A la marge,celle qui relie les pages

lundi 15 septembre 2025

L’extrême droite responsable de 93% assassinats politiques aux États-Unis.

 L’assassinat de l’influenceur d’extrême droite américain Charlie Kirk, ce 10 septembre, a permis aux réactionnaires, des deux côtés de l’Atlantique, de hurler contre « l’extrême gauche » soi-disant meurtrière. Bardella a dénoncé « la rhétorique déshumanisante de la gauche », à l’unisson du milliardaire nazifiant Elon Musk qui voit dans la gauche « le parti du meurtre ».

Alors que les évolutions de l’enquête mettent à mal ce récit d’un meurtrier « d’extrême gauche », l’internationale réactionnaire en profite pour passer sous le tapis une réalité bien différente et plus dramatique : les meurtriers politiques aux Etats-Unis sont, à une écrasante majorité, issus des milieux suprémacistes blancs ou complotistes réactionnaires. En France aussi, c’est l’extrême droite qui assassine. Notre article.

En France comme aux États-Unis, l’extrême droite tue

La France a récemment connu une inflation d’attentats ou projets d’attentats par des individus ou groupes d’extrême droite. Du projet d’assassinat de Jacques Chirac en 2002 par Unité Radicale au « projet Waffenkraft » qui projetait d’assassiner plusieurs personnalités, dont Jean-Luc Mélenchon, aux attaques solitaires, l’extrême droite tue.

On se souvient des assassinats racistes et islamophobes de cette seule année 2025, mais depuis plusieurs années, les renseignements français s’inquiètent de cette inflation de la violence néofasciste ou identitaire, souvent commise par des fidèles du Rassemblement National. Djamel Bendjaballah, Hichem Miraoui, Federico Aramburú : tous ont été assassinés ces dernières années par des individus d’extrême droite.

Pour aller plus loin : Assassinat raciste d’Hichem Miraoui – L’assassin partageait des publications de Marine Le Pen


Aux États-Unis, selon Libération, 93 % des meurtriers terroristes sont d’extrême droite, très loin devant les islamistes (15 sur 371 depuis 2005) et l’extrême gauche (9 sur 371 sur la même période). Parmi les 347 meurtriers d’extrême droite étatsuniens, 262 étaient des suprémacistes blancs.

Les extrêmes droites auront beau jeu de faire passer la seule « extrême gauche » comme seule responsable de la violence politique. Leur récit, dans le cas de Charlie Kirk, est mis à mal par l’évolution de l’enquête sur l’assassin de l’influenceur d’extrême droite, mais surtout par cette réalité systémique. Le camp politique qui assassine le plus, sur les deux rives de l’Atlantique, c’est bien l’extrême droite et les suprémacistes blancs.

Sources:linsoumission (Alexis Poyard)

 

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vendredi 12 septembre 2025

Motion de destitution de Macron déposée par LFI : 104 parlementaires la co-signent, Marine Le Pen se pose en bouclier du chef de l’État

Au lendemain de la grande mobilisation du 10 septembre appelant à la destitution de Macron, ayant réuni 500 000 personnes partout en France, le groupe insoumis à l’Assemblée nationale a réussi, dans un temps éclair, à déposer la motion de destitution d’Emmanuel Macron. L’ensemble des députés insoumis ainsi que plus de la moitié des députés ultramarins, communistes et écologistes l’ont d’ores et déjà signée. Au total : 104 parlementaires co-signent cette motion.

Cette motion de destitution fait le constat de huit années catastrophiques sous Macron, avec un taux record de 15,4 % de la population sous le seuil de pauvreté, soit 1,2 million de concitoyens en plus depuis 2017. Face à la remontée du chômage, la baisse des salaires réels, la chute brutale de la part de l’industrie dans le PIB (pour la première fois en dessous des 10 % depuis 1945), face à un déficit record accru, les Insoumis accèdent aux volontés du peuple français. Le départ du chef de l’État permettra de tourner la page d’une politique destructrice pour l’économie, l’écologie, les services publics et le lien social unissant le peuple français. 

Face à la montée de l’extrême droite, nourrie par une politique néolibérale opportuniste des élites macronistes, face au budget ultra-austéritaire proposé par Bayrou et qui sera en grande partie sans aucun doute repris par le fidèle parmi les fidèles du macronisme Sébastien Lecornu, une grande majorité de Français a compris que la seule réponse valable à donner était le départ de l’actuel président de la République. Ce mot d’ordre était sur toutes les lèvres lors de la mobilisation du 10 septembre. Marine Le Pen a réaffirmé combien elle ne souhaitait pas la démission du chef de l’État. Se rend-elle compte du fossé qu’elle crée avec ses électeurs, dont 92 % souhaitent le départ d’Emmanuel Macron ? Affaire à suivre.

Pour aller plus loin : « Le 10 septembre, il faut virer Macron ! » – 67 % des Français appellent à la démission du chef de l’État

« Il faut une élection présidentielle anticipée pour faire partir Macron et en finir avec sa politique. » – Antoine Léaument


Sources:linsoumission.fr



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mercredi 10 septembre 2025

Dans une bande de Gaza ravagée, 21 000 enfants en situation de handicap vivent un enfer dans l’enfer.

  Gaza. À l’Insoumission, nous nous faisons l’écho   chaque semaine des rapports des organisations de   l’ONU et des ONGs décrivant l’explosion   catastrophique de la famine (plus d’un tiers de la   population au dernier stade de la malnutrition en   septembre 2025), l’explosion des maladies   infectieuses, des plaies infectées avec des germes   résistants à tout traitement, la destruction des   hôpitaux et l’assassinat du personnel soignant (1590   personnels soignants assassinés), la destruction de toutes les infrastructures d’hygiène et civiles.

C’est une nouvelle alerte que le Comité des droits des personnes handicapées (CPDH) de l’ONU a publiée ce 3 septembre 2025 et que nous relayons.

