A la marge,celle qui relie les pages

mercredi 11 février 2026

Municipales – Les 10 pires mesures mises en œuvre par le Rassemblement national dans les communes qu’il dirige.

 Rassemblement national. Depuis les dernières élections municipales de 2020, plusieurs villes sont les laboratoires des politiques de l’extrême droite. Les candidats mettent toujours en avant la lutte contre l’insécurité, la baisse de la fiscalité locale, la proximité avec les citoyens, la valorisation du patrimoine local, etc. Pourtant, dans les villes que le RN administre, la réalité est tout autre : suppression de subventions aux associations, politiques identitaires, pressions sur la vie démocratique locale et stratégie de communication victimaire sont les piliers des politiques appliquées par le RN.

Plusieurs faits ont été recensés parmi les municipalités gouvernées par l’extrême droite. Un récapitulatif utile de L’insoumission, en vue des élections municipales des 15 et 22 mars prochains. Notre article.

1) L’asphyxie du tissu associatif par les suppressions de subventions

Les associations sont des acteurs essentiels à l’échelle locale, car elles sont porteuses de transformations (notamment dans le domaine de l’environnement), réveillent la démocratie et humanisent l’économie (emploi de service civique, économie sociale et solidaire, etc.).

Dans plusieurs villes gérées par le RN, les mairies ont réduit ou supprimé les subventions à des associations qu’ils jugeaient « trop politiques » ou « communautaires » :

À Beaucaire, sous le mandat de Julien Sanchez, ce sont les clubs sportifs et associations culturelles qui ont vu leurs subventions diminuer, parfois de dizaines de milliers d’euros.
À Hénin-Beaumont, la mairie de Steeve Briois a retiré le local et le financement municipal à la Ligue des Droits de l’Homme (LDH).
À Orange, avec Jacques Bompard, ce sont le centre d’hébergement d’urgence et le syndicat CGT qui ont perdu leurs subventions.
À Hayange, Fabien Engelmann a coupé le gaz et l’électricité au Secours populaire français.

Pour aller plus loin : David Rachline, maire RN de Fréjus : corruption et fascisme

2) Des mesures culturellement identitaires et excluantes

Dans plusieurs villes RN, des mesures symboliques ont été imposées pour valoriser certaines traditions au détriment d’une culture inclusive :

À Perpignan, par exemple, le maire Louis Aliot a modifié le slogan et le blason de la ville en renforçant des symboles nationalistes et catholiques, ce qui a suscité des protestations de Catalans attachés à l’identité régionale. Ce maire, fan de l’OAS, a aussi engagé des expositions orientées sur l’histoire coloniale de la France, notamment l’exposition du 19 mars 2021 « Soixante ans après, l’histoire se répète : FLN et Hamas, mêmes méthodes, même stratégie ». Cette exposition est une réécriture de l’histoire qui vise à entretenir la nostalgie de la colonisation en la glorifiant. Il justifiait dans la presse cette exposition par le fait qu’« on ne peut pas se réconcilier si on adopte une Mémoire qui accuse la France […]. »

3) Pressions et tensions avec les médias et la liberté de la presse

Certaines administrations locales du Rassemblement National ont mené des politiques hostiles envers la presse locale indépendante. C’est notamment le cas dans les villes d’Hénin-Beaumont et de Fréjus. Les mairies du Rassemblement National ont marginalisé des journaux locaux comme La Voix du Nord, qui dénonce le harcèlement du maire d’Hénin-Beaumont. Il est notamment reproché à l’extrême droite d’être « puérile et agressive », d’user constamment d’un droit de réponse abusif, ainsi : « En moins d’un an, la direction du quotidien nordiste a dû publier pas moins de 25 textes après des articles qui n’étaient pas au goût de la mairie ».

Cette pratique politique traduit une volonté de réduire la visibilité des critiques et des voix indépendantes qui dénoncent les politiques et la gestion néfastes des municipalités de l’extrême droite.

4) Une hostilité assumée envers les syndicats

Le Rassemblement National ne voit pas le syndicalisme combatif comme un acteur du dialogue social, mais plutôt comme un ennemi politique.

À Hénin-Beaumont, la mairie de Steeve Briois a engagé une procédure disciplinaire lourde contre un représentant syndical SUD (Djelloul Kheris), lui reprochant son engagement associatif et ses prises de parole publiques critiques. La sanction envisagée (jusqu’à deux ans sans traitement) a été dénoncée par de nombreuses organisations syndicales, à juste titre, comme une répression antisyndicale.

5) Une surenchère sécuritaire au détriment des politiques sociales

La sécurité est le cheval de bataille du Rassemblement National ainsi que leur outil de communication principal. Renforcement massif de la police municipale, armement, vidéosurveillance généralisée : les dispositifs sécuritaires explosent sous les municipalités de l’extrême-droite.

Pendant que les politiques sociales stagnent, que la prévention est marginalisée, que les causes structurelles de la précarité organisée par les politiques néolibérales sont ignorées. Dans la ville de Perpignan, par exemple, la police municipale, qui revendique vouloir « harceler les dealers », atteint des effectifs parmi les plus élevés de France. Parallèlement, Blast révèle dans une enquête que la police de Perpignan agit comme une milice. Plusieurs vidéos choquantes ont été publiées dans lesquelles la police fait un usage abusif des gazeuses, fait des balayettes sur des jeunes, pratique des interpellations violentes et même profère des menaces de mort.

6) Discriminations institutionnelles envers certaines populations locales

Le racisme et la xénophobie étant au cœur du projet du RN, certains maires ont mis en place des mesures ou ont tenu des discours qui ont ciblé des populations spécifiques.

À Hénin-Beaumont, dès 2014, une décision municipale visant à lutter contre la « mendicité agressive » a été largement interprétée par le juge administratif comme visant des populations roms. Bien que cet arrêté ait été annulé par le tribunal administratif de Lille le 21 juillet 2014, la mesure a été célébrée politiquement et diffusée sur les réseaux sociaux municipaux.

Cette logique d’exclusion se retrouve également à Fréjus, où le maire David Rachline s’était fermement opposé au projet de construction d’une mosquée.

Plus largement, les élus du RN défendent la fermeture ou s’opposent à l’ouverture de terrains adaptés pour les communautés itinérantes, ce qui constitue une discrimination collective.

7) L’affaiblissement du débat démocratique local

Les oppositions municipales dénoncent fréquemment des conseils municipaux verrouillés, une réduction des temps de parole ainsi que des refus de salles municipales pour des réunions critiques. Des élus d’opposition à Hénin-Beaumont ont vu leurs droits de réponse limités ou ont fait l’objet de procédures.

