilde Panot en conférence de presse. Comme chaque année, le mouvement insoumis en profite pour démontrer que son programme l’Avenir en Commun est largement plébiscité par le peuple Français.

Sur le plan international, deux résolutions importantes seront examinées. La première concerne la situation à Gaza. LFI demande par la voix de sa Présidente de groupe à ce que la France « respecte le Droit international et fasse respecter le Droit international ». 73 % des personnes interrogées soutient par exemple un embargo sur les armes.

Cette résolution est jugée d’autant plus essentielle que la trêve est continuellement violée par Israël. Elle a dénoncé le non-respect du cessez-le-feu, citant les au moins 266 Palestiniens tués depuis le cessez-le-feu, la persistance de la famine et la non-entrée en quantité suffisante de l’aide humanitaire. Elle a également évoqué les bombardements au Liban, notamment sur la FINUL, rappelant l’engagement de 700 Français sous casque bleu dans le cadre de cette mission de maintien de la paix. L’objectif est clair : faire entendre les voix du peuple français et du monde entier contre le génocide.

La seconde résolution internationale vise à dénoncer l’accord avec le Mercosur, qui étranglerait encore un peu plus les paysans de ce pays. Encore une fois, ce refus de vendre la souveraineté française est largement majoritaire puisque soutenue par six Français sur dix qui ont été interrogés.

Au plan national, l’abrogation de la loi Duplomb (proposition qui rassemble le plus grande nombre de signature sur une pétition de l’Assemblée nationale) couplée à l’interdiction des produits contenant de l’acétamipride, présentée par le groupe insoumis est soutenue par six Français sur dix. Le peuple s’opposent clairement au développement de l’usage des pesticides. La proposition sur l’égalité de l’accès aux services postaux bénéficie d’un soutien écrasant de huit Français sur dix. En outre, la France insoumise portera un texte pour protéger les apprentis de l’assujettissement à la CSG, une mesure largement partagée par sept Français sur dix.

La nationalisation d’ArcelorMittal recueille le soutien de sept Français sur dix. Le texte de défiscalisation des pensions alimentaires est soutenu par huit Français sur dix. Record battu pour la proposition de rendre immédiatement gratuit les parkings des hôpitaux : 94 % des Français soutiennent cette mesure de bon sens. 

Pour finir, la question des retraites sera abordée : l’enjeu est de taille face à une minorité macroniste qui ignore royalement les aspirations populaires, et LFI agit donc comme le porte-voix des mobilisations citoyennes en portant ces initiatives.

L’abrogation de la retraite à 64 ans, qui ne passera pas en commission car elle y a déjà été examinée l’année dernière, sera débattue en séance le 27 novembre si les autres députés ne pratiquent pas l’obstruction parlementaire. Mathilde Panot a rappelé l’engagement du groupe à faire voter ce texte, soutenu par sept Français sur dix, et a demandé aux macronistes et à la droite de retirer leurs amendements pour permettre un vote. Elle a souligné que l’année dernière, le texte n’avait pu être voté malgré une journée dédiée, insistant sur la nécessité de pouvoir enfin s’exprimer démocratiquement sur cette question.

Toutes ces propositions et résolutions illustrent la volonté de La France Insoumise de traduire la volonté populaire en actes législatifs et de placer la France en accord avec les principes de justice sociale et de droit international.

Sources:linsoumission.fr (Par Ulysse)














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vendredi 14 novembre 2025

« A chaque fois qu’un drame éclate, c’est à nous qu’on s’en prend » – Le témoignage poignant sur l’islamophobie vécue par les femmes musulmanes voilées en France.

 Voile. Chaque jour en France, les témoignages d’actes et agressions islamophobes se multiplient. Regards pesants, insultes, discriminations, agressions physiques, meurtres, assassinats. Parmi les victimes, les femmes musulmanes, et particulièrement les femmes voilées, victimes en même temps du sexisme, du racisme et de l’islamophobie sont une des cibles privilégiées de l’extrême droite et de sa haine infusée par tous les pores de la société avec l’officialité médiatique comme accélérateur. Dans la rue, dans les commissariats, sur les plateaux de télévision, à l’Assemblée et au gouvernement, on crie « À bas le voile ! », on insulte jusqu’à des fillettes, on agresse et on bat en toute impunité.