À Gaza, plus de 80 000 palestiniens sont en situation de handicap, dont 21 000 enfants (OCHA Humanitarian Situation Update #286)

Le rapport de l’ONU nous alerte sur la situation catastrophique de ces personnes handicapées et tout particulièrement des enfants.

Dans une bande de Gaza ravagée par près de deux ans de bombardements israéliens, de déplacements massifs et de famine – sans parler des températures actuelles supérieures à 40 °C , les personnes en situation de handicap vivent un enfer dans l’enfer.

À Gaza, la pénurie et l’accès limité aux services spécialisés, aux soins vitaux, aux équipements médicaux et aux dispositifs d’assistance ont entraîné [et entraînent] la mort d’enfants et de personnes âgées handicapées.

L’ONU appelle à la fin de la militarisation de la distribution de l’aide, à la prévention de la violence basée sur le genre, et à la mise en place de mesures permettant aux enfants et aux personnes âgées handicapées d’accéder aux services de santé, d’éducation, de soutien psychosocial et de réadaptation. 

Comité des droits des personnes handicapées (CPDH) de l’ONU

Des personnes handicapées contraintes de fuir dans des conditions dangereuses et indignes, comme ramper dans le sable ou la boue

Les systèmes d’alerte précoce et les procédures d’évacuation [ne peuvent] pas protéger les personnes handicapées. Les avertissements et les ordres d’évacuation, y compris les signaux de munitions explosives et les messages textuels, [sont] inaccessibles aux personnes souffrant de déficiences auditives ou visuelles, les empêchant de s’échapper.

Des rapports décrivent des personnes handicapées contraintes de fuir dans des conditions dangereuses et indignes, comme ramper dans le sable ou la boue sans aide à la mobilité.

83 % des personnes handicapées ont perdu leurs dispositifs d’assistance et ne peuvent pas se permettre des alternatives, comme des chariots tirés par des ânes !

Comité des droits des personnes handicapées (CPDH) de l’ONU

 

Impact disproportionné du blocus de l’aide humanitaire

Les personnes handicapées ont subi des perturbations sévères dans l’accès à l’assistance, laissant beaucoup d’handicapés sans nourriture, eau potable ou assainissement, et dépendantes des autres pour survivre.

Les interdictions d’entrée, les limites imposées à l’aide, les attaques contre les convois et la rareté générale des ressources ont aggravé la situation, tandis que la discrimination dans la distribution excluaient systématiquement les personnes handicapées, en particulier les femmes dans les camps de déplacés.

Les obstacles physiques, comme les décombres et la perte de dispositifs de mobilité, ont en outre empêché, les personnes handicapées, notamment âgées, d’atteindre les points de distribution d’aide relocalisés.

Comité des droits des personnes handicapées (CPDH) de l’ONU

Un appel aux États tiers

Alors que le gouvernement français vient de geler tout accueil de réfugiés palestiniens : l’ONU exhorte :

« Les États tiers à simplifier les procédures d’évacuation afin que les adultes, les enfants et les personnes âgées handicapées puissent quitter les zones de conflit avec le soutien médical, psychosocial et de réadaptation dont ils ont besoin ».

Mettre fin à l’enfer sur terre, le plus vite possible

Comme l’a rappelé récemment Jean-Luc Mélenchon et comme le disent les Insoumis depuis de longs mois, l’avancée de ce génocide pourrait être stoppée immédiatement si les gouvernements européens :

  • suspendaient immédiatement l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël pour violation de la clause obligatoire de respect des droits de l’Homme,
  • cessaient toute importation de produits israéliens, les coopérations militaires, économiques, technologiques et académiques,
  • faisaient respecter le droit international et les arrêts de la Cour Pénale Internationale en arrêtant les génocidaires quand ils survolent le sol européen, en arrêtant les citoyens franco-israéliens (pour le cas de la France) s’ils ont fait l’apologie ou participé à ce génocide.

Sources:linsoumission (les Insoumis du Pic Saint Loup

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lundi 8 septembre 2025

François Bayrou, un mandat catastrophique pour l’écologie.

 Le gouvernement de François Bayrou va probablement tomber lundi 8 septembre. En huit mois d’exercice, il a surtout brillé par son mépris pour les enjeux écologiques.

On pourrait presque parler d’un record. En seulement huit mois et demi, François Bayrou a été le Premier ministre de tous les reculs écologiques. Le centriste vit certainement déjà ses dernières heures à Matignon : il engage la responsabilité de son gouvernement devant l’Assemblée nationale lundi 8 septembre, un coup de poker qu’il est quasiment sûr de perdre. L’heure est au bilan et, concernant sa politique écologique, il est dramatique.

« Le passage de François Bayrou à Matignon a complètement sabré les avancées actées précédemment », déplore Anne Bringault, directrice des programmes du Réseau Action Climat (RAC). Le réseau d’organisations a recensé « 43 reculs rien que sur le premier semestre 2025 » allant à l’encontre d’une transition écologique et juste. « Si ces reculs ont souvent été initiés par l’extrême droite ou la droite républicaine, le bloc central en a soutenu plusieurs ou a été trop divisé pour les contrer », écrit le RAC dans un rapport.

Le point culminant du bilan écologique catastrophique de François Bayrou a évidemment été l’adoption de la loi Duplomb, début juillet. Le texte, porté par le sénateur Laurent Duplomb (Les Républicains), va faciliter la construction des mégabassines — en les déclarant « d’intérêt général majeur » — et l’implantation de fermes-usines. La loi devait aussi réintroduire trois insecticides de la famille des néonicotinoïdes avant que le Conseil constitutionnel ne censure cette disposition, estimant qu’elle était contraire à la Charte de l’environnement.

Reculs législatifs et coupes budgétaires

C’est grâce aux voix des députés du socle présidentiel, de droite et d’extrême droite que la loi Duplomb a pu être adoptée. Une pétition aux plus de 2 millions de signatures a réclamé son abrogation, et ce n’est qu’après la censure du Conseil constitutionnel que François Bayrou a exprimé auprès du Figaro son « seul regret » : que « tout au long du processus législatif, il n’ait pas été donné la priorité à une étude médicale et scientifique » favorable à l’acétamipride.

