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jeudi 30 octobre 2025

Après 3 ans de bataille juridique, Total est officiellement condamnée pour pratiques commerciales trompeuses

 Le 23 octobre, TotalEnergies a été condamnée par le tribunal judiciaire de Paris pour pratiques commerciales trompeuses concernant une partie de ses communications sur ses « ambitions climatiques » et sa contribution à la transition énergétique.

Le tribunal judiciaire de Paris a condamné la compagnie pétrolière pour allégations trompeuses s’agissant de la communication de la multinationale vis-à-vis des consommateurs. Total avait dit vouloir atteindre la neutralité carbone en respect de l’accord de Paris, mais n’a pas fourni les informations sur comment y parvenir. Ce jugement représente une première mondiale contre une entreprise pétrolière. Il marque une victoire significative dans le refus du greenwashing. Notre article.

Allégations commerciales trompeuses, continuation des projets fossiles et absence de justification

L’action en justice, initiée en 2022 par des ONG environnementales de premier plan (dont Greenpeace France, Notre Affaire à Tous, et Les Amis de la Terre France), visait à dénoncer ce qu’elles considéraient comme un décalage flagrant entre le discours faussement vert de l’entreprise et la réalité de ses investissements et de sa production majoritairement fossile.

Le tribunal a estimé que certaines allégations environnementales de TotalEnergies étaient de nature à induire le consommateur en erreur, notamment en ne précisant pas suffisamment que ses objectifs de neutralité carbone et sa stratégie de transition étaient basés sur un scénario qui lui était propre et qui impliquait, en parallèle, un maintien voire un accroissement de ses activités pétrolières et gazières. Il souligne la contradiction entre d’un côté le message de neutralité carbone et de l’autre la poursuite et l’augmentation de la production et des investissements dans le pétrole et le gaz. 

Le tribunal judiciaire de Paris a estimé que les messages environnementaux de la compagnie « étaient susceptibles d’altérer le comportement d’achat du consommateur » et « de l’induire en erreur », notamment en laissant croire que la compagnie pétrolière pourrait atteindre la neutralité carbone en 2050 tout en continuant à augmenter sa production de pétrole et de gaz.

Pour aller plus loin : Comment Total a fabriqué l’insouciance climatique depuis les années 1970

Les conséquences de la condamnation

La condamnation a plusieurs implications concrètes : financière, d’image et quant aux investissements futurs.

La multinationale polluante devra verser 8 000 euros à chacune des trois ONG plaignantes, Les Amis de la Terre France, Greenpeace France et Notre Affaire à Tous, ainsi que 15 000 euros pour les frais de justice. Total devra aussi retirer de son site internet les messages incriminés et publier un lien vers le jugement dans un délai d’un mois, sous peine d’une astreinte de 20 000 euros par jour. Total devra donc cesser ses allégations trompeuses.

Au-delà des sanctions immédiates, cette décision établit un précédent juridique fort. Elle envoie un signal à l’ensemble des acteurs de l’industrie des énergies fossiles : leur communication sur les enjeux climatiques sera désormais scrutée et potentiellement contestée en justice si elle est jugée trompeuse. Sauf revirement ultérieur de jurisprudence, les compagnies comme Total ne pourront plus prétendre vis-à-vis du grand public de mettre sur un même pied d’égalité les énergies vertes (notamment l’éolien et l’énergie solaire) et les énergies fossiles (notamment le gaz et le pétrole) tout en continuant d’investir massivement dans ces dernières.

Un jugement historique : pour la première fois au niveau mondial, une entreprise est condamnée pour greenwashing

TotalEnergies a, de son côté, déclaré prendre acte du jugement. L’entreprise a toutefois souligné que le tribunal avait rejeté l’essentiel des demandes des ONG, notamment celles relatives à sa communication institutionnelle globale. Le groupe a ainsi cherché à minimiser la portée du jugement, sans toutefois préciser s’il ferait appel.

Cette affaire, on l’espère, marque le début d’une montée en puissance de la justice climatique. Elle illustre le rôle et la détermination des ONG à tenir les grandes entreprises polluantes responsables de l’impact réel de leurs activités. Elle marque un pas important vers un meilleur encadrement de la publicité et de la communication environnementale, obligeant les multinationales à une plus grande sincérité et transparence quant à leurs engagements en matière de transition énergétique.

Alors que les enjeux climatiques sont au cœur du débat public et la priorité absolue du XXIᵉ siècle, cette condamnation est un message sans équivoque : l’ère du greenwashing impuni pourrait dès lors toucher à sa fin. Ce jugement envoie le signal aux plus polluants que le développement de nouveaux projets fossiles, le greenwashing ou tout simplement le manque d’ambition climatique peut avoir un coût financier et inciter le consommateur à les boycotter.

Vers une montée en puissance de la justice climatique ?

La justice climatique peut, eu égard à cette première mondiale, devenir un mécanisme de lutte de plus en plus puissant dans la lutte contre le réchauffement planétaire. Le réchauffement climatique et les dégradations environnementales entravent de nombreuses manières les droits humains et impactent négativement les populations les plus pauvres et les plus vulnérables qui sont les premières touchées. 1 % des plus riches émettent autant de gaz à effet de serre que 66 % des plus pauvres.

Le jugement condamnant Total permet de mettre en lumière le manque absolu d’éthique de la part des compagnies les plus fortunées au détriment de la planète et des êtres humains. Alors que la compagnie rejette chaque année toujours plus de gaz à effet de serre, elle a voulu faire croire à tout le monde avec une vaste opération de greenwashing qu’elle était devenue une actrice à part entière de la transition écologique.

Évidemment, ce n’est pas la première fois que Total ment, cela dure depuis des décennies, depuis les années 1970. Cela ne les empêche nullement de continuer les actions climaticides dans le monde, tel que le forage de 400 puits de pétrole en Ouganda. Pour autant, la dénonciation de ces activités, notamment par les militants écologistes, est désormais renforcée par cette première juridique.

De nombreuses grandes marques font du greenwashing espérant verdir leur image auprès du grand public afin de continuer à vendre leurs produits. McDonald’s, par exemple, utilise les termes « durable » et « éco-responsable » sans fournir de certifications reconnues et en continuant d’utiliser des emballages plastiques non recyclables (En 2009, McDonald’s change en revanche la couleur de son logo du rouge au vert). L’attitude de Total n’est donc pas isolée. Avec la brèche qu’ouvre ce jugement, il est possible et souhaitable que d’autres grandes multinationales soient condamnées pour pratiques commerciales trompeuses en matière de greenwashing.

De nombreux contentieux ont lieu à l’échelle internationale en la matière. Par ce jugement, la justice climatique se renforce et légitime un peu plus les actions écologistes citoyennes. Elle sert de contrepoids légal face à l’inaction et à la pollution des grandes entreprises et permet de faire pression vis-à-vis des autorités afin que ces dernières protègent les droits fondamentaux tels que le droit à l’environnement.

Par ce jugement, il est alors convenu de dire publiquement : Total ment sur ses activités passées, actuelles et à venir. Ce faisant, le tribunal judiciaire de Paris ouvre la voie à une justice verte contre ceux qui verdissent faussement leur image.

Sources:linsoumission.fr (Par Arthur Abbatucci)


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mercredi 29 octobre 2025

Toulouse : quand les urgences racontent le chaos.

  À Toulouse, les urgences du CHU de Purpan et de Rangueil vont adapter leur organisation pour novembre et décembre 2025. L’objectif affiché est de se concentrer sur les cas graves et orienter les autres vers les médecins de ville. Mais derrière cette réorganisation temporaire, c’est tout l’effondrement du système hospitalier français qui se révèle avec des services saturés, une médecine de proximité presque absente et des équipes épuisées. Dans ce contexte, le budget Lecornu impose des coupes à la tronçonneuse qui vont aggraver une situation déjà chaotiques. Avec à la clé, des vies brisés, et des patients tués faute de moyens. Notre article.

Une réorganisation imposée par le manque de personnel

Pour les mois de novembre et décembre, les urgences adultes du CHU de Toulouse vont fonctionner différemment. L’activité sera désormais réservée aux patients ayant besoin d’hospitalisation ou de soins hospitaliers, et les lits ambulatoires seront temporairement fermés, ce qui signifie que les consultations externes dans l’unité d’urgences ambulatoires seront suspendues. Cette réorganisation fait face à un constat alarmant. Le service manque d’environ 25 % de son effectif médical.

Des infirmiers supplémentaires seront présents à l’accueil, et les soins se concentreront sur les cas les plus graves. Les patients jugés « non urgents » seront orientés vers la médecine de ville. Cette réforme se veut temporaire, mais dans la réalité, elle met en lumière un problème plus profond. La médecine de proximité, censée prendre le relais, est presque inexistante et les urgences restent le dernier recours pour beaucoup.

La raison principale de cette réorganisation est simple. Le CHU peine à recruter. La profession d’urgentiste, déjà en tension depuis des années, n’attire plus. Les jeunes médecins fuient des conditions de travail devenues intenables avec des horaires interminables, des nuits à répétition, une pression constante et une reconnaissance minimale. Chaque départ alourdit la charge des équipes restantes, alimentant un cercle vicieux d’épuisement et de désaffection.  

La médecine de proximité quasi inexistante à Toulouse

Dans la métropole toulousaine, près de la moitié des habitants vivent dans des zones médicalement délaissées. Même au centre-ville, obtenir un rendez-vous relève du parcours du combattant. Les étudiants, les précaires, les nouveaux arrivants se retrouvent sans médecin traitant. Les départs à la retraite s’accumulent, tandis que l’installation libérale attire de moins en moins. Dans ce contexte, renvoyer les patients « non urgents » vers la médecine de ville revient à les envoyer dans un désert.