Dans le cadre de la grande campagne nationale contre toutes les formes de racisme lancée par la France insoumise le 16 octobre dernier, L’Insoumission relaie le témoignage de Bouchra, femme musulmane portant un voile et pour qui l’islamophobie fait partie du quotidien. Un témoignage poignant qui fait résonner ceux de milliers de femmes à travers le pays. Retrouvez le témoignage de Bouchra.

Pour aller plus loin : Racisme et violences policières : les propositions de LFI pour une société de l’harmonie des êtres humains

Le voile, l’islam et la République : jusqu’où ira la haine ?

Je suis une femme maghrébine, musulmane et voilée.

Et chaque jour, je ressens sur moi des regards qui en disent long. Des regards qui me jugent, qui me questionnent, qui me pèsent.

Je marche dans la rue comme tout le monde, mais on me regarde comme si j’étais une étrangère dans mon propre pays.

Je me souviens de cette femme, un jour, à un passage piéton. Elle refusait de me laisser traverser. Elle criait qu’elle avait tous les droits, « parce qu’elle était encore chez elle, en France ».

Je suis restée figée quelques secondes. J’ai senti la colère monter, puis la tristesse. Parce que dans ses mots, il y avait toute la violence d’un pays qui, peu à peu, me renvoie l’image d’une intruse.

Et puis il y a les insultes, les remarques, les humiliations. À chaque fois qu’un drame éclate, à chaque fois que les médias s’emballent, c’est à nous qu’on s’en prend. Comme si le simple fait de porter un voile faisait de moi la porte-parole de tout ce que la société veut rejeter.

On dit que la France est le pays de la liberté, mais la mienne semble s’arrêter à la longueur de mon foulard.

On parle d’égalité, mais dans les faits, certaines ont moins le droit d’exister que d’autres.

Des femmes sont écartées de postes, rejetées de stages, humiliées dans des entretiens simplement parce qu’elles portent un voile. Leur parcours, leur compétence, leurs efforts, tout cela s’efface derrière un préjugé.

Et pendant ce temps, certains responsables politiques n’hésitent pas à souffler sur les braises. 

Quand Bruno Retailleau crie « À bas le voile ! », il ne s’en prend pas à une idée, mais à des femmes.

Ses mots, ce sont des pierres lancées dans nos visages.

Ce genre de discours légitime la haine, il la banalise. Il donne du courage à ceux qui, dans la rue, se sentent autorisés à nous insulter, à nous agresser, à nous faire peur.

Et que dire du Rassemblement national, qui prétend défendre la République tout en rêvant d’une France où les femmes comme moi devraient disparaître de l’espace public ?

Leur haine, ils la maquillent derrière de beaux discours sur la laïcité. Mais quand ils disent « liberté », ils pensent « soumission ». Quand ils disent « égalité », ils veulent surtout dire « silence ».

Moi, je ne me tairai pas.

Je ne baisserai pas les yeux, même quand les regards sont durs.

Je continuerai à marcher, la tête haute, parce que ma dignité n’est pas à débattre.

Je crois encore en la France. Celle qui m’a appris la justice, la liberté, l’égalité. Celle qui ne se résume pas aux discours de haine. Celle qui existe encore dans les sourires bienveillants, dans les gestes solidaires, dans les gens qui refusent de juger.

Malgré tout, je garde foi en l’humanité.

Parce que je sais qu’il y a plus de lumière que d’ombre, plus d’amour que de haine.

Et parce que, malgré ce qu’on veut nous faire croire, le voile ne cache pas nos visages, il révèle la force, la dignité et la liberté des femmes qui refusent de plier.

Sources:linsoumission.fr (Par Bouchra E,militante engagée pour la dignité et l'Humanité.)