Le corps médical et scientifique était pourtant vent debout contre cette loi depuis des semaines… sans réaction du chef du gouvernement.

Autres reculs marquants durant ce mandat : l’adoption de la loi d’orientation agricole, qui dépénalise les atteintes aux espèces protégées lorsqu’elles ne sont pas commises « de manière intentionnelle », ou encore la loi de Simplification, adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale.

Celle-ci facilite l’implantation de projets d’infrastructures et de réacteurs nucléaires, recule sur l’objectif de « zéro artificialisation nette » (ZAN) et supprime les zones à faibles émissions (ZFE). François Bayrou s’était opposé à ces deux dernières mesures, mais avait été lâché par les députés du bloc macroniste.

Lire aussi : Le fiasco des ZFE : comment en est-on arrivé là ?

Ajoutons aussi à cette funeste liste le budget 2025. « François Bayrou a effectué des coupes budgétaires extrêmement importantes dans beaucoup de domaines », rappelle Anne Bringault : la mission Écologie a été sabrée de 2,1 milliards d’euros. Les principales victimes ont été le programme d’aide aux particuliers pour la rénovation thermique des bâtiments (MaPrimeRénov’), les aides à l’achat de véhicules électriques, les soutiens publics aux énergies renouvelables, à l’agriculture bio, aux collectivités…

Pour le budget 2026, il n’a prévu une augmentation de la mission Écologie que de 600 millions d’euros. Selon les économistes Jean Pisani-Ferry et Selma Mahfouz, qui est inspectrice générale des finances, il faudrait 30 milliards d’euros supplémentaires par an d’ici à 2030 pour financer la transition écologique.

« Il n’a aucune vision et aucun intérêt particulier pour l’écologie »

« Ses coupes budgétaires sur l’écologie ont essentiellement supprimé des aides directes aux Français, a commenté Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, dans un entretien à Reporterre. Concrètement, cela signifie que des gens vont continuer à vivre dans des passoires thermiques, vont rester coincés avec un véhicule ancien et galérer à payer du carburant. »

Depuis sa nomination à Matignon le 13 décembre 2024, François Bayrou n’a montré aucun désir d’agir pour les questions climatiques, de biodiversité ou de limites planétaires. « On l’a rencontré une fois, il ne s’est même pas donné la peine de faire un discours introductif, raconte Anne Bringault, du Réseau Action Climat. Il n’a clairement aucune vision et aucun intérêt particulier pour la transition écologique, hormis certains sujets qui le passionnent, comme la géothermie. »

Lire aussi : Bayrou Premier ministre, un macroniste pur jus peu porté sur l’écologie

Lors de sa passation de pouvoir avec son prédécesseur, Michel Barnier, François Bayrou avait déjà fait du « déficit et de la dette » ses priorités, sans prononcer une seule fois le mot « écologie ». Un mois plus tard, pendant son discours de politique générale devant l’Assemblée, il avait seulement estimé que la France en faisait déjà beaucoup pour la transition écologique, « mieux et davantage qu’aucun autre pays du monde ». Il avait promis de poursuivre cet engagement, notamment en finalisant la stratégie nationale bas carbone… prévue pour 2023 et que nous attendons encore.

Le même jour, François Bayrou s’était aussi mis à dos les agents de l’Office français de la biodiversité – alors qu’ils subissaient des menaces et des violences depuis des mois – en estimant que « quand [ils] viennent inspecter les fossés ou les points d’eau avec une arme à la ceinture, dans une ferme déjà mise à cran par la crise, c’est une humiliation ».

Passion pour l’avion

Pendant huit mois, aucune amélioration n’a été constatée dans son discours, ni dans ses actes. Le Premier ministre, également maire de Pau (Pyrénées-Atlantiques), a multiplié les vols en jet présidentiel pour se rendre aux conseils municipaux, ou — le comble — pour tenir un discours à Biarritz sur les énergies renouvelables.

Le média Contexte a également révélé que François Bayrou avait, dans une lettre, appelé « tous les acteurs économiques de l’agglomération » de Pau à prendre l’avion le plus possible, lorsque leurs activités professionnelles devaient les conduire à Paris. Un conseil contraire aux recommandations scientifiques, qui préconisent de réduire le trafic aérien pour limiter les émissions de gaz à effet de serre.

Le gouvernement de François Bayrou a également défendu coûte que coûte le chantier d’autoroute A69 entre Toulouse et Castres, qui détruit des terres, des zones humides et la biodiversité locale. Alors que le tribunal administratif de Toulouse avait annulé l’autorisation environnementale du projet en février, l’État a demandé un sursis à exécution pour permettre la reprise des travaux en attendant la procédure d’appel, qui lui a été accordé. Le fond du dossier devrait être jugé en novembre.

« On attend un sursaut »

Selon les chiffres du Citepa (l’organisme mandaté par le ministère de la Transition écologique), les émissions de gaz à effet de serre n’ont baissé que de 1,8 % en France en 2024. Pire, il prévoit une baisse de seulement 0,8 % en 2025. « C’est catastrophique, alerte Anne Bringault. Il faudrait une baisse de 5 % par an [pour respecter nos engagements climatiques]. » Au début du mois de juillet, le Haut Conseil pour le climat – créé par Emmanuel Macron lui-même – a d’ailleurs sonné l’alerte et appelé à un « sursaut collectif ».

Alors que l’été 2025 a été le troisième plus chaud jamais enregistré en France et que des incendies ont à nouveau ravagé des milliers d’hectares, François Bayrou s’est maintenu dans l’immobilisme. Des documents stratégiques, comme la programmation pluriannuelle de l’énergie (attendue depuis deux ans et censée diminuer la part des énergies fossiles dans la consommation énergétique), n’ont toujours pas été publiés.