Pour les personnes atteintes de polypathologies, la situation est encore plus critique. Ces patient·es nécessitent un suivi régulier, des prescriptions ajustées avec une coordination entre spécialistes. Sans médecin accessible, les délais s’allongent dangereusement. Chaque orientation vers la ville peut aggraver leur état. Alors, les urgences deviennent la dernière solution.

Des hôpitaux qui implosent

En 2024, les urgences de Purpan et de Rangueil ont accueilli près de 140 000 patients. Un quart d’entre eux s’y sont rendus uniquement parce qu’aucun rendez-vous n’était disponible ailleurs. Le dispositif de tri annoncé ne changera rien à cette réalité. Sans offre de soins de proximité, les patients reviendront. Parfois dans un état aggravé.

L’hôpital absorbe les soins que la ville n’assure plus. Les structures capables de salarier médecins, infirmiers, kinésithérapeutes ou psychologues demeurent trop rares, et l’absence d’une véritable politique de prévention aggrave encore la situation. Les maladies chroniques ne sont pas dépistées à temps, les suivis s’interrompent, les pathologies s’aggravent et les urgences explosent.

Les centres de santé territoriaux devraient devenir l’épine dorsale du système. Ils réuniraient sous le même toit médecins généralistes, spécialistes, infirmiers, kinésithérapeutes et psychologues, tous salariés. Ces structures offriraient une présence médicale durable, une coopération interprofessionnelle réelle et un accès égal aux soins. Elles offriraient aussi un cadre de travail stable et répondraient aux attentes d’une génération de praticiens qui préfère le salariat au libéral.

Mais au-delà des structures, c’est une vision qu’il faut reconstruire. Une santé publique qui reposerait sur la prévention, la proximité et la coopération entre ville, hôpital et territoires. Revaloriser les métiers du soin, repenser la formation, redonner du temps et du sens au travail médical. Voilà les conditions d’un renouveau pour sortir de cette impasse.

Le budget Lecornu : 7 milliards d’économies sur la santé

Cette situation n’est pas propre à Toulouse. Elle s’inscrit dans un contexte national tout aussi alarmant. Le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026, défendu par le Premier ministre Sébastien Lecornu, prévoit 7 milliards d’euros d’économies sur la santé. L’objectif est de ramener le déficit de la Sécurité sociale à 17,5 milliards d’euros en 2026, contre 23 milliards cette année. Pour y parvenir, le gouvernement prévoit une hausse des franchises médicales, un moindre remboursement chez le dentiste, une limitation de la durée du premier arrêt maladie et même une taxation accrue des complémentaires santé.

Les hôpitaux, eux, subissent ce que les fédérations qualifient déjà de « pire cure d’économies depuis les années 2010 ». La hausse des dépenses d’Assurance maladie est limitée à 1,6 %, alors qu’elle progresse naturellement d’environ 4 % par an, notamment avec le vieillissement de la population.

En parallèle, le gouvernement prévoit un gel des pensions et des prestations sociales (RSA, APL, allocations familiales) en 2026, censé dégager 3,6 milliards d’euros d’économies.

Reconstruire le service public hospitalier

Sur le terrain, ces mesures budgétaires se traduisent par des postes non remplacés, des lits fermés et une pression constante sur les équipes. Le personnel tente de faire mieux avec moins. Les hôpitaux fonctionnent désormais en flux tendu, sans marge de sécurité.

La France n’a plus de véritable politique de santé. Depuis des années, le soin en France est soumis à la logique budgétaire. L’hôpital public, étranglé par la tarification à l’activité (T2A), fonctionne comme une entreprise et chaque acte doit rapporter de l’argent pour équilibrer les comptes. Ce modèle a vidé le soin de son sens et épuisé tout le système.

Pourtant, donner du souffle aux hôpitaux est une urgence nationale. Cela passe par le recrutement massif de soignants, un investissement dans les infrastructures et une révision du mode de financement.

Un choix de société

À Toulouse comme ailleurs, les urgences ne peuvent plus tout absorber. Elles sont le miroir d’un système qui s’effondre sous le poids de ses renoncements. Pendant que le gouvernement multiplie les appels à la responsabilité budgétaire, l’hôpital public continue de panser les plaies d’une société qui renonce à se soigner.

Rebâtir un système de santé humain et efficace suppose de retrouver une vision collective. L’État doit redevenir le garant de l’égalité d’accès aux soins. Le soin n’est pas une marchandise, c’est un bien commun. Sans vision à long terme, la santé restera inégalitaire et les urgences seront le dernier refuge pour ceux qui n’ont nulle part ailleurs où se tourner.

Sources:linsoumission.fr      (Par Mobina Shameli)

 
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mardi 28 octobre 2025

Précarité énergétique : 36 % des Français touchés, un niveau historique.

 

Précarité record : 36 % des foyers français peinent à payer leurs factures d’énergie en 2025. Face à l’explosion du froid subi et des restrictions de chauffage, le médiateur appelle à un droit à l’alimentation minimale en électricité. Une proposition qui rappelle la proposition insoumise d’instaurer la gratuité des premières Kilowatt-heure indispensable à la vie.

La précarité énergétique a fait un nouveau bond avec la hausse de la TVA sur les abonnements de gaz et d’électricité, passée de 5,5 % à 20 % le 1er aout. Les responsables ? Le gouvernement et les groupes politiques – du Parti socialiste jusqu’au Rassemblement national – qui ont permis le passage en force du budget de racket social de Bayrou en début d’année. Notre article.

Précarité énergétique et conséquences sociales

Le Baromètre Énergie-Info 2025, mené par le médiateur national de l’énergie, dresse un constat alarmant concernant l’impact des coûts énergétiques sur le budget des ménages français. La facture d’énergie est plus que jamais un sujet de préoccupation central, avec 85 % des foyers estimant qu’elle représente une part importante de leurs dépenses.

La précarité énergétique atteint un seuil inédit : 36 % des ménages déclarent avoir rencontré des difficultés pour payer leurs factures, soit une hausse significative par rapport aux 28 % de l’année précédente. Cette dégradation est attribuée principalement à l’augmentation des prix (62 %) et, dans une moindre mesure, au coût des abonnements (51 %), selon les 59 % de foyers ayant constaté une hausse de leur facture.

Les conséquences de ces difficultés sont directes et sévères. Pas moins de 74 % des foyers sont contraints de restreindre leur chauffage pour raisons financières. L’hiver dernier, 35 % des ménages ont ainsi souffert du froid dans leur logement pendant au moins 24 heures. Cette proportion grimpe à 59 % chez les bénéficiaires du chèque énergie.

L’urgence d’un droit à l’énergie

Cette explosion des prix est le résultat de la politique de libéralisation- dérégulation imposée par l’Union européenne. Contre ce fardeau croissant, le médiateur national de l’énergie réitère son appel en faveur de l’instauration d’un droit à une alimentation minimale en électricité, afin de garantir une puissance suffisante et d’éviter toute coupure totale en cas d’impayé. Des mesures qui rappelle celles défendues dans l’Avenir en Commun.

Le programme insoumis propose des solutions structurelles pour garantir un véritable droit d’accès à l’énergie, considéré comme essentiel à la dignité et aux droits humains. S’opposant aux dispositifs jugés non pérennes (bouclier tarifaire, chèque énergie), LFI souhaite mettre fin à la sobriété subie. La mesure phare est l’instauration de la gratuité des consommations considérées comme essentielles pour chaque foyer. Cette mesure serait couplée à une tarification progressive visant à pénaliser les mésusages et les gaspillages, remettant ainsi en cause la structuration du marché qui a fait de l’énergie une simple marchandise.

Sources:linsoumission.fr (Par Ulysse)

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lundi 27 octobre 2025

Magouilles du Parti socialiste – Les députés d’Olivier Faure bloquent l’impôt universel à l’Assemblée nationale.

 Parti socialiste. Ce vendredi soir, le parti qui a sauvé Lecornu de la censure a fait un pas de plus vers l’oligarchie financière. Au cours de l’examen du budget dans l’hémicycle, les députés d’Olivier Faure ont bloqué par leur abstention un amendement insoumis visant à instaurer l’impôt universel. La mesure qui avait pourtant été adoptée en commission des finances a été rejeté en séance en raison de l’abstention de l’intégralité du groupe socialiste. Un début de résultat du deal conclu par le Parti socialiste dans sa réunion secrète avec les macronistes révélée par la presse ce vendredi 24 octobre ? Sans doute. Car le Parti socialiste soutenait l’an dernier avec enthousiasme cette mesure d’utilité publique pour lutter contre l’exil fiscal et les paradis fiscaux si chers à Vincent Bolloré et Bernard Arnault.

Pour cela, ce dispositif soumet à l’impôt en France des personnes qui gagnent plus de 19 000 euros par mois, qui ont résidé en France au moins 3 ans dans les 10 dernières années et qui vivent désormais dans un pays où les taux d’imposition sont de 40% inférieurs à la France. Une mesure de justice fiscale constamment jugée insupportable par les défenseurs de l’oligarchie, macronistes en tête auxquels s’ajoutent les députés d’Olivier Faure et Boris Vallaud.

Un rapprochement nouveau ? Pas vraiment. Au début du mois de septembre, l’Insoumission vous avait décrypté le contre-budget du parti à la rose. Un document de séduction de l’oligarchie par la mise à la trappe de l’ensemble des mesures fiscales pourtant inscrites dans le programme du NFP sur lequel les députés du PS ont été élus. Ni retour à l’ISF, ni héritage maximal et…ni lutte contre la fraude fiscale par le réhaussement des moyens de la DGFIP. Deux mois plus tard et quelques réunions secrètes après, les députés du PS franchissent de nouveaux paliers dans leur alliance avec l’oligarchie financière et son homme de main, Emmanuel Macron.