Des constats similaires ont été formulés à Moissac. Estelle Hemmami dénonce le fait que « les agents ne peuvent pas apporter d’idées, de propositions. Même s’ils bâtissent un projet, tout doit venir du maire ».

8) Coupes dans les services publics de proximité

Les élus du Rassemblement National préfèrent privatiser des services publics plutôt que d’investir durablement en leur faveur. Ces choix ont des conséquences directes sur la qualité des services rendus et sur le coût supporté par les habitants :

À Hénin-Beaumont, la piscine et le funérarium ont été partiellement privatisés ou externalisés, ce qui crée une dégradation des services et une augmentation des coûts pour les habitants. La construction de la nouvelle piscine municipale à Hénin-Beaumont a entraîné une hausse de 60 % du prix du ticket.

À Perpignan, quand bien même certaines écoles sont vétustes, qu’il manque de livres à la bibliothèque ou encore de mobilier, Louis Aliot a préféré investir 76 000 euros pour l’expérimentation du port de l’uniforme en 2024.

9) Des mairies anti-féminisme

Dans les municipalités du Rassemblement National, des opposants politiques ou militants associatifs dénoncent des atmosphères pesantes ou des pressions implicites. À Perpignan, des militantes féministes ont décrit des tentatives d’intimidation, voire de surveillance de leurs activités.

Comme le rappelle l’article de Contretemps, le RN s’est également toujours employé à lancer des campagnes de dénigrement et de suppression des subventions du Planning Familial, une association essentielle pour faciliter l’accès à la santé ainsi qu’à la vie relationnelle et sexuelle.

10) Un racisme ambiant

Le RN est un parti xénophobe qui nourrit les discours islamophobes aussi bien au niveau national qu’au niveau local.

Les maires d’extrême droite prennent régulièrement des décisions pour interdire le port du burkini danscertaines zones municipales. Ces mesures ont été contestées en justice et annulées par les tribunaux administratifs ; cependant, les maires d’extrême droite continuent de prendre chaque été ces arrêtés. C’est un choix politique qui n’a pas d’autre objectif que celui de créer sans cesse les mêmes polémiques pour stigmatiser les femmes qui choisissent de porter le burkini. Ces pratiques s’inscrivent dans une logique plus large de discriminations mises en œuvre au niveau municipal. À Beaucaire, par exemple, le maire a fait supprimer les repas de substitution à la cantine pour les enfants ne consommant pas de porc.

Dans les municipalités du Rassemblement National règne également un climat antisémite ambiant. À Fréjus, la journaliste Camille Vigogne Le Coat rapporte que David Rachline, maire de la ville et proche de Jordan Bardella, est connu pour ses propos et comportements antisémites, allant jusqu’à effectuer régulièrement des saluts nazis. Enfin, à Moissac, le maire Romain Lopez, adorateur de Charles Maurras, a refusé d’effacer un tag antisémite « Raus » (= dehors en allemand) accompagné d’une étoile jaune, malgré les signalements de l’opposition.

Sources:linsoumission.fr (Par CL)


 
Share:

mardi 10 février 2026

Au Cirque d’Hiver, Sophia Chikirou et le Nouveau Paris Populaire font de la capitale une « fête des gens »

 

Avec le meeting de Sophia Chikirou ce vendredi 30 janvier dernier, il s’est produit à Paris un événement d’une importance rare. Pas seulement parce que les Insoumis du Nouveau Paris Populaire ont dû changer de salle au dernier moment au vu des 1500 personnes inscrites. Pas seulement non plus parce qu’un programme municipal sous forme de livre y a été présenté. Et ni parce que la soirée a été l’occasion d’un ralliement de plusieurs élu·es Verts. Mais parce que le Cirque d’Hiver a mis « la France insoumise de la capitale au diapason de la mobilisation autour de nos listes dans tout le pays », pour reprendre les mots de Jean-Luc Mélenchon. 

« Paris Populaire ! »

Les Insoumis ne pouvaient pas être absents de cette ville où se trouvent autant de ressources, d’opportunités, de richesses et de pouvoirs que de manques, de blocages, de pauvretés et d’injustices. Et le problème est un : les riches se réservent les privilèges de la capitale, pendant qu’ils dégradent, privatisent et suppriment les services publics collectifs. Une description à gros traits de la théorie de l’Ère du peuple de Jean-Luc Mélenchon. Car à Paris, nous sommes en plein dedans : les réseaux, leur contenu, leur contrôle et leur accès ne sont jamais plus qu’ici accaparés par les oligarques. Ils se gavent pendant qu’on crève.

Pas étonnant que la capitale soit le champ de bataille de toutes ces luttes populaires et urbaines. Pas étonnant non plus que le parti pris médiatique encense les initiatives de Grégoire et Dati pendant que le meeting du Nouveau Paris Populaire a valu des commentaires méprisants et méprisables. Pas étonnant enfin qu’un air de Commune ait plané et que les textes de Louise Michel aient résonné tout au long de la soirée.

Dans cette ville où Jean-Luc Mélenchon a récolté près de 30% des voix au premier tour de l’élection présidentielle de 2022, et où 5 députés insoumis ont été élus, la candidature de Sophia Chikirou ne doit pas être considérée à la marge : elle signale le retour sur la scène municipale des humilié·es des années PS/Macron qui se sont levés comme un seul homme pour scander « Paris populaire ! ». Voilà comment s’est entamé ce meeting.

Pour aller plus loin : Municipales 2026 – À Rennes, les Insoumis font le vœu de gagner l’hôtel de ville

Les luttes populaires à l’honneur de la soirée

La stratégie de La France insoumise, partout où elle est présente, est d’être un outil au service des combats des gens. Et c’est le cas des nombreuses luttes locales à Paris. Ainsi, la soirée a débuté avec des prises de parole d’habitant·es et de militant·es.

Lorsque Khady Mané, maman de la Banane (quartier populaire du 20e arrondissement), est montée sur scène, un hommage a été rendu à El Hacen Diarra, assassiné par la police du 20e dans la nuit du 14 au 15 janvier. En pointant les amendes abusives distribuées aux jeunes, elle dénonce un continuum de discriminations qui, du contrôle de routine au meurtre, font système. Un système dans lequel « nos enfants partent avec des boulets aux pieds ».