« On attend un sursaut, dit Anne Bringault, du RAC. On a vu les incendies, la sécheresse, la rentrée scolaire décalée dans les Bouches-du-Rhône : les impacts du changement climatique sont très concrets et l’opinion publique en est consciente. On l’a vue mobilisée aussi contre la loi Duplomb. »

Selon elle, la chute quasi certaine du gouvernement de François Bayrou va placer Emmanuel Macron dans « une sorte de cohabitation, puisqu’il n’a pas la majorité ». De quoi laisser la place à un « gouvernement qui prend des décisions [sur l’écologie], qui a une marge de manœuvre. Le Parlement doit également se secouer ». Au risque que le temps perdu ne soit jamais rattrapé. 

Sources: reporterre.net

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vendredi 5 septembre 2025

Le 10 septembre monte en puissance – Après l’Élysée, panique à bord chez les renseignements généraux


 10 septembre. « L’effervescence relevée sur les réseaux sociaux et dans certaines boucles cryptées commence à se traduire concrètement sur le terrain ». Le 10 septembre approche. Les renseignements généraux paniquent. 

Ces mardi et mercredi 2 et 3 septembre 2025, plusieurs médias ont révélé le contenu d’une note interne diffusée la veille par les renseignements territoriaux et la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris. Dans le document de six pages, les services de l’État entérinent la montée en puissance du mouvement de contestation du 10 septembre. Attestant à leur tour de l’incroyable effervescence qui partout grandit à mesure que se multiplient les assemblées citoyennes de préparation au jour J, les renseignements généraux ne peuvent cacher leur panique à l’approche d’une marée populaire dont ils sous-estiment encore l’ampleur.

Le 10 septembre monte en puissance. Après l’Élysée, panique à bord chez les renseignements généraux. Notre brève.

« Une journée qui comptera » : malgré leur mépris et leurs tentatives de criminalisation, les renseignements généraux forcés de reconnaître la montée en puissance du mouvement 

Depuis plusieurs semaines et de manière chaque jour plus intense, le gouvernement et ses soutiens multiplient les interventions médiatiques pour tenter de décrédibiliser et de criminaliser le mouvement à venir du 10 septembre. Depuis le début de semaine, les voilà désormais épaulés par les renseignements généraux.

Par une note interne ayant pu être consultée par plusieurs médias ces mardi et mercredi 2 et 3 septembre, voilà donc que les renseignements territoriaux et que la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris alertent sur l’ampleur d’une mobilisation pour laquelle ils ne parviennent à cacher leur mépris.

« Mouvement horizontal où chacun fait ce qu’il veut » ; « Les images ne seront pas belles » ; insistance accrue sur des risques de violence et de prise en main du mouvement par des « groupes radicaux et violents » ; mise sur le même plan des cortèges pacifiques et des actions de sabotage : le vocabulaire méprisant et les obsessions sécuritaires des renseignements généraux à propos du mouvement du 10 septembre témoignent d’une incontestable volonté d’instrumentalisation des peurs, de criminalisation et de décrédibilisation anticipée de la lutte, méthode classique des tenants de l’ordre établi en temps de crise.

Mais alors que la peur les saisit à l’approche d’une mobilisation qu’ils semblent encore sous-estimer, les renseignements généraux sont bien contraints de reconnaître l’ampleur du mouvement qui vient, d’attester de la « grogne [et de la] colère » sociale et politique qui l’inspire. Ainsi, la note parle du 10 septembre comme d’une « journée qui comptera », insistant sur une mobilisation qui se prépare aux quatre coins du pays, d’une « dynamique » et d’actions qui se multiplient « en tous points du territoire, dans les villages comme dans les grandes agglomérations ».

Ces actions préparatoires impliquant plusieurs centaines de personnes, ces « assemblées générales où les gens se voient et échangent concrètement », où « chacun y va de son idée » et où les militant·es insoumis·es prennent toute leur part. L’insoumission les évoquait déjà dans ses colonnes en début de semaine à travers un reportage dans deux assemblées citoyennes tenues à Montreuil et à Lyon. 

Pour aller plus loin : « Macron doit partir ! » – Succès et multiplication des assemblées citoyennes de préparation du 10 septembre

10 septembre : une mobilisation dont le responsable dort bien au chaud à l’Élysée

Cette note des renseignements généraux paraît tout droit sortie du formol. D’abord par la stratégie usée et sur-usée de la criminalisation et de la décrédibilisation anticipée de la lutte au travers d’une note ayant opportunément filtré par les canaux de quelques grands médias.  

Ensuite et surtout parce qu’elle semble à peine découvrir et évaluer l’ampleur et la nature d’une situation de ras-le-bol social et politique dont les premiers responsables dorment encore au chaud à Matignon et à l’Élysée, le ventre bien garni de ce qu’ils extorquent au peuple pour se gaver et gaver les leurs. 

Pour aller plus loin : En 23 ans, + 94 % pour le patrimoine des 10 % les plus riches, – 54 % pour celui des 10 % les plus pauvres

Le président de la République est plus impopulaire encore que pendant la mobilisation des Gilets Jaunes. 67 % des Françaises et des Français réclament son départ. Le gouvernement va chuter du fait du déni de démocratie issu des dernières élections législatives.

Mais ce qu’il reste encore de la Macronie et de ses soutiens, aujourd’hui épaulés par les renseignements généraux, tente désormais de faire trembler le plus grand nombre à l’idée de blocages et de cortèges pacifiques. Pourtant, sans leur politique de maltraitance sociale, sans leur autoritarisme grandissant, sans leur racisme à peine voilé et s’ils avaient reconnu le résultat des dernières élections législatives en appelant le Nouveau Front Populaire à gouverner, la situation ne serait pas ce qu’elle est.

Alors, pendant que le Parti socialiste et le Rassemblement national multiplient les combines politiciennes pour trouver un remplaçant à Bayrou, la mobilisation du plus grand nombre pour réclamer le départ d’Emmanuel Macron est devenue inévitable. 

Les renseignements généraux ont raison : le 8 et le 10 septembre seront des dates qui compteront. La France insoumise et ses militant·es y prennent déjà toute leur part.