Sylvain Noel, rédacteur en chef

Le PS vient d’empêcher l’adoption de l’impôt universel à l’Assemblée nationale 


Sources:linsoumission.fr (Sylvain Noël rédacteur en Chef)

















 

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vendredi 24 octobre 2025

Réforme des retraites : les carrières longues exclues du décalage.

 Nouveau camouflet pour le Parti socialiste sur le dossier de la réforme des retraites : les carrières longues ne bénéficieront pas du décalage annoncé par le gouvernement. Il ne restera bientôt plus un seul bénéficiaire de cette mesure. En tout cas, plus personne n’est convaincu que cela mérite de sauver ce qui reste du pouvoir macroniste. Manuel Bompard, coordinateur national de la France insoumise, accuse le PS d’avoir « bu le calice jusqu’à la lie » en soutenant une « fausse » avancée » en échange du sauvetage du gouvernement Lecornu qui peut maintenant dérouler le pire budget austéritaire. Notre brève.

Décalage de la réforme des retraites : les carrières longues ne seront pas concernées

Le décalage annoncée de la réforme des retraites, inscrite au projet de loi de budget de la Sécurité sociale, ne concernera pas les bénéficiaires du dispositif « carrières longues », selon une information confirmée vendredi par l’AFP. Ce dispositif, qui permet un départ anticipé pour ceux ayant commencé à travailler tôt (avant 16, 18, 20 ou 21 ans), représente près de 18% des nouvelles retraites attribuées en 2024.

L’exclusion des carrières longues signifie que le décalage ne touchera « que le droit commun », a précisé Cyril Chabanier, numéro un de la CFTC, après une rencontre au ministère du Travail. Cette limitation pose question, notamment pour les générations 1964 et 1965, qui étaient les seules à potentiellement bénéficier d’un départ anticipé d’un trimestre.

Cette annonce suscite de vives réactions syndicales, Denis Gravouil de la CGT parlant d’un « nouveau scandale dans le scandale » et d’une « entourloupe » déguisant un simple décalage d’un an de la réforme. 

Le PS pris au piège d’une mesure sans portée sociale

Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a immédiatement réagi : « Le PS boit le calice jusqu’à la lie. Et ceux qui ont espéré sont déçus. Censure ! ». En ne concernant de facto qu’une partie infime des futurs retraités – et en excluant ceux ayant commencé à travailler le plus tôt – le décalage de la réforme se révèle être, comme le dénonce Manuel Bompard, une magouille politique sans portée sociale.

Le PS se retrouve ainsi pris au piège : ayant accordé un crédit politique à Lecornu pour suspendre la réforme, il est lâché par toute une partie de ses militants et de ce qui lui reste de sympathisants. Il doit s’enfoncer toujours plus profondément dans la coalition avec Macron comme le démontre le nouveau rendez-vous en catimini de ce vendredi 24 octobre. Et tout cela, sans avoir obtenu de réelle avancée sur le fond de la réforme de 2023. Toute cette séquence confirme à la fois la naïveté et la compromission du PS face au pouvoir exécutif.

Sources:linsoumission.fr.

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jeudi 23 octobre 2025

Contre-budget du RN : décryptage d’un projet macroniste et raciste.

 RN. « Après 8 ans de macronisme, la crise budgétaire est une bien triste réalité », proclamait Marine Le Pen ce matin aux côtés de Jean-Philippe Tanguy pour présenter le contre-budget du Rassemblement national ce jeudi 23 octobre. La formule signifie-t-elle que le RN entend mettre fin aux politiques macronistes ? Celles de l’offre, des coupes budgétaires en série, des cadeaux fiscaux et du démantèlement de l’État ?

En aucune façon et bien au contraire. La lecture du document démontre que le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella a achevé sa mue ultralibérale. Cette fibre ne l’a jamais quitté, mais elle atteint ici une nouvelle intensité. 60 milliards de coupes budgétaires, soit pire que les 40 milliards de Lecornu, baisse de l’allocation adulte handicapé (AAH), du minimum vieillesse, fin de la prime d’activité pour 100 000 personnes en situation de handicap, fin de la prime de naissance pour des jeunes parents, baisse de l’allocation pour le décès d’un jeune enfant, fin de l’aide médicale d’État, 16 milliards de cadeaux aux grandes fortunes…

Marine Le Pen a beau nier les faits, ils restent têtus. La copie a bel et bien été rédigée et relue par les amis milliardaires du parti d’extrême droite. Après avoir voté en cadence avec les macronistes contre toute taxation des grandes fortunes et des dividendes, le parti d’extrême droite redonne la patte à l’oligarchie financière et son homme de main, Emmanuel Macron. Notre article.

Marine Le Pen, un Emmanuel Macron bis

Une chose frappe à la lecture du contre-budget du RN. De nombreuses mesures absurdes et de souffrance ressemblent à un copier-coller du budget Lecornu. Le doublement des franchises médicales ? La baisse de l’allocation adulte handicapé, du minimum vieillesse et de la prime d’activité ? La baisse de l’allocation pour le décès d’un jeune enfant ? Toutes ces mesures adoubées par Sébastien Lecornu le sont aussi par le RN. Et c’est assumé. Sans étonnement, aucune mesure n’est annoncée pour lutter contre la pauvreté, que ce soit la hausse du SMIC et des salaires, le dégel du point d’indice des fonctionnaires, l’augmentation des minimas sociaux. Le choix est clair : le RN préfère les riches aux classes populaires.

Pour aller plus loin : Ces votes du RN en faveur des milliardaires que Marine Le Pen essaye de cacher

Le budget du RN, le plagiat en pire du budget austéritaire de Lecornu

Le RN entend réaliser 80 milliards d’économies, soit le double des coupes budgétaires prévues par le budget actuel de Sébastien Lecornu. L’OFCE a récemment alerté sur le risque récessif du budget actuel qui diviserait la croissance par deux. En toute logique, le doublement des coupes budgétaires par le RN impliquerait de diviser la croissance par… quatre ! Pas de relance de l’activité économique, du carnet de commande, des investissements publics. Rien de tout cela.

La création d’un SMIC immigré

Dans son contre-budget, le parti de Marine Le Pen propose un SMIC immigré. Comprendre : les travailleurs immigrés (en situation régulière) ne pourraient pas bénéficier de la prime d’activité pendant 5 ans. Deux travailleurs sur le même poste de travail auraient donc des revenus différents si l’un est de nationalité française et l’autre est de nationalité étrangère. Le premier pourrait bénéficier de son salaire et de la prime d’activité, alors que le second ne pourrait bénéficier que de son salaire. Pour des travailleurs au SMIC, l’écart de revenu serait donc de 260 euros par mois.

Un scandale dénoncé par Manuel Bompard ce matin : « Cette proposition instaure une discrimination absolue devant le travail. C’est une violation totale du principe « à travail égal, salaire égal » confirmée par la Cour de cassation en 1996. Jamais, nous ne laisserons le Rassemblement National défigurer ainsi la France ».

La suppression de l’Aide médicale d’État, ou comment favoriser la propagation illimitée des épidémies

Dans la catégorie des mesures racistes, le RN donne une bonne place à l’une de ses mesures fétiches. Les lepénistes prévoient de supprimer l’Aide médicale d’État (AME) pour créer une aide médicale d’urgence. Ils prétendent ainsi réaliser 1,3 milliard d’euros d’économie. Dans les faits, le RN vise la suppression pure et simple de l’AME. L’absurdité de cette suppression a déjà été démontré maintes et maintes fois. Nous vous en parlions dans nos colonnes l’an dernier.

En effet, le fait de ne pas soigner immédiatement des personnes présentes sur le territoire national conduit à l’aggravation des maladies et fait courir à l’ensemble de la population (qu’elle soit ou non de nationalité française) des risques liés à la propagation des épidémies. Finalement, cette suppression implique davantage de coûts en raison de la prise en charge plus importante des malades.

Certains pays ayant acté la suppression de l’AME n’ont pas mis longtemps à rebrousser chemin. C’est le cas de l’Espagne, comme l’a rappelé Manuel Bompard : « L’Espagne en a fait l’amère expérience puisque l’AME, supprimée par la droite en 2012 (soi-disant pour faire 500 millions d’euros d’économie), a finalement été rétabli en 2018 : la suppression avait augmenté les dépenses de santé et conduit à une hausse de la mortalité de 15 % chez les personnes concernées. Voilà le vrai visage du RN : des lâches qui cherchent à se construire un petit capital électoral sur le dos des étrangers, même au prix de mettre en danger l’ensemble de la population française ».

Le RN à l’attaque contre les associations

Pour contribuer à l’austérité budgétaire, le RN souhaite baisser les subventions de l’État aux associations « ne relevant pas de l’intérêt général ». Bilan de l’opération souhaitée : 3,2 milliards d’économies. Selon leur logique, cela représenterait 37 % d’associations « ne relevant pas de l’intérêt général ». « Lesquelles et sur quels critères ? », s’interroge Manuel Bompard. Est-ce bien étonnant ? Les pratiques du RN au pouvoir ont pu déjà être analysées de par leurs politiques locales (Hayange, Hénon-Beaumont…).

En 2014, le maire d’Hénin-Beaumont Steeve Briois a décidé de mettre fin à la disposition gratuite de locaux municipaux à la Ligue des Droits de l’Homme (LDH). Trop « politisée », selon ses dires. De même à Hayange, dirigée sur Fabien Engelmann : le Secours populaire avait été viré de son local en 2016. La raison évoquée était la même : « politisée et pro-migrants ». Rien d’étonnant alors que le Mouvement associatif, rassemblant plus de 700 000 associations dans le pays, ait pris la plume pour s’opposer au Rassemblement national, au moment des élections législatives de 2024.