Au tour d’Hawa Diabaté de prendre le micro. La mère d’Ismaël, mort à 15 ans lors d’une rixe, se bat aujourd’hui pour « aller vers ces jeunes qui sont dans le noir ». Elle se rappelle d’une marche qu’elle a organisée le 31 mai : « on a été accompagné par Chikirou jusqu’à la Place de la République. Cette place révolutionnaire, elle nous appartient ».

Comprenez que les questions de discriminations, de violences policières et de rixes ont une place de choix dans l’ossature du Nouveau Paris Populaire. Elles symbolisent l’abandon des classes populaires au sein des projets de la majorité PS. Assa Traoré, membre du Comité Vérité et Justice pour Adama, témoigne : « le comité a lutté, le comité à crié, le comité a imposé ces questions aux partis politiques et à la société. Le comité a porté ces combats localement, nationalement, à travers l’Europe et le monde entier. Mais je suis fier que, 10 ans après, le combat soit porté ici à Paris auprès de Sophia Chikirou. ».

Ce sont également les questions de la paix et du droit international qui concernent l’échelon municipal. C’est ce qu’a rappelé Imen Habib, porte-parole de BDS France, qui appelle à « mettre fin à leurs partenariats avec des insitutions ou des entreprises complices de la colonisation ou de l’apartheid israélien ».

Contre le « budget Dati-Bournazel-Grégoire », « la seule liste garantie 100% censure, 100% anti-Macron, 100% antifasciste »

Alors, quel·le candidat·e va réellement défendre ce Paris populaire ? Pas l’extrême-droite de Mariani (RN) ou Knafo (R!) qui ont la peur et la division du peuple comme projet. Mais pas davantage Dati (LR), Bournazel (Horizons) ou Grégoire (PS) selon Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise. Rachida Dati est ministre, membre des gouvernements Lecornu, Bayrou, Barnier et Attal. Pierre-Yves Bournazel est un ancien député Horizons, membre du bloc macroniste Ensemble pour la République. Quant à Emmanuel Grégoire, il n’a voté aucune des 11 dernières motions de censure. Il faut noter que Sophia Chikirou en a voté 11 sur 11.

Ainsi, Manuel Bompard a clairement démontré que le budget de l’année 2026 est soutenu aussi bien par Dati, Bournazel que Grégoire. Pourtant, il inclut la suppression des aides pour les étudiants étrangers, la suppression de 3000 postes de surveillants, de 4000 postes d’enseignants, la baisse du fond vert à hauteur de 300M €, ou encore la diminution de 700M pour les rénovations énergétiques des logements. Dès lors, on ne peut pas se fondre dans la coalition gouvernementale à l’échelle nationale, puis prétendre s’opposer et proposer un autre projet à l’échelle locale.

A fortiori lorsque des tractations internes ont été dévoilés par le Président du groupe Horizons au Conseil de Paris. Ils consistent à préparer un troisième tour : une semaine après l’élection, droite et PS s’entendraient pour faire élire un maire surprise, puis se répartiraient les postes.

Au député des Bouches-du-Rhône de marteler que “la seule liste garantie 100% censure, 100% anti-Macron, 100% antifasciste, c’est la liste du Nouveau Paris Populaire conduite par Sophia Chikirou”. La seule gauche non soluble dans la droite en somme.

Le ralliement des « Verts populaires » 

C’est en tout cas le constat établi par plusieurs élu·es écologistes. Jérôme Gleizes et Emile Meunier sont de ceux qui sont venus dénoncer les choix de leur direction : « la position des Écologistes est devenue profondément ambiguë, écartelée entre le national et le municipal. Au parlement, les Écologistes votent les motions de censure contre le gouvernement Lecornu, contrairement au PS. Mais pour les municipales, les mêmes Écologistes se rangent derrière les socialistes ». Pour la première fois depuis 1977 à Paris, les Verts ont disparu de la campagne en s’alliant avec la majorité sortante dès le premier tour.

Ils font partie des premiers signataires d’un texte qui a fait grand bruit au sein des Écologistes. Cette tribune s’intitule « À la social-écologie, préférons l’écologie de rupture ». Tout y est : en privilégiant les alliances avec le PS plutôt que les Insoumis, les Verts se replient sur une écologie bourgeoise aux dépens des classes populaires.  Déjà 600 signataires et autant de personnes exclues du parti. Car cela ne correspond pas à une tambouille de coin de table entre quelques opportunistes locaux : il s’agit d’un choix national et massif, celui de défendre une union populaire sur la base d’un programme de rupture à Paris, Marseille, Toulouse, Montpellier…

Autant d’expressions de la fin d’un cycle politique à l’échelle nationale, dont les ramifications s’observent aux élections municipales avec des évolutions de la carte politique. L’heure du peuple a sonné, et cela commence à se faire savoir.

18 élections et un livre-programme

Pour défendre les aspirations des Parisiennes et Parisiens, le Nouveau Paris Populaire a dévoilé son programme sous forme de livre. Car à Paris, les municipales correspondent à 18 élections (une pour la Ville et 17 pour les arrondissements), chaque candidat·e a pu évoquer une mesure qui leur tient à cœur.

Tête de liste dans le 13e, Christophe Prudhomme a appelé à « l’ouverture de centres de santé avec des médecins salariés, pour que tout le monde à Paris puisse avoir un médecin traitant et accès à un spécialiste sans dépassements d’honoraires ».

Alors qu’Embla Fautra (9e arrondissement) se positionne « contre le surtoutisme », Sophie de la Rochefoucauld (20e arrondissement) mettra au cœur de son mandat « les violences policières que subissent nos jeunes dans les quartiers ».

La question de la jeunesse et de la petite enfance ont leur centralité dans le projet insoumis, en témoigne le candidat du 14e Rodrigo Arenas qui promet que « les enfants auront la cantine gratuite, bio et belle ». Sabrina Nouri (11e arrondissement) indique que « nous allons défendre l’éducation communale », tandis qu’Oscar Maslard (16e arrondissement) cherche à « redonner une fierté, une dignité à tous les étudiants et toutes les étudiantes qui ont été maltraité·es par les socialistes et les macronistes pendant 25 ans ».

« Si tu spécules sur nos vies, tu récoltes la Révolution ! »

Mais c’est bien la thématique du logement qui a été au centre de l’intervention attendue de Sophia Chikirou. Observez la situation des Parisien·nes : le taux d’effort, c’est-à-dire la part de revenu consacré au loyer, est passé de 24% en 1998 à 36% aujourd’hui en moyenne. Parfois cela excède les 50%. Observez les causes : la capitale est le terrain des grandes fortunes et des fonds d’investissements étrangers qui nous lèguent 270 000 logements vacants, 90 000 logements de location touristique saisonnière, et 1,3M² de bureaux vacants.