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https://x.com/FranceInsoumise/status/1962966480133263482

Sources:linsoumission.fr (Eliot Martello)





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jeudi 4 septembre 2025

« Macron doit partir ! » – Succès et multiplication des assemblées citoyennes de préparation du 10 septembre.

 10 septembre. L’insoumission.fr et Informations Ouvrières s’associent pour proposer à leurs lecteurs des contenus sur les résistances et les luttes en cours aux quatre coins du pays. Pour ce nouvel article, nos deux médias vous parlent des assemblées citoyennes qui se sont déroulées à Montreuil et Lyon.

Le mouvement du 10 septembre n’en finit pas de prendre de l’ampleur. Pendant qu’Emmanuel Macron, le RN et le Parti socialiste multiplient les combines politiciennes pour trouver un remplaçant à Bayrou, des assemblées citoyennes s’organisent d’un bout à l’autre du pays pour préparer le 10 septembre. 400 personnes le 28 août à Paris, 200 à Lille, 300 à Montreuil, 200 à Montpellier, 180 à Grenoble, 300 à Lyon.

Dans les assemblées, des jeunes, des syndicalistes, des gilets jaunes, des militants insoumis, s’organisent. L’objectif « Pot de départ de Bayrou le 8, démission de Macron le 10 » est sur toutes les lèvres. Revendications, actions, protection face à la répression, cantines solidaires, des groupes de travail sont mis en place pour planifier méthodiquement le 8, le 10 et ses suites. Notre reportage.

Lyon : plus de 300 à l’assemblée citoyenne le 28 août 

À Lyon, la première assemblée citoyenne avait réuni mi-août une vingtaine de personnes. Dimanche 24 août, ils étaient 55 à se réunir au Parc de la Tête-d’Or.

Ce jeudi 28 août, pour permettre la tenue de la troisième assemblée citoyenne, une salle avait été réservée par un syndicat à la Bourse du travail, mais le comité d’administration de celle-ci a finalement refusé l’accès à la salle au motif que la réunion ne serait « pas syndicale » … L’assemblée citoyenne débute donc en plein air, malgré un temps menaçant, sur la place devant la Bourse du travail, lorsqu’un participant s’écrie : « Réunissons-nous à la Bourse ! Elle est à nous ! »

Ce ne sont pas moins de 300 personnes, en grande majorité des jeunes, mais aussi des syndicalistes, des militants LFI, des anciens gilets jaunes… qui investissent donc finalement la plus grande salle de la Bourse du travail de Lyon pour tenir l’Assemblée citoyenne.

Malgré cette participation massive, la détermination et l’enthousiasmes manifestes, l’Assemblée citoyenne s’est déroulée dans le plus grand calme, les intervenants se succédant au micro pour donner leurs points de vue dans les débats, rassemblés par l’exigence d’en finir avec les mesures du gouvernement Macron/Bayrou et plus largement avec ces institutions antidémocratiques, rassemblés par la volonté de faire partir les macronistes du pouvoir.

Les participants se sont scindés en différents groupes : revendications, actions, communications, protection des militants, cantine solidaire…

Dans le groupe « revendications », si le rejet du budget Bayrou et de la réforme des retraites sont réaffirmés, ainsi que d’autres revendications, c’est l’exigence d’arrêt de la guerre qui est restituée en premier par le groupe en Assemblée générale, en plénière.

Dans le groupe « actions », les participants s’interrogent : que faire le 10 septembre ? Certains évoquent une manifestation traditionnelle. Beaucoup indiquent que les défilés ne permettent pas forcément la victoire (un militant évoque les 14 manifestations de la mobilisation pour le retrait de la réforme des retraites) et qu’il est nécessaire d’organiser des actions de blocages pour perturber le fonctionnement économique de la ville.

Faut-il bloquer des grands axes au risque de se mettre à dos la population ? Faut-il au contraire organiser des opérations plus sympathiques du type « péage gratuit » ? Comment attirer le plus grand nombre dans ces actions tout en les organisant discrètement ?

Le lendemain de l’Assemblée générale, l’annonce d’une journée d’action le 18 septembre par l’intersyndicale fait débat sur le fil de discussions, qui par ailleurs se renforce : 900 inscrits dimanche 24 août, 1400 le jeudi suivant au moment de l’Assemblée générale et maintenant 1800 dimanche 31 août !

Certains sont véhéments : « Les syndicats sont des traitres une fois de plus ».

D’autres sont plus nuancés : « On ne peut pas en attendre bien plus de la CFTC, UNSA , CFDT, CGC. Cela permet de poser un deuxième jalon. CGT et SUD ont appelé à des actions le 10, FO a déposé un préavis de grève, il y a des Assemblées générales un peu partout. C’est plutôt un bon signe » ou bien « L’appel à manifester le 18 n’est pas incompatible avec le mouvement à partir du 10 que d’autres syndicats soutiennent (notamment, CGT, Solidaires…) sans se l’accaparer pour autant. Des préavis de grève sont déposés à partir du 1er septembre ont été déposés. »

Ces discussions se poursuivront dans les différentes Assemblées générales prévues cette semaine.

Pour aller plus loin : « Le 10 septembre, il faut virer Macron ! » – 67 % des Français appellent à la démission du chef de l’État

300 en Assemblée générale à Montreuil pour organiser le blocage le 10 septembre : récit d’une correspondante 

Dimanche, je suis allée à l’Assemblée générale de Montreuil qui proposait de se réunir pour organiser la journée du 10 septembre. Je m’étais déjà rendue à celle organisée pour toute l’île de France dans un parc à Paris où nous étions très nombreux. Je ne m’attends pas y à voir autant de monde car il s’agit d’une Assemblée générale pour Montreuil et les communes alentour.

Finalement nous sommes plus de 300 à cette Assemblée générale. Tout le monde se tait. Une personne explique que c’est le collectif inter-luttes de Montreuil qui a proposé de se réunir pour organiser les points de blocage et recenser les besoins logistiques. Puis un grand silence se fait.