L’extrême droite favorable au démantèlement des agences et opérateurs de l’État

S’inspirant du président libertarien d’Argentine, Javier Milei, le RN tient à tronçonner les agences et les opérateurs de l’État. Total des économies souhaitées : 7,7 milliards d’euros. Questions : quelles agences, quels opérateurs, et dans à quel point les populations ou les collectivités seraient touchées ? Le RN veut faire pire que les macronistes en réalité. La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, assure que 2 à 3 milliards d’euros d’économies pouvaient être réalisés en faisant des économies sur le dos des agences et opérateurs de l’État. Sans pour autant pouvoir le prouver. Qu’est-ce que le RN veut charcuter à la tronçonneuse, en faisant pire que les macronistes ?

Pour aller plus loin : Ces votes du RN en faveur des milliardaires que Marine Le Pen essaye de cacher

Contre l’écologie tout en protégeant les riches

D’une pierre, deux coups : en votant contre une taxe sur les jets privés, une autre sur celle des yachts, le RN a démontré à la fois son positionnement anti-écologiste et sa proximité avec les milliardaires. Dans leur contre-budget, ils visent 20 milliards d’euros de coupes budgétaires sur l’écologie. Vous avez bien lu : 20 milliards ! Il est loin le temps où le RN se définissait comme anti-système et défenseur du peuple. L’extrême droite fait bonne figure devant les grandes fortunes. Celles-ci le lui rendent bien en considérant de plus en plus le parti de Marine Le Pen comme un atout précieux face à une gauche de rupture.

Sources:linsoumission.fr

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mercredi 22 octobre 2025

Ces votes du RN en faveur des milliardaires que Marine Le Pen essaye de cacher

 

RN. « Les milliardaires partiront… ». Lundi 20 octobre 2025, au micro de LCP, Jean-Philippe Tanguy a bien rappelé la ligne du Rassemblement national en matière de justice fiscale. Le député d’extrême droite, ami personnel de Marine Le Pen, reprend l’ensemble des éléments de langage de la macronie à propos des ultra-riches. Tout comme l’ensemble de ses collègues nazillons. Nous avions déjà battu en brèche ces arguments dans un article « Désintox ».

Depuis le début de l’examen du budget en commission des finances, le RN est en mission commandée par l’oligarchie financière aux côtés des macronistes. Chacun engagé dans un concours de séduction de Bernard Arnault et ses sbires pour maintenir ses bonnes faveurs à leur égard. Les députés de ces deux partis se sont donc acharnés à rejeter l’ensemble des amendements qui pourraient gêner les oligarques français et leur homme de main, Emmanuel Macron.

Les 500 personnes les plus riches du pays ont vu leur patrimoine doubler depuis 2017, passant de 500 milliards à 1 200 milliards d’euros pendant que le pays compte 10 millions de pauvres ? Le record du shoot de 100 milliards de dividendes distribués par le CAC 40 à ses actionnaires en 2024 pendant que 3 000 enfants dorment dans la rue ? Des nouvelles dont il faut se féliciter pour le RN et la Macronie. Un ordre établi que leurs députés entendent bien préserver à tout prix.

Taxe Zucman, taxation des super-héritages, hausse de la contribution des grandes entreprises. L’Insoumission vous donne la liste de l’ensemble des amendements insoumis que le système et son assurance vie ont rejetés main dans la main à l’Assemblée nationale. Une liste qui se complète d’heure en heure. Encore ce matin, le RN et la Macronie rejetaient main dans la main une taxation sur… les jets privés et les yachts. Notre article.

Le RN est contre la taxe Zucman

La taxe Zucman a été rejetée lundi soir en commission des finances de l’Assemblée nationale. Le RN a voté contre, ainsi que les macronistes. Cette taxe consiste à hauteur de 2 % les 1800 foyers qui détiennent un patrimoine supérieur à 100 millions d’euros. Les 15 à 20 milliards d’euros de recettes attendus sont partis en fumée par les votes conjoints du parti d’extrême droite et de la macronie. « La taxe Zucman est stupide et nocive », martèle Marine Le Pen à longueur de plateaux, comme sur LCI le 25 septembre 2025. Sans doute que la cheffe de file d’extrême droite se sent plus fine connaisseuse du sujet que les sept prix Nobel d’économie qui soutiennent, appuient et justifient économiquement et financièrement la taxe Zucman.

Pour aller plus loin : Désintox : non, les riches ne vont pas quitter le pays si on les taxe

Pour Jean-Philippe Tanguy, « C’est une solution simpliste, un slogan », reprenant les mots de Nathalie Saint-Cricq et des éditorialistes politiques attachés à la protection coûte que coûte de l’oligarchie financière. L’objectif ? Ne surtout pas froisser Bernard Arnault, inquiet pour ses 151 milliards d’euros de patrimoine. La 7ᵉ fortune mondiale qualifie sans surprise Zucman de « militant d’extrême gauche ». Le partage des mots d’ordre est flagrant.

Le RN est contre la taxation des super-héritages

Selon Oxfam, les super-héritiers français – le top 0,1 % – reçoivent environ 13 millions d’euros d’héritage, et ne paient qu’environ 10 % d’impôt sur cet héritage, contre 45 % en théorie. En résumé : plus on hérite, moins on paie. Le rapport entre les 10 % qui héritent le moins et les 10 % qui héritent le plus est de 1 pour 2000. Et 67 % des Français n’héritent de rien du tout. Dans les 30 prochaines années, 25 milliardaires français transmettront plus de 460 milliards d’euros à leurs héritiers, l’équivalent de trois fois le budget de la santé. Sur ces montants, l’État risque de perdre 160 milliards d’euros à cause des niches fiscales, soit plus que le budget annuel de l’Éducation nationale.

À quand un héritage maximal ? C’est la proposition portée par la France insoumise qui prévoit cet maximum à 12 millions d’euros. Une réforme qui bénéficierait à 99% des héritiers en mettant à contribution les 0,1% des grands héritiers du pays. Si les insoumis étaient seuls à aborder le sujet en 2022, des improbables personnalités embrayent désormais jusqu’à… Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale ! La semaine dernière, cette macroniste radicalisée a appelé à augmenter les droits de succession. Si sa mesure est évidemment à mille années lumières d’une réforme de l’héritage ambitieuse à la mesure de ce que propose LFI, elle montre toutefois que les lignes bougent.

En commission des finances de l’Assemblée nationale, un amendement défendu par les insoumis visait à instaurer un héritage plus progressif qui augmente l’imposition des 10% les plus riches avec 10 milliards de recettes à la clé. Les députés de Marine Le Pen l’ont rejeté en bloc la mesure. Là encore, main dans la main avec les députés macronistes.

Vous gagnez moins de 4000 euros ? Le RN et les macronistes veulent augmenter vos impôts

Autre vote passé inaperçu mais pas moins important : le RN et les macronistes ont rejeté un amendement insoumis visant à instaurer un impôt progressif sur 14 tranches. L’objectif ? Permettre à 92% des Français, soit toutes les personnes qui gagnent moins de 4000 euros par mois, de payer moins d’impôts. A la clé, 5,2 milliards de recettes attendues, soit l’équivalent du budget du ministère de la culture. Si le Rassemblement national martèle à longueur d’antenne être en faveur de baisses d’impôts, la réalité de leur vote témoigne de leur hypocrisie. Le RN et la Macronie ont rejeté l’amendement.

Refus de l’impôt renforcé et climatique

Le 1er janvier 2018, l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) était remplacé par un impôt sur la seule
fortune immobilière (IFI). Le 25 avril 2019, Emmanuel Macron avait annoncé lors de sa conférence de presse : « Cette réforme sera évaluée en 2020 et, si elle n’est pas efficace, nous la corrigerons ». Et pourtant… Malgré le rapport d’évaluation de l’ISF par France stratégie en 2022 qui démontre que la suppression de l’ISF ne présente aucune trace de contrepartie positive en termes de créations d’emplois, ou d’investissements, à aucun moment la macronie n’a fait marche arrière. Sans étonnement.

L’ISF était une cible privilégiée de l’oligarchie. Elle le reste aujourd’hui. Le RN et les macronistes ont ainsi rejeté l’ISF renforcé et climatique proposé ce mardi par les insoumis en commission des finances de l’Assemblée nationale.

« Les recettes issues d’un rétablissement et d’un renforcement de l’ISF sont attendues à 15 milliards
d’euros
», détaillent les insoumis en listant quelques uns des besoins urgents du pays : « C’est autant d’argent qui pourront venir financer nos services publics essentiels ; par exemple, en permettant à ce qu’il y ait effectivement un enseignant par classe à la rentrée scolaire, ou en renouvelant notre flotte d’avions canadaires dont la macronie à reporté l’investissement depuis plusieurs années pour financer les cadeaux fiscaux aux plus riches, et qui ont tant manqué à nos pompiers lors des feux de forêt de juillet 2025 ».

Le RN, meilleur ami des actionnaires 

Depuis 2017, les gouvernements macronistes successifs ont multiplié les cadeaux fiscaux aux plus riches : suppression de l’ISF, baisse de l’impôt sur les sociétés, instauration du prélèvement forfaitaire unique dit PFU ou « Flat tax »… Ces mesures construisent la politique de l’offre imposée par Emmanuel Macron depuis 2017 et ses prédécesseurs. Elles étaient basées sur une fable : les profits d’aujourd’hui seraient les emplois de demain. « C’est un échec patent », a rappelé Eric Coquerel ce mercredi 22 octobre lors de la conférence de presse de présentation du contre-budget insoumis. Le pays est entré en phase de récession, laquelle sera aggravée par le budget Lecornu qui divisera par deux la croissance du pays d’après l’OFCE.



Depuis la mise en place du PFU, les dividendes et les rachats d’action ont explosé. 2024 aura été une année record avec 98,2 milliards d’euros versés, soit une hausse de 60 % par rapport à 2019, qui avec 60 milliards d’euros, constituait déjà un record.