Observez les responsabilités : les politiques de spéculation entretenues par les pouvoirs politiques nationaux et communaux. Le raisonnement de la députée de Paris est clair et efficace : le problème n’est pas l’espace mais le système qui organise la pénurie et la rareté faites sur le dos du peuple.

Car les conséquences sont immédiates et désastreuses : 6 000 personnes sont à la rue, 270 000 foyers sont en attente de logement et 66 000 logements sont indignes ou insalubres. Paris nous donne un bon aperçu de la situation en France : le néolibéralisme est un échec, sa crise est totale, ses contestations sont croissantes et son effondrement est imminent. « Si tu spécules sur nos vies, tu récoltes la Révolution ! » s’exclama Sophia Chikirou. Nous vous l’avions dit, un air de 1871, ou bien de 1789, 1830, 1848, 1936, 1968, 2018 ! 

Pour faire de la capitale un laboratoire des radicalités concrètes à étendre dans toute la France lorsque le mouvement insoumis prendra le pouvoir, le Nouveau Paris Populaire propose la création d’une régie publique locative. Il s’agit ainsi de conventionner les logements privés, confiés à la Ville qui réalise la rénovation thermique, en échange de quoi ils sont loués à des prix modérés. Il s’agit aussi de geler les loyers et les charges, puis de les baisser. Et en premier lieu pour le logement social, car « la fonction première d’un bailleur social est de loger les classes populaires, pas de les mettre dehors ! ».

Voilà des mesures qui portent les revendications populaires et préfigurent la révolution citoyenne de demain. Les villes insoumises seront des points d’appui, de résistance et de démonstration de notre projet pour la VIe République.

« Paris est une fête » ?

Mais avant de parler de victoire, la route est longue et intense. Les insoumis ont partout en France les officialités politiques, médiatiques et économiques contre eux. Leurs arguments sont de moins en moins crédibles et leur propagande de plus en plus grossière. Les gens le comprennent.

Notre tâche consiste donc à mener une campagne de terrain, rencontrer les habitant·es et expliquer nos propositions. Car notre force est le nombre, la présence et la clarté. A preuve, ce sont plus de 1000 actions qui ont été menées et 500 000 tracts qui ont été distribués depuis 2 mois et demi que Sophia Chikirou s’est portée candidate. Les Parisien·nes commencent à percevoir le courage et la détermination qui caractérisent si bien nos têtes de liste dans chaque arrondissement.

Et il en faut pour administrer une capitale et la mettre au service du peuple. « Paris est une fête » s’exclame Sophia Chikirou, citant l’écrivain Ernest Hemingway. Mais pas celle des inconscients de la crise écologique, ni celle des nantis qui se gavent, ou des indifférents aux crimes contre l’Humanité. C’est « la fête des gens, de ceux qui luttent et qui battent le pavé depuis des siècles ». Voici en résumé ce à quoi vous contribuerez en mettant le bulletin de vote du Nouveau Paris Populaire les 15 et 22 mars prochains.

Sources:linsoumission.fr (Par Lilian Davy)

Share:

lundi 9 février 2026

Guillaume Kasbarian, grand promoteur des mises à la rue

 Kasbarian. Le 3 février 2026, la Fondation pour le logement publie son 31ᵉ apport sur l’état du mal-logement. Des chiffres jamais vus depuis trente ans : 4,2 millions de personnes non ou mal logées, 12,2 millions de personnes fragilisées par la crise du logement, plus d’un million de personnes en habitat indigne, 643 000 personnes hébergées chez des tiers, 350 000 personnes sans domicile fixe en France, plus de 2 000 enfants à la rue chaque soir.

Voilà un homme qui, sur les plateaux TV, assume ce bilan : c’est Guillaume Kasbarian, député Renaissance, ex-ministre délégué chargé du Logement dans le gouvernement Attal et rapporteur du projet de loi dit « anti-squatteurs ». Cette loi, promulguée en juillet 2023, précarise depuis des dizaines de milliers de Français chaque année. Alors que les élections municipales approchent et que le Logement est au cœur des préoccupations des citoyens, piqure de rappel sur ce qu’est le macronisme. Notre article.

Que prévoit la loi Kasbarian-Bergé ?

La loi Kasbarian permet tout d’abord aux propriétaires, par une série de mesures, d’obtenir plus rapidement une décision exécutoire ouvrant la voie à l’expulsion de locataires ne réglant pas leur loyer. Cette accélération des procédures d’expulsion est liée à des délais judiciaires et administratifs réduits, ceux-ci ne permettant pas aux locataires d’obtenir des délais, soit pour payer leur loyer, soit pour quitter leur logement. Ce constat alarmant est partagé par 77 % des associations du réseau ADLH (Accompagnement aux droits liés à l’habitat).

Ensuite, la loi prévoit un renforcement des sanctions. Des peines plus lourdes sont prononcées par les tribunaux pour l’occupation illicite d’un logement et de nouveaux délits sont créés. Ainsi, les situations de squat peuvent condamner les occupants d’un lieu à deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. Le maintien en violation d’une décision de justice exécutoire peut quant à lui donner lieu à une condamnation de 7 500 euros d’amende. Enfin, la loi Kasbarian octroie un pouvoir accru aux autorités.

Les préfectures, notamment, peuvent ordonner des mesures visant à exécuter des expulsions selon des procédures simplifiées. Les conséquences sont terribles. Le 21 octobre 2025, un homme âgé de 76 ans s’est suicidé à Fécamp (Seine-Maritime) en présence de policiers et d’huissiers venus l’expulser de son logement. Ce drame ne fait que souligner la détresse des plus précaires, menacés chaque jour de se voir jeter à la rue sans proposition de relogement.

Pour aller plus loin : Logement : l’ONU démolit la loi anti-squat de la macronie


 

Les conséquences terribles de la loi Kasbarian

La loi Kasbarian vient compléter un arsenal politique de plus en plus répressif à l’encontre des Français dans un contexte d’inflation et de baisse drastique du pouvoir d’achat. Tandis que le logement pèse de plus en plus lourd dans le budget des familles, les expulsions, souvent illégales, battent leur plein. Selon la Fondation pour le logement, en 2024, « ce sont 24 556 ménages qui ont été expulsés de leur logement avec le concours de la force publique, soit une hausse de 29 % en un an et de 223 % en vingt ans ».