Chacun attend qu’une première personne prenne la parole qui au début se fait timide. Petit à petit les mains se lèvent, les interventions sont courtes et précises. Les premières personnes à parler sont les membres de tiers-lieux qui expliquent qu’ils sont prêts à mettre à disposition leur cantine pour alimenter les points de blocage. Puis une personne explique que pendant les grèves sur les retraites elle gardait les enfants, elle propose de constituer une garderie d’enfants pour que les parents puissent soutenir les profs en grève et bloquer avec eux les écoles.

Beaucoup reviennent sur les expériences passées, la répression pendant le mouvement de grève contre la réforme des retraites et le mouvement des gilets jaunes. La salle écoute attentivement, chaque intervention est là pour rassurer, donner confiance. « Oui la répression existe mais on vous a distribué un fascicule pour savoir comment vous comporter face à la police, qui contacter ».

Une street-medic (médecin de rue) prend la parole et explique qu’elle peut monter un atelier pour éviter les crises de panique. C’est utile car dans la salle il y a certes beaucoup de jeunes mais aussi des personnes d’un certain âge qui n’ont pas l’habitude. Je ne peux pas tout détailler de ce qui est proposé mais ce qu’il faut retenir c’est que l’assemblée est peuplée de gens qui se proposent d’aider à l’organisation du mouvement concrètement.

Des avocats, des médecins, des anciens gilets jaunes dont une qui explique: « on est parti bille en tête dans le mouvement des gilets jaunes on n’était pas organisés. Là on veut aller jusqu’au bout, il faut prendre le temps de réfléchir et de s’organiser pour y arriver. » Elle dit ensuite que l’expérience des gilets jaunes a montré que tout le monde pouvait bloquer le pays et pas seulement les travailleurs. Ce qui encore une fois renforce la confiance dans la salle.

Il y a aussi des syndicalistes mais qui ne sont pas là pour prêcher pour leur paroisse. Les profs qui se sont déjà réunis dans leurs établissements et ont voté la grève disent « on est syndicalistes, on est prêt à se mettre à la disposition du mouvement. À aller dans d’autres établissement pour aider à bloquer, pour encadrer les lycéens contre la répression ». Un groupe « anti-répression s’organise.

Un étudiant dit : « peut-on monter un groupe lycéen-étudiant? Le 11 c’est la fin de Parcoursup on est plein à ne pas avoir de place en fac et j’ai des copains ils n’ont pas de place en lycée, c’est la rectrice de Paris qui gère toute l’île de France ». On décide de monter un groupe sur cette question.

On revient sur les dangers des blocages, des manifs, de la répression. Les « anciens » qui ont vécu le mouvement des gilets jaunes et celui des retraites disent que « c’est vrai on va pas mentir c’est dangereux. Mais attention on peut y arriver on n’est pas tout seul ». Quelqu’un explique qu’ il y a la première ligne mais qu’on est pas obligé d’en être, qu’on peut aussi rester à l’arrière pour la logistique, pour s’occuper de la cantine et des enfants. C’est tout aussi important pour aller jusqu’au bout.

Un tour de parole se fait ensuite pour déterminer les endroits à bloquer. Ça va vite, on note sur un tableau les propositions. Mais quelqu’un intervient et dit: « il faut se compter, combien sont ok pour tel endroit de telle heure à telle heure? » Se compter, mesurer sa force, essentiel.

Enfin dans les dernières interventions, une discussion a lieu sur le pouvoir de décision du peuple. Une personne dit : « C’est pas parce que Bayrou s’en ira qu’un nouveau gouvernement améliorera notre condition. On ne doit pas attendre qu’un gouvernement décide pour nous, il faut qu’on décide nous même ». Cette personne expliquera aussi qu’elle a participé à une puis 2 puis 3 Assemblée générale pendant les vacances à Lille d’où elle est originaire. Elle explique: « au début nous étions 60 puis la suivante 80 et ensuite 120, et là je vois qu’on est de plus en plus nombreux ».

Détermination, pouvoir de décision, solidarité, se donner confiance, s’organiser pour tout bloquer sans attendre les mots d’ordre d’une quelconque organisation, voilà les mots clés retenus de cette Assemblée générale à Montreuil.

Exergue : « Détermination, pouvoir de décision, solidarité, se donner confiance, s’organiser pour tout bloquer »

Petite liste non exhaustive des structures syndicales qui appellent à se saisir du 10 septembre…


  • La fédération CGT de la métallurgie
  • La fédération CGT des services publics
  • La fédération CGT de la santé et de l’action sociale
  • La fédération CGT du Commerce et des services
  • La fédération CGT des Finances Publiques
  • La fédération CGT des cheminots

  • La fédération FO des cheminots
  • La fédération FO de l’enseignement et de la culture
  • L’union syndicale Solidaires
  • L’union syndicale Lycéenne (USL)
  • La confédération paysanne
  • Les Unions départementales CGT – FO – FSU – Solidaires et Confédération paysanne du 21
  • Les Unions départementales CGT – FO – FSU – Solidaires du 43
  • L’union départementale FO du 44
  • L’union départementale FO du 49

  • L’Union départementale CGT du 80
  • Les syndicats CGT – FO – Sud et CFDT du CHU d’Amiens
  • L’Union départementale CGT du 13
  • La Chambre syndicale des Employés et Cadres FO des organismes de Sécurité sociale d’Ile de France
  • L’union régionale FO des cheminots de PACA
  • FO cheminots de Paris Saint-Lazare et Paris Nord
  • FO cheminots du 21
  • La Coordination syndicales Départementale des services publics CGT du 95
  • La CGT santé et action sociale du 95
  • L’Union locale CGT de Pau

  • L’union locale CGT de Toulon
  • Le syndicat CGT de France-Travail de la région Paca
  • Le syndicat FO France-Travail d’Ile-de-France
  • Le syndicat CGT de la Caisse des dépôts
  • FO Com d’Ile-de-France
  • FO Ratp – pôle traction
  • FO de la Carsat Sud-Est
Sources:linsoumission.fr


 
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mercredi 3 septembre 2025

Désintox – L’exil fiscal dû à une hausse de la fiscalité ? Un mythe qui sert les plus riches

 

Riches. On nous répète depuis des décennies le même refrain : taxer les plus riches les ferait fuir, et la France perdrait plus qu’elle ne gagnerait. C’est l’argument brandi par François Bayrou pour justifier son refus de la taxe Zucman, cet impôt minimal de 2 % sur le patrimoine des 1 800 personnes les plus riches du pays. Le même argument d’un certain Emmanuel Macron pour abroger, dès son arrivée à l’Élysée en 2017, l’Impôt sur la Fortune. Problème : une nouvelle étude du Conseil d’analyse économique (CAE), un organisme de recherche indépendant rattaché à Matignon, vient démonter ce discours. Désintox.

