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mercredi 13 mai 2026

Israël à l’Eurovision : le scandale du deux poids, deux mesures européen.

 Alors que l’Eurovision Song Contest 2026 s’ouvre à Vienne, l’Europe se fracture. Et une question devient impossible à esquiver : comment un concours prétendant célébrer la paix, l’unité et la fraternité peut-il continuer d’offrir une tribune internationale à Israël alors même que les institutions internationales alertent depuis des mois sur des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et un génocide à Gaza ?

Depuis octobre 2023, les bombardements israéliens ont fait des dizaines de milliers de morts palestiniens. La destruction systématique des infrastructures civiles, les déplacements forcés, le blocus humanitaire, la famine organisée et les attaques contre les journalistes et les soignants sont désormais largement documentés. La Cour internationale de justice a ordonné à plusieurs reprises des mesures conservatoires contre Israël. La Cour pénale internationale a maintenu des mandats visant des dirigeants israéliens. Des ONG comme Amnesty International ou Human Rights Watch parlent désormais ouvertement de crimes contre l’humanité et de génocide.

Et pourtant, Israël est toujours là. Sous les projecteurs. Comme si de rien n’était. « Au-delà du retrait de leur participation en protestation contre la présence d’Israël, l’Irlande, l’Espagne et la Slovénie ne diffuseront pas l’Eurovision. Le boycott d’un concours qui continue de dérouler le tapis rouge à Israël doit être massif », a déclaré l’eurodéputée LFI Rima Hassan. Notre article.

L’argument de la « neutralité culturelle » ne tient plus : l’Eurovision n’a jamais été apolitique

En février 2022, quelques jours seulement après l’invasion de l’Ukraine, l’Union européenne de radio-télévision annonçait l’exclusion immédiate de la Russie au nom des « valeurs » du concours. Quatre ans plus tard, malgré les alertes répétées de la Cour internationale de justice, les mandats de la CPI et les accusations visant Israël, ces mêmes valeurs semblent soudain devenues facultatives.

Contrairement à l’image d’un simple concours musical, l’Eurovision fonctionne comme une véritable institution diplomatique audiovisuelle. Chaque pays y est représenté par sa télévision publique, membre de l’Union européenne de radio-télévision (UER), une organisation qui décide des participations, des sanctions ou des exclusions. Loin d’être neutre, le concours est depuis longtemps un espace d’influence culturelle, médiatique et diplomatique.

Avec près de 170 millions de téléspectateurs dans le monde, l’Eurovision constitue l’une des plus grandes vitrines médiatiques internationales. C’est précisément ce qui en fait aujourd’hui un outil de « soft power » et de blanchiment politique particulièrement stratégique pour le gouvernement israélien. De plus en plus de pays européens refusent désormais cette hypocrisie. L’Espagne, l’Irlande, la Slovénie, l’Islande et les Pays-Bas ont décidé de boycotter l’édition 2026 après le refus de l’UER d’exclure Israël. Certains diffuseurs publics ont même choisi de ne plus retransmettre le concours.

En Slovénie, la télévision publique RTV a préféré remplacer l’Eurovision par une programmation spéciale consacrée aux œuvres et documentaires palestiniens. Un choix hautement symbolique, qui dit beaucoup du malaise européen face à la banalisation des crimes et du génocide commis à Gaza. En Irlande, la chaîne publique RTÉ a également renoncé à diffuser le concours, dénonçant une situation devenue moralement indéfendable. Même en Islande, pays historiquement attaché à l’Eurovision, le directeur de la télévision publique RÚV a déclaré qu’il n’y avait « ni paix ni joie » possibles dans ces conditions.

Pour aller plus loin : Jean-Luc Mélenchon présente la méthode d’un pouvoir insoumis pour faire respecter le droit international et arrêter le génocide en Palestine


Le lien


Le monde culturel lui-même se soulève

Des centaines d’artistes et personnalités dénoncent désormais un véritable « art-washing » : l’utilisation de l’Eurovision comme opération de communication destinée à blanchir l’image internationale d’Israël pendant la destruction de Gaza.

Et les révélations du New York Times publiées cette semaine confirment l’ampleur de cette instrumentalisation politique. Selon une longue enquête du quotidien américain, le gouvernement de Benjamin Netanyahu aurait mené depuis plusieurs années une stratégie assumée de « soft power » autour de l’Eurovision afin d’améliorer l’image d’Israël à l’international. Diplomates mobilisés, campagnes massives sur les réseaux sociaux, dépenses publicitaires financées par les services de propagande gouvernementaux : tout aurait été mis en œuvre pour influencer les votes et transformer le concours en vitrine politique.

Le journal révèle notamment que des responsables israéliens ont contacté plusieurs diffuseurs européens afin d’empêcher un boycott et maintenir Israël dans la compétition. Des campagnes appelant à voter jusqu’à dix ou vingt fois pour les candidats israéliens auraient été relayées directement par des responsables gouvernementaux.
Cette affaire révèle surtout l’effondrement d’un mythe longtemps entretenu par les institutions européennes : celui d’une culture prétendument « neutre », séparée du politique. Mais aujourd’hui, ce vernis craque sous le poids des images venues de Gaza. Car il devient impossible de célébrer la paix tout en normalisant la destruction d’un peuple sous les caméras du monde entier.

Pendant que Gaza et le Liban brûlent, l’Eurovision devient un outil diplomatique au service d’un État accusé des pires violations du droit international

Face à cela, que fait la France ? Rien. Ou plutôt pire : il y a un accompagnement du silence européen. Alors que plusieurs pays ont pris position, que des télévisions publiques refusent désormais de diffuser le concours et que des artistes dénoncent la situation, le gouvernement d’Emmanuel Macron reste dans une passivité totale. Aucune remise en cause publique de la participation israélienne. Aucune pression sur l’UER. Aucun soutien aux initiatives de boycott. Rien.

Le contraste avec d’autres pays européens est saisissant. L’Espagne de Pedro Sánchez a multiplié les prises de position critiques contre le gouvernement israélien. L’Irlande s’est imposée comme l’une des voix européennes les plus fermes sur Gaza. Même des diffuseurs publics prennent désormais leurs responsabilités là où Paris choisit l’alignement et le silence.

Cette lâcheté politique alimente une crise profonde de crédibilité. Car il ne s’agit plus seulement d’un concours musical. Il s’agit du sens même des principes que l’Europe prétend défendre. Peut-on exclure un pays pour l’invasion de l’Ukraine et fermer les yeux face à la destruction de Gaza ? Peut-on parler de paix sur scène pendant que des enfants meurent sous les bombes ? Peut-on défendre le droit international à géométrie variable ?

L’Eurovision 2026 restera comme un révélateur brutal des contradictions européennes. D’un côté, des peuples, des artistes, des télévisions publiques et des pays qui refusent de normaliser l’horreur. De l’autre, des institutions et des gouvernements qui préfèrent préserver leurs équilibres diplomatiques plutôt que leurs principes.
La France aurait pu choisir son camp. Celui du droit international, de la cohérence et de la dignité.
Le macronisme a choisi le silence. En 2027, grâce à Jean-Luc Mélenchon, un pouvoir insoumis rétablira la justice, le respect du droit international, et le châtiment dû aux criminels de guerre. 

Sources:linsoumission.fr (Par Elias Peschier)


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