« Macron a fait de la France la championne d’Europe des dividendes, au détriment du travail et de l’investissement productif. Cette politique contribue directement à l’aggravation des inégalités : les 10 % les plus riches détiennent près de la moitié du patrimoine national (47,1 %, selon l’INSEE) », ont rappelé les insoumis en défendant la suppression du PFU. Une mesure là aussi rejeté par les députés du Rassemblement national et de la macronie. 2,7 milliards d’euros de recettes sont ainsi passées à la trappe.

Le refus de la contribution exceptionnelle sur le bénéfice des grandes entreprises

Dans un amendement défendu en commission des finances, LFI a proposé de relever les taux de la contribution exceptionnelle sur le bénéfice des grandes entreprises, de manière à appliquer un taux temporaire d’impôt sur les sociétés de 40 % pour les entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à un milliard d’euros, et de 55 % pour les entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à trois milliards d’euros. Un amendement là aussi enterré par les efforts conjoints du rassemblement national et de la macronie. Pourtant, le refus de cette contribution est un non-sens à tous les égards. L’activité économique ne sera pas impacté.

« Cela réduit simplement la capacité des grandes entreprises à enrichir leurs actionnaires par la distribution des bénéfices sous forme de dividendes », soulignent les insoumis en rappelant que « ces bénéfices volent de records en records en raison d’une fiscalité très allégée. Au titre de l’année 2024, les actionnaires du CAC 40 ont perçu plus de 98 milliards d’euros en dividendes et rachat d’actions ».

Taxer de 10% les dividendes ? Le refus net du RN et de la macronie

La France est championne mondiale du versement des dividendes. Au titre de l’année 2024, comme nous l’avons rappelé plus haut, les actionnaires du CAC 40 ont perçu près de 100 milliards d’euros en dividendes et rachat d’actions. 1% des foyers fiscaux capte 96% des dividendes. Des dividendes qui ne servent à rien : l’investissement productif baisse de 1,6%, et c’est l’OFCE qui le dit. Ces 1% de profiteurs en quête de shoots toujours plus forts peuvent dormir sur leurs deux oreilles.

Leurs parrains à l’Assemblée les défendent bec et ongles. Le RN et la Macronie ont ainsi rejeté à l’unisson l’amendement déposé par la France insoumise visant à instaurer une contribution exceptionnelle à hauteur de 10 % sur les dividendes et rachats d’actions distribués par les entreprises du CAC40. Silence radio du RN pour justifier ce vote intervenu mardi 21 octobre.

Les autres votes en faveur des milliardaires que le RN cherchent à cacher

La liste des votes combinés entre macronistes et lepénistes pour protéger l’oligarchie ne s’arrête pas là. L’examen du budget étant toujours en cours, le Rassemblement national continue de faire les yeux doux à Bernard Arnault en s’associant aux macronistes. Aucune occasion n’est manquée. Taxer les jets privés ? Ce mercredi matin, les députés du système et de son assurance vie l’ont rejeté en bloc.

Dans les premières 48 heures de l’examen du budget en commission des finances, cette alliance au service des ultra riches a aussi rejeté de nombreuses autres mesures dont :

  • La hausse de la contribution différentiel des hauts revenues (CDHR) de 20% à 30%. 3 milliards d’euros de recettes fiscales étaient attendus.
  • La restauration progressive de la contribution sur la valeur ajoutée (CVAE), un impôt de production à destination des collectivités territoriales sur les entreprises aux chiffres d’affaires de plus de 500 000€. 1,3 milliards de recettes étaient attendues la première année, et 10 milliards à partir de 2029.
  • La taxe sur les GAFAM. Par cette taxe, les insoumis entendaient instaurer une taxation efficace sur les grandes sociétés du numérique, en particulier les GAFAM. L’actuelle taxe GAFAM mis en place par Bruno Le Maire en 2019 a montré ses graves limites, « tant par les montants récoltés que par la dynamique de marché qu’elle a été incapable d’enrayer la situation de domination et de quasi-monopole des grandes entreprises américaines du numérique en France » notent les insoumis, en soulignant que ces monopoles nord-américain empêchent aujourd’hui la construction de filières numériques françaises. Le constat est simple : le RN et les macronistes préfèrent protéger les oligarques atlantistes pour satisfaire les désiratas de Trump.
  • La progressivité de l’impôt sur les sociétés. Alors que les TPE et les PME constituent le coeur de l’activité économique du pays, elles sont davantage soumises à l’impôt que les grandes entreprises. Le RN qui se présente à longueur de plateaux en « défenseur des petits patrons » se révèle être leur pire ennemi. Cet amendement insoumis aurait permis de rétablir une justice fiscale attendue par les TPE et PME dont le taux d’impôt effectif est supérieur de 6 points à celui des grandes entreprises. Jean-Luc Mélenchon le rappelait dans une récente intervention : « L’intérêt des petites entreprises est de s’allier avec les Insoumis ». Les insoumis ne sont pas les seuls à faire ce constant. Michel Picon, président de l’Union des entreprises de proximité explique que les petites entreprises souffrent et réclame de la « décence » aux patrons du MEDEF.
  • La taxation des profits des entreprises complices et profiteuses du génocide à Gaza. Sans surprise, les députés macronistes et lepénistes ont enterré là aussi cette proposition portée par la France insoumise. Leurs députés, amis fervents et constants de Benjamin Netanyahu, sont parfaitement à l’aise avec les entreprises qui financent les colonies illégales israéliennes. Marine Le Pen et Jordan Bardella ne se sont pas tenus au chevet de Netanyahu pendant deux ans de génocide pour ensuite sanctionner les entreprises complices de la guerre génocidaire et de la guerre coloniale. Comme l’Insoumission vous en parlait dans un récent article, de nombreuses entreprises sont complices de cette colonisation criminelle dont Airbnb récemment épinglé, mais également quatre banques françaises. Elles figurent parmi les 10 institutions financières européennes qui ont le plus investi entre janvier 2021 et septembre 2024 dans ces 58 entreprises complices de la colonisation criminelle.

Cette liste est non exhaustive. Elle sera complétée au fur et à mesure de l’évolution des débats budgétaires à l’Assemblée nationale. Les enseignements à tirer sont connus. Les fascistes du Rassemblement national s’allient aux députés du « socle commun » pour protéger leur ami commun, Emmanuel Macron, l’homme de l’oligarchie financière. Protéger les oligarques, c’est s’assurer de leurs bonnes grâce et de leurs renvois d’appareils. Ces renvois sont déjà opérants par l’officialité médiatique dont le tapage-sur-mesure contre la France insoumise est devenue la seule et unique ligne éditoria

Sources:linsoumission.fr.   (Sylvain Noël)



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mardi 21 octobre 2025

« Dans votre budget, tout le monde passe à la caisse ! » – Marianne Maximi clashe les macronistes et Marine Le Pen

  Budget. Ce 21 octobre 2025, à l’Assemblée nationale, la députée insoumise Marianne Maximi n’a pas mâché ses mots face aux macronistes et aux députés du Rassemblement national. « Tout le monde passe à la caisse » a-t-elle rappelé en listant les rackets organisés par le budget Lecornu. Tout le monde y passe sauf… les ultra-riches.

En commission des finances de l’Assemblée nationale, RN et macronistes votent en effet main dans la main contre l’ensemble des mesures de justice fiscale. Le retour de l’ISF ? La taxe Zucman ? Pas questions pour ces deux partis. Une ligne assumée pour le député d’extrême droite Jean-Philippe Tanguy qui reprend les éléments de langage de la macronie à propos de la taxation des milliardaires : « les milliardaires ne paieront pas, ils partiront ». L’Insoumission relaye dans ses colonnes la question orale au gouvernement de la députée LFI Marianne Maximi.

« Dans votre budget, tout le monde passe à la caisse, sauf les ultra-riches. Les 500 plus riches de France, qui ont doublé leur fortune sous Macron, peuvent compter sur votre protection. Et ils peuvent aussi dire merci à l’extrême-droite ! » – Marianne Maximi

Monsieur le Premier Ministre, à six reprises lors de votre déclaration de politique générale, vous avez annoncé la rupture.

Bien naïfs ceux qui y croient !

Car la rupture avec la macronie est impossible tant que nous sommes en macronie.

Le président de la République, dont vous êtes le dernier fidèle, est obsédé par ce qui est pour lui l’œuvre d’une vie : huit années de politique au service des milliardaires et des grands patrons.

Le budget 2026 n’est pas une rupture : il est le paroxysme de votre politique, pour achever ce qu’il reste des services publics et de l’État social dans notre pays.

Pour aller plus loin : L’angoisse des malades face au budget de Sébastien Lecornu

Tout le monde passe à la caisse.

Les apprentis, avec la baisse des salaires.
Les locataires, avec le gel des APL.
Les retraités, avec le gel des pensions.
Les travailleurs, avec la hausse de l’impôt sur le revenu.
Les plus vulnérables, avec le gel des prestations sociales.
Les patients, avec le doublement des franchises.
Et les malades en ALD, avec des taxes sur leurs indemnités.

Tout le monde passe à la caisse, sauf les ultra-riches.

Les 500 plus riches de France, qui ont doublé leur fortune sous Macron, peuvent compter sur votre protection.

Et ils peuvent aussi dire merci à l’extrême-droite !

Le rétablissement de l’ISF, le RN vote contre, avec la macronie.
La taxation des super-héritages, le RN vote contre, avec la macronie.
La hausse de la contribution des grandes entreprises, le RN vote contre, avec la macronie.
La taxe Zucman, le RN vote contre, avec la macronie.

Il y a un an, le RN comme la macronie ont été battus dans les urnes. Cette alliance au service d’une poignée d’ultra-riches n’est pas légitime à imposer sa politique.

Je n’ai donc qu’une question à vous poser, M. le Premier ministre : quand allez-vous partir, et emporter avec vous ce budget de guerre sociale ?

