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lundi 9 mars 2026

Le RN contre les droits des femmes : à l’approche des municipales, un rappel nécessaire de leurs positions.

 Une récente étude du CNRS montre que les femmes ont, longtemps, moins voté que les hommes pour l’extrême droite, c’est le « Radical Right Gender Gap ». Mais en France la tendance s’inverse : au premier tour des législatives de juillet 2024, femmes et hommes votent autant pour le RN. Aux élections européennes de juin 2024, elles votent même plus que les hommes pour ce parti.

Alors que dans d’autres pays d’Europe les jeunes femmes affirment un vote plus à gauche et moins à l’extrême droite que les jeunes hommes, ce n’est pas le cas en France. Cette situation découle de la stratégie du RN qui affiche un discours moins réactionnaire que la plupart des autres partis d’extrême droite en Europe. Mais les faits sont tout autres. À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars, quelques rappels s’imposent.

Le droit à l’avortement en ligne de mire

Le 17 décembre 2025, le Parlement européen adopte le texte faisant suite à la pétition « Ma voix, mon choix » (1,2 million de signatures en Europe). Ce texte pour l’accès à des avortements sûrs et légaux pour toutes les femmes par un mécanisme de solidarité financé par l’UE. Jordan Bardella s’abstient, tout comme Virginie Joron, candidate RN à la mairie de Strasbourg. Marion Maréchal vote contre.

À la suite de ce vote, le 12 février 2026, ECR le groupe d’extrême droite auquel appartient Marion Maréchal Le Pen déploie au Parlement européen une banderole anti-IVG. « L’IVG n’est pas un choix : c’est un droit fondamental. On ne laissera jamais l’extrême droite contrôler le corps des femmes », défend l’insoumise Manon Aubry qui alerte sur ces partis qui « veulent revenir à une société où les femmes ne peuvent pas décider de leur corps. C’est une attaque claire contre le droit à l’avortement, et ce n’est pas la première ».

Lors du vote en congrès pour l’inscription de l’IVG dans la Constitution en mars 2024, seul.es 46 élu.es RN sur 88 votent pour (toustes élu.es LFI votent pour). Le vote avait lieu quelques mois après celui sur l’allongement du délai de l’IVG, de 12 à 14 semaines de grossesse, auquel Marine Le Pen s’est opposée, pour lequel aucun député RN n’a participé au vote. Le planning familial est régulièrement dénoncé par le RN qui n’y voit « qu’une simple association militant pour la théorie du Genre », comme la députée Hélène Laporte. Rappelons que le planning familial accompagne 450 000 personnes par an, 150 000 jeunes dans 3 000 établissements scolaires.

Une instrumentalisation des positions féministes

La défense des droits des femmes est utilisée par le RN pour attirer leur vote, mais son projet de société est réactionnaire. Au Parlement européen, le 13 novembre 2025, Jordan Bardella et les autres élus du RN votent contre le rapport en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes 2025, texte qui permet à l’institution de donner sa position sur les violences sexistes, les soins de santé, le monde du travail ou l’éducation.

En mai 2023, lors du vote pour la « Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique », les député.es RN se sont abstenu.es, l’eurodéputée RN Annika Bruna arguant « les hommes ne sont pas tous des coupables en puissance nécessitant d’être rééduqués par les féministes ». En 2023, lors des débats sur la réforme des retraites, Jordan Bardella préconise une politique nataliste pour financer les retraites. Les propositions du livret famille du RN sont centrées autour de la famille classique et assignent les femmes à leur rôle maternel.

Le député RN Jocelyn Dessigny, affirme en 2023 à l’Assemblée nationale : « Nous partons du principe qu’une mère au foyer, elle est peut-être mieux à la maison à s’occuper des enfants. »

Des positions racistes : l’instrumentalisation pour mieux servir un agenda politique

Le RN a refusé de ratifier la Convention d’Istanbul, alors que ce traité consacre des avancées majeures, notamment des normes pour prévenir et lutter contre les violences envers les femmes (comme l’obligation de la reconnaissance des féminicides). La convention d’Istanbul puis la Cour de justice de l’Union européenne ont considéré les femmes comme un « groupe social » susceptible d’être persécuté en tant que tel dans certains pays. La députée européenne RN Annika Bruna ne l’a vu que sous un prisme raciste : « C’est la création d’une nouvelle filière d’immigration ».

En 2022, Marine Le Pen proposait, au sujet des violences de rue, d’expulser les étrangers « qui se livrent à ces pratiques outrageantes ». Sur les violences sexistes et sexuelles, le RN utilise les faits divers pour s’en prendre aux personnes immigrées ou issues de l’immigration en parlant d’insécurité migratoire alors que l’on sait que la majorité des violeurs sont connus de la victime. 

Sources:linsoumission.fr   (Par Sandrine Cheikh)


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