 
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jeudi 13 novembre 2025

Violences policières à Sainte-Soline : une commission d’enquête plus que nécessaire.

 

 Sainte-Soline. « Faut qu’on les tue », « Je compte plus les mecs qu’on a éborgné », « Dans le cortège, y’avait des gamins – Ah ouais, bah c’est le jeu, fallait pas les emmener ». Les propos des officiers de gendarmerie, divulgués ces derniers jours font froid dans le dos. Le 5 novembre dernier, deux médias ont publié une enquête des vidéos enregistrées par les caméras-piétons des gendarmes lors de la manifestation du 25 mars 2023 contre les mégabassine, et en particulier celle, symbolique, de Sainte-Soline. 200 blessés dont 40 graves parmi les manifestants.

Face à eux, 15 escadrons de gendarmes mobiles venus de toute la France, deux canons à eau, deux véhicules blindés, des brigades en quads. Ce jour-là, les gendarmes mobiles ont tiré 5 000 grenades en seulement quelques heures. Plusieurs rapports de la Ligue des droits de l’Homme avaient alors fait état d’un « usage immodéré et indiscriminé de la force ».

En avril 2023, la France insoumise avait déposée une demande de commission d’enquête suite au déchainement de violences de la gendarmerie. A la suite de la diffusion des images révélées le 5 novembre, les insoumis ont redéposé une nouvelle demande. La députée insoumise Anne Stambach Terrenoir a exigé des comptes du gouvernement ce mercredi 12 novembre à l’Assemblée nationale. 

La responsabilité de l’institution en cause

Toute la question est de savoir qui est responsable. Bien sûr, les gendarmes, individuellement, le sont et des enquêtes doivent être menées. Bien plus grave encore, il s’agit c’est ici l’institution qui se tient dans l’illégalité. Alors que les gendarmes se vantaient d’éborgner des manifestants, leur hiérarchie leur demandait d’effectuer des tirs « tendus », non réglementaires. Un tir avec une grenade de désencerclement doit en effet s’effectuer à 45 degrés, en cloche, afin que l’impact ne soit pas direct, mais que ce soit la grenade de désencerclement qui atterrisse sur le sol, et explose. Mais les agents chargés du commandement ce jour-là imposent, de manière répétée et systématique, à leurs officiers d’effectuer ces tirs « tendus ».

Pire encore, alors que les images des caméras-piétons ont été transmises à l’inspection générale de la gendarmerie nationale, l’IGGN, celle-ci n’a rien fait, et aucune enquête ne semble en cours selon Mediapart et Libération. Preuve que l’institution est viciée de bout en bout : les officiers, encouragés par leur hiérarchie, pratiquent systématiquement des actes illégaux, qui s’accompagnent de propos condamnables pour un agent de la fonction publique. Le commandement de la gendarmerie sur place favorise et promeut ces comportements, en les organisant.

Une fois la journée terminée, les agents, encouragés par leur hiérarchie, remplissent leurs procès-verbaux afin de rendre compte des événements qui ont eu lieu, et afin surtout de justifier les tirs de grenade qu’ils ont effectué. Les procès-verbaux n’ont évidemment pas fait état des comportements réels, et ont privilégié l’argument de la « légitime-défense » pour justifier de tels actes, ce qu’a également retenu l’IGGN. Enfin, l’Inspection générale de la gendarmerie nationale légitimise ces comportements en ne menant aucune enquête interne, et ne soulève aucun problème, alors même qu’elle est détentrice des vidéos et qu’elle est l’autorité en charge de punir les comportements irréguliers.

Sainte-Soline, nouveau cas documenté de violences policières

C’est tout le problème des violences policières : elles sont systémiques. Ce jour-là à Sainte-Soline, parmi les 200 blessés dont 4 gravissimes – 2 avaient leur pronostic vital engagé –, aucun mort n’est à déplorer. Mais par chance seulement, au vu de la violence des tirs et de la volonté manifeste de l’institution policière de neutraliser voire de tuer – selon les propos même des gendarmes – des manifestants.