Les faits : les riches s’expatrient peu

Les données administratives inédites mobilisées par le CAE sont claires : seuls 0,2 % du top 1 % des plus riches s’expatrient chaque année, soit deux fois moins que la population française dans son ensemble. Même lors de la hausse de la fiscalité du capital en 2013, l’augmentation des départs est restée infime : +0,04 à +0,09 point de pourcentage.

À l’inverse, la suppression de l’ISF et la mise en place de la flat tax en 2017 n’ont provoqué qu’une baisse dérisoire des départs : -0,01 à -0,06 point. En rapportant l’ampleur de ces réactions à celle du choc fiscal, l’étude estime qu’une hausse de 1 point de la fiscalité du capital se traduit à long terme par une expatriation additionnelle comprise entre 0,02 et 0,23 % des plus hauts patrimoines.

En clair : rétablir l’ISF (3 à 4,5 milliards de recettes pour l’État) provoquerait le départ à l’étranger de… 1 riche sur 1 000 à 1 riche sur 100. L’étude conclut elle-même que « les flux totaux d’expatriation restent très faibles ».

Pour aller plus loin : Budget 2026 – La taxe Zucman, cet impôt sur les grandes fortunes balayé par Bayrou qui préfère geler les prestations sociales et les pensions

Un impact économique dérisoire

Même si certains riches propriétaires d’entreprises s’en vont, les effets macroéconomiques restent microscopiques. Dans le scénario d’un retour de l’ISF en France, les pertes maximales seraient de -0,03 % du chiffre d’affaires global, de -0,05 % de la valeur ajoutée, et de -0,04 % de l’emploi total. Rien qui ne justifie de laisser filer des milliards de recettes fiscales.

Le vrai problème : l’optimisation fiscale

Le CAE le rappelle : l’exil fiscal n’est qu’un écran de fumée. La vraie hémorragie vient de l’optimisation et de l’évasion fiscale. Une étude scandinave citée montre que sur 1 € de nouvel impôt, seuls 26 centimes sont réellement perçus, car les riches déploient des stratégies sophistiquées pour contourner la loi. Voilà donc là qu’il faut frapper fort : fermer les niches, renforcer les contrôles, s’attaquer aux paradis fiscaux.

Études internationales : les mêmes résultats

Ce n’est pas qu’en France que ce mythe s’effondre. Une étude de grande qualité menée par Jakobsen, Kleven, Kolsrud, Landais et Munoz sur les données suédoises et danoises conclut qu’un impôt sur la fortune à 1 % ne provoque à long terme que 2 % de départs, pour un impact économique quasi nul : -0,05 % d’emploi et -0,07 % d’investissement total. Même résultat au Royaume-Uni dans une étude publiée en mai 2025 : les patrimoines élevés bougent très peu, bien moins que ce que racontent les néolibéraux.

Les insoumis avaient vu juste avant les autres

Tout cela, les Insoumis le disent depuis longtemps : l’exil fiscal est un mythe, les discours néolibéraux sont du flan. Ce qui compte, c’est la justice fiscale. La taxe Zucman rapporterait 20 milliards d’euros par an. C’est deux fois plus que les coupes envisagées par Bayrou dans les affections de longue durée (ALD) ou l’année blanche de prestations sociales (qui ne « rapporteraient » qu’une dizaine de milliards, en réalité pris dans la poche des malades et des travailleurs).

Alors, entre taxer les milliardaires ou taper sur les malades chroniques et les salariés, le choix est vite fait. Par ailleurs, face à l’optimisation et aux paradis fiscaux, des économistes comme Gabriel Zucman, Emmanuel Saez et Thomas Piketty défendent l’idée d’un impôt universel. Le principe est simple : si un riche est français, il doit payer ses impôts en France, quel que soit l’endroit où il cache sa fortune. Concrètement, un milliardaire ne pourrait plus échapper au fisc en plaçant son argent au Luxembourg ou aux îles Caïmans. Ses avoirs seraient déclarés et taxés par la France, car c’est ici qu’il réside, qu’il bénéficie des infrastructures, des services publics, etc.

En finir avec les contes pour enfants

Les chiffres sont clairs, en France comme à l’international : l’exil fiscal est marginal et ses effets économiques insignifiants. Ce qui coûte cher à la France, ce sont les cadeaux fiscaux aux plus riches et leur optimisation à grande échelle.

Il est temps d’en finir avec ces contes pour enfants servis par Bayrou et les libéraux. L’ISF doit être ratabli, la taxe Zucman instaurée. L’optimisation fiscale doit être prise à bras le corps. L’argent existe : il est dans les poches des plus riches. Il doit financer la bifurcation écologique et sociale.

Sources:linsoumission (Elias Peschier

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lundi 1 septembre 2025

Global Sumud Flotilla : la plus grande initiative citoyenne pour briser le blocus à Gaza s’élancera cette semaine

 

Flottille/Flotilla. Après la première tentative du Madleen avec à son bord Greta Thunberg et Rima Hassan en juin dernier, après la caravane Soumoud, en solidarité avec Gaza stoppée par les autorités libyennes, après la « Marche mondiale vers Gaza » arrêtée à l’est du Caire, la flottille « Handala » avec son bord les insoumises Emma Fourreau et Gabrielle Cathala, d’innombrables autres tentatives de briser le blocus, pour lesquelles nous relations l’espoir qu’elles suscitent dans un article précédent, la Global Sumud Flotilla s’élancera dans les prochains jours. Il s’agit de la plus grande tentative maritime jamais réalisée pour briser le blocus illégal et meurtrier à Gaza. Les parlementaires insoumis Thomas Portes, Marie Mesmeur et Emma Fourreau en seront. Notre article.