Sources:linsoumission.

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lundi 20 octobre 2025

L’angoisse des malades face au budget de Sébastien Lecornu.

Les 13 millions de malades chroniques, en Affection longue durée (ALD), sont en alerte face au budget Lecornu-Bayrou. Le doublement des franchises médicales et le durcissement des conditions d’accès au dispositif ALD menacent l’accès aux soins pour des millions de Français. Les témoignages de patients et de familles pour l’Insoumission révèlent l’angoisse de voir leur santé sacrifiée par l’austérité : « On va attendre que ma dentition soit ravagée ? », s’interroge une malade, craignant d’être précipitée vers la « misère totale ». 

Le budget Lecornu-Bayrou fait les poches aux malades

Le cœur de l’inquiétude concerne l’accès aux soins, directement visé par les mesures budgétaires. Les malades chroniques craignent l’impact du doublement des franchises médicales et du durcissement des conditions d’accès au dispositif ALD.

Pour Dominique, une retraitée en ALD pour maladie chronique, la franchise passera de 100 à 200 euros par an, une somme non négligeable. Valérie, dont deux ALD n’ont pas été renouvelées, dénonce un ciblage des plus vulnérables : « Quel est le but ? Précipiter des gens vers la misère totale ou vers la mort ? » Elle exprime son désarroi face aux frais non-couverts, comme les soins dentaires : « J’ai des trous dans les mâchoires, mais pas les moyens… on va attendre que ma dentition soit ravagée ? »

Cette précarité touche toutes les générations. Madeleine s’interroge sur l’avenir de son petit frère de 47 ans, en ALD depuis sa naissance : « Mon petit frère, il n’a qu’une pension pour vivre ! Il ne peut même plus travailler ! » La menace qui pèse sur les remboursements l’amène à vouloir « envoyer toutes les factures » au député socialiste de sa circonscription pour lui demander « comment mon petit frère va faire pour payer tout ça ! »

Le stress des malades, notamment ceux souffrant de troubles psychologiques, est souligné par Co, lui-même suivi pour deux ALD : « Pour les patients en burn out professionnel et/ou en dépression, c’est compliqué comme situation. On va leur mettre un stress en plus ».

Familles et retraités asphyxiés par le gel des prestations sociales

Au-delà des ALD, les témoignages convergent sur un sentiment d’asphyxie financière généralisée, aggravé par l’« année blanche » (gel des prestations et retraites) face à l’augmentation des prix (électricité, gaz, biens de consommation).

Dominique, retraitée, pointe l’effet domino du gel des barèmes fiscaux : une personne modeste pourrait devenir imposable et perdre ses APL. Jasmine, une autre retraitée, rappelle que le budget n’épargne personne : « Les restes à charge qui augmentent vont donc faire augmenter les mutuelles, c’est un coût complémentaire pour tout le monde ! ».

Bertrand, père d’une adolescente en ALD, témoigne de la difficulté à joindre les deux bouts même en étant en « début de classe moyenne » : après les dépenses fixes, il ne lui reste « quasi plus qu’une centaine d’euros ». Pour lui, ce budget va provoquer une « explosion des précarisations » et il craint les baisses de moyens pour les Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), sous-évaluant déjà les situations des familles avec un enfant handicapé.

Pour aller plus loin : « Défendre le dispositif Affection Longue Durée (ALD), c’est défendre la vie » – Le témoignage poignant de cette malade chronique, dont les indemnités sont menacées par le budget Lecornu

Tous les témoignages ont été anonymisés à la demande des personnes

Sources:linsoumission.fr (par Ulysse)







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dimanche 19 octobre 2025

Si les pseudo-opposants respectent leur mandat, la destitution de Macron demeure une possibilité réelle

 

Macron. jeudi 16 octobre 2025, le Premier ministre illégitime et minoritaire Lecornu était sauvé de justesse de la motion de censure déposée par la France insoumise. En cause, la direction du Parti socialiste qui s’est alliée avec la Macronie au prétexte d’un décalage d’un an de la retraite à 64 ans, et non une « suspension », comme cela a pu être dit. Une arnaque signée du duo Macron-Faure et depuis lors démontée par de nombreux économistes.

Le budget ultra-austéritaire de Sébastien Lecornu sera donc examiné à l’Assemblée avec son lot de saccages : taxation des malades chroniques, hausses généralisées d’impôts sur le revenu, baisse des APL, des pensions de retraites, racket des apprentis, etc… 

Quelques minutes après cette énième trahison de la direction du Parti socialiste, la France insoumise, fidèle aux engagements pris devant ses électeurs, annonçait déjà le dépôt d’une nouvelle motion de destitution du président de la République, premier fauteur de chaos et responsable de la situation du pays. La semaine dernière, Marine Le Pen et son agenda caché ont sauvé Emmanuel Macron en empêchant pour la deuxième fois en moins d’un an l’examen par l’Assemblée d’une motion de destitution. Mais le départ du chef de l’État demeure une possibilité réelle pour le pays. Voici pourquoi. Notre article.

Les combines du Parti socialiste et du Rassemblement national pour sauver Macron 

Ce mercredi 8 octobre, Marine Le Pen et Jordan Bardella bloquaient la motion de destitution d’Emmanuel Macron déposée par la France insoumise et co-signée par 104 parlementaires. Un an auparavant, jour pour jour, depuis le bureau de l’Assemblée, le parti d’extrême droite empêchait déjà l’examen d’une motion de destitution. S’ensuivait un cycle de bouées de sauvetage au cours duquel le RN avait refusé de voter la censure contre François Bayrou à huit reprises.

L’une des raisons principales : les magouilles de Le Pen au Parlement européen l’empêchent pour l’instant de se présenter à une élection présidentielle anticipée. Alors, la semaine dernière, L’Insoumission réalisait le décompte du nombre de fois où le RN avait sauvé le chef de l’État à l’Assemblée nationale. Résultat ? 25 motions de censures non-votées, 2 motions de destitutions bloquées, et de multiples petites magouilles de palais pour se partager les postes à responsabilités de l’Assemblée.

Pour aller plus loin : Sauvetage d’Emmanuel Macron : combien de fois le RN a-t-il sauvé le chef de l’État ?

À peine 10 jours plus tard, ce jeudi 16 octobre, c’était au tour du Parti socialiste de prendre le relai de Le Pen dans le sauvetage d’Emmanuel Macron, cette fois-ci, en refusant de voter la censure de Lecornu par un vaste exercice d’enfumage au sujet d’un décalage de l’application de la réforme des retraites. 

Car si le Parti socialiste respectait les engagements qu’il a pris devant les électeurs du Nouveau Front Populaire en 2024 et s’opposait réellement à Emmanuel Macron en reversant ses gouvernements et leurs budgets ultra-austéritaires, la pression sur le chef de l’État se ferait d’autant plus forte, et l’impérieuse nécessité de son départ encore plus visible. Mais le Parti socialiste a peur, trop peur d’une éventuelle dissolution et d’une éventuelle présidentielle anticipée qui mettraient définitivement à nu sa véritable nature politique, celle de béquille du macronisme mourant.

Pour aller plus loin : LFI appelle à la résistance populaire et à la destitution de Macron après le sauvetage de Lecornu par la direction du PS

Si les pseudo-opposants à Emmanuel Macron respectent le mandat confié par leurs électeurs, son départ avant 2027 demeure une véritable possibilité

Pourtant, le départ anticipé d’Emmanuel Macron demeure une possibilité réelle pour le pays. Ainsi, jusque dans son camp et dans qui fut jusqu’alors le pathétique « socle commun », on émet publiquement des doutes sur la possibilité pour le chef de l’État de demeurer à l’Élysée jusqu’en 2027. 

Prise de position symbolique s’il en est, le premier de ses Premiers ministres, Édouard Philippe, appelait il y a quelques jours à ce qu’Emmanuel Macron s’en aille avant 2027. Même Gabriel Attal, dont l’existence politique a été montée de toutes pièces par le chef de l’État, se permet désormais de s’en prendre à son créateur en direct du 20 heures de TF1, affirmant « ne plus comprendre ses décisions ».

Au-delà du Parti socialiste et de la complicité du Rassemblement national, l’ensemble des composantes du nouveau Front Populaire, France insoumise en tête, se mobilisent pour la destitution du président de la République. Car sur le plan constitutionnel, le départ de Macron est une véritable possibilité qui pourrait se matérialiser si certains, à l’Assemblée, respectaient le mandat d’opposition qui leur a été confié.

L’article 68 de la Constitution prévoit en effet que la procédure de destitution d’un président de la République peut être déclenchée en « cas de manquement [du chef de l’État] à ses devoirs manifestement incompatibles avec l’exercice de son mandat ». Point décisif : la procédure de destitution est une procédure politique et non une procédure pénale comme nombreux sont les éditorialistes de cour à vouloir le faire croire sur les plateaux de télévision. 

Cela signifie qu’il appartient au Parlement, et seulement au Parlement, de décider de la recevabilité d’une motion de destitution et de la voter, et il apparaît que le chaos absolu dans lequel Emmanuel Macron et sa politique ont aujourd’hui plongé le pays le place manifestement dans une situation de manquement aux devoirs de l’exercice de son mandat.

En d’autres termes, le premier obstacle à la destitution d’Emmanuel Macron est à trouver du côté de celles et ceux, du Parti socialiste au Rassemblement national, qui pourtant élus comme opposants, se complaisent aujourd’hui dans la complicité à Emmanuel Macron. Debout face au Macronisme comme elle l’a toujours été, la France insoumise n’abandonne la lutte et a déposé une nouvelle motion de destitution. Dans ce contexte, la pression et la résistance populaires face au chef de l’État et ses supplétifs est une nécessité pour mettre la pression sur le forcené de l’Élysée et sur ceux qui lui permettent de rester au chaud.