Anne Stembach-Terrenoir, députée La France Insoumise de Haute-Garonne racontait ce mercredi les événements qu’elle a vécus de près. Pas de mort à déplorer, certes, mais un traumatisme durable pour les manifestants (LCP, 12/11/2025, à 34 :15 sur la vidéo1) : « j’entends encore cette soignante paniquée : ‘mais il faut leur dire : c’est n’importe quoi, je m’en suis pris plein la gueule en allant récupérer les blessés !’ » ; « je revois cette jeune fille portée par plusieurs personnes, et ces morts : ‘elle a plus de mâchoire !’ ».

Voilà ce que crée la violence systémique de nos « forces de l’ordre » : des traumatismes et des séquelles à vie. Les manifestants venus pour la très grande majorité d’entre eux protester pacifiquement contre la privatisation cynique de la ressource en eau au profit d’une infime minorité d’agriculteurs ont vécu l’horreur dans cette nasse organisée à l’époque par Gérald Darmanin.

Députée LFI de terrain, engagée pour la cause environnementale, Anne-Stembach Terrenoir était ce jour-là avec les manifestants. À sa question au Gouvernement ce mercredi, Laurent Nuñez, désormais ministre de l’Intérieur lui a justifié, une fois de plus, les violences policières. Si le ministre de l’Intérieur a bien ouvert une enquête administrative, des questions demeurent : pourquoi avoir attendu deux ans ? Pourquoi ces images n’ont-elles jamais été divulguées, et si un travail journalistique indépendant ne l’avait pas fait, y aurait-il eu une enquête administrative ? Alors que l’IGGN détenait ces vidéos depuis désormais deux ans, considérer que celles-ci étaient inaccessibles dans le cadre de l’enquête judiciaire en cours est faux.

Par ailleurs, 15 escadrons de gendarmes mobiles venant de toute la France étaient mobilisés ce jour. Si aucune enquête administrative n’avait été ouverte jusqu’à la divulgation de ces vidéos, c’est bien que c’est tout le commandement de la gendarmerie qui est à restructurer, tant la gravité des faits aurait dû être a minima dénoncée par la hiérarchie !

Plus que jamais, refonder le service public de la police

Les violences policières sont devenues systémiques dans les techniques de maintien de l’ordre de la police et de la gendarmerie nationales. Plus que jamais, il s’agit désormais de refonder notre service public de la police, pour que l’encadrement de manifestations vise à protéger le droit de manifester, et non à créer le chaos visant à intimider et à dissuader celles et ceux qui se battent pour des causes justes.

La France insoumise, via son programme, l’Avenir en commun souhaite ainsi réorganiser le recrutement, la formation et la gestion des effectifs de police et de gendarmerie. Concernant précisément le droit de manifester, changer la doctrine pour celle de la désescalade est la meilleure solution d’éviter toute violence. Plus encore, avocats, journalistes, procureurs, observateurs auront leur place en manifestation pour s’assurer du respect des libertés fondamentales.

Dans le contexte présent, la France insoumise a demandé l’instauration d’une commission d’enquête, soutenue par le groupe des écologistes à l’Assemblée nationale, afin de rendre compte du mieux que possible de la responsabilité des violences lors de la manifestation de Sainte Soline, l’une des plus répressives en Europe contre les mouvements écologistes. Se battre pour le droit à l’eau est fondamental. Exercer son droit de manifester l’est tout autant. Cette manifestation à Sainte-Soline n’aurait jamais dû avoir lieu. Encore et toujours, les intérêts privés d’une petite minorité ont primé sur l’intérêt général, et au détriment de certains manifestants qui en gardent des séquelles à vie.

https://lcp.fr/programmes/questions-au-gouvernement/questions-au-gouvernement-du-mercredi-12-novembre-2025-409892

Sources:linsoumission.fr



















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mercredi 12 novembre 2025

En Corse, le RN s’allie avec un terroriste pour les municipales.

