En milieu de journée, l’on apprenait le sauvetage d’Ursula von der Leyen, grâce aux républicains, socialistes et macronistes européens. « Une préfiguration d’une grande coalition française ? Heureusement, les écologistes ont désobéi à leur consigne de groupe et ont voté à nos côtés », a déclaré Manon Aubry. Retour sur les raisons de la colère. Notre article.
Ursula von der Leyen étrangle l’agriculture européenne
En Europe, les agricultrices et agriculteurs peinent à vivre dignement de leur travail. En France, un agriculteur se suicide tous les deux jours, un drame qui illustre la détresse d’un secteur frappé par une concurrence internationale déloyale. La cause, selon de nombreux syndicats et élus, réside dans les accords de libre-échange signés en série par la Commission européenne. Ces traités permettent l’importation de produits agricoles à bas coût, souvent issus de pays où les normes sanitaires et environnementales sont bien plus faibles, et où sont utilisés des pesticides interdits en Europe. La Commission européenne actuelle détient le record du nombre d’accords de libre-échange signés.
Dernier en date : l’accord avec le Mercosur, alliance commerciale regroupant plusieurs États d’Amérique du Sud. En favorisant l’entrée sur le marché européen de produits issus de fermes-usines industrielles et chargés de pesticides souvent interdits en Europe, ce traité menace encore davantage la survie de l’agriculture européenne.
La Commission européenne la plus climatosceptique de la décennie.
Alors que la planète a franchi sept des neuf limites planétaires identifiées par les scientifiques (réchauffement climatique, effondrement de la biodiversité, sécheresses à répétition) l’Union européenne semble ignorer l’urgence.
Les ambitions du Green New Deal, autrefois présentées comme le socle de la transition écologique européenne, s’étiolent. Les réglementations contre la déforestation sont repoussées, d’abord d’un an puis désormais de deux, et le dernier paquet législatif dit « omnibus » détricote nombre d’avancées sociales et environnementales, notamment le devoir de vigilance des multinationales qui garantissait la fin de l’impunité des grosses entreprises qui détruisent la planète et piétinent les droits humains pour leurs profits.
Pour beaucoup, ces reculs sont le fruit des arbitrages d’Ursula von der Leyen et de sa Commission. À ce sujet, la cheffe de la Commission n’hésite plus à rompre le cordon sanitaire et à s’entendre avec l’extrême-droite pour défaire les réglementations écologiques et sociales.
Une Europe à genoux face aux Etats-Unis
Pour aller plus loin : Les États-Unis étendent leur guerre commerciale contre la Chine
Complicité avec le génocide
Pour ses détracteurs, cette position fait de la Commission un obstacle à l’application du droit international et un complice tacite du génocide en cours à Gaza.
La première motion de censure de gauche de l’histoire
C’était la première fois que le groupe de la gauche au Parlement européen est à l’initiative d’une motion de censure contre la Commission européenne. Cette motion, initiée par les élus insoumis, a été déposée après la récolte de 72 signatures de députés de tous les groupes de gauche au Parlement européen, y compris écologistes et socialistes européens. Cependant, au niveau des élus français, les écologistes et socialistes ont refusé de soutenir le dépôt de la motion de censure. Les écologistes français se sont démarqués en refusant la consigne de vote de leur groupe.
Quoi qu’il en ait résulté, il est certain que la Commission européenne et sa présidente Ursula von der Leyen sont de plus en plus contestées et contestables. Il est maintenant admis que la gauche au Parlement européen a le pouvoir de déposer des motions de censure contre le cœur exécutif de l’Union européenne. Cet événement est à lui seul un tournant qui entrave la Commission européenne d’un poids nouveau : celui de la démocratie.
Sources:linsoumission.fr






