Pour ses combats, et comme jeune femme insoumise et racisée, Imane El Hamzaoui est régulièrement la cible de violentes attaques fascistes. Ces derniers jours, ces offensives ont pris une ampleur inédite et d’une dangerosité dédoublée à son encontre. À la suite d’un discours prononcé le week-end du 4 et 5 juillet à propos de la Nouvelle France, un compte fasciste sur les réseaux sociaux – nommé « French Carcan » – a réalisé un montage mensonger de son propos pour la diffamer, une méthode redondante de l’extrême droite. S’en est suivi un déferlement de haine, mêlant racisme, menaces de mort et de viols, à une échelle internationale.
Un montage truqué dans son discours sur la Nouvelle France
Lors d’une université d’été organisée par
Tsedek et autres organisations,, Imane El Hamzaoui a défendu le concept
de « Nouvelle France », ce concept qui décrit l’ensemble des mutations
qu’a connues la France depuis les sept dernières décennies mais qui est
constamment déformé par ses détracteurs, des tenants de l’extrême droite
jusqu’aux journalistes passés au statut de propagandiste. Dans son
discours, Imane El Hamzaoui notait que lorsqu’il est en débat, l’objet
de ce concept devient « la représentation qu’ils s’en font plutôt que le
contenu que nous lui donnons ».
Et c’est bien de cela dont il
s’agit continuellement, de la représentation de l’objet du concept de
Nouvelle France et de comment il est réduit, déformé, et transformé pour
remplir des fins politiciennes visant à disqualifier La France
insoumise.
Ainsi, le 5 juillet, quelques heures après son discours sur « Qu’est-ce que la Nouvelle France »,
le compte « French Carcan » a réalisé et publié un montage mensonger,
pour tordre ce concept et les propos d’Imane El Hamzaoui. Dans ce
montage, on notera plus d’une dizaine de cuts réalisés, avec des bouts
de phrases coupés, et recasés à d’autres phrases issues d’autres moments
du discours. La méthode est rodée. Il s’agit de déformer complètement
le propos pour lui donner une signification fallacieuse.
Exemple. Dans son discours, Imane El Hamzaoui prononce les phrases suivantes :
« Cette communauté d’expérience doit trouver sa traduction politique pas seulement au nom des intérêts immédiats mais aussi et surtout par l’instauration d’un clivage horizontal, entre eux et nous, entre la classe possédante, raciste, sexiste et suprémaciste et la Nouvelle France. Nous devons faire voler en éclat l’illusion de la fatalité et dévoiler la conflictualité de la société.
Par conséquent, la Nouvelle France ne peut
pas être le fait d’un seul groupe. Elle doit être l’image mobilisatrice
qui fait l’alliance entre différents groupes sociaux en condensant les
attentes qu’ils portent et les aspirations qui leur sont communes pour
organiser leur volonté collective. Ce n’est qu’à cette condition que la
Nouvelle France pour soi peut advenir en 2027. »
Dans son
montage, French Carcan sélectionne plusieurs éléments de phrases pour en
construire une nouvelle, en supprimant des pans entiers. Une fois les
coupes réalisées, c’est un propos nouveau, qui n’a jamais existé, qui
est formulé par le montage : « Nous devons faire voler en éclats
l’illusion de la fatalité et dévoiler la conflictualité de la société
par l’instauration d’un clivage horizontal, entre eux et nous. » Ici, la
mention de « classe possédante » disparait, de même que la conclusion
sur « l’image mobilisatrice » de la Nouvelle France.
La même méthode s’applique tout au long du montage, le rendant ainsi complètement mensonger et frauduleux. Par ailleurs, ces méthodes ne sont pas sans rappeler le récent montage mensonger et indigne diffusé par Guillaume Erner sur France Culture, pour tenter de disqualifier Jean-Luc Mélenchon. Et le même compte, Frenc Carcan, en était à l’initiative.
Des attaques coordonnées de l’internationale réactionnaire
Le processus d’une attaque fasciste ne s’arrête pas là. Une fois le montage mensonger réalisé et publié, des relais nombreux s’activent pour diffuser le mensonge de façon coordonnée, rapide et massive. Ensuite, la presse sous contrôle de Vincent Bolloré en fait un sujet médiatique, repris par les plateaux de télévision sous son contrôle, mais pas seulement. Ainsi, la boucle est bouclée.
Dans le cas présent, le trucage contre Imane El Hamzaoui a d’abord été directement repris par Éric Zemmour qui s’est fendu d’un long texte la diffamant. Mais sa diffusion n’a pas été cantonnée à la sphère fasciste française. Elle a fait l’objet d’une procédure spéciale de diffusion de masse exportée à l’international.
Quelle preuve de la coordination réfléchie des attaques ? L’analyse des textes à l’encontre d’Imane El Hamzaoui le démontre. L’intégralité des comptes étrangers reprennent la même biographie de la dirigeante, avec les mêmes erreurs, et une biographie qui n’existe sur aucun compte français.
La sénatrice Maria Fernanda Cabal, figure de l’extrême droite colombienne, a ainsi retweeté un texte contre Imane El Hamzaoui qui reprenait la vidéo truquée. Un député fasciste polonais, Dominik Tarczyński, fan assumé de Trump, dont il félicite régulièrement la milice ICE, a lui aussi repris.
De même que Charlie Weimers, député d’extrême droite suédois, ou encore Hermann Tertsch, eurodéputé espagnol, figure de l’extrême droite Vox, fils d’un diplomate autrichien qui a servi le 3ᵉ Reich et qui était présent en même temps que Jordan Bardella au chevet de Netanyahu, lors d’un déplacement en Israël en mars 2025.
Les néoconservateurs américains ont aussi participé à cette attaque coordonnée, comme Matt Shea, classé comme terroriste par une enquête indépendante commandée par la Chambre des représentants des États-Unis. L’homme est connu pour avoir assumé être un fasciste, et avoir cité en exemple le théoricien nazi Carl Schmitt.
Voilà donc l’arc de l’internationale réactionnaire, qui s’est coordonnée pour cibler Imane El Hamzaoui, parce qu’opposante politique, femme, insoumise et racisée, cochant toutes les cases détestées par ces fascistes en bande organisée. Derrière, c’est aussi un objectif politique qui est poursuivi. La puissante dynamique autour de Jean-Luc Mélenchon inquiète l’arc réactionnaire, qui comprend que l’élection du leader insoumis a dépassé le stade de la probabilité. Pour la campagne à venir, il est clair que ce type de montages, truqués et visant à disqualifier LFI et son candidat, va aller en se multipliant. De même que pour les ingérences étrangères, contre lesquelles aucune loi n’a été annoncée malgré les demandes répétées des insoumis.
Sources:linsoumission.fr (Sylvain Noel, rédacteur en chef )