 Pour les élections municipales, le Rassemblement National (RN) est habitué aux alliances pittoresques avec des groupuscules d’extrême droite locaux, souvent ouvertement racistes et violents. Dernier exemple en date, l’alliance en Corse du parti lepéniste avec le parti local Mossa Palatina. Si ce dernier se revendique « modéré et autonomiste », il s’agit en réalité de la branche électorale du mouvement identitaire Palatinu.

Le chef du mouvement nationaliste, Nicolas Battini, qui a en personne topé un accord électoral avec Jordan Bardella, a un parcours politique et judiciaire chargé. En 2016, Battini a été condamné à 8 ans de prison pour terrorisme, après un attentat à la voiture bélier en 2012 (il sera finalement libéré en 2019). Du côté du RN, un tel passif ne dérange pas, pas plus que l’alliance avec un parti qui prône l’indépendance de la Corse, au détriment du nationalisme français que prône la maison Le Pen. Notre article.

D’un attentat à la voiture bélier à un soutien du RN

er avril 2012. Ce jour-là, une voiture-bélier fonce sur la sous-préfecture de Corte (Corse), puis est incendiée avec, à son bord, un engin explosif (qui n’avait pas fonctionné). Les trois auteurs de l’attentat sont retrouvés et jugés, dont Nicolas Battini, condamné à 8 ans de prison en 2016 pour cet attentat et un autre, contre l’office de l’environnement de Corte le 8 février 2012.

Au micro des médias locaux, encore en 2025, Nicolas Battini « assume tout » son passé, y compris terroriste. Pourtant, ce n’est pas le son de cloche au RN. L’eurodéputé Philippe Olivier assure que Battini « a renoncé sans ambiguïté à la violence politique », une manière de balayer le passé terroriste de son nouvel allié.

La tactique est connue au RN : un allié ou militant a été membre d’un groupuscule identitaire violent ? Assurez que cette période est derrière lui (même s’il « assume tout ») et que ses idées ou méthodes ont changé (même si les faits disent le contraire). Quand bien même cet allié ait été condamné pour terrorisme.

Pour aller plus loin : Racisme décomplexé, antisémitisme, suprémacisme blanc… Bienvenue au RN de Haute-Saône

Cette excuse du RN s’explique aussi par les retournements de veste de Battini. Si, avant son passage en prison, Battini était un indépendantiste relativement flou et confus sur les principales questions politiques, son incarcération en a fait un vrai militant d’extrême droite, surtout après les attentats de 2015. Il reprend tout le lexique identitaire et suprémaciste, qui se dit « menacé en tant qu’Européen », menacé par l’immigration « arabo-musulmane » et théorise une « appartenance occidentale ».

C’est tout ce discours qu’il tient encore aujourd’hui, celui de feu Génération Identitaire et de la Nouvelle Droite. Cette extrême droite qui parle d’une « civilisation européenne » (pour ne pas dire les blancs) qui serait menacée par la « submersion migratoire arabo-musulmane », avec qui elle serait fondamentalement incompatible sur les plans culturel et racial. L’échelon « national » est moins au coeur de cette idéologie que la « civilisation » à l’échelle d’un continent. D’où la facilité pour le RN et Battini de faire coïncider nationalismes français et corse, puisque ceux-ci font partie de la « civilisation européenne ».

Après sa libération en 2019, Battini se lance en politique. Il se ramollit en passant de l’indépendantisme à l’autonomisme corse : l’île ne serait pas indépendante de la France. Mais dans les autres domaines, Battini droitise à fond sa ligne. Il rejoint en 2021 le parti autonomiste Femu a Corsica au pouvoir et devient assistant parlementaire : il se normalise et fait oublier son passé terroriste. Il en profite pourtant pour droitiser la ligne du parti. « On s’est aperçu plus tard qu’il avait essayé de tirer profit de sa mission pour imposer ses idées et sa ligne proche d’Éric Zemmour » raconte un membre de Femu a Corsica à Streetpress.

Il partage les obsessions racistes de Zemmour en tentant d’imposer les « questions démographiques » (comprendre : les lubies sur le « Grand remplacement ») en interne à Femu a Corsa. Si bien que fin 2021, Battini crée « l’association » Palatinu, dont est issu le parti Mossa Palatina. Fini l’esthétique « classique » des indépendantiste corses, bazardés les treillis et cagoules.