La plus grande tentative maritime jamais réalisée afin de briser le blocus

Des dizaines de bateaux partant d’Espagne, d’Italie et de Tunisie s’élanceront dans les prochains jours vers Gaza. C’est la plus grande tentative maritime jamais réalisée afin de briser le blocus illégal mené par Israël, alors que l’état de famine a été déclaré à Gaza par l’ONU à la fin du mois d’août, et qu’Israël continue d’asphyxier les Gazaouis.

Alors que seulement 534 camions d’aide humanitaire sur 3 000 prévus ont pu entrer dans la bande de Gaza et que la communauté internationale continue ici de livrer des armes à Israël (Amnesty, 16 juin 2025), la Global Sumud Flotilla transportera, de manière symbolique, de l’aide humanitaire, de la nourriture et des médicaments. Une opération symbolique certes, mais qui permet une fois de plus de montrer la cohésion des peuples face aux atrocités d’un Gouvernement génocidaire.

Ce dernier prévoit une offensive terrestre d’ampleur sur la ville de Gaza en septembre. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou souhaite en effet « terminer le travail » selon ses dires (Franceinfo, 21 août 2025), alors que 86,3 % du territoire est déjà militarisé par Israël, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU. 

Pour aller plus loin : Flottille de la Liberté : Jean-Noël Barrot se vautre dans l’insulte contre l’initiative humanitaire visant à briser le blocus de Gaza

Les députés LFI Emma Fourreau, Thomas Portes et Marie Mesmeur à bord de la flottille

L’espoir persiste donc en le départ de cette nouvelle flottille. La députée européenne La France Insoumise Emma Fourreau sera présente. Elle était déjà partie en juillet dernier à bord du Handala, navire de la Flottille de la liberté kidnappé illégalement par l’armée israélienne à quelques dizaines de kilomètres des côtes de Gaza. Les députés de Seine-Saint-Denis Thomas Portes ainsi que d’Ille-et-Vilaine Marie Mesmeur feront aussi partie de la flotte.

Autour d’eux, la militante suédoise Greta Thunberg ou l’acteur irlandais de Game of Thrones Liam Cunningham feront également partie de la traversée. Frank Romero, avocat international franco-américain et ex-membre de l’équipage du Handala avec l’eurodéputée Emma Fourreau se confiait à RFI.


















Pour lui, ce qui est nouveau, c’est qu’il s’agira ici d’« un groupe massif de bateaux et d’activistes qui viennent de tous les coins du monde » (RFI, 31 août 2025). Thiago Avila, activiste brésilien, avait quant à lui certifié qu’il était question de « la plus grande mission de solidarité de l’histoire ». Lors du meeting de clôture des Amfis – les universités d’été de la France Insoumise – fin août, Mathilde Panot avait promis qu’un Gouvernement Insoumis garantirait la protection des militants vers Gaza en les accompagnant avec la Marine nationale française.

Là encore, concernant la flottille partant de Barcelone, de Sicile ou de Tunis, les Gouvernements européens se taisent et ne garantissent en rien la sécurité de militants courageux souhaitant, à leur échelle, combattre le génocide en cours. L’ancienne maire de Barcelone, Ada Colau, fera quant à elle partie de la flottille. Jaume Collboni, actuel maire de la ville, s’est vue refusée son en Israël pour son soutien au mouvement. 

Une traversée de plus en plus menacée par le Gouvernement génocidaire israélien

La traversée n’est pas sans risques. Si depuis 2007, 37 missions en mer ont été organisées pour contrer le blocus israélien, dix militants turcs ont bien été tués par l’armée israélienne en 2010. Alors que des vents trop forts ont reporté le départ de Barcelone de quelques jours, d’autres bateaux partiront bien de Tunis et de Sicile.

Plus de 18 000 personnes s’étaient portées volontaires pour cette traversée, représentant près de 160 nationalités différentes (Le Huffingtonpost, 31 août 2025). Greta Thunberg a d’ores et déjà appelé à ce que la Global Sumud Flottilla soit suivie par des milliers d’autres bateaux à l’avenir afin de faire respecter le droit international et d’apporter une aide aux habitants de Gaza. 

La réponse du Gouvernement israélien à cette nouvelle flottille ne s’est pas fait attendre. Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir considère que la mission humanitaire est une soi-disant « opération de soutien au Hamas » (i24news, 31 août 2025). Ce ministre plaide depuis des mois pour la colonisation complète de Gaza. Ce ministre fait partie du sionisme religieux (Franceinfo, 24 août 2025), soit de l’aile la plus conservatrice du gouvernement israélien. Ainsi Ben-Gvir appelait-il à « envahir la bande de Gaza avec force, occupation, colonisation, et ne pas laisser entrer l’aide humanitaire » au mois de mai.

Le plan du ministre prévoit l’incarcération des militants, que le gouvernement considérerait comme des terroristes, dans les prisons israéliennes. Le gouvernement israélien affirme là encore que les militants courageux de la flottille violeraient une zone militaire. Il induit ainsi que la bande de Gaza a été colonisée de fait. 

Les menaces de plus en plus fournies de l’extrême droite israélienne vis-à-vis des initiatives pacifistes visant à briser le blocus sont de plus en plus fortes. Elles traduisent, comme les kidnappings successifs des bateaux tentant de traverser la Méditerranée, une véritable crainte pour le Gouvernement israélien que le blocus soit un jour brisé par des milliers de bateaux. Militants et citoyens engagés pour la défense du peuple palestinien peuvent au moins constater que ces actions pacifiques dérangent véritablement le Gouvernement génocidaire israélien. Un jour, celui-ci perdra.

Sources:linsoumission.fr     (Par Alain Bloyé)


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