Sources:linsoumission.fr  (Par Eliot Martello-Hillmeyer)


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vendredi 17 octobre 2025

L’hôpital public dévasté va-t-il survivre au budget Lecornu ?

 Hôpital. Le budget Lecornu n’épargne aucun service public. Les Français malades sont dans le viseur du gouvernement. Baisse de l’indemnisation des personnes malades chroniques (cancer, diabète, sclérose en plaques), baisse de l’allocation adulte handicapée, plan d’économies de 7 milliards sur la santé, et 13 milliards sur le budget de la Sécurité sociale. Autant de saccages qui vont finir d’enterrer le système de santé français, longtemps réputé à l’international pour sa haute qualité et son étendue.

Depuis des années, l’hôpital public est devenu une cible des néolibéraux incarnés dans les gouvernements macronistes. Derrière les murs des établissements, dans les services de médecine, de chirurgie et de soins intensifs, se dessine une réalité inquiétante : pénurie de personnel, fermetures de lits, saturation des urgences et épuisement des soignants, privatisation des parkings pour faire payer les patients. Ce n’est pas seulement une question d’organisation, mais l’effondrement progressif d’un modèle qui fut l’un des piliers de la protection sociale.

La diminution continue des lits d’hospitalisation complète se poursuit. En 2023, environ 4 500 lits ont été fermés, malgré une hausse des hospitalisations partielles ou ambulatoires. Beaucoup d’hôpitaux ferment des lits ou des services, souvent à cause du manque de personnel (infirmiers, aides-soignants ou médecins) ou pour des raisons financières. Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir, 30 000 lits d’hôpitaux ont été supprimés, accentuant la dégradation du système. Cette contraction structurelle réduit la possibilité d’absorber les besoins croissants de la population. Souvent, le personnel doit choisir qui soigner. Parfois, la mort survient sur un lit d’hôpital, dans un couloir.

Manque de personnel : plus de 10 % des postes infirmiers sont vacants dans les hôpitaux publics

Le manque de personnel constitue l’un des enjeux les plus critiques. Selon le ministère de la Santé, plus de 10 % des postes infirmiers sont vacants dans les hôpitaux publics. De nombreux hôpitaux connaissent une pénurie de soignants, avec des difficultés de recrutement, de la fatigue, du burn-out, et une dépendance coûteuse à l’intérim, ce qui alourdit encore la masse salariale.

Ces tensions affectent les services d’urgence, mais aussi les soins spécialisés et les unités non urgentes, alors même que la population vieillit et que les besoins en soins augmentent. Les fermetures temporaires de services pour manque de personnel deviennent la norme, et les équipes, contraintes de travailler sous pression, atteignent leurs limites physiques et psychologiques. 

Les zones rurales ou périurbaines souffrent souvent d’un accès limité aux spécialistes et aux services hospitaliers. Certains habitants doivent parcourir de longues distances ou attendre plusieurs jours pour recevoir des soins essentiels. Les inégalités se manifestent également selon le statut des établissements (public ou privé) et selon la situation économique ou sociale des patients.

Les hôpitaux déclenchent régulièrement des plans blancs lors d’épidémies ou de périodes de forte tension, révélant une fragilité dans la capacité à absorber les pics d’activité. L’épidémie de grippe de 2024, précoce et intense, a mis de nombreux établissements sous pression extrême, entraînant des temps d’attente prolongés et des hospitalisations différées, parfois au risque de la santé des patients.

Quand les soignants se retrouvent à devoir choisir

Cette crise du système de santé, et particulièrement celle des hôpitaux, est une crise politique. En 2004, la tarification à l’activité (T2A) a transformé l’hôpital public en une entreprise guidée par la logique de rentabilité et d’efficacité comptable. Les politiques de réduction des coûts ont privilégié les indicateurs financiers au détriment des soins. Les résultats de cette politique se traduisent par la saturation des urgences, les consultations déprogrammées et les patients parfois renvoyés chez eux faute de moyens.

Mais derrière les statistiques et les rapports officiels, il y a des visages et des vies. La santé ne peut pas être dissociée de l’humain et de son bien-être. Les infirmières et médecins racontent la violence de devoir choisir qui soigner en priorité, de voir des patients souffrir faute de moyens, et de travailler dans des conditions qui mettent en danger la qualité des soins. Les patients, eux, ressentent cette crise dans la longueur des attentes, l’angoisse des urgences saturées et le sentiment d’être abandonnés dans un système où l’humain devient secondaire.

Pour aller plus loin : CHU de Nantes : aux urgences, un patient meurt après 10 heures d’attente

Évreux : quand l’hôpital fait appel à la générosité des citoyens

À Évreux, dans l’Eure, le centre hospitalier Eure-Seine a choisi une réponse inédite : lancer un emprunt citoyen pour financer la réouverture de 22 lits d’hospitalisation. L’établissement espère réunir 100 000 euros auprès des habitants, un geste symbolique, mais révélateur de la fragilité structurelle des hôpitaux. « On aurait pu se faire financer par les banques, mais cette démarche renforce le lien avec la population et participe au développement des circuits courts », explique Jérôme Rifflet, directeur du CH Eure-Seine.

L’argent collecté servira à rouvrir des lits dans des services essentiels comme l’oncologie, l’hématologie, la médecine interne et la gériatrie. Ces lits, fermés en raison de la crise sanitaire et du manque de personnel, représentent un retour à un fonctionnement normal, vital pour désengorger les urgences où les patients pouvaient attendre plus de 24 heures avant d’obtenir une place adaptée. Le docteur Étienne Devin souligne : « Pendant des années, nous avons fonctionné de façon anormale, avec des lits fermés faute de personnel. Aujourd’hui, nous profitons d’une dynamique favorable dans le recrutement pour revenir à un fonctionnement normal. »

Ce recours au financement citoyen questionne la responsabilité de l’État dans la garantie du droit à la santé. Si les hôpitaux doivent solliciter la générosité de leurs habitants pour rouvrir des lits essentiels, c’est le signe d’une fragilisation structurelle très alarmante.

75% des parkings d’établissement de santé payants, la conséquence des budgets austéritaires

200 euros de stationnement. Voilà ce dont un homme a dû s’acquitter pour accompagner les derniers moments de son épouse à l’hôpital d’Avignon. Un exemple choquant qui met en lumière un phénomène plus large : en France, la privatisation rapide des parcs de stationnement des établissements publics de santé a conduit à ce que seul un quart des parkings des hôpitaux publics soient aujourd’hui toujours gratuits.

Une prédation sur la santé et sur la mort dont le capitalisme a le secret. Face à cette situation et alors que l’austérité budgétaire étouffe plus que jamais la santé et l’hôpital public, les députés de la France insoumise Pierre-Yves Cadalen, Raphaël Arnault et Sandrine Nosbé ont déposé une proposition de loi visant à garantir la gratuité des parkings établissements publics de santé.

Une proposition de bon sens et d’humanité que malgré tout, sur les plateaux de la presse bourgeoise, l’on s’échine à dénoncer pour protéger l’idéal d’un monde totalement privatisé.

Bretagne : l’autre visage de la crise hospitalière

La Bretagne illustre l’autre versant de cette crise. Depuis 2023, vingt services d’urgences sur trente-trois sont régulés la nuit, et plusieurs services périphériques doivent filtrer ou réorienter les patients. Les temps d’attente se sont allongés. À Brest, certains patients ont attendu plus de 24 heures avant d’être hospitalisés. Ces retards augmentent le risque de mortalité, surtout chez les personnes âgées. Dans le Centre-Bretagne, les patients sont souvent transférés sur des dizaines de kilomètres, parfois avec des conséquences irréversibles, faute de médecins disponibles localement.

Cette situation traduit un renoncement aux soins, aggravé depuis la crise du Covid. Les populations les plus fragiles en zones rurales, âgées ou modestes, sont les plus touchées. La réduction des lits, la fermeture de certains services la nuit et la dépendance aux centres de soins non programmés privés illustrent une marchandisation progressive de la santé, où l’urgence devient un marché rentable plutôt qu’une garantie universelle.

Une crise nationale, un appel politique

Évreux et la Bretagne racontent la même histoire sous deux angles. D’un côté, l’ingéniosité citoyenne pour sauver des lits ; de l’autre, la vulnérabilité de millions de patients face à des fermetures et des pénuries de personnel. L’hôpital public, lieu de solidarité et d’égalité, est contraint à improviser et à se réinventer pour remplir sa mission essentielle.

Le signal envoyé par ces situations est clair : il ne suffit plus d’ajuster les budgets ou de réorganiser les services. Il faut repenser le financement, la gouvernance et l’organisation des hôpitaux, remettre l’humain au centre et garantir à tous un accès digne et continu aux soins. Sinon, des solutions ponctuelles risquent de devenir la norme, au détriment de l’égalité et de la justice sanitaire.

L’exemple de l’hôpital d’Évreux, loin d’être isolé, illustre une urgence nationale, politique et sociale qui appelle des mesures de rupture avant que l’hôpital public ne se retrouve définitivement à bout de souffle. Il invite à une réflexion profonde sur l’avenir de l’hôpital français. Comment garantir à toutes et tous un accès réel à des soins de qualité, dans un pays où les besoins augmentent tandis que les moyens se réduisent ?

Cette question, qui touche autant à la justice sociale qu’à la santé publique, demeure au cœur du débat national. Elle exige des décisions politiques à la hauteur de l’enjeu, avant que les initiatives ponctuelles, même citoyennes, ne deviennent la seule solution pour maintenir le système à flot. Avant même l’effondrement complet de notre système de santé.