Battini et ses comparses, comme tous les droitards d’internet, sans imagination reprennent le style de la série britannique Peaky Blinders en croyant y voir une glorification de leur virilité et leur idéologie… Sans voir les nombreux messages antifascistes de la série, notamment à travers ses antagonistes, comme le fasciste anglais Mosley. Rien qui rappelle beaucoup « l’identité » corse ou française.

Un fond politique commun : le racisme et la xénophobie

Ce qui n’empêche pas Battini d’être un opportuniste patenté : « Demain, tu verras que si Édouard Philippe lui propose un poste, il te soutiendra qu’il est convaincu par Édouard Philippe », raille un de ses opposants. En 2024, les candidatures de Mossa Palatina aux législatives recueillent… entre 2 et 4 % des voix. De quoi expliquer son ralliement au RN, en plein dynamique sur l’île aux mêmes élections, les places y sont faciles à prendre.

Pour un petit parti local et ses scores à un chiffre, le RN opère donc une inflexion de sa ligne sur la question corse. Les lepénistes étaient jusque-là sur une ligne centraliste : ni indépendance, ni autonomie corse. Or cette alliance scellé entre Battini et Bardella en personne, cette « convergence nationaliste » est un nouveau retournement de veste pour le RN.

On comprend vite les affinités politiques entre racistes insulaires et continentaux. Battini parle de « convergence nationaliste, que nous [Mossa Palatina et RN, ndlr.] sommes en train d’établir d’un point de vue doctrinal et de façon ouverte et publique. ». A longueur de temps, Battini pourfend ses deux ennemis, qui n’est pas l’État français (au contraire des autres nationalistes corses), mais bien « l’immigration massive et le wokisme », ou encore « l’idéologie LGBT+ ».

Voilà les priorités de l’extrême droite : persécuter les personnes pas assez françaises, pas assez blanches, pas assez hétérosexuelles, les personnes transgenres, ou juste « wokistes » (sic.)… Les sujets sociaux ? Ils s’en moquent. Battini aurait pu parler du chômage ou de la pauvreté à Bastia, « sa » ville, plus élevés qu’au niveau national, camoufler, comme certains au RN, son racisme et son homophobie derrière un vernis pseudo-social. Mais il ne s’encombre même pas des apparences.

L’alliance avec Mossa Palatina illustre parfaitement le revirement rhétorique et stratégique du RN : assumer vouloir devenir la droite « respectable », quitte à jeter à la poubelle les discours pseudo-sociaux, et quitte à s’allier avec un homme condamné pour terrorisme. Nicolas Battini l’assume, en reconnaissant que la « convergence nationaliste » est surtout une convergence raciste et xénophobe, comme quand il stigmatise des « enclaves communautarisées » dans les quartiers populaires. Pour lui, le problème de ces quartiers n’est pas le mal-logement, le chômage, la précarité alimentaire…c’est l’origine et la couleur de peau de ses habitants.

Pour aller plus loin : « Marche des Normands » à Rouen : face à l’extrême droite, la riposte antifasciste s’organise

Sources:linsoumission.fr (Par Alexis Poyard) 

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lundi 10 novembre 2025

Magouilles – Le Parti socialiste avalise 12 milliards de coupes à la tronçonneuse dans le budget de la Sécurité sociale.

 Députés socialistes, communistes et écologistes ont donné leur feu vert pour le pillage de 5 milliards d’euros à l’hôpital public. Ce samedi 8 novembre en fin de journée, l’Assemblée nationale adoptait l’infâme partie recettes du budget de la Sécurité sociale porté par Sébastien Lecornu. Au programme de cette boucherie budgétaire, près de 12 milliards d’euros de recettes en moins sur le budget de la Sécurité sociale dont 5 milliards sur l’hôpital public. Des dépenses en moins que le gouvernement compensera par une baisse drastique des dépenses sociales alors que l’hôpital public et que la santé sont déjà à l’agonie.

