Malgré un rejet massif dans le pays, le sénateur Laurent Duplomb tente d’imposer une nouvelle version de son texte. Celui-ci utilise l’examen du projet de loi d’urgence pour la protection agricole, voté au Sénat le 2 juillet 2026, pour réintroduire par amendement les mesures phares de sa loi de 2025 précédemment censurées. Il a ainsi fait adopter des dérogations pour autoriser des pesticides interdits (acétamipride, flupyradifurone) et un plan de doublement des mégabassines d’ici 2035. Parmi eux, l’acétamipride est connu comme pesticide s’attaquant aux foetus humains et ravageant le cerveau des enfants.
Le gouvernement ayant engagé la procédure accélérée, le chemin législatif passe désormais par une Commission mixte paritaire (CMP) en juillet 2026 pour tenter de concilier les versions du Sénat et de l’Assemblée. En cas d’accord, le texte commun sera soumis au vote final des deux chambres. En cas d’échec de la CMP, le projet de loi retournera à l’Assemblée nationale pour une nouvelle lecture, les députés ayant le dernier mot.
Face à cette offensive, la mobilisation citoyenne et les élus de gauche, notamment de La France insoumise, entendent faire barrage à ce qu’il convient de dénoncer comme un passage en force au service de l’agro-industrie. « Attention : Duplomb va à nouveau tenter de réautoriser l’acétamipride. Alors que le Conseil constitutionnel avait bloqué cette folie l’année dernière, ils reviennent à la charge. Ce serait un drame pour les agriculteurs et la santé des Français. Mobilisation ! » : ainsi Clémence Guetté sonnait l’alarme sur son compte Twitter il y a quelques jours. Notre article.
Une loi rejetée, mais imposée par la force
La première version de la loi Duplomb avait déjà suscité une opposition massive. La pétition contre cette loi est encore à ce jour la pétition la plus signée sur le site de l’Assemblée nationale avec plus de deux millions de signatures. Une mobilisation large dans la société civile et une censure partielle par le Conseil constitutionnel avaient marqué un coup d’arrêt.
Au cœur du texte, la réintroduction de pesticides comme l’acétamipride et le flupyradifurone, interdits en France en raison de leur dangerosité pour les pollinisateurs, la biodiversité et la santé humaine.
Loin de tirer les leçons de ce rejet, le sénateur revient aujourd’hui avec une nouvelle proposition, visant à réautoriser ces substances pour plusieurs cultures. Il s’agit d’une stratégie assumée de contournement démocratique, qui consiste à faire revenir par la fenêtre ce qui a été chassé par la porte.
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Une manipulation des faits pour justifier l’injustifiable
Pour défendre son texte, Laurent Duplomb a affirmé que le Conseil d’État aurait rendu un avis favorable. Cette affirmation est contestée par de nombreux juristes et associations.
L’avis de la haute juridiction administrative rappelle au contraire la toxicité élevée de ces substances, leur persistance dans l’environnement et leurs effets délétères sur les espèces non ciblées. Il souligne également l’insuffisance des garanties apportées par le texte.
En réalité, le Conseil d’État ne valide jamais une loi. Il en analyse les risques. En présentant cet avis comme un soutien, le sénateur propose une lecture orientée, dénoncée comme trompeuse, qui vise à légitimer un projet déjà fragilisé.