Sources:linsoumission.fr (Par Mobina Shameli)

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jeudi 16 octobre 2025

France 2 exclut LFI pour une soirée spéciale… sur la motion de censure déposée par les insoumis

 C’est un scandale de l’officialité médiatique qui s’ajoute à tous les précédents. Ce jeudi 16 octobre, France 2 organise une édition spéciale « L’évènement », présenté par Caroline Roux, qui exclut délibérément la France insoumise, ses 7 millions d’électeurs et ses 71 députés. Le sujet est intitulé « Crise politique : a-t-on vraiment tout essayé ? » avec en tête d’affiche : Edouard Philippe, Jean-Philippe Tanguy, Olivier Faure, Marylise Léon, Jean-Louis Borloo, François Ruffin et Alexandre Saubot.

L’ensemble des partis politiques y sont représentés, y compris ceux qui font moins de 2 % à l’élection présidentielle et d’autres, comme l’UDI, qui ne comptent…qu’un parlementaire élu. Quid de la France insoumise, qui a récolté 22 % des suffrages lors de la dernière présidentielle ? « France 2 fait une soirée spéciale sur cette journée. Pas un insoumis invité. Comme si nous n’avions pas déposé nous, LFI, la motion de censure. Le service public… au service des combines du macronisme. Pas une voix qui dérange », a réagi Jean-Luc Mélenchon sur Twitter.

« A-t-on vraiment tout essayé ? » s’interroge France 2. Visiblement, le service public ne veut en aucun cas « essayer » la France insoumise alors même que le mouvement insoumis est à l’origine de la motion de censure défendue ce jour et ayant recueilli 271 suffrages, à 18 voix d’obtenir la chute du gouvernement Lecornu. Retour à l’ORTF ? Plagiat de Bolloré dans le tapage-sur-mesure anti-LFI ? Sans doute les deux. Par la non-invitation des insoumis, la chaîne du service public censure de fait le premier mouvement d’opposition au pays, et ses sept millions d’électeurs. Un bâillon qui permettra aux macronistes et ses alliés d’imposer leur narratif sur une heure de grande écoute tout en leur permettant de choisir leurs adversaires. « Plutôt Hitler que le Front populaire. » est leur mot d’ordre.

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C’est un scandale de l’officialité médiatique qui s’ajoute à tous les précédents. Ce jeudi 16 octobre, France 2 organise une édition spéciale « L’évènement », présenté par Caroline Roux, qui exclut délibérément la France insoumise, ses 7 millions d’électeurs et ses 71 députés. Le sujet est intitulé « Crise politique : a-t-on vraiment tout essayé ? » avec en tête d’affiche : Edouard Philippe, Jean-Philippe Tanguy, Olivier Faure, Marylise Léon, Jean-Louis Borloo, François Ruffin et Alexandre Saubot.

L’ensemble des partis politiques y sont représentés, y compris ceux qui font moins de 2 % à l’élection présidentielle et d’autres, comme l’UDI, qui ne comptent…qu’un parlementaire élu. Quid de la France insoumise, qui a récolté 22 % des suffrages lors de la dernière présidentielle ? « France 2 fait une soirée spéciale sur cette journée. Pas un insoumis invité. Comme si nous n’avions pas déposé nous, LFI, la motion de censure. Le service public… au service des combines du macronisme. Pas une voix qui dérange », a réagi Jean-Luc Mélenchon sur Twitter.

« A-t-on vraiment tout essayé ? » s’interroge France 2. Visiblement, le service public ne veut en aucun cas « essayer » la France insoumise alors même que le mouvement insoumis est à l’origine de la motion de censure défendue ce jour et ayant recueilli 271 suffrages, à 18 voix d’obtenir la chute du gouvernement Lecornu. Retour à l’ORTF ? Plagiat de Bolloré dans le tapage-sur-mesure anti-LFI ? Sans doute les deux. Par la non-invitation des insoumis, la chaîne du service public censure de fait le premier mouvement d’opposition au pays, et ses sept millions d’électeurs. Un bâillon qui permettra aux macronistes et ses alliés d’imposer leur narratif sur une heure de grande écoute tout en leur permettant de choisir leurs adversaires. « Plutôt Hitler que le Front populaire. » est leur mot d’ordre.

Tout le monde ne peut que constater que la rubrique anti-LFI du service public progresse dangereusement. Cette exclusion d’une émission, le jour de la motion de censure déposée par LFI, s’ajoute aux maltraitances en série infligées aux insoumis à longueur de plateaux. L’orientation politique des questions posées à Jean-Luc Mélenchon sur France Inter l’a confirmé ce lundi 13 octobre. Rien n’est épargné aux insoumis. Tout le monde se souviendra de la ligne donnée par l’éditorialiste de France Télévisions, Nathalie Saint Cricq, sur un plateau de France 2 : « JLM, 1 PB ».

Ces journaliste qui assument leur mue en journalistes propagandistes se souviennent-ils des règles qui encadrent leur profession ? Le service public se rappelle t-il que ses journalistes n’échappent pas non plus à ces règles déontologiques ?  Ces règles sont issues de la Charte de déontologie de Munich, dit aussi Déclaration des devoirs et des droits des journalistes, signée le 24 novembre 1971. On y trouve dix devoirs et cinq droits.

Tous ces devoirs sont bafoués chaque jour par les médias engagés sans limite dans une entreprise de disqualification de la France insoumise. Avec l’objectif recherché d’une protection coûte que coûte d’un ordre politique et économique dominant, à savoir le macronisme et ses alliés. Parmi les règles déontologiques des journalistes, on lit “Défendre la liberté de l’information, du commentaire et de la critique.” En refusant d’inviter la France insoumise, France 2 s’essuie sur la liberté de l’information, sur le commentaire, et sur la critique. A t-on vraiment tout essayé dit France 2 ? Et si on essayait un pays avec de vrais journalistes débarrassés des chiens de garde tenus en laisse par une poignée de milliardaires ?

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C’est un scandale de l’officialité médiatique qui s’ajoute à tous les précédents. Ce jeudi 16 octobre, France 2 organise une édition spéciale « L’évènement », présenté par Caroline Roux, qui exclut délibérément la France insoumise, ses 7 millions d’électeurs et ses 71 députés. Le sujet est intitulé « Crise politique : a-t-on vraiment tout essayé ? » avec en tête d’affiche : Edouard Philippe, Jean-Philippe Tanguy, Olivier Faure, Marylise Léon, Jean-Louis Borloo, François Ruffin et Alexandre Saubot.

L’ensemble des partis politiques y sont représentés, y compris ceux qui font moins de 2 % à l’élection présidentielle et d’autres, comme l’UDI, qui ne comptent…qu’un parlementaire élu. Quid de la France insoumise, qui a récolté 22 % des suffrages lors de la dernière présidentielle ? « France 2 fait une soirée spéciale sur cette journée. Pas un insoumis invité. Comme si nous n’avions pas déposé nous, LFI, la motion de censure. Le service public… au service des combines du macronisme. Pas une voix qui dérange », a réagi Jean-Luc Mélenchon sur Twitter.

« A-t-on vraiment tout essayé ? » s’interroge France 2. Visiblement, le service public ne veut en aucun cas « essayer » la France insoumise alors même que le mouvement insoumis est à l’origine de la motion de censure défendue ce jour et ayant recueilli 271 suffrages, à 18 voix d’obtenir la chute du gouvernement Lecornu. Retour à l’ORTF ? Plagiat de Bolloré dans le tapage-sur-mesure anti-LFI ? Sans doute les deux. Par la non-invitation des insoumis, la chaîne du service public censure de fait le premier mouvement d’opposition au pays, et ses sept millions d’électeurs. Un bâillon qui permettra aux macronistes et ses alliés d’imposer leur narratif sur une heure de grande écoute tout en leur permettant de choisir leurs adversaires. « Plutôt Hitler que le Front populaire. » est leur mot d’ordre.

Tout le monde ne peut que constater que la rubrique anti-LFI du service public progresse dangereusement. Cette exclusion d’une émission, le jour de la motion de censure déposée par LFI, s’ajoute aux maltraitances en série infligées aux insoumis à longueur de plateaux. L’orientation politique des questions posées à Jean-Luc Mélenchon sur France Inter l’a confirmé ce lundi 13 octobre. Rien n’est épargné aux insoumis. Tout le monde se souviendra de la ligne donnée par l’éditorialiste de France Télévisions, Nathalie Saint Cricq, sur un plateau de France 2 : « JLM, 1 PB ».

Ces journaliste qui assument leur mue en journalistes propagandistes se souviennent-ils des règles qui encadrent leur profession ? Le service public se rappelle t-il que ses journalistes n’échappent pas non plus à ces règles déontologiques ?  Ces règles sont issues de la Charte de déontologie de Munich, dit aussi Déclaration des devoirs et des droits des journalistes, signée le 24 novembre 1971. On y trouve dix devoirs et cinq droits.

Tous ces devoirs sont bafoués chaque jour par les médias engagés sans limite dans une entreprise de disqualification de la France insoumise. Avec l’objectif recherché d’une protection coûte que coûte d’un ordre politique et économique dominant, à savoir le macronisme et ses alliés. Parmi les règles déontologiques des journalistes, on lit “Défendre la liberté de l’information, du commentaire et de la critique.” En refusant d’inviter la France insoumise, France 2 s’essuie sur la liberté de l’information, sur le commentaire, et sur la critique. A t-on vraiment tout essayé dit France 2 ? Et si on essayait un pays avec de vrais journalistes débarrassés des chiens de garde tenus en laisse par une poignée de milliardaires ?


Pour aller plus loin : 7 députés PS ont voté pour censurer Lecornu, le parti à la rose au bord de l’éclatement

« France 2 fait une soirée spéciale sur cette journée. Pas un insoumis invité. Comme si nous n’avions pas déposé nous, LFI, la motion de censure. Le service public… au service des combines du macronisme. Pas une voix qui dérange » – Jean-Luc Mélenchon

Sources:linsoumission.fr (Sylvain Noël Rédacteur en chef)


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