Ce constat est par ailleurs majoré par la difficulté d’obtenir, pour les familles concernées, un accompagnement social et juridique. La Fondation pour le logement rappelle en outre que les conséquences d’une expulsion locative sont nombreuses, graves et durables : difficulté à se reloger ensuite, à maintenir une vie professionnelle ou à trouver un emploi, impact sur la santé physique et mentale, mise en danger des enfants à la rue…

Pour aller plus loin : Brigade du logement : cette mesure de LFI pour faire respecter les droits des locataires et mettre au pas les spéculateurs

Précariser toujours plus reste le mot d’ordre des gouvernements Macron. Dernière idée en date : comptabiliser les cellules de prison comme du logement social au titre de la loi qui impose aux communes de compter au moins 25 % de logements sociaux.

De son côté, la France insoumise a placé le Logement au cœur de son programme pour les élections municipales des 15 et 22 mars prochains. Arrêtés anti-expulsions, brigades du Logement, baisse des loyers dans les communes, transparence dans l’attribution des logements sociaux, créer un organisme de foncier solidaire… Un programme en rupture avec les politiques liées au logement menées ces dernières décennies.

Sources:linsoumission.fr


Share:

vendredi 6 février 2026

Bompard VS Radio France/France Télévisions – Le Conseil de déontologie journalistique donne raison à LFI

 

Radio France. « Il y a trois fausses informations dans ce que vous venez de dire », avait répliqué Manuel Bompard, en réponse à l’interrogatoire journalistique de la journaliste Alix Bouilhaguet. Vous en souvenez-vous ? C’était le 9 novembre 2025, sur le plateau de l’émission « Questions Politiques », l’une des grandes interviews politiques dominicales. Reprenant à son compte des mensonges infondés au sujet de Zohran Mamdani, à l’époque tout récent vainqueur de l’élection municipale de New York, la journaliste de Radio France réalisait-elle seulement ce qu’elle venait d’asséner aux auditeurs de la radio la plus écoutée de France ?

Manuel Bompard lui répondit point par point, démontrant les contre-vérités qu’elle avait proférées. « Vous êtes ici pour informer les gens et non les désinformer ! », avait-il cinglé. Dès le lendemain, LFI annonça par voie de communiqué sa saisine de la SNJ, de la SDJ de France Télévisions, de la SDJ de France Inter, de la médiatrice de Radio France et de l’ARCOM. Le 11 novembre, un message conjoint des directions de France Télévisions et de Radio France a été publié sur la page de l’émission du 9. Les propos de la journaliste avaient été reconnus comme faux. Le mouvement insoumis demanda une rectification diffusée à l’antenne. Ce qui s’est déroulé lors de l’émission suivante n’en était pas une.

Assez rare d’ailleurs pour être noté : le 15 novembre, la médiatrice de Radio France a reconnu que « plusieurs erreurs factuelles dans les interventions de la journaliste Alix Bouilhaguet ont été relevées ». Ce 6 février 2026, le Conseil déontologique journalistique et de médiation (CDJM) a rendu publique sa décision au sujet de cette interview. « Ces explications et ces explications dans l’émission suivante [du 16 novembre, ndlr] de « Questions politiques » n’indiquent pas […] ce qui était inexact et pourquoi », peut-on lire dans le communiqué du CDJM. Conclusion ? « L’obligation déontologique d’exactitude et de véracité n’a pas été respectée par Radio France et France Télévisions ». Combien de temps cela aura-t-il pris !

« L’obligation déontologique d’exactitude et de véracité n’a pas été respectée par Radio France et France Télévisions » – Le CDJM donne raison à Manuel Bompard face à France Télévisions et Radio France

Pour aller plus loin : Municipales à New York – Et Zohran Mamdani confirma la portée internationale de l’Union populaire


Sources: linsoumission.fr





Share:

jeudi 5 février 2026

Scandale « Marseille en Grand » : enquête ouverte pour délit de favoritisme concernant le plan du duo Macron-Payan.

 Marseille. Le système Gaudin-Guérini est encore bien vivant. Ce lundi 2 février, le média d’investigation Blast révélait l’ouverture d’une enquête judiciaire au sujet du volet rénovation des écoles du plan « Marseille en Grand ». À l’origine de cette enquête, un signalement du préfet d’alors – actuel directeur de cabinet d’Emmanuel Macron – au procureur de la République de Marseille dont l’objet est pour le moins explicite : « dénonciation de faits susceptibles d’infractions à la loi pénale et notamment de délit de favoritisme ».

Concrètement, les faits dénoncés concernent des contournements flagrants du code de la commande publique. Sont plus particulièrement pointés du doigt un manque de transparence sur les décisions et les arbitrages de la Société publique des écoles marseillaises ainsi que la non-prise en compte assumée par plusieurs élus de risques juridiques attestés au moment du vote de plusieurs délibérations.

Pour aller plus loin : Plus que 2 jours pour s’inscrire sur les listes électorales : vérifiez votre situation avant la date limite

Alors que les démissions se sont multipliées au cœur de la machine du plan « Marseille en Grand », les soutiens du maire Benoît Payan tentent maintenant de rejeter la faute sur le préfet. En réalité, la France insoumise alerte depuis longtemps : opacité sur les choix décisifs et l’attribution des ressources, objectifs flous ou mauvais sont au fondement même du plan Macron-Payan. Ainsi que l’a rappelé, Manuel Bompard, « il est temps que Marseille tourne la page de l’opacité, des gabegies financières et des arrangements avec la loi dont les habitants ne cessent de payer le prix. » C’est ce que porte la candidature de l’insoumis Sébastien Delogu. Notre brève.

Derrière les magouilles de Benoit Payan, ce sont les enfants de Marseille qui payent 



 
















Sources:linsoumission.fr

Share:

mercredi 4 février 2026

« Des chiffres jamais atteints depuis 30 ans » : les conclusions alarmantes du dernier rapport sur la crise du logement en France.

 Le 31ᵉ rapport de la Fondation pour le logement des défavorisés est paru le 3 février 2026. « Des chiffres jamais atteints depuis 30 ans », alerte Mathilde Panot ce matin, en conférence de presse du groupe parlementaire LFI. Le rapport dénonce une nouvelle année de dégradation des conditions de logement des Françaises et Français les moins riches, et leur appauvrissement continuel. Alors que les élections municipales des 15 et 22 mars approchent, les candidats et candidats insoumis se sont déjà engagés à lutter pied à pied contre le sans-abrisme et et le mal-logement. Notre article.

Le dramatique nombre de personnes sans domicile

Plus d’un million de personnes n’ont pas de logement personnel :

  • 350 000 personnes sans domicile, hébergées en centre d’hébergement ou à l’hôtel (143 000 en 2012) ;
  • 40 000 sans abri ;
  • 590 000 personnes hébergées chez des tiers (hors parents).