Des coupes sauvages signées Emmanuel Macron, bien-sûr, mais aussi des votes du Parti socialiste et de l’abstention massive des groupes écologiste et communiste qui ont permis l’adoption à 15 voix près d’un massacre social et sanitaire annoncé. Un vote d’autant plus scandaleux qu’il avalise un ensemble de mesures aux antipodes du programme de rupture sur lequel ont été élus les députés du Parti socialiste, d’EELV et du PCF. Un pas de plus du parti à la rose pour fortifier son alliance avec l’oligarchie financière. Seuls ont été les insoumis à s’opposer à la saignée. Notre article.

12 milliards de coupes sauvages sur le budget de la Sécu dont 5 milliards sur l’hôpital public : Les socialistes votent, communistes et écologistes s’abstiennent.

« Être une gauche utile aux Françaises et aux Français », une gauche de « devoir ». Voilà comment Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, appelle la suppression d’au moins 80 postes dans chaque CHU de France, la mort de plusieurs milliers de personnes dans les couloirs des hôpitaux, la vacance de plus de 15 000 postes d’infirmiers et d’infirmières dans le pays, les heures supplémentaires non-payées de plusieurs milliers de soignants, la hausse du reste à charge des traitements et médicaments pour les malades.

Car voilà bel et bien ce que signifieront les 12 milliards d’euros de coupes des recettes du budget de la sécurité sociale votées par les députés PS ce samedi 8 novembre, suppôts de la Macronie aidés dans leur besogne du jour par les abstentions massive des groupes communistes et écologistes. 

Il est en effet certain, compte tenu de l’obsession idéologique maladive des Macronistes à la baisse des dépenses de protection sociale, que cette saignée dans les recettes se traduira par des coups de tronçonneuse au moins aussi importants dans les dépenses. Et ce sont bien-sûr les assurés et les soignants, déjà à l’os, qui subiront des coupes violentes que la Macronie justifiera par la baisse préalable des recettes.

Ces 12 milliards de ponction représenteront autant de postes supprimés, de médicaments plus chers ou non-remboursés, d’heures-supplémentaires non-payées, d’heures d’attente aux urgences, de précarité des malades, de dégradation des capacités des EHPAD, de la protection sociale et du handicap. Mécaniquement, tout vote en faveur de ces recettes était un vote en faveur des coupes budgétaires, et du même coup, de la politique du gouvernement qui pourra désormais faire passer par décret les économies scélérates qu’il s’apprête à faire sur le dos des Françaises et des Français les plus vulnérables.

Pour aller plus loin : Toulouse : quand les urgences racontent le chaos

« Le Peuple de Gauche sait sur qui il peut compter » – Manuel Bompard, coordinateur national de la France insoumise

Tout en renonçant à récupérer le moindre centime sur les 80 milliards d’euros d’exonération sociale qui profitent pour leur quasi-totalité au capital et aux haut-revenus, la manœuvre conjointe de la Macronie, du PS, des groupes communistes et écologistes aura des conséquences dramatiques sur un secteur de la santé dépecé de budget en budget, et en définitive, sur le travail, la vie et la mort de centaines de milliers d’assurés et de soignants.

Une situation et un vote qui n’ont été permis que par le refus du Parti socialiste de censurer Sébastien Lecornu en octobre dernier, Olivier Faure et les siens étant trop inquiets à l’idée d’une nouvelle dissolution qui les contraindrait à assumer devant les électeurs le poids de leurs trahisons.

Plus que jamais, il est désormais temps que le gouvernement s’en aille, et Emmanuel Macron avec lui. Une autre politique est possible. Une politique fondée sur la reconstruction des services publics par le partage de la richesse.

Comme l’a enfin souligné Manuel Bompard, député et coordinateur national de la France insoumise, cet épisode l’aura une nouvelle fois rappelé avec clarté : « Le peuple de gauche sait sur qui il peut compter ».

Sources:linsoumision.fr      (Par Eliot Martello-Hillmeyer)

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