Bonbons fluorescents, céréales aux couleurs vives, sodas brun caramel, desserts chimiques à la fraise qui n’ont jamais vu un fruit… Derrière ces couleurs rassurantes se dessine peu à peu une vérité beaucoup moins digeste : celle d’un système qui empoisonne lentement pour vendre plus vite.
De nouvelles études scientifiques alertent sur les effets potentiellement graves de certains colorants et additifs alimentaires. Risques accrus de cancers, de diabète ou de maladies cardiovasculaires : ce que chacun mange chaque jour n’est pas seulement une question de nutrition. C’est une question politique, que la France insoumise et son candidat pour la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, sont les seuls à aborder. Notre article.
Une étude géante qui tire la sonnette d’alarme
Des chercheurs de l’INSERM, de l’INRAE et de l’université Sorbonne Paris Nord ont publié l’une des plus vastes études épidémiologiques menées sur l’alimentation. Pendant des années, plus de 100 000 personnes ont été suivies afin de croiser leurs habitudes alimentaires avec l’apparition de maladies chroniques. Et le constat est lourd. Une forte exposition à certains colorants alimentaires est associée à une hausse de 14 % du risque global de cancer, de 21 % du risque de cancer du sein, et jusqu’à 32 % pour les cancers du sein post-ménopause.
Les chercheurs observent également des liens inquiétants entre plusieurs additifs et l’augmentation du risque de diabète de type 2. Dans le viseur : les colorants caramel (E150), certains bêta-carotènes utilisés comme additifs (E160a), ou encore la curcumine (E100) lorsqu’elle est intégrée à des produits ultra-transformés.
Pour aller plus loin : Maladies chroniques : Jean-Luc Mélenchon pointe la responsabilité du capitalisme dans la dégradation de la santé humaine
Le véritable problème : l’industrie du faux aliment
Le problème n’est pas la couleur en elle-même. Le problème, c’est le système qui l’utilise. Ces additifs ne sont pas là pour nourrir. Ils servent à maquiller des produits médiocres, uniformiser les apparences, prolonger artificiellement la durée de vie, stimuler l’achat compulsif et masquer la pauvreté des ingrédients. Le jambon doit rester rose comme dans les publicités, le soda doit avoir la bonne couleur, les céréales pour enfants doivent briller dans les rayons comme des jouets sous néons.
Tout cela n’a rien de nécessaire. C’est simplement rentable. L’alimentation industrielle moderne ne produit plus d’abord pour nourrir : elle produit pour maximiser les marges, écouler des volumes gigantesques et fabriquer des consommateurs captifs. Moins de qualité, plus d’additifs, plus de marketing, plus de maladies.
Les classes populaires mangent le poison du marché
Comme toujours, ce sont les classes populaires qui en paient le prix le plus cher. Les aliments ultra-transformés coûtent moins cher, demandent moins de temps et saturent les écrans publicitaires.
Pendant ce temps, les produits frais deviennent un luxe de plus en plus inaccessible.
Des profits privés, des cancers socialisés
Le mécanisme est vieux comme le capitalisme industriel. Les multinationales engrangent les profits, les hôpitaux publics récupèrent les malades, la Sécurité sociale paie les traitements, les familles paient les souffrances. Les profits sont privatisés, les cancers sont collectivisés. L’amiante, le tabac, les pesticides, les PFAS : à chaque fois, le même scénario, des scientifiques alertent, les industriels minimisent, les gouvernements temporisent, puis le scandale éclate quand des milliers de personnes sont déjà malades.
Aujourd’hui, les additifs alimentaires suivent la même trajectoire. Et face à cela, repeindre les emballages en vert ou ajouter trois logos « bien-être » ne suffira pas. Il faudrait interdire progressivement les additifs les plus controversés selon le principe de précaution, imposer un étiquetage beaucoup plus lisible sur les aliments ultra-transformés, interdire la publicité alimentaire ciblant les enfants, financer massivement la recherche publique indépendante, soutenir une agriculture paysanne capable de produire une alimentation saine et accessible.
C’est notamment ce que défendent La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon à travers des propositions comme le développement des cantines bio et locales, le soutien aux circuits courts, la lutte contre les lobbies agroalimentaires ou encore le renforcement des contrôles sanitaires.
Car les maladies ne tombent pas du ciel. Elles naissent aussi d’un modèle économique qui transforme l’alimentation en marchandise industrielle et la santé humaine en variable d’ajustement. Ce que révèlent ces études est simple : derrière le cancer, le diabète et certaines maladies chroniques, il n’y a pas seulement des cellules qui déraillent, il y a des décisions politiques.
Sources:linsoumission.fr (par Allan Clerc)