2 367 enfants sont restés sans solution d’hébergement malgré l’appel au 115, le 11 novembre 2025, un chiffre sous-estimé compte tenu des personnes qui n’appellent pas le 115.

Le 6 janvier 2026, Mathilde Panot lance un appel à la réquisition des bâtiments vides : « J’appelle à la fois à ouvrir les bâtiments publics et à faire respecter la loi de réquisition qui date de 1946 et qui a été utilisée la dernière fois en 1999. (…) Il y a une responsabilité de ce gouvernement et de l’ensemble des pouvoirs publics de mettre tout le monde à l’abri ». Candidat LFI à la mairie de Marseille, Sébastien Delogu défend aussi la réquisition des habitations vides compte tenu des 8,2 % du parc immobilier marseillais non habités (en hausse de 26 % entre 2009 et 2020).

Pour aller plus loin : « Nous ne laisserons pas mourir de froid, il faut réquisitionner les logements vides » – Tribune de candidats LFI pour les municipales, prêts à lutter contre le sans-abrisme

La réponse du gouvernement : le recours à la force

Près de 3 millions de ménages sont en attente d’un logement social en 2025 (2,1 millions en 2017), mais on agrée près de 40 000 logements sociaux de moins qu’en 2016 (auxquels il faut soustraire les logements démolis). Et le nombre de logements mis en chantier a baissé de 37 % depuis 10 ans.

Le choix fait par le gouvernement est d’expulser les personnes qui n’arrivent plus à payer leur loyer et leurs charges : 24 556 expulsions locatives ont eu lieu, un record historique, en hausse de 29 % en un an et de 223 % en 20 ans. La loi Kasbarian-Bergé facilite les expulsions : délais de paiement et délais pour quitter les lieux plus compliqués, instaurant une chasse aux pauvres. On expulse et on manque de logement, fatalement le nombre de personnes sans domicile s’aggrave.

Le rapport estime que plus de 4 millions de personnes sont mal logées : absence de confort minimal, surpeuplement accentué, foyers vétustes, habitat mobile dans de mauvaises conditions. 12,3 millions de personnes sont fragilisées par rapport au logement : surpeuplement « modéré », situation d’impayés de loyers ou de charges exposant à l’expulsion, précarité énergétique, niveaux de loyers insoutenables.

Et les difficultés sont accentuées pour les personnes en situation de handicap : logements inadaptés, accès au logement plus difficile, etc., ce que le rapport 2025 documente de manière étayée.

Pauvreté et mal-logement

Le rapport montre le lien entre mal logement et pauvreté, les deux étant en aggravation constante, « il en est un catalyseur et un multiplicateur ». En 35 ans, la part des loyers dans les revenus des locataires a doublé. La pauvreté touche d’abord les locataires, car la faiblesse des revenus limite l’accession à la propriété.

Ce phénomène reconduit les inégalités : les 25 % les plus modestes consacrent deux fois plus de leurs revenus aux dépenses de logement que les 25 % les plus aisés. Pour 5 millions de personnes, c’est plus de 35 % des revenus qui sont dévolus au logement, et toutes ces personnes n’accumulent pas de patrimoine.

Les politiques des gouvernements successifs depuis 15 ans, et en particulier de ceux de Macron, ont accentué cet appauvrissement et les inégalités. Les loyers et les charges (électricité notamment) ne cessent d’augmenter tandis que les aides aux dépenses liées à son habitation sont en baisse.

En décembre 2024, François Piquemal dépose une proposition de loi (PPL) visant l’encadrement des loyers. Il entend mettre en place cette mesure à Toulouse s’il est élu maire. Pour lui, il faut aussi changer la perception du logement public, auquel 70 % des Français sont éligibles : « Il faut que le logement public soit tout aussi désirable. C’est un choix politique : le logement public peut être en pointe, notamment sur la transition écologique ».

De la responsabilité de la Spéculation

Le rapport de la Fondation souligne également que « le patrimoine est beaucoup plus inégalement réparti que les revenus » : les 10 % les plus fortunés possèdent 48 % de l’ensemble du patrimoine. En vingt ans, les prix des biens immobiliers ont augmenté quatre fois plus vite que les revenus bruts des ménages. L’État se désengage et fait place à des acteurs privés qui ne cherchent que la rentabilité. Oxfam a par exemple calculé que trois niches fiscales relatives au secteur du logement ont coûté près de 11 milliards aux finances publiques en 12 ans, de quoi financer plus de 70 000 logements sociaux.

À l’instar de collectifs citoyens (comme Stop démolitions), François Piquemal interroge la politique de démolition-reconstruction menée par l’ANRU sans véritable consultation des cinq millions d’habitantes et d’habitants concerné.es. Les opérations ANRU 1 ont démoli 164 400 habitations, l’équivalent de l’habitat d’une ville comme Nice.

Une mission d’information sur le bilan de l’ANRU du groupe parlementaire LFI a conclu à une dérive du dispositif dans une logique de démolition-reconstruction-gentrification avec un coût social, écologique et financier considérable.

Le député LFI Abdekader Lahmar, candidat à la mairie de Vaulx-en-Velin, indique ainsi : « La rénovation urbaine a consisté à chasser les pauvres de nos quartiers populaires, avec des logements sociaux volontairement insuffisants, au nom d’une mixité sociale qui insulte celles et ceux qui ont fait l’histoire de la ville ». Il dépose la semaine prochaine un projet de loi visant à faire cesser les démolitions inutiles.

La France insoumise a dans les bases du programme pour les élections municipales de garantir le droit à un logement digne par les priorités suivantes :

  • Mettre sous contrôle le marché du logement en augmentant la part de logement public, en appliquant partout où c’est possible l’encadrement des loyers et en développant l’accession à la propriété non spéculative.
  • Lutter contre les expulsions locatives.
  • Fixer l’objectif de communes zéro sans-abri, zéro passoire thermique, zéro habitat insalubre.
  • La mise en place de Brigades dédiées au mal-logement

Sources:linsoumission.fr (Par Sandrine Cheikh


Share:

mardi 3 février 2026

Suicides de lycéens/Parcoursup : une marchandisation de l’école et de l’enseignement toujours plus vorace.

 

Chaque année en France, des dizaines de lycéens se suicident. Les syndicats pointent notamment les pressions que subissent les élèves à cause de Parcoursup. Les candidatures sur cette plateforme sont ouvertes depuis ce lundi 19 janvier. Depuis plusieurs années, les témoignages de lycéens et d’étudiants déçus par leur passage dans les écoles privées se multiplient : formations promises comme « d’excellence », frais de scolarité exorbitants et, à l’arrivée, des diplômes à la valeur contestée ou des certifications pas toujours reconnues.

Derrière Parcoursup et les vies brisées, c’est une logique ultra-libérale qui s’installe. L’école n’est plus pensée comme un service public ou un lieu d’émancipation, mais comme un simple marché. Dans ce marché, Parcoursup est une fabrique d’échecs, de morts et de mensonges. 

Un paysage concurrentiel dopé par Parcoursup et MonMaster

L’introduction de plateformes comme Parcoursup (2018, plateforme nationale qui centralise et gère les candidatures et admissions en première année de l’enseignement supérieur) et MonMaster (2023, plateforme nationale permettant aux étudiants titulaires d’une licence de consulter l’intégralité de l’offre de formations de master et de déposer leurs candidatures en première année) a accéléré la sélection dans l’enseignement supérieur, tout en créant de nouvelles angoisses pour les lycéens, les étudiants ainsi que leurs familles. Un marché florissant s’est même développé autour de l’accompagnement individuel. De plus en plus de familles font même appel à des coachs spécialisés parfois à des tarifs atteignant 700 €) dans l’espoir d’optimiser les chances de leurs enfants.

Paroursup et MonMaster, en laissant chaque université organiser sa propre sélection, ferment à de nombreux bacheliers et licenciés l’accès au public et les poussent à se rabattre vers des écoles privées, souvent très onéreuses. Le coût de l’enseignement privé supérieur connaît d’ailleurs, une hausse constante depuis 2019.

Pour aller plus loin : Classes de Défense et Sécurité/Service National Volontaire : face à ses échecs, Macron envoie les élèves dans les bras de l’armée

Pour les acteurs privés, Parcoursup et MonMaster servent désormais d’argument marketing : « Si vous n’êtes pas pris dans le public, achetez votre avenir chez nous ». Les écoles privées rivalisent de promesses et de communication agressive pour attirer ces « recalés du système » et transformer l’angoisse sociale en opportunité commerciale. Certains lycéens et lycéennes renoncent même à s’inscrire sur Parcoursup afin d’éviter l’intense tension émotionnelle générée par la longue attente et l’incertitude de la période d’admission, qui s’étend de juin à septembre.

De nombreuses écoles privées supérieures mettent en avant l’existence de bourses d’étude, qu’elles présentent comme des dispositifs destinés à favoriser l’égalité des chances et à répondre à l’exclusion potentielle que crée le coût élevé de leur formation. Pourtant, dans la réalité, ces aides servent aussi d’élément de communication visant à redorer leur image et à répondre aux accusations de sélection sociale ou d’élitisme. Cette démarche offre ainsi à ces écoles une forme de bonne conscience institutionnelle, sans remettre en cause le modèle économique global fondé sur la marchandisation de l’enseignement supérieur.




















Suicides, dépressions, mal-être : Parcoursup, une pression intenable sur la santé mentale des jeunes

Les témoignages publiés récemment sont révélateurs : absence de suivi, enseignants non-payés ou démissionnaires, stages invisibles, valeurs des diplômes floues, enseignement dématérialisé à outrance, modalités d’évaluation bâclées, niveau d’expertise des enseignants pas systématiquement assuré. Beaucoup d’étudiants découvrent trop tard que, derrière des tarifs prohibitifs, ils se sont engagés dans un parcours sans garantie réelle d’insertion professionnelle ou de reconnaissance académique. De plus, la pression financière amène parfois certains établissements à dévoyer le principe du redoublement pour percevoir à nouveau des frais d’inscription.

Parcoursup et MonMaster, censés améliorer l’organisation des parcours, n’ont fait qu’accentuer la pression, enfermer la formation dans une logique de concurrence et d’achat de places, au détriment du projet éducatif et collectif et de la santé mentale des jeunes. Ainsi les syndicats, à commencer par la Fédération des Conseils de Parents d’Elèves (FCPE), pointent la responsabilité de Parcoursup et de la pression qu’il implique dans les nombreux drames qui touchent chaque années des centaines de lycéens. En 2024, une étude de Santé Publique France révélait par exemple que près d’un lycéen sur dix déclarait avoir déjà fait une tentative de suicide. La même année, le député LFI Louis Boyard lançait une grande enquête nationale dans laquelle les lycéens étaient près de 81 % à affirmer que Parcoursup était une source d’angoisse.

Parcoursup est devenu un outil de tri social qui broie des vies plutôt qu’un dispositif d’orientation au service de l’émancipation. Il met les lycéens en concurrence, avec des critères opaques, et leur fait porter individuellement la responsabilité d’un système organisé pour sélectionner, exclure et hiérarchiser les parcours, au risque de mener à des drames. Ces logiques pèsent lourdement sur la santé mentale : angoisses, troubles du sommeil, perte d’estime de soi et sentiment d’échec définitif se multiplient, particulièrement dans les milieux populaires et les territoires déjà fragilisés. Pour certains, cette incertitude radicale sur l’avenir, combinée au manque de soutien psychologique (psychologues, infirmières et infirmiers, assistants et assistantes sociales en nombre insuffisant et sous-payé·es), devient une violence institutionnelle insoutenable et amplifie un mal‑être préexistant.

La logique de marché, racine du problème

Ce nouveau marché du diplôme suscite de multiples dérives : recherche du profit, baisse de la qualité, chasse aux certifications RNCP, multiplication de cursus « de niche » pour répondre à toutes les anxiétés d’orientation. Les écoles privées occupent le vide laissé par la massification de l’enseignement supérieur public, qui se veut sélectif sans offrir d’alternatives crédibles à tous.

La déception ressentie par de nombreux étudiants ne relève pas simplement d’une expérience individuelle, mais révèle l’envers d’une marchandisation généralisée de l’éducation : au lieu de s’engager dans un projet pédagogique choisi, l’étudiant se trouve souvent contraint de « financer » un espoir de diplôme, alimentant ainsi un système où le prestige d’une formation dépend avant tout de son coût et du pouvoir séducteur de son discours commercial. La non-sélection, attribuée à un classement technique, se transforme en blessure personnelle alors qu’elle est, en réalité, la conséquence mécanique d’un modèle systémique structuré autour de la rareté, de la compétition et du tri social.

Un ascenseur social en panne depuis les années 1990, désormais proche de l’effondrement

L’ascenseur social, historiquement présenté comme la promesse d’une progression sociale grâce à l’éducation, est aujourd’hui pratiquement détruit. En France, Parcoursup et MonMaster n’ont fait qu’aggraver ce phénomène. Alors que l’accès aux études supérieures devrait permettre aux jeunes issus de milieux modestes de s’élever, la logique de marchandisation du secteur privé et la sélection accrue via ces plateformes renforcent la reproduction des inégalités : pour beaucoup, le passage à l’enseignement supérieur devient un parcours d’obstacles financier, organisationnel et psychologique, alimenté par la concurrence pour des places trop rares dans le secteur public et le marketing d’acteurs privés.

Des études et des témoignages récents montrent que la mobilité sociale stagne, voire régresse depuis les années 2000, malgré les promesses d’équité et de pluralisme portées par ces réformes. Il faut désormais six générations pour accéder à la classe moyenne en venant d’un milieu défavorisé, contre deux dans certains pays nordiques. Le capital économique, culturel, informationnel et symbolique joue un rôle décisif au moment des choix d’orientation et les jeunes issus de l’aide sociale à l’enfance ou de territoires défavorisés cumulent les obstacles vers les diplômes qualifiés et les emplois stables. Parcoursup et MonMaster, en accentuant la concurrence, en précarisant l’accès, contribuent à figer les barrières, rendant plus difficile, voire inaccessible, la promesse de l’émancipation par l’école.

Pour restaurer l’idéal d’une éducation accessible à tous, il faudrait sortir d’une logique de marché et d’orientation exclusivement concurrentielle : cela passerait par une augmentation significative des capacités d’accueil dans le public, une redistribution volontaire des moyens, mais aussi une simplification et une humanisation des modalités de candidature. À long terme, il s’agirait d’affirmer à nouveau l’école et l’université comme espaces de service public, de mixité sociale, et d’émancipation collective, au lieu d’en faire des marchés de diplômes et des lieux de sélection sociale. Cette réorientation exigerait un débat politique de fond sur le sens et la finalité de l’éducation dans la société à venir.















Sources:linsoumission.fr (Par Stéphane Renouf, professeur agrégé, doctorant en Sciences de l’éducation et de la formation & Sabrina Sailly, professeure des école


Share:

lundi 2 février 2026

Stop au mitage de la Sécurité sociale ! – Le billet d’humeur de Christophe Prudhomme

 Sécurité sociale. Dans les colonnes de L’insoumission, le docteur Christophe Prudhomme revient sur les conclusions récentes du Haut Conseil pour le financement de la protection sociale (HCFIPS). En résumé : le « trou » de la Sécurité sociale est dû aux exonérations ou aux exemptions de cotisations sociales qui se sont multipliées ces dernières années, notamment sous l’ère macroniste. Autre enjeu abordé : comment le Gouvernement, épaulé par son allié le PS, projette d’affecter une part de la CSG (constituant une part significative de la Sécu’) aux collectivités, pour compenser la baisse budgétaire qu’il leur impose. Son billet d’humeur de la semaine.

Sécurité sociale : le HCFIPS donne raison à tous ceux qui alertent sur la baisse de recettes depuis des années

Une structure gouvernementale, le Haut Conseil pour le financement de la protection sociale (HCFIPS), écrit que le « trou » de la Sécu ne peut s’expliquer par une crise sanitaire ou économique, mais est en relation directe avec les exonérations ou les exemptions de cotisations sociales qui se sont multipliées ces dernières années. C’est bien ce que nous répétons depuis des années et que cela soit confirmé par cet organisme nous conforte dans notre exigence de supprimer au moins en partie ces largesses octroyées aux entreprises, qui n’ont jamais créé réellement d’emplois, mais ont permis d’augmenter leurs bénéfices, notamment pour les plus grosses d’entre elles.

Pour aller plus loin : La maltraitance des étudiants en médecine – Le billet d’humeur du médecin urgentiste Christophe Prudhomme

Car il ne faut pas mettre dans le même panier les PME-PMI et les entreprises du CAC 40 qui ont versé un montant record de 107,5 milliards d’euros aux actionnaires en 2025. Il faut le répéter, pour équilibrer les comptes de la Sécu en 2026, il aurait suffi que les députés votent une suppression de seulement 25 % des exonérations de cotisations sociales dont le total atteint aujourd’hui la somme faramineuse de 80 milliards. Ceci a été souligné par le HCFIPS, je cite : « Globalement ce sont les entreprises de grande taille qui utilisent le plus largement ces dispositifs ».

L’autre élément très inquiétant pointé dans le même rapport est l’arnaque qui se profile autour de la CSG qui, il faut le souligner, n’est pas une cotisation sociale mais un impôt. Or si les cotisations sociales ne peuvent financer que la Sécu, ce n’est pas le cas d’un impôt dont l’affectation dépend du bon vouloir du gouvernement. Or ce dernier projette d’affecter une part de la CSG aux collectivités pour compenser la baisse budgétaire qu’il leur impose par ailleurs. Là aussi, le HCFIPS souligne que la CSG est au cœur du financement de la Sécurité sociale depuis plus de 30 ans à côté des cotisations et que toute perte de ressources apparaît totalement inappropriée. 


Qu’un organisme d’État critique la politique du gouvernement est plutôt salutaire dans une démocratie. Ce qui l’est moins est la servilité d’un certain nombre de députés dits de gauche pour avaler la couleuvre d’un budget de la Sécu’ amputé d’une partie de ses ressources.

Aujourd’hui, les cotisations sociales ne représentent plus que 48 % des ressources de la Sécu, ce qui constitue un danger majeur. En effet, le reste ce sont des impôts et des taxes dont l’affectation dépend du bon vouloir du gouvernement en place. L’enjeu politique actuel est donc de supprimer la CSG en tant qu’impôt et de rétablir un financement de la Sécu par des cotisations sociales prélevées sur les salaires, mais dont l’assiette doit être élargie pour que les autres revenus cotisent également au même niveau. Ne laissons pas ce débat à des spécialistes car la Sécu est notre bien commun qu’il s’agit de préserver. Car l’actuel est capable de tout, y compris d’utiliser une part de la CSG pour financer l’armée, qui est devenue la seule et unique priorité budgétaire au détriment des autres !

Sources:linsoumission.fr. (Par  le Dr Christophe Prudhomme)

Share:

Liberté de la Presse

La video du Jour

Calendrier

Vivre les Cultures du Monde

Cultures du Monde Arabe

Cinéma

Transparence Internationale

NEGAWATT

Wikipedia

Résultats de recherche